Nothing is forever - Tome 1 - Ninie C. - E-Book

Nothing is forever - Tome 1 E-Book

Ninie C.

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Beschreibung

La rencontre explosive entre une femme désabusée et un séducteur invétéré…

À 30 ans, Sarah ne croit plus au Prince Charmant. Après un mariage raté et des aventures sans lendemain, elle se réfugie dans son travail pour combler le vide laissé par la solitude. De son côté, Enzo, 38 ans, est un séducteur insatiable qui enchaîne les conquêtes sans jamais s’attacher. Profondément marqué par la perte de ses parents, il ne cherche qu’à profiter de la vie sans contraintes. Mais lorsque le destin les rapproche, une alchimie inattendue naît entre eux. Le chemin vers l’amour est semé d’embûches : entre un passé douloureux qui ressurgit et des personnes jalouses prêtes à tout pour les séparer, leur relation naissante sera mise à rude épreuve. L’amour sera-t-il plus fort que leurs différences et les obstacles qui se dressent sur leur route ? Plongez dans une romance passionnée où une femme seule et un macho invétéré devront apprendre à surmonter les défis pour espérer trouver l’amour.

EXTRAIT

— Sarah ? Je sursaute en entendant ma voix, mes larmes aux yeux. Je baisse la tête pour cacher ma vulnérabilité, mais il relève doucement mon visage du bout des doigts. — Vous allez bien ? demande-t-il, inquiet. — Non, je ne me sens pas très bien. — Venez, je vais vous aider. Je le suis sans réfléchir, étrangement en confiance. Une fois dans les toilettes des dames, je lui dis timidement : — Vous n’êtes pas obligé de me suivre jusque-là. — Je le sais, mais je préfère garder un œil sur vous. Je m’asperge le visage d’eau froide sans me soucier du maquillage qui coule. La pièce tourne de plus en plus, et je me raccroche à ce que je peux. Enzo me regarde, alarmé. — Sarah, ça va ? — Vous êtes deux… je crois que je vais m’évanouir. Je sens mes jambes céder, mais avant de toucher le sol, Enzo me rattrape. Ses bras puissants m’enlacent, et ses beaux yeux sont la dernière chose que je vois avant de sombrer.

CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE

"Je découvrais la plume de Ninie C et je l’avoue, j’ai beaucoup aimé. [...] Je me suis régalée de ce texte à 2 voix." — Carine-68, Booknode

À PROPOS DE L'AUTEURE

Ninie C., 42 ans, vit en région parisienne. Passionnée de lecture depuis toujours, elle est une grande consommatrice de romances, des plus douces aux plus « hot ». Ce n’est qu’il y a deux ans qu’elle a commencé à écrire, trouvant dans cette activité une échappatoire à son quotidien. Malgré ses doutes, Ninie a persévéré et réalisé son rêve de devenir auteure publiée.

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Seitenzahl: 259

Veröffentlichungsjahr: 2019

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Nothing is Forever

 

 

Ninie C

 

Romance

Editions « Arts En Mots »Illustration graphique : © Val

 

CHAPITRE 1

 

SARAH

 

Lundi matin, six heures. Le réveil me sort de mon sommeil. Pourquoi je ne peux pas rester dans les bras de Morphée et continuer de rêver encore un peu ?! Malheureusement j'ai un travail qui m'attend et je dois me lever et aller gagner ma vie.

Depuis maintenant huit ans, je travaille dans un refuge pour animaux. Cette passion, je l'ai toujours eue depuis que je suis toute petite. Alors, pourquoi ne pas passer mon temps à m'occuper d'eux ? Ils en ont tellement besoin, beaucoup ont eu une vie vraiment pourrie et c'est peu de le dire. J'essaie de leur donner tout l'amour dont ils ont besoin, je les nourris et j'emmène en balade quelques-uns dont je suis en charge. Ils sont vraiment adorables, je ne comprends pas que l'on puisse abandonner un animal. Ils ont vraiment plus d'amour à donner qu'un humain, je peux vous l'assurer.

Justement, en parlant d'humain, le dernier en date que j'ai pu côtoyer, ne valait franchement pas la peine. Un abruti pas fini. Pourtant au début, tout était beau, il m'avait sorti le grand jeu et me disait toujours de belles paroles...Tout ce qu'une fille rêve d'entendre, finalement et moi, bonne cruche, j'ai gobé tout ce qu'il me disait. Mais malheureusement, ou heureusement, un jour qu'il était sous la douche, un SMS sur son portable. Curieuse comme je suis, je n’ai pas pu m’empêcher de le lire et la stupeur, une certaine Lola, écrivait que lui et sa « queue » lui manquaient !

Sur le coup, je ne savais pas trop comment prendre la chose et finalement, ni une, ni deux, j'ai déboulé dans la salle de bain avec le portable que j'ai balancé dans la douche et je lui ai dit de prendre ses affaires et de dégager, en n'oubliant pas de le traiter de tous les noms d'oiseaux qui peut exister !

Surpris il n’a pas tout compris. Mais quand je lui ai demandé de rejoindre sa Lola, il est devenu blanc comme un linge, il s'est rhabillé et je ne l'ai plus jamais revu. C'est sûr, découvrir que finalement je n'étais pas grand-chose pour lui, ça fait mal, mais c'est la vie. Tout n'est pas toujours rose.

Pendant quelque temps, le moral était plus bas que zéro, mais je m'en suis remise. Tout compte fait, bon débarras, espèce de menteur ! Après, on me demande pourquoi je préfère la compagnie des animaux, au moins eux, ils vous aiment pour ce que vous êtes et vous restent fidèles jusqu'à la fin.

Ce matin-là, comme tous les matins j'arrive au refuge et je vais directement dire « bonjour » à mes amis les chiens. Ils sont heureux lorsqu’ils me voient arriver, ils savent que je vais les chouchouter.

Je m'occupe de trois d'entre eux. Il y a un Shi Tzu, un Bouledogue français et un Husky, tous abandonnés par des maîtres sans scrupules. Je pénètre dans leur enclos pour une petite séance de caresses, puis ensuite remplissage des gamelles.

Pendant qu'ils mangent, je vais faire mon tour habituel du refuge et saluer mes collègues qui s'occupent d'autres chiens.

Pour mes petits protégés, l'heure de la promenade est enfin arrivée. Ils le savent en me voyant approcher avec leurs harnais. C'est la danse de la joie pour tout le monde, étant donné qu'il y a un parc juste à côté, j'en profite pour y passer le plus clair de mon temps et éviter de les remettre en cage trop tôt. Ça me fend le cœur de les voir enfermés.

Arrivés au parc, il n'y a pas beaucoup de monde vu qu'il est encore tôt, mis à part quelques personnes qui font leur jogging et d'autres qui promènent également leur chien. J'en profite pour les détacher pour qu'ils se défoulent un peu. En attendant, tout en les surveillant je vais m'asseoir sur un banc pour siroter le café que j'ai emporté. Les yeux clos je savoure mon breuvage bien chaud. Hum, rien de meilleur pour débuter une journée. Je redescends vite sur terre en entendant des chiens aboyer.

Je regarde autour de moi puis je vois mes trois loulous qui en ont après un bouledogue anglais qui leur a volé un jouet. Je les appelle et je les récupère pour leur remettre leur harnais. Une fois attachés, je m'approche de ce chien qui a l'air d’être seul. Je regarde s'il est tatoué ou s'il a une médaille et en effet, cette belle femelle porte le doux nom de Fiona.

—Et bien alors ma belle, tu es toute seule, où est ton maître ?

Pour toute réponse, j'ai le droit à des léchouilles et à beaucoup de bave. Vraiment adorable. Au loin, j'entends finalement une voix masculine appelée Fiona. Je me retourne et j’aperçois un homme courir vers nous en tenue de jogger. Lorsqu'il arrive près de moi, je me relève mais je me sens toute petite à côté de cet homme immense. Oh merde, il va me prendre pour une naine !

Je reste sans voix tellement je trouve qu'il ressemble à un dieu grec ! Grand donc, cheveux bruns mi longs, yeux brun foncé, une légère barbe entretenue grisonnante, qui lui donne un charme fou. Sur son avant-bras droit, je peux entrevoir le bout d'un tatouage, mais impossible de deviner ce qu'il représente, car il est caché par sa manche. Je reste bouche bée tout en le détaillant de la tête aux pieds. Il va croire que j'ai perdu ma langue...

—Hum hum.

Je sursaute et je sors enfin de ma contemplation. Oh merde, prise en flagrant délit de matage ! J'essaie tant bien que mal de reprendre mes esprits.

—Je peux récupérer ma chienne s’il vous plaît ? me demande-t-il.

—Oh ! Oui... bien sûr, lui dis je.

—Désolé si elle vous a embêtée, mais cette chipie adore me fausser compagnie pour allait jouer au lieu de courir avec moi, m’explique-t-il, tout sourire.

—Oh non pas du tout, il n'y a pas de soucis et puis j'ai l'habitude avec les chiens vous savez.

—Oui, c'est ce que je vois. Ils sont à vous ? me demande-t-il.

—Non, non du tout. Ils font partie du refuge ou je travaille.

—Oh ! C'est tout à votre honneur.

Rougissante, je le remercie. Puis il attache sa chienne, prêt à repartir.

—Et bien merci pour Fiona, Mlle… ? me demande-t-il en me tendant sa main

—Euh... Sarah je lui réponds, en serrant celle-ci.

—Alors merci Sarah.

—De rien, avec plaisir, Mr.… ? Je lui demande à mon tour.

—Appelez-moi Enzo, ça suffira, me répond-il d'une voix charmeuse.

Joli prénom, me chuchote ma conscience. Je pense qu'il va falloir que je la fasse taire celle-ci.

—Alors peut-être à bientôt Enzo. Et si un jour l'envie vous en dit, passez nous faire un petit coucou au refuge ou bien, peut-être à une prochaine fois ici même. Je serai ravie de revoir Fiona.

Et pas que Fiona, hein ?! Grrr, tais-toi saleté de conscience !

—Bien sûr, ce sera avec plaisir Sarah. Peut-être à bientôt alors me répond-il, en se mettant à courir, Fiona à la traîne derrière lui.

—Au revoir Enzo, murmuré je à voix basse. Encore chamboulée par ce truc bizarre que j'ai pu ressentir en lui serrant la main.

Malgré le fait qu'il continue de s'éloigner, mes yeux ne veulent pas se détacher de ce beau spécimen et surtout de ses fesses bien musclées ! Oups, je crois que je m'égare. On ne peut pas nier qu'il est sacrément bien foutu. Mais franchement ce genre de gars, je préfère les éviter. Beau gosse, ils ont tendance à se prendre pour le nombril du monde. Dépité, je soupire et je reprends donc le chemin du refuge, avec dans la tête le souvenir de ce Dieu grec !

Arrivée à bon port, je ramène mes loulous dans leur cage, je leur donne à boire et à manger. Après tout ça, ils ont bien mérité une bonne sieste.

La journée passe à une allure folle, entre le nettoyage des box, nourrir toutes ces bêtes et un peu de causette avec les collègues, la ballade du soir arrive très vite. Je retourne donc au parc en espérant je l'avoue y revoir mon Apollon de ce matin. Malheureusement, aucun signe de Fiona et de son maître...Dommage.

Je termine donc la balade et je retourne vite au refuge. J'ai hâte de rentrer chez moi et de retrouver mon lit désespérément vide ! Mais au moins, lui ne me trompera jamais.

Enfin arrivé dans mon cocon, je retire mes chaussures et je file directement à la douche. Hum trop bon cette eau chaude sur mon corps. Ça détend tous mes muscles, quel bonheur.

Je me décide enfin à en sortir, me sèche vite fait, me mets à l'aise et me prépare un thé. Tout en le préparant, je repense au beau gosse du parc. Je me dis que c'est étrange de ne l'avoir encore jamais vu. En huit ans que je me balade là-bas, c'est la première fois que je tombe sur lui. Je soupire en me disant que je ne le reverrai sûrement jamais. Tant pis, il était plutôt agréable à regarder.

Mon thé enfin prêt, je prends la direction de ma chambre, je me mets sous les couvertures et je le sirote tout en surfant sur les réseaux sociaux. Mais rien d’intéressant, comme d'habitude. Je m'ennuie.

Je me connecte donc sur le site de rencontre ou je me suis inscrite depuis peu. Je surfe sans réelle motivation. Je suis prête à me déconnecter, lorsque je reçois un message privé. Curieuse, je l'ouvre avec une certaine appréhension.

—Bonsoir jolie demoiselle. J'ose ce message, car je vous trouve charmante et j'aurais aimé discuter avec vous. J'espère une réponse de votre part. Amicalement.

Il me trouve charmante, tu parles ! Il doit avoir besoin de lunettes. Avant de lui répondre, je vais faire un tour sur son profil, bizarre pas de photo. Tout ce que j’apprends c’est qu’il est pédiatre et que son rêve serait de partir en Afrique en mission humanitaire. Je me dis que c'est un beau profil, dommage qu'il manque la photo. Malheureusement au bout de quelques minutes mes yeux se font lourds. Je lui répondrai sûrement demain et je décide de rejoindre Morphée pour je l'espère de jolis rêves.

 

CHAPITRE 2

 

SARAH

 

Finalement j’ai dormi comme un bébé, ma nuit fut réparatrice. Mais mes rêves étaient peuplés du Dieu grec du parc ou il me faisait des choses pas très catholiques avec sa langue. Oh, ce n'est pas vrai, comment un homme que j'ai vu que quelques minutes peut me faire autant d'effets ?

J'ai besoin d'une douche bien froide pour me remettre les idées en place. Il faut absolument que je le sorte de ma tête surtout que je ne suis même pas sûre de le revoir un jour. Et puis de toute façon, pourquoi un canon pareil s’intéresserait- il à moi ? Je suis beaucoup trop banale, je ne me maquille pas, je m'habille comme un mec et surtout je suis toute petite. Lui, c'est sûrement, les grandes blondes siliconées de partout qui doivent le faire bander !

Rien à dire, une bonne douche fait vraiment du bien. Je me sèche, je m'habille puis je me prépare mon petit déjeuner. D'un coup je me souviens que je n'ai pas répondu au mec du site de rencontre. J'ouvre mon ordinateur et je me connecte. Là je m’aperçois qu'un second message m'attend.

—J'ai pu voir que vous m'aviez lu hier soir et que vous aviez fait votre curieuse sur mon profil. Pourtant aucune réponse de votre part. Dommage. Mais je n’insisterai pas, je ne veux pas que vous me preniez pour un pervers. Tant pis, bonne continuation alors.

Je fais quoi, je fais comme lui et j’abandonne ou je lui réponds ? Il n'a pas l'air méchant, mais je dois néanmoins rester vigilante tout de même. Je respire un grand coup et je me lance.

—Bonjour, en effet j'ai bien lu vos deux messages, mais j'avoue que parler à un inconnu c'est assez flippant. Malgré tout c'est avec plaisir que je discuterai avec vous si vous en avez toujours envie.

En attendant une réponse, qui ne viendra sûrement pas, je finis mon petit déjeuner et consulte mes SMS qui sont restés en suspens depuis hier soir. Un SMS de ma petite sœur qui me demande comment je vais. Étant donné qu'on ne vit pas dans le même département, on n'a pas l'occasion de se voir beaucoup. Je lui réponds vite fait que je vais bien, et que je l'appellerai bientôt. Le second est de mon meilleur ami Gabriel, Gaby pour les intimes. Un beau métis un peu superficiel, mais une crème en amitié.

—Coucou chouchou. Je n'ai pas beaucoup de news en ce moment, tu vas bien ?

Je lui réponds, autrement il risque d'ameuter le voisinage !

—Coucou doudou, ne t'en fais pas tout va bien, mais beaucoup de boulot et le soir je ne traîne pas tellement je suis fatiguée. On essaie de se voir très vite, OK ?

Sa réponse arrive aussitôt !

—OK ! On essaie de s'organiser un petit repas ou une sortie à l'occasion. Je t'embrasse fort, à bientôt chouchou.

—Oui pas de problème. Passe une bonne journée, à bientôt doudou.

Avec tout ça, j'en aurai presque oublié mon inconnu du net qui m'a répondu.

—Re bonjour jolie demoiselle. Pas de soucis, je comprends parfaitement votre ressenti, mais merci de me laisser une chance et de pouvoir discuter avec vous.

—Avec plaisir, mais malheureusement, le travail m'attend et je vais devoir vous quitter. Ce soir peut-être ?

—Oh dommage. Ce soir ça va être un peu compliqué, je termine très tard.

Je vais finir par croire que finalement il n'a plus envie de me parler...

—OK. Et bien, contactez-moi ce soir et au pire je vous répondrai demain matin. Ça vous va ?

Pendant ce temps, j'enfile mes chaussures et ma veste. Sa réponse est arrivée.

—D'accord, avec plaisir. Alors, peut-être à ce soir jolie demoiselle.

Le « jolie » me dérange un peu, mais c'est plutôt agréable.

—Oui, peut-être à ce soir, bonne journée à bientôt

—Oui à bientôt !

Je me déconnecte, autrement je vais finir par être en retard au refuge. Finalement, je suis arrivée avec quinze minutes de retard ce matin. Jamais ça ne m'est arrivé en huit ans que je travaille ici. Je file directement vers le box de mes loulous qui doivent m'attendre impatiemment. Pas manqué, ils me voient arriver au loin et ils se mettent à aboyer, sûrement pour me faire comprendre qu'il faut que je me dépêche et qu'ils sont heureux de pouvoir aller se balader. Après quelques caresses, nous sommes partis pour la balade du matin.

Comme à mon habitude, je suis sur mon banc à siroter mon café, noir de préférence. Mais mon esprit est ailleurs et je surveille les alentours au cas où je verrais de nouveau le beau gosse d'hier. En vain...Car plus le temps passe, plus je me dis qu'il ne viendra sûrement pas aujourd'hui. Mais pourquoi il m'obsède autant ? Déçue, pourquoi déçue d'ailleurs, je reprends les chiens pour les ramener au refuge pour leur dose de croquettes.

La journée se passe aussi lentement que mon envie de travailler aujourd’hui. Je me sens triste et fatigué. Aujourd’hui, ça fait dix mois que mon papa nous a quittés. Il me manque énormément, son décès soudain m'a beaucoup affecté...Nous a tous affecté. Je me demande si je m'en remettrai un jour tellement c'est dur ! Je sais que la vie doit continuer malgré tout même si ce n’est pas facile tous les jours. Heureusement que j'ai ma petite sœur pour me soutenir et inversement. On est là l'une pour l'autre, malgré que l'on ne se voie pas beaucoup. Aller, j'essaie de me remotiver. Je retrouve donc mes loulous pour la promenade du soir et après je rentre chez moi, enfin !

 

Il est dix-neuf heures lorsque j'arrive à la maison. Je soupire de soulagement. Je me sens bien dans mon petit nid douillet. Je retire ma veste et mes chaussures, j'adore être pieds nus. Je décide de mettre un peu de musique en fond sonore. J'ai beaucoup de mal avec le calme. Je suis bizarre, vous allez me dire...Oui sûrement un peu c'est vrai. Après avoir pris une douche, je me prépare quelque chose de rapide à manger, pas envie de m’embêter à faire la cuisine ce soir. Il est vingt heures trente lorsque je décide de me mettre devant la télé, mais comme d'habitude rien de bien intéressant. D'un coup, je me souviens de mon inconnu sur le site de rencontre. Je me connecte alors, mais hélas pas de message. Dommage, j'avais envie de papoter un peu ce soir. Je laisse donc mon ordinateur allumé près de moi, au cas où. Je décide de lire un peu pour passer le temps. Je suis une accro de la Romance Érotique, depuis que j'ai lu Cinquante Nuances de Grey et en ce moment, je suis accro à une petite nouvelle qui vient d'écrire son premier roman il y a peu « Ma Gourmandise préférée ». C'est léger, drôle, triste aussi, mais une magnifique histoire de deux personnes qui s'aiment énormément. Peut-être un peu trop d'ailleurs...Je suis tellement plongé dans ma lecture que je n'avais même pas vu que j'avais reçu un message de mon inconnu. Oups, ça fait au moins quinze minutes qu'il doit attendre que je lui réponde. J’arrête donc de lire et je vais ouvrir ce message.

—Bonsoir jolie demoiselle, j'en profite cinq minutes d’être en pause pour vous faire un petit coucou. Malheureusement je n'ai pas beaucoup de temps, je suis de garde cette nuit. J'espère que votre journée a été bonne. A très vite, je l'espère.

—Bonsoir, oh c'est gentil à vous de prendre un peu de votre temps ! Vous savez ça pouvait attendre demain si vraiment vous êtes au travail.

Sa réponse est immédiate.

—Comme je vous l'ai dit, je suis en pause et comme ce matin on n'a pas eu beaucoup de temps pour parler, j'en profite maintenant même si ça va être à nouveau court. Je m'en excuse par avance.

Il s'excuse, comme c'est mignon, peut-être un peu trop d'ailleurs.

—D'accord. Alors comme ça, vous êtes pédiatre d'après ce que j'ai vu sur votre profil. C'est un beau métier de s'occuper d'enfants.

—Oui c'est ça, petite curieuse ! Et vous alors, vous travaillez dans un refuge pour animaux, vous aimez votre métier ?

Je ne peux m’empêcher de sourire.

—Oui, c'est ça, depuis huit ans maintenant, et oui j'adore ce que je fais. Ce que j'aime chez les animaux, c'est qu'ils sont plus fidèles et aimants que certains humains.

—Houlà, c'est dur ça ! Lol Vous pensez que tous les humains sont pareils ?

—Malheureusement, beaucoup oui je pense...

—Vous êtes dure. Qui vous a blessé à ce point, pour que vous pensiez ça ?

—Une personne sans intérêt...

—D'accord, je n'insiste pas jolie demoiselle. Même si j'aurais aimé en savoir un peu plus.

—Merci beaucoup ! Au fait, pourquoi m'appelez-vous jolie demoiselle ?

—Tout simplement parce que je vous trouve jolie et j'aime beaucoup votre sourire aussi. Oh et des yeux sublimes également.

Waouh, il réussirait presque à me faire rougir ce « con » !

—Merci c'est très gentil. Et vous pourquoi ne pas mettre de photo sur votre profil, vous ressemblez à Quasimodo ?

Je rigole toute seule, je suis grave.

—Vous êtes drôle pour une fille lol ! Mais non, je ne ressemble pas à Quasimodo si ça peut vous rassurer ! Je me dis que si le feeling doit passer, il n'y a pas forcément besoin de photo. Vous n’êtes pas d'accord ?

—Si si bien sûr, mais j'aime savoir à qui je parle ...

—Promettez-moi seulement de continuer à dialoguer avec moi et je vous enverrai ma photo. Tout ce que je peux vous dire, c'est que je pense que je pourrais bien vous plaire !

Il est trop drôle lui, comment il peut savoir ça ? Je me marre toute seule derrière mon écran ! Je n’ai pas le temps de lui répondre, qu'il me renvoie un message.

—Je suis désolé, mais je vais devoir vous abandonner. Une urgence vient d'arriver. J'essaie de vous recontacter dès que je le peux. Bonne fin de soirée et bonne nuit jolie demoiselle !

—Oh, oui bien-sûr pas de soucis, je comprends. Bon courage à vous alors et peut être à très vite.

J'attends de voir s'il me répond, mais apparemment il est déjà parti. En même temps, si c'était une urgence, logique qu'il ne traîne pas devant l'ordinateur. Je me déconnecte avec le sourire aux lèvres. Pourquoi ? À vrai dire je ne sais pas très bien, bizarre la fille hein. Finalement ces quelques échanges m'ont fait du bien, même si on ne s'est pas dit grand-chose, mais il a réussi à me faire rire, ce qui est déjà beaucoup, surtout aujourd'hui où le moral n'était pas super. Il est bientôt 22h30, l'heure pour moi d'aller rejoindre mon lit. Le temps de brosser mes dents et hop c'est parti pour une bonne nuit de sommeil.

 

CHAPITRE 3

 

ENZO

 

Voilà maintenant quelques semaines que je suis rentré de mes sept années en Arménie, en tant qu'humanitaire. Pourquoi êtes parti aussi longtemps ? Tout simplement que depuis que mes parents ont péri dans cet accident de bateau, j'ai cru devenir complètement cinglé. Je faisais vraiment n'importe quoi ! De l'alcool à la drogue tout y passé, je me consolais comme je pouvais. Sans parler de toutes ces filles que je me suis tapées, sans même connaître leur nom ! Pour la plupart, je ne me souviens même plus de leur visage tellement j'étais défoncé. En y repensant, j'ai fait beaucoup de conneries, peut-être pas pour les filles finalement !

Aujourd'hui, je suis clean concernant l'alcool et la drogue, mais pas forcément encore pour les femmes et je crois que je ne le serai jamais. Les femmes resteront à jamais ma drogue !

De mon périple je suis revenu avec une « compagne », un bouledogue anglais qui errait seule dans les rues. Il a fallu que je la nourrisse une fois et depuis elle ne m'a plus lâchée. Faut pas croire, mais je suis un grand sensible sous mes airs de macho. Je crois que j'aime plus les animaux que les humains.

 

J'ai donc repris mes séances quotidiennes de jogging dans le parc à quelques kilomètres de chez moi avec Fiona donc. La pauvre, elle a beaucoup de mal à me suivre, elle me fait bien rire. Je décide de ralentir un peu, mais la chipie arrive à se détacher de sa laisse et à courir comme il faut et même à me semer, en voyant d'autres chiens jouer au loin.

Quelle fainéante ! Elle ne pense qu'au plaisir...Tiens, elle me rappelle quelqu'un, en tout cas concernant le plaisir. Je la rattrape aussi vite que je peux, mais elle court très vite quand elle veut, surtout lorsqu'il s’agit de jouer. J'entends des aboiements puis j'aperçois Fiona entourée d'autres chiens qui ne semblent pas heureux qu'elle leur ait volé leur jouet.

J'aperçois une jeune femme en train de lui parler et de regarder son cou où trône une médaille avec son nom. Peu farouche, elle lui offre même quelques léchouilles baveuses. Beurk. Je m'approche en appelant Fiona, la jeune femme se retourne en m'entendant. Arrivé à sa hauteur, elle se relève, elle est vraiment toute petite, c'est très drôle, moi qui suis très grand. Elle reste muette quelques instants en me reluquant de la tête aux pieds. Du coup forcément j'en fais de même, après tout pourquoi il n'y a qu'elle qui aurait le droit de le faire ? Je trouve qu'elle a beaucoup de charme malgré le fait qu'elle ne soit pas habillée super sexy, pas maquillé non plus et ce n'est pas le type de femme sur lequel je me serai retourné dans la rue, il faut être honnête. Bon, aller, ce n'est pas tout ça mais il faut que je récupère Fiona.

—Hum hum !

Elle sursaute et elle sort enfin de sa contemplation. Et oui ma p'tite, prise en flagrant délit de matage. Elle essaie tant bien que mal de reprendre ses esprits. Ça me fait sourire.

—Je peux récupérer ma chienne ? lui demandé-je.

—Oh ! Oui... biensûr, me répond-elle.

—Désolé si elle vous a embêtée, mais cette chipie adore me fausser compagnie pour aller jouer au lieu de courir avec moi. Lui expliqué je tout sourire.

—Oh non, il n'y a pas de soucis. Et puis j'ai l'habitude avec les chiens, me répond -elle.

—Oui, c'est ce que je vois. Ils sont à vous ? lui demandé-je.

—Non, non. Ils font partis d'un refuge tout près d'ici. Je m'occupe d'eux tous les jours

—Oh ! C'est tout à votre honneur, lui dis-je.

Rougissante, elle me remercie. J'attache ma chienne prête à repartir.

—Et bien merci pour Fiona, Melle… ? en tendant la main.

—Euh Sarah, me répond -elle, en serrant celle-ci. Et puis là bizarrement, je sens comme une décharge électrique me parcourir tout le bras. Mais merde, il m'arrive quoi là ? Je ne devrais même pas avoir ce genre de ressentis.

—Alors merci Sarah.

—De rien, avec plaisir, Mr.… ? me demande-t-elle à son tour.

—Appelez-moi Enzo, ça suffira, dis-je d'une voix charmeuse.

—Alors peut-être à bientôt Enzo. Et si un jour l'envie vous en dit, passez nous faire un petit coucou au refuge ou bien, peut-être à une prochaine fois ici même. Je serai ravie de revoir Fiona, me dit-elle.

—Bien sûr, ce sera avec plaisir Sarah. Peut-être à bientôt alors, je lui dis en me mettant à courir avec Fiona, à la traîne derrière moi.

—Au revoir Enzo, entends-je tout bas. Malgré que je m'éloigne, je continue de sentir son regard peser sur moi encore quelques minutes.

 

Très bizarre cette rencontre, cette petite m'a retourné l'esprit. Ce n'est pourtant pas mon genre, je suis plutôt grande blonde avec des formes. Enfin, bref. Je termine mon jogging, j’arrive chez moi, je me déshabille et file directement à la douche. Hum, après l'effort, le réconfort. J'adore rester sous l'eau les yeux clos. En les rouvrant, je m'aperçois que j'ai une demie molle et puis quoi encore, je ne vais pas me masturber sous la douche comme un ado, je préfère attendre et me taper une blonde de mon répertoire ! Mais pas aujourd'hui. Repos avant ma garde de demain.

Sorti de la douche, je vois Fiona qui ronfle comme un cochon, elle me fait trop rire cette chienne. La journée passe assez vite finalement, moi qui n'aime pas trop rester à ne rien faire.

Le soir venu, je surfe un peu sur le net, histoire de passer le temps. Puis, une idée farfelue me passe par la tête. Pourquoi je ne m'inscrirais pas sur un site de rencontre ?! On ne sait jamais, après tout... Les blondes sans lendemain ça va bien un moment, il serait peut-être temps que je me case, surtout à l'âge que j'ai.

Après avoir rempli leur questionnaire stupide, je me demande si je dois mettre une photo. Tout bien réfléchi, je décide que non. Pourquoi ? C'est simple, non ?! Je suis plutôt beau gosse et je ne veux pas que les femmes qui passeront sur mon profil se disent « waouh canon » et ne juge que sur ça ! J'aimerai un peu de sincérité pour une fois. Je navigue donc de profil en profil, mais aucun ne m'attire. Décevant je trouve. Puis tout à coup, je tombe sur le profil d'un visage que j'ai rencontré il y a peu. La jeune femme aux chiens, quelle coïncidence. Tiens et si je lui envoyais un message privé. Après tout, je n'ai mis aucune photo, ça pourrait devenir drôle finalement.

—Bonsoir, jolie demoiselle. J'ose vous importuner, car je vous trouve charmante et j'aurai aimé discuter avec vous. J'espère avoir une réponse de votre part. Amicalement.

Voilà, j'ai lancé mon appât ! J'attends de voir si elle mordra. Des minutes de plus en plus longues passent et aucune réponse. Bon tant pis, je me déconnecte et je file au lit.

 

Le lendemain, petit déjeuner devant mon ordinateur portable. Connecté sur le site de rencontre, je m'aperçois qu'elle a fait sa curieuse sur mon profil, sans me répondre. Je décide de lui en envoyer un second.

—J'ai pu voir que vous m'aviez lu hier soir et que vous aviez fait votre curieuse sur mon profil. Pourtant aucune réponse de votre part. Mais je n’insisterai pas, je ne veux pas que vous me preniez pour un pervers. Tant pis, bonne continuation alors.

Quelques minutes s'écoulent, puis enfin une réponse arrive.

—Bonjour, j'ai bien lu vos 2 messages, mais j'avoue que parler à un inconnu c'est assez flippant. C’est avec plaisir que je discuterai avec vous si vous en avez toujours envie.

Ah ben voilà, ce n'était pas si difficile de me répondre ! Bon je vais essayer de rester courtois et gentil. Ce n'est pas gagner.

—Re bonjour jolie demoiselle. Pas de soucis, je comprends parfaitement votre ressenti, mais merci de me laisser une chance de pouvoir discuter avec vous.

—Avec plaisir, mais malheureusement, le travail m'attend et je vais devoir vous quitter. Ce soir peut- être ? me demande-t elle

—Oh dommage. Ce soir, ça va être un peu compliqué, je termine très tard, lui dis-je

—OK. Et bien, contactez-moi ce soir, et au pire je vous répondrai demain matin. Ça vous va ?

Pendant ce temps, je me ressers un second café.

—D'accord, avec plaisir. Alors, peut-être à ce soir jolie demoiselle.

—Oui, peut-être à ce soir, bonne journée, à bientôt

—Oui à bientôt ! je lui réponds.

 

Bon, ça s'est bien passé finalement. C'est drôle de savoir avec qui je parle, sans qu'elle, ne le sache pas et je compte bien faire durer un peu avant de lui dire qui je suis réellement.

 

CHAPITRE 4

 

SARAH