Petite histoire des Peuples  - 3 - - Jacqueline Launay - E-Book

Petite histoire des Peuples - 3 - E-Book

Jacqueline Launay

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Beschreibung

Ce troisième livre de la collection "PETITE HISTOIRE des Peuples" aborde, comme les deux premiers, des traits de civilisation. Informer simplement de périodes d'histoire, de manière neutre, avec souvent des citations ou notes d'historiens destinées à leur apporteront plus d'éclairage. Par ailleurs, noter les épisodes peut aider à se souvenir, éviter que le temps n'efface de la mémoire, les exploits accomplis bons ou mauvais. Ce sont tantôt des éléments du passé, textes issus de mémoires collectives, de la transmission orale, tantôt des éléments historiques qui se combinent dans ce livre! Grâce au Livre I, le lecteur sera entré en contact avec les Atlantes , (les Atlantes, mythe ou réalité?), ce peuple que certains firent demeurer, dans les temps immémoriaux, sur les monts du Caucase, avant qu'ils n'émigrent vers l'Asie et l'Afrique... Dans le Livre III, le lecteur abordera le royaume mythique du Prêtre-Jean, objet d'une lettre en latin adressée à l'empereur Manuel 1er Comnène de Byzance : "Au-delà de la Perse et de l'Arménie, s'étend un merveilleux royaume dirigé par le Prêtre-Jean. Cette terre est traversée par un fleuve provenant du paradis, charriant émeraudes, saphirs, rubis..." ; ensuite suivront l'histoire de la Reine de Saba, du Pays de Pount, pays de l'encens, des royaumes de Napata, Méroé .. et enfin, une tranche d'histoire des civilisations en voie de disparition tels que Pygmées, Awa, Andamans...

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Seitenzahl: 330

Veröffentlichungsjahr: 2016

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Du même auteur,

« Pour la Terre, choisir l'Agriculture Durable, écologique, et les Teintures par

les plantes... »

« Produire plus ! »

« Des Dieux et des Hommes »

Le Code de la propriété intellectuelle interdit les copies ou reproductions destinées à une utilisation collective. Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite par quelque procédé que ce soit, sans le consentement de l'auteur ou de ses ayants cause, est illicite et constitue une contrefaçon sanctionnée par les articles L. 335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle. Pour les publications destinées à la jeunesse : application de la Loi n° 49-956 du 16 juillet 1949.

Je dédie ce livre

A mes enfants, à Charlotte,

A mes neveux et petits neveux,

A mes filleuls,

A mes amis.

« Sème une pensée, tu récolteras un acte,

Sème un acte, tu récolteras une habitude,

Sème une habitude, tu récolteras un caractère,

Sème un caractère, tu récolteras une destinée. »

Dalaï Lama

Ce texte que SURVIVAL international a présenté dans sa rubrique

« Héroïnes indigènes » : « Petit Papillon », née dans une tribu awâ...

« Dans les sociétés industrielles, nombreuses sont les femmes qui combattent encore pour l’égalité des sexes. Cependant, beaucoup de leurs homologues qui appartiennent à des sociétés de chasseurs-cueilleurs ont depuis longtemps le même statut que les hommes. La dépendance mutuelle sur la nourriture – les hommes chassent, les femmes pratiquent la cueillette – a, au fil des générations, favorisé le développement de sociétés égalitaires.

Aux confins de l’Amazonie brésilienne, ‘Petit Papillon’, telle qu’elle est connue dans sa tribu, se balance sur une liane au dessus d’un fleuve.

Petit Papillon est née dans la tribu awá – les Indiens les plus menacés au monde. Depuis des siècles, leur mode de vie est en parfaite symbiose avec la forêt. Leur premier contact a été établi par la FUNAI, le département des affaires indigènes du Brésil, en 1973.

Aujourd’hui, les 450 membres de la tribu sont encerclés par des éleveurs, des bûcherons et des colons qui ont envahi leur terre et les ont tués en toute impunité... Petit Papillon vit dans un village situé à 30 minutes de marche de la frontière, là où, jour et nuit, les colons détruisent et brûlent les arbres de la forêt. Au début de l’année 2014, le gouvernement brésilien a finalement lancé une ‘opération de grande envergure’ pour expulser les envahisseurs illégaux du territoire awá, suite à la campagne menée par Survival. Selon Stephen Corry, ’c’est une action extrêmement importante et vitale pour les Awá’. L’avenir de Petit Papillon dépend du succès de cette opération de terrain et d’une solution à long terme … » © Survival International

« Nos mythes et nos symboles plongent dans la « mémoire du temps ».

« Ne te détourne pas de l'obstacle, n'essaie pas de fuir les difficultés.

Lorsqu'il rencontre un rocher sur sa route, le fleuve ne remonte jamais en

arrière.

Il le contourne en glissant, joue avec lui comme le guérisseur qui murmure

et enchante la blessure, ou bien il bondit dans une gerbe de lumière.

Apprends à danser avec l'obstacle, si tu veux progresser. »

(Préceptes de vie issus de la sagesse amérindienne - J-P Bourre)

« La forme la plus profonde de désespoir, est de choisir d'être

un autre que soi-même. »

Soren Kierkegaard (1813/1855) philosophe, écrivain, théologien danois.

L'homme est libre, au centre du monde

« Nous ne t'avons donné ni place précise qui te soit

propre, ni fonction particulière, Adam, afin que, selon

tes envies et ton discernement, tu puisses prendre et

posséder la place, la forme et les fonctions que tu

désireras. La nature de toutes les autres choses est

limitée et contenue à l'intérieur des lois que nous leur

avons prescrites. Toi, que nulle limite ne contraint,

conformément à la libre volonté que nous avons placée

dans tes mains décideras des propres limites de la

nature.

Nous t'avons placé au centre du monde pour que, de

là, tu puisses plus facilement en observer les choses.

Nous ne t'avons créé ni de ciel, ni de terre ; ni

immortel, ni mortel pour que, par ton libre arbitre,

comme si tu étais le créateur de ton moule, tu puisses

choisir de te façonner dans la forme que tu préféreras.

Par ta puissance, tu pourras dégénérer, prendre les

formes les plus basses de la vie, qui sont animales. Par

ta puissance, tu pourras, grâce au discernement de

ton âme, renaître dans les formes les plus hautes, qui

sont divines ».

« Sur la dignité de l'homme »

Pic de la Mirandole*, savant italien du 15ème siècle.

*

« ...Une civilisation qui ne croit plus en elle-même, qui n'est plus

capable de défendre ses valeurs, qui remplace la foi par l'idolâtrie,

est condamnée tôt ou tard à quitter la scène du monde. »

*

Table des Matières

C/

le Continent africain

les Fresques de Tassili

le Maroc au Néolithique

les Berbères

les Touaregs

les Numides

les Gétules

les Garamantes

la Tribu Mestasa

la Population Yoruba

(Société secrète Gèlèdè)

IBEJI : le Culte des Jumeaux

les Masques d'IFE

la Civilisation de Nok

le Niger, en Afrique

les Peuples en voie de disparition : les Négritos (Andamans...), les Pygmées..

l'Education des enfants chez les Pygmées

La Cosmogonie – organisation de l'univers Dogon (au Mali)

la Face cachée du monde

D/

le Message de DHUODA, Carolingienne

& la Chapelle Palatine d'Aix-la-Chapelle

les Dieux de l'Olympe

(Mythologie grecque)

l

es Druides …. au gui l'an neuf

E/

l'Ecole

l'Ecole des Beaux-Arts

l'Ecriture

l'Ecriture et le Langage

le Plurilinguisme

Papyrus égyptiens

Mésopotamie : la plus vieille écriture ...

l'Ecriture dans la Vallée de Saraswati

les Précolombiens et l'Ecriture

l'Ecriture Maya

l'Alphabet grec

les Caractères runiques (le Norrois)

Tablettes de bois écrites , à Vindolanda

l'Education

l

es Enfants dans la Perse Antique

l'Egypte antique

(l'ancienne Egypte, Ethiopie, Soudan, la Nubie...)

les Origines de l'Egypte

Dynasties de l'Egypte

Pharaon et l'organisation sociale...

la Palette de schiste vert dite « Palette de Narmer »

la Pierre de Rosette (Champollion)

dans les Sables du Désert actuel

l'Egypte antique: le Voyage de Rê

les Droits sur Inhumations

les Rites funéraires ; les Egyptiens de l'antiquité et la mort

en Egypte antique : Symbolique funéraire

les Pyramides

l'Île engloutie de Philae

l'Egypte antique : les Animaux sacrés

l'Egypte : le Nil

le Pays de Pount

les Portraits du Fayoum

le Pays de Koush

Ethiopie : une Bérénice Panchrysia

le Royaume de Napata

le Royaume de Méroé, Napata

les Ethiopiens dans le monde antique

au Pays du Prêtre-Jean

les Pyramides Nubiennes

le Royaume d'Axoum

Lalibela : les Eglises rupestres

les Falachas

les Monts Mythiques de la Lune, Ouganda

Europe / Indo-Européens

le Legs Indo-Européen

Qui étaient le membres de la famille d'Otzi, l'homme du Néolithique ?

la Princesse de Vix et son Palais

l'Emporion grec en Thrace

la Préhistoire Européenne

*

C/

LE CONTINENT AFRICAIN

LES FRESQUES DE TASSILI

(Afrique du Nord)

PERIODE NEOLITHIQUE

Les populations néolithiques installées en Afrique du Nord (dans une région située aujourd'hui au sud de l'Algérie) ont recouvert les rochers de gravures et de peintures. Dans cette région, dix mille figures peintes ont été mises à jour au Maghreb, en 1944, par Henri Lhote, un archéologue explorateur.

Cet ensemble nommé « Fresques de Tassili » se situant sur le plateau du même nom, porte sur une époque très longue de l'histoire de l'humanité, racontant l'histoire particulière des sociétés humaines de la région.

L'une des premières périodes (4° millénaire) de cette longue histoire se définit en Tassili, par le style des « hommes à tête ronde », les hommes sont représentés : dessin d'hommes au corps schématique, une tête ronde et armés de massues, d'arcs et de flèches. Certains portent des masques symboliques prouvant l'existence d'un culte des masques en Afrique dès la période néolithique. Les plus anciennes de ces peintures, petites et monochromes, progresseront prenant de l'ampleur (certains personnages mesurent plus d'un mètre de hauteur) ; en même temps, les peintures se colorent.

La période suivante, dite « des bouviers », couvre une grande partie du Néolithique (4° et 3° millénaires). A l'intérieur d'un arc scénique et narratif : des dessins de troupeaux de bovidés, des scènes de chasse, des scènes de vie quotidienne... des bûcherons à côté de huttes ou de femmes cuisinant...

C'est grâce à l'art, à la représentation des scènes que sont connus la vie des peuples anciens et l'envahissement du désert par des pasteurs.

A la période dite « du cheval », apparaissent de nouveaux envahisseurs parfois montés sur des chars à deux roues tirés par un ou plusieurs chevaux ; parfois aussi des attelages tirés par des bœufs.

L'ultime période dite « du chameau » commence vers l'an 10 de notre ère. Sur les fresques, le chameau est d'abord présenté associé au cheval, puis figuré seul – donc semble-t-il, le remplaçant totalement dans la vie quotidienne ? C'est également dans l'histoire, la naissance de l'alphabet des Touaregs.

*

« Femmes de Tassili ( faux réalisé par l'équipe archéologique d'Henri Lhote) : détail de peintures rupestres du Tassili, datant de 3 000 avant J.C.» Auteur : Toira

« peinture rupestre, désert algérien - Tassili-n-Ajjer » Auteur : Gruban ; distr. sous licence CC BY-SA 2.0

Wikipedia

1 – « croquis schématique des principales zones de gravures rupestres du Nord de l'Afrique (d'après Raymond Vaufrey, 1969)» Auteur : Michel-George Bernard ; distr. sous licence CC BY-SA 3.0.

2 - « (pétroglyphe) gravure rupestre appelée « gazelle couchée » à Tin Taghirt sur le Tassili-n-Ajjer (Algérie sud) Auteur : Linus Wolf - distr. sous licence CC BY-SA 3.0.

Wikipedia

*

LE CONTINENT AFRICAIN

LE MAROC AU NEOLITHIQUE

« il y a dans ce mot «Afrique », quelque chose de magique et de prestigieux

qui n'existe pour aucune des autres parties du monde »

Alexandre Dumas (1802/1870)

La civilisation des Capsiens* ancêtres des Berbères, apparaît entre 9 000 à 7 500 avant notre ère ; ce fut une brillante civilisation que l'on connaît grâce aux gravures et peintures rupestres du Tassili.

Du 16° au 9° siècle avant notre ère : à cette époque, les Berbères entrèrent en contact avec les « peuples de la mer »...

Le Sahara devint désertique. -

. C'est au 9° siècle avant notre ère, que les Carthaginois fondèrent Hippone, et

. au 6° siècle avant notre ère, qu'intervint la domination de Carthage sur les Côtes.

Quelques dates importantes. -

. C'est vers 203 avant notre ère, que Syphax, roi des Massyles, fut vaincu par les romains.

. En 201, Massinissa créa le royaume de Numidie.

*

« carte des principales localités du Maroc » Auteur : Neymar1384 - distr. sous licence CC BY-SA 4.0.

1 - « caravane saharienne au sud du Maroc » Auteur : Bachmont ; distr. sous licence CC BY-SA 2.0.

2 - « Maroc, village Berbère dans le Haut Atlas (vallée de l'Imlil) Auteur : Luc Viatour, 2006. - distr. sous licence CC BY-SA 3.0. Wikipedia

LE CONTINENT AFRICAIN

LES BERBERES

« Ils étaient autrefois appelés « Numides, Gétules, Maures... ou Garamantes »

...

Les Berbères. -peuple autochtone du Nord de l'Afrique, du Maghreb, qui eut à lutter contre les Carthaginois, les Romains, les Vandales... ; au 10ème siècle, il formait un vaste empire qui se trouva petit à petit, réduit, mais les Berbères conservèrent leur langage et leurs mœurs.

Ils se divisent en trois grands groupes :

– les Louata (ou Berbères venus de l'Est),

– les Zénata ou les Zénètes ; (ou Berbères du Centre),

– les Sanhaga (ou Berbères de l'Ouest) auxquels appartiennent les Touaregs.

(les Kabyles, les Chaouïas de l'Aurès, les Béni-Mzab ou Moabites sont des Berbères).

Leur langue, le Tamachek. - reconnue aujourd'hui, se compose de plusieurs dialectes, aux racines non sémitiques, mais se rattachant à la même souche.

Les divers idiomes encore en usage mais plus ou moins modifiés à la suite des invasions sont :

- le Kebaïlya, le Chaouïa, le Zenabya, le Tifinar qu'on retrouve dans de nombreuses inscriptions...

Ernest Renan :

« … leur langue est un « dialecte berbère et touareg » qui semble appartenir à la grande famille des langues chamatiques »...

Les Kabyles sédentarisés, répartis en villages dont chacun élit son chef ou Amin, par l'intermédiaire de la Djemba (Assemblée de citoyens majeurs). Chaque quartier ou Karouba est administré par un Conseil municipal.

« vue sur les villages kabyles depuis les hauteurs de Djurdjura (la Grande Kabylie » Auteur Yelles - distr. sous licence CC BY- SA 3.0. Wikipedia

« dictionnaire touareg-français, de Charles de Foucauld, 1951 » (vol.1, page →.jpg) Tel par Milan.sk Wikipedia

LE CONTINENT AFRICAIN

LES TOUAREGS

L'univers safran enveloppe la société « Touareg »...

L'aube rejoint à l'oasis où la caravane se reposera.

Sont-ils descendants directs des Garamantes, ces hommes

burins, coiffés de bleu couleur lavande, qui palabrent

en « Tamachek », leur langue de toujours,

leur alphabet qui daterait de vers l'an 100 avant notre ère.

Grands, fiers, ils transportent leur cargaison de sel, parcourant

les grands espaces situés entre le centre et le sud du Sahara...

mais aussi dans les régions montagneuses du Tassili et du Tibesti.

*

Les Arabes les nomment « Touaregs », mais ils se donnent à eux-mêmes, le nom de « Imouhar » - & pour les Soudanais, le nom donné est« Bourdam ».

Musulmans mais faiblement religieux, ils ne possèdent pas de mosquée. Parfaitement organisées, les longues caravanes de nomades, voyageant groupées pour plus de sûreté et de commodité, s'arrêteront maintes fois. Comme toujours, les tentes « raïmas » seront installées pour la nuit ; les haltes se règlent à l'avance à des points d'eau.

L'organisation sociale des Touaregs est très hiérarchisée : c'est une société matriarcale où l'enfant suit la mère qui « apporte la tente ». Elle exerce son autorité dans la famille.

Leur costume. - se compose d'une pièce de cotonnade blanche, entourant la tête, puis descendant sur les épaules en s'enroulant autour de la taille, d'un voile (le litham) fait d'une pièce d'étoffe d'une teinte indigo ou blanche, d'une blouse sans manches (tikamist ou gourou) et d'un pantalon (karteba) rétréci dans le bas.

***

Et si l'on ouvrait un coin oublié des Histoires des peuples

Pomponius Mela (1er siècle) ; Livre – « Description de la Terre » - (présenté par M. Louis Baudet, Professeur, par Marc Szwajcer) :

« La Cyrénaïque renferme trois choses remarquables : l'oracle d'Ammon, si célèbre pour sa véracité, une fontaine appelée la « Fontaine du Soleil » et une certaine roche consacrée à l'Auster. Si l'on s'avise d'y porter la main, aussitôt ce vent se déchaîne avec colère et, soulevant les sables comme des flots, produit sur la terre les mêmes tourmentes que sur la mer. « les Augiles ne connaissent d'autres dieux que les mânes : ils jurent par eux, les consultent comme des oracles, et quand ils leur ont adressé quelque vœu, ils se couchent sur des tombeaux et prennent comme réponse les songes qu'ils ont pendant le sommeil.

« les Gamphasantes vont tout nus et ne connaissent aucunement l'usage des armes...

« les Blémyes n'ont point de tête, leur visage est sur la poitrine...

« les Satyres n'ont point d'humain que la figure …

« les Aegipans ont la forme qu'on leur attribue... »

1 - « caravane de Méharis dans le Sahara algérien, 1990 » Source Hoggar Auteur Yelles C.M A. - distr. sous licence CC BY- SA 3.0.

2 - « bijou : pince à échardes touareg (Algérie) Auteur : Dalbera distr. sous licence CC BY- SA 2.0.

« Touareg, lors de l'Exposition coloniale, 1907 (Touareg sur son Méhari...) » Postcard LL. Tel par Secisek

Wikipedia

*

« carte du monde décrit par Hérodote*, dans ses Histoires (445 av.J.C) » User : Bibi-Saint-Pol

« les Atlantes étaient un peuple libyque qu'Hérodote plaçait dans la partie septentrionale de l'Afrique, dans les montagnes de l'Atlas ». Tel. par Bibi-Saint-Pol Wikipédia

LE CONTINENT AFRICAIN

LES NUMIDES

La Numidie était une province romaine de l'Afrique du Nord ancienne, bornée à l'est par le territoire de Carthage ; les principales villes furent :

– Hipporegius : Hippone, Bône,

– Cirtha : Constantine,

– Zama : Regia,

– Lambèse : Lambessa,

– Theveste : Tebessa...

- du 16° au 9° siècle avant notre ère, les Berbères entrèrent en contact avec les « peuples de la mer ».

*

– de 213 à 202 avant J.C., Syphax était roi de Numidie occidentale ;

« Syphax (roi de Numidie occidentale) reçoit Scipion l'Africain. Fresque d'Alessandro Allori ». Auteur : Sailko - distr. sous licence CC BY- SA 2.5. - Wikipédia

– en 203 avant notre ère, il est capturé par le commandant romain Gaïus Laelius, après la « Bataille des Grandes Plaines », à la fin de la seconde guerre punique...

– par la suite, en 201 avant notre ère, le roi Berbère Massinissa, qui était parvenu à réunir la Numidie, fonda le royaume de Numidie ;

– vers 149 avant notre ère, il mourut : Micipsa , son fils, lui succéda et trouva la mort vers 118 avant notre ère.

Beaucoup plus tard. - Jugurtha s'imposa et devint roi de Numidie. En 533, c'était la domination byzantine, et en 680, le début de la conquête arabe.

*

1 - « le roi berbère Massinissa, fondateur du royaume de Numidie (vers 201 avant J.C.) ». Tel par Omar2788 - distr. sous licence CC BY- SA 2.5.

2 - « pièce de monnaie à l'effigie de Jugurtha Auteur : HeNRyKus distr. sous licence CC BY- SA 2.0.

Wikipedia

« buste du roi érudit, Juba II, provenant de Cherchell (ancienne Césarée), Algérie - et exposé au Musée du Louvre ».

Marbre, œuvre romaine, environs de l'ère chrétienne ;

(roi de Mauritanie : 25 à 23 avant J.C.) - Auteur : ChrisO ; distr. sous licence CC BY- SA 3.0.

Wikipedia

*

LE CONTINENT AFRICAIN

LES GETULES,

habitants de la Gétulie...

La Gétulie, ancienne contrée de l'Afrique. - au sud de l'Atlas, était bornée au nord par la Numidie et les Maurétanies (désignant le territoire des Maures, dans l'Antiquité) :

. la Césarienne,

. la Tingitane (nom de sa capitale Tanger), et bornée au sud par le Sahara actuel,

. à l'est par le pays des Garamantes,

. à l'ouest par l'Atlantique.

Le plus célèbre des rois Gétules fut Larbas, contemporain de Didon.

Jugurtha (roi de Numidie, vers 160 à 104 avant notre ère) demanda le secours des Gétules et prolongea ainsi la guerre contre les romains. Luttant contre Rome, Jugurtha fut vaincu par Marius (107 avant notre ère), et mourut en prison.

Actuellement. - la Gétulie s'appelle « Biled-ul-Djerid », pays des dattes : partie sud du Maroc et partie nord du Sahara.

*

LE CONTINENT AFRICAIN

LES GARAMANTES

« Ce fils d'Appolon et d'une fille de Minos, Garamos,

(mythologie grecque), aurait donné son nom aux

Garamantes... Quelques-uns le font « roi deLibye » ! ».

Parmi les Berbères. - les Garamantes appelés aussi « deuxième peuple de la mer », ont fait l'objet de nombreuses recherches de la part de la Société Italienne de Géo Biago Pace avec Sergio Sergi de Rome et Giacomo Caputo, de 1933/1934 à 1938. Il s'agissait d'un peuple ancien de la Libye intérieure, au sud du pays des Gétules de Numidie et de la chaîne de l'Atlas.

Ptolémée en parle . -« les habitants de la région appelés « Libyens » par les Grecs, ont participé aux invasions des « peuples de la mer », en Egypte... »

A l'est de l'Acasus s'ouvre la vallée de l'Oued Chari : vallée étroite et fertile, entre l'erg Eubari et l'erg de Mourzouk, semée de nombreuses oasis, sur une gigantesque nappe phréatique, de 1 à 7 m de profondeur ; un reste fertile du grand fleuve du Kudhifi (début du quaternaire).

Ce serait peut-être l'antique fleuve Phasania ? (les Phasaniens étaient

une population de Libye intérieure, habitant au nord des Garamantes,

donc sur une partie du Fezzan actuel).

Le Fezzan. - vaste contrée saharienne, est un ensemble de plateaux pierreux et stériles, de dunes, d'oasis dispersées autour de Mourzouk : 12° degré de longitude Est, près de 26° de latitude ; il voit passer la ligne du Tropique du Cancer.

C'est sous le principat d'Auguste (d'abord appelé Octave, Octavien : 63 après J.C.) que les Armées romaines pénétrèrent dans la région du Fezzan...

*

LE PAYS DES GARAMANTES

Hérodote. - ce grand voyageur, parle d'une voie dénommée « route centrale des chars » attestant des échanges commerciaux réguliers à travers le Sahara, depuis l'Egype et la Cyrénaïque (partie nord-est de la Libye ; ville de Benzhazi (pétrole !) - par Garama (Djerma actuelle), vers le Hoggar et la boucle du Niger.

Il nous atteste déjà d'échanges commerciaux réguliers à travers le Sahara. Les Garamantes seraient les premiers (vers 800 avant notre ère) à avoir réussi à atteler deux puis, plus tard, quatre chevaux de front pour les chars de combat – cependant les Hébreux, autour de l'an 1000 avant notre ère, possédaient déjà des charreries et étaient recherchés par les assyriens pour leur qualité de conducteurs de chars.

Depuis le 2° millénaire avant notre ère. - les échanges commerciaux s'établissent à travers le Hoggard, jusqu'au Niger. La richesse de ces villes côtières : Sabratha Oca (Tripoli) et Leptis Magna, se fonda pour un bonne part, sur ce commerce saharien. Les pierres précieuses dont l'escarboucle et la garamantite ainsi que l'ivoire des éléphants et des derniers rhinocéros d'Ethiopie, le sel... représentèrent les principales marchandises...

« ruines de la cité romaine de Leptis Magna » Auteur Franzfoto - distr. sous licence CC BY- SA 3.0.

« dunes dans le Sahara, le désert du Fezzan » Auteur : Luca Galuzzi - distr. sous licence CC BY- SA 2.5.

Wikipédia

L'escarboucle. -signifiant « comme un charbon ardent » » : ce nom avait été donné par les anciens au grenat alumina-ferreux ou « almandine » - grenat noble, grenat oriental, grenat syrien », rouge coquelicot ou rouge sang virant parfois sur l'orangé, ordinairement transparent.

Les anciens estimaient beaucoup cette pierre, la classant parmi les pierres fines et rares. Ils la définissaient ainsi : « cette pierre précieuse qui semble être du feu et sur laquelle le feu n'a aucune emprise... »

D'après Agrippa. -« L'escarboucle est un talisman qui protège contre les poisons de l'atmosphère et les odeurs malsaines. L'escarboucle aurait la même influence que le Soleil ».

*

Du 6° au 3° millénaire avant notre ère. - le Sahara était un territoire de pasteurs dont le mode de vie a été attesté par les gravures et peintures rupestres.

Au 4° millénaire avant notre ère. - dans la vallée du Nil, la civilisation égyptienne apparut ; puis

au 2° millénaire avant notre ère. - on a vu l'assèchement du Sahara séparant le Maghreb de l'Afrique Noire. ...

*

CONTINENT AFRICAIN

LA TRIBU MESTASA

(notre caravane...)

(extraits du livre « Léon l'Africain », de Amin Maalouf)

« Le jour même de notre départ, nous avons traversé la ville de Séfrou, situé au pied de l'Atlas, à quinze milles de Fès. Les habitants sont riches mais ils s'habillent pauvrement, les vêtements tout tachés d'huile, à cause d'un prince de la famille royale qui s'y est fait construire une résidence et qui accable d'impôts toute personne qui semble avoir quelque prospérité...

Non loin de Séfrou, la caravane emprunta le col par lequel passe la route de Numidie. Deux jours plus tard, nous étions en pleine forêt, près des ruines d'une ville ancienne appelée Aïn el-Asnam, la Source des idoles. Il y avait là un temple où les hommes et les femmes avaient coutume de se réunir le soir, à une certaine époque de l'année... Celui-ci a été détruit, ainsi que la ville entière, lors de la conquête musulmane ; mais le nom a survécu...

Deux jours plus tard, nous passâmes près d'un village de montagne parsemé de vestiges antiques. On l'appelle « Les Cent Puits » parce qu'on trouve dans son voisinage des puits d'une telle profondeur qu'on dirait des grottes. On raconte que l'un d'eux a plusieurs étages avec, à l'intérieur, des salles murées, certaines grandes, d'autres petites, mais également aménagées. C'est pourquoi les chercheurs de trésor viennent exprès de Fès pour y effectuer des descentes, à l'aide de corde et munis de lanternes. Beaucoup n'en ressortent jamais.

Une semaine après avoir quitté Fès, nous traversâmes une localité appelée Oum Jounaiba, où subsiste une coutume étrange : il y a un cours d'eau que longent les caravanes, et l'on dit que tout homme qui passe par là ne doit avancer qu'en dansant et sautillant, faute de quoi il est atteint par la fièvre quarte. Toute notre troupe s'y mit allègrement, même moi, même les gardes, même les gros marchands, certains agissant par jeu, d'autres par superstition, d'autres encore pour éviter les piqûres d'insectes, à l'exception de mon oncle, qui estima que sa dignité d'ambassadeur lui interdisait ce genre de gaminerie. Il devait le regretter cruellement.

Nous étions déjà dans les hautes montagnes, sur lesquelles souffle même en automne, un vent du nord glacial et imprévisible. Je ne m'attendais pas à trouver, en des lieux aussi élevés au climat si rude, des gens aussi bien habillés ni surtout aussi instruits. Il y a en particulier, dans l'une des montagnes les plus froides, une tribu appelée Mestasa qui a pour activité principale de recopier, de la plus belle écriture, un grand nombre de livres et de les vendre au Maghreb

1 – Carte administrative du Maroc : « Séfrou, au Maroc, est à 820 m d'altitude, à 28 km de Fes, à 73 km de Boulemane, en Moyen Atlas » ; Auteur Eric Gaba - distr. sous licence CC BY- SA 3.0.

2- « passage de l'oued Agay, dans la ville de Séfrou Auteur : Bertramz - distr. sous licence CC BY- SA 3.0.

3 - « Vue de la Médina de Séfrou » Auteur Bertramz distr. sous licence CC BY- SA 3.0.

4- « Vue de la Médina du Palais Jamai, à Fès, Maroc » Auteur Zimaal - distr. sous licence CC BY- SA 3.0. Wikipédia

« dans la Médina de Fès » Auteur : Orientalist.

et ailleurs. Un vieux commerçant génois résidant à Fès, messire Thomasso de Marino, qui s'était joint à notre caravane, et avec lequel j'ai eu de fréquentes discussions, acheta dans un seul village une centaine de ces livres, admirablement calligraphiés et reliés de cuir. Il m'expliqua que les ulémas et les hauts personnages du pays des Noirs en achetaient beaucoup et qu'il s'agissait là d'un commerce fort lucratif.

Comme nous nous étions arrêtés pour la nuit dans cette localité, j'avais accompagné le Génois à un dîner offert par son fournisseur. La demeure était bien construite, avec du marbre et de la majolique, des tentures de laine fine sur les murs et couvrant le sol, des tapis également de laine, mais agréablement coloriés. Tous les invités semblaient fort prospères, et je ne puis m'empêcher de poser à notre hôte, avec mille précautions de langage, une question qui me brûlait les lèvres : comment se faisait-il que les gens de cette contrée si froide, si montagneuse, fussent si bien lotis en avoir et en savoir ?

Le maître de céans éclata de rire : .… « Sache, jeune visiteur, que le plus grand cadeau que le Très-Haut puisse offrir à un homme, c'est de le faire naître dans une haute montagne traversée par la route des caravanes. La route apporte la connaissance et la richesse, la montagne offre la protection et le liberté... »

*

CONTINENT AFRICAIN

LA POPULATION YORUBA...

LES SOCIETES SECRETES « GELEDE »,

une société de masques...

« L'étranger ne connaît pas le sentier qui passe sous les

calebasses ». Baoulé (Côte d'Ivoire)

*

Les groupes ethniques Yoruba et Nago-Yoruba sont établis :

– le premier, à l'ouest du Nigéria

et le second, à l'est du Dahomey.

Parmi les sociétés de masques, la société secrète Gèlèdè est spécifique. Dans celle-ci, les porteurs de masques et les musiciens accompagnateurs sont des hommes en qualité d'exécutants, car disent-ils : « Gèlèdè est le secret des femmes, nous les hommes, sommes seulement leurs esclaves ».

Pratiquée depuis plus d'un siècle, cette société secrète Gèlèdè est dirigée par la « Grande-Mère « lyalashè et son assistant lya Egbé » ; les danseurs ne sont que des hommes. -

« La danse de Gèlèbè pourrait trouver son origine dans le changement de société qui a vu réduire le rôle politique des femmes au profit des hommes..... les hommes adhèrent à l'organisation pour se protéger de leur colère, qui peut entraîner stérilité, mort, maladie... ».

Que ce soit après les récoltes ou lors de calamités (sécheresse, épidémie...) mais aussi pour un événement important tel que funérailles, mariage, initiation des adolescents... des cérémonies religieuses ont lieu, au cours desquelles, les masques se produisent, dans le but d'apaiser les « mères-magiciennes » de la société. Elles sont perçues avec le pouvoir de jouer un rôle déterminant sur les forces de la nature, d'équilibrer les forces positives et négatives...

Les masques, fabriqués en un bois léger, polychrome, se portent sur le sommet de la tête, la face orientée vers le ciel. Représentant le visage d'un ancêtre défunt, leur rôle est d'assurer la liaison entre le monde de l'humain et de l'invisible - et, ce sont des pans de costume qui couvrent le visage du danseur...

« Le rituel Gèlèdè est en étroite connexion avec le culte du

couple divin « Obatala-Odouadoua ». -

– cette déesse est « la Mère de tous », l'entité créatrice des groupes ethniques yorouba qui transforme le sang en enfants. Les cérémonies pour Odouadoua ont lieu la journée. Les masques Gèlèdè sortent la nuit et les danses se poursuivent jusque vers l'aube ; alors Odouadoua elle-même « monte sur la tête » (= prend possession) de sa prêtresse. Puis les masques « de la nuit » se retirent pour laisser place, dans la journée qui suit, aux masques « du » jour », dont la fonction est plus divertissante que sacrée. »

Wikipédia :

1 - « couronne de perles Yuruba, Heard Museum, Phoenix, Arizona » Auteur Quinn Dombrowski - Flickr, distr. sous licence CC BY- SA 2.0.

2 - « plateau de divination » : «Le conseil de divination, peuples de Yoruba, probablement région d'Owo, Nigéria, fin du 19ème au début du 20ème siècle : pour des problèmes graves, les Yoruba vont chez un devin d'IFA pour consulter Orunmila, le dieu du destin. Un modèle numérique est obtenu et enregistré sur le conseil de divination. Le devin expose alors les vers … le tableau ; les images de bas-soulagement du plateau de divination peuvent se rapporter à des divinités, à des animaux sacrificatoires ou à des problèmes de client. Le visage sur le conseil représente Eshu, le messager des dieux et une force de hasard et de changement. Les chiffres de fumeur d'un tuyau représentent probablement également Eshu …

Les oiseaux piqueurs de serpents suggèrent des batailles et des sacrifices cosmiques, de même que font les (rams) ; têtes avec des vrilles de mudfish. Les deux mudfish courbes et le crabe sont des créatures capables de se déplacer dans les deux royaumes. Les têtes avec les couronnes triangulaires ressemblent au mudfish et sont les images de la royauté, êtres de deux mondes. …» Auteur Cliff1066 – Flickr ; distr. sous licence CC BY 2.0.

*

« couronne en alliage de cuivre» : « Couronne, les peuples Yoruba, Nigeria, Fin 19ème au début du 20ème siècle, Alliage de cuivre. Les quatre faces fixes sont dits pour représenter les dieux ou les ancêtres qui voit tout. Leurs yeux globuleux signifient quand l'œil spirituel remplace la vision ordinaire. Les deux chiffres avec des jambes de Eperlan réfèrent aux pouvoirs surnaturels en deux royaumes, terre et l'eau ou la réalité et de l'esprit. La tige en saillie de la couronne peut faire allusion à la puissance spirituelle stockées dans la tête du porteur et de montrer aussi que le porteur est exempté de tâches quotidiennes telles que le transport de charges sur la tête... » Auteur Cliff1066-Flickr, distr. sous licence CC BY 2.0.43

« cérémonie Gèlèdè, à Cové au Bénin, 2006 » Auteur Grete Howard -Flickr, distr. sous licence CC BY 3.0.

La pratique du masque Gèlèdè pourrait venir de la ville de Kétou : à Kétou, le Gèlèdè est une société secrète...

1 - « coupe en bois sculpté » - Artiste : Olowe d'Ise, sculpteur de rois, est encore honoré chez les Yoruba. Sa chanson de louange dit qu'il pourrait tailler du bois d'iroko … Ce bol de prestige appartenait à quelqu'un de haut standing. » Auteur Cliff1066-Flickr - distr. sous licence CC BY 2.0.

2 - « carte médiévale, cités de Yoruba Auteur : CommonRollebon (Talk) and Commons - distr. sous licence CC BY- SA 3.0. Wikipédia

« masque, coiffe composée de visage masculin avec la barbe et les yeux percés, surmontées de tête-ware qui comprend, sculpté, un tambour reposant sur cadre, maintenu en place par cravate sculptée en tissu » Source Sean Pathasema - Birmingham Museum, distr. sous licence CC BY 3.0.

Wikipédia

« Les superstructures, parfois très complexes, font appel à une foison d'images, où l'artiste peut donner libre cours à son imagination, surtout lorsqu'il s'agit de masques « masculins » : ces derniers sont en effet surmontés de figures empruntées à la vie quotidienne et ont généralement une connotation caricaturale ou ironique, alors que les masques « féminins », couronnés de motifs zoomorphes ( oiseaux, serpents...) ou, plus simplement, d'une coiffure élaborée ou d'une coiffe (gèlè signifie « bandeau »), font référence au sacré. »

Bénin : « Une société secrète : Gèlèdè et ses masques ; Ibeji, les jumeaux », 2010 ; article de Pierre Boutin, SMA (Société des Missions africaines).

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IBEJI

« le Culte des Jumeaux », ou « Ibeji »

Chez les Yoruba : « ibeji » voulant dire : jumeaux... »

Les Yoruba et le culte des Jumeaux « Ibeji » . - le peuple Yoruba est un important groupe africain, comptant plus de 30 millions de personnes, localisé au sud-ouest du Nigéria et au sud-est du Bénin mais aussi au Ghana et au Togo. Dans la vie Yoruba, le culte des Jumeaux repose sur le « fait génétique » touchant le nombre important de jumeaux naissant chez les Yorubas.

En effet, les Yoruba considéraient que l'homme ne pouvait concevoir qu'un être à la fois, donc la naissance des jumeaux était perçue comme inexplicable, liée au malheur. Ce n'est que vers le milieu du 19ème siècle que l'arrivée des jumeaux fut acceptée dans la famille, devenant même une joie : les jumeaux possédant des pouvoirs surnaturels.

On fête leur naissance : le « babalawo » les consacre à

l'Orisha IBEJI (IBI=né ; UJI=eux) ;

Orisha (également orthographié Orisa ou Orixa)

est esprit ou divinité - ou un système religieux.

Les Yoruba pensent que les Jumeaux n'ont qu'un seule âme. - c'est la raison pour laquelle une petite statuette en bois est fabriquée, lorsqu'un jumeau meurt. En effet, le jumeau mort peut apporter sa colère sur son frère et sur la famille.

Cependant, afin de ne pas subir les effets néfastes de cette situation, la famille consultera le prêtre de l'orisha (ou devin) qu'on appelle « babalawo » qui la conseillera. Il demandera que soit sculptée une statuette en bois, d'une hauteur de 20 à 30 cm, qui représentera le jumeau défunt, avec le visage, le corps nu d'un adulte ; elle contiendra l'âme du défunt. Avant d'être remise à la mère, le babalawo lui pratiquera le rituel qui lui convient - c'est un prêtre FFA : « Fa, au Nigéria, ce système divinatoire où figurent les enseignements de l'Orisha, de la Sagesse » .

« L'Ibeji, dépositaire de l'âme du jumeau défunt, sera lavé par la mère, nettoyé mais également paré de colliers, bracelets aux pieds et aux bras ; cependant en cas de maladie, le babalawo fait participer l'Ibeji à la guérison du malade à l'aide de copeaux broyés provenant de la statuette, qui sont mélangés à une décoction. Il est placé auprès du lit ou transporté par la mère, les premières années. Plus tard, il sera déposé dans le sanctuaire familial. »

*

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LES MASQUES D'IFE

(Royaume du Bénin)

Chefs d'oeuvre racontant le mythe cosmogonique...

Selon certains, les bronzes d'IFE proviendraient de

sculpteurs Yoruba. Ceux-ci ne considèrent-ils pas la ville

sacrée d'IFE comme étant à l'origine de leur ethnie ?

N'est-ce pas là que le grand dieu du Ciel, OLORUN , « créa l'homme blanc et l'homme noir parfaitement semblables ? ».

Le royaume du Bénin, créé par un prince venu d'IFE, prit naissance au sud-ouest du Nigéria, sur la côte du Golfe du Bénin, à l'ouest du Delta du Niger.

Le ville d'IFE, ancienne capitale spirituelle de Yoruba, connut une brillante civilisation au 13ème siècle, mais c'est du 14ème au 17ème siècle que ce royaume domina la région.

Dans le Palais royal, il y avait environ 3 000 œuvres d'art et notamment des plaques de bronze typiques de l'art du Bénin, racontant sans doute l'histoire du royaume depuis son origine : 5 siècles d'art royal, mais fort peu d'oeuvres nous sont parvenues puisque désormais disséminées dans le monde entier.

L'Histoire racontée. - relève du mythe cosmogonique :

. le royaume aurait été fondé par Osanobua, le dieu suprême, qui envoya son fils cadet vivre sur la Terre avec ses frères.

. Avant son départ, Osanobua souhaitait offrir à ses fils ce qu'ils lui demanderaient ; ainsi le plus jeune ne réclama qu'une coquille d'escargot.

. A son arrivée dans un monde entièrement recouvert de flots, le jeune homme rencontra un oiseau qui lui conseilla de retourner sa coquille ...

. De sa coquille, il s'échappa du sable qui recouvrit les flots – formant ainsi une vaste terre...

Ainsi le cadet fut le premier de la Dynastie des Ogiso, les « rois venus du ciel », à régner sur cette terre.

. De ses origines, il subsistera la croyance en un dieu divin.

Toujours selon la tradition. -

. C'est à ce premier roi que serait due la création de la ville de Bénin, après l'unification d'un grand nombre de communautés indépendantes, ainsi que la mise en place de ce qui pourra ressembler à un système administratif centralisé et des activités économiques soigneusement encadrées.

Au Bénin, le travail du bronze et de l'ivoire fut plus raffiné qu'ailleurs... en témoignent les fameuses « têtes d'IFE, qui comptent parmi les chefs-d'oeuvre de la statuaire africaine : avec leur visage serein, leurs yeux opaques fendus en amande, la bouche soigneusement modelée, les courbes harmonieuses des joues, souvent soulignées par des stries verticales qui font songer aux scarifications spirituelles – rappelant curieusement le classicisme grec. »

Cependant, l'expansion territoriale eut lieu avec la venue, en 1472, de missions portugaises ; ils débutèrent le commerce avec les européens et acheminèrent vers l'Europe, de l'ivoire, du bois rouge puis importèrent du cuivre et des textiles... Ce royaume pendant son âge d'or du 15ème au 16ème siècle, avait vu se succéder des rois compétents, une expansion territoriale continue et des pratiques commerciales actives.

1 - « Tête d'Ifé - British Muséum (ref AF1939,34.1) (H.35cm , l. 12,5 cm, laiton au plomb - 12ème siècle ) » Auteur :I. Sailko distr. sous licence CC BY- SA 3.0.

2 - « Tête d'Ifé, plus petite, en bronze » Auteur WainaQhapaq

3 - « dieu de la foudre Shango »Auteur : Cliff1066-Flickr, distr. sous licence CC BY 2.0. :

...emblème de Shango, dieu Yuruba du Tonnerre. Il combine les aspects apparemment contradictoires de Shango : l'idée qu'il est Shango, qu'il lance des foudres pour punir les malfaiteurs avec la conviction qu'il est généreux, le donneur d'enfants et protecteur des jumeaux. Une dévote se met à genoux, en équilibre sur sa tête, la « hache à double tranchant » qui symbolise les foudres de Dieu. Comme dans beaucoup de cultures africaines, la beauté est liée à des valeurs morales ; dans ce cas : le travail acharné. Le succès de la femme reflète également le travail acharné et la réalisation de son mari, qui soutient sa générosité). Wikipédia

Ce royaume fut incorporé en 1897 dans la colonie anglaise. La monarchie fut instaurée en 1914.

« L'art d'IFE, écrit le spécialiste Franck Willet (1925/2006, anthropologue), est d'une si haute qualité qu'on l'a souvent comparé aux grandes cultures de la Grèce et de la Rome antique, parfois même à l'art dynastique égyptien, plus stylisé. Mais cet art est bel et bien l'apogée d'une véritable réussite artistique de l'Afrique ».

C'est un paradoxe que cette civilisation qui a produit tant de chefs-d'oeuvre du 14ème au 19ème siècle, soit restée confidentielle : n'étant connue en Europe que depuis un siècle.

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Il faut noter qu'encore actuellement, l'ethnie des Yoruba est une des ethnies présentes sur le sol du Nigéria. Elle est en majorité islamisée.

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LA CIVILISATION NOK

« aire d'influence supposée de la culture Nok » Tel. par Lucutus Borg Wikipedia

A l'origine... la civilisation Nok. - est apparue au Nigéria, aux environs de l'an 1 000 avant notre ère, jusqu'aux environs de l'an 50 de notre ère, se diffusant sans doute vers IFE et le Bénin. Les Yorubas s'installèrent alors dans le Sud-ouest et IFE devint le centre culturel et religieux à la fois du royaume d'Oyo et de celui du Bénin.

Cette civilisation disparut mystérieusement peut-être à cause de famines ou épidémies ?

De la civilisation Nok, il a été retrouvé des statuettes en terre cuite anthropomorphes* et zoomorphes* très stylisées. Œuvres d'une population d'agriculteurs, la première à réaliser la fonte du fer au Sud du Sahara.

« Les Masques d'IFE » :une exposition eut lieu au musée du Quai Branly, 222 rue del'Université, PARIS 7ème, en 2008.

1 - « statue-colonne féminine, H. 48cm, datation 900 à 1500 ans av. J.C. » (Nok Terracota), (l'auteur était Siyaikak de Ja.wikimedia)- Tel. par Ismoon distr. sous licence CC BY- SA 3.0.

2 - « cavalier Nok et son cheval, terre cuite, H 53 cm, datation 1400 à 2000 ans av. J.C. » Auteur : Ericguillouard tel. par Ismoon distr. sous licence CC BY- SA 3.0.