Petite histoire des Peuples - Jacqueline Launay - E-Book

Petite histoire des Peuples E-Book

Jacqueline Launay

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Beschreibung

PETITE HISTOIRE des Peuples – II Deuxième tome de la collection, il s'intéresse à une réalité de civilisation : attitude, mutation, puis évolution ou transformation apparaissant tour à tour, lors de l'évocation des peuples. En préambule, quelques traits de vie, avec illustrations, des Inuits : population nomade vivant dans des igloos, qui ont dû se sédentarisés ; viennent ensuite les : peuple celte, son administration, culte et mythe... ; peuple gaulois des Allobroges, au-delà du Rhône, région alpine, agriculteurs qui faisaient produire à la terre « un froment de qualité, seigle, vigne » : Pline le Vieux parle même « des mines de cuivre, de fer, de plomb... de la région qui était un lieu de passage ; ils étaient réputés riches » ; la mythologie, le panthéon celtique où sont présents Yggdrasil, l'arbre du Monde, symbole celtique, les Formoirés, la représentation du chaudron de Gundestrup et Cernunos, le dieu avec des bois de cerf ; ainsi que les représentations préhistoriques... et croyances. Enfin l'approche des Sères, ces hommes blonds aux yeux bleus (tout comme les Tockariens) peuple présent dans le bassin de Tarim en Asie Centrale, dans le paysage chinois, disparu aux environs de l'an 1000 avant notre ère : Pline le Vieux dit :  « ils ont des cheveux rouges, les yeux bleus » et « font avec beaucoup d'art des vêtements précieux ayant l'éclat brillant de l'herbe des prairies.. et avec lesquels l'ouvrage des araignées ne pourrait rivaliser ». « Ils sont fabriqués « avec les fils que les Sères détachent de leurs arbres en cueillant le duvet qui pousse sur les feuilles de leurs forêts porte-laine... » Claudi (fin du IV° siècle). Dans le premier tome, vous avez pu découvrir les Amérindiens, leurs légendes mais aussi les Olmèques : l'énigme des « Têtes colossales », les Aztèques et leurs croyances, les Atlantes... et enfin, l'origine romaine de la région de Bayeux ou les villages gaulois avec les oppida, les tumuli, sépultures gauloises. 2015, Jacqueline Launay

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Seitenzahl: 219

Veröffentlichungsjahr: 2016

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Illustration présente sur la couverture de tous les livres de la collection « Petite Histoire des Peuples » ...

« Petite enluminure, initiale décorée : issue du Livre de Kells : également connu sous le nom de « Grand Evangéliaire de Saint Colomban. »

Chef- d'oeuvre du christianisme irlandais, vers 820, moines celtiques ». Util. Soerfm (Wikimedia Commons)

Du même auteur

« Pour la Terre, choisir l'Agriculture Durable, écologique, et les Teintures par les plantes... »

« Produire plus ! »

« Des Dieux et des Hommes. »

Le Code de la propriété intellectuelle interdit les copies ou reproductions destinées à une utilisation collective. Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite par quelque procédé que ce soit, sans le consentement de l'auteur ou de ses ayants cause, est illicite et constitue une contrefaçon sanctionnées par les articles L. 335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle. Pour les publications destinées à la jeunesse : application de la Loi n° 49-956 du 16 juillet 1949.

« Nos mythes et nos symboles plongent dans la « mémoire du temps ».

« les Inuits : les populations sont restées peu connues avant l'arrivée des premiers explorateurs... » Auteur : Georges K. King Wikipedia

« ... Les Inuits forment une population nomade de chasseurs

vivant sous l’igloo ou la tente, dispersés en campements

souvent très éloignés les uns des autres. »

...

« En guise de voyage de noces, l’homme partira à la

chasse au phoque ou ira visiter ses trappes tandis

que son épouse continuera à aider sa belle-mère dans

la couture des peaux ou le soin du ménage. Comme

combustible, il y a l’huile de phoque et de baleine ou

la mousse ramassée dans la toundra. »

« Depuis les années 1950, la physionomie du Nord a bien

changé. De nomades, les Inuit sont devenus

sédentaires ... ils ont leurs écoles, leurs dispensaires, leurs

locaux de réunion, parfois leurs entreprises privées. Ils ont

aussi la légitime ambition de se gouverner eux-mêmes, de

garder leur langue … »

« Dictionary historique, texte de Charles Choque, OMI » omiworld.org

« Les premiers hommes INUIT à occuper le territoire seraient les Paléoesquimaux anciens dits de culture prédorsétienne. Ils arrivent au Nunavik vers l'an 1000 avant J.C. … ; mais aussi, vers l'an 1000, les Thuléens, ancêtres des Inuits. »

« Le Nunavik abrite encore des paysages forestiers intacts, qui ont disparu de l'essentiel des zones tempérées de la planète … » Wikimedia Commons

« territoires autonomes des inuits d'ascendance thuléenne : le Nunavut (Canada) ; le Kalaallit Nunaat (Danamark) ; et en discussion, le Nunavit (en autonomie uniquement culturelle au sein du Quebec canadien). » Auteur : Spiridon MANOLIU Wikipedia

« intérieur d'un igloo » Tel par Malo

« femme inuite dans sa cuisine, 1916 » Source : Lomen Bros. Photographe ; Tel par M. Henri Wikipedia

Je dédie ce livre

A mes enfants et petits enfants, à Charlotte,

A mes neveux et petits neveux,

A mes filleuls,

A mes amis.

« ... Le présent est toujours prêt à prendre trop de place... ».

extrait du « Trésor des savoirs oubliés », Jacqueline de Romilly*

Table des Matières

[ les Inuits ... ]

*

C/

les Peuples celtes – gaulois

les Capitulaires

la Pax Romana

les Allobroges

le Panthéon celtique

les Chefferies

(rapport Or et Chefferies)

l'Âge des Chefferies

les Compagnons du Devoir

les Corporations ouvrières en Europe

les Faiseurs d'étoiles

le Troubadour Rutebeuf

les Jongleurs

le Baladin

la Musique

le Démiurge

les Croyances et Rites préhistoriques

la Cuisine au Moyen-Âge

les Recettes médiévales d'Hermine

la Chine

dans l'Ile de Fou-Sang

les Sères

les Tockariens

l'Empire Chinois

– la Dynastie des Xia (env. 2205 avant J.C.)

– la Dynastie Shang (âge de bronze moyen)

– Province de Hunan

– la Dynastie des Zhou (env. 256 avant. J.C.)

*

C/

PEUPLES CELTES - GAULOIS

LES CAPITULAIRES* … ces documents importants

« le capitulaire De Villis (ou Capitulare de villis vel curtis imperii, dont l'auteur serait Alcuin » (Charlemagne-manuscrit médiéval) (acte législatif datant de la fin du VIII° siècle ou début du IX°) Tel. par GDK

Wikimedia Commons

« statère arverne au nom de Vercingétorix – Trésor de Pionsat – Musée d'Archéologie Nationale de Saint-Germain-en-Laye» Auteur Siren-com Tel. par Cangadoba ; est distribué sous licence CC BY-SA 3.0. Wikipedia

qui nous ont permis de mieux connaître la période lointaine de la Gaule...

« Il suffit de parcourir Grégoire de Tours* pour se convaincre que dans la Gaule des successeurs de Clovis comme dans la Gaule du Bas-Empire, les « cités » constituent les centres de la vie religieuse comme de la vie civile. La société reste imprégnée de ce caractère municipal que Rome lui a transmis. C'est dans les « cités » que résident les rois, les évêques et les comtes : c'est vers elles que converge l'activité économique des campagnes, et en elle que se concentre l'activité commerciale. »

« La Revue belge d'économie et d'histoire ; Persée 1923 », H. Pirenne*.

« Que tout intendant, chaque année, fasse l'état de tous les revenus de nos exploitations, ce qui vient des manses*, ce qui vient des porcs, du cens*, des obligations..., du gibier, ce qui vient des forêts, des moulins, des champs... des marchés, des vignes... » :

extrait du « capitulaire De Villis »,traduction in C. de la Roncière,R. Delort et M. Rouche. (« le seul exemplaire » est conservé par la Bibliothèque de Wolfenbüttel (Allemagne)

On voit au 8ème siècle. - les défrichements se multiplier en Ile-de-France, Bavière, Thuringe... puis se développer l'entretien de la voirie antique qui avait été délaissée, mais cependant peu de nouvelles routes furent créées. Il semble réel que l'économie intéressait l'Empereur qui devait assurer la paix et la prospérité ; il fallait protéger les travaux de la terre, l'approvisionnement urbain, la sécurité des transports...

Dans les capitulaires, on prenait connaissance. -

– des mesures pour assurer une sécurité des marchands (capitulaire de l'an 828) et pour autoriser la tenue des marchés... ainsi que présenter l'avancée des progrès techniques (développement des moulins, etc...) ;

La capitulaire des « missi dominici*» (ou « les envoyés du maître ») :qui fut proclamée à Nimègue en l'an 806, interdisait principalement l'usure... ; ci-dessous, une partie du texte …

« Que chacun, dans son missaticum, mette tout soin à tout prévoir, organiser et disposer selon la volonté de Dieu et selon notre ordre. […]

« Au sujet des mendiants qui circulent dans les régions, nous voulons que chacun de nos fidèles nourrisse son pauvre ou sur les revenus de son bénéfice ou sur ceux de sa famille et ne lui permette pas d’aller mendier ailleurs... »

MGH. Leges. Legum sectio II, in Capitularia regum Francorum, éd. A. Boretius, Hanovre, 1881, n°46, p. 131-132. ; présenté sur le site « Les sources médiévales... ».

Dans le capitulaire De Villis, à l'Article 70, il est fait état du souhait suivant. -

« ..Nous voulons que l'on cultive dans le jardin, toutes les plantes à savoir : lis, roses, funegrec, costus, sauge, rue, aurone, concombres, melons, gourde, dolique, cumin, romarin, carvi, pois chiche, scille (oignon marin), iris, estragon, anis, coloquinte, chicorée amère, ammis, servis, laitue, nigelle, roquette, cresson (de terre ou nasitort), bardane, menthe pouliot, maceron, persil, ache, livèche, sabine, aneth, fenouil, chicorée, dictame, moutarde, sarriette, nasitort, menthe, menthe sauvage, tanaisie, catère, grande camomille, pavot, bette, asaret, guimauve, mauve, carotte, panais, aroche, blette, chou-rave, chou, oignons,ciboulette, poireau, radis (ou raifort), échalote, cive, ail, garance, cardon, fève, pois, coriandre, cerfeuil, épurge, sclarée.

Que le jardinier ait au-dessus de sa maison, de la joubarde.

… pour la première fois, les jardins de moines sont cités pour les plantes alimentaires ou les remèdes : (3 sortes de jardins différents) : Jardin des simples - Jardin potager, le Verger planté de « vigne, de charmille et de buis - et les arbres fruitiers suivants : noyer, noisetier, pommier, poirier, prunier, sorbier, néflier, châtaignier, pin... »

1 - « Raban Maur (gauche), soutenu par Alcuin (milieu), dédicace son œuvre à l'archevêque Otgar de Mayence (droite) ». Tel par Thomas Gun Musée du Louvre

2- « Alcuin et Charlemagne, œuvre de Jean-Victoire Schnetz ». Musée du Louvre Tel. par Cyberproun

3 - « Rolland reçoit l'épée Durandal des mains de Charlemagne » Tel par Suguri F. Wikipedia

C/

LES CELTES

LA PAX ROMANA après la conquête de César

Deux siècles durant, Rome a maintenu sa souveraineté de l'Ecosse au Sahara, de Cologne à Gadès, de la Mésopotamie jusqu'à l'Atlantique...

Rome a connu de beaux jours, « La Pax Romana » : longue période de paix dans l'Empire romain.. de l'an 29 avant notre ère à l'an 180 après notre ère...selon certains historiens.

L'administration de cette cohésion romaine. -

Administrativement, dans ce vaste Empire, il fallait d'abord une armée permanente pour seconder et transmettre les ordres. Elle était installée dans les Provinces et sur les frontières fortifiées (les « limes »). C'était l'ordre et la paix... l'Empire connaissait alors un important essor commercial du fait d'un réseau de transports remarquable. Rome regorgeait de produits importés tels que les blés d'Egypte, les huiles d'Espagne, les vins de Narbonnaise, les marbres de Carie, les parchemins de Pergame, les grenats de Libye...

La religion. - alors que les druides étaient désormais interdits … le culte de Mithra, d'origine perse, se développait dans l'espace romain, à partir du 1er siècle de notre ère. Il connaissait un grand succès et remplaçait souvent les dieux locaux, nombreux à l'époque.

Mithra était perçu comme la divinité de la lumière : « protecteur de la vérité ». Ce n'est qu'au 4ème siècle que la religion monothéiste, le christianisme sous le règne de l'Empereur Constantin 1er, prit la place de la foule des dieux locaux.

L'incinération qui était pratiquée, se trouva remplacée par l'inhumation, puisqu'il y avait résurrection des corps.

Cependant, les druides étant interdits, il n'y eut pas pour autant, l'abandon des dieux gaulois mais leur romanisation ... ou inversement : Epona fut adoptée par les romains. La politique religieuse était tolérante et syncrétique ;

– en fait, la fusion des dieux et des rituels romains et gaulois, appelée interpretatio romana, était une forme de syncrétisme religieux : Sucellus, le dieu au maillet, des Gaulois, fut assimilé à Jupiter...

– Enfin, le culte de l'Empereur était une véritable religion politique : il se diffusait localement grâce aux anciennes divinités mises au service de l’empereur.

– Par ailleurs, les Romains apportaient aux Gaulois, le temple, monument religieux par excellence, qui permettait d'exercer la religion dans un édifice sacré

– mais également le calendrier : les Gaulois passèrent du calendrier lunaire au calendrier solaire...

La technique de la mosaïque. - se développa dans le monde romain, à l'époque de la Pax Romana, au 1er siècle avant notre ère : pour exemple, les mosaïques de Saint-Romain-en-Gal (Isère), sur la rive droite du Rhône - de Pompéï et d'Herculanum... Les premières mosaïques dataient du 8ème siècle avant notre ère. Par la suite, la technique fut perfectionnée par les mosaïstes grecs, au 5ème siècle avant notre ère.

Les mosaïques étaient utilisées pour la réalisation de véritables tableaux représentant les activités agricoles, les fêtes, les scènes mythologiques... où figuraient « les putti » (petits anges) chevauchant des animaux sauvages.

Les monnaies gauloises. - Les documents peu nombreux, permirent de définir les types de monnaies des peuplades gauloises :

– l'emblème religieux, « la figuration de l'Hippocampe », fut retrouvé aux quatre coins de la Gaule ... quoiqu'on sait que cet emblème était présent sur des monnaies grecques !

Par ailleurs, la monnaie dite « à buste de cheval sur une face, et la représentation de la tête d'Apollon sur l'autre face », peut faire penser à une imitation de la monnaie de la Sicile carthaginoise !

1 - « casque à corne, trouvé dans la Tamise, près de Watterlo ( datant de -150 à – 50) » Musée anglais ; Auteur Ealdgyth ; est distribué sous licence CC BY-SA 3.0.

2 - « char gaulois d'apparat » Tel. par Pline

*

1.« le Jugement de Pâris : mosaïque de sol d'Antioche, IIème siècle » Musée du Louvre Tel. par Mbzt ; est distribué sous licence CC BY 3.0.

2.« Mosaïque représentant l'Empereur Justinien, Basilique de Ravenne, Italie (VIème siècle) – Tel par Trajan 117.

wikipedia

*

1 -« calendrier de Coligny (Ain) ou calendrier en langue gauloise (document linguistique) (mois de Samonios) » (table de bronze du IIème siècle) (document capital pour la connaissance de l'époque celtique) - « la conception que les celtes avaient du temps, leurs connaissances en astronomie et la tradition druidique ». Tel. par Ptyx ; est distribué sous licence CC BY-SA 2.5

2 « Vercingétorix dépose les armes devant Jules César, à l'issue du siège d'Alésia (image d'Epinal ». Musée Crozatier du Puy-en-Velay Auteur Lionel Royer

Wikipédia

C/

CELTES

PEUPLES CELTES, GAULOIS ; LES ALLOBROGES

(dans l'antiquité, ils étaient appelés Allobriges)

Xavier Delamare explique :

«... Peuples celtes, courageux combattants qui, au début du 3ème siècle avant notre ère, se seraient installés dans les Alpes du Nord... »

°

(la racine du mot : allo (autre), brogi (pays) (peuple venu d'un autre pays) ; d'après Xavier Delamare « Le Dictionnaire de langue gauloise », 2003).

Les linguistes, petit-à-petit, décryptèrent la langue gauloise, parlée par les Gaulois les siècles précédents et au début de notre ère. Ils le firent à partir de documents gravés retrouvés, et d'inscriptions en alphabet étrusque, grec ou latin... mais aussi avec l'aide de l'onomastique : les noms de personnes, de lieux, de dieux, qu'emprunte encore la langue actuelle...

1 - « les 10 provinces (dont la Savoie) du royaume de Sardaigne (1839) » Util. Wing

2 - « territoire des Allobroges » Auteur Pedro38; est distribué sous licence CC BY-SA 3.0. Wikimedia

Le peuple gaulois occupait la région se situant entre le Rhône et la Saône. -

Dans son ouvrage « La Guerre des Gaules », Jules César* précise les 5 premiers des peuples de la région comprise entre le Rhône et la Saône : les Helvètes, Séquanes, Allobroges d'Outre Rhône, Séburiens, Eduens comme étant placés sur la rive droite du Rhône, à partir du Léman jusqu'au confluent de la Saône...

dont cet extrait :

– « les Helvètes, en aval du lac Léman (grand lac d'origine glaciaire, entre la France et la Suisse) - Leman : son nom est peut être d'origine celtique : « lem : grand et an » : eau

– les Séquanes, se situaient depuis la passe du Fort de l'Ecluse (Ain) (anciennement appelé : Fort de la Cluse) jusqu'au confluent de la Valserine ;

ce Fort de la Cluse, est un fort militaire construit à flanc de colline - site classé comprenant tours, tourelles de guet, échauguettes, casemates, chambres à munitions... ;

– les Allobroges avaient des villages et des propriétés au-delà du Rhône ;

– les Séburiens étaient placés le long du Rhône ;

– les Eduens Ambarres s'étendaient depuis le confluent de l'Ain jusqu'au confluent de la Saône... »

En 58 avant notre ère, il cite dans son ouvrage, également les Ceutrons, installés dans la région, depuis l'âge du bronze, du 8ème au 7ème siècle avant notre ère - occupant la Tarentaise, le Beaufortain.... voisins des Allobroges au 3ème siècle avant notre ère.

Les Ceutrons étaient éleveurs principalement, mais aussi exploitants des mines de cuivre ; ils aidaient au trafic, contrôlaient les cols du Petit et du Grand Saint-Bernard », entre la Gaule cisalpine et la Gaule transalpine...

Les Allobroges quant à eux, étaient agriculteurs. En effet, à l'aide d'une charrue « grossière », ils faisaient produire à la terre un froment de qualité, le seigle et la vigne ; ils fabriquaient des fromages grâce à l'élevage des animaux mais aussi extrayaient des minerais : ils étaient réputés « riches ». Pline parlait même des mines de cuivre, de fer et de plomb argentifère de la région ; les Alpes représentaient une voie de passage importante où se pratiquaient les péages !

A Arbin, au 2ème siècle. - il s'agit d'une période prospère dans cette région de l'Allobrogie, proche de la grande voie romaine, de Vienne à Lyon. Deux populations mélangées vivent dans cette localité : les Allobroges et les Romains.

Les 90% d'Allobroges, celtes, arrivés dès le 9ème siècle avant notre ère, parlaient un dialecte celtique ; les échanges commerciaux se faisaient souvent en latin.

Ils remplacèrent, petit à petit, la population ligure de l'âge de bronze.

Ce fut l'historien grec Polybe* qui nomma les Allobroges, entre 150 à 130 avant notre ère. Il avait fait le récit de la traversée des Alpes, par le général carthaginois, Hannibal, en 218 avant notre ère ; également, Tite-Live parla d'Hannibal traversant la région avec son armée, pour aller en Italie, après avoir franchi les Pyrénées.

*

En voici le récit, Tite-Live*, dans son « Histoire Romaine » :

« ...les Gaulois, suivant leur usage, étaient venus tout armés à l'assemblée (des envoyés romains) assister à un discours où ils vantaient la gloire, la valeur du peuple romain et la grandeur de l'empire : les envoyés demandèrent aux Gaulois de ne point donner passage sur leurs terres et par leurs villes aux Carthaginois qui allaient porter la guerre en Italie. On entendit alors des éclats de rire si violents et de tels murmures, que les magistrats et les vieillards purent à peine calmer les jeunes guerriers. Quelle impudence! quelle sottise ! s'écriait-on. Demander que nous attirions sur nous la guerre, pour l'empêcher de passer en Italie! que nos campagnes soient dévastées, pour préserver du pillage celles de l'étranger ! Le tumulte enfin apaisé, on répondit aux ambassadeurs qu'on n'avait ni à se louer des Romains, ni à se plaindre des Carthaginois, pour servir la querelle de Rome contre ses ennemis. …

« ….."D'avance il avait gagné les Gaulois ; mais il ne pouvait même pas trop compter sur leurs bonnes dispositions, à cause de leur caractère farouche et indomptable, à moins de répandre l'or, dont cette nation est si avide, pour se concilier l'affection des chefs.

« Après avoir parcouru ainsi l'Espagne et la Gaule, les députés revinrent à Rome, peu de temps après le départ des consuls pour leurs départements. Ils trouvèrent toute la ville en suspens dans l'attente de la guerre; un bruit assez certain annonçait que déjà les Carthaginois avaient franchi l'Hèbre.... »....

1 - « Hannibal et ses hommes traversant les Alpes ». Tel. par Dux Ducis Hodiernus.

2 - « Carte de Peutinger ( les Alpes du Sud) » (nouvelle traduction, Albert Mermoud : page 66) »

Wikipedia

1 - « denier du cheval galoppant et au « caducée », frappé par les Allobroges (région du Dauphiné), daté du 1er siècle avant J.C. » Auteur : cgb Tel Louisonze ; est distribué sous licence CC BY-SA 3.0.

2 - « Aureus à l'effigie de Vespasien (78-79) » (« archives romaines) Auteur cgb Tel. par Louisonze ; est distribué sous licence CC BY-SA 3.0.

Wikipedia

« Les premiers jours du printemps, (...) Hannibal, après une revue de toutes ses troupes auxiliaires, passe à Cadix, pour acquitter un voeu en l'honneur d'Hercule. Il s'engage à de nouveaux sacrifices, si le succès couronne ses desseins. (…) Il demanda donc à l'Afrique un renfort de troupes légères, et surtout d'archers. Ainsi les Africains devaient servir en Espagne, les Espagnols en Afrique, et tous, loin de leurs pays, déployer plus de zèle et de courage, parce qu'ils devenaient les garants mutuels de leur foi. Il fit donc passer en Afrique treize mille huit cent cinquante fantassins armés de boucliers légers, et huit cent soixante-dix frondeurs baléares, avec douze cents cavaliers de différentes nations. Il ordonne que la moitié de ces troupes forme la garnison de Carthage, et que l'autre soit répartie dans l'Afrique. En outre, ses recruteurs ont levé, dans les différentes villes de l'Espagne, quatre mille hommes d'élite, qui seront conduits à Carthage, pour lui servir à la fois d'otages et de défenseurs.

« Le songe d'Hannibal : Il ne crut pas devoir négliger l'Espagne ; car il n'ignorait point les tentatives qu'avaient faites à leur passage les ambassadeurs romains, pour gagner les chefs de cette contrée.

Hasdrubal, son frère, dont il connaît l'activité, commandera en ces lieux. Il lui laisse une armée presque tout africaine ; car elle est composée de onze mille huit cent cinquante fantassins venus d'Afrique, de trois cents Liguriens et de cinq cents Baléares. À cette infanterie il ajoute, pour corps de cavalerie, trois cents.

Libyphéniciens, race mixte de Phéniciens et d'Africains ; environ dix-huit cents Numidesg ou Maures, qui habitent près de l'Océan ; un petit détachement de deux cents cavaliers ilergètes, peuplade espagnole ; et, pour compléter son armée de terre, quatorze éléphants. Il lui donna aussi une flotte pour défendre les côtes de la mer, élément où les Romains avaient été victorieux,

°

et où on pouvait penser qu'ils renouvelleraient leurs attaques : composée de cinquante galères à cinq rangs de rames, de deux à quatre rangs, et de cinq à trois, elle n'avait que trente-deux quinquérèmes et cinq trirèmes armées et garnies de rameurs.

« De Cadix, Hannibal revint à Carthagène, où l'armée avait eu ses quartiers d'hiver (...) vers l'Hèbre et la côte de la mer. Là, dit-on, il vit en songe un jeune homme brillant d'un éclat divin, et qui lui disait: "Jupiter m'envoie pour te guider en Italie; suis-moi, sans jamais détourner la vue." Saisi de respect, Hannibal le suit d'abord,sans regarder autour de lui ni derrière. Par un instinct de curiosité si naturel à l'homme, il se demande quel peut être l'objet qu'on lui défend de considérer; il brûle de le connaître. Il jette un regard, et alors il voit derrière lui un serpent d'une grandeur prodigieuse, qui s'avance .(...) au milieu d'un vaste abattis d'arbres et d'arbrisseaux ; puis il entend un coup de tonnerre suivi d'un violent orage. Il demande ce que signifie ce monstre, ce prodige ; on lui répond: "C'est la dévastation de l'Italie. Marche donc sans interroger les dieux, sans chercher à soulever le voile de l'avenir."

« Dans les gorges des Pyrénées : encouragé par cette apparition, il passa l'Hèbre sur trois points : d'avance il avait envoyé des émissaires pour gagner par des présents les Gaulois dont il allait traverser le pays avec son armée, et pour reconnaître le passage des Alpes. Quatre-vingt-dix mille fantassins et douze mille chevaux franchirent l'Hèbre sous ses ordres.

« (…) à leur arrivée en Gaule : aussitôt, pour que le retard et l'inaction ne soient point funestes à ses soldats, il passe les Pyrénées avec le reste de ses troupes (...) Les Gaulois avaient bien entendu dire qu'on portait le guerre en Italie (…) ; la crainte de la servitude fit prendre les armes à plusieurs peuplades de la Gaule, qui se réunirent à Ruscino. Hannibal l'apprit ; et, comme il redoutait plus la perte de temps que la guerre, il envoie aux chefs une députation, pour leur demander un entretien : « ... Hannibal, qui avait contenu par la crainte ou gagné par des présents, tous les peuples qui se trouvaient sur sa route, était déjà parvenu sur le territoire des Volques, nation puissante qui habite les deux rives du Rhône. Dans l'impossibilité de défendre contre les Carthaginois la partie de leur territoire située en deçà du fleuve, les habitants, pour se faire du Rhône un rempart formidable, s'étaient presque tous réunis sur la rive opposée, et la couvraient de leurs bataillons. Mais les autres peuples riverains, et ceux des Volques même qui n'avaient pu se résoudre à quitter leurs demeures, gagnés par l'or d'Hannibal, s'engagent à lui rassembler des barques de toutes parts, et à lui en fournir de nouvelles, dans le désir qu'ils ont de voir au-delà du Rhône l'armée carthaginoise, et leur pays délivré au plus tôt d'une multitude si considérable. Une immense quantité de bateaux et de petites barques répandues çà et là pour la communication entre les deux rives fut promptement réunie. D'abord les Gaulois travaillaient seuls à la construction des barques, en creusant des troncs d'arbres; bientôt les Carthaginois eux-mêmes mirent la main à l'oeuvre, encouragés à la fois par l'abondance des matériaux et par la facilité du travail ; ils formaient à la hâte des canots grossiers, susceptibles seulement de se soutenir sur les eaux, de recevoir les bagages, et de les transporter, eux et leurs effets.

« Le passage du Rhône (fin août 218) : déjà tout était à peu près disposé pour le passage ; mais on voyait avec effroi toute la rive opposée couverte de guerriers et de chevaux. Afin de les en déloger, Hannibal détache, à la première veille de la nuit, Hannon, fils de Bomilcar, avec un corps de troupes, la plupart espagnoles : il devra remonter le fleuve pendant un jour entier ; dès qu'il lui sera possible, le traverser dans le plus grand secret, et tourner l'ennemi, de façon à tomber, lorsqu'il en sera temps, sur son arrière-garde. Les Gaulois qu'on lui a donnés pour guides lui apprennent qu'à environ vingt-cinq milles au-dessus, le Rhône se partage pour former une petite île, et que là, plus large et partant moins profond, il peut offrir un passage. Là, on s'empressa d'abattre du bois, de construire des radeaux pour le transport des hommes, des chevaux et des bagages (…)

Hannon avait à coeur de suivre ponctuellement les instructions d'Hannibal. Le lendemain, il se met en marche, et des feux allumés annoncent qu'il a effectué le passage, et qu'il se trouve assez près des Volques.

À cette vue, Hannibal, pour profiter de la circonstance, donne le signal de l'embarquement. Déjà l'infanterie avait ses canots prêts et disposés. Les cavaliers montaient les plus fortes barques, et conduisaient près d'eux leurs chevaux à la nage : ainsi rangés en première ligne, ils rompaient d'abord l'impétuosité du courant, et rendaient la traversée facile aux esquifs qui venaient après eux. La majeure partie des chevaux, conduite avec une courroie, du haut de la poupe, traversait à la nage ; l'on avait embarqué les autres sellés et bridés, pour servir à l'instant même où l'on aborderait.

« Discussions sur les divers procédés utilisés pour la traversée : les Gaulois accourent sur le rivage avec des hurlements confus et leur chant de guerre, agitant leurs boucliers au-dessus de leurs têtes, et brandissant leurs javelots: cependant, de leur côté, ils éprouvaient de la crainte à la vue de cette prodigieuse quantité de bâtiments contre lesquels le Rhône se brisait avec fracas ; ils étaient frappés des cris multipliés des matelots et des soldats qui s'efforçaient de rompre le courant du fleuve, ou qui, parvenus à l'autre bord, animaient leurs compagnons encore au milieu des eaux. (…)

À l'instant où l'appareil terrible qui se déploie à leurs regards les glace d'épouvante, un cri plus formidable se fait entendre derrière eux, Hannon a pris leur camp. Bientôt il paraît lui-même, et les Gaulois sont exposés à un double péril : ici, les vaisseaux vomissent à terre des flots d'ennemis; derrière eux, une armée nouvelle les harcèle à l'improviste. En vain ils veulent opposer de la résistance ; repoussés sur tous les points (…) Hannibal fait aborder à loisir le reste de ses troupes ; (…) On employa, je pense, divers moyens pour passe les éléphants ; ce qu'il y a de certain, c'est qu'ici les historiens varient beaucoup. Quelques-uns prétendent qu'à l'instant où les éléphants étaient rassemblés sur la rive, le plus furieux de ces animaux, irrité par son cornac qui se jeta à la nage, comme pour éviter sa colère, s'élança à sa poursuite, et attira ainsi le reste de la troupe ; et qu'à mesure que chacun d'eux perdit pied, il fut, malgré sa frayeur pour les eaux profondes, entraîné à l'autre bord par le courant même. (…).