Guide pratique des obligations
© Sé 2022
Tous droits réservés
ISBN 978 2 895 092 05 6
Dépôt légal Bibliothèque nationale du Canada 2022
Bibliothèque de France 2022
Imprimé en 2022
Société Éducative Financière Internationale (Sé) Inc.
15 rue Beaujon
75008 Paris
01 47 79 07 64
E-mail : contact@se.com
Eric PICHET
Guide pratique
des obligations
3
ème
édition
DU MÊME AUTEUR
• L’Analyse nancière sectorielle, 1991, Peyrat-Courtens.
• Spéculer, 1992, Les Éditions de l’Archipel.
• Le Guide pratique du MATIF, 2e édition, 1995, SEFI.
• Où va l’argent ? 2000, Mallard Éditions.
• Adam Smith, je connais ! 2001, Mallard Éditions.
• Stock-options, théorie et pratiques, 2002, Les Éditions du Siècle.
• Mais où sont les yachts des clients ? traduction de Where are the
customers’yachts ? de Fred Schwed, 2003, Les Éditions du Siècle.
• Adam Smith, le père de l’économie, 2003, Les Éditions du Siècle.
• Ricardo, le premier théoricien de l’économie, 2003, Les Éditions du
Siècle.
• Mémoires d’un spéculateur, traduction de Reminiscences of a stock
operator, d’Edwin Lefebvre, 2004, PFI.
• Le Family oce, 2005, Les Éditions du Siècle.
• Une Marche au hasard à travers la Bourse, traduction de A random
walk down Wall Street, de G. Burton Malkiel, 2005, Valor.
• Le guide pratique des obligations, 2
e
édition, 2007, SEFI.
• Les hedge funds : théorie et pratiques, 2008, Les Éditions du Siècle.
• Le gouvernement d’entreprise dans les grandes sociétés cotées, 2009,
Les Éditions du Siècle.
• L’Art de l’HDR, Réussir l’habilitation à diriger des recherches en sciences
sociales, 2011, Les Éditions du Siècle.
• Théorie générale des dépenses socio-scales, 2016, Les Éditions du
Siècle.
• Le Guide pratique des options et du Monep, 8
e
édition, 2018, SEFI
• Le Guide pratique de la Bourse, 4
e
édition, 2019, SEFI.
• L’Aventure de la thèse, 2019, Les Éditions du Siècle.
• Le Family Oce: Théorie et pratiques, 2020, Les Éditions du Siècle.
• L’Impôt sur le revenu 2021 : Théorie et pratiques, 22
e
édition, 2021, Les
Éditions du Siècle.
• L’impôt sur la fortune 2021 : Théorie et pratiques, 22
e
édition, Les Édi-
tions du Siècle.
L’utilisation de ce guide.
Ce livre a été conçu pour permettre à tout intervenant sur les marchés
obligataires d’en comprendre les règles. Une de ses caractéristiques
essentielles est sa grande convivialité: il n’est par conséquent nulle-
ment nécessaire de suivre ce guide linéairement. Chacun piochera ce
qu’il y cherche car l’accès aux diérents chapitres peut se faire direc-
tement. A ce titre, le lecteur trouvera à la n du guide un important
lexique auquel il pourra se référer lorsqu’il voudra rechercher précisé-
ment la signication d’un terme un tant soit peu technique.
Remerciements.
Je souhaite remercier les lecteurs des guides précédents qui, par leurs
nombreuses remarques m’ont incité à lancer le chantier de ce nou-
veau guide ainsi que les intervenants qui, au hasard des rencontres,
m’ont fait part de leurs expériences (heureuses ou malheureuses) sur
les marchés obligataires et qui, tout au long de ce guide, viennent
éclairer le propos et alimenter la réexion de chacun. Je remercie
également les étudiants de l’IMPI le Mastère Spécialisé en gestion
de patrimoine de Kedge Business School ainsi que les professionnels
de l’analyse nancière qui ont suivi mes cours à la SFAF qui, par leurs
remarques et leur attention, m’ont permis de réaliser ce guide, dont
la trame était, initialement un cours de nance destiné à expliquer le
fonctionnement des marchés et des produits obligataires.
J’encourage vivement les lecteurs qui souhaiteraient me faire part
de leurs remarques critiques ou suggestions, ainsi que de leurs expé-
riences en la matière. Ces apports pourront utilement servir à la pro-
chaine édition.
SOMMAIRE
1
ÈRE
PARTIE - LES PRODUITS OBLIGATAIRES ............................... 15
ChAPITRE 1 - UnEhISTOIREDESOBLIGATIOnS ........................................................17
1.1L’origine italienne des obligations:
Gênes et Venise ................................................................................................................ 17
1.2Les premières obligations françaises:
les rentes sur l’hôtel de ville ..............................................................................18
1.3Le grand livre de la dette publique
et la faillite des deux tiers ...................................................................................19
1.4 Le XIX
ème
: le siècle de la rente et des rentiers ...............................19
1.5 Les grands risques des emprunts d’Etat ............................................20
1.5.1 Les défauts des Etats .............................................................................................................20
1.5.2 L’ination et l’euthanasie des rentiers .......................................................................20
1.6 Les obligations indexées ...................................................................................... 21
1.6.1 Le CNE 1946 ................................................................................................................................21
1.6.2 Le 3,5% 1952-58 ou rente Pinay: un emprunt indexé sur l’or .....................21
1.6.3 L’emprunt 7% 1973 ou emprunt Giscard. ................................................................ 21
1.7 Les grandes dates de la modernisation du marché obliga-
taire français ....................................................................................................................... 22
1.7.1Les trois «D» et le tourbillon de l’innovation .......................................................22
1.7.2 Le nouveau paysage obligataire français ................................................................23
1.8 Les innovations depuis l’an 2000 ...................................................................23
1.8.1 Le retour des émissions à plus de 50 ans. ................................................................23
1.8.2 L’ouverture aux particuliers de la dette française. ............................................. 24
ChAPITRE 2 - POURqUOILESOBLIGATIOnS?............................................................25
2.1 Qu’est-ce qu’une obligation? .........................................................................25
2.1.1 Une dénition de l’obligation ......................................................................................... 25
2.1.2 Au cœur du contrat obligataire: le taux d’intérêt ...............................................27
2.1.3 Les calculs de taux d’intérêt ............................................................................................. 30
2.1.4 La courbe des taux .................................................................................................................36
2.2 Les autres caractéristiques des obligations ...................................41
2.2.1 Une notion clé: la signature de l’émetteur .............................................................41
2.2.2 La valeur nominale de l’obligation ..............................................................................41
2.2.3 Le taux nominal de l’obligation .....................................................................................42
2.2.4 Le coupon ....................................................................................................................................42
2.2.5 La durée de vie de l’obligation .......................................................................................44
2.2.6 Le remboursement de l’obligation ...............................................................................45
2.2.7 Les garanties attachées à l’obligation ........................................................................48
8 GuidepratiquedesobliGations
2.3Le rôle des marchés obligataires dans le nancement
de l’économie moderne .......................................................................................... 50
2.3.1 Un circuit court entre épargne et les besoins à long terme .......................... 50
2.3.2 Une alternative aux augmentations de capital ....................................................53
2.3.3 Un instrument de liquidité de la dette .......................................................................54
ChAPITRE 3 - LESDIfféREnTSTyPESD’OBLIGATIOnS........................................57
3.1 Les obligations à taux xe ..................................................................................57
3.1.1 L’émetteur ....................................................................................................................................58
3.2 Les obligations à taux variable .....................................................................60
3.2.1Les caractéristiques communes. ...................................................................................61
3.2.2 Les taux de référence monétaire ................................................................................... 62
3.2.3Les indices de référence obligataires .........................................................................64
3.2.4 Les autres caractéristiques ...............................................................................................65
3.2.5 Les principales obligations à taux variable ............................................................67
3.2.6 Les autres obligations à taux variable ....................................................................... 71
3.3 Des obligations à la lisière des actions .................................................72
3.3.1 Les obligations convertibles ............................................................................................72
3.3.2 La famille des ORA ................................................................................................................. 78
3.3.3Les titres subordonnés ........................................................................................................79
3.3.4Les titres participatifs ..........................................................................................................81
3.3.5 Des titres hybrides condentiels ..................................................................................82
3.4 Des titres à court et moyen terme ..............................................................82
3.4.1 Généralités sur les TCN ........................................................................................................ 83
3.4.2 Les certicats de dépôts négociables (CDN) ..........................................................84
3.4.3 Les billets de trésorerie ....................................................................................................... 84
3.4.4Les NEU MTN:
Les Negotiable European Medium-Term Note ......................................................85
3.4.5Les Bons du trésor .................................................................................................................. 85
3.5Les obligations du 3
ème
type ..............................................................................86
3.5.1Les obligations complexes ................................................................................................ 86
3.5.2 Les obligations foncières ...................................................................................................91
3.5.3 Les obligations exotiques .................................................................................................. 92
3.6Les produits dérivés des obligations ......................................................97
3.6.1Les marchés à terme d’obligations ...............................................................................97
ChAPITRE 4 - L’évALUATIOnDESOBLIGATIOnS ........................................................99
4.1Les paramètres de l’évaluation
des obligations ................................................................................................................. 99
4.1.1Le taux d’intérêt ......................................................................................................................99
4.1.2La sensibilité .............................................................................................................................. 99
4.1.3 La duration ..............................................................................................................................101
sommaire 9
4.1.4La convexité ............................................................................................................................102
4.1.5La volatilité ..............................................................................................................................102
4.2Les risques inhérents aux obligations ............................................... 103
4.2.1 Le risque de signature et le risque de crédit .......................................................104
4.2.2 Les risques propres aux obligations à taux xe ................................................107
4.2.3 Les autre risques .................................................................................................................. 108
4.2.4 Les spécialistes du risque obligataire ..................................................................... 109
2
E
PARTIE - LES MARChéS OBLIGATAIRES................................... 111
ChAPITRE 5 - fOnCTIOnnEMEnTDESMARChéSOBLIGATAIRES.............. 113
5.1Le marché primaire ..................................................................................................113
5.1.1Qu’est-ce que le marché primaire? ...........................................................................113
5.1.2 Les émetteurs .........................................................................................................................113
5.1.3 Les modalités d’émission des titres d’Etat ........................................................... 114
5.1.4La syndication ........................................................................................................................117
5.1.6Les emprunts contrôlés ou emprunts privés ......................................................118
5.1.7Un marché éphémère et mal connu: le marché gris ......................................118
5.2Le marché secondaire ........................................................................................... 119
5.2.1La réglementation du marché obligataire français ........................................119
5.2.2La réglementation du marché .....................................................................................120
5.2.3Les diérents types d’ordre ...........................................................................................122
5.2.4Les frais de transactions ..................................................................................................123
5.2.5 Les indices obligataires ....................................................................................................123
5.2.6Les autres marchés obligataires .................................................................................125
5.2.5Le marché secondaire des Euro-obligations .......................................................127
5.3Les acteurs des marchés obligataires ................................................. 127
5.3.1 Les émetteurs .........................................................................................................................128
5.3.2Les investisseurs ................................................................................................................... 130
5.3.3Les intermédiaires ...............................................................................................................133
5.3.4Les autorités de tutelle des marchés ....................................................................... 134
5.3.5Les prestataires de services ...........................................................................................135
ChAPITRE 6 - STRATéGIESSURLESOBLIGATIOnS ................................................. 137
6.1Les stratégies des investisseurs ................................................................137
6.1.1Les stratégies simples du marché obligataire ....................................................137
6.1.2Les stratégies complexes du marché obligataire ............................................. 141
6.1.3Les stratégies complexes du marché monétaire ............................................... 142
6.2.Les stratégies des émetteurs ........................................................................ 144
6.2.1 Pourquoi émettre des obligations? ......................................................................... 144
6.2.2Emissions d’actions ou d’obligation ........................................................................146
6.2.3La gestion de l’émission ...................................................................................................147
6.2.4Les techniques de gestion des obligations émises ......................................... 149
10 GuidepratiquedesobliGations
6.3Les 10 commandements de l’obligataire ..........................................150
6.3.1D’abord se connaître ......................................................................................................... 150
6.3.2Lire les contrats obligataires .........................................................................................150
6.3.3 Maîtriser parfaitement la notion centrale d’intérêt ....................................... 150
6.3.4.Garder à l’esprit le risque de signature
et évaluer correctement la prime de risque. ........................................................151
6.3.5 Faire du temps son allié ................................................................................................... 151
6.3.6 Connaître parfaitement les ordres de Bourse .................................................... 151
6.3.7Bien choisir son intermédiaire .....................................................................................151
6.3.8Dénir son horizon de placement ............................................................................. 152
6.3.9Intégrer la scalité obligataire .................................................................................... 152
6.3.10S’adapter aux circonstances ..........................................................................................152
ChAPITRE 7 - LAfISCALITéDESOBLIGATIOnS........................................................ 153
7.1 Fiscalité des personnes physiques
résidentes en France ............................................................................................... 153
7.1.1 Fiscalité des revenus de titres obligataires ..........................................................153
7.1.2 Fiscalité sur les plus-values d’obligations ............................................................ 157
7.1.3 Fiscalité sur les marchés à terme et optionnels ................................................ 158
7.1.4 La scalité du remboursement et des indemnisations .................................158
7.2Fiscalité des personnes morales résidentes
en France et soumises à l’I.S. ...........................................................................159
7.2.1 Fiscalité des revenus ..........................................................................................................159
7.2.2 Fiscalité des plus-values ..................................................................................................159
7.3 Les organismes à but non lucratif ...........................................................159
BIBLIOGRAPhIE ..................................................................................................................................... 161
WEBOGRAPhIE ..................................................................................................................................... 163
SIGLES
ACG: Adhérent compensateur général
ACOSS: Agence centrale des organismes de sécurité sociale
ACI: Adhérent compensateur individuel
AFB: Association française des banques
AFEI: Association française des entreprises d’investissement
AMI: Agents des marchés interbancaires
ATB: Association des trésoriers de banque
BALO: Bulletin d’annonces légales obligatoires
BCE: Banque centrale européenne
BdF: Banque de France
BEI: Banque européenne d’investissement
BIFS: Bon des institutions nancières spécialisées
BMTN: Bon à moyen terme négociable
BSF: Bon des sociétés nancières
BT: Billet de trésorerie
BTAN: Bon du trésor à taux xe et à intérêts annuels
BTF: Bon du trésor à taux xe et à intérêts précomptés
BTN: Bon du trésor négociable
CA: Chire d’aaires
CAC: Cotation assistée en continu
CADES: Caisse d’amortissement de la dette sociale
CATS: Certicates of accrual on treasury securities
CC: Coupon couru
CCI: Certicat coopératif d’investissement
CD: Certicat de dépôt
CDN: Certicat de dépôt négociable
CDC: Caisse des dépôts et consignations
CECEI: Comité des établissements de crédit et des entreprises
d’investissement
CEDEL: Centrale de livraison de valeurs mobilières
CMF: Conseil des marchés nanciers
CNB: Caisse nationale des banques
CNE: Caisse nationale de l’énergie
CNI: Caisse nationale de l’industrie
CNO: Comité de normalisation obligataire
COB: Commission des opérations de bourse
CPM: Conseil de la politique monétaire
CRBF: Comité de la réglementation bancaire et nancière
12 GuidepratiquedesobliGations
CRDS: Contribution au remboursement de la dette publique
CRI: Centrale des règlements interbancaires
CSG: Contribution sociale généralisée
CT: Court terme
CVT: Correspondant en valeurs du Trésor
DDOEF: Diverses dispositions d’ordre économique et nancier
ECU: European currency unit
EONIA: European overnight interest average
ESOPE: Emprunts à sensibilité opposée
EURIBOR: European interbank oered rate
FCC: Fonds commun de créances
FCIMT: Fonds commun d’intervention sur les marchés à terme
FCP: fonds commun de placement
FCPE: Fonds commun de placement d’entreprise
FCPR: Fonds commun de placement à risque
FELIN: Fonds d’état libre d’intérêts nominaux
FIBOR: Francfort interbank oered rate
FRF: Franc français
FSR: Fonds de soutien des rentes
FRA: Forward rate agreement
FRN: Floating rate notes
IABD: International association of bonds dealers
IPC: Indice des prix à la consommation
IRPP: Impôt sur le revenu des personnes physiques
ISDA: International swap dealers association
IVT: Intermédiaire en valeurs du Trésor
LIBOR: London inter bank oered rate
LT: Long terme
LYONS: Liquid yield options notes
MATIF SA: Marché à terme international de France
MEDAF: Modèle d’évaluation des actifs nanciers
MOF: Multi-option nancing facility
NCP: Négociateur pour compte propre
NEC: Négociateur courtier
NIP: Négociateur individuel de parquet
NSC: Nouveau système de cotation
OAT: Obligations assimilables du Trésor
OATi: Obligations assimilables du Trésor indexées sur l’ination
OBS: Obligations à bons de souscription
OBSA: Obligations avec bons de souscriptions d’actions
OBSO: Obligations à bons de souscriptions d’obligations
OC: Obligations convertibles
siGles 13
OCBSA: Obligations convertibles à bons de souscriptions d’actions.
OCEANE: Obligations à option de conversion ou d’échanges
en actions nouvelles ou existantes.
OCPCC: Obligations convertible à prime de conversion constante
OICV: Organisation international des commissions de valeurs
mobilières
OLIF: Obligations à libération fractionnée
ONC: Ore non compétitive
OPA: Ore public d’achat
OPE: Ore publique d’échange
OPO: Ore à prix ouvert
OPV: Ore publique de vente
OPCVM: Organisme de placement collectif en valeurs mobilières
ORA: Obligation remboursable en actions
ORABSA: Obligation remboursable en actions avec bons
de souscription d’actions.
ORAT: Obligation renouvelable et assimilable du trésor
ORCI: Obligation remboursable en certicats d’investissement
OROC: Obligation à réinvestissement optionnel du coupon
ORT: Obligation renouvelable du Trésor
OSCAR: Obligation spéciale à coupon à réinvestir
OSDIBAR: Obligation subordonnées à durée indéterminée
à bons de sous-criptions d’actions rachetables.
OST: Opération sur titres
OTC: Over the counter / Ouvert à toutes cessions
OTFI: Obligation à taux ottant inversé
Pb: points de base
PIBOR: Paris inter bank oered rate
PIC: PIBOR 1 mois capitalisé
PVD: Pays en voie de développement
RCM: Revenus des capitaux mobiliers
RELIT: Règlement livraison des valeurs titres
RGV: Relit grande vitesse
SATURNE: Système automatisé de traitement unié
des règlements de créances négociables
SBF: Société des Bourses françaises
SCF: Société de crédit foncier
SEBC: Système européen de banques centrales
SFAF: Société française des analystes nanciers
SICAV: Sociétés d’investissement à capital variable
SICOVAM: Société interprofessionnelle pour la compensation
des valeurs mobilières
14 GuidepratiquedesobliGations
SIT: Système interbancaire de télétransmissions
STRIP: Separate trading of registered interest and principal
of securities
SVT: Spécialistes en valeurs du trésor
T-bills: Treasury bills
T-bonds: Treasury bonds
TAG: Taux annuel glissant
TAM: Taux annuel du marché monétaire
TARGET: Trans-european automated real time gross
settlement express transfert system
TBB: Taux de base bancaire
TBF: Transfert banque de France
TCN: Titre de créances négociables
TDPL: Titre donné en pension livrée
TEC: Taux de l’échéance constante
TEMPE: Taux
THB: Taux hebdomadaire des bons du trésor à taux xe
à 13 semaines
THE: Taux hebdomadaire des emprunts d’état
THO: Taux hebdomadaire du marché obligataire
TIGERS: Treasury investment growth receipts
TIOP: Taux interbancaire oert à Paris
TMB: Taux moyen mensuel des bons du Trésor
TME: Taux moyen mensuel des emprunts d’Etat
TMM: Taux moyen mensuel du marché monétaire
ou T4Mau jour le jour entre banques
TMO: Taux moyen mensuel des obligations
TMOE: Taux moyen mensuel des obligations à l’émission
TMP: Taux moyen pondéré
TP: Titre participatif
TPCCI: Titre participatif convertible en certicat d’investissement
T4M: Taux moyen mensuel du marché monétaire
TRA: Taux révisable annuellement
TRB: Taux révisable avec taux BTF
TRE: Taux révisable par référence aux emprunts détat
TRM: Taux révisable semestriellement
TRO: Taux révisable par référence au marché obligataire
TSC: Titre subordonnée convertible
TSDI: Titre subordonné à durée indéterminé
TSR: Titre subordonné remboursable
1
ÈRE
PARTIE
LES PRODUITS OBLIGATAIRES
CHAPITRE 1
UNE HISTOIRE DES OBLIGATIONS
«La dette publique est un des rares phénomènes qui ne pousse pas ses
racines jusqu’à l’antiquité gréco-romaine.»
E.J. Hamilton
L’histoire des obligations, c’est d’abord l’histoire d’un rapport de force
entre le débiteur (généralement la puissance publique) et ses créan-
ciers (généralement des personnes privées). Compte tenu de la puis-
sance respective des cocontractants, le rapport de force n’a jamais été
équilibré. Et de fait l’histoire fourmille d’exemples de débiteurs qui
refusent d’honorer leurs signatures.
1.1 L’origine italienne des obligations:
Gênes et Venise
Deux cités-Etats se disputent la paternité de l’invention des obliga-
tions: Gênes et Venise.
La ville de Gênes a émis ses premiers emprunts au XI
ème
, en gageant
les obligations sur les ressources de l’impôt sur le sel (la plus sûre des
rentrées scales à l’époque). Les obligations sont tout simplement
nées d’une réexion de bon sens: pour nancer de lourdes infrastruc-
tures comme des installations portuaires nécessitant des travaux plu-
riannuels et qui ne pouvaient produire des recettes qu’à long terme,
l’impôt annuel ne susait pas. Les magistrats de la ville, tous issus de
l’aristocratie et de la bourgeoisie, ont donc cherché des ressources à
long terme, et ce d’autant plus facilement que les détenteurs de capi-
taux étaient les mêmes familles qui dirigeaient la cité.
Venise pour sa part avait, dès le XIII
ème
, opté pour l’emprunt forcé, en
contraignant les riches bourgeois à lui prêter. Pour dégager un groupe
de revenus sur quoi asseoir les intérêts et le remboursement des prêts
ainsi consentis, la ville créa une institution spécialisée chargée à la fois
du contrôle et de la gestion des fonds. Cette institution payait des in-
térêts bisannuels qui représentaient deux fois 5% par an.
18 GuidepratiquedesobliGations
1.2 Les premières obligations françaises:
les rentes sur l’hôtel de ville
Sous l’Ancien Régime, la rente (étymologiquement le revenu d’un
capital) est un contrat de droit privé qui assure à son détenteur un
droit perpétuel. Le développement des «rentes à prix d’argent»
(entre personnes physiques) s’est accéléré après leur reconnaissance
par le pape Martin V en 1425.
Les premières obligations publiques furent «les rentes sur l’hôtel
de ville» signalées par un texte du Parlement en date du 9 Juin
1417 qui indique l’existence d’un emprunt municipal sous forme de
rentes autorisé par le Parlement et gagé sur les recettes municipales
de Paris. Cette rente sur l’hôtel de ville pouvait être rachetée par
la municipalité pour la valeur de 12 annuités. La ville de Paris, qui
est encore la première collectivité locale française à proposer des
obligations au public, a donc une tradition d’émissions obligataires
avant le XVI
ème
et mérite incontestablement le titre de plus ancien
émetteur obligataire de France. Il faut en eet rappeler que, sous
l’Ancien régime, le crédit du Roi (personne physique) était particu-
lièrement faible car les dettes contractées par le souverain avaient
la désagréable caractéristique (surtout aux yeux des créanciers) de
disparaître avec la personne du souverain. François I
er
, conscient de
cette faiblesse et de la conance toute modérée que lui accordait
les détenteurs de capitaux, décida donc de lever des obligations en
usant de la garantie de l’hôtel de ville de Paris qui leva, en son nom
propre, les fameuses rentes pour lui prêter ensuite les fonds levés.
Le premier emprunt d’Etat est réalisé sous forme de rentes le 15 oc-
tobre 1522, pour régler la bataille de Marignan – une catastrophe
nancière – et ses conséquences. Par la suite, les rois successifs mul-
tiplient les emprunts. Face au surendettement chronique de l’Etat,
les intérêts ne sont pas toujours payés, et la banqueroute est parfois
décrétée: la dette constitue ainsi la maladie récurrente des nances
de l’Ancien Régime.
unehistoiredesobliGations 19
1.3 Le grand livre de la dette publique
et la faillite des deux tiers
«Le trop grand empressement qu’on a de s’acquitter d’une obligation est
une espèce d’ingratitude.»
La Rochefoucauld
La loi du 24 août 1793 crée le Grand Livre de la dette Publique. Les
engagements de l’Etat sont constitués de l’ensemble des sommes
qu’il devra rembourser, en prenant en compte la dette étrangère et
la dette intérieure.
La dette intérieure est constituée de trois types d’obligations: la dette
perpétuelle (qui ne prévoit pas de date de remboursement mais que
l’Etat peut racheter en Bourse, en 1913 elle représentera 66% de la
dette publique), la dette remboursable (qui prévoit une date de rem-
boursement) et la dette viagère (qui assure une rente à son détenteur
jusqu’à sa mort). Des trois, seule cette dernière n’est pas négociable.
La banqueroute des deux-tiers est également connue sous le nom de
liquidation Ramel du nom du ministre des nances de l’époque. Le
directoire est proclamé le 4 septembre 1797 et la banqueroute le 30
septembre 1797. On parle de la «banqueroute des deux-tiers» car
seul le tiers des créances sur l’Etat est reconnu valable par la loi. On
dit alors pudiquement que seul le tiers sera consolidé au grand livre.
1.4 Le XIX
ème
: le siècle de la rente
et des rentiers
«Dans ce milieu, on ne commence à être âme qu’à partir de 100 000
francs de rente.»
Octave Mirbeau
Le franc germinal est créé en 1803, il est librement convertible en or
(sauf entre 1848-1850 et entre 1870 et 1878). Il reste le symbole de
la plus grande période de stabilité monétaire française qui durera
jusqu’en 1914.
Le XIX
ème
est le siècle de l’opulence pour une catégorie sociale nou-
velle: les rentiers. La France est à l’époque «le core-fort du monde»
et les Français investissent dans des actifs aussi divers que le chemin
20 GuidepratiquedesobliGations
de fer du Tonkin, la banque industrielle de Chine ou les laminoirs de
Toula (Russie). En 1825, l’Etat émet la rente perpétuelle 3% pour in-
demniser les émigrés de la conscation de leurs biens qui furent ven-
dus comme biens nationaux (le fameux milliard des émigrés). Cette
rente restera cotée en Bourse jusqu’en 1987, date de son rachat dé-
nitif par l’Etat.
En 1913, la France compte 10 millions d’électeurs et 8 millions de
boursiers. Jaurès fustige les inégalités: «105 milliards possédés par
200 000 personnes et 15 millions qui ne possèdent rien». On s’ache
d’ailleurs ostensiblement «rentier» et un portefeuille d’obligations de
200 000 francs-or (environ 900000 € de 2020) rapporte 6000Franc-or
c’est à dire l’équivalent des actuels 20000 € de 2020 ou encore 20 fois
le revenu d’un employé parisien de l’époque.
1.5 Les grands risques des emprunts d’Etat
Au début du XX
ème
les épargnants découvrent, après une longue pé-
riode de stabilité qui a duré jusqu’en 1914, paradis des rentiers, les
trois grands risques des obligations d’Etat.
1.5.1 Les défauts des Etats
L’engouement de l’épargne publique française pour les obligations
étrangères qui, rappelons-le, avaient le mérite d’être rémunérées à
un taux d’intérêt supérieur à celui des rentes de la République, est
un des faits marquants de l’histoire nancière du XIX
ème
. A partir de
la seconde partie du XIX
ème
, les défaillances de certains Etats se suc-
cèdent. En 1862, le Mexique (déjà) refuse de rembourser ses dettes. En
1876, la Turquie fait défaut, la France dépêche deux croiseurs pour im-
pressionner les Turcs et calmer le mécontentement des porteurs-élec-
teurs. En 1914, le Brésil ne reconnaît plus la clause or sur ses emprunts
émis en 1909 et 1911. En 1917 vient le tour de la Russie.
1.5.2 L’ination et l’euthanasie des rentiers
L’ination et la chute du franc à la suite de la première guerre mon-
diale vont entraîner la disparition de la classe sociale des rentiers (d’où
l’expression de KEYNES, l’euthanasie des rentiers) et la méance des
épargnants vis-à-vis des produits obligataires classiques. Les coupons
sont en eet xes et payés en francs. La hausse des prix provoque
alors l’érosion du revenu des rentiers, elle ruine les plus fragiles. En dix
ans, le franc perd 80% de sa valeur en or.
unehistoiredesobliGations 21
1.6 Les obligations indexées
«Rien n’est éternel, pas même l’ination.»
Galbraith
Après la seconde guerre, les nationalisations ont été nancées par
l’émission d’obligations dont le coupon a une partie xe et une partie
variable. On les qualie alors d’obligations «participantes»: ce sont
les ancêtres des obligations indexées traitées au chapitre 3.2 Les obli-
gations à taux variable et au chapitre 3.5 Les obligations du 3e type.
1.6.1 Le CNE 1946
Emis en 1946 par la Caisse nationale de l’Energie, cet emprunt était
destiné à l’indemnisation des anciens actionnaires des quelques 900
entreprises électriques et gazières nationalisées. En sus d’un coupon
xe de 3%, les coupons et les primes de remboursement (50 ans
après) étaient indexés sur le chire d’aaires d’EDF-GDF via un prélè-
vement de 1% sur les ventes de la compagnie nationale. A l’échéance,
l’indexation sur le chire d’aaires aboutit à une multiplication par 51
du coupon et une multiplication par 61 de son cours de Bourse.
1.6.2 Le 3,5% 1952-58 ou rente Pinay:
un emprunt indexé sur l’or
Le Pinay occupe une place à part dans l’imaginaire des épargnants fran-
çais. Il est passé à la postérité boursière comme l’archétype de la bonne
aaire pour les investisseurs. L’indexation sur l’or de la rente Pinay était
destinée à restaurer la conance car les obligations d’avant-guerre
avaient vu leur valeur fondre sous l’eet de la grande vague ination-
niste. Les obligations avaient un nominal de 100, 500, 1 000 ou 10 000
F et détachaient initialement un coupon de 3,5% par an le 1° juin de
chaque année mais le remboursement était indexé sur l’or et d’une s-
calité exceptionnelle avec une exonération totale d’impôt sur les intérêts
et surtout une exonération de droits de succession. C’est à cette époque
qu’est apparu l’adage boursier bien connu des héritiers à propos d’un
parent proche de sa n: «on le met en Pinay avant de mettre en bière».
1.6.3 L’emprunt 7% 1973 ou emprunt Giscard
Les caractéristiques de cet emprunt étaient les suivantes: une émis-
sion de 6,5 milliards de francs (soit environ 5.9 milliards d’euros de
2020), un nominal de 1 000 F, un taux facial de 7%, remboursable en
une fois le 16 janvier 1988 au moins au pair. Les intérêts étaient ver-
22 GuidepratiquedesobliGations
sés le 16 janvier de chaque année. La grande originalité de l’emprunt
Giscard 7% 1973-1988 (et la cause essentielle de la catastrophe -
nancière qu’il a représenté pour les nances publiques) se situait dans
une obscure clause subsidiaire d’indexation des intérêts et du capital
sur l’or (le franc étant déni contre 0,88 grammes d’or n). A compter
du 16 janvier 1978, l’indexation sur l’or a fonctionné et les coupons
comme la valeur de remboursement ont augmenté considérable-
ment. Intérêts et capital étaient multipliés par un coecient établi
comme étant la moyenne des 30 derniers cours du lingot précédant
le 1
er
janvier divisée par 10 483, ce dernier chire étant la moyenne
des 30 derniers cours du lingot précédant le 1
er
janvier 1973.
En janvier 1988, au moment de l’amortissement nal, le coût total du
remboursement fut de 92 milliards (55 milliards au titre du rembour-
sement et 37 milliards au titre des intérêts pendant 15 ans), soit en
francs constants 4,5 fois le montant initial.
1.7 Les grandes dates de la modernisation
du marché obligataire français
«Vouloir être de son temps, c’est déjà être dépassé.»
Ionesco
1.7.1 Les trois «D» et le tourbillon de l’innovation
Déréglementation, décloisonnement et désintermédiation abou-
tissent à la modernisation du marché obligataire.
La loi du 3 janvier 1983 sur la protection de l’épargne a créé les titres
participatifs et les certicats d’investissement. La dématérialisation des
titres date du 3 novembre 1984 et concerne toutes les émissions obli-
unehistoiredesobliGations 23
gataires à l’exception des obligations étrangères et qui marque la n,
entre autres, des émissions à lots kilométriques de la SNCF, emprunts
à lots du CFF ou Crédit National. En janvier 1985 on voit la création des
titres de créances négociables, les banques peuvent émettre des Certi-
cats de dépôts, et les entreprises des Billets de trésorerie.
Porté sur les fonts baptismaux en février 1986 par un gouvernement
socialiste qui en a suivi avec attention la longue gestation, le MATIF
est le premier marché à terme français d’obligations. Toutefois, en
1999, sa survie n’était nullement acquise face à la prééminence d’Eu-
rex, le marché à terme allemand.
1.7.2 Le nouveau paysage obligataire français
En mars 1988 les obligations passent sur le système de cotation élec-
tronique CAC, en mars 1989 le décret sur la titrisation (qui permet la
création des FCC) est publié au JO. En novembre 1990 la réforme de la
contrepartie obligataire est mise en place par le Conseil des Bourses de
valeur. En pratique, le marché se scinde alors en deux: un marché tra-
ditionnel de confrontation centralisée des petits ordres, et un marché
de gros qui traite des blocs importants, animé par des teneurs de mar-
ché. En 1993, la durée minimale des émissions obligataires est xée à 7
ans et le marché des bons à moyen terme négociables est créé. Depuis
le 4 janvier 1999, toutes les cotations des obligations se font en euros à
la Bourse de Paris et les règlements-livraisons se font en euros.
1.8 Les innovations depuis l’an 2000
Le monde obligataire est un monde d’innovation: proposer des pro-
duits complexes signie pour les établissements nanciers des marges
plus élevées, mais l’avantage concurrentiel d’un nouveau produit ne
dure jamais très longtemps, ce qui génère de nouvelles innovations.
En outre le monde bancaire est un monde fortement réglementé, ce