Nord et sud (Édition résumée) - Elizabeth Gaskell - E-Book

Nord et sud (Édition résumée) E-Book

Elizabeth Gaskell

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Beschreibung

Nord et Sud met en scène la migration de Margaret Hale, arrachée à l'idylle d'Helstone pour Milton, cité industrielle du Nord où s'opposent ouvriers en grève et patrons de filatures. Emblème du condition-of-England novel victorien, le récit conjugue romance (avec John Thornton) et enquête sociale: pauvreté, maladie de Bessy Higgins, économie du coton, syndicats naissants. Dans une prose réaliste, attentive aux dialectes et à la topographie urbaine, Gaskell noue éthique personnelle et structures économiques, et fait évoluer ses personnages par le dialogue. Épouse d'un pasteur unitarien et résidente de Manchester, Gaskell connaissait intimement la misère ouvrière; elle avait déjà traité ces sujets dans Mary Barton. Sa fréquentation des cercles philanthropiques, ses visites de quartiers pauvres et ses échanges avec Dickens (qui publia le texte en feuilleton dans Household Words, 1854-55) orientent son écriture vers la médiation: comprendre sans simplifier, concilier devoir chrétien, sens commercial et réforme pragmatique. Je recommande Nord et Sud à tout lecteur curieux des tensions fondatrices de la modernité industrielle. Au-delà de la romance, il éclaire la formation des compromis sociaux, la place des femmes dans l'espace public et l'éthique du travail. C'est un roman pédagogique et subtil, d'une actualité discrètement insistante. Quickie Classics résume avec précision des œuvres intemporelles, préserve la voix de l'auteur et maintient une prose claire, rapide et lisible – distillée, jamais diluée. Suppléments de l'édition enrichie : Introduction · Synopsis · Contexte historique · Biographie de l'auteur · Brève analyse · 4 questions de réflexion · Notes de l'éditeur.

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Veröffentlichungsjahr: 2026

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Elizabeth Gaskell

Nord et sud (Édition résumée)

Édition enrichie. De Helstone à Milton: romance ennemis-à-amants et enquête sociale sur les grèves du coton, entre misère ouvrière, patronat et syndicalisme naissant.
Introduction, études, commentaires et résumé par Jade Rousseau
Édité et publié par Quickie Classics, 2026
EAN 8596547890669
Quickie Classics résume avec précision des œuvres intemporelles, préserve la voix de l’auteur et maintient une prose claire, rapide et lisible – distillée, jamais diluée. Suppléments de l’édition enrichie : Introduction · Synopsis · Contexte historique · Biographie de l’auteur · Brève analyse · 4 questions de réflexion · Notes de l’éditeur.

Table des matières

Introduction
Synopsis
Contexte historique
Biographie de l’auteur
Nord et Sud
Analyse
Réflexion
Notes

Introduction

Table des matières

Entre la douceur policée du Sud et le grondement âpre des manufactures du Nord, Nord et Sud met à nu le frottement des mondes, des classes et des consciences, et demande si la compréhension patiente peut combler un fossé creusé par la richesse, le travail et les préjugés, en suivant l’itinéraire d’une jeune femme transplantée au cœur de l’Angleterre industrielle du milieu du XIXe siècle pour découvrir que la civilité, la fierté et la misère prennent des visages multiples, et que la rencontre obstinée de réalités contraires — maisons paisibles et rues enfumées, convenances et nécessité, autorité et autonomie — peut transformer autant les regards que les destins.

Roman victorien de mœurs et d’observation sociale, Nord et Sud d’Elizabeth Gaskell a d’abord paru en feuilleton en 1854–1855 dans Household Words, le périodique dirigé par Charles Dickens, avant d’être publié en volume. L’intrigue se déploie entre un Sud anglais pastoral et la ville industrielle fictive de Milton, inspirée par Manchester, dont Gaskell connaissait de près la réalité urbaine. Le cadre temporel correspond aux décennies d’industrialisation rapide et de réorganisation du travail. Le livre conjugue les codes du récit réaliste et du roman social, en attachant une égale attention à l’intime domestique et aux tensions économiques qui façonnent les vies ordinaires.

Au centre du récit, Margaret Hale quitte le confort relatif du Sud pour Milton et se heurte à un univers de filatures, de fumée et d’urgences matérielles, où la politesse ne suffit plus à expliquer le monde. Sa rencontre avec des ouvriers, des familles d’artisans et un manufacturier, John Thornton, cristallise des visions opposées du devoir, de la réussite et de la justice. La narration à la troisième personne épouse de près la conscience de Margaret, alternant descriptions précises, dialogues vifs et analyses morales. Le ton demeure grave mais empathique, ménageant des nuances là où d’autres romans privilégieraient la caricature.

Nord et Sud explore l’industrialisation non comme toile de fond, mais comme épreuve des valeurs: conflit entre capital et travail, coût humain de la productivité, pouvoir et limites de la philanthropie, apprentissage d’une écoute mutuelle. Le roman scrute la formation d’un jugement éthique, la circulation des points de vue et la manière dont les catégories sociales se recomposent au contact des réalités urbaines. Il interroge aussi la place des femmes dans la sphère domestique et publique, la notion de respectabilité et les langages régionaux comme marqueurs d’appartenance. Chaque thème progresse par scènes concrètes, discussions franches et retournements de perspective mesurés.

Si l’Angleterre décrite est celle du XIXe siècle, l’actualité de Nord et Sud tient à la justesse avec laquelle Gaskell met en scène la défiance entre groupes, la polarisation régionale et l’épaisseur morale des choix économiques. Les lecteurs d’aujourd’hui y reconnaissent des échos de débats contemporains sur les inégalités, la responsabilité des entreprises, la dignité du travail et la mobilité sociale. Le roman montre comment l’empathie informée, la négociation et l’éducation peuvent réduire les angles morts sans nier les conflits réels. Il rappelle qu’aucune société n’avance durablement sans tenir ensemble productivité, justice, respect, et usages concrets de la parole.

La force du livre vient d’un équilibre rare entre enquête sociale et roman de formation. Gaskell, sensible aux voix du peuple comme à celles des notables, restitue registres et milieux sans exotisme ni condescendance, intégrant même les nuances du parler local pour donner chair aux expériences vécues. La mise en scène des espaces — salon, rue, salle de réunion, cour d’usine — organise la confrontation des idées autant que des intérêts. Les personnages ne sont pas des emblèmes figés, mais des êtres faillibles qui apprennent, tâtonnent, et parfois changent d’avis: cette dynamique narrative soutient la réflexion sans alourdir l’élan romanesque.

Lire Nord et Sud, c’est accepter une progression méthodique, où l’observation précise, les échanges argumentés et l’attention au quotidien composent une expérience immersive plutôt que spectaculaire. L’attrait du livre tient à la cohabitation féconde entre une intrigue personnelle retenue et une cartographie lucide des forces sociales, de sorte que le lecteur sort grandi par une compréhension plus ample des autres. Ce roman offre ainsi un compagnonnage exigeant mais hospitalier: il donne des outils pour penser, des scènes pour ressentir, et des voix pour dialoguer au-delà des appartenances, confirmant l’importance durable de l’œuvre d’Elizabeth Gaskell dans la tradition du roman social.

Synopsis

Table des matières

Publié en 1854–1855, Nord et Sud d’Elizabeth Gaskell est un roman victorien qui met en regard l’Angleterre rurale et l’Angleterre industrielle. L’ouvrage suit Margaret Hale, jeune femme élevée dans un presbytère du Sud, dont la vision morale s’est formée dans un cadre pastoral et hiérarchisé. À partir d’un déracinement forcé, le récit explore l’entrée progressive d’une héroïne instruite mais peu préparée dans un monde d’usines, de calcul économique et de tensions collectives. Sans s’attacher à une thèse unique, Gaskell orchestre une enquête romanesque sur le conflit entre traditions affectives et exigences modernes, et sur la possibilité d’un dialogue entre milieux opposés.

Le déclencheur narratif survient quand le père de Margaret, le révérend Hale, traverse une crise de conscience et renonce à ses fonctions ecclésiastiques. La famille quitte Helstone, au Sud, pour Milton-Northern, cité fictive inspirée des centres cotonniers. Le changement d’échelle est brutal: fumées, bruit, pauvreté visible et fortunes rapides composent un paysage social inédit. Installés modestement, les Hale affrontent le coût de la vie et la distance culturelle. Gaskell met en scène le choc des perceptions, de l’étiquette campagnarde confrontée à la franchise urbaine, tout en laissant affleurer l’inquiétude matérielle qui devient désormais la toile de fond de chaque décision.

À Milton, M. Hale devient précepteur et accepte pour élève John Thornton, manufacturier autodidacte, respecté pour sa discipline et ses résultats. Les conversations de travail et de philosophie pratique s’invitent au salon familial, où Margaret, observatrice incisive, conteste la primauté du profit et de l’autorité patronale. Des visites d’usine l’initient aux règles de la production et aux risques qui pèsent sur les ouvriers comme sur les maîtres. Entre Margaret et Thornton s’installe un rapport tendu, nourri d’admiration réticente et de malentendus tenaces. Gaskell articule ainsi, par le dialogue, les termes d’un débat sur responsabilité, mérite et dignité.

Le roman élargit son champ en donnant voix aux travailleurs à travers Nicholas Higgins et sa fille Bessy, que Margaret rencontre dans un quartier ouvrier. L’amitié qui se noue lui ouvre un accès direct aux intérieurs pauvres, aux solidarités de voisinage et aux atteintes de santé dues au labeur. La compassion de Margaret s’enrichit d’informations concrètes: horaires, salaires, arbitrages impossibles entre pain et loyauté syndicale. Sans idéaliser, Gaskell juxtapose l’orgueil professionnel des patrons et la fierté des ouvriers, révélant des cultures morales distinctes. Margaret apprend à écouter, situant sa propre éducation entre le devoir familial et l’attention au collectif.

La pression économique s’intensifie et conduit à une grève coordonnée, avec caisses de secours, réunions et piquets. Les fabricants s’arc-boutent sur la liberté de gérer, les ouvriers sur la nécessité d’être entendus. Margaret, présente à un attroupement devant la filature de Thornton, est témoin d’une montée de violence. Son intervention, motivée par des principes immédiats plutôt que par une stratégie, a des répercussions publiques et privées qu’elle n’avait pas anticipées. Gaskell met à nu les logiques d’honneur, de peur et de réputation, tout en montrant la fragilité des équilibres lorsqu’un conflit collectif réduit les individus à des rôles tranchés.

Parallèlement, le foyer Hale est miné par la maladie et l’anxiété. Les tâches domestiques, prises en charge avec l’aide fidèle de Dixon, s’alourdissent au rythme des mauvaises nouvelles. Margaret, confrontée à la perspective du deuil et à la précarité, gagne en lucidité et en réserve. La jeune femme, jadis protégée par l’ordre tranquille de Helstone, développe une endurance morale faite d’initiatives discrètes et de silences. Ces épreuves intimement vécues se répercutent sur ses jugements, tempérant la certitude initiale et approfondissant sa compréhension des compromis que chacun, maître ou ouvrier, doit accepter pour continuer à vivre.

Les conséquences de l’épisode public à la filature poursuivent Margaret, soumettant ses gestes à l’examen d’une société prompte aux conjectures. Des séjours à Londres, chez des proches plus fortunés, déplacent le cadre: nouvelles convenances, ambitions mondaines, conseils juridiques, et une attention accrue aux apparences. Un retour vers le Sud met en évidence un décalage: ce qui paraissait stable lui semble désormais lointain. Margaret mesure l’étendue de son déplacement intérieur. Elle revoit des connaissances anciennes et en découvre d’autres, en demeurant attentive à Milton. Le récit s’organise alors autour d’une identité en recomposition, prise entre deux appartenances.

Dans le Nord, la conjoncture changeante éprouve patrons et ouvriers: fluctuations des commandes, risques de faillite, tentatives de réforme au sein des ateliers. Des échanges plus constructifs s’esquissent, où l’expérience vécue remplace les abstractions. Les trajectoires individuelles, y compris celles de Margaret, se modifient au gré d’affaires familiales, de décisions financières et de responsabilités nouvelles dont les effets dépassent les intentions premières. Des rencontres ultérieures, en un autre lieu que Milton, réencadrent des relations entamées sous la contrainte. Sans résoudre encore les antagonismes, Gaskell montre comment l’écoute et l’épreuve partagée peuvent infléchir des positions apparemment irréconciliables.

Nord et Sud propose ainsi une méditation sur la possibilité de faire dialoguer deux systèmes de valeurs: l’enracinement affectif du Sud et l’énergie prospective du Nord industriel. À travers la trajectoire de Margaret Hale, le roman interroge le mérite, la justice économique, la responsabilité réciproque et la place des femmes dans la délibération morale. Loin de conclure par une thèse univoque, Gaskell laisse émerger une perspective de conciliation exigeante, fondée sur la connaissance mutuelle et le respect. C’est cette ouverture qui donne à l’œuvre sa portée durable, au-delà de l’intrigue sentimentale et des circonstances historiques précises.

Contexte historique

Table des matières

Publié en feuilleton dans Household Words entre 1854 et 1855, Nord et Sud s’inscrit dans l’Angleterre victorienne du milieu du XIXe siècle, marquée par l’industrialisation rapide et l’essor des villes du Lancashire. Le roman situe son action principale à Milton-Northern, ville fictive inspirée de Manchester, centre textile où usines, entrepôts et chemins de fer structurent la vie quotidienne. Sous le règne de Victoria, l’État britannique étend ses institutions administratives et réformatrices, tandis que le Parlement débat des questions sociales. En adoptant ce cadre précis, l’œuvre observe les tensions d’une société en mutation et interroge les valeurs qui guident le progrès industriel et moral.

L’industrie cotonnière, dominante à Manchester et dans le Lancashire, repose au milieu du siècle sur les mules à filer, les métiers à tisser mécaniques et les machines à vapeur, alimentant une production de masse. Les usines transforment du coton brut majoritairement importé via Liverpool, longtemps fourni par les États esclavagistes du Sud des États-Unis, mais aussi par l’Inde et l’Égypte. La discipline d’usine, le travail féminin et enfantin et les cadences élevées suscitent réformes et enquêtes. Les Factory Acts de 1833, 1844 et 1847 limitent horaires et dangers, sans tout résoudre. Le roman éclaire ces réalités matérielles et met en question une prospérité fondée sur la contrainte et l’interdépendance mondiale.

Le cadre oppose deux mondes britanniques bien réels: le Sud rural et hiérarchisé par la propriété foncière, et le Nord urbain dominé par une bourgeoisie industrielle en ascension. Au Nord, des entrepreneurs « self-made » dirigent filatures et commerces, soutenus par des banques locales et des réseaux d’affaires; au Sud, le prestige demeure attaché à la terre, à l’Église anglicane et aux codes de politesse. Cette fracture culturelle et économique nourrit malentendus et fiertés concurrentes. En l’explorant, l’œuvre met en regard anciennes et nouvelles élites, questionne les critères de respectabilité et suggère que la valeur sociale ne se mesure pas uniquement à l’origine ni à la fortune.

Les mouvements ouvriers prennent de l’ampleur dans les années 1830–1850. Après l’abrogation des Combination Acts (1824–1825), les syndicats se structurent, malgré une reconnaissance juridique encore limitée. Le chartisme (1838–1848) réclame suffrage masculin élargi, vote secret et salaires des députés; en 1842, une vague de grèves, dont les « Plug Plot Riots », secoue les districts industriels. Dans les filatures, caisses de secours, délégués et comités de grève organisent la défense des salaires. L’œuvre met en scène discussions et antagonismes entre patrons et ouvriers, sans trancher idéologiquement, pour interroger les stratégies possibles entre confrontation, négociation collective et responsabilité sociale de l’employeur.

L’urbanisation industrielle entraîne surpopulation, loyers élevés et habitat insalubre. Manchester connaît des quartiers denses, ventilation médiocre et pollution de la fumée. Les épidémies de choléra de 1832 et 1848–1849, et le Report on the Sanitary Condition of the Labouring Population (1842) d’Edwin Chadwick, stimulent un « sanitary movement ». Le Public Health Act de 1848 crée un cadre d’assainissement local. Les migrations, notamment l’afflux d’Irlandais fuyant la Grande Famine (1845–1852), accentuent la pression sur l’emploi et le logement. Le roman observe ces réalités urbaines et interroge le rôle de la philanthropie, de la municipalité et des industriels dans l’amélioration des conditions de vie.

Le climat intellectuel économique est dominé par le libre-échange et la théorie classique. À Manchester, la Anti–Corn Law League de Richard Cobden et John Bright milite pour l’abolition des lois sur les céréales, obtenue en 1846, afin de baisser le prix du pain et d’encourager la compétitivité. Les crises commerciales, comme celle de 1847, rappellent toutefois la volatilité des marchés et l’importance du crédit. L’Exposition universelle de 1851 célèbre la puissance industrielle britannique. L’œuvre met à l’épreuve ce credo libéral: elle confronte les principes de concurrence et d’autodiscipline aux coûts humains du travail et à la nécessité d’une éthique patronale plus responsable.

Le paysage religieux victorien oppose l’Église d’Angleterre aux Églises dissidentes (méthodistes, baptistes, unitariens). À Manchester, les unitariens jouent un rôle notable dans l’éducation, la bienfaisance et le débat social. Elizabeth Gaskell y vit et épouse William Gaskell, ministre unitarien, ce qui la met en contact direct avec les réalités ouvrières et l’action caritative urbaine. Les controverses théologiques cèdent souvent le pas, dans la sphère publique, aux impératifs moraux: sobriété, devoir, amélioration de soi et aide aux nécessiteux. L’œuvre, fidèle à ce contexte pluraliste, présente des convictions religieuses diverses et s’en sert pour questionner la responsabilité individuelle et la compassion dans une société industrielle.

Au milieu du XIXe siècle, l’idéologie des « sphères séparées » assigne aux femmes la domesticité et aux hommes la sphère publique. Les possibilités professionnelles féminines restent limitées (gouvernante, enseignement, travaux d’aiguille), et les droits patrimoniaux des épouses ne seront améliorés qu’avec les Married Women’s Property Acts de 1870 et 1882. L’éducation des jeunes filles progresse, mais inégalement. Les associations de bienfaisance offrent un espace d’action sociale. En adoptant le regard d’une protagoniste confrontée aux réalités industrielles, l’œuvre met en relief ces contraintes genrées et propose une critique mesurée des barrières qui entravent la participation des femmes aux décisions familiales et civiques.

Biographie de l’auteur

Table des matières

Elizabeth Gaskell (1810-1865) est l’une des grandes romancières de l’ère victorienne. Figure attentive aux tensions sociales de l’Angleterre industrielle, elle a composé des romans et des nouvelles où s’entrecroisent observation réaliste, humour discret et préoccupations morales. Publiée à la fois en volume et en feuilleton dans des revues majeures de son temps, elle a su toucher un large public tout en suscitant des débats critiques. Ses œuvres explorent la condition des classes laborieuses, la place des femmes et les mutations des villes du Nord, sans négliger des portraits nuancés des communautés rurales. Reconnaissable par son sens du détail et du dialogue, elle occupe une position charnière entre roman social et chronique de mœurs.

Elle grandit principalement à Knutsford, dans le Cheshire, cadre qui nourrira plus tard Cranford. Son éducation, acquise dans des pensionnats réputés, notamment près de Stratford-upon-Avon, lui donna une solide culture littéraire. La pensée unitarienne, milieu religieux et intellectuel auquel elle est associée, façonna son sens de la responsabilité morale et de la réforme pragmatique. Après son mariage avec un ministre unitarien, elle s’installa à Manchester, alors capitale du coton. Le contact quotidien avec la ville industrielle, ses fortunes et ses détresses, affermit son regard d’observatrice et lui fournit une matière romanesque durable. Elle commença à publier des récits et esquisses dans la presse avant de se lancer dans le roman.

Son premier roman, Mary Barton (1848), parut anonymement et fit sensation. Ancré à Manchester, il s’attache aux vies ouvrières et à leurs épreuves au cœur des crises économiques des années 1840. Loué pour sa compassion et sa puissance d’évocation, il fut aussi critiqué par certains industriels pour son parti pris en faveur des travailleurs. Le succès établit Gaskell sur la scène littéraire et attira l’attention d’éditeurs influents. Elle commença dès lors à collaborer régulièrement avec des périodiques dirigés par Charles Dickens, qui appréciait sa précision réaliste et sa verve narrative, et offraient un canal de diffusion élargi à ses fictions et à ses contes.

Les années 1850 furent particulièrement fécondes. Cranford (1851-1853), d’abord publié en feuilleton, transpose avec ironie bienveillante des souvenirs de petite ville en un tableau délicat des sociabilités féminines. Ruth (1853) aborda des sujets sensibles de moralité et de respectabilité, provoquant controverses et prises de position tranchées. North and South (1854-1855), sérialisé dans Household Words, confronta monde industriel et valeurs rurales, conflits du travail et tentatives de médiation. Ces ouvrages révélèrent l’ampleur de sa palette: satire mesurée, empathie sociale, et art du dialogue. Ils consolidèrent sa réputation auprès d’un lectorat large, tout en suscitant un débat critique sur les fonctions morales du roman.

En 1857, Gaskell publia The Life of Charlotte Brontë, biographie marquante de l’autrice de Jane Eyre. S’appuyant sur une correspondance abondante et sur des témoignages recueillis auprès des proches, elle proposa un récit empathique qui contribua puissamment à fixer l’image publique de Brontë. L’ouvrage, très lu, suscita cependant des contestations: certains portraits de figures contemporaines entraînèrent des risques juridiques et imposèrent des modifications dans des tirages ultérieurs. Malgré ces tensions, le livre demeure un jalon de la biographie littéraire victorienne, révélant l’art de Gaskell pour le montage documentaire et sa capacité à relier vie, milieu social et création.

Dans la décennie suivante, elle diversifia encore ses formes. Sylvia’s Lovers (1863) approfondit la veine romanesque historique et maritime. Cousin Phillis (1863-1864), publié dans The Cornhill Magazine, marie chronique rurale et éveil intellectuel. En parallèle, Gaskell composa des nouvelles et contes, dont des récits gothiques et fantastiques désormais classiques, tels The Old Nurse’s Story (1852) et Lois the Witch (1859), parus dans des périodiques à grand tirage. Cette activité soutenue révèle l’étendue de son registre, capable d’allier étude de caractère, atmosphère, et réflexion sociale, tout en s’adaptant aux exigences du feuilleton victorien et aux rythmes de la presse illustrée.

Ses dernières années furent marquées par Wives and Daughters (1864-1866), sérialisé dans The Cornhill Magazine et resté inachevé en raison de sa mort soudaine en 1865, survenue à Alton, dans le Hampshire. L’œuvre, qui conjuguait finesse psychologique et ampleur sociale, a confirmé rétrospectivement sa maîtrise du roman de mœurs. Elle fut inhumée à Knutsford, lieu fondateur de son imaginaire. Longtemps lue pour son témoignage sur l’Angleterre industrielle, Gaskell bénéficie aujourd’hui d’un regain d’attention critique, sensible aux questions de genre, de classe et de communauté. Ses textes demeurent vivants par leurs adaptations et par la pertinence de leur regard sur la modernité naissante.

Nord et sud (Édition résumée)

Table des Matières Principale
Chapitre 1. « En route vers la noce »
Chapitre 2. Roses et épines
Chapitre 3. « Plus on se hâte, moins on avance »
Chapitre 4. Doutes et difficultés
Chapitre 5. Décision
Chapitre 6. Adieu
Chapitre 7. De nouvelles scènes et de nouveaux visages
Chapitre 8. Le mal du pays
Chapitre 9. Tenue pour le thé
Chapitre 10. Fer forgé et or
Chapitre 11. Premières impressions
Chapitre 12. Visites matinales
Chapitre 13. Une brise légère dans un endroit accablant
Chapitre 14. La Mutinerie
Chapitre 15. Maîtres et hommes
Chapitre 16. L’Ombre de la mort
Chapitre 17. Qu’est-ce qu’une grève ?
Chapitre 18. Goûts et Aversions
Chapitre 19. Un ange rend visite
Chapitre 20. Hommes et Messieurs
Chapitre 21. La nuit sombre
Chapitre 22. Un coup et ses conséquences
Chapitre 23. Erreurs
Chapitre 24. Erreurs dissipées
Chapitre 25. Frédéric
Chapitre 26. Mère et Fils
Chapitre 27. Morceau de fruits
Chapitre 28. Le réconfort dans la peine
Chapitre 29. Un rayon de soleil
Chapitre 30. Enfin chez soi
Chapitre 31. « Faudrait-il oublier nos anciennes connaissances ? »
Chapitre 32. Mésaventures
Chapitre 33. Paix