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D'une rare audace il vous fera connaître avec un luxe de détails scabreux les passions, les aventures charnelles d'une jolie soubrette au tempérament de feu. Extrait: Une petite ville de province calme et sans histoire, où la moindre bagatelle devient un drame, où toute la vie et ses passions sont enfermées, cloîtrées entre les vieux murs, vestiges d'une fortification désuète ; c'est là que je suis née. C'est ce berceau bourgeois et étriqué qui a abrité mes premiers pas, mes premières curiosités d'enfant. De parents pauvres, douée d'une nature sauvage et volontaire, j'étais la gamine des rues au visage barbouillé et hardi, à l'œil pétillant d'une petite flamme vicieuse. J'étais toujours en compagnie des garçons. Je traînais à leurs côtés dans les rues de la bourgade ; et l'on me voyait user mes fonds de culotte de gamine sur les trottoirs, penchée sur la rigole où roulait l'eau bourbeuse que brusquement avalait l'égout. Une gamine vicieuse, certes ; et cependant, à l'encontre de bien des gamines de mon âge, mes jeux avec les petits garçons sont toujours demeurés innocents. Et je me souviens même d'avoir, à l'âge de huit ans, calotté un garnement dont la main audacieuse s'était égarée sous ma courte jupe. À vrai dire, je méprisais un peu ces garçons. Sans doute étais-je déjà marquée par d'autres destinées… Apres de trop longues années, pendant lesquelles je n'eus d'autres leçons que le tragique enseignement de la rue, on jugea bon de m'envoyer à l'école. Je passe rapidement sur ces quelques études primaires. D'esprit assez vif, je mis un point d'honneur à dépasser toutes mes compagnes. J'y réussis assez bien. C'est à quatorze ans que me saisit ma véritable existence. À ce moment, mes parents, guettés par la misère pâle, m'ont retirée de l'école et placée comme cousette de troisième ordre…
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Seitenzahl: 68
Veröffentlichungsjahr: 2016
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Certaines existences semblent être placées sous le signe de l’amour. Les hommes naissent avec le génie, la force, l’ambition, parfois au contraire avec la bêtise ou la lâcheté. Germes profonds et indéracinables, les traits saillants de leur nature les conduiront vers le triomphe ou vers la déchéance.
Les femmes sont moins souvent orientées vers tant de traits excessifs. Elles sont presque toujours gouvernées toute leur vie par ce sentiment complexe, fait d’instinct et comme pétri de chair, que l’on nomme la féminité. L’amour domine leurs cœurs, leurs têtes, leurs cerveaux. C’est là leur véritable raison de vivre. La plupart l’admettent en elles comme un sentiment bourgeois et calme, fait de passions et d’appétits assouvis dans l’adoration d’un seul homme.
Mais il en est d’autres, au contraire, qui savent dominer l’amour et s’en servir, au lieu d’être dominées par lui. On les nomme les grandes amoureuses, justement peut-être parce qu’elles ne le sont pas. Ces privilégiées peuvent dominer le monde. Autrefois, elles laissaient un nom dans l’histoire. Aujourd’hui, elles se contentent d’amasser des fortunes, ce qui, au fond, est bien plus intéressant.
Que faut-il à ces femmes pour atteindre un tel but. La beauté ? certes, mais ce n’est pas la seule qualité nécessaire. L’intelligence est aussi un élément indispensable, ainsi que la hardiesse. Enfin, les sens ; on aurait tort de croire qu’une femme galante ne doit pas avoir de sens. Il est simplement préférable de savoir les dominer ; mais il faut savoir prendre plaisir à toutes les caresses, rechercher sans crainte les sensations les plus excessives, les plus diverses.
Mais surtout, il faut qu’une femme qui réunit ces qualités (ou si vous préférez ces défauts), possède par dessus tout cet élément rare : être née sous le signe de l’amour. Ce signe saura coordonner en elle tous les sentiments, tous les instincts : vicieuse, cupide, effrontée, rusée, sensuelle, la femme saura malgré tout paraître une déesse, et user toute sa vie de ce don inestimable qui lui permettra de devenir l’une des Reines de l’Amour.
Au risque de paraître monstrueusement inconsciente et orgueilleuse, j’affirme que je suis de celles-là. Modeste femme de chambre, je suis arrivée à une situation enviée, à la richesse, au luxe, et tout cela par l’amour. Je n’en rougis pas, et je vais essayer de raconter dans ce petit livre quelques épisodes de ma vie.
Que l’on me pardonne certaines descriptions qui pourront paraître osées, certains sentiments intimes qui pourront paraître choquants. J’estime que les faits doivent être racontés avec franchise tels qu’ils se sont passés. Ceux que j’offense n’ont qu’à ne pas me lire. Ceux qui ne craignent pas la vérité ou qui savent ce qu’est le grand problème des sens, me comprendront.
Une petite ville de province calme et sans histoire, où la moindre bagatelle devient un drame, où toute la vie et ses passions sont enfermées, cloîtrées entre les vieux murs, vestiges d’une fortification désuète ; c’est là que je suis née. C’est ce berceau bourgeois et étriqué qui a abrité mes premiers pas, mes premières curiosités d’enfant.
De parents pauvres, douée d’une nature sauvage et volontaire, j’étais la gamine des rues au visage barbouillé et hardi, à l’œil pétillant d’une petite flamme vicieuse. J’étais toujours en compagnie des garçons. Je traînais à leurs côtés dans les rues de la bourgade ; et l’on me voyait user mes fonds de culotte de gamine sur les trottoirs, penchée sur la rigole où roulait l’eau bourbeuse que brusquement avalait l’égout.
Une gamine vicieuse, certes ; et cependant, à l’encontre de bien des gamines de mon âge, mes jeux avec les petits garçons sont toujours demeurés innocents. Et je me souviens même d’avoir, à l’âge de huit ans, calotté un garnement dont la main audacieuse s’était égarée sous ma courte jupe. À vrai dire, je méprisais un peu ces garçons. Sans doute étais-je déjà marquée par d’autres destinées…
Apres de trop longues années, pendant lesquelles je n’eus d’autres leçons que le tragique enseignement de la rue, on jugea bon de m’envoyer à l’école. Je passe rapidement sur ces quelques études primaires. D’esprit assez vif, je mis un point d’honneur à dépasser toutes mes compagnes. J’y réussis assez bien.
C’est à quatorze ans que me saisit ma véritable existence. À ce moment, mes parents, guettés par la misère pâle, m’ont retirée de l’école et placée comme cousette de troisième ordre dans une petite maison de couture locale. Et ces débuts modestes ont suffi à éveiller en moi le feu qui couvait sans que je l’eus soupçonné.
Le travail attentif des mille colifichets qui font la parure féminine, le toucher continuel des étoffes soyeuses, la vue des belles dames clientes de la maison, m’ont ouvert brusquement les portes d’un paradis inconnu : le luxe. Gamine ardente et pâle aux yeux battus, je rêve de toutes ces choses nouvelles, et je sens gronder en moi les premiers orages de la trouble envie, auxquels se mêlent bientôt les premiers frémissements de la sensualité.
Le soir, en rentrant de mon travail, je me déshabille dans ma modeste chambre que décore, unique luxe, une vieille armoire à glace. Debout devant le miroir terni, j’enlève mon humble corsage, et je fais glisser le long de mes hanches ma courte jupe de drap bleu. Avec attention, je contemple le reflet de ma silhouette, gainée dans mon pauvre linge d’ouvrière. Ma poitrine, déjà ferme, gonfle la fine baptiste de ma chemisette blanche ; mon petit pantalon garni de dentelles moule mes formes pleines. Longuement, je m’attarde à cette contemplation. Puis, lentement, j’enlève mes derniers voiles, révélant à mes yeux ravis l’orgueil de ma précoce nudité. Le buste nu, je m’admire, vêtue simplement de ma petite culotte. Mes jeunes seins se dressent, gonflés sous leur fine peau de nacre ; leurs pointes d’un rouge sombre semblent mendier avec fierté quelques douces caresses, et cette double érection de ma féminité me fait songer à l’amour. Légères, mes mains effleurent les beaux globes de chair ; à ce contact, mes yeux se ferment et je frissonne, évoquant dans ma tête folle les caresses d’un subtil et invisible amant.
Enfin, je m’arrache à ma sensuelle rêverie. D’une main fébrile, j’écarte l’élastique qui maintient ma culotte à la taille, et je me dénude, avec un plaisir secret. Le petit pantalon, rempli à craquer par les formes qu’il cache, s’insinue indiscrètement dans tous les replis de mon intimité ; j’ai de la peine à lui faire franchir le gonflement de ma croupe. Enfin, il s’écroule à mes pieds, frêle corolle, et cette lingerie éparse semble former le socle de ma victorieuse nudité.
Ainsi dressée, dans la blancheur de ma chair, je me sens pénétrée d’un indicible orgueil. Je me tourne et me retourne, m’admire, sous toutes les faces, livrées à la seule contemplation de mon être. Rien n’existe plus pour moi que mon corps. Je ne suis plus une gamine ; je n’ai plus rien d’une petite ouvrière, je suis à cent lieues de mon cadre. Je ne suis plus qu’une femme, qui sent naître en elle son seul bien, sa seule force, qui vibre sous la force irradiante de l’éclosion de sa chair.
Enivrée solitaire, je me plonge toute nue dans mes draps ; et le contact des rudes couvertures me semble être lui-même une caresse sur ma peau. Je me laisse doucement posséder par cette caresse née de mon imagination, et je pense. Je pense avec ferveur, non pas à quelque chose de précis, mais à un ensemble de faits, d’images propres à exalter le délire de mes sens. J’évoque des corps pressés contre le mien, des bouches qui mangent mes lèvres, qui les meurtrissent, des fluides vainqueurs qui me pénètrent.
Doucement, ma main descend sous les draps, cherchant entre mes cuisses crispées le point d’apaisement. Et bientôt le silence de ma petite chambre n’est plus troublé que par mon souffle pressé, et par un doux gémissement qui s’échappe de mes lèvres entr’ouvertes, comme pour appeler l’impossible rêve, et l’absorber dans le délire de ma chair.
