Petit bréviaire de la Gourmandise - Laurent Tailhade - E-Book

Petit bréviaire de la Gourmandise E-Book

Laurent Tailhade

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Beschreibung

Petit bréviaire de la Gourmandise est un ouvrage raffiné et spirituel, écrit par Charles Monselet, qui célèbre avec humour et érudition l’art de la table et le plaisir de bien manger. Publié pour la première fois au XIXe siècle, ce livre se présente comme un véritable guide du gourmet, mêlant anecdotes savoureuses, réflexions philosophiques et conseils pratiques pour apprécier pleinement les délices de la cuisine française. Monselet y explore les multiples facettes de la gourmandise, qu’il élève au rang de vertu, en évoquant les plaisirs simples et sophistiqués de la dégustation, les souvenirs d’enfance liés aux mets, les rituels des repas, ainsi que les figures illustres de la gastronomie. À travers une plume élégante et pleine d’esprit, l’auteur partage son amour des bons produits, des recettes traditionnelles et des vins fins, tout en rendant hommage aux chefs, aux aubergistes et aux convives qui font vivre la culture culinaire. Véritable ode à la joie de vivre, Petit bréviaire de la Gourmandise est un livre à savourer lentement, qui invite le lecteur à redécouvrir le bonheur des sens et la convivialité autour de la table.

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Seitenzahl: 36

Veröffentlichungsjahr: 2025

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LAURENT TAILHADE

PETIT BRÉVIAIREDE LAGOURMANDISE

PARISALBERT MESSEIN, ÉDITEURSuccesseur de LÉON VANIER 19, QUAI SAINT-MICHEL, 19

1919

DU MÊME AUTEUR

A LA MÊME LIBRAIRIE

La Farce de la Marmite

, traduit de

Plaute

. 1 vol. in-12 broché avec portrait de

E. Gabbart

et fleuron de

Rochegrosse

3

fr.

50

Pour la Paix

, suivi de :

Lettres aux Conscrits

. Frontispice de

Destrem

. 1 plaquette in-12

1

fr.

50

La Noire Idole

,

Essai de Morphinomanie

. 1 pl. in-12

1

fr.

50

La Corne et l’Épée

,

Étude sur les Courses de Taureaux

, 1 plaquette in-12

1

fr.

50

La Feuille à l’envers.

Revue en un acte

. 1 pl. in-12

2

fr. »»

Un Monde qui finit.

La Dévotion à la Croix. Don Quichotte de la Manche.

1 vol. in-12

2

fr. »»

Louanges à Sophie Cottin.

Poème

dit par l’auteur à Bagnères-de-Bigorre. In-8

1

fr.

50

La Douleur.

Le vrai mistère de la Passion.

1 plaquette in-16. Fleuron de

Rochegrosse

2

fr. »»

IL A ÉTÉ TIRÉ DE CE LIVRE

10 exemplaires sur Japon impérial numérotés 1 à 10 et 20 exemplaires sur Hollande numérotés de 11 à 30

No

PETIT BRÉVIAIRE DE LA GOURMANDISE

Dans Le crime de Sylvestre Bonnard, l’un des premiers et le meilleur peut-être de ses contes, ravivant la mémoire du sieur Antoine Carême, ce Napoléon de la cuisine qui mourut tout jeune encore (1784-33), brûlé par la flamme du génie et le charbon des rôtissoires, Anatole France a tiré de l’oubli un apophtegme, digne à jamais d’habiter la mémoire des hommes :

« Les Beaux-Arts — dit Carême — sont au nombre de cinq, à savoir : la Peinture, la Poésie, la Musique, la Sculpture et l’Architecture, laquelle a pour branche principale la Pâtisserie. »

Le grand homme en veste blanche, qui légua cette phrase rapide et magnanime aux siècles à venir, qui, s’égalant à Mansard, à Gabriel, à Claude Perrault, ne voyait entre la Colonnade du Louvre, entre le Garde-Meuble et les fruits en pyramides ou les pièces montées, aucune distinction qui ne fût à sa gloire, promulgue un axiome définitif et la plus solide vérité quand, touché par la Muse des fourneaux, il attribue à la cuisine un rang d’élection, que dis-je ? la première place dans le royaume des Beaux-Arts.

Car il serait injuste de borner à la technique, enchanteresse mais subsidiaire, des Boissier ou des Rebattet, la maxime du vieux maître. Elle comprend aussi bien que le Petit-four, la broche, la casserole et toutes les sortes de fourneaux.

Depuis le temps de la préhistoire, cet Age d’or où le Pithécanthrope mal évolué se nourrissait de glands, d’herbe verte et de gibier cru, buvait aux cressonnières l’eau féconde en vilaines bêtes jusqu’à l’ère auguste des Cambacérès et des Grimod, des goinfres magnanimes dont s’honora la France, au début du siècle dernier, l’homme n’a pas eu de but plus constant ni de plus chère étude que le moyen d’accroître et d’améliorer les passe-temps de bouche qui sont à la fois le premier besoin de la nature et le plus bel ornement des civilisations.

La table, en effet, se peut définir le lien civil par excellence. Elle donne de l’esprit aux niais, du caractère aux timides. Elle oriente nos humeurs vers l’optimisme, la courtoisie et la libéralité. L’heure de la digestion est celle où tous les hommes se reconnaissent pour frères, où, dans l’azur des cigares exquis, leur entendement, de prime abord, élucide les problèmes dont la discussion a pour effet ordinaire de les mettre en courroux.

Le praticien, en veste blanche, qui marmitonne les ragoûts, entérine les sauces et conquiert sur Héphaistos la gloire des rôtis, quand il ajoute du poivre ou modère les épices, fomente, du même coup, belle humeur et sociabilité.

C’est un grand poète, expert à créer des émotions, grâce au langage péremptoire des papilles gustatives.

Il combine des saveurs, suscite des aromes. Il dégage le potentiel des truffes, les arcanes du gibier, comme d’autres élaborent une sonate ou un sonnet. La cuisine pacificatrice élève l’esprit, adoucit les mœurs. Elle fait jaillir l’éloquence des lèvres qu’elle a touchées.

Certains coulis ont la profondeur abstruse des métaphysiques ; il est des sauces à la crème dont la douceur émeut comme le récit d’une bonne action.

Les champignons évoquent des sites forestiers, les huîtres des paysages maritimes, souvenir de Courbet ou de Ruysdaël.

Mêlé à la pulpe écarlate des pommes d’or, le poivre de Cayenne suggère une vision d’Afrique ou d’Andalousie, d’oulels-naïls ou de chanteuses gaditanes, mimant le jalejo dans une de ces ventas