Psychopathia Sexualis - avec recherches spéciales sur l'inversion sexuelle - Ebing - E-Book

Psychopathia Sexualis - avec recherches spéciales sur l'inversion sexuelle E-Book

Ebing

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Beschreibung

Peu de personnes se rendent un compte exact de la puissante influence que la vie sexuelle exerce sur les sentiments, les pensées et les actes de la vie intellectuelle et sociale. Schiller, dans sa poésie: Les Sages, reconnaît ce fait et dit: «Pendant que la philosophie soutient l'édifice du monde, la faim et l'amour en forment les rouages.» Il est cependant bien surprenant que les philosophes n'aient prêté qu'une attention toute secondaire à la vie sexuelle. Schopenhauer, dans son ouvrage: Le monde comme volonté et imagination1, trouve très étrange ce fait que l'amour n'ait servi jusqu'ici de thème qu'aux poètes et ait été dédaigné par les philosophes, si l'on excepte toutefois quelques études superficielles de Platon, Rousseau et Kant.

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Table of Contents

 

 

 

PRÉFACE

ÉTUDE MÉDICO-LÉGALE - INVERSION SEXUELLE. FRAGMENTS D'UNE PSYCHOLOGIE DE LA VIE SEXUELLE

FAITS PHYSIOLOGIQUES

LA COHABITATION21

NEURO-PSYCHOPATHOLOGIE GÉNÉRALE

I.—NÉVROSES PÉRIPHÉRIQUES

1º SENSITIVES

2º SÉCRÉTOIRES

3º MOTRICES

II.—NÉVROSES SPINALES

1º AFFECTIONS DU CENTRE D'ÉRECTION

2º AFFECTIONS DU CENTRE D'ÉJACULATION

III.—NÉVROSES CÉRÉBRALES

A.—PARADOXIE.—INSTINCT SEXUEL EN DEHORS DE LAPÉRIODE DES PROCESSUS ANATOMICO-PHYSIOLOGIQUES

B.—ANESTHÉSIE (MANQUE DE PENCHANT SEXUEL)

C.—HYPERESTHÉSIE (EXALTATION MORBIDE DE L'INSTINCTSEXUEL)

D.—PARESTHÉSIE DU SENS SEXUEL (PERVERSIONSEXUELLE)

I.—AFFECTION SEXUELLE POUR DES PERSONNES DE L'AUTRE SEXE AVEC MANIFESTATION PERVERSE DE L'INSTINCT.

A.—RAPPORTS ENTRE LA CRUAUTÉ ACTIVE, LA VIOLENCE ETLA VOLUPTÉ.—SADISME27

A.—ASSASSINAT PAR VOLUPTÉ36(VOLUPTÉ ETCRUAUTÉ, AMOUR DU MEURTRE POUSSÉ JUSQU'ÀL'ANTHROPOPHAGIE)

B.—NÉCROPHILES

C.—MAUVAIS TRAITEMENTS INFLIGÉS À DES FEMMES(PIQÛRES, FLAGELLATIONS, ETC.)

D.—PENCHANT À SOUILLER LES FEMMES

E.—AUTRES ACTES DE VIOLENCE SUR DES FEMMES. SADISMESYMBOLIQUE

F.—SADISME PORTANT SUR DES OBJETS QUELCONQUES.FOUETTEURSDE GARCONS

G.—ACTES SADIQUES SUR DES ANIMAUX

SADISME CHEZ LA FEMME

MASOCHISME47OU EMPLOI DE LA CRUAUTÉ ET DE LA VIOLENCE SUR SOI-MÊME POUR PROVOQUER LA VOLUPTÉ.

A.—RECHERCHE DES MAUVAIS TRAITEMENTS ET DES HUMILIATIONSDANSUN BUT DE SATISFACTION SEXUELLE

B.—FÉTICHISME DU PIED ET DES CHAUSSURES. MASOCHISMELARVÉ

C.—ACTES MALPROPRES COMMIS DANS LE BUT DE S'HUMILIER ETDE SE PROCURER UNE SATISFACTION SEXUELLE.—MASOCHISMELARVÉ

D.—LE MASOCHISME CHEZ LA FEMME

ESSAI D'EXPLICATION DU MASOCHISME

MASOCHISME ET SADISME

3.—ASSOCIATION DEL'IMAGE DE CERTAINES PARTIES DU CORPS OUDU VÊTEMENT FÉMININ AVEC LAVOLUPTÉ.—FÉTICHISME

A.—LE FÉTICHE EST UNE PARTIE DU CORPS DE LAFEMME

B.—LE FÉTICHE EST UNE PARTIE DU VÊTEMENTFÉMININ

C.—LE FÉTICHE EST UNE ÉTOFFE

II.—SENS SEXUEL FAIBLE OU NUL POUR L'AUTRE SEXE ET REMPLACÉ PAR UN PENCHANT SEXUEL POUR LE MÊME SEXE (SENS HOMOSEXUEL OU INVERTI).

A.—LE SENS HOMOSEXUEL COMME PERVERSION ACQUISE.

Premier degré: Inversion simple du sens sexuel.

Deuxième degré: Eviratio et defeminatio.

Troisième degré. Transition vers la metamorphosissexualis paranoïca.

Quatrième degré. Métamorphose sexuelleparanoïque.

B.—LE SENS HOMOSEXUEL COMME PHÉNOMÈNE MORBIDEET CONGÉNITAL84.

1. HERMAPHRODISME PSYCHIQUE92.

2. HOMOSEXUELS OU URANISTES.

3. EFFÉMINATION ET VIRAGINITÉ.

4. ANDROGYNIE ET GYNANDRIE.

DIAGNOSTIC, PRONOSTIC ET TRAITEMENT DE L'INVERSION SEXUELLE

PATHOLOGIE SPÉCIALE

ENTRAVES PSYCHIQUES AU DÉVELOPPEMENT

DÉBILITÉ MENTALE ACQUISE

1.—DÉBILITÉ MENTALE (IDIOTIE) CONSÉCUTIVEAUX PSYCHOSES.

2.—IDIOTIE CONSÉCUTIVE À L'APOPLEXIE.

3.—IDIOTIE CONSÉCUTIVE À DES LÉSIONS DE LATÊTE.

4.—IDIOTIE ACQUISE, PROBABLEMENT PAR LUES.

5.—DEMENTIA PARALYTICA.

ÉPILEPSIE

FOLIE PÉRIODIQUE

MANIE

SATYRIASIS ET NYMPHOMANIE

MÉLANCOLIE

HYSTÉRIE

PARANOIA

LA VIE SEXUELLE MORBIDE DEVANT LES TRIBUNAUX104

1. OUTRAGES AUX MŒURS PAR EXHIBITIONNISME

2. VIOL ET ASSASSINAT PAR VOLUPTÉ.

3. COUPS ET BLESSURES, DÉTÉRIORATION D'OBJETS, MAUVAIS TRAITEMENTS SUR DES ANIMAUX, PAR SUITE DE SADISME.

4. MASOCHISME ET SERVITUDE SEXUELLE.

5. COUPS ET BLESSURES, VOL À MAIN ARMÉE, VOL PAR FÉTICHISME.

6. DÉBAUCHE AVEC DES INDIVIDUS AU-DESSOUS DE QUATORZE ANS. OUTRAGES (AUTRICHE).

7. IMMORALITÉ CONTRE NATURE (SODOMIE119).

8. ACTES D'IMPUDICITÉ AVEC DES PERSONNES DU MÊME SEXE (Pédérastie,Sodomia sensu strictiori).

LA PÉDÉRASTIE ACQUISE ET NON MORBIDE122.

AMOR LESBICUS125.

9.—NÉCROPHILIE

10.—INCESTE.

11.—ACTES IMMORAUX COMMIS AVEC DES PUPILLES.—SÉDUCTION

TABLE DES MATIÈRES

 

Psychopathia Sexualis

avec recherches spéciales sur l'inversion sexuelle

 

R. von Krafft-Ebing

 

 

 

 

 

2018- Anna Ruggieri

PRÉFACE

Peu de personnes se rendent un compte exact de la puissante influence que la vie sexuelle exerce sur les sentiments, les pensées et les actes de la vie intellectuelle et sociale.

Schiller, dans sa poésie:Les Sages, reconnaît ce fait et dit: «Pendant que la philosophie soutient l'édifice du monde, la faim et l'amour en forment les rouages.»

Il est cependant bien surprenant que les philosophes n'aient prêté qu'une attention toute secondaire à la vie sexuelle.

Schopenhauer, dans son ouvrage:Le monde comme volonté et imagination1, trouve très étrange ce fait que l'amour n'ait servi jusqu'ici de thème qu'aux poètes et ait été dédaigné par les philosophes, si l'on excepte toutefois quelques études superficielles de Platon, Rousseau et Kant.

Note 1:(retour)

T. II, p. 586 et suiv.

Ce que Schopenhauer et, après lui, Hartmann, le philosophe de l'Inconscient, disent de l'amour, est tellement erroné, les conclusions qu'ils tirentsont si peu sérieuses que, en faisant abstraction des ouvrages de Michelet2et de Mantegazza3, qui sont des causeries spirituelles plutôt que des recherches scientifiques, on peut considérer la psychologie expérimentale et la métaphysique de la vie sexuelle comme un terrain qui n'a pas encore été exploré par la science.

Note 2:(retour)

L'Amour.

Note 3:(retour)

Physiologie de l'amour.

Pour le moment, on pourrait admettre que les poètes sont meilleurs psychologues que les philosophes et les psychologues de métier; mais ils sont gens de sentiment et non pas de raisonnement; du moins, on pourrait leur reprocher de ne voir qu'un côté de leur objet. À force de ne contempler que la lumière et les chauds rayons de l'objet dont ils se nourrissent, ils ne distinguent plus les parties ombrées. Les productions de l'art poétique de tous les pays et de toutes les époques peuvent fournir une matière inépuisable à qui voudrait écrire une monographie de la psychologie de l'amour, mais le grand problème ne saurait être résolu qu'à l'aide des sciences naturelles et particulièrement de la médecine qui étudie la question psychologique à sa source anatomique et physiologique et l'envisage à tous les points de vue.

Peut-être la science exacte réussira-t-elle à trouver le terme moyen entre la conception désespérante des philosophes tels que Schopenhauer et Hartmann4et la conception naïve et sereine des poètes.

Note 4:(retour)

Voici l'opinion philosophique de Hartmann sur l'amour: «L'amour, dit-il dans son volumeLa Philosophiede l'Inconscient(Berlin, 1869, p. 583), nous cause plus de douleurs que de plaisirs. La jouissance n'en est qu'illusoire. La raison nous ordonnerait d'éviter l'amour, si nous n'étions pas poussés par notre fatal instinct sexuel. Le meilleur parti à prendre serait donc de se faire châtrer.» La même opinion, moins la conclusion, se trouve aussi exprimée dans l'ouvrage de Schopenhauer:Le Monde comme Volonté et Imagination, t. II, p. 586.

L'auteur n'a nullement l'intention d'apporter des matériaux pour éleverl'édifice d'une psychologie de la vie sexuelle, bien que la psycho-pathologie puisse à la vérité être une source de renseignements importants pour la psychologie.

Le but de ce traité est de faire connaître les symptômes psycho-pathologiques de la vie sexuelle, de les ramener à leur origine et de déduire les lois de leur développement et de leurs causes. Cette tâche est bien difficile et, malgré ma longue expérience d'aliéniste et de médecin légiste, je comprends que je ne pourrai donner qu'un travail incomplet.

Cette question a une haute importance: elle est d'utilité publique et intéresse particulièrement la magistrature. Il est donc nécessaire de la soumettre à un examen scientifique.

Seul le médecin légiste qui a été souvent appelé à donner son avis surdes êtres humains dont la vie, la liberté et l'honneur étaient en jeu, et qui, dans ces circonstances, a dû, avec un vif regret, se rendre compte de l'insuffisance de nos connaissances pathologiques, pourraapprécier le mérite et l'importance d'un essai dont le but est simplement de servir de guide pour les cas incertains.

Chaque fois qu'il s'agit de délits sexuels, on se trouve en présence des opinions les plus erronées et l'on prononce des verdicts déplorables; les lois pénales et l'opinion publique elles-mêmes portent l'empreinte de ces erreurs.

Quand on fait de la psycho-pathologie de la vie sexuelle l'objet d'une étude scientifique, on se trouve en présence d'un des côtés sombres de la vie et de la misère humaine; et, dans ces ténèbres, l'image divine créée par l'imagination des poètes, se change en un horrible masque. À cette vue on serait tenté de désespérer de la moralité et de la beauté de la créature faite «à l'image de Dieu».

C'est là le triste privilège de la médecine et surtout de la psychiatried'être obligée de ne voir que le revers de la vie: la faiblesse et la misère humaines.

Dans sa lourde tâche elle trouve cependant une consolation: elle montre que des dispositions maladives ont donné naissance à tous les faits qui pourraient offenser le sens moral et esthétique; et il y a là de quoi rassurer les moralistes. De plus, elle sauve l'honneur de l'humanité devant le jugement de la morale et l'honneur des individus traduits devant la justice et l'opinion publique. Enfin, en s'adonnant à ces recherches, elle n'accomplit qu'un devoir: rechercher la vérité, but suprême de toutes les sciences humaines.

L'auteur se rallie entièrement aux paroles de Tardieu (Des attentats aux mœurs): «Aucune misère physique ou morale, aucune plaie, quelque corrompue qu'elle soit, ne doit effrayer celui qui s'est voué à la science de l'homme, et le ministère sacré du médecin, en l'obligeant à tout voir, lui permet aussi de tout dire.»

Les pages qui vont suivre, s'adressent aux hommes qui tiennent à faire des études approfondies sur les sciences naturelles ou la jurisprudence. Afin de ne pas inciter les profanes à la lecture de cet ouvrage, l'auteur lui a donné un titre compréhensible seulement des savants, et il a cru devoir se servir autant que possible de termes techniques. En outre, il a trouvé bon de n'exprimer qu'en latin certains passages qui auraient été trop choquants si on les avait écrits en langue vulgaire.

Puisse cet essai éclairer le médecin et les hommes de loi sur une fonction importante de la vie. Puisse-t-iltrouver un accueil bienveillant et combler une lacune dans la littérature scientifique où, sauf quelques articles et quelques discussions casuistiques, on ne possède jusqu'ici que les ouvrages incomplets de Moreau et de Tarnowsky.

ÉTUDE MÉDICO-LÉGALE - INVERSION SEXUELLE. FRAGMENTS D'UNE PSYCHOLOGIE DE LA VIE SEXUELLE

L'instinct sexuel comme base des sentiments éthiques.—L'amour comme passion.—La vie sexuelle aux diverses époques de la civilisation.—La pudeur.—Le Christianisme.—La monogamie.—La situation de la femme dans l'Islam.—Sensualité et moralité.—La vie sexuelle se moralise avec les progrès de la civilisation.—Périodes de décadence morale dans la vie des peuples.—Le développement des sentiments sexuels chez l'individu.—La puberté.—Sensualité et extase religieuse.—Rapports entre la vie sexuelle et la vie religieuse.—La sensualité et l'art.—Caractère idéaliste du premier amour.—Le véritable amour.—La sentimentalité.—L'amour platonique.—L'amour et l'amitié.—Différence entre l'amourde l'homme et celui de la femme.—Célibat.—Adultère.—Mariage.—Coquetterie.—Le fétichisme physiologique.—Fétichisme religieux et érotique.—Les cheveux, les mains, les pieds de la femme comme fétiches.—L'œil, les odeurs, la voix, les caractères psychiques comme fétiches.

La perpétuité de la race humaine ne dépend ni du hasard ni du caprice des individus: elle est garantie par un instinct naturel tout-puissant, qui demande impérieusement à être satisfait. La satisfaction de ce besoin naturel ne procure pas seulement une jouissance des sens et une source de bien-être physique, mais aussi une satisfaction plus élevée: celle de perpétuer notre existence passagère en léguant nos qualités physiques et intellectuelles à de nouveaux êtres. Avec l'amour physiologique, dans cette poussée de volupté à assouvir son instinct, l'homme est au même niveau que la bête; mais il peut s'élever à un degré où l'instinct naturel ne fait plus de lui un esclave sans volonté, où les passions, malgré leur origine sensuelle, font naître enlui des sentiments plus élevés et plus nobles, et lui ouvrent un monde de sublime beauté morale.

C'est ainsi qu'il peut se placer au-dessus de l'instinct aveugle et trouver dans la source inépuisable de ses sens un objet de stimulation pour un plaisir plus noble, un mobile qui le pousse au travail sérieux et à la lutte pour l'idéal. Aussi Maudsley5a très justement remarqué que le sentiment sexuel est la base du développement des sentiments sociaux. «Si on ôtait à l'homme l'instinct de la procréation et detout ce qui en résulte intellectuellement, on arracherait de son existence toute poésie et peut-être toute idée morale.»

Note 5:(retour)

Deutsche Klinik, 1873, 2, 3.

En tout cas la vie sexuelle est le facteur le plus puissant de l'existence individuelleet sociale, l'impulsion la plus forte pour le déploiement des forces, l'acquisition de la propriété, la fondation d'un foyer, l'inspiration des sentiments altruistes qui se manifestent d'abord pour une personne de l'autre sexe, ensuite pour les enfants etqui enfin s'étendent à toute la société humaine. Ainsi toute l'éthique et peut-être en grande partie l'esthétique et la religion sont la résultante du sens sexuel.

Mais, si la vie sexuelle peut devenir la source des plus grandes vertus et de l'abnégationcomplète, sa toute-puissance offre aussi le danger de la faire dégénérer en passion puissante et de donner naissance aux plus grands vices.

L'amour, en tant que passion déchaînée, ressemble à un volcan qui brûle tout et consomme tout; c'est un gouffre quiensevelit l'honneur, la fortune et la santé.

Au point de vue de la psychologie, il est fort intéressant de suivre toutes les phases du développement que la vie sexuelle a traversées aux diverses époques de la civilisation jusqu'à l'heure actuelle6. À l'état primitif, la satisfaction des besoins sexuels est la même pour l'homme et pour les animaux. L'acte sexuel ne se dérobe pas au public; ni l'homme ni la femme ne se gênent pour aller tout nus7.

Note 6:(retour)

Voy. Lombroso:L'Homme criminel.

Note 7:(retour)

Voy. Ploss:Das Weib., 1884, p. 196 et suiv.

On peut constater encore aujourd'hui cet état primitif chez beaucoup de peuples sauvages tels que les Australiens, les Polynésiens et les Malais des Philippines.

La femme est le bien commun des hommes,la proie temporaire du plus fort, du plus puissant. Celui-ci recherche les plus beaux individus de l'autre sexe et par là il fait instinctivement une sorte de sélection de la race.

La femme est une propriété mobilière, une marchandise, objet de vente, d'échange, de don, tantôt instrument de plaisir, tantôt instrument de travail.

Le relèvement moral de la vie sexuelle commence aussitôt que la pudeur entre dans les mœurs, que la manifestation et l'accomplissement de la sexualité se cachent devant la société,et qu'il y a plus de retenue dans les rapports entre les deux sexes. C'est de là qu'est venue l'habitude de se couvrir les parties génitales—«ils se sont aperçu qu'ils étaient nus»—et de faire en secret l'acte sexuel.

La marche vers ce degré de civilisation a été favorisée par le froid du climat qui fait naître le besoin de se couvrir le corps. Ce qui explique en partie ce fait, résultant des recherches anthropologiques, que la pudeur s'est manifestée plus tôt chez les peuples du Nord que chez les Méridionaux8.

Note 8:(retour)

Voy. l'ouvrage si intéressant et si riche en documents anthropologiques de Westermark:The history of human mariage. «Ce n'est pas, dit Westermark, le sentiment de la pudeur qui a fait naître l'habitude de se couvrir le corps, maisc'est le vêtement qui a produit le sentiment de la pudeur.» L'habitude de se couvrir les parties génitales est due au désir qu'ont les femmes et les hommes de se rendre mutuellement plus attrayants.

Un autre résultat du développement psychique de la vie sexuelle, c'est que la femme cesse d'être une propriété mobilière. Elle devient une personne, et, bien que pendant longtemps encore sa position sociale soit de beaucoup inférieure à celle de l'homme, l'idée que la femme a le droit de disposer de sa personneet de ses faveurs, commence à être adoptée et gagne sans cesse du terrain.

Alors la femme devient l'objet des sollicitations de l'homme. Au sentiment brutal du besoin sexuel se joignent déjà des sentiments éthiques. L'instinct se spiritualise, s'idéalise.La communauté des femmes cesse d'exister. Les individus des deux sexes se sentent attirés l'un vers l'autre par des qualités physiques et intellectuelles, et seuls deux individus sympathiques s'accordent mutuellement leurs faveurs. Arrivée à ce degré, la femme sent que ses charmes ne doivent appartenir qu'à l'homme qu'elle aime; elle a donc tout intérêt à les cacher aux autres. Ainsi, avec la pudeur apparaissent les premiers principes de la chasteté et de la fidélité conjugale, pendant la durée du pacte d'amour.

Lesen Sie weiter in der vollständigen Ausgabe!

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