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Ce livre est le deuxième tome de son journal qu’il rédige presque quotidiennement. Il rassemble des souvenirs, des anecdotes, des réflexions, et quelques poésies. C'est une écriture en patchwork. Celui qui lui donna l'idée n'est autre que Henry-David Thoreau. Son journal est une œuvre majeure de la littérature américaine. Il n'a pour but que d'apprendre à se connaitre et à s'ouvrir aux lecteurs qui se donneront la peine de le lire.
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Seitenzahl: 71
Veröffentlichungsjahr: 2016
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A Inès et Ulysse
Nous sommes tous des papillons
Préface
Juin 1992 et stylo-plume
Un Mercredi en 1994
Semelles orthopédiques
1997
Esquisse d’un éternel insatisfait
12 juin 2008
Esquisse d’une pièce de théâtre
Malpartout
1999
2000
2001
2 Octobre 2010
Aout 2012
Teide
Mai 2014
Juin 2014
26 Juin 2014
Chef d’œuvre
Septembre 2014
Découverte de la plongée
27 octobre 2014
12 novembre 2014
Novembre 2014
21 décembre 2014
1 er janvier 2015
5 janvier 2015
Physique et interprétation
Pierrette
28 février 2015
Fou ?
9 mars 2015
4 mars 2015
5 mars 2015
8 mars 2015
9 mars 2015
11 mars 2015
12 mars 2015
13 mars 2015
22 mars 2015
24 mars 2015
25 mars 2015
29 mars 2015
31 mars 2015
03 avril 2015
9 avril 2015
2015
11 mars 2015
Avril 2015
23 avril 2015
24 avril 2015
Mai 2015
Mai 2015
9 mai 2015
Fin mai 2015
15 juin 2015
22 juin 2015
1 e Septembre 2015
2 septembre 2015
Expériences professionnelles
Centres d’intérêt
Septembre 2015
5 Novembre 2015
9 novembre 2015
Nature Writing
Fantasmagories
12 novembre 2015
16 novembre 2015
17 novembre 2015
22 novembre 2015
25 novembre 2015
27 novembre 2015
4 décembre 2015
Vanité
5 décembre 2015
6 décembre 2015
7 décembre 2015
8 décembre 2015
9 décembre 2015
17 décembre 2015
18 décembre 2015
4 janvier 2016
Cet ensemble est décousu. J’ai recueilli ici d’autres pages d’écriture semblables à la première partie « roman autobiophilographique d’un inconnu». Ce sont d’autres souvenirs, d’autres émotions, d’autres sensations.
Un jour mon parrain (ce qualificatif n’a ici rien de religieux) eut l’idée de m’offrir un stylo-plume. Cet objet qui peut paraitre anodin incarne une révolte naissante contre l’oppression sociale. « Un gaucher ne peut pas écrire à la plume. Il écrit mal, fait des tâches et a une écriture penchée. ». Être gaucher intègre tellement de caricatures !
Je me suis toujours dit, j’aurais la plus belle des écritures pour prouver à tous ces débiles que les gauchers ne sont pas des handicapés.
Madame Zorro m’a empêché d’utiliser ma main gauche mais ne m’empêchera pas d’écrire. Pour ceux qui ne la connaissent pas encore, ce fut une des enseignantes que j’ai supportée à l’école maternelle.
Le premier jour de neige, un mercredi. Mon voisin, mon frère et moi, nous nous décidions d’aller faire de la luge dans le talus d’en face. Nous avions l’habitude d’y aller chaque hiver sans aucun problème particulier. Les Ardennes sont réputées pour proposer de la neige assez régulièrement. C’est plus que relatif aujourd’hui. Je dois avouer que cet épisode ne m’a pas fait haïr la poudreuse, bien au contraire.
Nous décidions de descendre une pente que nous ne connaissions pas. Chacun s’y essaya pourtant sans difficulté.
Arrive enfin mon tour. Je monte sur la luge, me laisse descendre et dans un fracas, je me retrouve à côté d’elle, immobile, sans comprendre ce qui avait pu arriver pour que je me retrouve dans cet état. Personne ne s’inquiétait. C’est au moment où j’ai voulu me relever que j’éprouvais les premières difficultés. Le « Eh ! Les gars ! Je ne sais plus bouger. » résonne encore en moi comme le synopsis d’un mauvais film. L’absence de douleur ne m’aida pas à comprendre la situation. La neige avait tout endormi. Personne ne réagissait. Ils riaient si fort que je l’entends encore aujourd’hui ce rire moqueur. Ils pensaient tous à une mauvaise blague.
Seul, mon frère m’aida et descendit finalement chercher de l’aide. Un gendarme auxiliaire arrive et m’aide à descendre toute la côte sur ma fameuse luge. Il me porte dans ses bras jusqu’au bureau. Ceci n’est que le début d’un long scénario.
Mon père appelle l’ambulancier le plus proche. Afin de regarder l’état de ma jambe qui avait doublé de volume, celui-ci prend une paire de ciseaux et commence à découper ma botte. Je me mets à hurler ! Tous pensent que je souffre à cause de la douleur physique mais en réalité je pleurais la destruction de ma paire de chaussures préférée, mes bottes en caoutchouc rouges. J’avais l’impression que mes souvenirs d’enfance s’envolaient. Chaque fois que l’ambulancier ouvrait et fermait les ciseaux, chaque mouvement accompagnait la disparition d’un souvenir. Je pleurais bien plus pour mes bottes que pour ma jambe.
J’arrive enfin dans un hôpital de Charleville-Mézières. Je passe une radiographie et le radiologue me dit : « il faut opérer, il y a une double fracture ! ». La seule réponse que je lui adresse et qui me vient à l’esprit est : « c’est une blague ? ». Le chirurgien n’avait apparemment aucun humour. Il ne répondit rien.
Viennent alors des souvenirs sous la forme de bribes : la convalescence, la rééducation, un puzzle sur les dinosaures, la lecture de Tom Sawyer et celle de La Tulipe noire.
Mon année de cinquième au collège du val de Meuse fut une brève expérience. Je ne vus ce bâtiment que trois jours sur l’année. Je craignais la phlébite encore plus que mes camarades.
Ceci est une des conséquences de l’épisode précédent. J’ai toujours souffert de cet accompagnement quotidien qui me vaut douleurs dans le dos et un choix très restreint de chaussures. Je m’y suis fait au fur et à mesure mais au début il fut assez difficile d’oublier les sandales, les chaussures de sport et toutes les chaussures basses. Encore aujourd’hui je suis résigné à ne porter que des chaussures hautes qui maintiennent la cheville, ayant eu en plus des entorses à répétition.
Je suis donc bancal. Un centimètre me décale une jambe du sol. Je m’y habitue et je dois avouer qu’il m’arrive de ne pas utiliser mes semelles pour pouvoir porter des chaussures basses, des sandales ou même des sabots.
Encore trop de questions inutiles m’attaquent. « Pourquoi portes-tu des chaussures aussi grosses, aussi chaudes en été ? ». Le mal est caché. L’habitude me fait tout simplement oublier que les autres ne font pas pareil. « Tu dois avoir chaud ? ». Je conclus la conversations par « Oui. Et alors ? Et pourquoi pas ?»
Parfois je me plonge dans une rêverie, j’écris alors des textes que je ressors quelques années plus tard. J’ai quinze ans, je suis sur mon vélo et je rêve d’un autre monde.
J’ai de l’argent, j’ai du pouvoir J’ai un grand château en albâtre Une mezzanine en poutres noires Des vases de Chine qui veulent me battre
Mais l’ennui ronge
Jusqu’à mes songes
Mais l’ennui ronge
Une éponge, une oronge
Chaque fin de semaine les amis
Viennent en guise de remède
De beaux compliments bien choisis
Lancés à l’esprit d’un bipède
Dans une impasse, un labyrinthe
Le fil d’Ariane glisse dans ma main
Des mots rares comme térébinthe
Sont en moi et je m’y tiens
Parfois il nous vient des idées étranges. Cette pièce de théâtre inachevée en fait bel et bien partie. Je me suis tout de même vu quelques fois dans ce personnage nommé Malpartout.
Scène 1
MALPARTOUT
Je suis malade, j’ai toujours mal au ventre, je suis un véritable nœud d’estomac. Tous mes organes ne font que me commander de la douleur et sans doute en promotion. J’en ai marre, je souffre, je suis tout jaune. Ma mâchoire va bientôt se décrocher et rouler par terre comme une balle de ping-pong. Tous les enfants du quartier joueront avec et diront « on s’amuse tellement bien avec la mâchoire de Malpartout, il est si généreux ! ». Tu parles ! Je n’ai jamais demandé à ma mâchoire de se décrocher, moi. Ils disent que je suis fou mais je n’en crois pas un mot. Ils ne voient pas tous les efforts que je fais pour me sentir mieux, ce sont eux qui ne comprennent rien. J’ai quand même vécu pendant 10 ans. Je sais ce que je dis, je me plis de douleur dès que j’essaie de faire quelque chose. Voilà vous savez tout maintenant.
La mère entre brusquement dans la chambre.
Scène2
MAMAN MALPARTOUT
