Pari amoureux - Tome 2 - Ninie C - E-Book

Pari amoureux - Tome 2 E-Book

Ninie C.

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Beschreibung

Une lourde épreuve à surmonter... Leur amour peut-il survivre ?

Après un terrible accident, Angie n'est plus la même. Sa perte de mémoire rend son quotidien chaotique, et chaque jour est une bataille pour retrouver des morceaux de son passé. Nick, son amour de toujours, se retrouve perdu face à la nouvelle réalité de celle qu’il aime. Déterminé à tout faire pour la reconquérir, il est prêt à affronter tous les obstacles qui se dressent sur leur chemin. Mais pourront-ils retrouver ce lien si fort qui les unissait avant l'accident ? Parviendront-ils à surmonter les épreuves et à se redécouvrir malgré les épreuves du destin ?

Plongez dans la suite des aventures amoureuses de Nick et Angie dans ce deuxième tome d’une saga riche en émotions et en rebondissements !

À PROPOS DE L'AUTEURE

Ninie C, 42 ans, vit en région parisienne. Passionnée de lecture depuis toujours, elle a dévoré d’innombrables romans, principalement des romances, parfois très audacieuses. L'écriture est devenue pour elle un véritable échappatoire il y a environ deux ans, lui permettant de s’évader d’un quotidien souvent difficile. Peu sûre d’elle, Ninie n’aurait jamais imaginé être publiée un jour, mais sa passion et son amour des mots l'ont poussée à partager ses histoires avec ses lecteurs.

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Veröffentlichungsjahr: 2020

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Pari Amoureux

 

TOME 2

 

Romance

Editions « Arts En Mots »Illustration graphique : © Val

 

 

 

CHAPITRE 1

 

 

NICK

 

 

Je ne comprends toujours pas ce qui a bien pu se passer, comment Stella a su pour cette histoire de pari ? Il va falloir que j'éclaircisse les choses avec elle, mais pas maintenant. Pour le moment je veux savoir comment elle va. Mais voilà, ça fait deux heures que j'attends qu'on vienne me donner des nouvelles. Je tourne en rond comme un lion en cage. D'accord, je ne suis pas seul, les potes sont tous là, Jenna également. Tout le monde me dit que tout se passera bien pour elle, mais bizarrement j'ai un mauvais pressentiment. Avant que les secours arrivent, Angie ne respirait plus. Ils ont même dû la réanimer avant de partir pour les Urgences. J'ai pu être avec elle dans l'ambulance. Elle était si blanche... D'après les médecins qui l'ont auscultée, elle aurait une fracture au niveau de la jambe droite, quelques côtes de cassées et plusieurs contusions sur tout le corps. Malheureusement, vu le choc que sa tête a pris, il fallait attendre d’être à l’hôpital pour voir l'étendue des dégâts avec un scanner. Tout le long du trajet, je lui ai tenu la main, en lui chuchotant que tout irait bien, même si moi je ne croyais pas forcément à ce que je disais.

— Nick, tu veux un café ? me demande alors Jenna.

— Ouais, je veux bien. Merci.

Elle me tend un gobelet et s'assoit à côté de moi. Je commence à perdre patience de ne pas avoir de nouvelles.

— Putain, pourquoi c'est si long ? Pourquoi personne ne vient nous voir ?

— Nick, calme-toi. Apparemment son cas avait l'air plutôt sérieux. Laisse-leur le temps de prendre soin d'elle.

— Jenna...j'ai peur. Et si...

— Stop ! Attendons d'avoir plus de nouvelles avant de faire des suppositions. Mais Nick, je ne comprends pas. Il s'est passé quoi entre vous pour qu'elle parte du Zanzibar aussi furieuse et malheureuse ? Je pensais que tout s’arrangerait entre vous.

Je ne vais quand même pas raconter à Jenna que c'est à cause d'un fichu pari, qui d'ailleurs n'existait plus depuis longtemps. Pour la bonne cause ou plutôt pour sauver mes miches, je vais légèrement lui mentir.

— Apparemment Stella lui aurait raconté des choses sur moi et forcément Angie a préféré croire ses conneries.

— Je peux te garantir qu'elle ne perd rien pour attendre celle-là !

Jenna ne le montre pas forcément, mais là maintenant elle est plus qu'en colère contre Stella.

— La famille d' Angèle Thomas s'il vous plaît.

Jenna et moi, nous nous levons en même temps à l'arrivée du médecin qui s'est occupé d'Angie.

— Comment va-t-elle ? demandé-je alors.

— Et vous êtes ?

— Son petit ami.

D'un air méprisant il me scrute sous toutes les coutures, pensant sûrement que je ne suis pas assez bien pour une fille comme Angie. En fait, il aurait sûrement raison de penser ça de moi.

— Docteur, comment va-t-elle ?

— L'état de votre amie est plutôt préoccupant. Elle a une jambe cassée, des côtes également et quelques contusions sur tout le corps. Mais...le plus préoccupant est le choc qu'elle a reçu au moment de l'impact sur le sol. À cause de ce traumatisme crânien, votre amie est pour le moment dans le coma.

Quoi, Angie dans le coma ?! Non, ce n'est pas possible. Ces deux mots me font l'effet d'une bombe. J'ai l'impression que tout s'effondre autour de moi. Putain, s'est pas vrai.

— Mais quand vous dites dans le coma, elle va se réveiller n'est-ce pas ?

— Malheureusement, dans ces cas-là on ne peut pas prévoir. Elle peut se réveiller, comme elle peut rester dans le coma durant des mois, des semaines, des jours....Tout dépendra si elle a envie de se battre ou non.

— On peut la voir ? demande Jenna au médecin.

— Le temps de la transférer dans une chambre et vous pourrez y aller. Mais une seule personne à la fois s'il vous plaît.

Je vais pour regagner ma place lorsqu'il m'interpelle.

— Jeune homme, je peux vous parler ?

Intrigué qu'il veuille me voir seul à seul, je le rejoins.

— Vous me dites que vous êtes son petit ami, c'est bien ça ?

— Oui. Pourquoi ?

— Alors vous savez sûrement que votre petite amie est enceinte.

— Quoi ?! Mais non c'est impossible.

— Pourtant c'est le cas. De quelques jours seulement d'après sa prise de sang et l'échographie.

— Je ne comprends pas. Elle m'a dit qu'elle avait pris la pilule du lendemain.

— Sachez jeune homme que cette méthode n'est pas fiable à 100%.

Pour la seconde fois, mon monde s'écroule. Un enfant...Alors que même Angie est persuadée que cette fichue pilule a été efficace. Quelle va être sa réaction à son réveil ? Comme elle ne veut plus de moi, peut-être qu'elle ne voudra pas garder cet enfant. Tant de questions qui resteront sans réponse pour le moment. Je remercie le médecin et je retourne m'asseoir auprès de mes amis.

— Il te voulait quoi ? me demande Jenna

Comment lui annoncer qu'Angie est enceinte alors que je lui ai certifié qu'on s'était protégés. Pour le moment je préfère ne rien lui dire et mentir...encore.

— Rien de spécial. Il me demandait si je voulais donner mon sang.

— Ah ok. Au fait Nick, ça ne te dérange pas si je vais voir Angèle la première ?

Merde fait chier, je pensais y aller avant tout le monde. C'est quand même ma petite amie, enfin je l'espère. Mais encore une fois, je vais faire bonne figure et m'incliner.

— Pas de soucis. Vas-y. Au fait, tu as appelé la mère d'Angie ?

— Non pas encore. Si je te donne son numéro, tu veux bien le faire à ma place ?

Comment annoncer ça à sa mère, fait chier.

— OK, donne. Je vais l'appeler pendant que tu seras avec Angie.

— Merci Nick, t'es un amour.

— Ouais...

Elle ne dirait pas ça, si elle savait que toute cette histoire est finalement de ma faute...

 

 

Ça fait maintenant dix minutes que Jenna est avec son amie et je n'ai toujours pas eu le courage d'appeler Eva. Les gars m'ont abandonné lorsqu'ils ont eu des nouvelles d'Angie et du coup je me retrouve seul dans cette salle d'attente terne et sans âme. Le téléphone à la main, je ne cesse de regarder une photo d'Angie où elle me sourit. Elle ressemble tellement à un ange.

Je rassemble alors le peu de courage qu'il me reste et appelle Eva. Malheureusement, elle ne décroche pas, mais je lui laisse tout de même un message.

— Bonjour Eva...c'est Nick, l'ami d'Angèle. Voilà, j'aurais préféré vous annoncer ça de vive voix, mais il faut que vous soyez au courant. Votre fille s'est fait renverser par une voiture et elle est à l’hôpital. Elle a besoin de vous et je pense que vous voudriez être à ses côtés. Désolé de vous l'apprendre de cette manière. Si vous voulez que je vienne vous chercher, il n'y a aucun souci. Tenez-moi au courant. À bientôt.

La vache, ça n'a pas été simple et je commence à en avoir marre d'attendre que ce soit mon tour pour aller voir Angie. J'ai envie d'aller m'en griller une, alors je sors un instant. L'air frais me fait du bien, mais je n'arrive toujours pas à me retirer de la tête l'image d'Angie allongée sur le sol mouillé. Tout ça à cause de Stella qui n'a pas su fermer sa gueule. Je vous assure que si je ne l'étrangle pas, je n'en serai pas loin tellement je suis furax. Elle a plutôt intérêt à ce qu'elle s'en sorte sans dommages. Au moment d'écraser ma cigarette, je reçois un appel. Merde Eva.

— Bonjour Eva.

— Bonjour Nick. Dites-moi que se passe-t-il avec ma fille ?

— Comme je vous l'ai expliqué sur le message, elle s'est fait renverser par une voiture.

— Mais...elle va bien n'est-ce pas ? me demande-t-elle des sanglots dans la voix.

— Écoutez... le mieux est que vous veniez à son chevet. Vous pourrez discuter avec son médecin.

— D'accord, je serai là demain après-midi je pense. Le temps de prévenir mon travail que je serai absente quelques jours.

— Super, merci Eva.

— Non, merci à toi de m'avoir prévenue.

— C'est normal. À demain alors.

— Oui à demain. Veille sur ma fille, tu veux ?

— Bien sûr.

— Àdemain Nick.

— À demain Eva. Je vous envoie l'adresse de l’hôpital par SMS.

— D'accord, merci. Au revoir Nick.

Après avoir raccroché, je retourne dans la salle d'attente où je retrouve une Jenna en pleurs.

— Hé, ça va ?

— Oh tu es là. Ça va aller, ne t'inquiètes pas, essaie-t-elle de me rassurer en s'essuyant les yeux.

— Si tu le dis. Au fait, j'ai eu Eva au téléphone. Elle devrait être là demain après-midi.

— Oh. Tu ne lui as pas dit qu'Angèle était dans le coma ?

— Non. Je lui ai juste dit qu'elle était à l’hôpital car une voiture l'avait renversée.

— C'est mieux comme ça. Le médecin pourra lui en dire plus. Tu devrais aller la voir, les visites sont bientôt terminées. Je te ramène après.

— OK. J'y vais. À tout à l'heure.

J’appréhende de me retrouver dans cette chambre. En fait, j'ai peur...Je suis là devant la porte, la main sur la poignée et j'hésite. Allez Nick, secoue-toi un peu et entre ! Prenant mon courage à deux mains, j'entre lentement et puis là je l'aperçois allongée sur ce lit inerte et très blanche. Alors que d'habitude, ses joues sont toujours d'une jolie couleur rosée. J'avance lentement vers Angie qui est reliée à plusieurs machines, dont une qui l'aide à respirer, ainsi qu'une perfusion plantée dans son bras. Ça me fait mal de la voir dans cet état, surtout quand on sait que c'est en partie ma faute. Je vais alors m’asseoir sur la chaise qui est placée à ses côtés. Je prends sa main dans la mienne, l'embrassant tendrement.

— Oh Angie...si seulement tu m'avais laissé parler jusqu'au bout, tu ne serais pas là sur ce lit d’hôpital.

Malgré moi, je ne peux retenir les larmes qui perlent le long de mes joues.

— Je ne sais pas si tu m'entends, mais sache que ta maman arrive demain. Je n'ai pas pu lui dire exactement dans quel état tu es. J'ai préféré qu'elle voit ça avec le médecin.

Pendant que je lui parle, à aucun moment je ne lâche sa main.

— J'espère que tu me pardonneras, autrement je pense que je serai capable du pire... Je ne veux pas te perdre, tu m'entends. Toi et le bébé, oui tu as bien entendu, on va avoir un bébé. Je sais, tu dois te dire que c'est trop tôt, que ce n'était pas prévu, mais je serai là pour vous deux. Enfin... si tu décides de le garder et de me pardonner. Écoute-moi Angie, il faut que tu t'en sortes...je ne pourrai pas vivre sans toi, tu es devenue mon essentielle, mon oxygène. Je tiens à toi comme ce n'est pas permis. Je te l'accorde, j'ai été con avec cette histoire de pari, mais ça c'était bien avant de découvrir que j'avais des sentiments forts pour toi. Alors ne me laisse pas...

De nouveau mes larmes coulent sur mes joues et intérieurement, je prie pour qu' Angie sorte de ce coma sans séquelles.

— Monsieur, les visites sont terminées. Vous devez partir, mais vous pourrez revenir demain.

Fait chier je serais bien resté ici toute la nuit. Mais le règlement, c'est le règlement.

— Angie, je dois partir. Mais je reviens demain et tous les jours suivants. Je ne t'abandonne pas.

Alors je me lève à regret de ma chaise, je me penche sur ma belle et l'embrasse sur le front tendrement.

— À bientôt ma puce.

Puis je sors de cette chambre, le moral au plus bas en rejoignant Jenna qui m'attend dans la salle d'attente.

— On peut y aller.

— Tu es sûr que ça va ?

— Non ça ne va pas...

— Nick, ne t'inquiète pas, elle va vite se réveiller, j'en suis certaine.

— Je l'espère...

Nous sortons alors de cet hôpital de malheur pour aller jusqu'à la voiture de Jenna. Aucun de nous ne parle durant le trajet et c'est mieux comme ça. Je préfère rester dans ma bulle et ne penser qu'à Angie. Ma douce Angie...Elle ne méritait vraiment pas ça...

 

 

CHAPITRE 2

 

 

ANGELE

 

 

Je ne sais pas où je me trouve, je suis comme perdue dans le noir total. Je n'arrive pas à bouger, ni à ouvrir les yeux. Je suis comme paralysée. Tout mon corps a froid. Au loin je peux entendre le bip d'une machine. J'essaie de me souvenir de ce qui a pu se passer, mais ma mémoire me fait défaut. C'est tellement frustrant de ne pas se rappeler. Au même moment, je sens une chaleur autour de ma main ainsi qu' une voix d'homme. Une voix très charmante d'ailleurs. Il a l'air si triste, mais pourquoi ? Je l'entends me parler comme s'il me connaissait bien. Malheureusement, je n'arrive pas à me souvenir de quoi que ce soit. Il me parle de maman qui va venir me voir et de choses dont je ne comprends pas forcément le sens. Puis là, cette personne m'explique qu'on va avoir un bébé. Alors serait-il mon mari ? Grrr, ça m'énerve de ne pas me rappeler. Cette personne a l'air si désemparée, d'ailleurs je peux sentir sur ma main quelque chose d'humide. Oh, il pleure. Alors je compte vraiment beaucoup pour lui. Malheureusement, il m'annonce qu'il doit partir, mais qu'il va revenir très vite. Je sens ses lèvres chaudes sur mon front, comme une caresse. Comme c'est agréable. Une porte qui se ferme et je me retrouve seule avec moi-même.

Tant bien que mal, j'essaie de toutes mes forces d'ouvrir les yeux, mais impossible. Mon corps ne répond pas à ce que je lui demande. Je pense que je dois être patiente et ne pas trop le brusquer. En attendant, je retourne dans un sommeil profond ou tout est calme et serein.

 

 

NICK

 

J'ai passé une nuit de merde. Je n'ai pas cessé de revivre le moment où Angie s'est fait renverser et que je l'ai trouvée sur le sol mouillé. Du coup, je suis debout depuis plus d'une heure maintenant, à me gaver de café. Je ne sais pas encore si je dois aller bosser ou aller la voir à l’hôpital. Mais que ferais-je de plus auprès d'elle tant qu'elle n'est pas réveillée ? Non le mieux est que j'aille au salon et bosser pour me changer un peu les idées. Avant d'y aller, je prends rapidement une douche, m'habille et pars. Arrivé au boulot, je salue mes amis et pars m'enfermer dans mon box. Peu de temps après, Marcus fait irruption en entrant directement.

— Salut Nick.

— Salut.

— Comment tu vas ?

— Ça va.

— En tout cas, tu as une sale tête.

— Merci pour le compliment mec.

— Je m'inquiète pour toi Nick.

Il commence sérieusement à me gonfler de se prendre pour ma mère.

— Marcus, c'est bon fou moi la paix, OK ?

— Pas la peine de le prendre comme ça. Je voulais juste essayer de t'aider un peu en te parlant.

— C'est sympa, mais je n'ai pas envie de parler.

— C'est toi qui vois, on est là si tu as besoin.

Je ne prends pas la peine de lui répondre et vaque à mes occupations. Lui tournant le dos, j'entends enfin la porte se refermer. Je peux souffler et m'écrouler sur mon fauteuil à ruminer. Mais j'y pense, de qui Stella a entendu parler de ce pari ? Je rappelle alors Marcus pour en savoir plus.

— Marcus ! hurlé-je.

Il débarque dans mon box à peine cinq minutes après.

— Pourquoi tu hurles comme ça ? T'es pas bien, pense un peu aux clients !

— Ouais excuse.

— Bon dit-moi.

— Avant son accident, Angie m'a dit que Stella lui avait raconté pour le pari. Qui d'entre vous en a parlé devant elle ? 

— En tout cas, ce n'est pas moi, je peux te le certifier. Tu as demandé à Chris ?

— Toi, je te crois. Appelle-moi Chris !

Marcus s'en va alors le chercher dans son box. Revenant tous les deux, Chris se demande ce qu'il fait là.

— Vous pouvez me dire pourquoi je suis là ?

— Je vais faire simple. Est-ce que c'est toi qui as parlé du pari devant Stella avant l' accident d'Angèle ?

— C'est vrai, j'en ai parlé avec un gars, mais...je t'assure que Stella n'était pas là à ce moment.

— Que tu crois ! Putain, pourquoi reparler de ça, t'as toujours pas compris qu'il faut se méfier de cette sangsue ? Vous êtes en partie responsables de l'accident !

Me levant de mon fauteuil, je me dirige vers Chris qui n'en mène pas large devant moi.

— Je te préviens, si Angie ne sort pas du coma rapidement, je te tiendrai pour responsable, tu m'entends ?!

— C'est bon, je ne suis pas le seul fautif non plus, réplique-t-il pour se défendre.

— T'inquiète, je me chargerai du cas de Stella plus tard. Dégage maintenant !

Merde, je suis en rogne. J'ai envie de frapper quelqu'un, mais la seule chose que je trouve pour me soulager c'est le mur. Mon poing s'abat sur celui-ci à plusieurs reprises. Marcus arrive à se mettre face à moi pour essayer de me calmer.

— Hey, ça suffit calme toi un peu.Ce n'est pas de cette manière que tu vas aider Angèle. Va prendre un peu l'air, tu reviendras quand tu seras calmé.

— Et mon client ?

— Je le ferai patienter.

Je ne me fais pas prier et sors prendre l'air comme conseillé par mon ami. Une fois à l'extérieur, je m'allume une cigarette et pars marcher tout en réfléchissant. Il va falloir que j'ai une explication sérieuse avec Stella et essayer de ne pas lui casser la gueule dès qu'elle sera en face de moi.

Mon portable me sort de ma rêverie. Le sortant de ma poche, je constate que c'est Eva la mère d'Angie.

— Bonjour Eva.

— Bonjour Nick. Comment vas-tu ?

— Pas terrible. Mais je tiens bon.

— C'est ce qu'il faut. Finalement, j'ai pris le train ce matin de bonne heure. J'arrive vers midi. Il est possible pour toi de venir me récupérer ?

— Oh. Euh oui bien sûr, pas de problème, je serai là. Je vous emmènerai directement à l’hôpital.

— C'est gentil. Oui je veux bien, merci. Alors à tout l'heure Nick.

—Oui, à tout à l'heure Eva.

Après ce coup de téléphone, je reprends la direction du salon où mon premier client m'attend. Marcus qui me voit entrer, me demande si je vais mieux.

— Ça va. Merci Marcus.

— Pas de quoi. Allez au boulot maintenant !

 

Après une matinée bien remplie, je quitte le salon pour aller chercher Eva à la gare. J’appréhende un peu de me retrouver face à elle. Si elle savait que je suis en partie impliqué dans l'accident de sa fille, elle ne serait pas aussi sympa avec moi. Je suis à la bourre à cause de crétins qui n'avancent pas sur la route. Une fois arrivé, je me gare rapidement et fonce à l'intérieur de la gare. Mon regard balaie les alentours et tombe vite sur une Eva qui attend patiemment.

— Eva !

Entendant son prénom, elle me cherche du regard. Me voyant venir vers elle, Eva me sourit et s'avance également.

— Bonjour Nick.

— Bonjour Eva. Désolé pour le retard.

— Ce n'est rien, il n'y a pas très longtemps que je suis arrivée.

Prenant son sac de voyage, nous avançons vers la voiture.Aucun de nous n'ose parler, mais au bout d'un certain temps, c'est Eva qui brise le silence.

— Nick, que s'est-il passé exactement pour que ma fille ait cet accident ?

Et voilà, nous y sommes. Étant donné que je tiens à ma vie, je vais juste lui raconter le principal.

— Ce soir-là, Angie est venue nous voir jouer au bar...

Eva ne me laisse pas continuer et semble surprise du surnom que je donne à sa fille.

— Angie ?

— Oh...euh oui. C'est comme ça que je l'appelle depuis qu'on se connaît, expliqué-je mal à l'aise.

— C'est joli. Excuse-moi si je t'ai coupé. Vas-y continue, me dit-elle en souriant.

— On a passé une bonne soirée. Malheureusement Angie ne s'entend pas très bien avec la barmaid. Un mot en entraînant un autre, elles se sont insultées, prêtes à en venir aux mains. Angie ne supportant plus cette ambiance est sortie du bar. Étant en colère, elle n'a pas fait attention en traversant la route et une voiture l'a percutée.

— Oh mon Dieu, mon bébé, s'exclame alors Eva horrifiée en essayant de cacher ses larmes.

Je sais ce que vous vous dites sûrement. Nick, tu n'es qu'un enfoiré et un hypocrite, même pas capable d'assumer tes conneries ! J'avoue que sur ce coup-là, je m'en veux énormément. Durant le reste du trajet, le silence dans la voiture est très pesant. Heureusement, nous arrivons vite à l’hôpital.

J'emmène donc Eva à l'étage où se trouve Angie. Je vois bien qu'elle est anxieuse. Moi aussi je le suis, car je me demande si elle s'est réveillée ou pas, si le médecin va lui parler du bébé....Autant d'incertitudes me filent le bourdon. Descendant de l'ascenseur, je repère une infirmière et lui demande si le médecin qui s'est occupé d'Angie est dans les parages. Dès lors, elle me répond qu'elle va le chercher. Nous allons donc patienter dans la salle d'attente. Au bout de plusieurs minutes à poireauter, il arrive enfin vers nous.

— Bonjour, vous êtes la maman d'Angèle Thomas ?

Eva se lève alors et va à sa rencontre.

— Bonjour Docteur. Comment va ma fille ?

— Malheureusement son état ne s'est pas amélioré. Compte tenu de la gravité de ses blessures, il n'est pas anormal qu'elle soit encore dans le coma.

— Quoi ?

Se retournant sur moi, son regard me fait presque mal.

— Désolé Eva, j'ai préféré laisser le Doc vous le dire lui-même.

— Rassurez-moi Docteur, elle va se réveiller n'est-ce pas ?

— Je ne peux pas vous le certifier, désolé...

Eva revient alors s'asseoir à côté de moi, désemparée et désespérée de savoir sa fille dans cet état.

— Je peux aller la voir Docteur ?

— Oui bien sûr, je n'y vois aucun inconvénient. Je vous conduis à sa chambre.

Une fois partie, je me retrouve seul dans cette salle d'attente. Moi aussi j'aimerais bien aller voir Angie. Heureusement le Doc n'a pas parlé du bébé à Eva.Il a sûrement pensé que c'était déjà beaucoup à encaisser pour elle.

 

 

ANGIE

 

Je suis toujours dans le noir total et mon corps refuse de m'obéir. Je pense que je suis seule, car aucun bruit autour de moi. Bon sang, pourquoi je n'arrive à rien et ne me souviens de rien surtout. Ah j'entends enfin entrer dans la pièce, des pas qui résonnent et un parfum que je reconnaîtrais entre mille. Maman. Je distingue deux voix, dont celle de ma mère, puis une autre que je ne connais pas.

— Vous pouvez vous approcher et lui parler. Ça peut l'aider à se réveiller.

— Mais je suis là, je vous entends ! hurlé-je.

— Coucou ma puce...maman est là. Allez, sois forte, il faut te réveiller maintenant. Tu ne peux pas rester ainsi indéfiniment. Tu as une vie qui t'attend et puis tu as Nick. J'ai cru comprendre qu'il s'inquiétait beaucoup pour toi.

Nick ? Mais qui est Nick ? J'ai beau essayer de me souvenir mais rien ne me vient. C'est tellement frustrant de ne pas savoir qui est qui. Ce serait donc lui qui était à mon chevet hier ? Pourquoi continuer à me poser autant de questions, pour le moment je n'aurai aucune réponse.

Maman est restée un bon moment avec moi à me parler de sa vie depuis que Marc ne vit plus sous le même toit qu'elle. Elle m'a d'ailleurs confié qu'elle avait fait la connaissance de quelqu'un de très bien qui aimerait prendre soin d'elle. Ça me fait vraiment plaisir de savoir qu'elle va mieux et qu'elle ne vit plus dans la peur.

— Ma puce, je vais laisser ma place à Nick. Je reviens très bientôt, c'est promis.

Je peux sentir qu'elle m'embrasse tendrement sur le front. Oh maman, comme j'aimerais te serrer dans mes bras. Puis plus rien, le silence de nouveau se fait, jusqu'à ce que je sente une présence près de moi.

— Bonjour Angie...

Nick...Je me demande bien où on a pu se rencontrer tous les deux, si ça fait longtemps qu'on est ensemble ou pas. Comme maman, il me parle comme si j'étais bien présente.

— Aujourd'hui au salon, j'ai pété un câble, jusqu'à en taper dans le mur.

Au salon ? Est-il coiffeur ?

— Heureusement pour moi Marcus me soutient beaucoup. Oh Angie, j'aimerai tant que tu te réveilles enfin. Ton sourire me manque, tout chez toi me manque affreusement. Je suis tellement désolé...si tu savais.

L'entendre parler ainsi m'émeut au plus haut point, même si je ne sais pas qui il est pour moi. Intérieurement, je pleure avec lui.

— Sois forte ma puce, je sais que tu es capable de sortir de ce coma de merde. Pense à notre bébé, il a besoin de toi lui aussi.

Un bébé...J'avais complètement oublié que j'avais un petit être qui grandit en moi. Est-ce mon premier ? Puis, une voix féminine se fait entendre.

— Monsieur. Il va falloir sortir maintenant. Nous allons nous occuper de la toilette de la demoiselle.

— D'accord, je m'en vais. À bientôt ma puce, je t'aime...si tu savais à quel point.

De nouveau, je me retrouve seule et triste. Il y a tellement de personnes qui tiennent à moi qu'il faut absolument que je revienne parmi eux. Je me battrai autant que je pourrai pour mon bébé, ainsi que pour le père de mon enfant...quel qu'il soit.

 

 

CHAPITRE 3

 

 

NICK

 

 

Ça fait maintenant quatre jours qu'Angie est dans le même état. Aucune amélioration ne se fait. Chaque jour après le travail, je vais à son chevet en espérant qu'elle soit enfin réveillée. Malheureusement, je suis déçu à chaque fois. Entre sa mère, Jenna et moi, on se relaie pour éviter de la laisser seule et lui parler au maximum. Jenna lui parle du bar, de son bébé qui est en parfaite santé. Sa mère, lui parle de son nouveau compagnon, qui apparemment est une vraie crème. Ça fait vraiment plaisir de la voir heureuse.

Aujourd'hui, j'ai demandé à Stella de passer me voir avant que j'aille bosser. Depuis l'accident d'Angie, je n'ai pas pris le temps de régler mes comptes avec elle. Je pense que j'ai voulu attendre pour essayer de faire descendre la colère que j'ai en moi et éviter de commettre un meurtre ou deux.

Justement, en parlant d'elle, elle vient juste d'arriver en bas de chez moi. Je peux vous dire que je l'attends de pied ferme ! Je ne lui laisse pas le temps de frapper, que j'ai déjà ouvert la porte. Elle paraît surprise de me voir là à l'attendre.

— Sympa l'accueil.

Si elle savait pourquoi je lui ai demandé de venir, elle ne trouverait pas l'accueil sympa. Une fois à l'intérieur, je claque la porte derrière elle, ce qui la fait sursauter.

— Merde Nick, t'es barges ! Elle t'a rien fait cette porte pour que tu la claques si fort !

— Cette porte, non. Mais toi en l’occurrence...

— Quoi moi ? Qu'est-ce que j'ai fait ?

M’avançant vers elle d'un air menaçant, elle se retrouve vite le cul sur le canapé.

— Putain Nick explique-moi !

— Si Angie est à l’hôpital, c'est en partie de ta faute.

— Quoi ? Mais t'es cinglé?Comment tu veux que ce soit ma faute ?

— Je vais te rafraîchir la mémoire. Le soir de l'accident, tu as bien entendu Chris parlait de ce putain de pari? Ne me dis pas le contraire.

— Bon OK, c'est vrai. Mais je ne vois pas en quoi ça pose problème ?

Je ne la laisse pas terminer sa phrase, que je l’attrape déjà par le col de sa veste, prêt à lui en coller une.

— Merde Nick, lâche-moi. Qu'est-ce qui te prend ? Tu me fais peur.

— Il me prend que ma copine est à l’hôpital, dans le coma et tout ça parce que tu ne sais pas fermer ta gueule ! J'ai peut-être des raisons de t'en vouloir, tu ne crois pas ?

À ce moment très précis, je suis dans un état de nerfs proche de la folie. Je préfère m'éloigner d'elle, ou je sens que je vais finir par commettre un meurtre. Je sais qu'il est encore tôt, mais j'ai besoin d'un remontant.

— Nick, il est encore tôt pour commencer à boire.

— Oh toi ta gueule ! Je fais ce que je veux OK ?

— OK, c'est toi qui vois...Nick écoute, je voulais simplement la mettre en garde contre toi et puis... tu me manques. Je ne pensais pas que ça se finirait comme ça. Je suis désolée vraiment...

— Ce n'est pas à moi qu'il faut dire ça. N’empêche que je te tiens en partie responsable de l'accident. Si tu avais fermé ta gueule, Angie serait en pleine forme et pas dans un lit d’hôpital branchée à des machines.

Plus ça va, plus je m'énerve. Je ne supporte plus de l'avoir face à moi.

— Va-t'en Stella, dégage avant que je ne fasse quelque chose que je regretterais et ne t'approche plus de nous !

Elle ne se fait pas prier, et sors de chez moi aussi vite qu'elle le peut. De rage, je balance mon verre plein de whisky contre la porte qu'elle vient de fermer. Dommage de gâcher, ça coûte assez cher comme ça.

Bon, pour l'heure, il faut que j'aille bosser, même si j'en ai pas forcément envie. D'ailleurs, pas envie de grand-chose en ce moment, mais les factures ne se paieront pas toutes seules.

 

 

ANGIE

 

Je me trouve toujours dans le noir total et j'ai froid. Je me sens seule malgré les nombreuses visites. J'entends tout ce qu'on me dit, mais personne ne sait que je suis là. J'essaie de toutes mes forces d'ouvrir les yeux, mais c'est affreusement difficile. A ce moment très précis, maman est à mes côtés. Je peux sentir ses douces caresses sur mon visage, c'est tellement agréable. Je ne sais pas si l'amour maternel qui m'aide, mais je peux enfin sentir que mes yeux s'ouvrent difficilement. Maman me fixe les yeux remplis de larmes.

— Oh ma chérie. C'est bien ouvre les yeux, voilà doucement.

J'ai enfin réussi, j'ai été plus forte que mon traître de corps. Je découvre alors, que je suis branchée à un respirateur. Je ne peux même pas parler. Machinalement, j'amène ma main pour tenter de l'enlever.

— Angèle, non. Ne touche à rien, je vais appeler une infirmière. Je reviens.

Ma mère sort alors de la chambre me laissant un instant seule avec moi-même. Lorsque j'étais endormie, je ne sentais pas la douleur, mais je peux vous dire que maintenant que je suis réveillée, mon corps tout entier me fait souffrir, surtout ma jambe. Je ne peux même pas la bouger. Soulevant le drap, je peux m'apercevoir que j'ai un plâtre. Le simple fait de respirer me fait affreusement mal également, mais qu'est-ce qui m'est arrivé ?

Ah, maman revient avec un homme, sûrement mon médecin. Ils ont tous les deux le sourire, sûrement soulagés que je sois parmi eux.

— Bienvenue parmi nous Mademoiselle Thomas.Quel plaisir de vous voir réveiller. Maintenant que vous respirez normalement, vous n'avez plus besoin de cette machine. L'infirmière va donc vous le retirer. Vous avez compris ?

D'un simple signe de la tête, je lui confirme que j'ai bien compris. Je laisse donc l'infirmière faire son travail en essayant de me détendre au maximum. Progressivement, je sens le tube remonter dans ma bouche et en sortir enfin. Je ne peux m’empêcher de tousser tellement ce fut désagréable comme sensation.

— C'est normal, me rassure le médecin. Votre gorge sera irritée durant quelques jours, mais tout rentrera dans l'ordre rapidement.

— J'ai soif...

Il recommande alors à l'infirmière de me donner juste quelques petites gorgées. Ça fait du bien, vous n'imaginez pas à quel point. Regardant vers ma mère, je lui souris. Elle vient s'asseoir auprès de moi, tout en me prenant la main.

— Mon bébé. J'ai eu tellement peur pour toi.Comment tu te sens ?