32 raisons de se mettre aux échecs - Christophe Fourrier - E-Book

32 raisons de se mettre aux échecs E-Book

Christophe Fourrier

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Beschreibung

32 chapitres comme les 32 pièces d’échecs : des nouvelles inédites, un peu de vocabulaire, les règles principales, mais aussi des exercices avec les solutions, des dessins, le tout sur les échecs.

L’ambition de cet ouvrage est de promouvoir l’univers des échecs, de donner l’envie de jouer, de se documenter, de découvrir, que ce soit par le biais de courtes histoires ou par des articles plus techniques. Joueur confirmé, débutant ou amateur de littérature, chacun trouvera un texte, un conseil ou un exercice à son goût, agrémentés des contributions du dessinateur CARDAN.

Le point commun des auteurs ? Le jeu d’échecs et son univers.

Leur conviction partagée : que la pratique du jeu d’échecs nous réunit, favorise la santé mentale et embellit nos vies.

Alors à vous de jouer !

À PROPOS DES AUTEURS

Christophe Fourrier est auteur de romans depuis 2020. Ce sont des romans d’anticipation, policiers ou fantastiques, publiés en parallèle de sa carrière de soignant dans les hôpitaux parisiens.

Philippe Dornbusch travaille dans une grande banque française en qualité de Manager en Ressources Humaines dans le domaine de la Santé et la Qualité de Vie et des Conditions de Travail (QVCT). Il est également Instructeur de la Fédération Internationale des Echecs (FIDE) et le fondateur du site echecs-et-strategie.com







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Seitenzahl: 107

Veröffentlichungsjahr: 2025

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Philippe Dornbusch

Christophe Fourrier

32 raisons de se mettre aux échecs !

  

Préface par Vincent Klingbeil

Il y a dix ans, je franchissais pour la première fois les portes du club d’échecs de Vincennes. J’étais alors un jeune passionné, avide de progresser dans ce jeu fascinant, mais encore loin d’en maîtriser les subtilités. C’est là que j’ai rencontré Philippe Dornbusch, un homme dont la passion pour les échecs était aussi contagieuse qu’inspirante. Philippe n’était pas seulement un professeur d’échecs ; c’est un véritable mentor et stratège. Ses cours, que je suivais chaque semaine, étaient bien plus qu’un simple apprentissage des ouvertures et des stratégies de jeu. Ils étaient une immersion dans un univers où chaque coup sur l’échiquier devenait une leçon de vie.

 

Le livre, 32 Raisons de se mettre aux échecs, est une invitation à découvrir les multiples facettes de ce jeu fascinant. À travers 32 chapitres, comme les 32 pièces d’un échiquier, il nous guide dans un voyage où se mêlent histoires, stratégies, anecdotes et exercices pratiques. Que vous soyez un joueur débutant ou confirmé, un amateur de littérature ou un curieux en quête de nouvelles perspectives, ce livre a quelque chose à offrir à chacun.

 

L’un des chapitres qui m’a particulièrement marqué est le cinquième, intitulé Le lien entre la stratégie d’entreprise et le jeu d’échecs. Philippe et Christophe y explorent avec brio les parallèles entre ces deux mondes. Aux échecs, chaque coup doit être réfléchi en fonction des opportunités et des menaces sur l’échiquier. En entreprise, de la même manière, chaque décision doit être prise en tenant compte des ressources disponibles, des tendances du marché et des actions des concurrents. La vision stratégique, la gestion des ressources, l’anticipation des mouvements adverses : autant de compétences clés que le jeu d’échecs permet de développer et qui trouvent une application directe dans le monde professionnel.

 

J’en ai moi-même fait l’expérience dans mon quotidien d’entrepreneur avec Ametix puis European Digital Group aujourd’hui, où la capacité à planifier à long terme, à équilibrer les risques entre offensive et défensive, et à ajuster ma stratégie face à des imprévus s’est révélée cruciale. Ce chapitre met également en lumière l’importance de l’adaptabilité : tout comme un joueur d’échecs doit réagir à un coup inattendu, un dirigeant doit savoir ajuster ses plans face à des opportunités ou des changements soudains dans son environnement.

 

Mais ce livre ne se limite pas à une simple analyse technique ou stratégique. Il est aussi une ode à la beauté et à la profondeur des échecs. Philippe et Christophe nous rappellent que ce jeu est bien plus qu’un simple passe-temps : c’est un art, une discipline qui stimule l’esprit, développe la concentration et favorise la créativité. À travers des récits inspirants, des exercices stimulants et des réflexions profondes, les auteurs nous montrent comment les échecs peuvent enrichir et embellir notre vie, quel que soit notre âge ou notre niveau.

 

En refermant ce livre, vous ne verrez plus l’échiquier de la même manière. Vous y découvrirez un miroir de la vie, un terrain d’apprentissage et un espace de réflexion. Vous comprendrez pourquoi les échecs ont traversé les siècles, captivant des millions de joueurs à travers le monde.

 

Je tiens à remercier Philippe Dornbusch pour tout ce qu’il m’a transmis, non seulement en tant que joueur d’échecs, mais aussi en tant qu’être humain. Ce livre est le reflet de sa passion, de son expertise et du désir des auteurs de partager cet univers avec le plus grand nombre. Alors, que vous soyez un novice curieux ou un joueur chevronné, je vous invite à plonger dans ces pages et à vous laisser emporter par la magie des échecs.

 

À vous de jouer !

 

Vincent Klingbeil

Cofondateur et CEO d’European Digital Group

 

1 - Ouvertures…

Quoi de mieux pour commencer un livre sur et autour du jeu d’échecs et ses bienfaits qu’un paragraphe d’ouverture ?

Ouverture sur le jeu, mais aussi ouverture sur la vie, la vie professionnelle, la vie personnelle, la vie de tous les jours, voici comment nous concevons les échecs.

Nous n’avons pas l’ambition de faire un manuel de stratégie, des cours pour améliorer son niveau, des révélations réservées aux joueuses ou joueurs confirmés, non pas du tout.

Nous voulons avant tout donner l’envie, l’envie de découvrir, connaître les échecs et surtout ce que ce jeu et son univers peuvent apporter dans la vie de chacun, quel que soit son niveau ou ses connaissances en la matière.

Initiés ou non, ici chacun pourra trouver une idée, une inspiration, une piste, pour aller vers les échecs, pour s’affranchir des idées reçues, ou de ses propres réticences.

À travers 32 items, telles les 32 pièces du jeu, indépendants les uns des autres, mais forcément liés entre eux, vous trouverez des nouvelles, des problèmes, des infos sur les échecs, des suggestions.

Plaisir, partages, amélioration de la concentration, entretien et développement des capacités intellectuelles, quel que soit votre âge, votre genre, votre niveau scolaire, le jeu d’échecs est là pour vous accompagner.

2 - Un peu de vocabulaire…

Les échecs sont si intimement liés à notre vie courante que leur vocabulaire y a pris depuis longtemps une place notable, tellement présente que nous n’y faisons la plupart du temps plus attention.

À titre d’exemples, La diagonale du fou au cinéma en 1984 ou Le Grand Échiquier à la télévision, empruntent le vocabulaire au jeu sans nous en parler directement. Plus près de nous, Le Jeu de la dame ou encore Rematch deux séries à succès diffusées sur des plateformes de streaming témoignent de la présence des échecs dans notre vie culturelle.

 

Outre le terme échec, qui désigne une position malheureuse, un revers, un écueil dans notre existence, le mot pion a également une connotation négative. Personne n’a envie d’en être un, de pion. Un pion ? Un individu interchangeable, commun, sans aucune particularité, sans grand pouvoir, déplacé sur l’échiquier de la vie par les puissants, sacrifiable sans remords. L’analogie vient du jeu, en effet. Tous les joueurs ont un jour bougé un Pion pour passer un tour, sans stratégie préalable, ou comme un appât dans un coup plus élaboré. Le Pion est quantité négligeable, la notion est passée dans l’univers professionnel malheureusement.

D’autres expressions ont, elles, des connotations plus positives, attachées à la réussite. Certains se vantent d’avoir réalisé un beau ou un joli coup, quand d’autres avertis jouent avec plusieurs coups d’avance, parfois avec une attitude… cavalière. Il a les blancs, se dira de quelqu’un qui a l’initiative, qui sera le premier à agir. Nous sommes dans l’univers de l’anticipation, la stratégie, la combinaison.

 

Sans connaître les règles, toutes et tous, nous sommes capables de citer les noms des pièces qui glissent sur l’échiquier : Roi, Dame, Tours, Cavaliers ou Fous, ces noms font partie de notre conscience collective.

Légende indienne, perse, grecque ou latine, l’origine des échecs remonte à la nuit des temps. L’échiquier et ses pièces peuplent la vie des femmes et des hommes depuis toujours, c’est une certitude.

Alors pourquoi ne pas s’y plonger et découvrir justement, ce que ces 32 pièces de bois ont de beau et de fort à nous apporter ?

C’est par le biais de courtes nouvelles, inspirées de la vie quotidienne, que nous allons plonger dans l’univers des échecs, en tordant, au passage, le cou à quelques idées reçues…

 

3 - Je ne connais pas les règles…

Andrzej reçoit pour la première fois Sandrine chez lui. Le couple s’est rencontré sur un site destiné aux plus de cinquante ans. Divorcés, séparés par les aléas de la vie, veuves ou veufs, les inscrits ont l’envie de troquer leur solitude contre des moments de partage, la part de bonheur à laquelle ils ont droit.

Andrzej adore cuisiner, c’est son univers. Il a rougi comme un adolescent quand Sandrine a accepté, après quelques sorties ensemble, de venir déjeuner chez lui le dimanche suivant. Le jeune retraité trempe une petite cuillère dans le creux de la spatule de bois pour goûter. Il sourit parce qu’il n’y a rien à ajouter, ni sel ni épices. Cela lui semble parfait. Un coup d’œil au four lui apprend que le flan est en train de dorer. C’est son dessert signature : crème pâtissière infusée aux noisettes, insert de praliné-noisette, pâte sucrée croustillante. Andrzej n’est pas peu fier de sa recette, maîtrisée par de multiples réalisations depuis des années. Il sort le dessert du four et le pose sur la grille du plan de travail, pour qu’il refroidisse.

Voilà, tout est prêt !

 

– En temps et en heure… murmure Andrzej en retirant son tablier.

 

Il faut se préparer, le cuisinier éteint ses feux et rejoint la salle de bain. De bonnes odeurs embaument le petit appartement parisien. Tandis qu’Andrzej enfile sa plus belle chemise, l’angoisse qu’elle ne vienne pas le saisit soudain. Non, ce n’est pas possible, la dernière soirée au cinéma a été si formidable. Et puis, le fou rire après la séance, dans le petit café du coin du boulevard, les sourires, la complicité naissante… Non, non ce n’est pas possible.

 

Dring !

 

C’est elle ! Elle est en bas. Andrzej se précipite sur l’interphone…

 

Andrzej se concentre sur la machine à dosette pour servir les cafés. Le repas a été magnifique, Sandrine est resplendissante et charmée par cet « incroyable cordon-bleu » comme elle a qualifié Andrzej. Quand il arrive avec les soucoupes blanches et leurs tasses, Sandrine se penche vers le sac posé à ses pieds et en sort un paquet-cadeau qu’elle tend en souriant à Andrzej.

 

– Tiens cadeau, c’est pour toi ! dit-elle avec malice.

 

Andrzej manque de renverser sa tasse. Un cadeau ! Une attention portée à lui, si seul depuis si longtemps ? L’homme rougit encore une fois, balbutiant un merci, hésitant entre l’envie d’être tout petit et celle de faire une bise…

 

– Ouvre-le ! propose Sandrine, amusée du cheminement de pensée d’Andrzej.

 

Effectivement, aucune des réflexions du cordon-bleu ne paraît échapper à l’observation de Sandrine. La femme regarde avec bienveillance les mains fébriles qui déchirent le papier brillant, retournent une sorte de boite en carton, puis en décollent le rabat.

C’est un jeu d’échecs, en bois, qui s’ouvre en deux parties, chacune contenant les pièces d’une couleur. Andrzej est surpris. Certes, c’est un beau jeu, fabriqué à la main, délicat, un bel objet, qu’un bon joueur apprécierait à sa juste valeur… Oui, mais voilà, Andrzej ne sait absolument pas jouer aux échecs. Il se souvient avoir essayé quand il était au service militaire, mais sans grande réussite. À chaque fois les règles lui paraissaient trop compliquées, les cartes et trois autres copains avaient vite raison de ses motivations.

Oui, mais là, pas de copain. Ce n’est plus la chambrée de ses 20 ans, Andrzej a maintenant 59 ans. Divorcé, il habite seul à Paris tandis que son fils vit à Berlin.

Sandrine sourit toujours, elle ne dit rien, se contentant de regarder Andrzej tenir le jeu, ses mains comme indécises sur ce qu’il convient de faire de ce truc. Andrzej essaie de travestir son regard malheureux derrière un sourire de façade, nullement convaincant.

 

– Heu… pardonne-moi Sandrine… Heu, je ne sais pas jouer aux échecs, avoue-t-il penaud.

– Oui, je sais, confirme Sandrine en retirant les pièces de leurs logements.

 

Andrzej est immobile, la fierté du cordon-bleu s’est soudainement envolée.

Sandrine positionne les pièces de bois sur l’échiquier, son regard évite minutieusement celui de son ami.

Puis elle met rapidement un terme au trouble d’Andrzej en prenant ses mains dans les siennes.

 

– Bien entendu, je sais que tu ne sais pas jouer, tu me l’as dit à notre première rencontre, murmure gentiment Sandrine.

– Je ne connais pas les règles, annonce Andrzej comme une honteuse confession.

– Et alors ? Il n’est pas trop tard pour apprendre. Il suffit de moins d’une heure. Et puis, après m’avoir préparé un si bon repas, c’est à mon tour de faire quelque chose pour toi. Je vais te montrer comment ça marche, je vais te dire tout le bien que ce jeu m’apporte. Je vais te parler des échecs, mais surtout de moi, quand et comment mon grand-père m’a appris à jouer. Je vais te raconter quelle petite fille j’étais, et puis aussi, les dernières parties avec lui, à l’hôpital, avant son départ. Moi j’étais adolescente à ce moment-là, dit Sandrine avec du trouble dans la voix.

– Alors, ce n’est pas simplement un jeu ? s’étonne Andrzej, ému lui aussi.

– Non, c’est bien plus que cela ! dit Sandrine en lui déposant un baiser sur les lèvres.

 

 

4 - Les règles du jeu d’échecs

Le but du jeu

 

Les échecs se jouent entre deux adversaires sur les côtés opposés d’une planche appelée l’échiquier contenant 64 cases de couleurs alternées claires et sombres. Chaque joueur possède 16 pièces d’une couleur, noir ou blanc : un Roi, une Dame, 2 Tours, 2 Fous, 2 Cavaliers et 8 Pions. Le but du jeu est de capturer le Roi adverse (le fameux échec et mat).

 

L’échec – l’échec et mat