Sous le ciel de Paris - Eugène Atget - E-Book

Sous le ciel de Paris E-Book

EUGENE ATGET

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Beschreibung

À travers l’objectif d’Eugène Atget, Sous le ciel de Paris nous dévoile une ville oubliée, silencieuse et poétique. Ce livre rassemble une sélection précieuse de photographies de Paris prises entre la fin du XIXe et le début du XXe siècle — ruelles désertes, vitrines d’un autre temps, façades marquées par l’histoire. Chaque image est accompagnée de textes délicats qui invitent à la contemplation et à la redécouverte de la capitale française dans sa vérité la plus nue. Un hommage visuel et littéraire à une ville éternelle, figée dans la lumière fragile de l’aube parisienne.

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Veröffentlichungsjahr: 2025

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Table of Contents

Eugène Atget, photographe de Paris

Regards sur Atget – Témoignages d’une reconnaissance

SOUS LE CIEL DE PARIS

Fragments d’unParis disparu

Eugène Atget

Sous le Ciel

de Paris

Fragments d’un

Paris disparu

Photos 1887-1913

Nazzareno Luigi Todarello

LATORRE PRESS

SOUS LE CIEL DE PARIS: Fragments d’un Paris disparu Photos 1887-1913EUGÈNE ATGET

Première édition Latorre Press, 2025

Copyright © 2025 de LATORRE PRESSTous droits réservés. Aucune partie de cet ouvrage ne peut être reproduite, enregistrée dans un système d’archivage ou de récupération de données, ni transmise, sous quelque forme ou par quelque procédé que ce soit, sans l’autorisation écrite préalable de l’éditeur, à l’exception de brèves citations dans des comptes rendus ou des critiques

Conception de la couverture : Nazzareno Luigi TodarelloMise en page : Latorre PressÉditeur : Latorre Editore, Viale della Rimembranza 23/215067 Novi Ligure (AL), Italiewww.latorre-editore.it

www.latorrepress.com

ISBN (broché) : 9791281024922

Eugène Atget, photographe de Paris

Arrivé à Paris à l’âge de quarante ans, Eugène Atget s’est consacré à la photographie après quelques années et a constitué une magnifique série d’images du Paris en voie de disparition. Des images pleines de poésie et de nostalgie. Il fallait un provincial pour ressentir la poésie de cette ville en pleine transformation. Une poésie en noir et blanc. Un acte d’amour désespéré. Un chant ultime. Réalisé par quelqu’un qui ne se considérait pas comme un artiste et prenait des photos dans une pure intention documentaire.

Eugène Atget pratiquait la technique du dry-plate, « plaque sèche », tout juste introduite, qui permettait au photographe de préparer à l’avance des plaques de verre enduites de gélatine au bromure d’argent, de les laisser sécher et de les conserver jusqu’au moment de la prise de vue, pour ensuite les développer à son aise. Auparavant, la plaque humide imposait une préparation juste avant la prise et un développement immédiat après. Au contraire, Atget pouvait déambuler dans les rues de Paris avec son appareil à soufflet et son lot de plaques sèches, en attendant la lumière qu’il désirait pour prendre ses photos. La lumière d’Atget, fruit d’une technique et d’un esprit. Autrement dit, de l’art. Comme l’invention de la peinture à l’huile par les Flamands avait apporté, au XVe siècle, une nouvelle lumière dans les tableaux, la technique de la plaque sèche permettait désormais à Atget de chercher sa propre lumière. On possède environ dix mille plaques de lui, qui lui ont permis une vie misérable, et qui sont aujourd’hui conservées dans les musées.

Les photos d’Eugène Atget sont le fruit d’un regard passionné. Les cadrages ne sont jamais évidents. Son regard se faufile dans les carrefours, dans les perspectives de rues, il est attiré par les proportions différentes. Il aime les murs, qui, avec le temps, deviennent des traces de vie passée. « Pendant plus de vingt ans, par ma propre initiative et mon travail, j’ai rassemblé dans toutes les vieilles rues du vieux Paris des images photographiques… de belles architectures séculaires du seizième au dix-neuvième siècle : de vieux hôtels, des maisons historiques ou curieuses, de belles façades… Je peux dire que je possède tout du vieux Paris», écrit Atget en présentant son travail sur le «Vieux Paris» au Service Photographique des Monuments Historiques.

Atget fut un acteur raté, puis un peintre raté. Lorsqu’il arriva à Paris en 1898, il venait de quitter une troupe itinérante dans laquelle il avait tenu des rôles secondaires. La peinture fut également un échec. Il décida alors, fort de deux échecs, de se mettre humblement au service des autres artistes, en réalisant des photographies qu’il revendait comme matériel documentaire à des peintres, architectes, scénographes, éditeurs. Ainsi, il devint le premier véritable photographe de l’histoire. Non pas le premier « grand photographe », mais le premier « véritable photographe ». Il y avait eu d’autres grands photographes avant lui, mais ils étaient des photographes qui regardaient la peinture. Ils voulaient faire de la peinture avec la photographie. Atget, lui, veut seulement créer des « documents » et découvre ainsi la véritable dimension photographique, le génie de la photographie : saisir la transformation en cours.

La biographie même d’Atget prend une valeur symbolique. La photographie naît avec une vocation théâtrale, se cherche dans le « pictorialisme » et devient enfin simplement « photographie », écriture avec la lumière.

Regards sur Atget – Témoignages d’une reconnaissance

Si Atget a travaillé toute sa vie dans l’ombre, son œuvre a fini par attirer l’attention de penseurs, photographes et historiens de l’art, qui ont reconnu en lui un pionnier discret mais essentiel de la photographie moderne. À travers leurs paroles, se dessine le portrait d’un homme qui, sans le savoir, a inventé un langage nouveau.

« Atget était un Balzac de l’appareil photo - à la fois historien et poète. » C’est avec ces mots que Berenice Abbott, grande photographe américaine, rend hommage à celui dont elle deviendra la gardienne posthume de l’œuvre. Grâce à elle, une partie considérable de ses plaques est sauvée et publiée, révélant au monde une vision de Paris unique, à la fois mélancolique et radicalement moderne.

« Atget photographiait les rues vides comme s’il s’agissait de scènes de crime. Le lieu du crime est désert, photographié pour en rassembler les indices. » Cette analyse incisive du philosophe Walter Benjamin, dans son essai Petite histoire de la photographie, dévoile la portée presque métaphysique du travail d’Atget. En vidant ses images de toute présence humaine, il transforme la ville en décor figé, hanté par le temps, rempli d’indices du passé.

« Les photographies d’Atget suggèrent que leur but n’était pas de montrer l’apparence des choses, mais de comprendre ce qu’elles étaient. » Ainsi s’exprime John Szarkowski, conservateur du MoMA, qui voit en Atget un observateur hors pair. Au-delà du document, il capte l’identité même des lieux, leur vérité silencieuse, leur mémoire incarnée dans la matière.

« Atget nous montre une ville habitée par les souvenirs, où le temps est devenu visible. » Enfin, selon Jean-Claude Lemagny, ancien conservateur à la Bibliothèque Nationale de France, Atget révèle Paris comme un palimpseste vivant, où chaque pierre est empreinte de mémoire. Il ne photographie pas seulement des murs, mais les vies passées qui s’y sont déposées.

À travers ces regards, Atget cesse d’être seulement un documentariste : il devient, à rebours de ses propres intentions, un des plus grands poètes visuels du XXe siècle.

SOUS LE CIEL DE PARIS

Fragments d’unParis disparu

Champs-Elysées, marché aux timbres

Sur les Champs-Élysées, Atget capture ici une scène du marché aux timbres, lieu de rencontres silencieuses et d’échanges passionnés entre collectionneurs. Les hommes, penchés les uns contre les autres, fouillent attentivement les classeurs, absorbés dans leur quête. L’ambiance est calme, studieuse, presque suspendue dans le temps. À droite, un enfant observe la scène de loin, isolé, comme une figure témoin. Comme toujours chez Atget, il ne s’agit pas d’un instant spectaculaire, mais d’un fragment discret de la vie parisienne, saisi avec une grande justesse et sans artifice

Chanteur de rue

Isolé au centre de l’image, un chanteur de rue s’arrête dans la lumière. Son chapeau de paille, sa guitare et sa posture droite composent une figure fière mais modeste, écho de la bohème parisienne du début du XXe siècle. Atget ne cherche pas à capturer la performance, mais la présence silencieuse de l’homme – comme suspendue entre deux accords. L’arrière-plan flou accentue l’effet de solitude et met en valeur l’intensité discrète de la scène. Une photographie simple, mais empreinte d’une grande humanité, fidèle à l’art d’Atget : donner un visage aux invisibles.

Fête des Invalides 1900

Sous les drapeaux flottants et les voiles blanches d’un manège nautique, la Fête des Invalides de 1900 s’offre comme un instant figé de joie populaire. La composition est animée mais contenue, entre les lignes rigides de la structure et les silhouettes floues des passants - enfants en canotier, femmes en manteaux sombres. Atget capte ici le décor éphémère de la fête foraine, un monde construit pour l’émerveillement, mais déjà teinté de nostalgie. Comme toujours, son regard est celui d’un témoin silencieux : il n’idéalise pas, il observe. Et dans cette observation, il révèle la poésie fragile du quotidien.

Fleuriste

Dans cette image intitulée "Fleuriste", Atget nous offre un regard intime sur un métier de rue, aujourd’hui presque disparu. Deux hommes entourent une charrette débordante de fleurs, soigneusement arrangées malgré la modestie du support. Le décor urbain en arrière-plan reste flou, comme pour mieux concentrer notre attention sur cette scène humaine. Le vendeur, portant une médaille autour du cou, semble fier de son étal, tandis que le client, capuchon baissé, choisit sa composition. Atget capte ici non seulement un métier, mais aussi un instant de dignité silencieuse, dans le quotidien des rues parisiennes. Une scène simple, mais profondément vivante.

Loueur de bateaux Luxembourg

Au Jardin du Luxembourg, un loueur de petits voiliers attend les enfants et leurs jeux. Alignés avec soin, les bateaux montés sur roues attendent d’être poussés vers le bassin, voiles gonflées par l’imaginaire plus que par le vent. La scène est paisible : une femme assise à l’ombre d’un grand vase, un homme en uniforme, une jeune fille élégante. Tout est calme, contenu, presque silencieux. Atget, fidèle à son regard, fixe l’éphémère, ces objets de bois et de toile qui portent en eux les rêves de l’enfance. Rien d’extraordinaire, et pourtant, tout y est : la lumière, le décor, l’attente... la poésie tranquille d’un Paris disparu.

Marchand de légumes

Par un matin froid, sous les arbres encore nus, un marchand de légumes propose ses produits depuis une charrette débordante de verdure. Les prix sont affichés à la main, les légumes soigneusement disposés, et l’outillage rudimentaire - seaux, paniers, tablier - raconte la simplicité du quotidien. Face à lui, une femme en coiffe ancienne inspecte les marchandises avec attention. La scène est humble, mais pleine de vie. Atget ne fige pas la misère, il honore le travail et la dignité de ces petits métiers qui faisaient battre le cœur de Paris. L’image est grise, un peu brumeuse, presque silencieuse - comme si le temps lui-même s’était arrêté pour regarder ces gestes simples.

Marchand de marrons

Devant une porte arrondie, sur un trottoir parisien encore endormi, un marchand de marrons s’affaire autour de son poêle. Tabliers noués, casquette enfoncée, pipe aux lèvres - tout en lui parle du quotidien, de l’endurance silencieuse du travail de rue. La scène est dépouillée, presque vide, et c’est justement ce vide qui met en valeur la solitude active de l’homme. Atget, fidèle à sa méthode, ne cherche ni à embellir ni à dramatiser : il observe avec respect, attentif aux gestes simples, à la matière, à la lumière. Cette image, modeste en apparence, dit beaucoup de la vie parisienne de l’époque : un monde de petites présences, discrètes mais essentielles.

Marchand d'herbes

Un enfant debout sur les pavés, tenant un bouquet d’herbes dans une main et un panier dans l’autre. Son regard est dur, presque absent, bien trop sérieux pour son âge. Vêtu de guenilles, les pieds sales, il semble solitaire au milieu du tumulte flou du marché. Ce n’est pas une scène posée, ni un portrait romantisé de la pauvreté : c’est un témoignage brut, sans mise en scène. Atget, avec sa sensibilité silencieuse, capte ici la dureté de l’enfance laborieuse, cette réalité invisible aux yeux pressés. Dans le Paris qu’il documente, les fleurs, les bateaux et les carrousels cohabitent avec les visages fatigués de ceux qui travaillent dès le plus jeune âge. C’est une image qui interpelle, sans pathos, mais avec une intensité bouleversante.