Vaincre le rongeur silencieux - Jacky Jault - E-Book

Vaincre le rongeur silencieux E-Book

Jacky Jault

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Beschreibung

A l'issue d'un examen de suivi banal relatif à son hospitalisation datant de 12 ans, l'auteur apprend qu'il est atteint d'un cancer aux multiples métastases. L'origine n'est pas connue. Scanners, IRM, biopsies, analyses sanguines et séquençages ADN s'enchainent alors pour délivrer le bon diagnostic et lancer, six semaines plus tard, un puissant traitement d'immunothérapie. Les progrès de la recherche, de l'Intelligence Artificielle, le suivi par de jeunes docteurs dans une structure à la pointe de la technologie, associés à la puissante force de vie du patient, vont produire un résultat spectaculaire. En trois mois de cures, la rémission des quatre tumeurs principales est actée, contre toute attente. Cet ouvrage décrit par le détail un "chemin de vie", avec ses espoirs et ses vicissitudes. Il s'adresse aux malades et à leur entourage pour les soutenir, pour les conseiller à regarder la maladie en face sans baisser les bras et les aider à lutter sur la voie de la guérison, de nos jours à portée de main et de volonté.

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Seitenzahl: 132

Veröffentlichungsjahr: 2025

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A Chantal, Pour sa présence et son soutien indéfectible

A tout le personnel de l’Institut Paoli-Calmettes, Avec mon infinie gratitude

Table des matières

Préface

Incipit

Début de rémission

Paoli Calmettes

L’effet papillon

Institut Sainte Catherine

Premières investigations

Immunothérapie

Symptomatique !

Crises de diarrhée

Intelligence Artificielle

Vie sociale

Quelques chiffres

Conseils aux malades et à leur

Remerciements

Et maintenant ?

Préface

Par le Docteur Philippe ROCHIGNEUX

Chef de clinique / assistant hospitalo-universitaire en oncologie médicale à l’Institut Paoli-Calmettes

C’est avec grand plaisir que je réponds à la demande de Jacky Jault de préfacer son livre. J’ai découvert son manuscrit dans ma bannette au secrétariat, et j’ai été d’abord été très surpris, puis amusé de reconnaître l’hôpital qui m’est familier, ses lieux, les personnes qui y vivent.

Etant son oncologue, j’ai bien sûr été touché par sa description flatteuse. Puis il m’est venu un intérêt un peu plus profond. En effet, par le miroir qu’il tend au soignant, il nous fait voir tout ce que nous ne voyons plus au quotidien. Notamment l’étrangeté de notre vocabulaire : les mots issus du latin, les noms propres, les métaphores... Et l’impact émotionnel qu’ils peuvent avoir sur le patient.

Les patients nous disent souvent à quel point les mots choisis par les soignants ont un retentissement important et ce livre le souligne avec beaucoup d’humour.

A l’heure où j’écris cette préface, Jacky Jault est en très bonne réponse à l’immunothérapie qu’il reçoit pour son mélanome métastatique. Ce traitement constitue une avancée majeure dans une maladie qui était presque toujours fatale il y a 15 ans.

Epoque formidable, progrès manifestes. Les techniques chirurgicales sont plus précises, diminuent le temps passé à l’hôpital et entrainent moins de douleur. Les séances de radiothérapie se raccourcissent, suivent la tumeur en temps réel, épargnent les tissus sains. L’intelligence artificielle aide à repérer les organes à risque lors des irradiations, à suivre les nodules suspects sur les scanners, à guider les aiguilles lors des biopsies.

Quant à l’oncologie médicale, ma spécialité, elle bénéficie en moyenne d’un nouveau médicament anti-cancéreux tous les 3 mois, avec des durées de réponses bien supérieures à celles des années 2000.

Pour autant, le cancer reste une maladie bien souvent mortelle. En tant qu’oncologues, nous avons beaucoup de mal à savoir chez quels patients nos traitements vont être efficaces (ce que dans notre jargon nous appelons le manque de « biomarqueurs prédictifs »). D’où une communication d’équilibriste, qui essaye d’être honnête sans générer trop d’incertitude, qui essaye de donner de l’espoir sans générer d’illusion.

Le manuscrit de cet ouvrage a été glissé dans ma bannette lors d’une période où je me sentais très fatigué.

En effet, notre profession bénéficie des progrès de la science, mais connaît son lot de difficultés : stress intense dû au nombre de patients, au sous-effectif récurrent, à l’alourdissement des procédures administratives (accès aux médicaments innovants ou essais cliniques), à la complexité des pathologies, à l’anxiété des patients et de leur famille devant la maladie. Il y a bien souvent des moments de grande fatigue dans la vie d’un oncologue.

Ce témoignage est arrivé dans un de ces moments-là, et il a immédiatement fait ressurgir la raison d’être de nos métiers, de nos efforts. Repousser les limites de notre connaissance et de notre savoir-faire médical pour donner au patient du temps et du réconfort, et si possible la guérison. Ce témoignage m’a donné beaucoup d’énergie, et de gratitude pour avoir la chance de faire un métier si passionnant.

Ce livre constitue un témoignage riche et plein d’humour à travers l’oncologie moderne, qui mêle aventure scientifique et humaine.

J’espère que d’autres lecteurs bénéficieront de la curiosité et de l’esprit positif de son auteur : il constitue un allié précieux lors de la maladie.

Marseille, le 03 juin 2025

Philippe Rochigneux, oncologue médical

Incipit

Cet ouvrage raconte une histoire vécue, mon histoire. Une histoire heureusement non achevée qui à ce jour évolue très bien. Autant le préciser tout de suite, afin de ne pas faire fuir le lecteur que ce genre de sujet dérange et interroge à raison sur son propre devenir. Si écrire reste une bonne thérapie pour analyser, relativiser et extérioriser ce qui se passe en nous en pareil cas, il m’a paru utile et nécessaire de partager l’expérience de mon cancer.

Ce livre, pourtant introspectif, n’est donc pas écrit pour moi seul en premier lieu, mais pour tous ceux qui, frappés par un cancer à titre personnel, ou touchés par une personne proche, trouveront ici à la fois le verbatim technique, implacable et parfois abscons de la médecine et l’immense espoir que suscitent les progrès actuels et futurs vers une guérison désormais de plus en plus assurée.

Son titre, « Vaincre le rongeur silencieux », que j’avais préalablement dénommé « Asymptomatique » résume à lui seul la sidération que peut ressentir tout individu qui, à l’issue d’un simple examen de routine, reçoit violemment la terrible nouvelle. Dans mon cas, ce jour particulier restera gravé à jamais. C’était le 3 septembre 2024.

L’annonce est brutale, inattendue. Le verdict vous cueille sans préparation, un simple jour comme un autre, sans que le moindre signe avant-coureur ne se soit manifesté à vous. Pour autant, le monde ne s’écroule pas dans l’instant, quand il faut faire face à l’adversité. Il y a une impérieuse urgence à réagir et tout doit être mis en œuvre au plus vite, en espérant qu’il ne soit pas déjà trop tard…

La simple évocation d’un cancer du pancréas et des nombreuses métastases de taille conséquente disséminées dans plusieurs de mes organes, révélation que je reçois en pleine face par un médecin radiologue qui va brutalement à l’essentiel, suffit à qualifier l’extrême étendue et la gravité de la maladie.

Va commencer alors une longue période de recherche de la ou des souches des tumeurs pour connaitre précisément les caractéristiques du mal qui ronge mon organisme et quels sont les moyens les plus adaptés qu’il faudra déployer pour le combattre. Bonne nouvelle dans mon infortune, il n’est pas encore trop tard, même si un cancer de stade IV représente le degré le plus avancé de cette maladie. Jusqu’à peu, dans mon cas, le corps médical mettait l’accent sur la qualité de vie restant, plutôt que sur un traitement curatif. Cela a changé.

Les jours passent. Le diagnostic s’affine peu à peu mais prend du temps. La source du cancer, appelé primitif dans le jargon médical, est et restera inconnue. La maladie, quant à elle, n’attend pas et progresse insidieusement, opiniâtrement, chaque jour.

La batterie de scanners, IRM, biopsies, analyses sanguines et d’ADN marchent cependant à fond pour délivrer le bon diagnostic, dans le meilleur délai possible. Un fois posé, il sera alors temps de commencer le traitement qui sera forcément long et incertain.

Au fil des mois, tout devient de mieux en mieux connu et mis sous contrôle. Début février 2025, les médecins oncologues peuvent s’appuyer sur un constat devenu très précis, circonstancié et partagé. Il est édifiant et sans doute terrifiant à juste titre pour la plupart des gens. Il sera expliqué en détail dans la suite de l’ouvrage.

Pour ma part, un sentiment de confiance - sans doute irraisonné - dans la science médicale et les formidables progrès engendrés ces dernières années, m’a poussé dès le premier jour vers un optimisme certes mesuré mais bien chevillé au corps et à l’esprit.

Cartésien et scientifique convaincu, peu perméable à des pratiques ésotériques, occultes ou parallèles, je savais de plus que je détenais, rivée en moi, une grande partie de la réponse quant à ma guérison. Si celle-ci était loin d’être acquise, je ne me sentais pas condamné pour autant.

Cet état de fait relève chez moi d’une forme de 6ème sens, d’intuition ou de prédiction autoréalisatrice que je ne saurais définir. Un peu comme, lorsque j’étais un jeune apprenti mécanicien de quinze ans, j’assistais au discours de bienvenue du directeur de l’entreprise, lui le polytechnicien de l’armement auréolé de ses étoiles de général. Je me mis à rêver que je serai à sa place en fin de carrière. Cela n’avait aucun sens et c’est pourtant ce qui s’est produit. J’ai ressenti la même impression à l’annonce de mon cancer avancé : j’allais en venir à bout !

Asymptomatique, sans comorbidités déclarées, en excellente forme physique, avec un mental et une force vitale bien ancrés en moi, j’ai abordé cette épreuve comme un nouveau défi dans ma vie, qui en a déjà connue beaucoup, et que j’ai toujours surmontés 1. J’étais pourtant téléporté en une terre inconnue et hostile, dans un autre univers, celui de l’oncologie, qui m’était totalement étranger et dont je ne possédais ni les codes ni le vocabulaire. Mais j’ai appris très vite…

Cette énergie, cette confiance dans la recherche médicale et la technologie qui progresse à toute vitesse vers la rémission et la guérison des cancers, cette compétence d’une nouvelle génération de médecins et de chercheurs, ces avancées en matière de décryptage des génomes d’ADN et des apports incroyables de l’Intelligence Artificielle, cette force de vie qui m’est propre, j’ai voulu simplement les partager.

Je ne suis pas médecin. Mes mots expriment simplement ce que j’ai vécu. En retraçant un chemin semé de révélations successives, d’espoirs, de rechutes, de surprises, j’ai voulu décrire à la première personne mon parcours, dans le but d’essaimer de l’espoir, comme je le fais autour de moi à chaque fois que c’est possible.

De mon malheur, accablant au départ, je suis venu à bout. Du moins, je vis à ce jour une phase de rémission très avancée, qu’il reste à consolider dans le temps.

Ma posture volontariste et ce résultat positif ont impressionné mon entourage. J’y ai gagné le surnom de « warrior », de guerrier, en menant ce combat vital. Tout à l’opposé d’un hypocondriaque dépressif. A bien y réfléchir, ce n’est pas tout à fait faux… Je n’en tire aucune gloire personnelle, mon comportement est viscéral, il provient de mes entrailles. Et j’admets bien volontiers que nous ne sommes pas tous égaux sur ce plan.

Tout comme la porte entrebâillée est pour moi une porte ouverte, un verre sera toujours à moitié plein. Je peux vous assurer que cette vision positive possède en elle une énergie insoupçonnable pour accompagner toute guérison.

Ce combat n’est pas terminé mais je sais que la lumière est au bout. Tout converge vers ce dénouement heureux qui ne doit rien au miracle. Au plus profond de moi, je savais que j’allais m’en sortir. Je n’ai jamais pensé que j’allais être expédié ad patres ou rester dans un état végétatif telle une personne dépendante accrochée à sa perfusion.

Au-delà de ma propre histoire, j’ai également cherché à explorer l’Histoire, celle de la recherche, depuis la découverte de la radiologie, les avancées récentes de la recherche médicale, les perspectives de guérison à court et moyen terme. Ceci afin de démystifier ces cancers qui nous environnent, que nous croyons connaitre mais dont nous ne savons rien ou si peu, finalement.

Alors, si je peux éclairer et soulager les personnes qui plongent comme moi dans un monde qui leur était jusquelà inconnu et qui leur fait peur, ces quelques pages auront atteint leur but. Je termine avec quelques conseils que j’ai pu retirer de mon expérience, pour aider les malades et leurs accompagnants à surmonter leurs épreuves, espérant qu’ils sortent renforcés de l’exemple d’un « survivant » de ce qui reste encore la plus importante cause de décès en France.

Je tiens à saluer dès cet avant-propos l’excellence des centres de recherche, en France et dans le monde, car cette lutte est une affaire de collaboration étroite au sein d’une collectivité de scientifiques passionnés et engagés. En espérant, à l’heure où j’écris ces lignes, que la communauté internationale saura lutter et résister à cette vague de repli sur soi qui touche de nombreux pays, initiée par un fou incontrôlable de l’autre côté de l’Atlantique qui fait régresser la recherche et la collaboration transfrontières tous azimuts, au prix d’un désordre mondial de grande ampleur qui préfigure une déflagration majeure et un inquiétant changement d’époque.

J’ai bien sûr une attention particulière envers l’Institut Paoli-Calmettes de Marseille, que je ne remercierai jamais assez.

A cet effet, je destine ce livre à figurer parmi ceux mis à disposition gracieuse des malades et de leur famille, dans le local de relaxation de l’institut, pour toute personne désirant en prendre connaissance.

Que ce témoignage récent et authentique soit source de réconfort et d’espérance, car rien n’est jamais perdu. Ne renoncez jamais tant que perspective de guérison, même ténue, existe. Et encore moins demain qu’aujourd’hui.

Tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir… Mais la réciproque est tout aussi vraie : tant qu’il y a de l’espoir, il y a de vie ! La seconde assertion me semble d’ailleurs bien plus pertinente, car elle ne nous place pas comme un spectateur inerte qui se contente d’être vivant pour penser que cela va perdurer, mais comme un acteur qui fait de l’espoir un moteur vital alimentant son projet de vie.

Le cancer de 2025 n’est plus appréhendé comme celui de 2015. Ni dans sa connaissance, ni dans son éradication, désormais à portée de main. Pour ce qui est d’hier, oubliezle. Il ne compte pas. Dans ce domaine peut-être plus que tout autre, « l’expérience est une lanterne accrochée dans le dos qui éclaire le chemin parcouru » 2. En aucun cas, elle n'éclaire le présent ou l’avenir.

Voici donc une tranche de vie, mais pas de survie, étalée sur sept mois, dont les quatre premiers ont été déterminants. Elle témoigne d’une véritable re-naissance, d’un regard nouveau à porter désormais sur le monde qui m’entoure, la place que j’y prends et les choix que je fais.

Un tel événement est à l’évidence de nature à reconsidérer le sens et le but de ma vie, en enlevant les scories inutiles pour me consacrer plus que jamais à l’essentiel.

Il remet les choses en place et permet de relativiser ce que la société, par ailleurs en déliquescence, nous donne à voir et à penser. Cette plongée dans le monde médical m’aura réconcilié durablement avec le génie humain et une jeunesse volontaire et compétente portant haut des valeurs identiques aux miennes.

J’ai pu également apprécier le retour réconfortant des relations humaines avec des inconnus. Dans notre monde moderne où chacun se jalouse, se méfie de l’autre et se côtoie sans se voir, j’ai croisé à chaque fois, outre le personnel médical, d’autres patients qui disaient bonjour, qui échangeaient un regard, un mot. Un peu comme si la maladie les avait replacés sur le chemin de la compassion et du rapport aux autres en leur redonnant toute leur humanité, perdue depuis longtemps par un individualisme forcené et un enfermement sur leurs smartphones.

Cela touche tous les âges et change de ce que les médias nous laissent à voir à longueur de journée, notamment sur les nouvelles générations « désenchantées ». Cela fait le plus grand bien.

Pour conclure cette introduction, je cède la parole à quelques grandes figures politiques et littéraires qui parleront, bien mieux que je ne le puis, de la force de la pensée positive, si fondamentale pour réussir toute chose, à commencer par la plus importante entre toutes, sa propre vie :

Il n’y a qu’une façon d’échouer, c’est d’abandonner avant d’avoir réussi.

Georges Clémenceau – Homme politique français

Agissez toujours comme s’il était impossible d’échouer.

Winston Churchill – Homme politique britannique

Croyez en votre victoire et vous vaincrez.

Dale Carnegie – Ecrivain américain

Lorsque vous croyez que quelque chose est impossible, votre esprit s’applique à y trouver des raisons. Quand, en revanche, vous croyez, vous croyez vraiment, que quelque chose est possible, votre esprit vient à votre rescousse et vous aide à trouver les moyens de le réaliser.

David J. Schwartz – Ecrivain américain et coach en motivation

1« Sinon, je change d’instant », Jacky JAULT - 2024

2Pensée de Confucius, philosophe chinois – 551-479 avant JC

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