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La civilisation des 7 Rivières, plus connue sous le nom de civilisation de l'Indus, se déroule entre le Gange et l'Indus, entre 1900 BCE et 4000 BCE. Elle est caractérisée par son pacifisme et son absence de palais, de temple, d'esclavage, d'armée et de trop fortes inégalités. En même temps et au même endroit était composé, le Rig Veda, le plus ancien livre de l''humanité. L'auteur, en décryptant ses métaphores, vous fera découvrir une civilisation totalement différente de celles que nous connaissons.
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Seitenzahl: 207
Veröffentlichungsjahr: 2024
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toutes les illustrations dont l’origine n’est pas citée viennent de wikimedia commons : https://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0/
Carte de Michel Danino : " L’Inde ou l’invasion de nulle part ".Les Belles Lettres. 2006
Du même auteur :
Le Rig Veda, traduction complète en français.
Site web : https://rigvedafr.com/
AVANT-PROPOS
Le matériel
Architecture et Artefacts
Les villes
Objets de la vie quotidienne
L’économie
Comptoirs en Iran et à Sumer
Les ports
L’écriture mystérieuse
Armes
Organisation sociale et politique :
Sépultures
Vêtements et parures
Instruments de musique
Jeux et loisirs
Poids et mesures
Le spirituel
La spiritualité
Le sacrifice :
Le sacrifice privé :
Les sacrifices publics :
Le Mantra
Les techniques pour atteindre l’illumination
Les trois mondes :
Mâyâ :
Rishi :
Réincarnation :
La morale :
Lignée, descendance :
Lexique
Le Rig Veda
Où et quand ?
Géographie
Dates
De quand date la fin ?
Les grands mythes
Vritra
Shushna
Shambara
Les Dasyus (ou Dâsas)
La guerre des dix rois
Les autres guerres entre Âryas
La Spiritualité
Le sacrifice
Le soma
Religion ou Spiritualité pure
L’objectif à atteindre pour chacun
Les trois mondes
Fonctionnement de la société
La place de la femme
Les moeurs
Les funérailles
La sexualité
L’alcool :
La viande :
Les Eunuques
La Richesse matérielle
Les sâdhus
Sécheresse et pénurie de soma
Le dixième mandala
Fonctionnement concret de la société
Les castes
L’opposition et ses arguments
Les chevaux
Linguistique
La génétique
Après 1900 BCE
La politique
Proposition d’un historique
Conclusion
Le monde d’aujourd’hui
La fin des civilisations
Alors, tout est perdu?
Bibliographie
En Janvier 2018, j’ai commencé la traduction du Rig Veda. J’en avais entendu parler et j’avais lu plusieurs livres à son sujet, notamment " Le secret du Veda " de Sri Aurobindo.
Par hasard, un soir, quelque temps auparavant, en zappant sur mon poste de télévision, j’étais tombé sur un documentaire sur Arte1. Il présentait, très succinctement, la civilisation dite de l’Indus qui m’avait bouleversé.
Ce documentaire m’a ramené quarante-cinq ans plus tôt, quand je suis allé en Inde, comme des milliers de jeunes occidentaux. J’y étais allé après cinq ans de route en auto-stop à travers le monde, sans un centime, dont trois ans en Afrique.
Mon but, en arrivant en Inde, n’était pas de trouver un guru ni de chercher une libération spirituelle quelconque, c’était déjà fait.
En 1970, alors que j’étais sur la route depuis plus de deux ans, j’ai eu cette expérience spirituelle que l’on ne peut ni décrire, ni nommer correctement.
J’allais donc en Inde pour y vivre la vie de sâdhu, de renonçant. C’est ce que j’ai fait pendant presque un an. J’ai vécu, avec eux, la vie de naga-baba, une catégorie de sâdhus qui vont presque nus, couverts de cendres, de temple en temple2, en ne possédant que ce qu’ils peuvent porter. Je n’ai jamais parlé du Veda avec eux, mais la vie que j’ai menée m’a fait comprendre beaucoup de choses.
Je ne suis pas un intellectuel. J’ai détesté l’école et j’ai arrêté les études en seconde. J’ai passé un CAP de projectionniste et j’ai travaillé dans un cinéma, en Bretagne, pendant six mois, plus deux autres dans un studio de post-synchronisation à Paris, avant de partir sur la route en 1967 avec ma dernière paie.
Je n’ai donc pas suivi le cursus classique des amateurs de sanskrit ou de civilisations anciennes. Bien entendu, mes lectures m’avaient fait découvrir leur point de vue et leur interprétation au premier degré du Rig Veda.
Il n’existe toujours pas de livre en français sur ladite civilisation de l’Indus. Les rares articles de journaux qui en parlent donnent des informations qui datent du milieu du 20 ème siècle.
Je n’arrivais pas à comprendre réellement pourquoi les archéologues et les spécialistes occidentaux des civilisations anciennes ne voulaient surtout pas entendre parler du Rig Veda qui conte des évènements se passant au même endroit et pour certains d’entre eux, à la même époque.
Les arguments avancés étaient : " C’est de la religion, on n’y comprend rien ", " Le Rig Veda date de 1500 BCE, avec l’arrivée des Aryens, donc de plus tard ", Et quand, à l’occasion de mes discussions avec ceux qui soutiennent cette vision de choses et que je leur demandais des références, sur quoi se basaient-ils pour étayer cette affirmation, ils me répondaient : " c’est un consensus scientifique " ou " ça a déjà été largement démontré ". J’ai même eu droit à des injures.
Alors, j’ai donc décidé, de le traduire, en français et en anglais, pour voir ce qu’il en était vraiment.
Une fois ma traduction terminée et publiée, j’ai réalisé que mon introduction était un peu trop courte pour expliquer le contexte dans lequel ces hymnes avaient été composés. Voici donc le résultat de l’analyse que j’en ai fait en décryptant ses métaphores et en tenant compte des découvertes archéologiques trouvées dans les livres en anglais, puisqu’il n’y a rien de disponible en français, et des heures de conférences sur le web, encore en anglais, sur ce sujet.
***
Comme toutes les civilisations, elle comprend deux aspects que nous allons voir l’un après l’autre le matériel et le spirituel.
Le matériel : n’étant pas archéologue, j’ai simplement résumé ce que j’ai découvert dans mes nombreuses lectures, notamment celles de J.M. Kenoyer, BB Lal, Michel Danino... et les nombreuses vidéos trouvées sur le web. J’ai illustré cette partie par des photos libres de droits, que j’ai transformées en noir et blanc.
Si vous en avez les moyens, je vous conseille l’excellent livre de Johnathan Marc Kenoyer " The ancient cities of the Indus Valley civilization " Oxford University Press Pakistan. C’est lui qui a fouillé le plus Mohenjo Daro. Ce livre est magnifiquement documenté, avec de superbes photos.
Le spirituel : là, c’est plus simple. Après avoir appris le sanskrit, sans intention de le parler correctement un jour3, mais simplement pour traduire, j’ai consacré tout mon temps à cette traduction. La lecture du livre de Sri Aurobindo : " Le secret du veda " m’a fortement aidé pour décrypter les métaphores.
Bien entendu, je peux me tromper dans l’interprétation du Rig Veda et sa connexion avec la civilisation dite de l’Indus. Honnêtement, je me suis posé la question plus d’une fois.
J’ai tout vérifié, tout contrôlé. Évidemment, il reste des points à éclaircir, aussi bien dans le texte du Rig Veda que dans l’adéquation entre les ruines et le vieux texte. Mais je suis quand même foncièrement persuadé que le Rig Veda était bien LE livre, oral bien sûr, de cette civilisation située entre le Gange et l’Indus et qui s’est terminée il y a presque 4000 ans.
Pour vous tenir informés, allez sur mon site web :
https://rigvedafr.com/
1 Chaîne de télévision franco-allemande.
2 Ou de dhuni en dhuni.
3 À l’impossible, nul n’est tenu. Le sanskrit, surtout le védique, est très difficile à prononcer correctement.
Je vous propose d’étudier ce que j'appelle la Civilisation des 7 Rivières. Vous en avez certainement entendu parler sous d'autres noms tels que la Civilisation de l’Indus, Civilisation Harappéenne, Civilisation de l’IndusSarasvatî, ou encore simplement Civilisation de la Sarasvatî.
Cette civilisation était située en Inde du Nord-Ouest, couvrant l’actuel Pakistan, allant du Gange à l’Indus, et du nord de l’Afghanistan au sud du Gujarat.
Je l’appelle de cette façon pour me démarquer des récupérations politiques de tous les bords, et pour apporter un peu de sérénité pour comprendre cette magnifique civilisation presque totalement inconnue en France.
La Civilisation des 7 Rivières, dans sa phase urbaine, a vu le jour il y a environ 5500 ans, à peu près en même temps que l’Égypte et la Mésopotamie. Parallèlement, d’autres petites civilisations fleurissaient dans une région s’étendant du nord de l’Afghanistan, au Turkménistan, et à l’Iran : la Civilisation des Oasis, dans le désert de Karakoum, et la Civilisation de l’Oxus en Afghanistan et au Tadjikistan. Des cités-états, comme Merhgarh, existaient déjà à cette époque et ont probablement servi de modèle à ces nouvelles civilisations.
Ces petites civilisations étaient les héritières du chamanisme local et se caractérisaient par leur pacifisme. Certaines d’entre elles étaient même dirigées par des femmes, ce qui était loin d’être fréquent pour l’époque. Ces civilisations excellaient dans l’agriculture, l’élevage et l’artisanat. Elles partageaient une spiritualité commune et pratiquaient des rituels presque semblables.
Bien entendu, ces civilisations commerçaient entre elles et entretenaient des échanges culturels et sociaux poussés. Les civilisations indienne et iranienne, en particulier, avaient les mêmes dieux principaux et parlaient des langues très proches.
Petit à petit, ces civilisations ont évolué et se sont agrandies pour donner naissance à de grandes villes prospères. En l’espace de deux mille ans environ, la Civilisation des 7 Rivières s’est développée pour atteindre une étendue impressionnante, équivalente à plus de deux fois la taille de la France. Elle avait une importance comparable à celle de l’Égypte et de la Mésopotamie réunies. Elle a marqué ainsi l'Histoire par sa planification, sa qualité de vie et son intelligence.
Ainsi, cette étude va nous permettre de plonger dans l’histoire de l'une des civilisations les plus importantes et influentes de l'Antiquité qui laisse les archéologues quasiment muets.
Carte de Michel Danino : " L’Inde ou l’invasion de nulle part ".
Ed. Les belles lettres. 2006
Les premières villes de la Civilisation des 7 Rivières ont émergé il y a environ 5500 ans. C’était d’abord une civilisation rurale. Au fil des siècles, elle est devenue urbaine, vers 3500 avant notre ère (BCE4). Elle a connu plusieurs stades de développement. Vers 2700 avant notre ère, a commencé une période appelée phase Mature. Cette époque a été caractérisée par une densité de population importante pour l'époque, ainsi qu'une grande prospérité.
À cette époque, elle faisait partie des trois grandes premières civilisations les plus développées. Elle s’étendait sur une superficie équivalente à deux fois celle de la France, soit plus d’un million de kilomètres carrés. Elle était aussi importante que l’Égypte et la Mésopotamie réunies. C'était la civilisation la plus peuplée de son temps. Au fil des siècles, alors que de nombreuses petites civilisations ont disparu, celle des Sept rivières existe toujours, bien sûr fortement modifiée par le temps et les Hommes. Elle a laissé une empreinte durable qui a contribué à la formation de l'Inde moderne que nous connaissons aujourd'hui.
Cette région ouest-asiatique était riche en ressources naturelles, ce qui a favorisé sa croissance économique et sociale. Les échanges commerciaux avec les autres civilisations de l'époque ont aussi joué un rôle clé dans son développement. L’agriculture, l’artisanat et l’urbanisme ont permis des exportations importantes à travers la région.
L’archéologie nous montre des villes bien organisées, planifiées, réfléchies avec des infrastructures nouvelles, des systèmes d'égouts pour évacuer les eaux usées et des habitations conçues pour le bien-être de ses habitants. Comme dans les autres civilisations, les villes étaient construites le long des rivières. C’est de là que vient son nom Sapta Sindhu, les sept rivières en sanskrit.
Ces avancées technologiques et sociales ont permis à cette civilisation de prospérer pendant environ un millénaire et demi. Grâce à son influence, elle a jeté les bases de nombreuses pratiques et coutumes qui perdurent encore aujourd’hui dans la culture indienne. Par exemple, les poids et mesures sont toujours les mêmes, 4000 ans plus tard, dans la pratique quotidienne et traditionnelle.
Harappa, la première ville de cette civilisation, a été découverte en 1910 lors de travaux sur la voie ferrée que les Britanniques construisaient dans l'actuel Pakistan. Les Britanniques avaient besoin de ballast et ils ont remarqué que les habitants locaux allaient se servir en briques dans une colline voisine. Intrigués, ils sont allés voir de plus près et ont découvert une ancienne ville en ruine, ensevelie par le temps.
Dix ans plus tard, John Faithfull Fleet découvre Mohenjo-Daro, un autre site de cette civilisation. L’architecture et les poids et mesures étant les mêmes, il a conclu qu’il s’agissait bien d’une civilisation, et non pas de cités-états indépendantes. Ces deux villes étaient situées sur l’Indus, elle a donc été appelée, Civilisation de l’Indus.
Les fouilles ont commencé à Mohenjo-Daro en 1927 sous la direction de John Marshall. Ces travaux ont été poursuivis par Mortimer Wheeler, qui a imposé une méthode de fouilles efficace connue sous son nom, appelée également : " Fouilles en carré ".
Comme tous ses futurs collègues, il a mis au jour une ville construite en briques cuites, érigée sur une plateforme en briques et entourée de murailles également en briques, sauf au Gujarat où la pierre les remplaçait, notamment à Dholavira et à Lothal.
Au début, les remparts ont été interprétés comme des protections mili - taires, similaires à celles des autres anciennes civilisations. Mais, les archéologues ont rapidement conclu que ces murailles étaient en réalité destinées à protéger la ville des crues de l'Indus et des autres rivières avoisinantes qui débordaient en été.
Des millions de briques cuites ont été utilisées
Par exemple, à Mohenjo-Daro, il fallait prendre un bateau pour se déplacer entre la ville basse à la ville haute en été, pendant la mousson quand la plaine était inondée.
Par la suite, d'autres sites importants ont été découverts, notamment Dholavira et Lothal au Gujarat, Rakhi Garhi, Kalibangan, Banawali, Ganweriwala sur la rivière asséchée Ghaggar en Inde, appelée Hakra au Pakistan.
Très vite, l'importance de cette nouvelle civilisation est devenue évidente. Ses principales caractéristiques étaient uniques pour l'époque : on n'y trouvait ni palais, ni temple, ni armée, ni esclavage, ni richesse excessive, ni misère apparente, ni inégalités flagrantes, ni statues, ni monuments comme des pyramides ou des ziggourats, et aucune glorification de l'égo. Pas de statues à la gloire de celui-ci ou celui-là, pas de bas-reliefs décrivant des guerres, des prisonniers qui sont enchaînés ou mis à mort.
L'urbanisation de cette civilisation était intelligente et soigneusement planifiée. Les villes étaient construites de manière ordonnée, avec des avenues orientées nord-sud et des rues orientées est-ouest. Mohenjo Daro est surnommée le "Manhattan de la préhistoire". Elle contrastait avec les villes des autres civilisations où tout convergeait généralement vers un palais royal ou un temple principal.
Harappa fouilles 1925
Cela mettait en évidence une façon de vivre commune et relativement égalitaire sans structures de pouvoir visibles, ce qui est unique pour une civilisation. Les découvertes ont époustouflé les archéologues qui n’avaient jamais connu ça.. Elle est malheureusement encore méconnue du grand public, en général. Il ne s’intéresse pas aux civilisations noncentralisées sans constructions monumentales, jardins suspendus et autres pyramides.
" La civilisation de l'Indus représente un ajustement très parfait de la vie humaine à un environnement spécifique qui ne peut résulter que d'années d'essais patients et d'expériences accumulées. "
Marshall, John. Mohenjo-daro et la civilisation de l'Indus : récit officiel des fouilles archéologiques à Mohenjo-daro effectuées par le gouvernement indien entre les années 1922 et 1927. Arthur Probsthain, 1931.
Les maisons, même celles des habitants les plus modestes, comportaient des aménagements remarquables pour l'époque, comme des toilettes et un système de protection contre l’humidité. Chaque maison possédait une cour intérieure autour de laquelle les pièces étaient organisées. La vie à cette latitude se passe à l’extérieur. C’était donc très pratique.
Les maisons, même celles des pauvres, étaient équipées d'une salle d'eau et d'un système d’évacuation des eaux usées, une innovation inconnue ailleurs à cette époque. Contrairement aux autres civilisations même les habitations les plus simples bénéficiaient de ces infrastructures. Les archéologues ont mis au jour des toilettes sèches dans chaque maison. Ils ont aussi trouvé quelques toilettes à chasse d’eau, ce qui n'existait nulle part ailleurs à cette période. Il semble aussi qu’il y ait eu des toilettes publiques à Mohenjo Daro. Tous les archéologues ne sont pas d’accord à ce sujet.
Les maisons des familles riches se distinguaient certes de celles des familles pauvres, mais cette différence tenait principalement à la présence de pièces supplémentaires. Certaines maisons, celles des plus aisés, comportaient même un ou deux étage supplémentaires.
L'aménagement intérieur variait également entre riches et pauvres. La différence se voyait, probablement, à l’équipement intérieur : tapis, meubles, vaisselle...
Ce qui est certain, c'est que toutes les habitations, qu'elles soient modestes ou non, avaient été conçues dans l’intérêt de ses habitants en leur assurant confort et bien-être, quel que soit leur statut social.
La gestion de l'eau dans cette civilisation était une priorité. Les infrastructures mises en place pour assurer l'approvisionnement en eau potable étaient efficaces. Un système de drainage des eaux usées permettait de les évacuer hors des limites de la ville, évitant ainsi toute contamination de l'eau potable.
Les deujx colonnes sont en réalité des puits
Dans des régions comme la Mésopotamie et l'Égypte, où les eaux potables et non-potables étaient plus ou moins mélangées, les habitants devaient boire de la bière, afin d'éviter les maladies liées à une mauvaise qualité de l'eau, telles que la dysenterie et le choléra.
De nombreux puits, certains atteignant une profondeur de 30 mètres, étaient présents à chaque carrefour et même dans certaines maisons. Ces puits étaient tapissés de briques trapézoïdales, ce qui leur assurait une solidité exceptionnelle.
Un puits
Dans les grandes villes, les parties communes se trouvaient dans un endroit que les archéologues du 19 ème siècle ont appelé " la citadelle ". C'est un mot qu’ils tenaient de leurs études des civilisations grecque ou romaine. C’était une partie de la ville qui était surélevée grâce à de gros remblais et entourée de murailles. Dans la citadelle, il y avait une grande salle commune sans toit où les habitants pouvaient se rassembler pour diverses activités, plus ce que les archéologues ont appelé un grenier communautaire.
À Mohenjo Daro, on trouvait aussi un grand bain. Ce bain, en forme de piscine, était construit pour que les gens puissent y faire des ablutions. Il y avait des petites salles autour du bain et des escaliers pour descendre dans l'eau.
Les parties communes de Monhenjo Daro : le grand bain.
Ce grand bain servait probablement pour des rituels de purification.
Des autels avec un ou plusieurs foyers ont été découverts à Lothal et Kalibangan par B.B. Lal, futur directeur de l’Archéologie Survey of India.
Les premières villes ont émergé aux alentours de 3500 avant notre ère, mais bien avant cette date, de grands villages existaient déjà depuis au moins 6000 avant notre ère. Ces villages étaient les premières formes d'organisation sociale de la région dont on ait la trace.
À Rakhi Garhi, par exemple, avant que la ville ne soit construite, les maisons étaient des trous cylindriques creusés dans le sol, avec un toit posé dessus.
Cette transition des gros villages aux premières villes marque une étape importante dans l'évolution de la société et de l'urbanisation dans la vallée de l'Indus et de la Ghaggar. Les techniques de construction ont évolué, passant de simples structures enterrées à des maisons plus modernes. Voici un exemple d’ingéniosité : dans certaines maisons, les archéologues ont trouvé des boules d’argile truffées de morceaux de charbon de bois. Elles étaient enterrées sous le sol de la maison, pour absorber l’humidité.
L'archéologie n'a trouvé aucune trace de violence dans les sites de la cette civilisation, quel que soit l'endroit et le niveau fouillés. Tous les chercheurs s'accordent à dire qu’elle était totalement pacifique. Il n'y a pas la moindre représentation de guerriers dans les artefacts ou les sculptures de cette époque. De plus, les ossements des cadavres trouvés dans les cimetières ne présentent aucune blessure indiquant des combats ou des violences délibérées. Il n'y a aucune trace d'incendie volontaire dans les vestiges des bâtiments, et aucune pointe de flèche n'a été trouvée plantée dans les murs.
Les fouilles n'ont également révélé aucun objet lié à la guerre, comme des casques ou des boucliers. Des armes, en cuivre, ont bien été trouvées, mais rien n’indique qu’il puisse s’agir d’armes de guerre. Cette absence de preuves de conflits ou de violence suggère que les habitants de cette civilisation vivaient dans une société très pacifique, concentrée sur le commerce, l'agriculture et la vie communautaire plutôt que sur la guerre. Ce pacifisme est une caractéristique remarquable de cette civilisation, surtout lorsqu'on la compare à d'autres cultures de la même époque qui avaient des traditions militaires bien marquées. Les conclusions des archéologues et des chercheurs sur ce point sont unanimes, c’était 'une société harmonieuse, pacifique et stable.
Avec une population estimée à environ cinq millions d'habitants, ce qui était énorme pour l’époque, la Civilisation des 7 Rivières était comparable à celles de l'Égypte et de la Mésopotamie réunies.
La structure des villes de cette ancienne civilisation révèle une organisation sociale et une vie communautaire bien développée. Les villes étaient généralement divisées en deux ou trois parties distinctes : la ville basse, la ville haute et la citadelle5.
La ville basse abritait plusieurs quartiers résidentiels et commerciaux, où l'on a trouvé des artefacts nous montrant que la vie était communautaire. Les bijoux et les statuettes découverts suggèrent une forme de communautarisme de la population.
S'agissait-il de communautés culturelles, professionnelles ou linguistiques ? La question reste encore débattue par les historiens et les archéologues. Les preuves archéologiques suggèrent une certaine diversité culturelle et des échanges commerciaux avec d'autres régions, mais la ou les langues parlées par les habitants demeurent des sujets de recherche et de discussion. Dans cette zone géographique, des dizaines de langues différentes sont encore parlées aujourd’hui. Il est probable que c’était la même chose à cette époque.
Monhenjo Daro
La Civilisation des 7 Rivières, a atteint son apogée avant de décliner autour de 1900 avant notre ère (BCE), à l'exception notable de la région du Gujarat qui a continué à prospérer pendant encore environ cinq siècles. Plusieurs facteurs ont contribué à la disparition de cette civilisation florissante. Parmi les raisons principales, on note un important dérèglement climatique survenu vers 2200 avant notre ère. Ce dérèglement s'est manifesté par une période de sécheresse qui, selon diverses études, a pu durer de dix ans à un siècle, ce qui est énorme. Cette sécheresse aurait affecté les ressources en eau et l'agriculture ; sans diminuer les récoltes. En effet, aucun signe de baisse des exportations n’a été révélé en Mésopotamie.
De plus, cette région a été frappée par une série de tremblements de terre, ce qui a amplifié les difficultés déjà posées par le climat.
Ces secousses sismiques, très fréquentes dans l’Himalaya, ont eu un effet désastreux sur la Sarasvatî, la principale rivière de la Civilisation des 7 Rivières, qui est connue aujourd'hui sous le nom de Ghaggar en Inde et Hakra au Pakistan.
Bracelets taillés dans des coquillages
Les tremblements de terre ont contribué à l'assèchement de cette rivière, provoquant le départ vers la vallée de l’Indus de la majorité de la population qui ne pouvait plus y vivre. Mais, les villes de la vallée de l’Indus, déjà très peuplées ont vite été débordées. L’évacuation de pratiquement toute la population a donc été décidée, essentiellement vers la vallée du Gange. Elle semble s’être déroulée sans violence, ni destruction.
Contrairement à ce qui est écrit sur la photo, il ne s’agit pas d’une déesse.
Les changements climatiques combinés aux catastrophes naturelles ont donc précipité le déclin et la disparition de cette société totalement unique dans toute l’histoire humaine..
" La rivière Ghaggar-Hakra, qui traverse les régions nord-ouest de l'Inde et du Pakistan, est souvent identifiée par certains chercheurs comme étant la rivière mythique Sarasvatî mentionnée dans les textes anciens hindous. Cette identification est basée sur des preuves hydrologiques et archéologiques qui suggèrent que la Ghaggar-Hakra était autrefois une rivière pérenne, correspondant à la description de la Sarasvatî dans les Vedas. "
Oldham, C. F. (1893). "The Sarasvatî and the Lost River of the Indian Desert." The Journal of the Royal Asiatic Society of Great Britain and Ireland, pp. 49-76.
" Des recherches récentes en géoarchéologie et en imagerie satellitaire ont soutenu l'hypothèse selon laquelle la rivière Ghaggar-Hakra pourrait être l'ancienne Sarasvatî. Les analyses montrent des lits de rivières asséchées et des changements dans les cours d'eau qui correspondent aux descriptions védiques de la Sarasvatî comme une rivière puissante qui s'est graduellement asséchée "
Yash Pal et al. (1980). Remote Sensing of the 'Lost' Sarasvati River. Proceedings of the Indian Academy of Sciences (Earth and Planetary Sciences), 89(3), pp. 317-331.
" La Ghaggar-Hakra est souvent associée à la Sarasvatî en raison de similitudes géographiques et linguistiques. De nombreux sites de la civilisation de la vallée de l'Indus sont situés le long de son ancien cours, suggérant que cette rivière jouait un rôle central dans la vie des habitants, tout comme la Sarasvatî dans les textes anciens."
Danino, Michel (2010). The Lost River: On the Trail of the Sarasvatî. Penguin Books India.
