15 Nouvelles Érotiques Pour "Elles" - Pascal Labbé - E-Book

15 Nouvelles Érotiques Pour "Elles" E-Book

Pascal Labbé

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15 histoires érotiques "Pour Elles" à déguster seul(e) ou à plusieurs. Ce recueil est spécialement conçu pour "elles", ces femmes qui aiment les femmes. Découvrez le recueil des 15 nouvelles érotiques de "La Boîte à Fantasmes" édition 2024. Sensualité, variété, découvertes et qualité garanties ! Chaque nouvelle se lit séparément pour un plaisir unique à chaque lecture. Nous pensons que plus que jamais le monde a besoin d'enchantement et de joie, et que cela passe aussi par les talents littéraires en matière érotique. Pas vous ? Vous trouverez dans cet ouvrage collaboratif une source d'émoustillement mais aussi de découvertes parfois surprenantes. Découvrez sans attendre le talent de nos 15 auteurs ! "Eva à l'heure", Baptiste "Une leçon à trois", Christine Rossier "Un bisou fugitif", Pascal Labbé "Te peindre à ma faim", Nina Jiang "Le mail", Erine Janin "Essayage", Christine Sabolo "La nuit la plus longue", Pascal Malosse "Fontaines", Jean-Michel Gaudron "Sur les ruines", Romane Amelot "Space Song", Laureana Alycja "La piscine", Skathski "Le pommeau de douche", Patxi Brodkey "Les exilées" Nina Hund "Il était une fois..." Orphée Desbois "Baisers fleuris", Pascal Labbé

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Seitenzahl: 144

Veröffentlichungsjahr: 2024

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Baptiste

Christine Rossier

Pascal Labbé

Nina Jiang

Erine Janin

Christine Sabolo

Pascal Malosse

Jean-Michel Gaudron

Romane Amelot

Laureana Alycja

Skathski

Patxi Brodkey

Nina Hund

Orphée Desbois

L’idée d’un recueil de nouvelles érotiques nous est venue en discutant entre amies autour d’un bon repas.

Notre constat était évident : l’accès au « porno » est aisé, presque trop facile… Mais finalement l’érotisme, le suggestif, les histoires délicieusement croustillantes, n’existent quasi plus.

Dommage non ?

Alors nous avons souhaité y remédier.

Plus que jamais le monde a besoin d'enchantement et de joie, et cela passe aussi selon nous par le plaisir que nous procurent les talents littéraires en matière érotique.

Nous pensons aussi que la richesse du plaisir vient entre autres de la variété, et quoi de mieux qu’un ouvrage collaboratif réunissant les fantasmes de personnes issues de tous les horizons et aux multiples envies ?

Notre projet se veut également inclusif, l’érotisme est universel et nous souhaitons rencontrer tous les publics.

Ce recueil est spécialement conçu pour « elles », ces femmes qui aiment les femmes. Vous y trouverez une source d’émoustillement mais aussi de découvertes parfois surprenantes.

Et puisque vous trouverez ici votre bonheur, sachez que les éditions 2021 et 2023 sont aussi riches d’érotisme. Ces éditions-là s’adressent à un public varié.

Notez aussi que certains textes « pour elles » lauréats de ces recueils sont déjà repris dans le « spécial elles » que vous avez entre vos mains.

Mais… pensez-y : pourquoi ne pas offrir « la Boîte à Fantasmes » en cadeau ? Vous aiderez ainsi nos auteurs à diffuser leurs talents.

Rendez-vous ici : www.boiteafantasmes.com

Et merci aussi de nous aider à relayer les talents littéraires de nos incroyables auteurs sur les réseaux sociaux. Vous nous trouverez tant sur Facebook que sur Instagram. À bientôt !

BONUS : Chaque nouvelle ouvre à une suite !

Vous êtes invités à voter pour les histoires les plus émoustillantes, celles dont vous souhaiteriez pouvoir lire la suite. Et l’imaginaire fera le reste…

Vous avez eu un coup de chaud ? L’un des textes vous a mis en appétit ? Vous bouillonnez d’envie de pouvoir lire la suite des aventures de l’un des protagonistes ?

Et si c’était possible ?

Rendez-vous ici : www.boiteafantasmes.com

Quelques surprises sont au rendez-vous !

Découvrez la Boîte à Fantasmes !

15 contes croustillants pour titiller vos envies.

15 contes érotiques écrits par 15 auteurs de choix sélectionnés spécialement pour « elles » par la « Boîte à Fantasmes ».

Bonne lecture !

Faites-vous vibrer !

SOMMAIRE

« Eva à l’heure », Baptiste

« Une leçon à trois », Christine Rossier

« Un bisou fugitif », Pascal Labbé

« Te peindre à ma faim », Nina Jiang

« Le mail », Erine Janin

« Essayage », Christine Sabolo

« La nuit la plus longue », Pascal Malosse

« Fontaines », Jean-Michel Gaudron

« Sur les ruines », Romane Amelot

« Space Song », Laureana Alycja

« La piscine », Skathski

« Le pommeau de douche », Patxi Brodkey

« Les exilées », Nina Hund

« Il était une fois… », Orphée Desbois

« Baisers fleuris », Pascal Labbé

Eva à l’heure

Baptiste

La tête dans le guidon et les pieds en feu. Voilà deux heures que je guette Eva, elle est censée passer faire un brief après la réunion avec Henry’s. Eva ceci, Eva cela, tralala… Mate ses nouvelles chaussûûûres ! Tout le monde l’adore, alors j’affiche un sourire spécieux à chacun de ses sarcasmes. Elle ne vient qu’avec parcimonie, heureusement. Elle arpente alors la basse-cour, suivie de près par un troupeau de poufs gloussant. Chacune tente de lui soumettre ses doléances, qu’elle n’écoute qu’à moitié. Enfin, après un bon quart d’heure de pavanement, elle me lance avec une nonchalance désobligeante :

– Vous prendrez bien tout en note Clara, hein ?

Puis elle s’en va, le port altier, et le cul large, un cul que je n’hésite pas à railler à la première occasion. Il détonne dans sa silhouette. Où l’a-t-elle trouvé ? On ne saurait pas dire s’il est ferme ou gorgé d’eau. Le pire c’est qu’elle ne le cache même pas, elle le moule, le promène, et l’exhibe aux quatre coins de la bureausphère. C’est d’un grotesque…

Au quotidien, je suis son fantôme. Elle me laisse des messages en réponse à d’autres messages. Je me suis renseignée un jour sur la réelle utilité de mon poste. On m’a répondu que je servais principalement à filtrer, car Madame E. doit avoir la pleine capacité de sa charge mentale. Alors je filtre, Delicioso, Onctuoso, J’en-ai-plein-le-dos…

IPad sur le bras gauche, téléphone à la main droite, je marche nerveusement dans les allées. Eva ne répond pas – of course – mais on l’a vue au marketing. Mes talons claquent sur le sol en carrelage et les gars de la compta louchent sur mon décolleté. Leurs rires gras ne me laissent que peu de doute. Demain je mettrai un autre tailleur. Ou même un pull à col roulé, tant pis pour les trentecinq degrés. Je cacherais ces deux énormes seins qui me pourrissent la vie. Ça me gratte, en plus, ce soutif… Insupportable. Eva est repartie, je file au « calm space » pour une micro-sieste.

Les trois cabines sont libres. Je me rue dans la première, je tourne l’interrupteur sur une lumière tamisée. Exit le chemisier amidonné, bye-bye le soutien-gorge insupportable. Ces fichues baleines m’irritent les aréoles. Je dois avoir un fond de crème hydratante dans mon sac de Mary Poppins. Je m’en étale sur la poitrine et me malaxe les seins, enfin soulagés. Ce qu’ils sont lourds.

J’adore quand un homme se colle derrière moi et me pelote de ses deux mains. Invariablement mes tétons pointent à la lune. Ils deviennent si sensibles, j’ai l’impression d’avoir deux clitoris sur le torse. J’aimerais être dans les bras d’un homme tout de suite, je fais comme si. Je pétris mes seins, l’esprit ailleurs. Mes tétons s’érigent et mes doigts les agacent. Je les pince un peu, puis un peu plus, et puis encore plus ! Ça m’irradie le corps et le ventre, c’est tellement bon, je pourrais jouir des seins. Je m’exile au loin, sous les mains grandes et chaudes d’un grand black, qui m’embrasse le cou et dont je sens le désir. Une grosse bosse grandit encore et encore contre mes fesses ; je me colle tant que possible contre lui. Ma main glisse sous ma jupe. Mes doigts approchent mon entrejambe, chaud et gonflé. Mon majeur glisse sous l’élastique de ma culotte et vient écarter mes lèvres brûlantes. C’est pas bien, c’est pas bien… Ce n’est ni l’endroit ni le moment, et justement, l’interdit m’excite. Je pousse mon doigt au plus profond de moi-même, encore, encore. C’est délicieusement dangereux. À tout moment, quelqu’un pourrait entrer et me …

– AHHH !

– AHHH !

Je manque de m’évanouir de terreur. Je crispe mes bras sur la poitrine.

Quelqu’un est entré, quelqu’un que je connais, c’est Eva. Et je ne saisis pas trop pourquoi, elle a eu le réflexe d’entrer et de refermer derrière elle, comme si elle était nue elle-même. Elle me sourit généreusement. Ses deux grands yeux bleus me transpercent de part en part. La peur s’en va et mes bras se délient un peu. Elle m’a emprisonné dans ses yeux. Mon ventre chauffe encore, étonnamment. Qu’elle se décide et abrège mon calvaire !

Ses lèvres tièdes me fixent éhontément. Je suis sûre qu’elles sont douces. Je me mords les lèvres nerveusement, indécise. Je la boufferais bien maintenant, mais il faudrait que j’ose. Je n’ai jamais osé, je n’avais jamais eu à le faire. Les quelques secondes qui flottent me semblent une éternité. Pourquoi ne dit-elle rien ? Pourquoi ne bouge-telle pas ?

Elle s’agenouille près du transat.

Je n’y tiens plus. Ma main droite, aussi menue que l’autre, lâche mon sein géant et part explorer de la pulpe de mes doigts cette bouche qui me nargue. Je ne sais pas si elle me veut, je ne sais pas si elle aussi a un volcan dans le bas-ventre. Tant pis, je tente le tout pour le tout. Je me jette à son cou et l’embrasse goulument. Je crispe mes deux paupières dans une prière profane. Touche-moi ! Serre-moi !

– Je n’ai jamais…, commence-t-elle.

– Je n’ai aucune idée de ce que je fais ! lui souffléje dans le visage.

Elle me rend mes baisers voraces et plaque ses mains sur mes reins. Quelle force ! Je n’avais jamais remarqué ses bras musclés. Et sa nuque ! Si délicate ! Et ses fesses, belles et rebondies ! Mes petites mains fébriles les empoignent sous sa jupe. Je sens ses seins, sous son tee-shirt, qui s’appuient sur moi. Je n’aime pas le contact du tissu contre moi. Nerveusement, je tente de lui ôter son tee-shirt, non sans emmener sa tête avec. On se sourit et on ne dit rien. Je la dégrafe en un geste et elle semble décontenancée. Où est votre superbe, madame Eva la suffisante ?

Il semblerait que je sois maîtresse de la situation. Je jubile intérieurement et prends le contrôle des opérations. Je la fais se lever et la plaque contre le mur. Je la retourne, doucement, mais fermement. Elle pose son visage contre la paroi et elle cambre ses reins. La voilà offerte, juste à moi. J’oscille entre la terreur et l’envie. Je m’agenouille contre elle et commence à lui embrasser les fesses, à travers le tissu écossais de sa jupe. Mes mains caressent le devant de ses cuisses. Le duvet de sa peau se hérisse et son souffle s’allonge. Elle dandine délicatement d’une jambe sur l’autre. Je joue un instant avec sa jupe courte, puis mon nez finit par la relever. De mes dents je vais saisir l’élastique de sa culotte en coton et je la tire vers le bas, aidée de mes index crochus. Mon dieu.

Je découvre sa peau de lait et le pelage brun à l’orée de sa vulve. Ses cuisses, légèrement écartées, m’offre à voir son sexe girond et entrouvert. Je contemple ses lèvres brunes, et son antre rouge vif à l’intérieur. Je n’avais jamais rien vu de tel auparavant, même pas mon propre sexe. Je m’enivre de ce spectacle gracieux et obscène à la fois. J’ai envie d’y goûter, comme une fringale pour un sorbet à la framboise. De ses fesses, ma bouche descend par petits baisers tendres le long de son sillon. Eva se penche au fur et à mesure que je me rapproche de son fruit sans défense. Je perçois son impatience. Ma bouche entrouverte flâne sur son aine et sur le bas de ses fesses. Mes lèvres fébriles tergiversent encore. Ma langue n’est plus qu’à deux centimètres. Son vagin s’ouvre pour moi, tel un coquelicot en éclosion. Mes doigts timides viennent m’assister sans trop y croire. J’effleure son sexe ardent, qui m’épie. Ses lèvres sont si brunes. Je n’ose pas. Je m’embrasse les ongles, expression maladroite d’une retenue expirant.

Sa main, gauche, m’agrippe les cheveux. J’entends, dans un souffle, qu’on me chuchote :

– Viens…

Mes yeux se ferment, et je me lance dans l’espace. La bouche ouverte, je franchis enfin l’intime précipice qui nous séparait. J’accueille son sexe tendre dans ma bouche. Je le suce, je le tète et la peau de ses lèvres glisse sur ma langue. Sa vulve est si humide et entièrement offerte. Eva halète maintenant, elle semble tout à fait hors de contrôle. Ma langue s’enhardit et la pénètre doucement. J’apprends, surprise, le goût de son miel intime, d’une acidité légère, vaguement sucré. C’est bon, c’est si bon ! Ma langue en elle semble vouloir la transpercer. Eva est à moi et je suis en elle. Elle vit, elle bout, elle fulmine. De ma main gauche, j’écarte son sexe rubicond afin de la lécher encore. Ma main droite, quant à elle, officie auprès de mon sexe, d’abord en pressant dessus. Mes doigts se glissent en moi et commencent à aller, puis venir.

Le corps d’Eva se tend, ses jambes s’écartent, sa main presse ma tête fiévreusement. Sa bouche ouverte repose à moitié sur le mur. Eva est esclave de son plaisir, elle semble si présente mais totalement désarmée, et elle est à moi. Je suis le maître de son monde, avec le bout de ma langue. Je lui offre le délice, et je pourrais bien lui ôter, si cela me chantait ! Mais non. Ce qui me chante, c’est de la sentir s’ouvrir à chaque pénétration de ma langue. Ce que j’aime, c’est de la sentir se retenir désespérément à mes cheveux comme à une ligne de vie. Je contemple ses cuisses qui s’écartent sur mon visage, abolissant ainsi deux ans de mépris hiérarchique.

Je glisse mon pouce contre son clitoris et le presse, dans un geste circulaire. D’abord doucement, puis j’accélère. Mes lèvres embrassent voracement son sexe et je lui mordille les lèvres. Eva donne des coups de rein, d’emblée discrets, puis plus poussés. Encore, encore. Des râles s’échappent de sa bouche, rauques et sans pudeur. Je la sens monter, je sais qu’elle finira par jouir. Si je veux. Ça tombe bien, je veux. J’accélère le rythme de mon pouce et je suce ses lèvres ardemment. Je la pénètre de deux doigts et fouille son antre, sans retenue. Je sens qu’elle va exploser, mes gestes s’affolent. Je presse plus fort, ses cris sont hystériques. Elle monte, elle monte, elle se tend, elle râle… Et elle érupte.

– Oooohhhhhhh…

Cette plainte s’échappe de sa gorge et son corps enflammé se tend dans quelques soubresauts. Elle m’attire encore contre elle, un instant, puis relâche sa pression, rompue. Je pose encore quelques baisers sur son sexe rougeoyant.

Eva se laisse tomber, ivre de plaisir. Elle sourit dans son halètement et ses yeux me remercient. Je m’approche d’elle à quatre pattes et l’embrasse tendrement sur la bouche. De ses doigts tremblants, elle me caresse la joue. Nous nous lovons dans un angle de la cabine.

Nous restons un moment, béates. Mon front se glisse contre son épaule et je me serre contre elle, sur la moquette douce. Je ferme les yeux et je suis bien. Elle pose ses lèvres sur mon front. Je vais m’assoupir, je pense. Nous nous laissons aller tendrement, dans une aimable tendresse. Sa peau est chaude et douce. Sa main enserre mon sein et ses doigts bougent peu.

– Je t’emmène à Deauville ce week-end.

Je me redresse d’un bond, comme si elle m’avait pincée. Je lui bafouille un truc à base de boulot et que j’aurais ptêt pas le temps. Je saute sur mes vêtements que j’enfile en un éclair et n’importe comment. Je claque la porte derrière moi qui étouffe un « Mais… ». Ah non ça va bien hein… Je ne veux pas devenir sa poule de luxe. Et puis les week-end sexo-boulot, merci bien.

Je me réarrange tant bien que mal dans le couloir, tout en ruminant. Pour qui se prend-elle ? Et puis elle n’a vraiment rien pour elle ! Mises à part ses fesses…

Une leçon à trois

Christine Rossier

Dormir à côté de lui est apaisant, heureux, mais la routine, cette fichue ennemie, cette voleuse de passion les a transformés en frère et soeur. Parfois, elle pose sa main sur son dos, à la hauteur de ses côtes, juste pour le sentir respirer, toucher sa chaleur. L'avoir là, auprès d'elle est un privilège, elle en est pleinement consciente, mais elle éprouve le désir de glisser sa paume plus bas, le long de ses fesses, de le caresser sans retenue entre les jambes et de réveiller son instinct viril. Il se retourne alors et invariablement lui sourit, susurrant un refus poli, qu'elle reçoit à la manière d'une épine de glace dans le coeur.

Son désir s'est éteint et elle en crève, jusqu'à perdre confiance en elle. Elle est sans doute devenue laide pour qu'il n'ait plus envie d'enflammer sa chair, de l'aimer en se serrant contre sa peau. Il y en a peut-être une autre à qui il offre tous les soupirs, mais jamais elle ne le lui demandera, elle craint bien trop la réponse.

Cette frustration pèse sur son quotidien et lui rend la vie cafardeuse. Si finalement il ne l'aimait plus du tout, si son amour était en ruine, autant que sa libido ?

Elle a passé la nuit à ruminer tout cela, mais heureusement, le matin lui apporte une rémission par la présence d'une amie qui vient prendre le petit déjeuner avec elle. Elle se décide à lui confier ses maux.

À la table, les deux femmes s'installent et se réjouissent de se retrouver en tête à tête pour grignoter quelques croissants. La tendresse amicale se fait la meilleure nourriture de l'âme. Elles se connaissent depuis l'âge de 7 ans, alors que la professeure les terrorisait toutes les deux, avec son caractère de dictateur en jupons. Les mêmes craintes et l'appréhension des mauvaises notes les occupaient d'une manière semblable. Elles se lièrent dès les premiers jours de la rentrée et ne se quittèrent plus dès cet instant.

– Théo est déjà parti travailler ? interroge Ambre.

– Oui, il avait une classe de rattrapage tôt, avant que les autres élèves n'arrivent. Parfois, je me surprends à me demander si ce sont vraiment des enfants qu'il rejoint, ou si ce n'est pas une maîtresse !

Elles rient, réalisant aussitôt ce jeu de mots involontaire, car Théo est un enseignant très séduisant. L'attrait qu'il exerce sur Soline n'a pas diminué. Elle admire son physique d'un oeil toujours aussi gourmand et souffre de ce qu'il ne la regarde plus. Elle ne cesse de le convoiter avec une chaleur brûlante et souffre éperdument de ses modérations, sentant chaque soir les désirs fous que la nature a placés en elle, mourir au pied du lit.