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Laissez-vous guider au cœur du Québec !
Le Québec renoue avec son histoire. La Belle province est à nouveau une terre majeure d'immigration française. Son dynamisme économique aspire des dizaines de milliers de Français et de francophones chaque année. Un phénomène qui explose avec la crise économique persistante en Europe. Exemple de cet engouement, en 2014, les quotas de visas vacances travail s'écoulent en quelques minutes auprès des jeunes Français.
Dans
Vivre le Québec, Julien Valat nous raconte la vie québécoise par le détail. Depuis l'immigration jusqu'à la location d'appartement, en passant par les études, le travail, les enfants, la culture, etc. Toutes les clés pour réussir votre projet au Québec.
Le compagnon idéal pour vos aventures québécoises !
A PROPOS DE LA COLLECTION « VIVRE LE MONDE »
Vivre le Monde est une collection destinée à ceux qui veulent comprendre un pays, pour y vivre, y étudier, y faire des affaires, ou simplement y séjourner en espérant plus que du tourisme. Chaque livre est à la fois un guide pratique expliquant par le détail tout ce qu'on doit savoir sur le quotidien du pays, en donnant à chaque fois les clés pour comprendre la société.
À PROPOS DE L'ÉDITEUR
Hikari Éditions est un éditeur indépendant, dédié à la découverte du monde. Il a été fondé par des journalistes et des auteurs vivant à l'étranger, de l'Asie à l'Amérique du Sud, souhaitant partager leur expérience et leurs histoires au-delà des médias traditionnels.
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Seitenzahl: 376
Veröffentlichungsjahr: 2016
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VIVRE LE QUÉBEC
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VIVRE LE QUÉBEC
par Julien Valat.
Un livre de la collection Vivre le monde.
Directeur de publication: Anthony Dufour.
Éditrice: Marie Duchaussoy.
Maquette et mise en page: Chase media & co., Cambodge.
Imprimé en France par Dupliprint.
Diffusion et distribution: Les Belles Lettres DD.
Crédit photo de couverture: © Greta Gonye - Fotolia.com
Illustrations pages intérieures: tous droits réservés sauf mention contraire.
© Hikari Éditions sarl
Hikari Éditions
4, avenue Foch, 59000 Lille (France).
www.hikari-editions.com
ISBN 9782367740348
Aucun guide n’est parfait, des erreurs se sont peut-être glissées dans celui-ci malgré tout le soin apporté à la rédaction comme à l’édition. Les informations peuvent également avoir été modifiées entre l’écriture de ce guide et le moment où le lecteur le prend en main. Merci de nous suggérer toute correction utile, que nous pourrions intégrer dans la prochaine édition.
VIVRE LE MONDE
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Vivre le Québec de la collection Vivre le monde est un guide pratique qui veut donner toutes les informations nécessaires à ceux qui habitent ou souhaitent habiter la Belle Province.
Il a été rédigé par un résident français qui vit au Québec depuis plusieurs années. Il a voulu faire partager son expérience du quotidien: louer un appartement, s’inscrire à l’université, devenir résident permanent, aller à l’hôpital, scolariser ses enfants, sortir, faire du sport, payer ses factures… Tout simplement vivre au Québec.
Vous trouverez donc dans ces pages des informations pratiques, des contacts, des conseils bien entendu, mais sans jamais oublier nos clés de la société québécoise. Car pour nous, une information doit toujours être comprise dans son contexte, dans sa culture, dans son univers.
Ce guide vous offre également le seul regard indépendant sur la vie au Québec. Pour la prochaine édition de ce guide, n’hésitez pas à nous faire part (editions@hikari-groupe.com) de votre expérience, de vos idées, de vos trouvailles… Nous espérons que ce guide sera un compagnon efficace et agréable de votre projet québécois.
SOMMAIRE
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INTRODUCTION
CHAPITRE I: HISTOIRE DU QUÉBEC
La colonisation
La construction du Québec moderne
La question de la souveraineté
Les autochtones
CHAPITRE II: GÉOGRAPHIE DU CANADA ET DU QUÉBEC
D’un océan à l’autre
La nature canadienne
Le Québec
Cartes du Québec
CHAPITRE III: CLIMAT
Quatre saisons
Se préparer à l’hiver
CHAPITRE IV: ÉCONOMIE
Une conjoncture solide
Les principaux secteurs économiques
CHAPITRE V: POLITIQUE
Le système politique
Les principaux partis
Rencontre avec Lise Thériault, députée et ex-ministre québécoise
CHAPITRE VI: PRÉPARER SON DÉPART
Les démarches avant le départ
Le déménagement
La douane
CHAPITRE VII: PROGRAMME VACANCES TRAVAIL (PVT)
Critères d’admissibilité et demande de PVT
Rencontre avec des PVTistes
CHAPITRE VIII: RÉSIDENCE PERMANENTE (RP)
Demander la RP
Devenir canadien
CHAPITRE IX: AUTRES TYPES D’IMMIGRATION
Le visa étudiant
Le visa Jeunes Pros
Autres moyens d’immigration
CHAPITRE X: LA PRÉSENCE EUROPÉENNE AU QUÉBEC
Les consulats
Les chambres de commerce
Les organismes et associations d’étrangers francophones
CHAPITRE XI: TRAVAILLER
La situation de l’emploi
Les conditions de travail
Travailler avec les Québécois
Le bénévolat
Rencontre avec Anne-Sophie: de la vie étudiante au village de région
CHAPITRE XII: RECHERCHER UN EMPLOI
Construire son réseau
Valoriser ses diplômes et son expérience
Les outils de recherche d’emploi
Être réaliste dans sa recherche d’emploi
C.V., lettre et entretien d’embauche
CHAPITRE XIII: CRÉER SON ENTREPRISE
Démarrage et fiscalité
Être accompagné
Trouver les partenaires
CHAPITRE XIV: ÉTUDIER
DEC et formations de courtes durées
Les universités québécoises
Financer ses études
Rencontre avec François: du PVT au retour aux études…
CHAPITRE XV: LOGEMENT
Les appartements
Les garanties
Le budget logement
Montréal et ses quartiers
Les outils pour chercher un logement
Déménager et se meubler
Acheter un logement
Rencontre avec un courtier immobilier agréé
CHAPITRE XVI: ARGENT
Le dollar canadien
Ouvrir un compte
Votre dossier financier
L’épargne
L’impôt sur le revenu
CHAPITRE XVII: SANTÉ
La carte Soleil
La médecine
Pharmacies et médicaments
CHAPITRE XVIII: ASSURANCE SOCIALE
Le Numéro d’Assurance Sociale (NAS)
CHAPITRE XIX: SÉCURITÉ
Allô, la police?
Système judiciaire et pénitentiaire
CHAPITRE XX: ENFANTS
Grossesse et accouchement
Congés parentaux
La santé des enfants
Les gardes d’enfant
Système éducatif et écoles françaises
Les loisirs pour les enfants
Rencontre avec Nadia: être entrepreneuse et maman
CHAPITRE XXI: MAGASINER ET FAIRE L’ÉPICERIE
Comprendre les taxes: TPS et TVQ
Faire son épicerie et aller au dépanneur
Acheter de l’alcool
Magasiner
Consommer québécois et canadien
CHAPITRE XXII: RESTER CONNECTÉ
Les télécommunications
Postes Canada
CHAPITRE XXIII: CONDUIRE AU QUÉBEC
L’échange de permis
Passer son permis
Le permis à points et les assurances
Le code de la route
Acheter une voiture
CHAPITRE XXIV: SE DÉPLACER
Les trajets urbains
Les grands déplacements
CHAPITRE XXV: LES RELATIONS FRANCO-QUÉBÉCOISES
Amitié et amour
Rencontre avec une Québécoise de France
Le sexe dans les conversations
CHAPITRE XXVI: VIVRE EN COUPLE
Union de fait
Mariage et union civile
Séparation et divorce
CHAPITRE XXVII: COMMUNAUTÉ LGBT
Intégration et ouverture
Culture, tourisme et nuit LGBT
CHAPITRE XXVIII: RELIGIONS
Catholicisme: les racines du Québec
Les autres religions
CHAPITRE XXIX: SORTIR
Les restaurants
Boire un verre
Le pourboire
Sortir chez des amis
CHAPITRE XXX: SPORTS ET LOISIRS
Pratiquer un sport
Le sport comme spectateur
Loisirs au quotidien
Activités de plein air
CHAPITRE XXXI: ANIMAUX DE COMPAGNIE
Immigrer avec son animal
Adopter un animal
La vie de l’animal
CHAPITRE XXXII: GASTRONOMIE
La poutine
La cabane à sucre
Rencontre avec le chef cuisinier Giovanni Apollo
CHAPITRE XXXIII: CULTURE QUÉBÉCOISE
Panorama de la culture québécoise
Rencontre avec Jeremy Demay, humoriste
CHAPITRE XXXIV: VACANCES
Au Québec
Les autres provinces canadiennes
Les États-Unis
Le Sud
CHAPITRE XXXV: MAUDIT FRANÇAIS?
Dix conseils pour ne pas rester un maudit Français
CHAPITRE XXXVI: LE PARLER QUÉBÉCOIS
Petit cours de sacre
Petit lexique d’expressions
Bibliographie
INTRODUCTION
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Tout le monde connaît le Québec. Nos cousins francophones d’Amérique, si loin si proches, objets de fascination, de curiosité, de plaisanteries parfois. Si vous avez commencé à lire ces lignes, vous avez probablement envie d’aller plus loin, de comprendre la Belle Province pour y envisager votre projet. Commençons donc par nous attaquer à quelques clichés…
Le Québec est un pays: FAUX
Le Québec est une province du Canada. C’est certainement une évidence pour vous, mais beaucoup ne le savent pas.
Le Québec n’a pas d’histoire: FAUX
Certes, l’histoire du Québec n’est pas aussi ancienne que celle du Vieux Continent. Mais ces quelques siècles d’histoire sont denses et il est important d’en connaître les principales étapes pour comprendre le Québec d’aujourd’hui.
La sécurité du travail n’existe pas et il n’y a pas de salaire minimum: FAUX
Oui, la sécurité du travail n’est pas la même que lorsqu’on signe un CDI en France. Mais les différences sont si importantes entre le milieu de travail québécois et français, qu’il est erroné de présenter les choses de cette manière. Concernant le salaire minimum, il en existe un et il est à peu près équivalent à celui fixé en France.
Il n’y a pas de système de santé gratuit: FAUX
Il existe et il a ses qualités et ses défauts.
L’hiver dure dix mois: FAUX
Et c’est encore plus inexact si, comme la grande majorité des Français et francophones installés au Québec, vous vivez à Montréal, Québec ou dans ces autres villes du sud de la province.
La nature, à perte de vue: VRAI
On le constate dès qu’on fait quelques minutes de route en dehors des grandes villes…
Il y a des caribous: VRAI & FAUX
Oui, il y en a dans le nord, dans la nature, comme il y a des rennes en Europe. C’est d’ailleurs un symbole national. Mais la majorité des Québécois n’a jamais vu un caribou de sa vie, alors que des écureuils, on peut en voir partout, même en ville!
Il y a du sirop d’érable: VRAI
C’est une des nombreuses fiertés du Québec. Osez en abuser!
C’est le règne de la malbouffe: FAUX
Personne ne vous oblige à manger tous les jours du fast-food. Il y a bien d’autres choix!
Tout le monde porte une chemise de bûcheron à carreaux: VRAI & FAUX
Non, tout le monde n’en porte pas. Mais oui, elle a cette dimension traditionnelle et vintage qui, aujourd’hui, est plutôt incontournable dans la mode.
Les Québécois sont chaleureux et accueillants: VRAI
On pourrait rajouter polis, ouverts et respectueux et qu’il y a toujours des exceptions, comme partout ailleurs.
Les Québécois sont hypocrites: FAUX
C’est un cliché étrangement très présent chez les Français, peut-être dû à la politesse des Québécois, le respect dont ils font généralement preuve et leur envie d’éviter le conflit.
Le tutoiement est automatique: VRAI
Oui, très souvent. Mais beaucoup moins lorsque l’on s’adresse à des personnes âgées ou dans des conditions professionnelles.
L’accent et les expressions sont difficiles à comprendre: VRAI & FAUX
Oui, il faut apprendre les expressions et s’habituer au parler québécois. Mais ce n’est pas plus compliqué que de comprendre l’accent et les expressions de Lille, de Saint-Étienne ou de Marseille par exemple.
Page après page, je vais m’efforcer de vous présenter le Québec tel qu’il est, avec ses qualités et ses défauts. Pas de cliché, pas d’a priori. Et pour vous mettre dans l’ambiance, je vais continuer de vous interpeller directement, comme si nous discutions ensemble autour d’une pinte de bière dans une brasserie montréalaise. Parfois, il est possible que vous trouviez des expressions et des façons de s’exprimer un peu plus québécoises que françaises. Ainsi, vous pourrez commencer à vous habituer au parler québécois, si riche et particulier, et peut-être au détour d’un chapitre, vous entendrez même cet accent chantant qui pourrait devenir votre quotidien.
Dans ce livre, lorsqu’il est fait mention du dollar, il s’agit bien du dollar canadien. Dans le cas contraire, il est précisé «dollar américain».
CHAPITRE I
HISTOIRE DU QUÉBEC
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Peut-être pensez-vous que le Québec n’a pas d’histoire et que celle-ci remonte à cinq siècles à peine. Et pourtant, même si l’histoire québécoise est assurément plus courte que l’histoire européenne, il ne faut pas la sous estimer. Afin de mieux comprendre le Québec d’aujourd’hui, il est primordial de connaître les grandes étapes de son histoire. Il faut comprendre que toutes les questions que se pose la société québécoise moderne, toutes ces interrogations politiques qui animent les débats, découlent naturellement des bases fondatrices de la province et du pays. Alors, si vous ne souhaitez pas plonger tête la première dans des ouvrages entiers traitant d’histoire québécoise, profitez de ce rapide aperçu.
LA COLONISATION
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Tout commence bien avant le XVe siècle et la décision des Européens d’explorer une nouvelle route des Indes. À cette époque, le territoire québécois était déjà occupé par trois grands peuples autochtones: les Inuits au nord, ainsi que les Algonquiens et les Iroquoiens. Ces deux derniers peuples étaient eux-mêmes séparés en dix nations amérindiennes organisées, entre autres, sur les plans politiques et culturels.
Ce n’est qu’en 1534 et 1535, plusieurs années après les premières expéditions maritimes envoyées par les Européens vers le Nouveau Monde (l’Amérique), que le Royaume de France décide de coloniser ce qu’on appelle alors la Nouvelle France. Ces expéditions, menées par l’explorateur Jacques Cartier, auront pour conséquence l’installation des premières habitations françaises et la création du Canada, sur les terres qui constituent le Québec actuel.
Pendant plus de deux siècles, la colonisation s’est ensuite développée sur les bases du commerce de fourrures et de l’évangélisation. Organisation politique et militaire, création d’hôpitaux et d’écoles: une nouvelle société se construisait, au fur et à mesure de l’arrivée des colons.
Vers la fin du XVIIe siècle, la venue des Filles du Roy (700 jeunes femmes célibataires envoyées par le roi Louis XIV) va grandement participer à l’expansion de la population et emmener la colonie française à son apogée. Mais depuis plusieurs années, la colonisation britannique se développait beaucoup sur le reste du continent. Ainsi, le Royaume de Grande-Bretagne remporta des batailles décisives en plus de gagner du terrain sur les colonies françaises. La guerre de Conquête était lancée, et son issue sera fatale pour les troupes françaises.
Avec la signature des articles de capitulation de Montréal, l’année 1760 marquera la fin de l’emprise française sur le Canada. Et après trois années de régime militaire britannique, le roi Louis XV signera finalement le traité de Paris, abandonnant le Canada et laissant à son propre sort une population de 60 000 Canadiens-français. Le premier Empire britannique annexait désormais la vallée du Saint-Laurent, déjà officieusement appelée la «Province de Québec».
LA CONSTRUCTION DU QUÉBEC MODERNE
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Le XIXe siècle vit de nombreuses manœuvres politiques ayant pour but d’unifier le Canada et de procéder à l’assimilation culturelle de l’ensemble des Canadiens. Malgré cette volonté politique, les Canadiens issus des vagues de colonisation françaises se sont battus pour préserver leur identité et se sont regroupés sous le nom de Canadiens-français, en opposition aux Canadiens-anglais.
C’est en 1867 qu’est véritablement né le Canada et, par la même occasion, le Québec, en tant que province fondatrice. Nouvellement créée, le Québec se fondait ainsi avec la nation canadienne-française, qui allait connaître un mouvement militant autour de la défense de son identité et de ses droits. La province développa des symboles de fierté nationale et autres organisations populaires qui constituent aujourd’hui encore l’identité du Québec (les caisses populaires Desjardins, le Club de Hockey Canadien…).
De 1944 à 1959, Maurice Duplessis prend le pouvoir au Québec. Appuyé par le clergé et les élites traditionnelles, il va se placer en défenseur de l’autonomie provinciale face au pouvoir fédéral et en 1948, il adopte le «Fleurdelisé» comme drapeau officiel du Québec. Mais alors que la société se voit frappée de plein fouet par le changement social d’après-guerre (aux niveaux démographique, culturel, technologique, etc.), le gouvernement Duplessis durcit son ton conservateur, n’écoutant pas le mécontentement général de la population. Cette période est aujourd’hui connue sous le nom de Grande noirceur, traduisant explicitement le sentiment d’oppression du peuple québécois à l’époque.
C’est l’élection du Parti Libéral au gouvernement provincial en 1960 qui va finalement apporter le changement et la liberté tant attendus par l’ensemble de la population québécoise. Cela marquera le début de la Révolution tranquille, période de renouveau pour une population trop longtemps gardée dans l’ombre du conservatisme. Alors que la laïcité gagne du terrain, les réformes s’enchaînent à vive allure dans les domaines sociaux, éducatifs, économiques et de la santé, menant entre autres à la création du Code du Travail, du ministère de l’Éducation ou de l’Office de la langue française.
LA QUESTION DE LA SOUVERAINETÉ
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C’est ensuite politiquement – et face à la culture anglo-américaine – que le Québec va s’émanciper, jusqu’à rayonner à l’international grâce à des événements tels que l’Exposition universelle de 1967 et les Jeux Olympiques d’été de 1976. La même année, le Parti Québécois de René Lévesque est porté au pouvoir et forme le premier gouvernement dit «souverainiste», qui commencera par améliorer les droits linguistiques des Québécois, grâce entre autres, à la Charte de la langue française – dont vous entendrez souvent parler sous le nom de Loi 101.
Le sujet de la souveraineté du Québec, de son indépendance par rapport au reste du Canada, prend alors de plus en plus d’importance dans la société québécoise et en 1980, les Québécois sont invités à s’exprimer une première fois sur la question. Mais le résultat est sans appel: la population vote Non à près de 60%. Ce n’est que quinze années plus tard, en 1995, que le Québec sera une nouvelle fois appelé aux urnes pour décider de l’avenir de la province. Cette fois-ci, le débat est encore plus virulent et les résultats bien plus serrés. Le Non l’emportera une nouvelle fois, mais seulement par 50,58% des votes.
Ce résultat est encore très présent dans l’esprit du peuple québécois et la question de la souveraineté est un sujet très sensible qu’il est important de ne pas traiter à la légère. Même si beaucoup de Québécois estiment que ce sujet n’est plus d’actualité et que d’autres problèmes doivent être traités en priorité (santé, éducation, etc.), il n’est pas impossible qu’un nouveau débat et un référendum soient proposés au peuple québécois dans les années à venir.
LES AUTOCHTONES
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Aussi appelé Indiens, Amérindiens ou Premières Nations, les autochtones du Québec sont toujours présents sur le territoire mais de manière éparse, et sont en majorité installés dans des réserves.
Les autochtones sont aujourd’hui près de 90 000 au Québec, appartenant à la nation inuite ou bien à l’une des dix nations amérindiennes:
- Mohawks (dans la région de Montréal),
- Hurons (dans la région de Québec),
- Algonquins (en Outaouais et Abitibi-Témiscamingue),
- Attikameks (en Mauricie),
- Innus (ou Montagnais), Naskapis et Cris (dans le Grand Nord),
- Abénaquis, Malécites et Micmacs (sur la rive sud du Saint-Laurent).
Historiquement, les autochtones ont beaucoup échangé avec les premiers colons européens, mettant sur pied des ententes commerciales et des alliances. En conséquence, les tensions se sont accrues entre les tribus amérindiennes et beaucoup de guerres intertribales ont éclaté – beaucoup plus qu’entre les autochtones et les colonies européennes. La population amérindienne a alors diminué rapidement, à cause des guerres mais aussi des maladies véhiculées par les Européens.
Ce n’est qu’à partir du XIXe siècle que la question de société des Premières Nations commence à se poser. Des terres vont être réservées à leur usage afin de les regrouper et de les sédentariser: c’est l’apparition des premières réserves amérindiennes. À partir de ce moment, commence l’assimilation des autochtones, ou ce qu’on appelle à l’époque, la Civilisation graduelle. Cela se fait de façon assez maladroite et ségrégationniste, partant du principe que la culture coloniale était la meilleure et supérieure à la culture indienne. Un Indien pouvait renoncer à son titre d’Indien et devenir citoyen, à condition qu’il fasse une croix sur sa propre culture, qu’il parle français ou anglais, qu’il ait reçu une éducation donnée par les colons, etc. L’identité culturelle amérindienne s’est inévitablement effritée, laissant place à une civilisation perdue entre deux courants sociétaux: celui de leurs ancêtres et celui qui leur était imposé par les colonies.
Au cours du XXe siècle et de l’industrialisation (chemins de fer, hydroélectricité…), les autochtones se sont vus souvent déplacés et privés de leurs terres. De plus en plus solitaires au sein des réserves, leur écosystème et leur culture en ont été perturbés. Ils deviennent dépendants de l’aide gouvernementale. La Loi sur les Indiens est créée en 1951: elle s’applique aux réserves indiennes et régente entre autres, leur éducation, les limites des territoires, une fiscalité particulière…
Aujourd’hui, cette loi sur les Indiens est toujours en vigueur mais a subi quelques modifications. Les nations amérindiennes sont représentées politiquement par l’Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador. Le sujet des autochtones est toujours aussi brûlant et empreint de controverses, et les Premières Nations se battent encore pour être reconnues, pour défendre leurs droits et leur environnement.
Ce paragraphe n’étant qu’un bref aperçu de l’histoire et de la situation autochtone, je me permets un conseil. N’essayez pas de faire valoir votre avis sur la question si vous n’en connaissez pas mieux les tenants et les aboutissants. C’est un sujet très complexe et sensible qu’il faudra, s’il vous intéresse, étudier en profondeur en consultant des sites internet d’information, des ouvrages dédiés et pourquoi pas, en allant voir par vous-même ce qu’est une réserve amérindienne.
Pour en savoir plus au sujet des autochtones:Les autochtones et le Québec.Des premiers contacts au Plan Nord.Sous la direction d’Alain Beaulieu, de Stéphan Gervais et de Martin PapillonPresses de l’Université de Montréal, 2013.Site Web: Chaire de recherche du Canada sur la question territoriale autochtone Université du Québec à Montréalhttp://www.territoireautochtone.uqam.caSite Web: Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labradorhttp://www.apnql-afnql.comPour en savoir plus au sujet de l’histoire du Québec:Un ouvrage facile à lire, facile à se procurer, récent et complet.L’Histoire du Québec pour les nulsÉric Bédard – Pour les nuls, 2012CHAPITRE II
GÉOGRAPHIE DU CANADA ET DU QUÉBEC
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Le Canada est le second pays le plus étendu au monde en termes de superficie totale. En effet, en affichant 9 984 670 km2 de superficie, dont près d’un dixième est de l’eau, le Canada arrive tout juste après la Russie et un peu avant la Chine et les États-Unis. Certes, plus vous monterez au Nord, moins vous rencontrerez de zones peuplées mais il est important de se rendre compte que cette immensité représente le Canada. Il s’agit d’un seul et unique pays qui est quasiment aussi étendu que l’Europe tout entière et qui couvre six fuseaux horaires.
D’UN OCÉAN À L’AUTRE
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A mari usque ad mare signifie littéralement «de la mer jusqu’à la mer» ou plus communément «d’un océan à l’autre». Telle est la devise du Canada, qui s’étend de l’océan Atlantique (à l’est) jusqu’à l’océan Pacifique (à l’ouest). Au sud, le pays partage sa frontière avec les États-Unis, et il en est de même au Nord-Ouest (avec l’état de l’Alaska). Au Nord-Est, c’est par le Groënland (Danemark) que le Canada est bordé. À noter aussi: la présence à l’Est, au large de Terre-Neuve, de l’archipel de Saint-Pierre-et-Miquelon, une collectivité d’outre-mer française. Enfin, certaines régions arctiques, au nord du Canada, représentent actuellement un sujet de discorde international: ces lieux stratégiques, tant d’un point de vue géographique que des ressources naturelles, sont revendiqués par plusieurs pays (Danemark, Russie, États-Unis…). Et ce problème géostratégique ne semble pas aller en s’arrangeant, surtout avec la fonte prévue de la banquise.
Le Canada est divisé en trois territoires et dix provinces.
- Les territoires: le Yukon, le Nunavut et les Territoires du Nord-Ouest
- Les provinces: la Colombie-Britannique, l’Alberta, la Saskatchewan, le Manitoba, l’Ontario, le Québec, Terre-Neuve-et-Labrador, le Nouveau-Brunswick, l’Île-du-Prince-Édouard et la Nouvelle-Écosse (ces trois dernières sont aussi appelées les provinces maritimes, et on y trouve une grande partie des Acadiens, descendants des premiers colons).
En tout, ce sont près de 35 millions de Canadiens qui peuplent ces provinces et territoires, mais les plus fortes densités de population se concentrent essentiellement dans la frange la plus au sud du pays. D’ailleurs, les cinq agglomérations les plus peuplées du Canada sont:
- Toronto, capitale de l’Ontario (5,5 millions),
- Montréal, regroupant Laval, Longueuil et Terrebonne (3,8 millions),
- Vancouver, capitale économique de Colombie-Britannique (2,3 millions),
- Ottawa/Gatineau, la capitale fédérale du Canada et la ville québécoise qui la jouxte (1,2 million),
- Calgary, la plus grande ville d’Alberta (1,2 million).
LA NATURE CANADIENNE
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Non, ce n’est absolument pas un cliché: le Canada est vraiment réputé pour ses grandes étendues et sa nature à perte de vue.
D’abord, deux chaînes de montagnes principales se détachent. Il y a les Montagnes Rocheuses à l’ouest du pays, allant de l’Alaska jusqu’au Mexique en passant par le Yukon, la Colombie-Britannique et l’Alberta. Puis, il y a les Appalaches, qui partent du sud-est des États-Unis et qui remontent jusqu’aux provinces maritimes en passant par le Québec.
Ensuite, étant donné la diversité des climats auxquels il est exposé, le Canada compte un grande nombre d’écosystèmes bien différents regroupés en écorégions, ou biomes. Dans le sud du pays prennent place les forêts tempérées, des forêts d’arbres à feuilles caduques, qui à l’automne, vont présenter ces magnifiques couleurs tellement photogéniques. Dans l’ouest du pays, ce sont des forêts de conifères tempérées qui vont prédominer. Au centre-sud, les immenses étendues d’herbes (avec très peu d’arbres) constituent les prairies. Dans une très large partie nord, c’est la taïga (appelée aussi la forêt boréale), essentiellement constituée de conifères adaptés au froid. La taïga est le biome le plus répandu au Canada et il faut savoir que près de 15% de cette forêt est encore totalement vierge, sans aucun accès terrestre! Pour finir, la toundra, constituée surtout de mousses et de lichens, s’étend sur les régions les plus au nord du Canada.
Complétant cette végétation omniprésente, il y a l’eau, qui recouvre à elle seule près de 9% de la superficie du Canada. Bien sûr, il y a les lacs, avec en particulier les fameux Grands Lacs qui forment, pour la plupart, une frontière naturelle entre le Canada et les États-Unis. Parmi ces cinq immenses étendues d’eau, quatre sont partagées entre les deux pays (lacs Supérieur, Huron, Érié et Ontario) alors que le lac Michigan est uniquement en territoire américain. Les rivières ne manquent pas, ainsi que des grands fleuves (Fraser en Colombie-Britannique, Nelson au Manitoba, Churchill à Terre-Neuve…), dont certains comme le Saint-Laurent au Québec, ont permis la mise en place des grands foyers de population et des grands centres économiques, comme le port de Montréal par exemple.
Pour finir, il serait impossible de parler de nature sans parler de ressources naturelles. Et le Canada en possède beaucoup, elles constituent l’une de ses grandes forces économiques. La principale ressource naturelle est évidemment l’eau, et plus particulièrement l’eau douce dont le pays possède une grande quantité (lacs, rivières, fleuves, glaciers…). Grâce à ses grands barrages, le pays produit aussi beaucoup d’hydroélectricité. Cette énergie propre est la principale ressource énergétique pour plusieurs provinces telles que Terre-Neuve ou le Québec par exemple. Les gigantesques étendues de forêts quant à elles fournissent le bois d’oeuvre et génèrent une industrie forestière florissante.
Ce n’est pas tout. La production minière apporte de l’or, du fer, du zinc, du titane… mais aussi du pétrole essentiellement dans l’Alberta et le Nord (sans compter les gisements non exploités). Enfin, plusieurs gisements de gaz naturel sont aussi exploités au Canada.
Le sujet des ressources naturelles fait souvent débat au Canada, et ce, quelle que soit la province. L’exportation de certaines ressources, telles que l’eau douce et l’hydroélectricité vers les États-Unis par exemple, est un sujet de discorde patent. Sans parler de l’exploitation de gaz de schiste dont les impacts sont encore au centre des préoccupations des Canadiens.
LE QUÉBEC
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Deuxième province canadienne en nombre d’habitants (un peu plus de 8 millions), le Québec s’étend sur 1 667 441 km2, ce qui correspond à près à trois fois la superficie de la France. Il partage une frontière avec les États-Unis au sud, ainsi qu’avec trois provinces canadiennes, Terre-Neuve-et-Labrador à l’est, le Nouveau-Brunswik au sud-est et l’Ontario à l’ouest.
Près de la moitié des Québécois se trouvent dans l’agglomération de Montréal, qui compte les villes de Laval et Terrebonne (banlieue nord), et Longueuil (banlieue sud). Ensuite, viennent les agglomérations de Québec (la capitale, avec plus de 750 000 habitants), puis Sherbrooke (200 000 habitants), Saguenay et Trois-Rivières (150 000 habitants chacune).
Très étendu, le Québec ne compte pas moins de quatre des écosystèmes présents au Canada. Ainsi, en partant de la frontière américaine et en remontant vers le nord, on traverse des forêts de feuillus avant de découvrir les conifères de la forêt boréale, puis les immenses étendues de taïga et de toundra. Sachez d’ailleurs que la forêt recouvre un peu plus de 45% du territoire québécois (environ 760 000 km2), ce qui, pour donner une idée, est plus étendu que la superficie totale de la France!
Autre chiffre à retenir: l’eau est présente sur plus de 20% du territoire québécois, avec plusieurs milliers de rivières et plus d’un demi-million de lacs! Puis, il y a évidemment le fleuve Saint-Laurent, l’un des plus grands au monde, une immense voie navigable permettant de relier les Grands Lacs (où il prend sa source) à l’océan Atlantique. D’ailleurs, grâce au Saint-Laurent, Montréal est jusqu’à aujourd’hui le port intérieur le plus important au monde. Grâce à ses cours d’eau, le Québec produit une énergie propre, qui représente plus de 90% du parc de production électrique. La société d’État Hydro-Québec fournit presque toute cette hydroélectricité et la distribue grâce à l’un des réseaux les plus étendus d’Amérique du Nord. Aussi, il est important de remarquer que la province du Québec dispose à elle seule de près de 3% des ressources d’eau douce renouvelable du monde, véritable enjeu international.
Enfin, il faut noter l’importance des mines québécoises, principalement situées dans les régions plus au nord de la province (Matagami, Chibougamau, Saguenay…). Le Québec se démarque essentiellement par ses productions de zinc, d’or et de fer – parmi les plus grosses au Canada – mais aussi de nickel, titane, argent, cuivre, etc. C’est une richesse économique majeure.
CHAPITRE III
CLIMAT
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La météo est l’un des sujets de discussion préférés des Québécois, que ce soit autour de la machine à café ou ailleurs. Et, il y a toujours quelque chose à dire, tant le climat québécois est varié, passant d’un extrême à l’autre, accumulant en quelques heures plus de neige que vous n’en avez peut-être jamais vue au cours de toute votre vie, ou offrant des chaleurs si intenses et humides qu’on se croirait sous les tropiques! Il est normal de se demander si vous devez avoir peur du climat québécois (même si la réponse est de toute évidence: non). Il faut simplement y être préparé, autant mentalement que matériellement.
QUATRE SAISONS
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Non, il ne fait pas toujours froid. Si vous arrivez au Québec entre mai et octobre, vous pouvez laisser le gros pull-over tricoté par votre grand-mère, dans votre valise! À part, peut-être, si vous partez vous aventurer dans le grand nord québécois à l’automne…
Comme la quasi-totalité des immigrants, vous allez certainement vivre dans le sud du Québec (Gatineau, Montréal, Sherbrooke, Québec…) où vous goûterez aux joies de quatre saisons bien marquées.
Le printemps est court, il prend place aux alentours des mois de mai et juin. C’est une des saisons les plus agréables car les journées s’allongent et se réchauffent, le soleil brille souvent. Le plus impressionnant est sans aucun doute la vitesse à laquelle la nature se transforme après les longs mois d’hiver. La température est parfaite pour se balader, même si en soirée, il fait frais.
L’été est chaud et humide, entre les mois de juillet et septembre. Il n’est pas rare de voir un lourd soleil en journée suivi par de violents orages en soirée! L’humidité va souvent rendre la chaleur étouffante, dépassant régulièrement les 30 °C. Parfois difficile à supporter en ville, cette chaleur est plus agréable dans les campagnes.
L’automne, entre octobre et novembre, marque par ses magnifiques couleurs. Ce n’est pas un cliché: vous n’avez probablement jamais rien vu de semblable. En revanche, le climat est souvent capricieux, passant de belles journées ensoleillées à de tristes journées pluvieuses, tantôt froides, tantôt tempérées. C’est à l’automne qu’on attrape le plus facilement des rhumes!
L’hiver, source de la plupart des peurs des nouveaux arrivants, est une saison longue, qui s’étale généralement de décembre à avril. La neige tombe en abondance, offrant des tempêtes parfois impressionnantes, qui peuvent sévir jusqu’à fin avril. Quant au thermomètre, il va rapidement afficher des températures négatives, dès le mois de novembre pour atteindre une moyenne de -10 °C (selon les régions).
C’est une moyenne: il n’est pas rare de tomber en dessous des -20 °C ou -30 °C, qui peuvent parfois se traduire par des températures ressenties de -30 °C à -40 °C avec le refroidissement éolien.
La période qui marque la fin de l’hiver juste avant l’arrivée du printemps n’est pas la plus belle à voir: la fonte des neiges offre un triste spectacle, en ville surtout…
Voici un aperçu des températures moyennes par mois, dans quatre villes québécoises (en °C):
!De nombreuses autres données climatiques sur le site de Climat-Québecwww.climat-quebec.qc.caSE PRÉPARER À L’HIVER
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L’hiver est la saison à laquelle il va falloir se préparer. Par conséquent, vous vous demandez peut-être comment vous allez y survivre. La première chose à faire est justement d’arrêter de penser qu’il faut «survivre» à l’hiver. Non, il ne faut pas survivre à l’hiver. En fait, il faut seulement le dompter.
Pour ça, il faudra changer certaines habitudes. Par exemple, éviter de se balader avec insouciance un soir où il fait -30 °C, ou bien déneiger ses escaliers après une grosse tempête pour éviter de se faire une entorse. Ou encore, prendre toujours une paire de chaussures de rechange pour aller en soirée… Ces automatismes hivernaux deviendront naturels, qu’ils soient agréables ou un peu moins.
Pour dompter l’hiver, il vous faudra aussi de bons vêtements. Oubliez les petites vestes à la mode et les jolies petites chaussures pour quelques mois (enfin, quand vous mettez le nez dehors) et notez que trois indispensables ne doivent jamais être négligés:
- un bon manteau adapté à l’hiver canadien (de marque Canada Goose, Rudsak, NorthFace, Kanuk, par exemple);
- des bottes/bottines pour les jours de neige et de grand froid. La meilleure option? En cuir doublé avec de la (fausse) fourrure.
- Le traditionnel combo «écharpe-gants-bonnet». Faites très attention au choix des gants surtout, quitte à acheter deux paires: une paire très chaude pour les journées d’extrême froid et une paire plus légère pour les journées plus douces.
Finalement, pour dompter l’hiver, apprenez simplement à l’aimer. De nombreuses façons de profiter des joies de l’hiver existent: patiner en extérieur, faire du ski ou de la pêche sur glace. Vous pourrez aussi arpenter les festivals d’hiver comme le Carnaval de Québec ou Montréal en Lumières, pendant lesquels les Québécois fêtent l’hiver, à l’extérieur bien sûr! Et toutes les balades que vous pourrez faire en dehors des villes. Vous profiterez de la nature comme jamais.
Vous trouverez peut-être que l’hiver est long, surtout à partir du mois de février, mais vous apprécierez certainement tout ce qu’il peut offrir. Si, si…
CHAPITRE IV
ÉCONOMIE
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Le Québec n’est qu’une province du Canada. Pourtant, en se penchant sur l’économie du Québec, on constate qu’à elle seule, la province est aussi solide que bien d’autres pays du globe. De nombreux secteurs économiques québécois ont une place significative aujourd’hui à l’international, et les exportations vers les États-Unis et ailleurs se portent très bien. On entend souvent dire que le Québec a été épargné par la crise de 2007-2008 dont la plupart des pays occidentaux subissent encore les effets aujourd’hui. Pas étonnant, dès lors, que certains rêvent toujours d’un Québec souverain…
UNE CONJONCTURE SOLIDE
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L’économie québécoise est solide, elle a bien résisté à la crise et à la récession qui ont touché les États-Unis après 2007. Cela étant, le PIB a connu des hauts et des bas. Début 2014, le PIB par habitant au Québec tourne autour de 35 000 dollars américains. Nous parlons ici du PIB dit «PPA», c’est-à-dire calculé en «parité de pouvoir d’achat», critère retenu par la Banque Mondiale ou le FMI, par exemple.
Ce PIB/habitant québécois est parfois pointé du doigt car plus faible que le PIB de l’ensemble du Canada (42 000 dollars environ) ou même que celui de la province d’Ontario voisine (autour de 38 000 dollars). Mais cela reste une statistique de pays riche. À titre de comparaison, la France a un PIB par habitant de 36 000 dollars et la Belgique, 39 000 dollars. Le Québec est donc un «pays» très développé et puissant économiquement.
L’économie de la province est notamment basée sur ses exportations, qui représentent environ la moitié de son PIB. Des exportations qui dépendent à 85% du grand voisin américain, ce n’est pas vraiment une surprise. Le Québec, riche de ses ressources naturelles, exporte celles-ci en grande quantité. Les plus importantes sont les exportations de produits miniers, de bois et de papier, mais aussi l’électricité (hydroélectricité, plus exactement) ainsi que des produits alimentaires, principalement porc et soja.
Le Québec exporte enfin du textile, des machines et des outils, mais c’est aussi un très gros exportateur de produits électroniques et électriques: circuits imprimés, circuits intégrés, etc. et de matériaux de transports (essentiellement dans l’aérospatiale).
Bien entendu, comme la majorité des pays dits industrialisés, l’économie québécoise est devenue une économie tertiaire. Le secteur des services représente plus de 70% de l’activité économique.
LES PRINCIPAUX SECTEURS ÉCONOMIQUES
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Le secteur des mines et le secteur de l’aluminium
Le secteur minier emploie plus de 18 000 personnes au Québec et a recommencé à embaucher depuis le début des années 2010. La production minière se chiffre entre 8 et 9 milliards de dollars par an, un chiffre qui a pris beaucoup d’ampleur grâce à l’augmentation de la valeur de certains minerais tels que l’or et le fer par exemple. Côté transformation, le secteur de l’aluminium est très important au Québec (plus de 7 000 emplois) grâce à des entreprises comme Rio Tinto par exemple. Le Québec représente plus de 90% de la production d’aluminium du Canada, ce qui le place, au niveau mondial, juste derrière la Chine et la Russie.
Le secteur de l’énergie
La production de l’énergie hydroélectrique a permis le développement économique de plusieurs régions québécoises (Saguenay, Mauricie). Aujourd’hui, plus de 20 000 personnes sont employées par la société Hydro-Québec à travers la province.
Le secteur forestier et le secteur de pâtes et papiers
Grâce à des ressources naturelles renouvelables abondantes, le secteur forestier est encore très puissant au Québec. Même s’il est en crise depuis plusieurs années, ce secteur est primordial pour l’industrie manufacturière et en particulier pour l’industrie des pâtes et papiers. Cette dernière est d’ailleurs un autre pilier de l’économie québécoise, représentée par des entreprises comme Cascades, qui emploie a elle seule plus de 12 000 personnes.
Les secteurs de l’agriculture, de la pêche et de l’agroalimentaire
Fruits, légumes, céréales, lait, volaille, bœuf, porc, poisson ou encore sirop d’érable: les secteurs de l’agriculture (particulièrement dans la vallée du Saint-Laurent) et de la pêche, sont aussi des atouts québécois. Avec un peu moins de 30 000 exploitations agricoles réparties sur le territoire, ce secteur pèse environ 7 milliards de dollars et emploie plus de 50 000 personnes. Toutes les activités qui en découlent consolident aussi l’économie québécoise. L’industrie de la transformation alimentaire (principalement la viande, la boulangerie et les produits laitiers) compte près de 65 000 travailleurs dans la province, essentiellement aux alentours de Montréal (Danone, Kraft, Saputo, Agropur…). Les grossistes alimentaires et les magasins d’alimentation emploient environ 150 000 personnes. Et le plus impressionnant pour la fin: plus de 20 000 restaurants, bars et traiteurs génèrent plus de 250 000 emplois au Québec ainsi qu’un chiffre d’affaires d’environ 13 milliards de dollars annuels!
Le secteur de l’aérospatiale et le secteur des transports terrestres
Après Seattle et Toulouse, Montréal est le troisième plus grand centre de l’industrie aérospatiale. Le Québec joue donc un rôle non négligeable dans ce domaine, derrière les États-Unis, la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni et le Japon. Plus de 200 entreprises et 40 000 employés dégagent environ 12 milliards de dollars chaque année, particulièrement grâce à l’exportation. En parallèle, l’industrie des transports ne démérite pas grâce au ferroviaire et à l’automobile. Les principaux leaders s’appellent Bombardier, Air Transat, Dassault, Héroux-Devtek, CAE et bien d’autres…
Les services
L’économie québécoise a développé un secteur des services puissant. Avec des entreprises comme les Caisses populaires Desjardins ou la Banque Nationale du Canada (basée à Montréal), le secteur des finances et de l’assurance tire son épingle du jeu et offre plusieurs dizaines de milliers d’emplois aux Québécois. Il en est de même pour l’industrie pharmaceutique, grâce à la présence de nombreuses multinationales telles que Johnson & Johnson, Sanofi-Aventis ou Pfizer par exemple. Les secteurs de la biotechnologie, des systèmes optiques et des systèmes photoniques ne sont pas non plus en reste avec quelques milliers d’emplois.
Le secteur des technologies de l’information fait beaucoup parler de lui ces dernières années au Québec, car il connaît une forte croissance. Il produit de plus en plus de richesse et embauche en conséquence. Le territoire héberge désormais des grandes entreprises de télécommunication (Motorola, Ericsson…), de jeux vidéos (Ubisoft, Electronic Arts, Activision, Eidos…) ou encore de microélectronique (IBM).
Enfin, le Québec est aussi connu pour son industrie touristique florissante qui génère pas moins de 400 000 emplois dans la province. Les villes québécoises attirent des touristes venus du Canada et du monde entier, surtout grâce aux festivals réputés de Montréal et au style architectural si typique de la ville de Québec.
La recherche et le développement
Dans la majorité de ces secteurs économiques, la recherche et le développement sont particulièrement importants. Gros investisseur en R&D depuis plusieurs années, le Québec mise évidemment sur l’innovation pour améliorer son économie et développer ses savoir-faire dans le monde entier.
CHAPITRE V
POLITIQUE
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La politique au Québec est un sujet qui peut rapidement enflammer la discussion. La meilleure façon d’en savoir un peu plus sur la politique québécoise, c’est évidemment de lire les journaux, de regarder certaines émissions de télévision et surtout de discuter avec les Québécois – avec celles et ceux qui sont ouverts à ce genre de discussions. Ce n’est pas facile d’en comprendre rapidement toutes les subtilités, il vous faudra peut-être plusieurs années, mais c’est très vite passionnant.
LE SYSTÈME POLITIQUE
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Si vous souhaitez rentrer dans le détail du fonctionnement des régimes politiques canadien et québécois, vous pouvez lire des pages et des pages et y passer des heures. Mais si vous souhaitez comprendre les bases, pour ne pas être complètement hors-jeu, voici ce que vous devez retenir.
- Le Canada est une fédération. Les pouvoirs sont partagés entre le gouvernement fédéral et les dix provinces canadiennes.
- Le Canada est une monarchie constitutionnelle. Le chef d’État, c’est la Reine d’Angleterre. Mais c’est le Premier ministre du Canada qui est le chef du gouvernement canadien, et qui détient donc le réel pouvoir exécutif. Le Premier ministre du Québec, lui, est le chef du gouvernement québécois.
- Au Canada, comme au Québec, c’est un système parlementaire qui s’applique. Le parlement du Canada est à Ottawa (Ontario) et le parlement du Québec, dans la ville de Québec.
- Les élections canadiennes et québécoises utilisent le scrutin uninominal majoritaire à un tour. On choisit un député parmi plusieurs candidats dans sa circonscription, en un seul et unique tour. On ne vote donc pas directement pour les Premiers ministres du Canada et du Québec, qui sont élus par l’Assemblée. Dans les faits, les Premiers ministres sont généralement les chefs des partis qui récoltent le plus de sièges au Parlement.
Officiellement, les élections canadiennes, comme les élections québécoises, se déroulent à date fixe, tous les quatre ans. Pourtant, il est commun de voir des élections être déclenchées, après que le gouvernement ait été renversé par l’opposition, ou après que le Premier ministre l’ait demandé, souvent au moment qu’il juge le plus opportun, politiquement parlant. Le calendrier électoral est donc fluctuant, une pratique assez proche de la Grande-Bretagne.
Lors de l’élection des députés au Parlement, que ce soit à Ottawa ou à Québec, c’est le parti qui obtient le plus de sièges qui est élu. Si ce parti obtient plus de la moitié des sièges, on dit qu’il est majoritaire. S’il obtient moins de la moitié des sièges, il est minoritaire, c’est-à-dire que les députés de l’opposition (tous partis confondus) sont plus nombreux. Ainsi, au provincial comme au fédéral, il est officiellement possible, à plusieurs moments (lors du dépôt du budget, ou d’un vote de confiance sur une loi par exemple), que l’opposition renverse le gouvernement en place et provoque des élections.
LES PRINCIPAUX PARTIS
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Au niveau fédéral, deux partis ont historiquement tiré leur épingle du jeu en gagnant tour à tour le pouvoir au Canada.
Le Parti conservateur du Canada
Comme son nom l’indique, il défend une idéologie des plus conservatrices, à la droite de l’échiquier politique. Même si la comparaison n’est pas idéale, il pourrait s’apparenter à l’aile droite de l’UMP française.
Figures célèbres: Stephen Harper, Peter MacKay.
Le Parti libéral du Canada
Avec une idéologie libérale, sociale-libérale et progressiste, ce parti défend aussi bien des idées économiques que l’on qualifierait de droite, que des idées sociales correspondant davantage à notre acception de la gauche. On pourrait le situer à l’aile droite du Parti socialiste français ou au centre.
Figures célèbres: Justin Trudeau, Michael Ignatieff, Bob Rae, Stéphane Dion.
Toujours au niveau fédéral, deux autres partis ont fait élire de nombreux députés.
Le Nouveau Parti démocratique (le NPD)
Son idéologie est la plus à gauche dans le paysage politique canadien. Il peut être comparé au PS français. Lors des élections de 2011, le NPD a fait un coup d’éclat en raflant 100 sièges à la Chambre des Communes du Canada et en formant de ce fait l’opposition officielle. Son chef de l’époque, Jack Layton, décédera d’un cancer quelques mois après l’élection, suscitant une vive émotion au Canada.
Figures célèbres: Thomas Mulcair, Brian Topp, Jack Layton.
Le Bloc québécois
Avec son idéologie sociale-démocrate (ancrée généralement à gauche), ce parti se démarque essentiellement par son nationalisme québécois et sa défense du souverainisme. Les élections de 2011 furent un échec cinglant pour le Bloc, qui a du mal a s’en relever.
Figures célèbres: Gilles Duceppe, Lucien Bouchard.
Au niveau provincial, deux principaux partis se disputent aussi le pouvoir depuis de nombreuses années.
Le Parti québécois
Défendant le souverainisme québécois, ce parti milite pour une idéologie socialedémocrate que l’on pourrait rapprocher du PS français.
Figures célèbres: Pauline Marois, Bernard Landry, Jacques Parizeau, René Lévesque.
Le Parti libéral du Québec
Idéologiquement proche du Parti libéral du Canada, il défend le nationalisme canadien.
Figures célèbres: Philippe Couillard, Jean Charest, Robert Bourassa, Claude Ryan.
Deux autres partis arrivent aussi à se faire entendre au niveau provincial.
La Coalition Avenir Québec (ou CAQ, à prononcer en un seul mot)
