ON A TOUJOURS FAIT COMME ÇA ! - ROMAIN ROUILLIER - E-Book

ON A TOUJOURS FAIT COMME ÇA ! E-Book

Romain Rouillier

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Beschreibung

Ce recueil de billets rassemble des petites histoires parfois réelles, parfois inventées sur le management au quotidien. Au travers de ces récits vous vous reconnaîtrez peut-être ou bien l'un de vos managers. Ce livre vous invite à la réflexion sur le délicat sujet du management des hommes quel que soit la structure ou il s'exerce. Il apporte un éclairage sur le caractère profondément humain de cette discipline où nos succès, nos bonnes intuitions se mêlent aussi à nos erreurs ou même nos petites lâchetés.

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Seitenzahl: 172

Veröffentlichungsjahr: 2022

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Sommaire

Préambule

SEVEN 1 : L’acédie

SEVEN 2 : L’orgueil

SEVEN 3 : La luxure

SEVEN 4 : L’avarice

SEVEN 5 : La colère

SEVEN 6 : La gourmandise

SEVEN 7 : L’envie

Les fausses bonnes idées du management : « Une bonne gueulante et ça repart ».

Les fausses bonnes idées du management : "La confiance n'exclut pas le contrôle"

Les fausses bonnes idées du management : « Si je les félicite trop, ils vont se relâcher »

Les fausses bonnes idées du management : « Si je ne dis pas ce qui ne va pas, comment vont-ils faire pour progresser »

Ultra moderne solitude

X, Y, Z, comment les manager

De l'ère de la prédation à l’ère du mutualisme

Et vous, comment allez-vous ?

Philippe de Dieuleveult ne vous dit pas merci

Il a osé venir travailler en costume !

Vous me proposez quoi en fait ?

La parabole du chasseur et de son chien

Changer de paradigme 1

Changer de paradigme 2

Changer de paradigme 3

Changer de paradigme 4

Changer de paradigme 5

Changer de paradigme 6

Ben, on a toujours fait comme ça !

C’est la lutte finale !

Réduire son taux de cholestérol ou de turn-over : même combat ?

« Monsieur, votre masque s’il vous plait ! »

« Non, chef ! Je ne peux pas rester ! »

On sert pas en terrasse !

(1)

La théorie du ballon

Ce n'est pas possible !

Épilogue

Remerciements

Préambule

Et vous, qu’en pensez-vous ?

Bonne réflexion.

Chaque chapitre de ce livre se conclut par cette question et cette invitation.

Le point de vue retenu est de provoquer la réflexion par une question pour réagir à chaud et une invitation pour cogiter tranquillement. Vous ne trouverez pas de théorie ancienne ou avant-gardiste, pas d’analyse, pas de grille de lecture, et encore moins de mode d’emploi sur le management.

Il ne vous apprendra rien…Mais nous espérons qu’il vous offrira l’occasion de penser ou repenser à votre vie de manager.

L’ordre des chapitres suit la chronologie de leur diffusion à nos clients, nos participants et nos contacts. Vous pouvez piocher au gré de vos envies et de votre humeur.

Puisque nous vous posons une question « Et vous, qu’en pensez-vous ? », n’hésitez pas à nous faire part de vos remarques, vos réflexions ou interrogations à [email protected]

Nous serons heureux d’échanger avec vous

Nous vous souhaitons une bonne lecture !

1

SEVEN 1 : L’acédie

C'est en 1998 que le film SEVEN est sorti sur les écrans avec en tête d'affiche Brad Pitt, Morgan Freeman et Kevin Spacey.

Ce long-métrage remet en lumière le concept moral et religieux des sept péchés capitaux sous l'angle du thriller policier

Plus de 20 ans après, nous avons l’idée de vous proposer une relecture des sept péchés capitaux sous l'angle, cette fois, de l'entreprise.

Loin de nous l'idée d'un discours moralisateur, voire religieux. Mais l'envie de regarder de près si ce concept sous son aspect philosophique et de bon sens pourrait être éclairant pour l'entreprise d'aujourd'hui.

Nous vous proposons donc une série de sept billets qui aborderont chacun un des sept péchés capitaux.

Bonne lecture.

L’acédie

L'acédie se caractérise par un manque de soins, par la négligence. Cette définition doit s'entendre tant au sens matériel que moral.

Il nous semble que deux formes de cette négligence dans l'entreprise peuvent être très préjudiciables :

La négligence des collaborateurs vis-à-vis de l'entreprise et des missions qui leur sont confiées.

La négligence de l'entreprise et de ses représentants à l'égard des collaborateurs

.

Dans le premier cas évoqué, la négligence ou le manque de soins des collaborateurs vis-à-vis de l'entreprise et des missions qui leur sont confiées peuvent conduire, au mieux à des résultats décevants, au pire à de graves accidents.

Les conséquences ne sont donc pas anecdotiques.

Toutefois, il nous semble que cette négligence des collaborateurs vis-à-vis de l'entreprise, sans être excusable, doit être comprise pour ce qu'elle est.

Chacun d'entre nous n'est capable de s'investir que dans la mesure du profit moral, psychologique ou encore financier qu'il pense tirer de son action. Si nous avons le sentiment que ce que l'on fait ne sert à rien, ne rapporte rien, ne nous procure aucun bénéfice - au sens de bienfait -, il y a peu de chances que nous acceptions de nous investir.

Nous avons la conviction que l'origine de la négligence d'un collaborateur est toujours cette sensation que ce qu'il fait ne lui rapporte rien

.

Le remède, pour contrecarrer ce phénomène, passe donc par la nécessaire et indispensable reconnaissance par l'entreprise et ses représentants des efforts et des actions qu'accepte de faire chacun des collaborateurs.

Dans le deuxième cas, celui de la négligence de l'entreprise et de ses représentants vis-à-vis des collaborateurs, il nous semble que c'est là un vrai péché capital selon le terme consacré. En effet, cette négligence a des effets qui se distillent comme un poison lent dans l’entreprise.

Ne pas prendre soin des collaborateurs, c’est distiller, au jour le jour, de la démotivation et du ressentiment à l'égard de l'entreprise. Au mieux, cette démotivation s'exprime de façon douce et permanente. Au pire, l'état de démotivation et de ressentiment va exploser au plus mauvais moment pour l'entreprise : lors d'un moment de forte tension ou de crise.

L'entreprise et ses représentants ont tout intérêt à prendre soin des collaborateurs qui travaillent pour elle. Prendre soin veut dire tout simplement être attentifs aux conditions de travail, au bien-être moral et psychologique de chacun des collaborateurs.

Cela passe évidemment, comme nous l'avons vu plus haut, par une juste reconnaissance des efforts et du travail accompli.

Et vous, qu'en pensez-vous ?

Bonne réflexion.

2

SEVEN 2 : L’orgueil

C'est en 1998 que le film SEVEN est sorti sur les écrans avec en tête d'affiche Brad Pitt, Morgan Freeman et Kevin Spacey.

Ce long-métrage remet en lumière le concept moral et religieux des sept péchés capitaux sous l'angle du thriller policier.

Plus de 20 ans après, nous avons l’idée de vous proposer une relecture des sept péchés capitaux sous l'angle, cette fois, de l'entreprise.

Loin de nous l'idée d'un discours moralisateur, voire religieux. Mais l'envie de regarder de près si ce concept sous son aspect philosophique et de bon sens pourrait être éclairant pour l'entreprise d'aujourd'hui.

Nous vous proposons donc une série de sept billets qui aborderont chacun un des sept péchés capitaux.

Bonne lecture.

L’orgueil

L'orgueil est une opinion très avantageuse, le plus souvent exagérée, que l’on a de sa valeur personnelle aux dépens de la considération due à autrui.

C'est un manque ou une absence d'humilité, et selon le philosophe Théophraste, le mépris de tout, sauf de soi-même.

Nous pouvons nous demander où l'orgueil va se nicher lorsque l'on parle de l'entreprise.

Sans aborder tous ses aspects possibles, il y en a un qui nous semble ressortir plus particulièrement : l'orgueil collectif d'une entreprise face à son marché et à ses clients.

Pour une entreprise, le client, l'utilisateur ou même le patient sont sa raison d'être première et principale.

Sans clients, l'entreprise n'est rien, quelle que soit la valeur des personnes qui la composent, la technologie qu’elle maîtrise et la qualité des produits ou services qu’elle dispense.

Le péché d'orgueil d'une entreprise est donc lourd de conséquences puisqu'il l'éloigne de sa raison d'être. Et lorsque la raison d'être disparaît, la mort n'est jamais très loin…

Mais pour nombre d’entre nous, il est difficile de se dire et surtout d'intégrer que nous ne sommes rien sans nos clients. Nous serions, dans ce cas, comme un musicien ou un comédien sans public : inutiles !

Alors, comment nous protéger de ce risque d'orgueil, de cette tendance à se replier sur nous-mêmes ?

La solution est aussi simple à édicter que compliquée à mettre en œuvre : c'est ce que nous appelons tendre vers le zéro effort client.

Cela consiste, à chaque fois que l'on entreprend quelque chose au sein de l'entreprise, à se poser deux questions :

Quel impact cette action a-t-elle sur mon client ?

Ce que je vais réaliser facilite-t-il ou complique-t-il la vie de mon client ?

Car nous savons qu'un client revient vers l'entreprise s’il y trouve plus de plaisir et d'avantages que d'inconvénients et d'efforts à fournir.

Bien sûr, il faut entendre client au sens de client externe mais aussi de client interne. Lorsque, dans une entreprise, on sert un client interne, on participe à servir le client externe final.

Alors, chaque jour, rappelons-nous que nous sommes là pour servir des clients, qu'ils soient internes ou externes et que c'est là notre raison d'être.

Et vous qu'en pensez-vous ?

Bonne réflexion.

3

SEVEN 3 : La luxure

C'est en 1998 que le film SEVEN est sorti sur les écrans avec en tête d'affiche Brad Pitt, Morgan Freeman et Kevin Spacey.

Ce long-métrage remet en lumière le concept moral et religieux des sept péchés capitaux sous l'angle du thriller policier.

Plus de 20 ans après, nous avons l’idée de vous proposer une relecture des sept péchés capitaux sous l'angle, cette fois, de l'entreprise.

Loin de nous l'idée d'un discours moralisateur, voire religieux. Mais l'envie de regarder de près si ce concept sous son aspect philosophique et de bon sens pourrait être éclairant pour l'entreprise d'aujourd'hui.

Nous vous proposons donc une série de sept billets qui aborderont chacun un des sept péchés capitaux.

Bonne lecture.

La luxure

La luxure est un terme d'origine religieuse qui désigne un penchant considéré comme immodéré pour la pratique des plaisirs sexuels. Nous sommes là a priori bien loin du monde de l'entreprise. Quoique !

Ce billet nous amène à traiter d’un sujet que nous n'avons jamais évoqué jusqu'ici. D'ailleurs, nous aurions aimé ne jamais avoir à le traiter.

Nous voulons parler, malheureusement, du harcèlement et plus particulièrement du harcèlement sexuel dans l'entreprise.

Bien que cela n'arrive qu'aux autres, il nous semble intéressant de revenir sur quelques principes fondamentaux à ce sujet.

Sur le plan juridique, les choses sont aujourd'hui et heureusement assez claires. La loi définit de façon précise ce qu'est un harcèlement, et plus particulièrement ce qu'est un harcèlement sexuel. La loi prévoit également des sanctions lourdes pour les auteurs de tels agissements.

Mais nous voudrions nous appesantir un peu sur un aspect plus moral ou psychologique du harcèlement sexuel.

Rappelons ici que le l'entreprise est le lieu du « faire » et non celui de l’« être ». Cela signifie que dans une entreprise on s’intéresse à ce que font les personnes mais pas à ce qu'elles sont. Cette notion est absolument fondamentale et elle implique un présupposé : pour travailler sur ce que les gens font, il faut préalablement les respecter de façon inconditionnelle pour ce qu'ils sont.

Le respect inconditionnel signifie qu'il n'y a aucune condition préalable pour qu'une personne soit respectée en tant qu'être humain. C'est donc un respect total et absolu de l'être humain.

Le harcèlement, et plus particulièrement le harcèlement sexuel, est l’exact contraire du respect inconditionnel de l'individu.

C'est un déni total de l'être.

Les auteurs de ce type de fait, mais aussi ceux qui y assistent, doivent avoir bien présent à l’esprit que ce qu'ils font ou laissent faire détruit totalement la victime.

C'est une mise à mort psychologique dont aucune victime ne ressort indemne.

Faire semblant de ne pas voir ou minimiser la portée de ce type d'acte ferait de nous les complices d'un terrible supplice.

Les victimes, bien que toujours vivantes dans leurs corps, sont détruites dans leurs têtes pour le restant de leurs jours. Elles vont devoir vivre tout le reste de leur vie avec ce traumatisme.

Alors, quels que soient les risques que nous devions prendre lorsque nous sommes témoins de tels agissements, notre humanité doit nous donner la force d'agir pour ne pas être complices.

Et vous, qu'en pensez-vous ?

Bonne réflexion.

NB : 38% des femmes ayant dénoncé un harcèlement sexuel ont perdu leur emploi (licenciement, démission forcée, non renouvellement de contrat, refus d’embauche).

28% ont vu leur carrière bloquée.

Sondage réalisé par l’IFOP en 2014 pour le Défenseur des droits.

4

SEVEN 4 : L’avarice

C'est en 1998 que le film SEVEN est sorti sur les écrans avec en tête d'affiche Brad Pitt, Morgan Freeman et Kevin Spacey.

Ce long-métrage remet en lumière le concept moral et religieux des sept péchés capitaux sous l'angle du thriller policier.

Plus de 20 ans après, nous avons l’idée de vous proposer une relecture des sept péchés capitaux sous l'angle, cette fois, de l'entreprise.

Loin de nous l'idée d'un discours moralisateur, voire religieux. Mais l'envie de regarder de près si ce concept sous son aspect philosophique et de bon sens pourrait être éclairant pour l'entreprise d'aujourd'hui.

Nous vous proposons donc une série de sept billets qui aborderont chacun un des sept péchés capitaux.

Bonne lecture.

L’avarice

L'avarice (ou cupidité) est un désir d'argent et de richesse totalement immodéré.

Soyons clairs, le but de toute entreprise est de gagner de l'argent. C'est en même temps son ultime finalité et une impérieuse nécessité.

En effet, si une entreprise veut assurer sa pérennité, elle doit absolument dégager des bénéfices. Ses excédents vont lui permettre notamment de constituer des réserves qui lui permettront de faire face aux investissements futurs ou à une crise conjoncturelle.

Mais ne soyons pas naïfs, les bénéfices d'une entreprise doivent aussi servir à rémunérer les actionnaires. L'actualité quotidienne se charge de nous fournir bien des exemples d'excès en la matière. Pour autant, il ne faut pas oublier que la rémunération des actionnaires, lorsqu'elle est raisonnable, est une nécessité.

Imaginons que pour une raison quelconque, vous ayez un peu d'argent de côté et que vous souhaitiez placer cet argent. S’offrent à vous trois grandes possibilités :

• La première, c'est de placer cet argent sur un livret d'épargne bancaire. Avantage de cette solution, vous n'avez aucun risque ni en capital ni en revenu. Vous êtes assuré de percevoir les intérêts et de récupérer votre capital le jour où vous en aurez besoin. Inconvénient, la rémunération de ce type de placement est extrêmement faible. En ce moment, par exemple, la rémunération d'un livret A est inférieure à l'inflation. En clair, placer de l'argent sur un Livret A à long terme vous fait perdre du pouvoir d'achat.

•La deuxième solution qui se présente à vous est d'investir votre argent dans un placement immobilier. Dans ce cas, vous avez un risque important sur les intérêts que vous pouvez percevoir : vous n'êtes pas assuré que le bien sera loué ou que le locataire paiera son loyer. Dans ce type de placement, vous prenez également un risque sur le capital. Le marché de l'immobilier étant fluctuant, l'investissement de départ peut se voir largement valorisé ou, en cas de crise, largement déprécié.

Face à ce risque en capital et en intérêts, vous êtes légitimement en droit d'attendre une rémunération plus importante que sur une épargne bancaire. En effet, si l'on vous propose d'investir sur un placement à risque avec le même taux qu'un placement sans risque, vous choisirez naturellement le placement sans risque.

•La troisième possibilité d'investissement qui s'offre à vous consiste à prendre des parts dans le capital d'une entreprise. Vous deviendrez un des actionnaires de ladite entreprise. Dans ce cas, le risque est le plus important : vous n'avez aucune garantie de percevoir des intérêts. Si l'entreprise ne fait pas de bénéfices ou si elle choisit de consacrer ses excédents à des investissements, vous ne toucherez aucun intérêt. Pire, si l’entreprise périclite, vous prenez le risque de perdre l'intégralité de votre capital.

Face à ce double risque majeur, l'actionnaire s'attend légitimement à avoir une rémunération de son investissement supérieure aux deux autres catégories précédemment évoquées.

Dans le cas contraire, l'investisseur raisonnable préférera placer son argent sur des placements moins risqués.

Au vu de ce que nous venons d'évoquer, il semble donc logique qu'une rémunération substantielle des actionnaires soit la norme. Pour autant, les dirigeants d’entreprises ne doivent pas oublier qu'ils ont l'obligation de rémunérer convenablement les salariés et de leur offrir des conditions financières acceptables. Ils ne doivent pas non plus oublier les nécessaires investissements pour préparer l'avenir et pérenniser l'entreprise.

Nous voyons donc ici que l'avarice ou la cupidité d'un actionnaire ou d'un dirigeant conduiraient de facto à la mort de l'entreprise par la démobilisation des collaborateurs et la perte de compétitivité liée à un manque d'investissements et de réserves financières.

Toute la question est ici de savoir trouver la bonne mesure entre rémunération des salariés, investissements et rémunération des actionnaires. Dans tous les cas, une tendance à la cupidité ou à l’avarice, c'est-à-dire un enrichissement immodéré, sera de nature à condamner l'entreprise.

Et vous, qu'en pensez-vous ?

Bonne réflexion.

5

SEVEN 5 : La colère

C'est en 1998 que le film SEVEN est sorti sur les écrans avec en tête d'affiche Brad Pitt, Morgan Freeman et Kevin Spacey.

Ce long-métrage remet en lumière le concept moral et religieux des sept péchés capitaux sous l'angle du thriller policier.

Plus de 20 ans après, nous avons l’idée de vous proposer une relecture des sept péchés capitaux sous l'angle, cette fois, de l'entreprise.

Loin de nous l'idée d'un discours moralisateur, voire religieux. Mais l'envie de regarder de près si ce concept sous son aspect philosophique et de bon sens pourrait être éclairant pour l'entreprise d'aujourd'hui.

Nous vous proposons donc une série de sept billets qui aborderont chacun un des sept péchés capitaux.

Bonne lecture.

La colère

La colère est considérée comme une émotion secondaire liée à une blessure physique ou psychique, un manque, une frustration avec un désir de nuire à la cause de cette blessure.

La colère est donc une émotion.

Voilà qui nous amène à parler du diptyque émotionnel et rationnel.

De façon imagée, on peut dire que ces deux concepts vivent une vie indépendante à l'intérieur de chacun de nous. Parfois, ils s'accordent, mais parfois aussi ils s’opposent.

Bien des fois, dans notre vie, nous avons fait le constat que nous devrions nous comporter rationnellement d'une certaine façon mais que nos émotions nous poussaient à agir d'une autre façon.

Notamment sur le sujet de la colère, combien de fois nous sommes-nous dit : « Ce n'est pas grave, laisse tomber », mais notre colère nous a poussés à poursuivre et à nous entêter.

Quelle implication le diptyque émotionnel et relationnel peut-il avoir dans le cadre de l'entreprise ? Pour cela, il nous faut relier ces deux concepts à deux autres concepts : l'émotionnel et le champ de l'être, le rationnel et le champ du faire.

La distinction entre être et faire est fondamentale dans le cadre de l'entreprise. En effet, l'entreprise est le lieu du faire. Dans une entreprise, chacun d'entre nous est là pour faire des choses. Produire, concevoir, créer, réaliser. Le faire est donc la seule chose qui doit nous intéresser dans l'entreprise. Pour autant, on ne peut pas nier l'être. Alors, quelle doit être la position de l'entreprise, de ses représentants, sur la question de l'être ?

Nous sommes là face à une injonction paradoxale. L'entreprise ne doit pas s'occuper de l’être mais ne doit pas le nier non plus. Quelle position adopter alors ?

Intervient ici ce que nous appelons le respect inconditionnel de l'individu. C'est l'idée selon laquelle nous devons respecter tous les individus quel que soit leur être. Qu'ils soient blancs ou noirs, hommes ou femmes, quelles que soient leurs opinions, idées politiques ou religieuses.

Trois principes fondamentaux marquent le respect inconditionnel de l'individu. Tout d'abord, nous devons nous garder d'émettre tout jugement sur l'être. En effet, le jugement sur l'être est le fondement de la discrimination. Inutile de rappeler ici que la discrimination est sanctionnée par la loi.

Ensuite, la première et la plus fondamentale marque de respect inconditionnel de l'individu est la politesse. Nous devons à chaque instant faire preuve d'une politesse permanente à l’égard de toutes les personnes que nous rencontrons. Si, pour certains, la politesse peut sembler un concept un peu vieillot, voire vieille France, c'est pourtant la seule façon de marquer la différence fondamentale que nous faisons entre les personnes et les objets. C'est la plus précieuse marque de considération et de respect pour un individu.

Enfin, la dernière marque fondamentale de respect inconditionnel de l'individu est le fait de s'abstenir de toute humiliation. Dans l'entreprise, la plus grande source d'humiliation est d'être victime d'un acte d'autorité réalisé en public. Si l'autorité est un exercice absolument nécessaire dans le management, il ne doit jamais se faire en public.

Revenons à notre définition du départ. La colère est une émotion secondaire provoquée par une blessure psychique. Si, dans l'entreprise, nous voulons éviter des émotions négatives comme la colère, nous devons donc éviter d'être à l'origine de blessures psychiques.