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Ce livre est une invitation à traverser l'Histoire, la géographie, l'évolution de la société et de ses moeurs, au travers d'une famille modeste de paysans de la Nièvre jusqu'à nos jours. Remontant exceptionnellement à 1630, fait rare pour une lignée de gens de la terre sans biens, c'est une plongée dans les archives qu'il a fallu déchiffrer et dans les circonstances de tenue des registres par le pouvoir religieux et civil qui sont abordés. Une place est également faite à la communauté des Jault, célèbre groupe de parsonniers de la Nièvre. Une histoire de famille somme toute universelle...
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Seitenzahl: 75
Veröffentlichungsjahr: 2023
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« Tout homme est tiraillé entre deux besoins. Le besoin de la Pirogue, c’est-à-dire du voyage, de l’arrachement à soi-même et le besoin de l’Arbre, c’est-à-dire de l’enracinement, de l’identité. Les hommes errent constamment entre ces deux besoins en cédant tantôt à l’un, tantôt à l’autre, jusqu’au jour où ils comprennent que c’est avec l’Arbre qu’on fabrique la Pirogue »
Poème Mélanésien
"Qui prend le passé pour racine a pour feuillage l'avenir"
Victor Hugo
Ternant, berceau de la famille
Les registres paroissiaux
Analphabétisme et signatures
La Communauté des Jault
Recherches d’ADN
Les Jault en ligne directe
Niveau 1 : Léonard JAULT et Pierrette MULOT
Niveau 2 : Etienne JAULT et Claudine RENAUD
Niveau 3 : Etienne JAULT et Léonarde LAUREAU
Niveau 4 : François JAULT et Martine CLEMENT
Niveau 5 : Jean JAULT et Jeanne LAURENT
Niveau 6 : François JAULT et Pierrette BONNOT
Niveau 7 : Jean JAULT et Jeannette PANNETIER
Niveau 8 : Pierre JAULT et Etiennette PIERRE
Niveau 9 : Jacques JAULT et Emilie-Françoise DUPUIS
Niveau 10 : Henri François JAULT et Madeleine GROUILLER
Niveau 11 : Jacky JAULT et Brigitte VISSIE
Niveau 12 : Jonathan JAULT et Aurélie CORTINOVIS
Niveau 13 : Timothée JAULT
Niveau 13 : Noémie JAULT
Arbre complet
Conclusion
Et maintenant ?
Ternant…
Non, ce n’est pas Nanterre en verlan, lieu rendu célèbre par une poignée d’étudiants de l’université qui déboucha sur mai 68 ou celui de l’arrestation musclée et mortelle d’un jeune délinquant mettant la France sous un régime d’émeutes en 2023.
Ternant est tout simplement un petit village paisible de la campagne nivernaise. Et c’est accessoirement le berceau de ma famille. Des recherches généalogiques m’ont fait remonter dans l’arbre de mes ancêtres jusqu’en 1635. Démarche paradoxale que de remonter patiemment dans mon arbre pour y trouver mes racines…
Après avoir compulsé de nombreuses archives, il en est résulté cet ouvrage qui se visite étage par étage, génération après génération. Il constitue un thésaurus inédit concernant ma famille et un témoignage pour les générations futures, du lignage d’une modeste famille française. Les feuilles les plus tendres de cet arbre sont mes petits-enfants Timothée et Noémie, prenant à ce jour le rang numéro 1. La branche la plus ancienne remonte à 13 générations plus tôt.
Pendant plus de trois siècles, la famille Jault se trouva localisée dans l’extrême sud de la Nièvre et le nord de la Saône et Loire, avant que mon grand-père ne décide de venir dans la région roannaise en 1934.
Cette lignée se compose exclusivement de gens de la terre : laboureurs, fendeurs de bois, vignerons, journaliers, métayers et ce jusqu’à mon propre père qui commença sa vie professionnelle à 13 ans en 1946 comme ouvrier agricole…
Pour effectuer des recherches généalogiques, il faut une approche, une rigueur et une patience d’archéologue. Le matériau de base est constitué de souvenirs pour les générations les plus récentes et d’archives paroissiales ou municipales pour les autres plus anciennes.
A remonter si loin, on se retrouve vite confronté à une pléthore d’informations et de fausses pistes. Si les familles ne bougeaient pas géographiquement, elles avaient en général beaucoup d’enfants dont peu arrivaient à l’âge adulte, et portaient des prénoms identiques d’une branche à l’autre.
Combien je me serai fourvoyé dans une première approche légère et prometteuse sur des sites de généalogistes parfois approximatifs ! Puis revenir opiniâtrement tel un étymologiste sur la base des sources officielles, afin de graver sans discussion une filiation incontestable.
Savigny-Poil-Fol, Tazilly, Fours, Saint-Seine, Charrin, Fléty, Issy-l’évêque, la Nocle-Maulaix, Grury, Luzy, Cressy-sur-Somme, Cronat, Maltat sont des petits villages inscrits dans un rayon de 6 kilomètres autour de Ternant, au nord de Bourbon-Lancy.
Mes recherches y ont puisé les lieux de vie de mes ancêtres, paysans sédentaires et peu aventureux, ne sachant lire, écrire ou signer pour la plupart, comme en témoignent les nombreux actes d’état civil.
Commençons donc par la visite de ce petit bourg de Ternant dont le nom est d’origine gauloise.
Ternant faisait partie du territoire éduen de la Gaule celtique dont la capitale, Bibracte - aujourd’hui le Mont Beuvray - n'était qu'à 35 km au nord, dans la direction de Autun. Les Éduens étaient établis dans les actuels départements français de la Nièvre et de la Saône-et-Loire, ainsi qu'au sud de celui de la Côte-d'Or et à l'est de celui de l'Allier. Les légions de Jules César ont séjourné sur les bords de la rivière Cressonne, entre Hiry et Ternant. Selon César, les Éduens étaient le peuple le plus puissant des Gaules. Ils se rallièrent tardivement à Vercingétorix contre César au cours de l'année 52 av. J.-C.
Carte ancienne de la région de Ternant
Au Moyen-âge, Ternant devint une seigneurie autour de laquelle se construisit le village médiéval. Une importante forteresse fut érigée par la très puissante famille de Digoine. Huon de Ternant (995 - 1047) fut un des premiers seigneurs connus de Ternant.
En 1909, le village est ainsi décrit par l’instituteur du village, Louis Malvy : « Perchée sur un petit monticule, la bourgade de Ternant se dresse, ainsi qu'une sentinelle avancée, semblant protéger les hauts sommets du Morvan nivernais.
Que l'on vienne de Saint-Seine, de La Nocle ou de Bourbon, on monte, et si on continue sur Luzy, on arrive à Satenot, côte rapide et longue, qui fait dire aux gars de Râpourçon (Villapourçon) « Passé Ternant, ça tenôt ».
Avec ses quelques petites rues étroites, ses maisons vieilles et délabrées couvertes en tuiles, et ses vingt hectares de vignes, tout est vieux ici : vieilles maisons, vieux château, vieux remparts, vieilles histoires.
C'est que Ternant a un passé très ancien ; on affirme qu'il a vu César et ses légions. Son vieux manoir féodal, avec sa double enceinte et ses remparts, souvent réparés, le château des sires de Ternant avec sa toiture plusieurs fois abaissée et ses fenêtres Renaissance n'a plus aucun style ».
Au sein du village, l'église Saint-Roch renferme deux retables de style flamand provenant du château des seigneurs de Ternant, ayant échappé au pillage de l'église par les protestants en 1557, au vandalisme de la Révolution française et à la convoitise de collectionneurs au cours du XIXème siècle.
Le classement aux Monuments Historiques en 1881 assura une protection à ces deux retables et permit les travaux de conservation et de mise en valeur. Ils sont considérés comme des joyaux du pays nivernais.
Le Retable de la Vierge est en bois peint et doré commandé en 1444 par Philippe de Ternant et son épouse Isabeau de Roye pour orner la chapelle de leur château consacrée à Notre-Dame. Il est formé de huit panneaux. Les panneaux de la rangée inférieure représentent Philippe de Ternant portant le collier de Chevalier de la Toison d'Or, l'Annonciation, la Dormition et Isabeau de Roye. Les panneaux du registre supérieur représentent l'Assomption et le Couronnement de la Vierge Marie. Il a été restauré plusieurs fois.
Le Retable de la Passion date de 1460, en bois sculpté peint et doré, vraisemblablement commandé par Charles de Ternant, fils de Philippe. Il était destiné à orner l'église de Ternant dont la construction fut décidée en 1448. Il est formé de neuf panneaux.
A noter que ce dernier retable n’est pas sans rappeler le Retable d’Ambierle près de Roanne, qui présente une date d’exécution et une typologie de création très similaires au retable de la Passion de Ternant.
La population de Ternant, comme pour tous les villages éloignés des centres urbains dynamiques, a subi un exode rural massif et régulier. Le village compte à jour 182 âmes, après avoir culminé à 945 habitants en 1876.
Ainsi, ce coin de Nivernais est un nid de « Jault ».
Selon les recensements généalogiques, on trouve une surreprésentation des Jault dans le petit secteur entre Nièvre et Saône-et-Loire. Voici, par ordre de classement, les villages où ils sont le plus présents dans les archives :
Saint-Seine, Nièvre :1 063 individus
Ternant, Nièvre : 1 025 individus
Marly-sous-Issy, Saône-et-Loire : 806 individus
Tazilly, Nièvre : 626 individus
Cronat, Saône-et-Loire : 426 individus
Cressy-sur-Somme, Saône-et-Loire : 366 individus
Paris, Paris : 326 individus
Vitry-sur-Loire, Saône-et-Loire : 296 individus
Savigny-Poil-Fol, Nièvre : 270 individus
Saint-Benin-des-Bois, Nièvre : 194 individus
Le nom de Jault est essentiellement porté dans la Nièvre et plus faiblement dans le Poitou. L’origine du nom vient soit d’un toponyme avec le sens de "bois, forêt" (du mot germanique "wald"), soit d’un surnom lié au coq.
On trouve ainsi une définition qui n’est ni officielle ni garantie : « nom rendu célèbre par un groupe de familles de la campagne nivernaise qui, restées unies quant aux biens, et ne comptant pour membres effectifs que les mâles (d'où le noms Les Jault : les Coqs), étaient le dernier vestige des anciennes communautés ».
L’histoire de cette « Communauté des Jaults » de Saint Benin des Bois fait l’objet d’un chapitre à part de cet ouvrage.
A noter que, dans le village de Moulins-Engilbert, au nord de Luzy près de Château-Chinon, il est fait mention d’un « moulin au Jault », qui aurait fonctionné de l’an VII de la première république (soit 1798) jusqu’en 1837. La ville comptait alors de nombreux moulins, ainsi que des tanneries et des tuileries.
