Portraits de San Francisco - Samantha Vandersteen - E-Book

Portraits de San Francisco E-Book

Samantha Vandersteen

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Beschreibung

Découvrez San Francisco à travers les yeux de ses habitants

Dans Portraits de San Francisco, les habitants de la ville vous prennent par la main. Ils vous racontent leur histoire, leur aventure avec la cité, leur vie. Ce sont des voyageurs, des expatriés, des aventuriers, des artistes, des étudiants, des entrepreneurs... Des hommes et des femmes comme vous. Ils ont bâti avec San Francisco, où ils ont choisi de vivre, une relation particulière, qu'ils partagent de manière intime avec le lecteur. Une douzaine d'histoires passionnantes pour découvrir The City by the Bay.

Entre guide et récit, ce livre de voyage dévoile les mille facettes de San Francisco, des restaurants branchés aux meilleurs points de vue pour admirer la ville, des visites indispensables aux secrets bien gardés dans les quartiers. Chaque portrait livre sa sélection originale d'adresses et son top 3, les trois adresses qu'il juge absolument incontournables. Ce livre propose ainsi plus de 350 lieux à découvrir, tous choisis, testés et commentés par leurs habitués : leurs meilleurs restaurants, leurs meilleures sorties et visites, leurs meilleures adresses d'hébergement et de shopping. En découvrant ces histoires, vous n'aurez qu'une envie : embarquer pour San Francisco et foncer dans ces lieux qu'ils nous ont confiés comme à leurs meilleurs amis.

Un guide à plusieurs voix rempli d'adresses utiles !

A PROPOS DE LA COLLECTION « VIVRE MA VILLE »

Vivre ma ville, ce sont des livres de voyage avec supplément d'âme. Ils donnent les clés, les conseils, les bonnes adresses, grâce à l'expérience de ceux qui vivent sur place, là où les autres guides se contentent d'auteurs professionnels de passage. Ils offrent aussi des histoires, une chair littéraire par les interviews-portraits d'une dizaine de personnes qui présentent leur lieu de vie. Chaque portrait est un roman. Chaque portrait a un enjeu : comprendre le choix de cette vie-là. Chaque portrait permet aussi au lecteur de s'identifier, et donc de choisir ses destinations en fonction de ses affinités, en fonction du personnage qui résonne le plus en lui.

LES ÉDITIONS HIKARI

Hikari Éditions est un éditeur indépendant, dédié à la découverte du monde. Il a été fondé par des journalistes et des auteurs vivant à l'étranger, de l'Asie à l'Amérique du Sud, souhaitant partager leur expérience et leurs histoires au-delà des médias traditionnels.

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Seitenzahl: 336

Veröffentlichungsjahr: 2017

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PORTRAITS DE SAN FRANCISCO

de Samantha Vandersteen

Un livre de la collection Vivre ma ville.

Direction de la publication : Anthony Dufour.

Édition : Marie Duchaussoy.

Maquette : Katarina Cendak.

Distribution : BLDD. Diffusion : CED-CEDIF.

Couverture : © Katarina Cendak.

Photographie de couverture : © fotolia – MACLEG.

Photographies des pages intérieures : © Samantha Vandersteen sauf mention contraire.

Les photos des adresses sont fournies par les établissements. Tous droits réservés.

Hikari Éditions

4, avenue Foch, 59000 Lille (France).

www.hikari-editions.com

© Hikari Éditions, septembre 2015.

ISBN 978-2-36774-015-7 (Print)

ISBN 978-2-36774-062-1 (eBook)

ISSN 2265-3082

Dépôt légal : septembre 2015.

Toute reproduction partielle ou intégrale, faite sans l’accord préalable et écrit de l’auteur et de l’éditeur, est strictement interdite. Il en est de même pour la traduction, l’adaptation ou la transformation, l’arrangement ou la reproduction par un art ou un procédé quelconque (article L. 122-4 du Code de la Propriété intellectuelle). La copie sur support papier à usage privé de ces différents objets de droits est autorisée conformément à l’article L122-5 du Code de la Propriété intellectuelle.

Aucun guide n’est parfait, des erreurs se sont peut-être glissées dans celui-ci malgré tout le soin apporté à la rédaction comme à l’édition. Des informations peuvent également avoir été modifiées entre l’édition de ce guide et le moment où le lecteur le prend en main. San Francisco est une ville où tout change très vite… Merci de nous suggérer toute information utile que nous pourrions intégrer dans la prochaine édition en nous écrivant à [email protected].

VIVRE MA VILLE

Dans la collection Vivre ma ville, les habitants de la ville vous en donnent les clefs. Mieux qu’un guide de tourisme, mieux qu’un récit d’expatriés, nous allons dresser ici une douzaine de portraits, à la première personne, dans lesquels vous découvrirez l’histoire de celles et ceux qui vivent ou qui ont choisi de vivre à San Francisco.

Chaque voyage, chaque départ, a sa propre histoire. On s’exile par amour, pour travailler, pour fuir, pour découvrir. C’est une aventure permanente qui a un immense mérite pour celui qui la pratique : ouvrir les yeux.

Certains de celles et ceux que vous allez découvrir dans les prochaines pages sont des personnalités san franciscaines. D’autres, de parfaits inconnus. Pour ce livre, nous avons pris le temps d’écouter leur histoire pour comprendre les lieux.

L’objet littéraire qui suit est donc hybride : entre le récit et le guide pratique, c’est une livre de voyage. Il s’adresse aux visiteurs, aux touristes et à ceux qui veulent vivre à San Francisco. Il s’adresse à celles et ceux qui sont curieux et veulent trouver des idées dans les parcours de leurs semblables.

Ce livre a été écrit en toute indépendance. Les lieux proposés dans ces pages sont ceux des invités de l’auteur, ceux qu’ils partagent avec le lecteur dans la plus grande liberté, en toute subjectivité.

Contents

Florence Vaillant

Carlos Diaz

Cécile Derbés

Frédéric Patto

Lydia Becker

Logan Chadde

Jean-Louis Milesi

Pascal Rigo

Caroline Rocher

Mickaël Coëdel

Reza Malekzadeh

Joseph Ozanne

Samantha Vandersteen

Classement Des Adresses

San Francisco En Un Coup D’œil

San Francisco Pratique

Notes

« La routine me tue. Je suis incapable de rester en place. C’est un symptôme, ou une belle maladie, hérité de mes parents qui m’ont collé ce joli virus en m’envoyant très tôt à l’étranger faire des stages de langues. Finalement, c’est la boîte dans laquelle je rêvais de travailler qui m’a conduite tout droit – non, pas tout à fait « tout droit », il y a eu quelques virages et arrêts avant cela – à San Francisco. J’ai toujours été une grande voyageuse donc ce n’est pas étonnant que je sois ici, mais je n’avais pas forcément anticipé cette ville au départ.

En fait, tout a commencé à la sortie de l’école. Je rêvais de travailler pour Ubisoft car je suis une dingue de jeux vidéo et j’étais en particulier accro à leurs jeux à eux. Et le top du top pour moi, c’était d’atterrir chez Ubisoft à Montréal. Seulement, quand je suis sortie de l’école, ils n’avaient aucun poste à m’offrir et ils m’ont dit de les rappeler lorsque j’aurais eu une première expérience française. Je me suis retrouvée propulsée de ma Seine-et-Marne au Sud de la France, à Montpellier, où j’ai acquis trois ans d’expérience déjà au sein d’Ubisoft.

Quand j’ai démarré dans le métier, je n’étais pas difficile, mes ambitions étaient raisonnables. Je voulais tellement Ubisoft, c’était tout ce qui comptait : faire des jeux, apprendre des gens et faire partie d’une équipe. Il est vrai que fraîchement diplômée et sortant d’une école renommée et reconnue, je n’ai eu aucun problème à trouver un stage. Sans doute mon dossier éclectique et ma personnalité extravertie ont-ils aidé… Être une fille a certainement joué en ma faveur. Je sentais bien que les employeurs voyaient à travers mon profil – ce qui est toujours le cas – un moyen de mieux comprendre une cible, les femmes, qui a mis du temps à être considérée comme « joueuse ». Mais j’avais aussi un potentiel qui reposait sur d’autres qualités, heureusement : j’aime mon travail et je le fais bien.

Je me suis mise à faire de l’improvisation à peine un an après avoir commencé à travailler dans la boîte, je vivais tellement mal le fait d’être la seule game designer fille du studio ! Dix filles pour quatre-vingts employés masculins, et les autres nanas étaient soit aux RH, soit artistes, soit animatrices. Il y avait peut-être une femme programmatrice… J’étais clairement traitée comme « une-nana-quibosse-dans-un-milieu-de- mecs » ! Des vannes sexuelles, il y en avait souvent. Mes collègues hommes affichaient des images sur leurs fonds d’écran, généralement des filles en petites tenues, ça me mettait mal à l’aise. Je ne savais pas comment réagir, je n’étais pas du tout sur la même longueur d’ondes. Personnellement, je trouve que ça n’a pas sa place sur un lieu de travail, et je le pense encore plus maintenant que je suis sur le continent américain ! Je n’ai jamais été pour mélanger vie pro et perso, on n’est pas des « potes », on est collègues, même s’il y a bien entendu quelques rares exceptions. L’impro s’est donc imposée à moi comme un exutoire et fait partie de ma vie depuis. Elle m’a permis d’être plus sûre de moi, de savoir saisir la balle au bond, d’avoir de la repartie au bon moment, le tout subtilement, sans avoir besoin de rentrer dans la surenchère de vannes. Je dirais ce que cela m’a appris à développer une intelligence émotionnelle qui me permet de comprendre ce qui fait rire l’autre et de l’utiliser pour naviguer en gérant les sensibilités.

Comme j’ai vu qu’au bout de trois ans je n’obtiendrais pas forcément de CDI à Montpellier, j’ai rappelé Montréal et là, Ô joie suprême, je suis tombée au bon moment ! Tout s’est passé très vite, puisque je les ai contactés en avril et j’étais au Québec en juillet. J’arrivais là où j’avais toujours rêvé travailler…

Au début, j’étais tout feu tout flamme. Mais les hivers sont longs au Québec, très longs, et puis surtout la société est immense, entre 2 000 et 3 000 employés. Fatalement, on est un peu noyé dans la masse. Au début, c’est sympa mais au bout de trois ans et sans perspective d’évolution réelle, j’ai voulu tenter l’aventure ailleurs.

Ce séjour montréalais a été une révélation pour moi concernant le statut de la femme dans la société, rien à voir avec ce que je connaissais en France ! Ç’a été radical. Là-bas, je dirais que c’est plutôt la femme qui porte la culotte, on ne discrimine pas, on a des femmes dans tous les départements et à des postes importants. J’ai rencontré la Lead Game Designer de Montréal avec qui je discutais par Internet depuis mon arrivée à Ubisoft, et j’ai côtoyé deux ou trois autres game designers filles. Je crois qu’il doit désormais y avoir un bon quart de filles qui sont game designers. Au Québec, à aucun moment je ne me suis sentie discriminée positivement ou négativement par rapport à mon travail. On m’a tout de suite pris au sérieux, j’ai eu des responsabilités.

Pendant cette période, j’ai fait une mission à Pune en Inde. Là encore, je ne crois pas qu’ils cherchaient un game designer femme en particulier, mais j’ai trouvé le studio de Pune assez progressiste de faire venir une femme blanche pour gérer une équipe d’Indiens. Là-dessus, c’est plutôt moi qui avais des préjugés. La mission s’est super bien passée et le fait que je sois une femme ne m’a posé aucun problème. Sauf le premier jour, j’avoue. J’ai une petite anecdote : j’ai fait la bêtise d’arriver au travail avec un tee-shirt un peu décolleté au niveau de la poitrine et mon collègue semblait avoir du mal à me parler dans les yeux. Je crois même qu’il a passé sa journée à faire attention à ce qu’il ne m’arrive rien… Pourtant, quand on me connaît, on sait que je ne suis pas du genre à m’habiller de façon provocante. En tout cas, je n’ai plus remis ce tee-shirt là-bas !

De retour d’Inde, j’ai essayé de me remettre dans le bain à Montréal et je tenais bien sûr à capitaliser sur mon expérience indienne, mais il n’y avait rien pour moi. J’ai quitté le Québec à cause du temps, des hivers interminables et de la taille de la société mais aussi par manque de challenge et de perspectives. Je ne tenais pas à rester coincée au même poste sur un jeu qui allait mettre trois ans à être finalisé. C’est le cas de Assassin’s Creed Unity, que j’ai commencé avant de venir à San Francisco !

San Francisco, rebelle rebelle

Connue pour ses différentes batailles et ses mouvements révolutionnaires hippies, droits civiques des homosexuels, nourriture bio, mouvement Vegan (végétalien), berceau des nouvelles technologies, San Francisco peut s’enorgueillir d’être toujours au cœur de l’actualité de ce qui fait le monde contemporain. Nombreuses sont les organisations qui continuent de se battre pour diverses causes et mouvances et San Francisco accueille régulièrement des manifestations qui font d’elle l’une des villes américaines les plus libérales et avant-gardistes. Elle est aujourd’hui confrontée à la rançon du succès : les jeunes cerveaux viennent nombreux s’y installer, les places deviennent chères sur le marché de l’immobilier. Arrivera-t-elle à prendre ce nouveau virage qui la rend aussi difficile à apprivoiser qu’attractive ? L’avenir le dira. Il y a fort à parier qu’elle n’a pas fini de faire parler d’elle.

J’avais visité San Francisco avec un groupe de copines juste avant d’emménager à Montréal et je m’étais dit que cette ville était différente des autres aux États-Unis et que je m’y verrais bien. J’ai donc postulé à une offre en interne, car la société créait au même moment une branche pour le développement de jeux avec des sociétés externes ou rachetées. Avant, j’étais conceptrice d’un jeu vidéo et je m’occupais d’une partie du jeu. Là, je devenais développeuse de plusieurs jeux en même temps. Génial ! Je m’occupe donc depuis que je suis arrivée ici de superviser la qualité de tous les contenus des jeux en développement. Je pense que j’ai été choisie en partie à cause de – ou grâce à – mon sexe et mon âge. On voulait me faire travailler sur des jeux Facebook, donc des jeux « pour les femmes entre 20 et 50 ans ». J’avais moins de 30 ans à l’époque et j’étais déjà sur Facebook depuis des lustres. J’avais une idée exacte du genre de jeux qu’ils recherchaient et je comprenais parfaitement la cible.

Je ne sais pas si c’est le pays ou la ville qui veut ça, mais nous avons reçu une formation de prévention sur le harcèlement sexuel dès ma première semaine de travail à San Francisco ! Et des conférences « spécial femmes » sont organisées par le département des ressources humaines. C’est peut-être parce que je n’ai plus 22 ans, mais je suis devenue beaucoup plus sensible à la position de la femme dans le milieu du travail. Je m’intéresse aux représentations qu’on en a (ou pas) et je dois dire que j’en ai même fait un cheval de bataille sur tous les projets sur lesquels je travaille. « Les filles n’aiment pas que le rose et ne sont pas débiles, merci » est un peu mon credo. Je tique systématiquement quand un homme fait la réflexion : « c’est une fille game designer » car positif ou négatif, ça m’exaspère, je ne comprends pas qu’être fille et game designer soit encore perçu comme hors norme. Certes, ça ne m’arrive pas tous les jours, mais ça arrive encore trop souvent. Rapidement, on se rend compte que quand on parle de l’image, on frôle vite d’autres sujets comme la race et l’orientation sexuelle. Nous avons d’ailleurs un comité sur la diversité au travail. Personnellement, c’est un sujet qui m’intéresse, je lis beaucoup là-dessus.

Les choses évoluent bien sûr. Dans vingt ans, j’espère que ces questions seront derrière nous. Dans un monde parfait, il n’y a pas de préjudice ni de discriminination dans le milieu du travail et on embauche les gens parce qu’ils sont bons. En parlant d’égalité, Google a revu sa politique de congé paternité qui est désormais le même que pour les mères. Pour ce qui est des jeux en eux-mêmes, l’idéal serait que tout le monde soit représenté et que, si le jeu s’y prête, on puisse choisir sa race, son sexe, son âge, le jeu s’adapterait au joueur et non l’inverse. J’entends encore des gens dire que les jeux avec des personnages féminins, ça ne se vend pas ! Et Tomb Raider ? Et Metroid Alien: Isolation ? Et Assassin’s Creed Liberation ? La tendance commence gentiment à s’inverser, mais encore trop souvent on a des jeux avec des femmes qui sont les faire-valoir du héros qui est à 80 %, un homme blanc et qui a assez peu de profondeur, un peu comme dans pas mal de films hollywoodiens. J’espère pouvoir apporter ma petite contribution au changement. J’essaye de prendre en considération ce sujet quand on travaille sur des jeux qui ont des protagonistes humains, ce qui n’est pas le cas de Tetris, le jeu sur lequel je travaille depuis quelques mois.

Sur ce projet, je me concentre principalement sur l’interface, c’est-à-dire comment communique-t-on au joueur et comment il ou elle interagit avec le jeu, et la navigation, c’est-à-dire comment il ou elle passe d’un menu à un autre, voit sa progression. D’ailleurs, les ayants droit de Tetris nous ont informés que la moitié de leurs joueurs sont des femmes et qu’il est important pour eux de ne pas tenir cette cible à l’écart. On passe beaucoup de temps à discuter de la direction artistique, des menus, les effets spéciaux, sonores comme visuels, c’est le ton général du jeu. Je ne peux pas trop m’étaler mais je suis assez contente du compromis qui a été trouvé. Je ne veux pas non plus qu’on fasse un Tetris pour femme, ça voudrait dire quoi ? Je veux qu’on conçoive un Tetris qui plaise aussi bien aux femmes qu’aux hommes. Et si j’en juge par les tests faits en interne récemment, on est dans la bonne direction.

C’est une magnifique expérience que je vis depuis trois ans à San Francisco. J’avais eu l’occasion de voyager pas mal aux États-Unis auparavant. À l’âge de 11 ans, j’avais passé deux semaines à Orlando, la ville de Disneyland. Forcément, à cet âge-là, ça me faisait rêver. À 15 ans, je suis aussi allée sur la Côte Est, à Baltimore. Ensuite, j’ai pas mal voyagé sur tous les continents : l’Australie, l’Espagne, le Canada, et puis l’Inde… Je dois dire que cette ville de San Francisco a quelque chose de particulier, quand on la compare aux autres villes américaines que je connais. D’ailleurs, au moment de mon road trip californien avec mes copines, ce qui m’avait vraiment marquée, c’était le parc du Yosemite et San Francisco.

San Francisco, c’est cosmopolite, c’est culturel, c’est une ville ouverte, relax. D’ailleurs, pour moi qui aime le sport, c’est une salle de sport géante en pleine nature. On peut courir n’importe où, près de chez moi il y a même un terrain d’étirements, on peut faire du tennis… Pour partir en week-end, on est à une heure d’avion de Los Angeles, à cinq heures d’Hawaï… D’ici, cinq heures d’avion, ça se fait tout seul ! J’aime Sausalito, en face de San Francisco, avec son petit côté italien. Et j’aime la chaleur de Marin County au nord de la ville quand on a passé le Golden Gate. À San Francisco, je ne me lasse jamais du Palace of Fine Arts Theatre ou du parc du Golden Gate où il y a toujours plein d’événements, on peut y croiser des danseurs – et, pourquoi pas, danser avec eux – ou des fous de rollers, des musiciens… Et puis, l’improvisation fait partie de ma vie de tous les jours maintenant, elle a même forgé ma personnalité. Je suis dans cette troupe de théâtre française, avec laquelle on travaille une pièce par an, des matchs d’improvisation et du café-théâtre une fois par mois. Les gens que j’ai rencontrés ici sont souvent intéressants, car même chez les Américains, ce sont tous des « transplants » finalement, ils sont autant déracinés que nous, Européens, car ils viennent de tout le pays et les échanges sont assez riches. J’ai trouvé un bel équilibre à San Francisco mais je suis encore jeune, alors je reste ouverte à de nouvelles expériences. »

PALACE OF FINE ARTS THEATRE

Musée, salle de spectacle

C’est mon lieu préféré à San Francisco, donc je le recommande en visite, mais ça pourrait aussi être une sortie. Ce lieu est un tableau vivant et c’est beau de jour comme de nuit. Même sous la pluie, ça garde son charme. C’est unique. J’y suis très souvent. Allez-y !

3301 Lyon street

MARINA-COW HOLLOW

Tél. : (415) 563-6504

www.palaceoffinearts.org

LE CASTRO

Quartier animé pour sortir

Mon quartier préféré, c’est le Castro pour faire la fête ou sortir boire un verre. Des boîtes, un super cinéma avec une programmation en or (le Festival du film de San Francisco a beaucoup de films projetés là-bas), il y a toujours quelque chose à voir, à faire au Castro. Je passe inévitablement des soirées mémorables dans ce quartier. C’est aussi le plus vivant de San Francisco, car certains endroits ferment à deux heures du matin, un truc de fou dans une ville où les gens sont des couche-tôt et des lève-tôt. Il est souvent impossible d’aller au restaurant après 22 heures ou alors il faut connaître ce quartier !

CASTRO

MAGNOLIA GASTRO-PUB AND BREWERY

Pub restaurant

J’adore ce pub pour leur cidre à la pomme-grenade, c’est délicieux ! Et la nourriture qui l’accompagne est parfaite aussi.

1398 Haight street

THE HAIGHT

Tél. : (415) 864-7468

www.magnoliapub.com

Ouvert du lundi au jeudi de 11 h à minuit, le vendredi de 11 h à 1 h, le samedi de 10 h à 1 h, le dimanche de

10 h à minuit.

PICARO TAPAS RESTAURANT

Tapas espagnols

Super restaurant de tapas avec de grandes tablées, une ambiance de feu. Bon, je dois tout de même dire qu’il faut aimer l’ail… Pendant la happy hour, tous les jours de 17 h à 19 h, la sangria est à 2,50 $.

3120 16th street

MISSION

Tél. : (415) 431-7468

www.picarotapasrestaurant.com

Ouvert du dimanche au jeudi de 11 h 30 à 22 h, le vendredi et le samedi jusqu’à 23 h.

BISSAP BAOBAB

Restaurant sénégalais

Tout simplement parce qu’on mange une cuisine sénégalaise à tomber par terre et qu’après on brûle ses calories en zoukant sur le dancefloor ! J’adore aussi le cadre : convivial, coloré, avec ces grandes peintures bariolées au mur, vraiment sympa. Soirée réussie garantie !

3372 19th street

MISSION

Tél. : (415) 643-3558

www.bissapbaobab.com

Ouvert du mardi au dimanche de 17 h 30 à 22 h.

LEOPOLD’S

Brasserie autrichienne

Dans un tout autre genre que le précédent, c’est un super restaurant de cuisine de confort, autrichienne. Tout est bon. Mais étant donné qu’il est excellent, il est souvent bondé et parfois il faut attendre un peu avant d’être servi. Super ambiance. La bière est fantastique. Pour les plats, il faut tout essayer, je recommande toute la carte : strudel, canard, crépinettes, les saucisses bien sûr et leur pain spécial à l’oignon caramélisé.

2400 Polk Street

RUSSIAN HILL

Tél. : (415) 474-2000

@ : [email protected]

www.leopoldssf.com

Ouvert du dimanche au jeudi de 17 h 30 à 22 h, le vendredi et le samedi de 17 h 30 à 23 h.

Brunch le samedi et le dimanche de 11 h à 14 h 30.

BIMBO’S 365 CLUB

Salle de spectacle, concerts

Pour aller voir des artistes comiques ou des concerts, c’est une très belle salle avec une jolie scène et une chouette programmation. J’y suis allée de nombreuses fois, j’y ai vu Gad Elmalleh quand il est venu à San Francisco. Je trouve que le fait que ce soit une entreprise familiale qui perdure depuis plus de 80 ans est d’autant plus attachant. Le cadre est légèrement old school. Possibilité de se restaurer sur place pendant les spectacles : snacks à l’italienne, burgers américains, frites françaises.

1025 Columbus Avenue

RUSSIAN HILL

Tél. : (415) 474-0365

www.bimbos365club.com

POLK STREET

Rue, quartier pour sortir

J’adore cette rue, c’est l’ancien quartier gay friendly de San Francisco, avant qu’il se déplace vers le Castro dans les années 1970. J’aime surtout entre Washington et Union, du côté de Russian Hill, pour une soirée bar ou pour sortir en club, c’est très sympa, et c’est central.

TWIN PEAKS

Parc, colline

La vue de là-haut est magique, on s’y sent les rois du monde ! C’est un des deux plus hauts points de San Francisco et on aperçoit toute la baie, le Golden Gate, jusqu’à Marin County, Berkeley, etc. par temps clair. Allez-y au choix : en journée, au coucher du soleil ou de nuit, c’est toujours magique.

501 Twin Peaks Boulevard

TWIN PEAKS

Tél. : (415) 831-6331

GOLDEN GATE BRIDGE

Monument

L’incontournable. Évidemment, ça fait cliché dit comme ça, mais je ne connais personne qui s’en soit lassé, même au bout de plusieurs années ici. Se promener dessus ou l’admirer en longeant la super promenade Crissy Field, c’est top !

GOLDEN GATE BRIDGE

Tél. : (415) 921-5858

www.goldengatebridge.org

Le pont est ouvert aux piétons de 5 heures du matin à 18 h 30 et pendant la période de l’année où les jours sont les plus longs, de 5 heures du matin à 21 h.

THE RED VICTORIAN

À vrai dire, je n’ai jamais logé dans cet hôtel mais je me suis toujours promis qu’un jour… peut-être, je me ferais ce plaisir ! En fait, il s’agit d’une grande maison victorienne toute rouge, dans un quartier mythique de San Francisco, sur Haight Street. Chacune des vingt chambres est thématique. L’hôtel vient tout juste d’être rénové. Si vous n’y logez pas, vous pouvez quand même y aller, il y a un café en bas plutôt sympa, avec une ambiance hippie, un style très « californien du Nord ». Ils font aussi la promotion d’artistes locaux, avec des rencontres artistiques. Bref, c’est très San Francisco, assez « communautaire » et plutôt bien placé quand on vient visiter la ville. Juste à côté du Golden Gate Park et directement dans l’ambiance « grungy » de Haight Street !

1665 Haight street

THE HAIGHT

Tél. : (415) 864-1978

https://embassynetwork.com/locations/redvic/

CHESTNUT STREET

Balade, shopping de quartier

L’une de mes rues préférées pour le shopping, c’est Chestnut Street. Il faut dire que je n’habite pas loin, étant moi-même dans le quartier de la Marina. Il faut aller entre Fillmore et Divisadero, il y a de tout ! Des boutiques de vêtements très sympas, chères aussi, un Apple Store (voilà, la geek en moi qui parle !), un cinéma, des restaurants, des petits cafés… Belle balade, on flâne, on se fait plaisir.

Chestnut Street

MARINA

JAPAN TOWN

Balade, shopping de quartier

Le Japon à San Francisco, un quartier génial. Du traditionnel au plus contemporain en passant par l’excentrique. Très bons restaurants, des boutiques improbables, j’adore m’y perdre.

www.sfjapantown.org

WESTERN ADDITION

DOWNTOWN UNION SQUARE

Shopping classique, centre commercial

Pour les boutiques, il y a bien sûr l’incontournable Union Square avec toutes ces marques américaines sur lesquelles on se rue lorsque l’on est de passage : Nike Town, Levi’s, Victoria Secret, ils sont tous par là. Personnellement, les jours où j’ai envie de passer des heures dans un centre commercial, je vais au Westfield Centre ou chez Macy’s.

UNION SQUARE-DOWNTOWN

>> Macy’s

170 O’Farrell Street

UNION SQUARE

Tél. : (415) 397-3333

l.macys.com/union-square-in-sanfrancisco-ca

Ouvert de 9 h à 21 h tous les jours, nocturne jusqu’à 23 h certains samedis, mais horaires variables (à vérifier au préalable sur leur site internet).

>> Westfield San Francisco Centre

865 Market Street

SoMa-UNION SQUARE

Tél. : (415) 495-5656

www.westfield.com/sanfrancisco/

Ouvert de 10 h à 20 h 30, sauf le dimanche de 11 h à 19 h. Horaires variables, vérifier sur leur site Web.

« Je ne suis pas un voyageur dans l’âme, tout simplement parce que j’aime ma Méditerranée. Enfant d’immigrés espagnols, j’ai cependant toujours vécu dans le contexte de la double nationalité, d’une double culture et dans deux langues. Mon nom ne cache pas ses origines ! Hormis cette double culture qui m’a été donnée, je ne suis pas un grand voyageur.

Je suis né à Limoges en 1973 et n’en ai bougé que pour aller en Espagne voir la famille. Il en va de même pour l’aspect « entrepreneur » de ma vie. Je ne suis pas né entrepreneur dans l’âme, loin de là. Je dirais plutôt que l’entrepreneuriat est venu à moi. Moi, je pensais plutôt faire carrière dans la musique, c’est dire ! J’ai toujours fait de la musique. Je me voyais sur scène, et si on m’avait demandé à 15 ans comment je m’imaginais à la quarantaine, jamais je n’aurais pu anticiper le parcours qui est le mien aujourd’hui.

J’ai fait des études littéraires. Je ne suis ni un scientifique, ni un produit d’école de commerce, mais un universitaire qui a étudié la littérature argentine de Jorge Luis Borges ! J’ai même démarré une carrière d’enseignant d’espagnol à la sortie de la fac.

Un beau jour, cependant, tout a basculé. J’allais sur mes vingt-trois ans, mon frère, qui en avait dix- huit et démarrait médecine, a lancé l’idée de créer une startup. Je le soupçonne d’avoir eu cette envie pour échapper aux interminables études de médecine. Toujours est-il que c’est de là que tout est parti.

Entre 1995 et 1998, nous étions aux balbutiements d’Internet. C’était assez improbable car il a fallu tout apprendre sur le tard, un vrai challenge. On proposait de la prestation de services. Tout s’est bien passé. C’est ainsi que j’ai appris à gérer une société et que je suis devenu un entrepreneur.

Et puis, avec ce petit succès, sont arrivés des articles, une petite notoriété. Un beau jour, un journaliste du journal Le Populaire du Centre a titré un article sur nous intitulé : « Les Rois de l’Internet en Limousin ». Autant dire qu’au lieu de nous flatter ça nous a plutôt fait réfléchir. « Rois de l’Internet en Limousin », c’est… Comment dire ? Pas très glamour. Il y avait vraiment quelque chose qui clochait là-dedans.

Mon frère et moi nous sommes donc dit qu’il était sans doute temps pour nous d’aller se frotter à la capitale, Paris, avec pour ambition de dépasser le territoire limougeaud et de devenir au moins national. Je suis de nature à avancer, toujours avancer. Pour moi, rien n’est acquis, j’apprends sans cesse. J’ai l’impression d’être tout le temps en train de pédaler, jamais je me dis : « Ça y est, j’y suis arrivé je peux m’arrêter. » Je vais de l’avant, c’est mon fonctionnement. Mais à Paris, il a fallu apprendre de nouveaux codes. Nous étions des chefs d’entreprise sérieux, socialement il était facile pour nous de s’intégrer et nous n’avions aucun passé rédhibitoire, tout s’est donc très bien passé. Nous avons même fini par revendre notre start-up à Emakina, une société belge qui rentrait en bourse et avait besoin d’une filiale en France.

Je suis parti de la société dès son rachat et j’ai alors créé Blue Kiwi. Je voulais arrêter la prestation de services depuis un moment pour me tourner davantage vers le software et devenir un éditeur de logiciels. Nous avons ainsi créé un réseau d’entreprises et sommes devenus leader en Europe. Mais, une fois encore, le titre d’un article dans Les Échos, a eu raison de mon enthousiasme : « Le Roi des réseaux sociaux d’entreprises »… Je me suis dit : « ce n’est pas assez, il faut aller au-delà »

C’est à partir de ce moment qu’a germé l’idée de partir là où ça se bougeait vraiment, c’est-à-dire ici, à San Francisco. J’étais motivé pour partir. D’abord, pour des raisons professionnelles, c’est ici que tout se passe dans le secteur du digital, autant dire que nous sommes au centre du monde en la matière, et puis aussi pour des raisons personnelles : j’avais envie de voir comment était la vie ailleurs. C’est un projet de vie dans lequel ma famille, ma femme et mes deux filles, m’a accompagné et dans lequel nous avons tous plongé à 100 %. C’est important d’être accompagné car ce n’est pas rien de tenter une telle aventure.

Dès mon départ, je me suis fait taxer d’exilé fiscal… Je tiens à préciser que ce n’est pas la raison pour laquelle je suis ici. Il faut toujours se justifier de vouloir faire briller la France à l’étranger. Et le pire dans l’histoire, c’est que j’adore mon pays, je suis vraiment chauvin, alors c’est douloureux d’entendre ça. J’ai jamais autant aimé la France que depuis que je suis en mesure de la représenter à San Francisco, dans le secteur économique tout du moins. J’aime les Français. Je ne suis pas parti parce que je n’aimais pas la France et je compte bien y revenir un jour. Je suis un Méditerranéen et ma région me manque beaucoup. Ce n’était pas un coup de tête, mais il fallait être là où ça se passe. Or, à l’époque, la France n’était pas propice. Petit à petit, c’est en train de changer mais nous sommes encore loin du système mis en place ici pour les sociétés comme la mienne et les start-up.

Quand il est venu à San Francisco en février 2014, François Hollande l’a reconnu : la France a besoin de réussites à l’international. Évidemment, moi je préférerais pouvoir faire ce que je fais en France en étant proche de ma famille. Il est vrai qu’ici, avec le temps, je me sens un peu comme investi d’une mission de responsabilité : représenter mon pays.

De tout temps, les Français sont partis à l’étranger. Ce n’est pas pour rien qu’il y a du français dans beaucoup de langues étrangères, que ce soit l’anglais ou même le russe. Avant, on considérait les Français comme des aventuriers, c’était presque normal, mais aujourd’hui, ces Français sont trop souvent montrés du doigt. Peut-être est-ce l’effet Internet. Tout y est devenu visible, instantané, et il y a un effet miroir qui peut être difficile ces temps-ci.

Même moi, quand je poste sur les réseaux sociaux, j’ai peur que le bonheur dont je témoigne puisse être mal perçu. Mais ce n’est que la partie visible de l’iceberg, il y a pas mal de sueur derrière. Pour ma part, je suis très nietzschéen : il faut du soleil et de la pluie dans tout, et la pluie ne me dérange pas, elle fait partie du voyage. Mais quand les gens ne voient que le soleil, ça peut énerver parfois. Moi, je suis quelqu’un d’assez heureux, même dans la difficulté.

J’ai dû rentrer quelque temps en France suite à des circonstances familiales et des gens m’ont arrêté dans la rue pour me féliciter. Il est vrai que j’ai fait pas mal de presse ces derniers mois. D’abord, c’est à cause des Pigeons, un mouvement que j’ai lancé et qui m’a littéralement dépassé en quelques jours. À mon avis, cela vient du fait que je disais tout haut ce que pas mal d’entrepreneurs pensaient, pas vraiment tout bas mais à voix moins audibles, concernant la fiscalité française et les Français de l’étranger.

Et ensuite, je me suis de nouveau trouvé sur le devant de la scène en proposant à François Hollande de faire un hug à la californienne, littéralement une embrassade-accolade, quand il est venu pour inaugurer un incubateur d’entreprises. C’était un symbole. Ici, Obama « hug » les chefs d’entreprise et je voulais voir comment il réagirait à cette demande. Évidemment, le lendemain la photo a été reprise partout, je suis le « huggeur » de François Hollande parmi les chefs d’entreprise !

Les Pigeons et le hug

Le mouvement surnommé Les Pigeons est né le 28 septembre 2012 suite à un post Facebook de Carlos Diaz concernant le projet de loi de finances et d’intégration au barème sur le revenu des plus-values de la revente des parts de sociétés. En quelques jours, ce post relayé par le Web et les réseaux sociaux, a explosé et Les Pigeons ont su attirer l’attention sur eux. Leurs revendications ont été entendues. Ce mouvement a porté ses fruits pour tous les entrepreneurs de start-up dont l’économie repose sur des « business angels ». http://www.europe1.fr/politique/a-san-francisco-hollande-s-est-reconcilie-avec-les-pigeons-1799973

Tout cela est une notoriété inattendue, non planifiée, je n’ai aucun agenda. Je ne dis pas que ça me déplaît. Je suis entier, quand j’ai quelque chose à dire, je le dis, et apparemment ça plaît à certains. Je ne dis pas que c’est le cas de tout le monde non plus. Mais j’ai beau être devenu un « personnage public », je n’ai pas envie de devenir un animal politique et d’être récupéré.

Avec cette notoriété, je suis devenu, sans l’avoir vraiment cherché, l’une des personnes à visiter lorsque l’on a le projet de créer une start-up ici à San Francisco. Je vois deux ou trois entrepreneurs par semaine. Je n’ai pas l’impression de pouvoir leur amener suffisamment au cours d’un seul déjeuner. Hormis le fait de leur conseiller d’avoir un projet professionnel et personnel qui tienne la route, je ne peux pas faire plus. Il est vrai que ceux qui me disent : « ma femme restera en France », j’ai peur pour eux car c’est un vrai challenge de partir quand une partie de la famille reste derrière, c’est dangereux. Je dirais même que c’est l’échec assuré à 80 %.

Il y a beaucoup de risques quand on se lance à l’assaut d’un endroit comme San Francisco, c’est un peu « Danse avec les loups ». Je veux dire par là que c’est très hostile sous des apparences joviales, cool et détendues. J’en vois beaucoup repartir au bout d’un an. Je pense qu’ils auraient besoin de plus d’encouragements. Alors il est vrai que l’idée d’un incubateur d’entreprises commence à s’imposer. Si j’en ai aujourd’hui la légitimité, je ne sais pas en revanche si j’en ai la volonté. C’est une question de temps aussi et j’ai déjà pas mal de projets en cours.

Cela dit, il y a vraiment quelque chose à mettre en place pour les Français qui arrivent. Leurs problématiques ne sont pas les mêmes que celles des Américains. Ils doivent s’occuper de visas, de lieux où travailler, de levées de fonds, autant d’obstacles à la création d’une entreprise solide car lorsque l’on se concentre là-dessus, on n’a plus de temps pour l’essentiel. Le besoin est réel, ce serait le bon moment pour le faire. Il y a des institutions qui s’en occupent bien sûr, mais je crois aussi qu’il est important pour un entrepreneur d’être « mentorisé » par un autre entrepreneur. C’est le schéma même de l’apprenti chez l’artisan français et ce modèle a fait ses preuves.

French Tech Hub

Les entrepreneurs français étant de plus en plus nombreux à venir tenter leur chance dans le monde de la Tech de la Californie du Nord ou à vouloir s’y installer, une entraide au sein de la communauté s’est naturellement mise en place. Parmi les initiatives lancées récemment, celle du French Tech Hub, un incubateur pour les start-up françaises qui a été baptisé par François Hollande lors de sa venue dans la baie de San Francisco. Sous l’égide de l’agence du développement de la région Paris-Île-de-France, du Ministère des Affaires étrangères, de Ubifrance et de la BPI, cette structure offre un large éventail de services aux entrepreneurs dont la mission est de faire fructifier et développer l’entrepreneuriat français dans les Nouvelles Technologies.

www.frenchtechhub.com

Concernant l’avenir, je n’ai pas envie de rester à San Francisco toute ma vie. Je ne me vois pas vieillir, mourir ici. C’est vrai qu’en arrivant pour trois ans, ma famille et moi, nous ne pensions vraiment pas rester quatre ans, ni même vouloir rester le double de ce temps. Je n’avais pas vraiment anticipé le facteur enfants non plus. Mes deux filles parlent français, vont en France et en Espagne deux mois par an – j’appelle ça « la migration » – mais elles sont bien ici où elles ont vécu la plupart de leur vie, la France devient quasiment virtuelle pour elles. Je m’aperçois qu’on répète peut-être malgré soi ce qu’on a vécu. J’ai très envie de penser que je rentrerai un jour, mais je me souviens que mes parents ont dit la même chose avec l’Espagne et finalement ils sont toujours en France… C’est étrange, j’en prends conscience. Cela dit, la double culture est quelque chose d’extrêmement positif pour les enfants, et puis il y a pire que San Francisco comme cadre de vie ! Ma femme s’y sent bien aussi, elle aime rentrer en France mais elle est toujours contente de revenir à San Francisco. C’est une ville incroyable avec une foule de gens intéressants et de vraies opportunités professionnelles. Sans compter que la communauté française est non seulement très présente mais elle est très sympa, active, attachante et de plus en plus nombreuse. C’est aussi une communauté très solidaire, c’est ce qui manque fortement en France ces derniers temps. Ici, le mot « fraternité » a un sens, la fraternité est réelle. Pourtant inscrite aux frontons de nos mairies françaises, on ne la ressent malheureusement que rarement dans notre pays. À San Francisco, c’est le contraire : on est toujours les uns chez les autres, on rencontre sans arrêt de nouvelles personnes, et on se sent devenir une force, un vrai réseau français san franciscain. Ce n’est pas pour rien qu’on commence à parler de « mafia française » dans la presse locale quand on évoque les Français de la région ! »

BIG SUR POINT LOBOS

Balade, points de vue

Je suis un grand fan de la « One », la route n° 1 vers le Sud. Sur cette Road n°One, Big Sur et Point Lobos sont des lieux enchanteurs, Henri Miller ne s’y était pas trompé en y élisant domicile. Ce côté montagne avec des arbres centenaires magnifiques au bord du Pacifique sauvage à flanc de collines, c’est indescriptible de beauté, c’est magistral. Il est impossible de se lasser de tels endroits.

www.bigsurcalifornia.org

pointlobos.org

RAINBOW GROCERY

Supermarché bio

C’est un supermarché que j’adore : c’est un collectif d’agriculteurs et la nourriture est bio. La première fois que j’y ai mis les pieds, je m’en souviens encore très bien, il y avait L’Internationale en musique de fond ! Ça m’a vraiment marqué. Only in San Francisco !

1745 Folsom Street

MISSION

Tél. : (415) 863-0620

www.rainbow.coop

Ouvert de 9 h à 21 h tous les jours.

THE HOTEL TRITON

À côté du Café de la Presse et jouxtant Chinatown, cet hôtel me plaît pour son atmosphère, il a un look très années 1970 et san-franciscain, mais remis au goût du jour, vraiment trendy. Ce n’est pas un hôtel de chaîne. Il est coloré, il y a des têtes de mort, on est dans le rock’n’roll là, Jimmy Hendrix et Led Zeppelin veillent ! Bref, ça va bien quand on est dans la découverte de cette ville.

342 Grant Avenue

UNION SQUARE

Tél. : (415) 394-0500

www.kimptonhotels.com/stay/hotel-triton-union-square

ATELIER CRENN

Art culinaire, haute gastronomie