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Élise jeune Marseillaise, ambitieuse et volontaire partage un appartement avec sa meilleure amie Vanessa. Elle vient de trouver son premier emploi dans un cabinet d'architecte. Le jour où elle percute son patron, l'alchimie est immédiate. Lui, c'est Paul, PDG du groupe pour lequel Élise va travailler. Il est attirant, grand et il dégage un magnétisme que la jeune femme ne peut nier. La vie va leur réserver de belles mais aussi de mauvaises surprises. Entre Élise et Paul, est-ce une histoire sans lendemain ou un amour absolu ? Les lieux où se passe l'histoire existent vraiment et ne sont pas imaginaires.
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Seitenzahl: 238
Veröffentlichungsjahr: 2021
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Elise jeune Marseillaise, ambitieuse et volontaire partage un appartement avec sa meilleure amie Vanessa. Elle vient de trouver son premier emploi dans un cabinet d’architectes. Le jour où elle percute son patron, l’alchimie est immédiate. Lui, c’est Paul, PDG du groupe pour lequel Elise va travailler. Il est attirant, grand et il dégage un magnétisme que la jeune femme ne peut nier. La vie va leur réserver de belles mais aussi de mauvaises surprises. Entre Elise et Paul, est-ce une histoire sans lendemain ou un amour absolu ?
Les lieux où se passe l’histoire existent vraiment et ne sont pas imaginaires.
Comme j’aime à l’écrire :
« Bonne lecture, surtout soyez heureux et en bonne santé. »
Chapitre 1
Chapitre 2
Chapitre 3
Chapitre 4
Chapitre 5
Chapitre 6
Chapitre 7
Chapitre 8
Chapitre 9
Chapitre 10
Chapitre 11
Chapitre 12
Chapitre 13
Chapitre 14
Chapitre 15
Chapitre 16
Chapitre 17
ÉPILOGUE
— Élise, tu vas être en retard pour ton premier jour, me dit Vanessa depuis la salle de bains.
— Ne t’inquiète pas ! Je prends le bus de sept heures quarante-cinq.
— Tu te rends compte que tu ne peux pas te permettre d’arriver en retard pour ton premier jour !
— J’ai compris, ma belle Van.
— Oh ! Arrête de m’appeler Van, tu sais que je n’aime pas ça !
— Alors, s’il te plait, ne me dit plus de me dépêcher et que je vais être en retard.
— Ok ! Je n’insiste plus, se met à rire Vanessa.
Je sors de la chambre, je suis habillée d’une jolie jupe noire avec un chemisier blanc ivoire accompagnés de bas noirs. La veille, je suis allée chez le coiffeur pour rafraîchir la longueur de mes cheveux bruns, un léger dégradé très classe encadrait maintenant mon visage. Ce matin, j’avais décidé de ne pas les attacher comme à mon habitude.
Un peu de changement ne fera pas de mal !
— Voilà, je suis prête ! Alors comment tu me trouves ? Regarde, Vanessa, rien ne cloche ?
— Pour un premier jour, ce n’est pas mal ! Je pense qu’une séance shopping ne te fera pas de mal. Elise, il va falloir que tu investisses dans des robes habillées pour ton boulot de secrétaire de direction. L’apparence compte beaucoup pour que l’on puisse te prendre au sérieux.
— Mais bien sûr… Tu crois que je n’ai pas assez de pression ?! Continue comme cela.
Vanessa rigole, avec sa brosse à dents dans la bouche. C’est un drôle de spectacle et je ne peux m’empêcher de rire à mon tour.
— J’y vais, souhaite-moi bonne chance au lieu de te moquer de moi.
— A che choir, amuge-toi ben. Toujours la brosse dans la bouche.
Je regarde Vanessa de travers en souriant et lui fais un signe de la main pour lui dire au revoir. Tout en fermant la porte, je me dis en route pour une nouvelle aventure. J’arrive cinq minutes avant le bus et patiente le temps qu’il se présente pour le départ. Quand il est là, je monte, composte mon ticket et vais m’assoir.
J’ai trouvé mon emploi de secrétaire de direction, il y a un mois de cela. Je dois remplacer Mireille qui va partir à la retraite. Depuis un mois, elle m’apprend toutes les ficelles du métier, mais ce matin, je vais me retrouver seule pour la première fois et je vais enfin rencontrer mon patron qui a été absent du cabinet d’architecte tout le mois pour la construction d’un complexe hôtelier.
Le bus m’arrête devant le bâtiment, je descends et me dirige vers l’entrée, tout en levant la tête et je souris :
— Voilà, j’y suis. Dis-je à haute voix.
Tout en regardant l’immeuble, je ne me rends pas compte où je vais et percute un homme.
— Oh ! Pardon… Je suis désolée, je n’ai pas fait attention à vous.
— Je vois bien merci…
Je relève la tête quelque peu gênée, vers l’homme que je viens de bousculer… Mes yeux croisent son regard marron en amande. Je suis hypnotisée immédiatement… Il est d’une très grande classe, son costume le met en valeur et souligne sa belle carrure. Sa voix est très rauque et sensuelle. Je le détaille toujours, cet apollon doit bien faire dans les un mètre quatre-vingts … J’ai pu sentir, lors de notre collision, ses abdos et une musculature des plus attrayantes… Cet homme ne me lâche pas des yeux, je ne sais plus où me mettre. Nous restons là, muets et nous toisant toujours… Les quelques minutes qui défilent me paraissent une éternité.
Non, mais cela ne va pas Élise ! Reprends-toi bon sang … Tu baves devant cet homme, tu ne sais rien de lui… Saleté de conscience. Je reprends mes esprits et me donne un air un peu plus professionnel.
— Excusez-moi encore, Monsieur… Je dois rencontrer mon patron pour la première fois aujourd’hui, je risque d’être en retard si je ne me dépêche pas.
— Ne vous excusez pas mademoiselle. Qui est votre patron ?
— Paul Barayer…
— Oh ! D’accord, je comprends mieux… Eh bien, permettez-moi de vous saluer alors… Enchanté mademoiselle Maladier.
— Euh ! Quoi ? Pardon…
— Je me présente, Paul Barayer. Je suppose que vous êtes bien Élise Maladier, ma nouvelle secrétaire de direction ?
— Oui, c’est bien moi ! Enchantée monsieur Barayer.
Il me fait signe de le suivre en direction du cabinet d’architectes et me laisse passer devant lui tout en m’ouvrant la porte de l’immeuble. En passant, une note de savon et de musc me submerge… Nous nous dirigeons vers l’ascenseur dans un silence pesant. Les portes s’ouvrent, je laisse les quelques personnes sortir et je me dirige vers le fond. Je me retourne en direction de mon patron, mais celui-ci est resté devant l’ouverture me dévisageant de ses prunelles marron. Je me retrouve envoûtée par son regard.
Aujourd’hui, retour au bureau avec tous les dossiers, toute la paperasse que je dois examiner, trier, vérifier, et en plus achever les plans que je dois remettre le tout au responsable dessin, je sens que la journée va être longue. J’espère que la perle de Mireille va être performante, compétente et pourquoi pas charmante. Mes yeux, au quotidien, n’en seront que plus ravis.
Quand j’arrive devant le bureau, je me gare comme à mon habitude et me dirige vers le bâtiment où se trouvent mes bureaux. Soudain, vient me percuter une charmante créature comme je les aime.
— Oh ! Je suis désolée, je n’ai pas fait attention à vous, me dit-elle.
— Je vois bien merci…
Elle relève la tête vers moi un peu gênée. Nos yeux se croisent et je vois deux magnifiques yeux marron. Je suis totalement sous le charme et attiré par cette jeune femme. Elle est plus petite que moi mais pas trop non plus, brune, les cheveux dégradés.
J’ai senti pendant notre collision ses seins ronds, je ne la lâche pas du regard et elle en fait de même. J’ai l’impression qu’elle ne respire plus, on reste là à se dévisager…
Il faut que tu bouges mec, calme-toi, tu vas finir par lui faire peur.
Je suis hypnotisé par cette beauté, elle m’a plu dès les premiers instants, ou plutôt dès notre collision, mais il faut que je reprenne mes esprits très rapidement, j’ai du travail qui m’attend et il ne faut pas que je sois en retard pour recevoir ma nouvelle secrétaire.
Finalement, je me rends compte en discutant avec elle que cette belle jeune femme va être ma secrétaire, j’ai vraiment de la chance.
Arrivée dans le bureau directorial, je me dirige vers le porte-manteau pour accrocher ma veste. Le début du printemps a pointé le bout de son nez, mais les matinées sont encore fraîches. Paul se retourne et me dit :
— Pouvez-vous prévenir tout le personnel Élise. Une réunion d'information s'impose et il est impératif que tout le monde soit présent. S'il vous plait.
— Tout de suite Monsieur. Avez-vous besoin d’autres choses ?
— Il me faudrait le dossier ARCHEBLANCHE pour la réunion. Je souhaiterais également discuter de vos possibilités de déplacements. J’ai des courriers à vous dicter. Elise, pouvez-vous m'apporter un café, s’il vous plait ?
— Oui, pas de souci ! Vous le préférez long ou court, Monsieur ?
— Court de préférence. Merci pour tout, Mademoiselle Maladier.
Je me dirige vers la salle de repos pour faire le café de mon patron ainsi que le mien. J'allume la machine, prends le réservoir et le remplis d’eau. J'insère la dosette de café à l'emplacement voulu. Je prends deux tasses dans le placard au-dessus et les glisse sous la machine. J’appuie sur le bouton pour le faire couler. Je prépare un plateau où je place la petite cuillère et le sucre. Une fois son café servi, je lui apporte. Je frappe à la porte de son bureau.
— Entrez !
— Votre café, Monsieur Barayer.
— Merci, Mademoiselle Maladier.
— À quelle heure se tiendra la réunion ?
— Pour vous laisser le temps de tout préparer et d'avertir mes collaborateurs, disons 14 h. Cela vous convient-il ?
— Oui, c'est parfait ! À tout à l'heure Monsieur.
Je retourne à mon bureau que j'ai décoré à mon goût : quelques petits stylos de toutes les couleurs, un cadre dans lequel se trouve une photo de Vanessa et moi lors d'une escapade l'été passé, une orchidée dans les tons mauve ainsi que de petites babioles en tout genre. J’allume l’ordinateur et vais chercher mon café. Je prends place sur ma chaise, je me munis de ma tasse, bois une gorgée du précieux liquide et repose ma tasse. Rien de tel qu'une dose de caféine pour entamer sa journée ! Je m’empare du dossier ARCHEBLANCHE.
C’est à ce moment-là que Paul surgit de nulle part et vient me bousculer.
Tu as encore failli te ridiculiser ma pauvre Élise, il va falloir rester un peu plus concentrée et moins rentrer dans ton patron. Quoique cela ne me déplaise pas, bien au contraire.
— Décidément, ce n’est pas votre jour, Mademoiselle Maladier.
— Je suis sincèrement désolée, Monsieur... mais cette fois c'est vous qui m'êtes rentré dedans, sans mauvais jeux de mots bien sûr !
Non, mais sérieux ? Je viens réellement de penser ça à voix haute.
Sans que je ne m'y attende, Paul m’attire contre lui en me fixant de ses prunelles en amande… Nous toisant toujours, nos yeux rivés l'un sur l'autre. Oh là là, respire Élise…
Je me laisse aller dans ce geste tendre. C’est à cet instant que son téléphone portable se met à sonner. Paul me relâche pour prendre la communication. Il continue à me fixer de son regard tout en parlant avec son interlocuteur. Je profite de cet instant pour me reculer et m’asseoir car mes jambes ne me portent plus, son geste m'ayant quelque peu surprise. Mon patron retourne en direction de son bureau. Arrivé à la hauteur de sa porte, il se retourne et me fait un signe du doigt pour que je le suive. Je me lève péniblement, les jambes toujours en coton et je m'approche de lui.
— Faites ce qu’il faut pour le chantier, dit-il à son interlocuteur. Il me fait signe de prendre place sur le fauteuil situé devant son bureau.
Je m'assois et fixe la moquette en attendant qu’il termine sa conversation. La gêne est palpable. Je me tortille sur mon siège tout en écoutant ce qu’il est en train de dire. Après quelques minutes, il raccroche et se tourne dans ma direction.
— Bien, Mademoiselle Maladier.
À ce moment-là, je me mets à rougir, je me sens mal à l'aise et gigote de plus en plus. Je le regarde droit dans les yeux et m’humecte les lèvres.
— Ah ! … Si vous continuez à faire cela je ne vais pas pouvoir résister bien longtemps. Me dit-il avec un sourire aguicheur.
— … Heu… Je ne sais pas ce qui m'a pris Monsieur.
— Arrêtez de vous excuser ! Quelquefois il faut savoir se laisser aller et vivre l’instant présent, vous ne croyez pas ?
— C’est possible, oui. Le fait est que je ne vous connais pas pour me laisser aller.
Allo la terre à Élise, ton patron te fait du rentre dedans et toi tu te poses des questions ? Arrête de penser bon sang et agis ! Saleté de conscience.
Il se met à rire, son regard toujours rivé au mien, tel un prédateur. Paul se lève, me prend la main et m'invite à le rejoindre. Je ne suis qu'une poupée entre ses mains. Des frissons me parcourent l'échine.
— J’ai envie de mieux vous connaitre Élise. Me murmure-t-il de sa voix si charmeuse et sensuelle. Je peux vous appeler Élise ?
— Ou...oui. Lui dis-je d'une petite voix mal assurée... bon sang, reprends tes esprits jeune fille... puisque nous sommes amenés à travailler ensemble, cela va de soi.
— Quand vous m'avez foncé dessus, je n’arrive pas à me l’expliquer mais c'est étrange, une chose est sûre, vous m’attirez Élise et depuis tout à l’heure, je n'ai qu'une seule idée en tête, goûter à vos lèvres et me délecter de leur saveur. Bon sang, Élise si vous saviez, ce n’est pas l’envie qui m'en manque.
Je reste là, figée par ce que je viens d'entendre, je voudrais lui répondre, mais mon esprit est complètement déconnecté …
— …
— Vous ne dites rien Élise ? Me susurre Paul au creux de l'oreille.
Oh ! mon dieu ! Son souffle sur ma peau me fait frissonner. Je ferme quelques instants les yeux pour me délecter de cette douce sensation et lui réponds un peu perdue :
— Je ne sais quoi vous répondre Monsieur. Je suis un peu surprise et confuse à vrai dire.
— C’est dans vos habitudes de rougir comme cela Élise ?
— Je ne sais pas Monsieur.
— Appelez-moi par mon prénom ce sera plus simple.
— Vous croyez Monsieur ? Je veux dire… Paul.
Il me relâche la main et s'éloigne pour aller se placer derrière son bureau tout en m’ordonnant de m’asseoir car il veut me parler de la réunion. Je prends place sur le siège en face de Paul, il fait pivoter son fauteuil en cuir pour se tourner vers l’écran de son ordinateur. Il clique sur un dossier, l’ouvre et tape quelque chose sur son clavier. Quand il a fini, ses belles prunelles croisent les miennes et ses lèvres se mettent en mouvement.
— Pendant la réunion, je vais vous présenter au reste de l'équipe. Je veux qu'elle sache qui vous êtes et vos fonctions parmi nous. Je voudrais également aborder certains points avec vous et comme vous êtes là, autant le faire maintenant.
— Oui, pas de problème, Monsieur… enfin… je veux dire. Paul. Pardon, dis-je, en me mordillant la lèvre.
— Tss… Vous vous mordez encore la lèvre, si vous continuez, je vais vous embrasser Élise. Me dit-il en souriant d’un air coquin.
Sérieux, au lieu de me le répéter, pourquoi tu ne le fais pas … Que de belles paroles.
— Reprenons, voulez-vous. Mireille ne venait jamais avec moi lors de mes déplacements, je souhaite remédier à ce problème afin que vous m'accompagniez lors des rencontres avec nos clients et que vous preniez des notes. Vous vous occuperez de réserver les billets d’avion, les chambres d’hôtel, de prévoir l’ordinateur portable. En votre absence, vous transférerez la ligne de votre bureau à Gisèle du service technique, je vous la présenterai tout à l’heure. Des questions ?
— Combien de temps à l’avance me préviendrez-vous afin que je puisse faire les réservations et préparer mon bagage ?
— Une semaine tout au plus, à moins qu'un problème de dernière minute survienne. Je vous conseille d’avoir toujours un sac avec des affaires de rechange pour faire face à toute éventualité.
Il regarde sa montre et se tourne vers moi.
— Il est bientôt midi, vous êtes libre pour venir déjeuner avec moi ?
— J’avais prévu d’aller à la cantine de l’entreprise.
— Soit, allons-y.
— Ensemble ?
— Pourquoi pas, avez-vous peur de moi ? Je mange seulement mes repas, les jolies femmes je les déguste d'une toute autre manière. Dit-il d’un air conspirateur.
Je le regarde fixement et je ne sais plus quoi répondre. Je me sens attirée par lui. Il est si beau, si sûr de lui et si arrogant, il a le don de me mettre dans tous mes états, comme lui l'est par moi. Je doute tellement de moi à cause de Sasha, mon ancien compagnon. Il m’a trompé. Un jour, en me promenant dans les rues de Marseille, je me trouvais de l’autre côté du trottoir lorsque je l’aperçus en train d’embrasser une autre femme d’un baiser passionné. J’avais alors traversé la route et lui avais dit sans détour et énervée : « c’est ça le boulot urgent qui te prend tout ton temps, tu te fous de moi ! Hier soir tu m’as fait l’amour en me parlant mariage ! ça ne va pas bien dans ta tête. Adieu, et ne cherche plus à me revoir, c’est fini ! ». Depuis, je suis restée sur ma réserve avec les hommes. Cela fait, maintenant, bientôt deux ans et depuis, je n’ai eu que quelques aventures sans lendemain.
Les minutes passent, Paul attend la réponse qui ne vient pas. Je sors de mes pensées et le regarde timidement en lui répondant :
— Laissez-moi éteindre mon ordinateur et je suis à vous.
— Méfiez-vous Élise, ne me dites pas ce genre de choses.
— Euh … Pardon … Vous me troublez Paul … Je ne sais pas si je vais pouvoir travailler avec vous, je n’y arriverai pas.
— Mais, bien sûr que vous y arriverez, dit-il, le sourire aux lèvres.
J'éteins l’ordinateur et me dirige vers le portemanteau pour prendre ma veste. Je me retourne pour attendre Paul qui arrive d'une démarche prédatrice et très sûre de lui. On se dirige vers l’ascenseur, il appuie sur le bouton et attend que celui-ci s’ouvre. On s’engouffre dans l’engin qui se met à descendre jusqu’au quatrième étage où se trouve la cantine. Puis on sort en préparant nos badges. J’avance pour me munir d'un plateau et m’empare des plats qui défilent sous mes yeux. Je choisis une salade, une viande grillée avec des haricots verts et une mousse au chocolat. Paul se dirige vers les assiettes de charcuterie et revient prendre une viande saignante avec des frites et sa sauce, pour le dessert, il sourit devant une île flottante. Du doigt, il me montre une table disponible. En faisant attention à ne rien faire tomber, on s’assoit et commençons notre déjeuner en silence. Mon patron prend un morceau de pain et dépose une fine tranche de saucisson qu’il savoure. Je mange ma salade en le regardant et je me mets à rire doucement en le voyant faire. Il me scrute tout en levant un sourcil et, bien entendu, un fou rire s’installe entre nous. Impossible de s’arrêter.
— Ravi de vous faire rire Élise.
— Vous êtes trop drôle, avec votre tranche de saucisson.
— Ne me faites pas rire comme ça à la réunion Élise, je ne vais pas être crédible.
— Je saurai m’en souvenir.
Le déjeuner se déroule dans une ambiance bon enfant, une discussion s’installe, je me rends compte que j’aime sa compagnie. Je n’aimerais pas être ailleurs à cet instant précis, je trouve la présence de Paul très agréable. À treize heures trente, on se lève pour retourner au travail.
Arrivée à mon bureau, dans une bannette, je prépare le dossier ARCHEBLANCHE, un bloc note et un stylo. Je mets le tout sur le coin de ma table de travail. Je vais aux toilettes pour me remaquiller. Au retour, Paul m’attend. Je prends le dossier et nous allons nous installer dans la salle de conférences où déjà tout le personnel est réuni.
Paul demande le silence. Il commence à parler en me présentant en tant que secrétaire de direction en remplaçante de Mireille. Ensuite, il se munit du dossier ARCHEBLANCHE pour nous faire savoir que c’est un nouveau client très important et qu’il va falloir le chouchouter. Il va rapporter un très bon chiffre d’affaires au cabinet d’architecture. Paul signale également que, prochainement, il va partir en déplacement. La construction va avoir lieu en Grèce sur l’île de Kythnos qui se trouve dans l’archipel des Cyclades. Elle se situe entre la mer Égée et la mer Méditerranée. Il continue à parler tout en bougeant les mains, il se retourne vers moi et précise que je l’accompagnerais à chaque déplacement et que Gisèle du service technique aura le transfert de la ligne.
À la fin de la réunion, il demande à Gisèle de venir dans son bureau. Paul lui explique qu’à chacune de mes absences, il y aura un transfert d’appel sur sa ligne et qu’elle prendra seulement les messages et je m’occuperai de les traiter à mon retour pour d’éventuels rendez-vous. Afin que le cabinet fonctionne bien pendant nos absences, nous échangeons sur les différentes manières de travailler. Sans s’en rendre compte, les heures défilent et la fin de la journée arrive à grands pas. J’éteins l’ordinateur, je prends ma veste au porte-manteau et presse le pas vers le bureau de Paul pour lui signaler qu'il est dix-huit heures et que s’il n’a plus besoin de moi, je vais rentrer. Il relève la tête et me dit :
— Vous pouvez y aller, j’ai presque terminé, je ne vais pas tarder aussi.
— Bonne soirée, Paul !
— Bonne soirée Élise ! À demain.
Le temps d’arriver à l’arrêt de bus, je me rends compte que le dernier est passé depuis cinq minutes.
Non, mais ce n’est pas vrai !? J'ai la guigne ou quoi ! J’enrage…
— Bordel ! J’en ai pour des heures maintenant pour rentrer chez moi ! Avec mes talons ça va être pratique, dis-je à haute voix.
— Vous avez un problème Élise ?
Je sursaute surprise par cette voix derrière mon dos. Je me retourne et vois Paul.
— Vous m’avez fait peur ! Le dernier bus est passé depuis cinq minutes.
— Ma voiture est garée à deux pas, je vous raccompagne ?
J’hésite mais je me dis qu’avec mes talons, cela va être difficile de rentrer à pied de l’autre côté de la ville.
— Je veux bien merci, dis-je en souriant. Cela ne vous dérange pas ?
— Bien sûr que non !
Nous marchons en direction de sa voiture, une belle berline noire. Il m’ouvre la portière côté passager et je m’installe. Il fait le tour du véhicule et se place derrière le volant.
— Où habitez-vous Élise ?
— Rue de Forbin.
— C’est à côté des Docks ?
— Oui, c’est bien ça !
— Je n’habite pas très loin.
Je me tourne vers lui et le regarde, surprise. Il reprend tout en me souriant.
— Je suis sur l’avenue Schuman.
— Vous êtes proche de la cathédrale de la Major.
— Aussi oui, vous aviez prévu quelque chose ce soir ?
— Oh… Oui. Dis-je en riant.
— Quoi, donc ?
— Vous êtes bien curieux ? Vous êtes mon patron ou ma nounou ?
— On se rebelle, Élise ? Je voulais tout simplement vous inviter à diner. Vous avez un petit ami qui vous attend ? C’est ça ?
— Je n’ai pas de petit ami, je voulais me détendre dans un bon bain chaud. Je partage mon appartement avec ma meilleure amie, Vanessa. C’est elle qui m’attend pour que je lui fasse un compte rendu complet sur la journée que l’on vient de passer.
— Une amie qui prend soin de vous, dit-il en souriant. Alors ? Mon invitation ?
— Bon, D’accord ! Mais je vais la prévenir pour qu'elle ne s'inquiète pas.
Je sors mon téléphone portable rangé au fond de mon sac à main et j’appuie sur la touche où le numéro est déjà enregistré.
— Allo ? Vanessa, c’est moi, je ne rentre pas tout de suite à l’appart, je vais diner avec Paul. Enfin… Mon patron. Dis-je d'une voix gênée.
— Ton patron ? Tu l’appelles déjà par son prénom ? Intéressant, dit-elle.
— Je te laisse à plus tard.
— Mais Élise, je…
Je raccroche, me retourne vers Paul et je me rends compte qu’il sourit. C’est là où je m’aperçois qu’il a entendu la conversation, je me mets à rougir.
— Vous êtes vraiment belle quand vous rougissez comme cela, Élise.
— …
— On y va ?
— Oui !
— Vous aimez quel genre de cuisine ?
— Italienne, je lui réponds.
— Comme moi, voilà un point commun, dit-il ravi.
Il prend la route en direction du vieux Port où il y a plusieurs restaurants, bars, brasseries qui se suivent. Il n’hésite pas un seul instant, il sait où il va. Paul s’arrête devant une enseigne clignotante au drapeau italien. Il coupe le contact, sort du véhicule, vient m’ouvrir la portière et me tend sa main pour que j’y glisse la mienne. J’hésite un instant, ma conscience me crie de lui tendre la main et finalement je la lui confie. Nos doigts entrelacés, nous nous dirigeons vers la porte du restaurant, rentrons et attendons qu'un serveur vienne pour avoir une table. Il nous installe en fond de salle où personne ne peut nous voir.
Une fois installée, je prends le menu que je tripote nerveusement et pousse un soupir, cela fait lever la tête de Paul. Il me fixe de son regard chocolat, ses yeux ne peuvent se détacher des miens.
Paul ressent à cet instant, quelque chose qu’il n’avait jamais ressenti pour une femme. Son cœur se met à battre plus rapidement, son souffle se fait saccadé. Il prend la main d'Élise pour la porter à ses lèvres et y dépose un baiser.
Je me laisse faire, sans réfléchir ni même me poser de questions. Je suis toujours aussi nerveuse certes, mais je suis attirée comme un aimant par cet homme qui me plait de plus en plus. C'est tellement étrange cette sensation. On ne se connaît que depuis ce matin. C’est à ce moment-là que le serveur décide d'interrompre cet étrange échange silencieux pour prendre nos commandes. Je choisis une salade césar, suivi d'une assiette de tagliatelles fraîches au saumon. Paul se décide pour une assiette fraîcheur et copie mon choix pour le plat principal. Le serveur repart avec les menus et revient avec la carte des vins qu’il tend à Paul et en profite pour déposer une corbeille de pain et une carafe d’eau. Mon patron prend la parole et me demande :
— Parlez-moi de vous Élise, je veux tout savoir, me dit-il en souriant.
— Eh bien, quoi dire … Je suis née à Marseille, j’y ai toujours vécu, mes parents ont déménagé à leurs retraites pour vivre dans une maison sur les collines de Sausset-les-Pins. J’ai un frère et une sœur, Antoine a trente-cinq ans, Camille trente-deux et moi trente. J’habite avec Vanessa depuis cinq ans en colocation, comme ça nous pouvons partager les factures et le loyer.
— Pas de petit ami donc, depuis combien de temps ?
— Non pas depuis deux ans. Fais-je en faisant la grimace.
— Que s’est-il passé ?
— Je l’ai vu en train d’embrasser quelqu’un d’autre, j’ai donc traversé la rue et je l’ai quitté sur-le-champ.
— Oh Élise, je suis désolé… pas cool ! Dit-il en regardant le serveur arriver avec les entrées.
— Et vous Paul, racontez-moi.
— Comme vous, mes parents sont à la retraite, ils habitent un chalet dans les Alpes. J’ai une sœur Stéphanie, qui a trente ans, elle est mariée depuis peu avec Mathis. Elle est enceinte de quatre mois et oui dans quelques mois je vais être Tonton ! Dit-il en souriant. J’ai créé le cabinet d’architecture, il y a six ans et j’ai divorcé il y a bientôt deux ans.
— Quel âge avez-vous ?
— Le mois prochain, j’aurai trente-six ans. Mangez votre salade, le serveur nous surveille, dit-il en faisant un clin d’œil.
Paul m’observe, il a l’air subjugué par mes paroles. Je suis sûre que je dois avoir les yeux qui brillent tellement je suis bien et que j’apprécie sa compagnie et, apparemment, il aime ça. J’ai envie d’arrêter le temps pour que cet instant dure le plus longtemps possible.
