Vivre les USA - Samantha Vandersteen - E-Book

Vivre les USA E-Book

Samantha Vandersteen

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Beschreibung

Laissez-vous guider au cœur des États-Unis

Le fameux rêve américain : pour les étudiants, les ingénieurs, les artistes, les professeurs, etc, les opportunités ne manquent pas en Amérique. On pense à New-York, mais aussi à tout le reste des Etats-Unis, le pays qui attire le plus les prétendants à s’expatrier. Chaque année, des centaines de milliers d’Européens tentent leur chance de l’autre côté de l’Atlantique.

Dans Vivre les USA, Samantha Vandersteen, journaliste qui vit à San Francisco depuis de nombreuses années, donne toutes les clés du quotidien, depuis le logement jusqu’au mariage, en passant par le travail et l’éducation. Mais l’exploration ne s’arrête pas là. En s’appuyant notamment les expériences de nombreux expatriés aux États-Unis, chaque page permet de découvrir le pays autrement, en décryptant une à une les règles de sa société. Comment on conduit, comment on loue un appartement, comment on s’aime, etc., chaque chapitre permet de comprendre le pays et sa culture.

Le compagnon idéal pour vos aventures américaines !

A PROPOS DE LA COLLECTION « VIVRE LE MONDE »

Vivre le Monde est une collection destinée à ceux qui veulent comprendre un pays, pour y vivre, y étudier, y faire des affaires, ou simplement y séjourner en espérant plus que du tourisme. Chaque livre est à la fois un guide pratique expliquant par le détail tout ce qu'on doit savoir sur le quotidien du pays, en donnant à chaque fois les clés pour comprendre la société.

LES ÉDITIONS HIKARI

Hikari Éditions est un éditeur indépendant, dédié à la découverte du monde. Il a été fondé par des journalistes et des auteurs vivant à l'étranger, de l'Asie à l'Amérique du Sud, souhaitant partager leur expérience et leurs histoires au-delà des médias traditionnels.

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Seitenzahl: 379

Veröffentlichungsjahr: 2016

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VIVRE LES USA

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VIVRE LES USA

par Samantha Vandersteen.

Un livre de la collection Vivre le monde.

Directeur de publication : Anthony Dufour.

Éditrice : Marie Duchaussoy.

Crédit photo de couverture : © Gary - Fotolia.com

Illustrations pages intérieures : tous droits réservés sauf mention contraire.

© Hikari Éditions sarl

Hikari Éditions

4, avenue Foch, 59000 Lille (France).

www.hikari-editions.com

[email protected]

eISBN 978-2-36774-036-2

ISBN 978-2-36774-013-3

Aucun guide n’est parfait, des erreurs et des coquilles se sont peut-être glissées dans celui-ci malgré tout le soin apporté à la rédaction comme à l’édition. Les informations peuvent également avoir été modifiées entre l’écriture de ce guide et le moment où le lecteur le prend en main. Merci de nous suggérer toute correction utile, que nous pourrions intégrer dans la prochaine édition.

VIVRE LE MONDE

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Vivre les USA de la collection Vivre le monde est un guide pratique qui veut donner toutes les informations nécessaires à ceux qui habitent ou souhaitent habiter dans le pays.

Il a été rédigé par une journaliste qui réside aux États-Unis depuis plusieurs années. Au-delà de son travail pour des médias français et francophones, elle a voulu faire partager son expérience du quotidien. Louer un appartement, payer son téléphone, aller à l’hôpital, scolariser ses enfants, sortir, faire du sport, payer ses factures… Vivre tout simplement dans l’un des pays les plus fascinants du monde.

Vous trouverez donc dans ces pages des informations pratiques, des contacts, des conseils, bien entendu, mais sans jamais oublier de vous donner nos clés de la société américaine. Car pour nous, une information doit toujours être comprise dans son contexte, dans sa culture, dans son univers.

Ce guide vous offre également le seul regard indépendant sur la vie aux États-Unis. L’auteur comme l’éditeur sont libres de toute affiliation, ne dépendent d’aucune organisation qui posséderait des intérêts dans les informations qui suivent. Nous n’avons reçu aucune subvention d’aucune sorte. Pour la prochaine édition de ce guide, n’hésitez pas à nous faire part ([email protected]) de votre expérience, de vos idées, de vos trouvailles… Nous espérons que ce guide sera un compagnon efficace et agréable de votre projet américain.

SOMMAIRE

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CHAPITRE I : DÉCOUVRIR LES ÉTATS-UNIS

Ce que l’on sait des États-Unis

Ce que l’on sait moins des États-Unis

Dans la rue

Économie

Météo

Histoire

Géographie

Carte des États-Unis

CHAPITRE II : LE VOYAGE

Organiser son voyage

Les exigences sanitaires

Visa et permis de résidence

La douane

CHAPITRE III : SE LOGER

Quel type de logement ?

Quel quartier choisir ?

Acheter

Louer

Les meubles

L’eau, le gaz, l’électricité, les poubelles, le téléphone, Internet

L’aide à domicile

CHAPITRE IV : TRAVAILLER

Trouver un travail

Les salaires et conditions de travail

Travailler avec les Américains

Rencontres avec des salariés français aux États-Unis

Les jours fériés et les vacances

Faire un stage

Rencontres avec des stagiaires

La protection sociale

CHAPITRE V : ÉTUDIER

Trouver une formation

Le coût de la vie étudiante

Rencontres avec des étudiants

CHAPITRE VI : L’ARGENT

Le dollar

Les banques

Le fonctionnement du compte bancaire

Les cartes bancaires

CHAPITRE VII : LA PRÉSENCE INTERNATIONALE

L’état des relations France/États-Unis

Les clichés des Américains sur les Français

Les ambassades

Les chambres de commerce franco-américaines

Les associations de Français d’Amérique

Le député des Français d’Amérique du Nord

CHAPITRE VIII : CONDUIRE

Le permis de conduire

Les règles de conduite

Acheter une voiture

Louer une voiture

Et la moto ?

CHAPITRE IX : SE DÉPLACER

Le bus

Le ferry

Le métro et le tramway

Le train

L’avion

Le taxi

Le vélo

Les deux roues

CHAPITRE X : LES IMPÔTS

L’impôt sur le revenu

La TVA

Les impôts locaux

Les déductions fiscales

CHAPITRE XI : LA LANGUE

L’espagnol, l’autre langue parlée aux États-Unis

Vivre en français aux États-Unis

Apprendre l’anglais aux États-Unis

CHAPITRE XII : SE SOIGNER

L’assurance santé

Les assurances françaises

Les assurances américaines

Chez le médecin

Les centres hospitaliers

Pharmacy et drugstore

Maternité

Obamacare : quelles incidences pour les expatriés ?

CHAPITRE XIII : LA SÉCURITÉ

Allô, la police ?

Nine-One-One

Le consulat

CHAPITRE XIV : LES ENFANTS

La place de l’enfant

Les tout-petits

Le système scolaire américain

Rencontres avec des mères de familles

Le sport à l’école

Les établissements français

Les bourses scolaires

Les loisirs pour les enfants

CHAPITRE XV : RESTER CONNECTÉ

Le téléphone

Internet

La poste

CHAPITRE XVI : MANGER

À la table des Américains

Les produits très frenchies

Le vin

CHAPITRE XVII : LE SHOPPING

Consommer à l’américaine

S’habiller

Se soigner

L’électronique

CHAPITRE XVIII : LES ANIMAUX

Emmener votre animal

Acheter un animal sur place

Et le cheval ?

Les zoos

CHAPITRE XIX : LA VIE NOCTURNE

Les restaurants

Les Night-Clubs

CHAPITRE XX : LE SPORT

Pratiquer son sport

Les sports incontournables aux États-Unis

Les autres sports

Assister à un événement sportif

CHAPITRE XXI : LA CULTURE

Les traditions locales et arts traditionnels

Le cinéma

La musique

Le théâtre

Les musées

La danse

CHAPITRE XXII : LES MÉDIAS

Les médias américains

Les médias francophones

CHAPITRE XXIII : LES RELIGIONS

Séparation Église-État

Quelles religions ?

CHAPITRE XXIV : LA POLITIQUE

Les institutions

Les partis politiques

Voter aux États-Unis

CHAPITRE XXV : L’AMOUR

Avoir un(e) petit(e) ami(e)

LGBT

Se marier aux États-Unis

Rencontres avec des couples mixtes

Divorcer aux États-Unis

CHAPITRE XXVI : LES VACANCES

Vacances aux États-Unis

Vacances économiques

Vacances dans les pays limitrophes

CHAPITRE I

DÉCOUVRIR LES ÉTATS-UNIS

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Chacun de nous a son fantasme sur les États-Unis. Nous avons grandi avec les séries et le cinéma américains, le Coca-Cola et les paysages à perte de vue des westerns. Certains rêvent de Wall Street et de la Big Apple, d’autres des terres arides d’Arizona, certains se voient en star dans les rues de Hollywood, et d’autres à cheval dans la verdure tranquille du Montana. Il suffit de prononcer le mot « Amérique » pour que la machine à rêves se mette en marche. Mais qu’en est-il une fois arrivé sur les lieux ? Comment ce pays d’immigration accueille-t-il aujourd’hui les pionniers du XXIe siècle ? Le rêve américain existe-t-il toujours ?

À travers les pages de ce guide, nous ne visiterons pas les États-Unis en touristes, mais nous vous proposons une vision de résident français dans cette union d’États anglophones aux multiples facettes, et aussi variée que l’est sa population. Loin ou proche des fantasmes, nous partirons dans le concret de la vie aux États-Unis d’Amérique aujourd’hui.

CE QUE L’ON SAIT DES ÉTATS-UNIS

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C’est un très grand continent constitué de grands espaces, de grandes villes, le tout sur une cinquantaine d’États, tous plus différents les uns que les autres tant en termes d’environnement, de faune et de flore, de mentalité, de points de vue politiques… Mais leur force commune est d’être réunis sous la même bannière étoilée et d’avoir réussi à garder, au-delà des milliers de miles et des immenses plaines à perte de vue, cette conscience unanime et patriotique d’être un seul et même pays aux couleurs variées.

Sans doute cela vient-il du fait qu’il s’agit finalement d’un très jeune pays, principalement peuplé de pionniers et d’immigrants arrivés pour les premiers il y a un peu plus de cinq cents ans, et qui se reconnaissent tous ou quasiment tous – car les États-Unis sont aussi le pays des extrêmes – dans les valeurs de la Constitution.

Leurs prédécesseurs, les Amérindiens natifs, qui ont survécu aux arrivées successives et aux massacres au fil des siècles, font eux aussi partie de ce melting-pot surprenant, bien que leur histoire les ait le plus souvent amenés à vivre retranchés dans les réserves qui leur ont été allouées par l’État, réserves régies par leurs propres lois.

Un melting-pot qui ne cesse d’évoluer et reste l’une des images les plus représentatives des États-Unis, surtout lorsque l’on fréquente les grandes métropoles. Les États-Unis sont ainsi le troisième pays le plus peuplé au monde après la Chine et l’Inde, avec 315 millions d’habitants au dernier recensement. Sachant que l’immigration illégale est assez prononcée, ce chiffre est probablement à revoir d’office à la hausse.

Ce territoire immense, quatrième sur la liste des pays les plus vastes, juste après la Russie, son voisin le Canada et la Chine, joue depuis le début du XXe siècle un rôle incontournable et, souvent, de leader sur la scène internationale. Une configuration à laquelle plusieurs générations ont été habituées et qui se transforme petit à petit avec la montée en puissance d’autres géants.

Les États-Unis restent cependant un pays extrêmement courtisé par les entrepreneurs et la jeunesse du monde entier, tant du point de vue des possibilités qu’ils offrent que par la mentalité de leadership intrinsèque au pays et à ses habitants. Le rêve américain a perdu de sa force suite à la crise de 2008, mais il n’est pas encore mort !

En 2012, ils étaient plus de 125 000 Français enregistrés sur le territoire des États-Unis. Sachant que tous les Français ne s’enregistrent pas forcément au consulat en arrivant sur place, ce chiffre peut être aisément gonflé d’un tiers. En outre, 15 000 Français seraient illégaux, à savoir « sans papiers ». La communauté française des États-Unis est la troisième communauté européenne, les Suisses et les Allemands tenant les deux premières places. Les Français choisissent généralement les grandes villes qui attirent de plus en plus d’entrepreneurs, y compris dans le high-tech. Ils apprécient tout particulièrement New York, Los Angeles, Miami, San Francisco et sa Silicon Valley.

LES 10 PREMIÈRES VILLES AMÉRICAINES PAR LE NOMBRE DE FRANÇAIS

1. New York:31 139 inscrits2. San Francisco:19 721 inscrits3. Los Angeles:16 944 inscrits4. Washington:13 474 inscrits5. Miami:11 620 inscrits6. Chicago:9 736 inscrits7. Houston:8 092 inscrits8. Boston:7 338 inscrits9. Atlanta:6 295 inscrits10. La Nouvelle Orléans:812 inscrits

Ces chiffres peuvent être doublés voire triplés car tous les Français installés aux USA ne se font pas connaître des services consulaires, loin de là.

Source : La Maison des Français de l’étranger.

Plus de 20 000 Belges seraient des descendants de colons ou de nouveaux émigrants aux États-Unis. Il existe plusieurs Waterloo dans le pays, un dans l’Iowa, un autre dans l’Illinois, et un dans l’État de New York. On retrouve Antwerp, inspiré de la ville d’Anvers (appelée Antwerpen en flamand) dans l’Ohio et dans l’État de New York. Quant à Namur, on la trouve dans le Wisconsin. Bref, aucun doute sur le fait que la Belgique a elle aussi marqué le territoire américain !

En 2012, ils étaient au moins 76 000 Suisses à résider aux États-Unis, mais on estime à un million le nombre de résidents américains ayant des racines suisses. La relation entre la Suisse et les États-Unis relève d’une longue tradition et leurs échanges sont très diversifiés. Les États-Unis sont en effet la deuxième destination des exportations suisses, et la coopération entre les deux pays dans les domaines de l’éducation et de la recherche est également importante.

CE QUE L’ON SAIT MOINS DES ÉTATS-UNIS

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Il est difficile d’évoquer ce que l’on sait moins des États-Unis tellement, depuis plus de deux siècles et encore plus depuis la Seconde Guerre mondiale, de manière extrêmement marquée, ce pays est associé à l’Europe et à chacun de ses pas.

La culture musicale, cinématographique, télévisuelle, et de consommation de l’Europe est, en règle générale, imprégnée de l’Amérique. Même une personne qui n’a jamais mis les pieds aux États-Unis a le sentiment d’y être allée. Elle ouvre son journal et les informations internationales sont généralement en rapport direct avec ce géant; elle allume sa télé et c’est une série américaine ou une émission adaptée d’un show à succès aux États-Unis; elle va sur iTunes et 90 % des albums proposés sont américains; sur Internet, elle utilise un moteur de recherche américain, des applications américaines, des jeux vidéos américains; elle fume des cigarettes américaines…

Nous n’avons pas le sentiment de « l’étranger » quand il est question des États-Unis. Et pourtant, lorsque l’on y vit et que l’on y passe du temps, même en vacances, on ressent un décalage de culture, pas forcément désagréable d’ailleurs.

Mais pour qui connaît un peu les « States », comme pour celui qui connaît un peu la France, la Suisse, la Belgique ou le Canada, il y a un certain nombre d’idées reçues ou plutôt de réalités extrapolées à l’ensemble du territoire et de ses habitants, de la part des médias d’une façon générale. Tout Américain n’est pas un Rambo en puissance, armé jusqu’aux dents, ne buvant que de la bière Budweiser, du Coca-Cola, se nourrissant dans les fast-foods, roulant en gros truck et écoutant de la country music. Toute Américaine n’est pas une fausse blonde, siliconée, idiote, intéressée et vulgaire. C.Q.F.D.

Il faut dire qu’en étant si vaste, c’est évidemment un pays qui attire les extrêmes et les extravagances. Mais souvent ce que l’on montre des États-Unis découle plus de ces extrêmes et de ces extravagances – car après tout c’est ce qu’il y a de plus drôle à montrer et c’est aussi ce qui est le plus vendeur – que de la réalité au jour le jour. On trouve toutes sortes de gens chez les Américains, et pour ma part, j’ai eu la chance de croiser des personnes extrêmement cultivées, qui en connaissaient davantage sur l’art et le cinéma européen qu’un journaliste français en la matière ! Comme partout, il faut choisir ses cercles et ses communautés. Ne nions pas que l’extrémiste du Tea Party anti-darwiniste et anti-avortement existe, et il ne se cache plus. S’est-il seulement caché un jour ? Nous sommes au pays de la sacro-sainte liberté d’expression… La progression du Tea Party est certaine, et la crise n’a pas fait du bien au pays dans le domaine des idées extrémistes et antigouvernementales. Selon une scientifique de renom, à l’occasion d’une discussion en off, cette facette des États-Unis serait en train de causer d’énormes dégâts à la culture scientifique. En effet, comme partout et encore plus ici, l’argent est roi, et ce groupe en a beaucoup et se développe à vitesse grand V. En termes scientifiques, cela signifie le refus pur et simple de la théorie de l’Évolution et du darwinisme et le financement d’institutions scientifiques, de recherches et la parution d’articles à l’appui, pour démontrer que le darwinisme est dans l’erreur. Comme ils ont de l’argent, la parole se déploie et inonde même l’éducation. Autant dire que cette scientifique témoignait d’un certain désespoir concernant l’avenir de la science américaine. Et pourtant, c’est toujours là que les cerveaux du monde entier rêvent d’avoir une chaire en université ! Lumières et obscurantisme, les deux facettes d’un même pays.

Les Américains aiment l’Europe, les Américains aiment la France. Les amateurs de cinéma sont nombreux à aimer notre septième art, largement diffusé dans les salles indépendantes.

Politiquement parlant, il y a de tout aux États-Unis. Nous sommes habitués au clivage habituel démocrates - républicains et l’on ne sait que trop la présence de groupes extrémistes fascistes et à tendance nazie, mais il y a aussi des gauchistes aux États-Unis. Surprenant, isn’t it !

L’Américain est patriote, c’est une réalité quotidienne. Qu’ils soient de droite, de gauche, conservateurs ou ultralibéraux, qu’ils se déchirent sur des idées diamétralement opposées, ils sont tous d’accord sur une chose (dont nous ferions peut-être bien de nous inspirer car c’est une sacrée leçon pour un Européen désabusé, toujours en train de se plaindre de son pays…) : ils aiment leur patrie ! Qu’ils soient croyants, leaders, businessmen, ils sont, pour la plupart, patriotes.

Ils savent tous parler en public, ont énormément de facilité à communiquer – sans doute cela vient-il de leur éducation beaucoup plus basée sur les qualités orales que la nôtre – ils ne considèrent pas l’obstacle comme un échec. Est-ce que le cinéma véhicule les valeurs de l’Américain ou est-ce que l’Américain veut reproduire les valeurs promulguées par son cinéma ? Il doit y avoir des deux. L’Américain s’est créé son propre mythe. Les cerveaux et analystes le reconnaîtront volontiers. Évidemment, de nombreuses exceptions viennent confirmer la règle. Un fonctionnaire désagréable et râleur, ça existe aussi chez eux !

Les Américains, y compris les plus démocrates, n’aiment pas l’idée que le gouvernement vienne s’occuper de leurs petites affaires. Le gouvernement fédéral c’est bien, mais pas trop non plus; cela n’a pas forcément valeur de « tous pourris, tous corrompus », comme nous l’entendrions au café du commerce chez nous, mais ça serait plutôt « chacun doit avoir le choix de sa vie sans que personne ne vienne lui dire comment la mener ». C’est la dimension libérale du pays et de son peuple.

Cela dit le prix de « ma liberté s’arrête là où commence celle d’autrui » a parfois un certain coût. L’une de mes connaissances ne peut pas fumer dans son propre jardin, car son voisin ne le supporte pas. Ce dernier appelle régulièrement le shérif dès qu’elle « ose » s’en griller une chez elle ! Cela ne l’empêche pas quant à lui de fumer autre chose que des cigarettes…

Une femme habitant depuis vingt ans sur les célèbres house-boats de Sausalito (Baie de San Francisco) où Otis Redding a écrit la fameuse chanson Dock of the Bay, me disait que lorsqu’elle organise un dîner chez elle, sur sa terrasse avec quatre amis, elle a la police qui débarque systématiquement à 21 heures pour tapage nocturne et plainte de ses voisins. Elle a plus d’une cinquantaine d’années, c’est une femme seule cultivant son petit jardin, pas le genre à faire des rave parties chez elle… « Même eux sont gênés de venir nous dire de faire moins de bruit, c’est tellement ridicule ! ». Elle m’expliquait que cela avait beaucoup changé ces dernières années, et que l’on ne pouvait plus rien faire chez soi. Il s’agit de lieux de résidence tranquilles, où il ne se passe pas grand-chose pour les autorités. Cela dit, que ce soit la fumeuse dans son jardin ou l’hôtesse sur son bateau, toutes deux disent à quel point même la police est embarrassée de devoir intervenir sur de telles demandes.

Au pays des extravagances où l’on achète des costumes d’Halloween pour son chien – selon la Fédération nationale du commerce, les Américains pourraient dépenser 330 millions de dollars en 2013 pour déguiser leurs animaux de compagnie ! Citrouille, hot-dog et diablotin, c’est le trio gagnant des ventes de costumes d’Halloween pour chien cet automne – le Politically Correct a pris une telle ampleur qu’il en devient invivable et insupportable à bien des égards.

Chacun s’autocensure dans un pays qui se veut être le champion des libertés; une dichotomie que j’ai constatée dès mon premier long séjour ici. À l’occasion d’une fête d’étudiants chez des amis d’origine latine, je les ai vus se faire embarquer menottes au point de manière assez violente au poste de police vers 23 heures, juste parce que la musique était trop forte. Or, j’étais témoin, la musique avait été stoppée dès le premier coup de téléphone, et d’autres maisons dans la rue, où la couleur de peau des invités était plus claire, continuaient allègrement leur fête sans être inquiétées. Ce fut mon premier choc avec The Land of Freedom. Mais ce même Land of Freedom a rattrapé le coup grâce à une autre liberté, celle de la presse. Je me souviens notamment de la presse de l’Université qui s’était fait l’écho de la mise en examen de plusieurs policiers pour racisme avéré envers des étudiants. Si l’injustice existe vraiment, le droit à la justice a aussi une véritable valeur.

Aux États-Unis, le rapport à l’autorité n’est pas le même que chez nous. L’autorité est très respectée, les gens en ont peur, ils la craignent et la veulent ainsi, mais un citoyen n’hésitera pas à porter plainte contre un officier s’il estime avoir été victime d’injustice. Il y a ce même rapport à l’administration en général. Rien à voir avec la France où l’autorité n’est pas respectée, mais plutôt détestée et considérée comme l’ennemi du bien. En revanche, il ne viendrait pas à l’idée d’un citoyen français lambda de porter plainte contre un représentant de l’ordre. Les Américains, eux, pensent le contraire.

J’ai eu le même sentiment concernant la nudité. Par exemple, il est exclu d’être seins nus sur les plages américaines. Cela ne se fait pas. En revanche, les maillots de bain rikiki, quasi-string, la poitrine refaite avec juste un petit triangle sur le bout des seins, ça, ça passe ! Et il en va de même sur les attitudes romantiques : on ne s’embrasse pas à pleine bouche dans la rue entre amoureux, c’est mal perçu, mais boire de l’alcool à ne plus tenir debout dans une boîte de nuit et faire des concours de tee-shirts mouillés, tout en allumant tout ce qui bouge, ça, ça passe ! C’est ici que le côté enfantin ressort beaucoup : l’interdiction pèse parfois tellement lourd que dès qu’une porte s’entrouvre, c’est la boîte de Pandore et des comportements extrêmes se manifestent, à l’opposé de l’interdiction. Au pays de Woodstock et de la Beat Generation, cela laisse parfois songeur.

DANS LA RUE

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Dès l’arrivée à l’aéroport, le melting-pot que constituent les États-Unis est une évidence : couleurs de peau, langues parlées, tenues vestimentaires… vous donneront un aperçu assez juste de ce pays, constitué d’immigrants venus du monde entier.

La première impression n’est jamais la même en fonction de l’aéroport dans lequel vous atterrissez. Le personnel, l’État, les lois sur la sécurité en vigueur au moment où vous arriverez, peuvent modifier du tout au tout votre première impression. Il faut dire que le passage à la douane aux États-Unis est un baptême pour qui ne l’a jamais expérimenté.

Mais après avoir montré patte blanche, alors vient le moment où l’on peut commencer à prendre le pouls. C’est une sensation étrange qui vous agrippe alors : celle d’être dans un endroit différent de votre environnement habituel certes, mais avec une impression assez prononcée de déjà-vu. À travers le monde, la globalisation aidant, les aéroports finissent certainement par se ressembler tous un peu, mais il y a autre chose : nous avons été biberonnés et continuons à vivre au rythme des saisons des séries américaines… Inévitablement, dès la sortie de l’aéroport, on retrouve une partie des codes avec lesquels nous avons grandis, sans forcément les avoir jamais expérimentés. Cela provoque, une fois les formalités passées, un sentiment intéressant de dédoublement, où l’on se voit vivre dans un décor de cinéma ou de série télé, et cela dure quelques jours.

Il est difficile d’évoquer la rue dans un contexte où celle-ci peut être située dans l’une des villes les plus bouillonnantes du monde, New York, ou au fin fond du Montana. Cela dit, les rues américaines ont une particularité commune pour celui qui vient de France, elles sont droites et facilement identifiables. Rien à voir avec nos serpentins charmants mais étroits du quartier du Marais à Paris ! On en est même très loin. Il est difficile d’être complètement perdu sur ce territoire, qui utilise majoritairement le tracé en quadrillage, y compris dans ses plus petites villes. C’est ainsi que l’on retrouve des rues qui parcourent des kilomètres et des kilomètres, un peu comme nos autoroutes.

Une autre particularité qui vaut partout aux États-Unis – sauf peut-être dans les quartiers de New York comme Manhattan, Brooklyn, ou dans le French Quarter de La Nouvelle Orléans, au cœur de San Francisco ou dans les petites villes anciennes – on ne marche pas vraiment dans les rues, on y conduit; justement parce que les espaces sont tels, que la voiture y est indispensable. Les stars de Berverly Hills à Los Angeles, que vous voyez dans les médias people sortir des magasins en talons aiguilles ou en baskets, ne se déplacent en réalité qu’en voiture. Les stars comme Monsieur et Madame Tout-le-monde ne font pas du lèche-vitrines tel que nous en avons l’habitude en Europe le long des rues des centres-villes. Les gens choisissent leurs « blocks », s’y rendent en voiture et éventuellement font du lèche-vitrines sur un à deux blocks, jamais plus.

Il y a, bien entendu, les transports en commun pour ceux qui ne peuvent s’offrir le luxe d’un engin à quatre roues, et généralement, les grandes villes sont plutôt bien loties en la matière. Bus, métros, tramways sillonnent les métropoles de long en large.

Enfin, une autre caractéristique propre aux États-Unis et qui peut surprendre quand on vient de France (surtout de Paris), c’est le fait que l’on vous propose de vous aider à trouver votre chemin. Ne soyez pas étonné, il n’est pas rare qu’un Américain, vous voyant avec votre carte de la région ou votre plan de la ville, vous propose spontanément de l’aide.

Les gens parlent aisément à ceux qu’ils croisent dans la rue, c’est assez naturel et normal en Amérique du Nord en général. Bon évidemment, cela risque moins d’arriver en plein cœur fourmillant de Manhattan où les gens sont constamment pressés, mais sait-on jamais… Disons que même s’il faut rester vigilant, personne ne vous veut du mal dans ce cas-là, alors inutile de se sentir agressé.

Certains vous raconteront même leur vie, puis sortiront de la vôtre aussi vite qu’ils y ont fait leur entrée. Cela fait partie de la culture très américaine de l’instantané. Ne soyez donc pas surpris qu’à peine sorti de l’aéroport, un voisin dans la queue pour un taxi, vous demande d’où vous venez et engage la discussion. C’est un fait assez naturel aux États-Unis et cela ne vous engage à rien. Ce n’est pas parce qu’il va discuter avec vous cinq minutes, voire même vous raconter des choses de sa vie (que nous, Français, considérerions intimes et ne raconterions qu’à nos meilleurs amis), que l’Américain vous invitera ensuite à déjeuner et que vous prolongerez cette relation. Certaines rencontres vous sembleront donc plus importantes qu’elles ne le sont en réalité.

Sachez encore qu’un Américain n’oublie pas ou rarement, donc si vous vous rappelez à son bon souvenir, il ne vous enverra pas sur les roses non plus. Surprenant : ils retiennent souvent le prénom. C’est bon à savoir pour ne pas se retrouver sans voix quand une personne, rencontrée une fois cinq minutes, revient vers vous avec un large sourire et votre prénom aux lèvres. Cette façon d’aborder l’autre est souvent perçue par les Français comme superficielle, alors qu’il s’agit en fait d’une autre manière d’entrer en matière, dont il suffit d’avoir conscience.

De même, si les barbecues du week-end entre amis sont un phénomène national, on ne passe pas chez un copain refaire le monde pour un oui ou pour un non. Les Américains se réunissent beaucoup à l’extérieur de chez eux, peu les uns chez les autres. Il faut dire que les espaces dédiés au « gathering » (pour se rassembler, se retrouver) ne manquent pas. Une mère de famille devant inviter une quinzaine d’enfants pour l’anniversaire de son petit dernier, ne les recevra que rarement chez elle. Elle organisera plutôt une fête dans un parc, pendant deux heures, le tout bien mentionné sur l’invitation, et voilà.

En outre, on n’ouvre pas les cadeaux devant les invités, mais chez soi et on note qui a offert quoi, afin de faire des cartes de remerciements personnalisées et en relation avec le cadeau offert.

Est-il pour autant difficile de se faire des amis américains lorsque l’on vient d’une culture européenne, a fortiori française ? Chacun devrait s’y retrouver, dans sa communauté de langue, professionnelle, sportive ou religieuse… Sachant que la communauté latine, qui ressemble probablement plus à notre manière de fonctionner, est assez nombreuse dans certains États, c’est aussi l’occasion de pratiquer son espagnol et de se faire des amitiés dans différentes langues. Mais comme partout, et surtout en vieillissant, les amis que l’on se fait sont en relation avec nos activités extérieures à la famille ou reliées à celle-ci : l’école, le sport, le travail, les activités de loisirs… À moins d’être un(e) célibataire qui sort facilement et va vers les autres, en règle générale, la société américaine vit par rapport à un système de communautés. C’est donc dans celles que vous fréquenterez que vous vous ferez vos amis.

ÉCONOMIE

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Impossible de parler des États-Unis sans parler d’économie. L’histoire du pays comme puissance économique et commerciale puise ses origines au moment de la période coloniale, lorsque les Européens commencent à s’installer en Amérique du Nord au XVIe siècle. Les États-Unis s’industrialisent rapidement grâce à une main-d’œuvre abondante, une immigration importante, et une mentalité capitaliste protégeant la liberté d’entreprendre. La constitution américaine de 1787 a fondé une nation et un marché unifié.

D’abord grand pays agricole, des progrès techniques se font dans ce domaine ou sont induits par lui. Par exemple l’égreneuse, qui augmenta la production déjà colossale de coton dans les États du Sud en utilisant la main-d’œuvre d’esclaves et qui reposait sur la domination de grands propriétaires terriens. Des terres fructueuses et fertiles qui attirent, par vagues, les migrants vers le Midwest, développant du même coup les systèmes et réseaux de transports.

Au XIXe siècle, l’industrialisation transforme les États-Unis en même temps que l’Europe. Mécanisation, productivité, innovations techniques, inventions… Le continent s’impose de plus en plus. En 1900, le téléphone inventé par l’Écossais naturalisé canadien, Alexander Graham Bell, est diffusé à un million d’exemplaires ! Les États-Unis sont aussi le premier producteur de charbon. Ils imposent, en outre, des droits de douanes faramineux et vivent dans un protectionnisme qui augmente d’autant la richesse du pays. Cet essor et cette manne incroyables engendrent la modernisation rapide des villes et l’urbanisation des populations.

Au milieu du XIXe siècle, pendant une dizaine d’années, plus de 300 000 aventuriers venus du monde entier se lancent à l’assaut de l’or, c’est la conquête de l’Ouest. Cette ruée vers le précieux métal bouleverse la carte de la Californie qui devient un État, développe son agriculture et ses moyens de transport, et voit de nombreuses villes pousser dans la pampa. Cette ruée vers l’or a aussi eu des conséquences sur l’économie mondiale : on estime à plusieurs milliards de dollars actuels les bénéfices générés par ce phénomène de conquête de l’époque.

Au XXe siècle, la Première Guerre mondiale implique un État plus interventionniste. L’État fédéral interfère en effet dans l’économie et remet ainsi en cause le capitalisme libéral. Cela n’empêchera cependant pas certains entrepreneurs de bâtir des fortunes et de construire des empires en participant à l’économie de guerre. Cette Grande Guerre renforce encore la puissance économique du pays (jusqu’en 1929) et fait entrer les Américains dans l’ère de la consommation.

La crise de 1929, connue aussi sous le nom de Grande Dépression, a un impact international. Le chômage s’envole : 13 millions de chômeurs en 1932, les manifestations de la faim se multiplient, de nombreux fermiers des grandes plaines ruinés prennent la route de l’Ouest. Malgré le chaos que le pays traverse, il reste la première économie mondiale à l’époque.

La Seconde Guerre mondiale consacre cette position de leader. Il s’agit cependant de reconvertir une économie de guerre en production de biens de consommation. Les États-Unis assurent très vite la moitié de la production planétaire ! Ils entrent dans l’ère des Trente Glorieuses avec une période de croissance ininterrompue jusqu’à l’arrivée dans la course du Japon qui, à la fin du XXe siècle, supplante ce pays-continent, indétrônable sur l’électronique.

En 2007, la crise des subprimes provoque une réaction en chaîne catastrophique qui plombe l’économie américaine, puis mondiale, fin 2008. Les États-Unis auront beaucoup de mal à s’en remettre, y compris dans les mentalités. Pour la première fois depuis bien longtemps, les Américains eux-mêmes ne pensent plus que leur pays soit celui où il fait le « meilleur vivre » sur le plan économique.

Aujourd’hui, pays leader en termes d’économie capitaliste, les États-Unis continuent à être particulièrement compétitifs et restent la première puissance économique avec 25 % du PIB mondial, même s’ils perdent du terrain face à la montée d’autres géants, notamment la Chine. S’ils se font rattraper depuis quelques années sur leur propre terrain, ils n’en restent pas moins un modèle de « business land » encore inégalé.

Au-delà d’une économie de marché agressive et compétitive, c’est aussi tout un système de pensée que les États-Unis ont déployé à travers le monde. Time is money et le billet vert restent les nerfs de la guerre économique. L’argent est omniprésent et le consumérisme à outrance encore bien vivant. Il suffit pour cela de constater l’affluence dans les malls, ces grandes galeries commerciales, qui ont souvent dépeuplé ce que nous appellerions, nous, les centres-villes. Une réalité qui a désormais aussi cours dans bien d’autres pays du globe.

Cela dit, ces dernières années, et on le constate dans les grandes métropoles et encore plus chez les champions en la matière, comme la Californie, certaines réflexions sur l’environnement et le consumérisme destructeur ont fait leur chemin et proposent des alternatives. Un courant d’autant plus fort qu’après la crise de 2008, des millions de gens se sont trouvés mis à la porte de leur propre logement. Tout un monde de la débrouille, de l’entraide, du vivre autrement, du recyclage… s’est mis en branle. S’il n’en est qu’à ses balbutiements à l’échelle nationale, il est cependant bien ancré dans une certaine catégorie de la population américaine et devient aussi le credo de toute une génération, celle des jeunes entrepreneurs.

Ainsi, les États-Unis présentent un double visage : celui d’un pays aux multinationales monstrueuses qui continuent de se développer, avec parfois, au cœur de celles-ci, des initiatives démontrant qu’elles ont pris la température de ces soubresauts de conscience, pendant que d’autres restent dans le déni. Et l’autre visage, celui où naissent des petites et plus grandes start-up à foison. Elles s’appuient sur le constat que nous sommes dans un monde en pleine mutation, et surfent sur cette opportunité. Les réseaux sociaux en sont le produit-type avec le succès qu’on leur connaît ! L’explosion du Web et du high-tech a d’ailleurs une belle part de responsabilité dans la compétitivité des États-Unis à l’échelle mondiale. La Californie qui abrite la Silicon Valley serait, si elle était un État indépendant, le 8e État le plus riche au monde. Il n’est pas étonnant que le pays attire toujours autant de jeunes cerveaux brillants, venus des quatre coins de la planète.

Les États-Unis sont par ailleurs un pays très riche en termes de ressources naturelles. Cette richesse constitue la base de leur puissance. La surface agricole y est très étendue. La moitié de la superficie du pays est cultivable, les sols y sont, d’une manière générale, riches et fertiles. Il bénéficie aussi de 300 millions d’hectares de forêts aux essences variées.

Quant à sa position géographique stratégique lui confèrant différentes façades maritimes, elle lui a permis de développer la pêche, une logistique efficace mais aussi des transports colossaux. Ainsi, ses plus grands ports de conteneurs, par ordre d’importance, sont situés à Los Angeles, Long Beach, New York, Savannah, Oakland, Houston, pour ne citer que les six premiers. Côte pacifique, côte atlantique et golfe du Mexique sont tous des points d’entrée et de sortie stratégiques pour l’économie du pays.

Même celui qui ne connaît pas le pays ou s’en est toujours désintéressé, ne peut avoir échappé au fait que les États-Unis et le pétrole, c’est une histoire « d’amour » depuis plusieurs décennies. « Dallas, ton univers impitoyable ! »

Le territoire américain regorge de ressources énergétiques et minières. Première puissance énergétique au monde, avec un quart des réserves mondiales de charbon, 5 % des réserves de pétrole, les États-Unis ont une production énergétique principalement située dans le centre du pays. Ils sont également le premier producteur d’énergie géothermique, dont la fabrication est pour l’instant concentrée autour du parc de Yellowstone, au Nouveau Mexique et en Californie. En outre, l’année 2013 a été marquée par l’exploitation grandissante du gaz de schiste, générant une polémique qui enfle dans le pays, entre les pros et les antis; les pros évoquant une véritable manne pour faire face aux besoins en énergie, les antis, les risques de tremblements de terre dus à l’extraction et autres dégâts causés à l’environnement.

Les grands axes économiques se situent pour la plupart au bord des océans et de ses ports gigantesques. Ainsi, pour la Côte Est : New York, la capitale administrative Washington, Baltimore. Savahna pour la partie sud-est, reliée à Atlanta. Au nord, Chicago fait figure de leader, Detroit s’étant délité en même temps que l’industrie automobile très implantée dans la région. Les villes jumelles Minneapolis et Saint-Paul sont également stratégiques. Sur la côte ouest, le port d’Oakland et celui de Los Angeles donnent à la Californie des points d’accès vers l’extérieur et la vivacité économique qui va avec. Pour le sud, c’est le Texas avec Houston qui joue le rôle de leader, puis Miami qui ne cesse de se développer. Enfin, à l’intérieur, il faut évoquer l’Utah qui est un État extrêmement riche de compagnies dotées d’un vrai leadership tant sur le plan national qu’international, notamment dans les services. Il suffit de voir les grands noms implantés à Salt Lake City surnommé « le carrefour de l’Occident » : on y trouve les yaourts Danone, ici nommés Dannon, Sysco, Delta Airlines, ainsi que bon nombre de centres d’appel pour l’accent, car il est doux et compris de l’ensemble de la population. L’État mormon se porte bien, très bien même, et attire de plus en plus d’habitants.

LES MORMONS

L’Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours, connue aussi comme les Mormons, est une église chrétienne restaurationniste née dans l’État de New York, dans la première partie du XIXe siècle. Son siège se trouve dans l’Utah à Salt Lake City. Il s’agit de la quatrième confession chrétienne des États-Unis. Elle se considère comme étant une « religion révélée », au même titre que le judaïsme, l’islam et le christianisme.

Les saints des derniers jours affirment que « Jésus-Christ est le Créateur, le Sauveur et le Dieu de toute la Terre, qu’il reviendra avec puissance et gloire régner sur la Terre et qu’au dernier jour il jugera toute l’humanité. (…) Toutes les prières, bénédictions et le sacrement de la prêtrise doivent se faire en son nom. » La dénomination de « Mormon » a pour origine le Livre de Mormon dans lequel le nom d’un prophète apparaît, prophète qui aurait vécu sur le continent américain.

MÉTÉO

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La météo peut être extrêmement capricieuse, comme nous le lisons à longueur d’années dans les journaux, ou le voyons sur les images qui défilent sur nos écrans de télévision : tempêtes de neige, ouragans, cyclones, inondations, sécheresses… Les États-Unis sont rarement épargnés par ces catastrophes naturelles. Pas une année ne se passe sans son lot de tragédies dues aux intempéries. Il faut dire qu’il y a autant de variantes climatiques que le territoire est vaste.

Il y a donc des régions aux quatre saisons très marquées, et parfois jusqu’à l’extrême, comme à New York, Chicago où les étés sont très chauds et les hivers bien blancs de neige. Chicago parce qu’elle est continentale, New York parce qu’elle se situe entre les remontées du Gulf Stream et l’influence du courant froid du Labrador. Au sud du New Jersey, la Côte Est bénéficie néanmoins de l’air chaud du Gulf Stream et le climat y est assez tropical.

Dans l’intérieur du pays, les grandes plaines ont un climat continental marqué. Le sud est quant à lui soit très aride, l’Arizona par exemple, soit très humide comme la Floride et la Louisiane qui connaissent de fortes pluies en été. La Californie bénéficie d’un climat plus constant, allant de 10 à 30°C, plus chaud à Los Angeles qu’à San Francisco.

Climat constant plutôt sur les côtes, car à l’intérieur des terres cela devient très vite désertique et aride. Pour le constater, il suffit d’aller dans la Vallée de la Mort, à Palm Spring ou de s’enfoncer dans le désert du Nevada. L’Oregon et Washington sont des États très verts, où il ne fait pas extrêmement froid, mais en revanche, il y pleut énormément.

Même au sein d’une même métropole les écarts de température peuvent être surprenants. Par exemple à San Francisco en été, il peut faire 18°C dans la ville et 28°C à Berkeley (situé à l’est), 32°C dans la Silicon Valley (au sud) ou encore 40°C au pays du vin, à Napa. Cela est dû à la position même de la ville, située en plein courants d’air froids venus d’Alaska, et chauds venus de l’intérieur des terres. D’où son célèbre fog, ce brouillard qui se forme pendant les trois mois d’été sur la ville et au-dessus du Golden Gate Bridge. Il est provoqué par la descente d’air froid qui rencontre l’air chaud, donnant de magnifiques opportunités photographiques, bien que ce ne soit pas les trois mois préférés des citadins. Dès que le nuage tombe sur la ville, il y fait frais et venteux et l’on comprend alors le surnom de « windy city » donné à San Francisco.

HISTOIRE

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Les États-Unis, tels qu’on les connaît à ce jour, sont jeunes. Un pays adolescent. Cela explique peut-être sa capacité à se relever de traumatismes plus vite que le Vieux Continent.

La plupart des historiens s’accordent sur le fait que l’Amérique est habitée depuis 30 000 ans. Leurs interrogations et désaccords portent davantage sur la provenance des premiers habitants, Amérique du Sud ? Sibérie ? L’Amérique a évidemment eu une Histoire avant l’arrivée de Christophe Colomb sur ses côtes en 1492. Cette période est baptisée « précolombienne ». À la moitié du XVe siècle, le sol américain comptait déjà 7 à 8 millions d’habitants : les natifs américains.

La triste suite de l’histoire, on la connaît : la conquête et les génocides qu’elle a entraînés, un peuple natif divisé en de nombreuses tribus. Ce peuple a mis du temps à faire reconnaître par les autorités américaines le massacre dont il avait été victime. S’il est aujourd’hui reconnu, les difficultés restent réelles pour un peuple natif qui s’est vu tout perdre, et a dû s’adapter aux bouleversements imposés par le « peuple blanc ». À ce jour, la cohabitation est encore maladroite.

La découverte du territoire s’est faite différemment selon les immigrants. Aux Espagnols, la Floride et le golfe du Mexique. Puis, à la fin du XVIe siècle, le Nouveau Mexique, l’Arizona et le Californie. Aux Hollandais et aux Anglais, non sans quelques frictions, la Côte Est, les Suédois se concentrant dans le Delaware. Quant aux Français, ils quittent assez vite la Côte Est pour le nord – le Québec – puis les Grands Lacs et le Mississippi, ce qui donnera la Louisiane.

Le XVIIIe siècle voit l’expansion des colonies britanniques à travers le territoire, au détriment des autres colonies, et notamment de la France qui perd la plupart de ses possessions sur le Nouveau Continent.

Après les nombreuses batailles, la Révolution américaine, et la Déclaration d’Indépendance signée en 1783 lors du Traité de Paris – Georges Washington s’étant tourné vers la France pour le soutenir face aux Anglais – vient le temps de la conquête de l’Ouest. Des images avec lesquelles nous avons tous grandi grâce à leur propagation par le cinéma américain et l’influence du genre Western, dont on connaît aujourd’hui toute la volonté propagandiste peu reluisante. Les grands espaces font cependant indéniablement partie de notre imaginaire sur les États-Unis. Si je dis « Petite maison dans la prairie » ou « Dr Queen, femme médecin », ça parle encore à une bonne majorité d’entre nous. Peut-être plus pour longtemps…

Avec la conquête de l’Ouest, ce sont aussi les débuts du rail et l’ère industrielle qui s’ouvre. Cette industrialisation va provoquer de grosses dissensions économiques entre les colonies du nord et celles du sud. L’Union (au nord) entre alors à pleine vitesse dans cette nouvelle ère, tandis que le sud reste avant tout agricole et esclavagiste. Très vite, les esprits s’échauffent, et certains États décident, à l’élection d’Abraham Lincoln, de constituer un nouvel État indépendant appelé les États confédérés. La Guerre de Sécession commence. Elle durera quatre ans, de 1861 à 1865. Les bleus du Nord l’emportent sur les gris du Sud. Même si l’esclavage est aboli, la route sera encore longue et truffée d’atrocités pour les Noirs des États sudistes.

En 1869, Omaha relie San Francisco, une date clé dans la Conquête de l’Ouest, avec cette première voie ferrée transcontinentale (du Nebraska, au centre du territoire, jusqu’à la côte ouest) qui fera des petits à travers le pays. C’est ainsi qu’en 1890, la fin du front de colonisation ou « Frontier » est proclamée.

Les mutations économiques générées par le rail, on les connaît : l’industrialisation est la même qu’en France. La production est multipliée par onze entre 1860 et 1890. Voilà qui suscite les convoitises et fait venir de nouvelles vagues d’immigrants via Elis Island, la porte d’entrée des États-Unis d’Amérique à New York. Ainsi naît le mythe du « self-made-man », et avec lui le rêve américain, qui veut que tout homme ayant suffisamment de volonté et de force de travail, puisse y faire sa vie et la réussir.

Un pays en telle expansion, si vaste et peuplé de pionniers, deviendra à l’évidence un acteur d’influence à travers le monde tout au long du XXe