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Basiquement, c'est une sélection des chansons d'amour que j'estime les plus remarquables, classée et révélée de la 150ème à la 1ère place, mais ce n'en est pas moins un ouvrage où il est question de littérature, de social, de politique, de développement personnel, de philosophie, de poésie, de spiritualité, de psychologie... Je vous présente ici un vibrant hommage à cette grande figure sociétale qu'est la chanson, et tout spécialement la chanson d'amour.
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Seitenzahl: 145
Veröffentlichungsjahr: 2020
CLASSEMENT AMOUREUX et HYPERSENSIBLE
DES PLUS BELLES CHANSONS D’AMOUR
par Alban Bourdy
AVANT-PROPOS
LA GENÈSE
LE CLASSEMENT
ENTRACTE
LES INCLASSABLES
LE TOP 100
Nous voici arrivés à mi-parcours.
LE TOP 50
POSTFACE
Après une année 2018 à enfiler comme des perles les publications en tous genres, j’aspire à une parenthèse, à la réalisation de quelque chose d’autre qui me tient à cœur. Ce quelque chose, c’est l’ouvrage que vous avez entre les mains.
Cela fait longtemps que ne me quitte pas l’idée de rédiger un livre, hors des romans et autobiographies habituelles, sur ce qui nous rassemble.
Dans une société qui palabre indéfiniment sur les divisions, afin de meubler des temps d’antenne et des tribunes politiques, afin d’exciter des rivalités passionnelles, et surtout dans le but de vendre du papier, des clics, des votes, voire des armes, je suis habité de la quête d’esquisser les contours de ce qui, au-delà de notre semblable nature innée, fait que nous sommes interreliés et membres d’une même entité. Je ne peux me départir de cette obsession de soigner ce qui nous lie, et d’essayer de mettre le doigt sur ce qui en la matière est le plus fondamental. Ce socle commun que nous perdons trop souvent de vue mais qui nous cimente profondément, dans lequel nous sommes enracinés, et qui fait que l’on se comprend. Ce ciment dont on ne se rend compte de l’existence hélas trop souvent que lorsqu’il se fissure.
Ce socle, j’ai pensé qu’il me faudrait une enquête planétaire de plusieurs années pour le débusquer et l’identifier. Mais je suis certain que là où l’on peut le mieux le capter, c’est dans la musique. La musique, qui nous parle à l’âme et que nous partageons, qui nous berce chacune et chacun, à moins de présenter une complète déficience auditive, et ce quelles que soient nos vies, un peu comme l’écrit et le chante Vincent Delerm « comme si nous avions pratiqué dans des piscines parallèles la natation synchronisée ».
La musique, et plus spécialement la chanson, rythme nos vies, nos journées et nos nuits, nos occupations quotidiennes, nos sorties en groupe comme nos moments les plus intimes (qu’ils soient partagés ou solitaires). Elles sont les compagnes de nos instants de pure félicité comme de nos plus grands moments de solitude, de fragilité et de doute. On leur confie tout, et elles nous accompagnent, veillent sur nous. Elles sont la présence qui reste quand tout autour de nous s’en va. Présence omnisciente, bien plus chaleureuse et amicale que peut l’être un téléviseur dans ce rôle-là. Les chansons ne sont pas comme une télévision compagne d’entre quatre murs, elles ne connaissent aucune frontière et parlent le langage universel de l’émotion.
Au commencement était le verbe, nous dit-on. Les mots auraient créé le monde, mais pour ce faire il faut qu’ils aient été incarnés et qu’ils aient résonné avec quelque musicalité. On a récemment découvert que l’on entend de la musique dans les trous noirs. Tout l’Univers a une musique, la Terre a une musique. De chaque vie on peut capter une musique, un chant. Le chant du monde est fondamental. Le chant est manifestation de l’âme.
La chanson allie verbe et musique pour produire un élixir qui coule dans nos veines et nous constitue. Elle tisse la fibre sensible dont nous sommes cousus. Elle permet de faire s’épanouir nos sentiments, de mieux nous remémorer nos souvenirs, d’entretenir des liens, de mettre des mots sur des choses que nous éprouvons, d’être plus empathique, de mieux comprendre certains points de vue, de relativiser, de guérir ou d’exorciser nos blessures. Les chansons relèvent le goût de notre existence. Même dans les phases les plus douloureuses ou les plus mornes de nos vies, elles ont le pouvoir de réinstiller de la joie ou de grandes émotions bouleversantes, elles nous guident tout le long de nos passages terrestres. Elles sont « pierres semées qui nous poussent et qui nous font pousser » (pour reprendre l’expression écrite par Paul École et chantée par Calogero), même si la nature de pierres, vivante mais statique, ne leur sied guère, si ce n’est pour caractériser leur côté immuable (les paroles et les notes d’une chanson ne changeront jamais, ce qui ne veut pas dire que notre perception et notre interprétation de celles-ci ne peuvent pas considérablement évoluer dans le temps, en fonction de notre sensibilité façonnée par notre vécu et notre éducation, ou encore au gré des contextes…).
Dans l’ivresse de l’été 2018, venant s’aouter à celle profondément ancrée de l’été 98, j’ai pu penser que le football était ce qui nous rassemblait le plus, ce qui nous touchait tous azimuts. Surtout qu’avec les nouvelles technologies, les réseaux communautaires, la ghettoïsation musicale à l’œuvre depuis la fin des années 90, on ne partage plus forcément le même socle de culture musicale que nous partagions tous avant, ne pouvant alors échapper chacune et chacun aux mêmes tubes, aux mêmes émissions TV. Le football ressort spectaculairement comme ce qui unit toutes les générations, tous les milieux sociaux et toutes les sensibilités. Le football nous fait sortir de notre bulle. Agissant comme un antidote au repli sur soi, il nous fait tendre la main, nous rassemble, il rallume la flamme de notre joie, nous fait sentir une famille. Ce n’est pas une fausse piste, mais il y a quand même un bon pourcentage de personnes qui se ferment à cela pour des raisons X ou Y et font les rabat-joie. Bon, étant rétif à tout esprit de compétition, je suis loin de jeter la pierre à ceux qui ne s’émeuvent pas d’une victoire sportive, mais de là à cracher dans la soupe quand on voit le formidable élan positif qui gagne toutes les couches de la population, il y a un pas saboteur qui me dépasse... Bref, une victoire en Coupe du Monde dépasse très largement le cadre footballistique, mais cela reste tout de même quelque chose qui n’est pas complètement universel. Et surtout, la musique et la chanson sont sans frontière, là où le reproche fondamental que je fais au football est d’au contraire faire ressortir les frontières et les patriotismes. On a failli quand même, après la demi-finale casseuse de démarche, aviver une haine France-Belgique alors que, n’en déplaise à Ruben Vandevoorde (personnage, du film Rien à déclarer, créé par Dany Boon et magistralement interprété par Benoît Poelvoorde), nous sommes fraternellement liés et oublions même souvent que nous sommes de pays différents (du moins est-ce le cas avec les Wallons). Jacques Brel et Stromae sont les fleurons de la chanson française quand Lara Fabian et Maurane en sont les voix les plus remarquables, Amélie Nothomb est la représentante la plus légitime de la littérature française contemporaine, Tintin est notre ambassadeur culturel dans les quatre coins de la planète, et Eden Hazard est le plus grand talent créatif ayant émergé au vingt-et-unième siècle dans le championnat de France de football. Et lorsque nous mettons en exergue cette différence de nationalité, c’est dans le cadre de taquineries, parfois lourdes, mais sans hostilité. Même si la victoire de l’équipe de France en 2018 est le triomphe du cosmopolitisme et du métissage, le football a donc ce gros défaut de ne rassembler qu’au sein d’un même pays. À l’échelle internationale, son extraordinaire pouvoir peut opérer côté obscur en divisant de façon délétère. La piste foot s’efface définitivement quand j’observe se déployer cette formidable vague positive, festive et jubilatoire, de la coupe du monde 2018. Il en ressort que ce qui l’illustre le mieux dans l’inconscient collectif est encore une fois musical. Ce qui nous réunit dans l’euphorie et le partage sur le long terme, c’est bien la chanson de Magic System, et même l’inoxydable I will survive dans sa version par Hermes House Band qui est ressortie pour l’occasion, et surtout celle de Vegedream, avec en point d’orgue la présence du héros Kylian Mbappé dansant et chantant au sein des Enfoirés dans le clip de On trace.
Les Enfoirés, encore un bel exemple accréditant ma direction. Cette formidable entreprise improbable, qu’a su mettre en place Jean-Jacques Goldman, a réussi plus que n’aurait jamais fait une autre à faire perdurer les Restos du Cœur de Coluche. La chanson est la clef pour n’importe quel grand projet humain.
Écrire sur la chanson, c’est donc une évidence, mais comme je suis écrivain et peu musicien, je vais plutôt mettre l’accent sur les textes. Et comme mon domaine de prédilection reste ce qui est de l’ordre sentimental, je ne m’attache pour le moment qu’à traiter des chansons d’amour.
Le grand frisson, cette manifestation n’est souvent rendue possible que par la musique. S’il y a des scènes d’amour qui nous touchent et nous exaltent tant au cinéma, c’est en grande partie grâce au fond musical présent. Mais une musique sans un texte ne peut grand-chose, il faut des mots. Le verbe est capital, essentiel.
Je me suis tellement voué aux chansons, je ne serais pas juste dans ma démarche si je ne laissais de tout cela une trace, une matérialisation à la postérité. Confectionner ce livre est une profession de foi.
Les chansons m’ont façonné petit-à-petit, avec tendresse, exigence, perfectionnisme, tout cela comme si j’étais de l’argile dans leurs mains dans un ballet arc-en-ciel où la légèreté côtoie le plus crucial, le plus grave. Elles m’ont tellement donné tout au long de ma construction, à mon tour de leur donner, de leur rendre un modeste hommage. Rendre hommage à ces parcelles de divinité qui seront toujours plus grandes que les humains que nous sommes, nombre dans lequel sont inclus leurs créateurs, est un exercice délicat un peu insensé.
On est marqué par une chanson, au fer rouge. On est touché en plein cœur, cela nous relie à bien des choses sans faire appel à nos conscient et intellect. Des amnésiques ou des personnes souffrant de la maladie d’Alzheimer peuvent oublier jusqu’à leur propre nom, mais se souviennent de paroles de chansons par cœur.
La chanson d’amour est un art majeur. C’est la conjugaison du mot et de la musique au service des sentiments, du cœur, de ce qui transcende et commande nos vies et dont l’essence sera toujours un mystère hors de notre portée.
La chanson est un art majeur, n’en déplaise à Serge Gainsbourg, en dansant la javanaise ou pas (même si son propos était marqué par sa frustration de n’avoir pas pu faire carrière dans la peinture, son art de prédilection, on sait aussi à ce sujet qu’il n’y a que celui qui exerce un art qui peut le dénigrer de la sorte, la nature des choses fait que l’on accorde toujours un jugement faussé sur ce que l’on fait et que l’on est facilement conduit à s’autodéprécier et à perdre de vue la valeur de ce que l’on a). La chanson, bien que relativement facile d’accès en comparaison à d’autres arts, est à certains égards le plus majeur des arts car le plus universel. Celui qui tient le plus de l’orfèvrerie, celui qui capte un fragment d’essentiel et conjugue un éventail de paramètres pour le restituer en un temps limité avec possibilité de le faire se déployer à l’infini. Celui qui entre dans les vies, qui entre dans l’intimité, directement, sans qu’on ait à l’y convier particulièrement, qui s’insinue même lorsque l’on voudrait lui fermer sa porte, au détour de n’importe quel lieu public ou de travail. Il ne saurait rien y avoir de plus influent.
La chanson est le nerf de la société contemporaine, il n’y a pour s’en conforter qu’à regarder Google et la forte prédominance des recherches de chansons que l’on peut constater dans les suggestions. Et de façon moins impressionnante mais tout aussi implacable, l’audimat nous indique qu’aucun programme télévisé récurrent d’une autre nature ne pourra jamais rivaliser avec les audiences de The Voice par exemple. Le socle commun de référence qui se façonne au gré des films, des séries, et tout spécialement, dans la construction, des productions Disney, s’ancre et se réactive perpétuellement particulièrement avec les chansons que l’on entend dans ceux-ci.
La chanson d’amour est la quintessence de la chanson, l’art ultime, reposant sur un fragile équilibre qui la fait tanguer sur le fil ténu entre sublime et mièvre. La chanson d’amour est un révélateur sans concession de la qualité d’être et de la d’écriture, si on peut là façonner un chef-d’œuvre, la pente est savonneuse et l’on peut facilement se vautrer, ou dans l’insipide banalité, ou dans la vulgarité, ou dans le cucul la praline. S’attaquer à la chanson d’amour avec une ambition de qualité est un challenge pour les courageux ou les purs.
Il est enivrant et délicat de parler d’amour, mais tout de même périlleux de placer des mots lorsqu’on est davantage porté à serrer nos mains et puis se taire. Pour écrire une chanson d’amour de valeur, il faut (pour reprendre les mots de la chanson Pour elle, écrite par Jean-Paul Dréau, et mise en musique et interprétée par Riccardo Cocciante) se pencher au bord de l’invisible, où l’amour tient en équilibre, il faut totalement s’abandonner pour pouvoir relater l’extrême sentiment d’aimer.
Personnellement, mon amour du disque dépassera toujours mon amour du livre qui est déjà pourtant de l’ordre du religieux et de la passion dévorante. Le disque est plus solennel. L’objet est plus mystérieux. On comprend aisément comment on écrit, lit, et confectionne un livre. Un disque, qu’il soit vinyle ou laser, a quelque chose d’inexplicable, de magique. Il est aussi plus impactant, parce que parlant des langues non intellectualisables comme la musique et s’adressant plus aux sens et aux extrasens.
Quand je m’attelle à cet ouvrage, comme quand j’ai réalisé le site de La Discothèque Idéale ou quand je compose les programmations de ma webradio, je traite de ce qui vit au plus profond de moi, de ce que je porte dans mon sang. Je suis un juke-box, mon cœur et mes tripes sont chansons. La chanson, c’est la sève qui m’anime. Quand je suis à bout de force et que je sens toute énergie, toute idée et toute conscience me vider, ce qui demeure à ma tête à l’encre indélébile sont des paroles et des airs de chansons.
Cerise sur le gâteau, ce que je propose ici me permet de renouer avec mon goût premier, celui d’écrire des ouvrages de l’ordre du manuel, du dictionnaire, et de faire de la classification. Tout en ne me basant là que sur des valeurs de sensibilité, de littérature et de frissons. Eh oui, littérature, la chanson est littérature. Il s’agit même d’une littérature particulièrement précise et délicate, une forme où malgré l’abondance produite je n’arrive pas à me libérer totalement comme je le fais dans les autres. Les différents textes que j’ai proposés à Julie Zenatti, à Garou, à Maurane, et à Cassidy Cruiks (via Patrick Fiori, son coach de The Voice Kids saison 4), n’ont jamais été chantés, quand bien même ils avaient été écrits spécialement pour eux.
J’admire la complexité d’apparence simple des grands auteurs de chansons qui doivent composer avec tant de paramètres, être efficaces en si peu d’espace, et qui arrivent au final à nous émouvoir comme on ne saurait le faire avec des poèmes écrits ou des romans.
Écrire des chansons est l’expression artistique la plus noble, la plus transcendante, celle qui a le plus de portée. Comme je le faisais remarquer dans un dialogue de mon premier roman, Chute Ascendante, on écrit pour tout le monde en écrivant une chanson, on abolit toutes les frontières, on écrit pour un nombre restreint en écrivant des livres même quand on en vend des millions comme Guillaume Musso, Paolo Coelho, Carlos Ruiz Zafón, Elena Ferrante, Stephen King ou Dan Brown.
Quand on écrit des chansons, on ne parle pas à qui se dispose à nous écouter et ne nous ouvre donc qu’une certaine fenêtre, on parle à l’inconscient, on imprime la bande passante.
Publier des romans n’était pas un rêve de gosse pour moi, mais produire un livre de la teneur de celui que vous êtes en train de consulter en était un. J’ai l’impression de rendre ici justice à l’enfant que j’étais, d’être enfin digne de ce qu’il avait érigé de méticuleuse façon.
J’ai vécu à l’adolescence comme emmitouflé dans des chansons. Si je leur confère une telle dimension dans mon existence, c’est aussi parce que j’ai pu expérimenter quelque chose de singulier à leur sujet. Si vous en écoutez à la radio, ou sur une vaste playlist lue en mode aléatoire, elles peuvent répondre à quasi toutes nos interrogations ou adresser des commentaires pertinents et perspicaces sur les situations que nous rencontrons. J’incite toute personne qui ne l’a pas déjà fait à tenter l’expérience. Les résultats sont souvent bluffants, voire sidérants. C’est assez déstabilisant, et en même temps cela peut rassurer sur l’existence d’une bienveillante dimension supérieure mystérieuse. En tout cas rassurer sur une certaine cohérence de l’univers, sur le fait que tout est imbriqué et communique en permanence. Cela nous maintient dans la conscience que nous ne sommes jamais seuls (c’est particulièrement significatif si dans un moment de solitude on tombe par hasard sur le You are not alone
