Vivre la Russie - Maureen Demidoff - E-Book

Vivre la Russie E-Book

Maureen Demidoff

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Beschreibung

Laissez-vous guider au cœur de la Russie

Vivre la Russie est un guide pratique qui veut donner toutes les informations nécessaires à ceux qui habitent ou souhaitent habiter dans le pays.

Dans Vivre la Russie, Maureen Demidoff, journaliste installée de longue date à Moscou, nous décrit cette nouvelle Russie par les questions de tous les jours. Comment on conduit, comment on loue un appartement, comment on socialise, etc. Chaque question permet de comprendre le pays et sa culture.

Vivre la Russie est ainsi à la fois un guide pratique, qui permet de bien préparer son projet de vie à l’étranger, mais aussi un recueil d’expériences et de choses vues qui permet de comprendre l’un des pays les plus étonnants du monde.

Le compagnon idéal pour vos aventures en Russie !

CE QU’EN PENSE LA CRITIQUE

- « D’abord, je pense que le maître mot pour réussir son installation et sa vie en Russie est l’adaptation. Cela est d’autant plus vrai pour un pays comme la Russie qui est, pour reprendre l’expression d’un Français interrogé pour le livre, "le pays où l’imprévisible se vit au quotidien". » – Le Figaro

- « Vivre la Russie : le guide qui mérite une place dans votre valise! Un guide différent qui vous aidera sans aucun doute à trouver vos repères à Moscou, qui vous permettra de connaître toutes les bonnes adresses et surtout de vous plonger dans la culture de ce pays! » – Expatrielles.com

A PROPOS DE LA COLLECTION « VIVRE LE MONDE »

Vivre le Monde est une collection destinée à ceux qui veulent comprendre un pays, pour y vivre, y étudier, y faire des affaires, ou simplement y séjourner en espérant plus que du tourisme. Chaque livre est à la fois un guide pratique expliquant par le détail tout ce qu'on doit savoir sur le quotidien du pays, en donnant à chaque fois les clés pour comprendre la société.

LES ÉDITIONS HIKARI

Hikari Éditions est un éditeur indépendant, dédié à la découverte du monde. Il a été fondé par des journalistes et des auteurs vivant à l'étranger, de l'Asie à l'Amérique du Sud, souhaitant partager leur expérience et leurs histoires au-delà des médias traditionnels.

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Seitenzahl: 244

Veröffentlichungsjahr: 2016

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Sommaire

Vivre la Russie

Vivre le Monde

Découvrir la Russie

Comprendre la Russie

L’image de la Russie en France

L’atterrissage

L'économie

Le climat

La géographie

L'histoire

Le tempérament russe

Livres et films pour mieux comprendre la Russie

Le départ

Le voyage

Les visas

Partir avec son animal

Rencontre : les doyens de la communauté française de Moscou partagent leur expérience

L'installation

Les différents types de logement

À Moscou, plus qu’ailleurs, le choix du quartier est

Acheter

Louer

Rencontre avec une xpatriée installée à Samara

Les meubles

C’est en général le propriétaire qui se propose de

Internet, téléphone et télévision

Les aides à domicile

L'argent

La monnaie

Les banques

Le travail

Travailler avec les Russes

Cuisine et émotions

Les conditions de travail

Les jours fériés

Les salaires

Les femmes russes au travail

Rencontre avec un décideur belge

Les Russes dans les entreprises françaises ?

Trouver un travail

Être un bon manager en Russie

Créer son entreprise

Le volontariat international

Les Études

Le paysage universitaire russe

La faculté préparatoire

Rencontre avec

Le réseau de l'ambassade

La langue

Où apprendre le russe

Apprendre le russe en immersion

La présence internationale

Entretien avec l'ambassadeur de France

Les ambassades

Les chambres de commerce

Les associations de résidents étrangers

Rencontre avec Moscou Accueil

La sécurité

La Russie est-elle un pays dangereux ?

Le racisme

Le transport

L'avion et le train

Le métro

Le taxi

Voiture et deux roues

Les dangers de la route

Passer ou acheter son permis

La santé

Un mauvais état de santé

Les cliniques internationales

Les bons réflexes santé

Rencontre avec une femme d'expat

Accoucher en Russie

Rencontre avec de jeunes mamans expatriées

Les enfants

les enfants de la Russie

Les écoles françaises

Les écoles internationales à Moscou

Rencontre avec une mère de famille

La culture et les loisirs

Le spectacle vivant

Les musées

L'art contemporain

Les autres loisirs

La gastronomie

La cuisine russe

Manger français en Russie

Rencontre avec un chef français

Diner au restaurant

Faire ses courses

La religion

L'église orthodoxe

L'Islam

Le catholicisme

Le judaïsme

L'amour

La famille

Amour et (in)fidélité

Se marier

Divorcer

Gay et lesbien

Sites de rencontre

Adopter en russie

Épilogue : parole d'expats

Vivre la Russie

par Maureen Demidoff. Avec la collaboration de Colombe Prins et Émilie Geoffroy.

Un livre de la collection Vivre le monde.

Directeur de publication : Anthony Dufour. Éditrice : Marie Duchaussoy. Maquette et mise en page : Chase media & co. - http://www.chase-mediagroup.com

Relecture : Yannick Dufour.

Diffusion et distribution : Les Belles Lettres DD.

ISBN 978-2-36774-011-9

Dépôt légal (version imprimée) janvier 2014.

Cette version électronique a été mise à jour le 28 janvier 2014

Crédit photo de couverture : © Brad Pict / fotolia.com Photographies pages intérieures : tous droits réservés sauf mention contraire.

Hikari Éditions © Hikari Éditions 4, avenue Foch, 59 000 Lille (France).

www.hikari-editions.com

Aucun guide n’est parfait, des erreurs et des coquilles se sont peut-être glissées dans celui-ci malgré tout le soin apporté à la rédaction comme à l’édition. Les informations peuvent également avoir été modifiées entre l’écriture de ce guide et le moment où le lecteur le prend en main. Merci de nous faire toute suggestion utile, que nous pourrions intégrer dans la prochaine édition.

Vivre le Monde

Vivre la Russie est un livre de la collection Vivre le monde qui veut donner toutes les informations nécessaires à ceux qui habitent ou souhaitent habiter dans le pays.

Il a été écrit par une journaliste qui réside en Russie depuis plusieurs années. Au-delà de son travail pour des médias français et francophones, elle a voulu faire partager son expérience du quotidien. Louer un appartement. Payer ses factures. Travailler. Élever ses enfants. Vivre tout simplement dans l’un des pays les plus fascinants du monde.

Vous trouverez donc dans ces pages des informations pratiques, des contacts, des conseils, bien entendu, mais sans jamais oublier de vous donner nos clés de la société russe. Pour nous, une information doit toujours être comprise dans son contexte, dans sa culture, dans son univers.

Ce guide vous offre également le seul regard indépendant sur la vie en Russie. L’auteur et l’éditeur sont libres de toute affiliation, ils ne dépendent d’aucun organisme, d’aucune organisation qui posséderait des intérêts dans les informations qui suivent. Nous n’avons reçu aucune subvention d’aucune sorte. Pour la prochaine édition de ce guide, n’hésitez pas à nous faire part de votre expérience, de vos idées, de vos trouvailles... Nous espérons que ce livre sera un compagnon efficace et agréable de votre projet russe.

Découvrir la Russie

De nombreux clichés sont attachés à la Russie. Plus ou moins vrais, plus ou moins positifs. Ils démontrent que le pays tient une place particulière dans notre imaginaire et qu’il est, finalement, méconnu. Dans tous les cas, ces clichés attestent que la Russie est un pays qui crée des émotions, étonne, exalte ou effraie, mais laisse rarement indifférent. L’ambition de ce livre sera donc de donner à ceux qui viennent en Russie, qu’ils soient expatriés, étudiants, voyageurs, hommes d’affaires ou stars de cinéma, quelques clés pour comprendre ce pays.

Comprendre la Russie

« La Russie est un rébus enveloppé de mystère au sein d’une énigme. » Sir Winston Churchill.

Partir à la découverte de la Russie n’est pas une mince affaire. D’abord parce que sa taille est gigantesque : la Russie, c’est le plus grand pays du monde, elle est vaste comme trente-et-une fois la France. Ensuite, parce que sa géographie, son histoire, sa culture et son peuple sont des éléments complexes, imbriqués les uns dans les autres, qu’il est impossible de dissocier pour tenter d’en saisir le sens.

Comprendre la Russie demande donc du temps. Mais également de la patience et de la curiosité. Un voyage de reconnaissance ne suffira pas à vous faire comprendre où vous allez mettre les pieds. Il vous permettra de sentir l’atmosphère, tout au plus.

Tout d’abord, la Russie est le pays des superlatifs. Tout y est « trop » ou « très ». L’hiver très froid, l’été trop chaud, les avenues trop larges, des bâtiments très hauts... C’est également le pays des contrastes. Ils sont en général très marqués et visibles dans le paysage urbain du pays. Des babouchkas vivant encore en URSS côtoient des femmes pressées aux talons aiguisés, les vieilles Jigoulis soviétiques se mélangent aux Bentley, Porsche Cayenne et Rolls Royce. Les buildings ultra-modernes se dressent auprès d’anciennes demeures impériales, ou autres bâtiments soviétiques et petites datchas bringuebalantes. La Russie a aussi un ciel tissé de fils électriques, qui passent d’immeuble en immeuble, et contribuent à donner au paysage urbain un aspect déglingué, mais qui n’entache pas son image de grande puissance. Dans la capitale, la vie explose dans un joyeux désordre qui tend, cependant, à se structurer et à s’organiser de plus en plus.

C’est aussi un pays qui a l’étrange particularité d’être à la fois en Europe et en Asie. Il suffit de regarder une carte pour s’en rendre compte. Le pays oscille donc en permanence entre deux rationalités toutes différentes : l’occidentale et l’orientale. Par exemple, la perception du temps est différente de celle des Européens. Les Russes en ont une notion cyclique, comme les Chinois et beaucoup d’Asiatiques, et l’imaginentcomme une roue qui tourne avec des cycles qui reviennent perpétuellement. Les Occidentaux, au contraire, en ont une notion linéaire : le temps passé est irrémédiablement perdu.

Enfin, la Russie est un pays multiculturel. Elle réunit sur son territoire des populations d’Asie centrale et d’Asie. Dans la rue, la présence massive de l’émigration kirghize, ouzbek, tadjik, et même chinoise, saute aux yeux.

L’image de la Russie en France

La Russie n’a pas bonne presse en France, c’est le moins que l’on puisse dire. Elle traîne une réputation sulfureuse, teintée de mafia, de corruption, de droits de l’homme bafoués, d’autoritarisme, de pauvreté...

Pourtant, il convient d’être nuancé. Même si cela est difficile, car la Russie n’est pas ce que l’on appelle un pays « touristique », et les étrangers, hormis les expatriés, sont encore peu nombreux à constater la réalité sur place. Mais elle a bien changé. On n’y vit plus le Far West des années 1990, et bien que la société soit encore en transition, la vie politique, économique et sociale semblent en voie de normalisation.

Le pays est néanmoins bien conscient qu’il doit encore faire des efforts pour améliorer son image, et a d’ailleurs débloqué un budget colossal pour que des agences de communication étrangères y travaillent. Car si l’opinion des Français se fonde essentiellement sur le système politique et sur les dirigeants russes, ils oublient que la Russie ne se résume pas qu’aux activités du Kremlin. Heureusement !

Il faut aussi souligner que les Russes sont toujours profondément amoureux de la France, et cela depuis plusieurs siècles. Bien entendu, ils ne se rendent pas toujours compte qu’a contrario, les Français sont nombreux à avoir une opinion négative de leur pays et à ne pas comprendre de nombreux aspects de la société russe. Les plus lucides diront simplement qu’en amour, il y en a toujours un qui aime plus que l’autre.

L’atterrissage

Il va de soi qu’aller en Russie n’implique pas forcément d’atterrir à Moscou, mais c’est dans ses aéroports que transite aujourd’hui la grande majorité des voyageurs.

Arriver à Moscou n’est plus un cauchemar. Un nouveau terminal, à l’aéroport Cheremetièvo, est désormais dédié aux compagnies régulières en provenance d’Europe, telles qu’Aeroflot ou Air France. Ouvert en 2011, il est l’équivalent d’un aéroport européen et n’a plus rien à voir avec l’ancien terminal, sale, enfumé et bondé, aux queues interminables aux comptoirs des douanes. L’atterrissage est désormais plus facile. Même les douanières commencent à sourire et s’essaient, pour être agréables, à quelques mots de français.

Le chauffeur de taxi également tente de discuter et malgré le barrage de la langue, aime montrer qu’il en connaît un rayon sur les chanteurs français, surtout Mireille Mathieu et Patricia Kaas, très populaires en Russie. Les Russes aiment la France et les Français, ils le montrent et ils le chantent.

Le premier aperçu du pays sur la route qui mène au centre-ville peut être déconcertant. D’abord, parce qu’on a l’impression qu’il n’y a aucune norme urbaine et architecturale. Le style soviétique des années 1940-1950 se mélange à celui des années 1970 dans un capharnaüm de baraquements, tours, et galeries marchandes. Ensuite, la façon de conduire très pittoresque des Russes peut causer quelques frayeurs. Enfin, et au risque de se répéter, parce que l’ambiance générale est à mi-chemin entre l’Europe et l’Asie. Une voiture accidentée en travers de la route n’effraie pas les automobilistes qui restent au milieu, sous les coups de klaxon, à discuter avec fatalisme de la chance qu’ils n’ont pas eue.

Cependant, plus on se rapproche du centre, plus l’environnement devient compréhensible. L’architecture s’unifie, les codes de conduite s’harmonisent. Et la France devient visible à chaque coin de rue à travers de grandes enseignes telles qu’Auchan, Décathlon, Leroy Merlin, Yves Rocher, mais aussi des plus petites comme les boulangers Paul et Keyser, sans parler des grands couturiers et parfumeurs français.

Le trajet entre l’aéroport et la capitale russe permet finalement de se mettre en appétit, avant de découvrir le luxe et la modernité, difficilement perceptibles jusqu’alors, que peut offrir Moscou.

L'économie

La Russie fait partie des grandes puissances économiques mondiales et connaît une croissance économique forte, malgré les crises successives. Depuis l’éclatement de l’Union Soviétique, et avec l’arrivée de Vladimir Poutine, le pays a redressé son économie et retrouvé sa grandeur nationale, mise à mal pendant les années Eltsine. C’est désormais un pays qui compte sur la scène internationale et qui est membre du G20, du G8 et depuis peu, de l’OMC.

En vingt ans, le pays a réussi à transiter vers une économie de marché et continue dans ce sens. Sa richesse provient essentiellement de l’exploitation des ressources naturelles (pétrole, gaz naturel, charbon, fer, zinc, nickel, aluminium et métaux précieux tels que l’argent, l’or et le platine) et peu du secteur industriel, quasi inexistant depuis la chute de l’URSS.

Cependant, c’est aussi une économie qui souffre du vieillissement important de sa population et qui est très marquée par une corruption généralisée qui gangrène le pays. La Russie est aujourd’hui au 133e rang sur 176 pays et territoires, en terme d’indice de perception de la corruption selon l’organisation Transparency International (2012). Par comparaison, la Suisse est au 6e rang, la Belgique au 16e rang, le Canada 9e, les États-Unis 19e et France est au 22e rang.

Une politique anticorruption a été mise en place par les autorités russes, sous l’impulsion de Dmitri Medvedev alors président, afin d’enrayer ce fléau. La tâche est ardue, car elle concerne tous les niveaux sociaux, du gardien d’immeuble au chef d’entreprise influent. En janvier 2013, 50 000 dossiers de corruption faisaient l’objet d’enquêtes pénales en Russie.

La corruption est donc bien souvent la principale inquiétude des entrepreneurs étrangers. Toutefois, le climat des affaires et des investissements s’améliore et le premier ministre Dmitri Medvedev, même s’il reconnaît avoir largement échoué en la matière, n’a de cesse de présenter son pays comme une contrée de cocagne pour les investisseurs.

Ces vingt dernières années, la Russie a vu naître et s’établir une classe moyenne, et compte de nombreux milliardaires, connus à travers le monde et régulièrement cités dans le top des classements Forbes.

La répartition de la richesse est toutefois très inégale dans le pays et les contrastes sont de plus en plus marqués entre les régions et les deux capitales Moscou et Saint-Pétersbourg. Il en va de même entre les Russes. Le revenu moyen est de 10 500 euros par an et selon l’OCDE, les 20 % les mieux lotis touchent environ neuf fois le mon- tant perçu par les 20 % les moins bien lotis. Un exemple plus frappant encore, en 2012, la Russie est le sixième pays au monde comptant le plus de milliardaires, dont plus d’une centaine réside à Moscou. Elle affiche en même temps le chiffre affligeant de 21 millions de pauvres (sur 143 millions d’habitants), des personnes qui vivent avec moins de cinq euros par jour. Des contrastes qu’offre la Russie celui-ci est sans doute le plus saisissant.

Vivre à Moscou ou à Saint-Pétersbourg coûte cher. Particulièrement à Moscou où le marché du luxe est très présent. Il est cependant possible de vivre « à la russe » en s’approvisionnant dans les supermarchés locaux ou chez Auchan, et en évitant de sortir systématiquement dans les lieux branchés qui pullulent dans la capitale.

Moscou est une ville à part. Beaucoup disent d’ailleurs que ce n’est pas la Russie. Trop riche, trop exubérante, trop multiculturelle. Mais les Moscovites sont fiers de sa mutation et aiment montrer à quel point leur ville est contemporaine. Que ce soit au niveau de la culture, des affaires ou du shopping. Les Russes affichent une véritable frénésie de consommation, juste pour le plaisir de posséder.

Après soixante-dix ans de communisme, les Russes vivent désormais dans l’instant. « Profiter, car on ne sait pas de quoi demain sera fait » pourrait être aujourd’hui leur nouvelle devise.

Le climat

Étant donné l’immensité du territoire, la météo en Russie est variée, mais que l’on soit en Sibérie, dans l’Oural ou dans la vallée de la Volga, l’hiver reste la saison la plus caractéristique de Russie. Les hivers sont froids, notamment en Sibérie où les températures peuvent frôler les -40 °C, très secs, et s’étalent de novembre à mars. Les chutes de neige sont abondantes. À l’inverse, les étés sont très chauds et il n’est pas rare qu’il fasse plus de 30 °C à Moscou et sur le territoire russe au mois d’août.

Une grande partie du pays vit sous un climat continental. Il pleut donc rarement, car l’influence de la mer est faible; le centre de la Russie se trouve à environ 3 800 km de tout littoral. Contrairement à la France, l’air y est exceptionnellement sec. Excepté à Saint-Pétersbourg, beaucoup plus humide car situé sur le golfe de Finlande. Un dicton russe sur le climat de Saint-Pétersbourg dit qu’il y a neuf mois d’espoir et trois mois de déprime. Mais il ne faut pas s’y fier, les Russes ont de l’humour et ils adorent l’hiver, ils l’attendent avec impatience dès la fin octobre. Un hiver russe digne de ce nom doit être blanc et froid, sous peine de faire réellement déprimer la population.

Les saisons les plus agréables en Russie sont sans doute l’automne et l’été. Le printemps étant la saison du dégel, de la boue et des rues inondées... Le printemps débute par un grand nettoyage lors du leninsky soubbotniks, « le samedi de Lénine » : le dernier samedi d’avril consacré au nettoyage actif par les Russes de leur quartier, des lieux publics et privés, comme les écoles, les parties communes des immeubles, les parcs... Une tradition héritée de Lénine, qui l’imposa aux Soviétiques après la Première Guerre mondiale pour remettre en état les villes. Un effort collectif qui perdure aujourd’hui, en tout cas pour ceux qui veulent s’y plier. L’organisation du travail n’a pas changé d’un iota : les Russes s’inscrivent sur des listes de travaux, distribuées par la responsable de quartier. Au printemps, c’est donc toute la Russie qui fait sa mue.

Les saisons durent un trimestre. L’hiver débute le 1er décembre et se termine fin février, le printemps s’étire du 1er mars au 31 mai, et ainsi de suite. Les vacances scolaires d’été en Russie comptent donc trois mois, du 1er juin au 31 août.

La géographie

La Russie est le plus grand pays du monde et occupe deux continents, dont le nord de l’Asie pour 74 %. Par conséquent, son territoire héberge différentes populations qui ethniquement, culturellement et même physiquement sont très différentes. Difficile de trouver des points communs entre un habitant de la région de Saint-Pétersbourg et un habitant de Yakoutie, au nord-est du pays, peuplée autrefois de semi-nomades de langue turque, pratiquant l’élevage. Difficile encore de trouver des similitudes entre un habitant du nord ou du centre de la Russie avec un Bouriate, vivant sur les bords du lac Baïkal, plus proches des Mongols, et dont la culture est une version teintée de chamanisme du bouddhisme tibétain.

Dans ce contexte, après la dissolution de l’URSS en 1991, certaines régions ont demandé leur indépendance, notamment dans le Caucase russe. Mais jusqu’à ce jour, une unité politique forte reste la direction maintenue par le gouvernement.

9 000 km séparent l’ouest de l’est du pays. De Kaliningrad (l’enclave située entre la Pologne et la Lituanie) à l’île Ratmanov (une des îles Diomède) dans le détroit de Béring. Et 3 000 km du nord au sud. De la pointe nord des îles de l’Arctique russe à la pointe sud de la République du Daghestan, sur la mer Caspienne. La longueur de sa frontière est la plus longue au monde : 57 792 km. Sur 20 139 km de terre, la Russie partage des frontières avec 14 pays : la Norvège, la Finlande, l’Estonie, la Lettonie, la Lituanie, la Pologne (via l’Oblast de Kaliningrad), le Bélarusse, l’Ukraine, la Géorgie, l’Abkhazie, l’Ossétie du Sud, l’Azerbaïdjan, le Kazakhstan, la Mongolie, la Chine et la Corée du Nord.

Environ, les deux tiers de la frontière sont délimités par l’eau. La Russie partage une frontière maritime avec les États-Unis et le Japon. Sa superficie totale est d’un peu plus de 17 millions de km2, soit 11 % des terres émergées de la planète. Physiquement, l’ouest du pays est composé d’une plaine étendue avec des collines basses. La Sibérie centrale est un vaste plateau parcouru par de grands fleuves qui coulent vers le nord. Les régions méridionales présentent un aspect montagneux avec le Caucase, l’Altaï. L’Est de la Russie appartient à la ceinture de feu du Pacifiqueet les volcans dominent la péninsule de Kamtchatka. Dans les régions où le gel est moins présent se développe la taïga, une forêt de conifères et feuillus qui recouvre 60 % du territoire russe.

Il existe neuf fuseaux horaires entre Moscou et Vladivostok. Avec l’Europe (sauf Londres), le décalage horaire est de deux heures en été et de trois heures en hiver, car depuis 2011 la Russie a renoncé au changement d’heures. Cette décision émane de Dmitri Medvedev afin de prolonger le nombre d’heures de lumière dans les différents territoires du pays. Une économie d’énergie de l’ordre de 17 % tout de même.

L'histoire

Difficile de résumer l’histoire de la Russie en quelques paragraphes, car le pays a connu des nombreux bouleversements politiques et sociaux, qui ont entraîné une modification radicale dans l’évolution du pays. On peut dire que l’Histoire n’a épargné ni la Russie, ni son peuple, maintes fois «ébouillanté» par les multiples des- tins de son pays. Malgré cela, les Russes se sont toujours relevés et possèdent un sentiment patriotique extrêmement fort, souvent identifié en Occident comme du nationalisme.

L’histoire russe commence en 862 avec l’arrivée du roi viking Rourik, fondateur à Novgorod de la première dynastie russe. Les peuples installés sur le territoire vivaient unifiés sous la religion grecque orthodoxe, avant de tomber sous les coups des envahisseurs tataro-mongoles en 1240. L’empire mongol à cette époque s’étendait sur une bonne partie du continent asiatique et jusqu’en Russie européenne. Il fallut attendre le Tsar Ivan III, à la fin du XVe siècle, pour voir la Russie définitivement libérée du joug mongol. À ne pas confondre avec Ivan IV, dit le Terrible (1533-1584), premier tsar à véritablement résider à Moscou et qui acheva de faire de sa ville, la capitale de l’empire en liquidant les princes et les Boïars alors en rivalité constante.

La Révolution russe et la fin des Romanov

En 1613, Michel Romanov fonda la dynastie des Romanov, qui régna jusqu’à la révolution d’Octobre (1917). La révolution bolchévique a été le premier grand tournant dans l’histoire du pays. Après une série de guerres et à la suite de la défaite de la Russie face au Japon (1904- 1905), les mouvements libéraux et révolutionnaires exigèrent du tsar Nicolas II (1894-1917) qu’il accepte la constitution d’un parlement (Douma). La Douma, élue en 1906, n’avait cependant qu’un pouvoir limité. La Première Guerre mondiale démontra l’incapacité du régime à lutter contre la corruption galopante et la crise économique. Seul le sentiment national parvenait encore à maintenir l’armée debout. La Révolution russe éclata dans le pays en 1917 et sonna le glas de la monarchie. Nicolas II fut contraint d’abdiquer le 15 mars 1917 et fut envoyé le 16 juillet 1918en exil avec sa famille à Ekaterinbourg, où ils furent fusillés dans la nuit du 16 au 17 juillet 1918. C’est ainsi que se termine le règne des Romanov, qui aura duré 304 ans. Le 7 novembre 1917, les Bolcheviques s’emparent du pouvoir, emmenés par Vladimir Ilich Oulianov, alias Lénine, et Léon Trotski. Le gouvernement est alors remplacé par un conseil de commissaires (soviets) avec Lénine à sa tête.

Le traité de paix de Brest-Litovsk en mars 1918 met fin à la guerre avec l’Allemagne. Aussitôt après, la guerre civile commence, avec pour victime principale l’intelligentsia.

L’URSS, un pavé dans l’histoire russe

Le 30 décembre 1922, la réunion de toutes les républiques soviétiques au sein de l’URSS fut décidée, de même que la mise en place d’une politique économique contrôlée. Les « Soviets » furent déclarés propriétaires du sol et des moyens de production. La mort de Lénine le 21 janvier 1924 ouvrit une lutte de succession acharnée, que Josef Staline remporta aux dépens de Léon Trotski. Staline consolida son pouvoir par une politique de terreur à l’encontre de ses adversaires.

1928 vit la collectivisation de l’agriculture et la mise en place d’une véritable économie planifiée avec le premier plan quinquennal.

En juillet 1941, l’URSS entra dans la Seconde Guerre mondiale, appelée en Russie «Grande guerre patriotique» aux côtés des Alliés, dont elle ressortit comme l’une des puissances victorieuses en 1945. Elle se distança cependant rapidement de ses alliés pour s’assurer le contrôle des pays qu’elle avait annexés : la Pologne, la Bulgarie, la Roumanie, l’Allemagne de l’Est, la Tchécoslovaquie, la Hongrie et l’Albanie.

En 1950, l’URSS conclut un traité d’alliance avec la Chine et tenta d’imposer un ordre mondial communiste. L’Union soviétique se lança alors dans une politique agressive vis-à-vis des pays non communistes. Par la suite, les pays occidentaux constituèrent une alliance militaire, l’OTAN, contre les pays de l’Est.

Staline mourut le 6 mars 1953. Malgré la déstalinisation effectuée sous Khrouchtchev, tous ses successeurs ont réaffirmé leur position, plus ou moins dure, à l’égard du soviétisme, jusqu’à l’arrivée de Gorbatchev en 1985 qui lança une politique d’ouverture (perestroïka) et de réformes.

Cependant, face à l’incapacité à trouver des solutions économiques au système soviétique, les élections de 1990 portèrent au pouvoir les nationalistes et les démocrates

dont Boris Eltsine fait parti. À peine élu à la présidence de la République de Russie, il déclare l’indépendance de celle-ci, faisant s’effondrer du même coup l’Union Soviétique à la fin de 1991.

La Russie d’aujourd’hui

Les historiens montrent comment la Russie fut marquée autant par des troubles politiques que par des crises économiques. Ces dernières générant souvent les premières. À la fin des années 1990, la Douma reprocha alors à Eltsine la chute de l’URSS, l’effondrement politique et économique du pays, la détérioration du niveau de vie de la population, sa gestion hasardeuse de l’économie... Le 1er janvier 2000, à la surprise générale, Boris Eltsine annonça sa démission et Vladimir Poutine, un ancien chef du KGB, fut nommé président par intérim avant d’être élu définitivement le 26 mars avec 52,5 % des voix.

Vladimir Poutine, très populaire dans le pays pour avoir rétabli le fonctionnement de l’État et de l’économie, tente de redonner à la Russie un rôle de premier plan sur la scène internationale et encourage le sentiment patriotique.

Depuis 2000, Vladimir Poutine est considéré comme l’homme fort du pays. Il assure un tandem avec son acolyte Dmitri Medvedev, élu à son tour président avec 70 % des votes en 2008, tandis qu’il assumait le poste de chef du gouvernement. En 2012, Vladimir Poutine a été réélu à la présidence de la Fédération de Russie, échangeant son fauteuil une seconde fois avec celui de Dmitri Medvedev. À la fin de l’année 2012, un mouvement de protestation important d’une partie de la population russe envers la politique menée par le Kremlin a vu le jour, avec l’organisation de nombreuses manifestations à travers tout le pays.

Les Russes n’aspirent cependant pas à renverser le régime, mais expriment avec conviction leur volonté d’être désormais entendus, respectés en tant que citoyens et de ne plus être considérés comme de simples figurants de l’Histoire de leur pays.

Le tempérament russe

Les Russes rigolent quand les étrangers évoquent l’âme russe, « une invention littéraire française du XIXe siècle ! », disent-ils. Pourtant à vivre auprès d’eux, on jurerait que cette âme russe existe, qu’elle est bel et bien présente, ancrée au plus profond de chaque individu.

Beaucoup de Russes disent que c’est le pays et le climat qui les façonnent. Le premier, immense et large. Le second, dur et extrême. Comme eux, les Russes sont rugueux et généreux. À cause d’eux, ils sont fatalistes et croient au destin, car il est toujours difficile de lutter contre les éléments. Quoiqu’il en soit, même si au premier abord, ils ont le sourire rare et le regard froid, les Russes ne sont pas que des blocs de glace. Ils savent être débordants de chaleur, et extrêmement démonstratifs, à l’instar des Italiens. L’amitié, comme la solidarité, ne sont pas des vains mots en Russie. Aussi avoir des amis russes peut se faire naturellement à condition de le vouloir et de faire quelques efforts. La proximité culturelle des deux pays étant indéniable, elle facilite grandement les échanges pour vivre dans une communauté mixte sans évoluer uniquement dans des cercles d’expatriés.

Les Russes peuvent être attentionnés même avec les étrangers. Des anecdotes de la vie quotidienne le prouvent. Même si dans un premier temps, elles peuvent être vécues comme des exemples insupportables de mauvaises manières, elles peuvent aussi être interprétées comme autant de témoignages d’attention.

Anecdotes vécues : un mois d’octobre, alors que je marchais dans la rue avec ma fille (de douze ans, donc loin d’être un nourrisson), une babouchka à l’air mécontent nous arrête. Elle était furieuse contre moi car je n’avais pas mis d’écharpe à ma « petite ». Il faisait plutôt beau et bon ce jour-là, mais les enfants russes étaient déjà emmitouflés sous des bonnets et des couches de laine. Il m’était impossible de faire un pas de plus, la grand-mère râlait, les passants se retournaient, et elle me tirait énergiquement par la manche pour que je rentre chez moi rhabiller ma fille. J’ai dû faire demi-tour. Un autre jour chez Auchan. J’achetais du lait demi-écrémé à 1,8 % de matière grasse. Une femme d’une quarantaine d’années me demande si j’ai des enfants. Je lui ré- ponds gentiment que j’en ai deux. Elle me regarde, lève les yeux au ciel comme