Petites histoires entre nous... - Wen Saint-Clar - E-Book

Petites histoires entre nous... E-Book

Wen Saint-Clar

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Beschreibung

Petites histoires entre nous... IIl y a longtemps, Wen s'est mis à écrire, affutant sa plume sur divers styles et formats. Puis, il a publié certains de ses textes sur son blog "Histoires entre nous". Ce recueil en reprend quelques uns, ainsi qu’un inédit. En suivant les récits d’Anaïs, Bastien et de ses autres personnages, laissez-vous emporter dans ses histoires délicieusement licencieuses...

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Veröffentlichungsjahr: 2016

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Table des matières

Femmes

Présentations

Dîner entre amis

Une petite robe toute simple

Tenue de soirée exigée

Jeux de miroir

Le feu et la glace

Rentrée au bureau

Un pantalon surprise

Correction

Bain avec shampoing

Après une dispute

À la façon de

Initiation chlorée

Le charme des steppes de Sibérie

Une étourdissante rencontre

La leçon de piano

Incident diplomatique

Mademoiselle Shalimar

Soir de fête au bureau (inédit)

Femmes

(Petite réflexion écrite à l’occasion d’un 8 mars, date retenue par l’ONU pour célébrer la journée des droits des femmes).

Elles marchent dans la rue.

Et moi je les regarde.

Tranquillement, sagement, amoureusement.

J’ai toujours dit que si j’avais été une femme, j’aurais été lesbienne. À chaque fois que je dis ça à mes amies, elles rigolent en me répondant un non catégorique.

Elles me répondent que non, je n’aurais pas été lesbienne. Que je dis ça parce que je ne sais pas.

Elles, elles savent.

Parfois elles argumentent en me disant que je ne peux pas savoir l’effet que ça fait de se retrouver dans les bras d’un homme, de sentir sa présence, sa force même parfois. Comme si la “ compagnie ” d’un homme leur était aussi indispensable que celle d’une femme pour moi.

Généralement, je clos le débat à ce moment-là, elles ne comprennent pas ce que je dis. Elles ne savent pas à quoi je pense.

C’est beau une femme. J’aimerais être une femme.

Prenons un exemple.

J’ai fait des études, j’ai un travail, je suis un cadre, je travaille dans un bureau. Pour aller travailler, je mets des vêtements de travail, j’ai un uniforme. Si je suis un homme, la question ne se pose quasiment pas, je mets un costume, une chemise et une cravate. Je peux jouer sur quoi ? La couleur de la cravate, OK.

Quoi d’autre ?

La couleur de la chemise éventuellement, mais si je veux être élégant, la palette reste assez réduite quand même.

Si je suis une femme, la question se pose tous les jours et même plusieurs fois par jour. J’ai tellement de manières différentes d’être élégante.

Resserrons encore un peu le focus de l’exemple. Les femmes n’imaginent pas la platitude du choix d’un homme face à son placard à chaussures (quand il en existe un pour lui).

Alors, aujourd’hui, quel choix s’offre à moi ?

Des mocassins ou des chaussures à lacets ? Marrons ou noires ?

Une femme, avant même de penser à la couleur, doit penser à des dizaines d’autres choses. Talons ou pas, puis la hauteur, la forme, la largeur desdits talons. Fermées ou ouvertes. Le style, la forme, que sais-je encore.

Eh bien oui, justement, je ne sais pas.

Tout ce que je sais, c’est que dans la majorité des cas, ce n’est pas le choix qui l’emporte, mais la nécessité. Je ne peux pas mettre ces chaussures-là avec ce pantalon-là, pas avec ce sac-là, pas avec cette jupe-là, pas avec ceci ou cela. Au pire, le choix se fera par défaut (et légitimera la recherche, que dis-je, la quête d’une nouvelle paire de chaussures).

Être une femme – dans nos sociétés occidentales s’entend –, c’est résoudre chaque matin un système d’équations à n inconnues, n variant de zéro à dix mille en fonction de l’humeur, du temps et de l’influence du taux de reproduction des sauterelles naines dans la partie infé-rieure de l’Afrique subsaharienne…

Et après on s’étonne qu’elles s’énervent quand la voi-ture ne démarre pas ou qu’elles filent leur bas en sortant du métro !

Mais avant tout, au-delà de tout, les femmes sont belles.

Elles sont belles quand elles s’habillent ou se laissent déshabiller, quand elles se coiffent ou se laissent décoif-fer, quand elles ne veulent pas qu’on les voie ou quand elles veulent être remarquées.

Les femmes sont belles quand elles se maquillent, quand elles se regardent dans le miroir, quand elles dorment, quand elles chantent à tue-tête dans leur voiture coincée dans les embouteillages en étant persuadées que personne ne les entend.

C’est beau une femme.

Maigre ou enrobée, petite fouine ou grande girafe, pétasse niçoise ou parisienne ultra-stylée, une femme restera toujours belle.

Ça ne doit pas être simple tous les jours. Il reste beau-coup à faire, c’est une évidence et il ne faut pas cesser de lutter. Mais si vous avez une journée par an pour cela, n’oubliez pas que tous les autres jours de l’année, vous êtes indispensables et sublimes.

Signé : W.

Celui qui vous aime et vous regarde passer.

*

* *

Présentations

En poussant la porte de l’immeuble, Bastien se sentait léger. Il avait toujours aimé le mois de mai. Le printemps s’était installé. Les températures étaient plus qu'agréables. Il faisait beau, chaud, les jupes des femmes raccourcissaient jour après jour, sur les bancs publics, les hommes tombaient amoureux par centaines.

Entrant dans l’appartement, il vit le visage d’Anaïs et comprit que quelque chose lui pesait. Elle présentait cette tête si caractéristique quand quelque chose la tracasse et l’embête. Ça n’allait pas tarder à sortir pensa-t-il. Elle n’arrive généralement pas à garder pour elle les choses très longtemps sourit-il intérieurement.

Bastien se débarrassa de sa veste, posa ses clefs et alla l’embrasser. Il s’assit à côté d’elle dans le canapé du sa-lon. Elle l’embrassa doucement.

— Qu’y a-t-il ma chérie, lui demanda-t-il sincèrement concerné.

— Rien Bastien, lui répondit-elle, cherchant à dissiper sa contrariété beaucoup trop évidente.

— Voyons Anaïs, fit-il semblant de la gronder, je te connais, qu’est-ce qu’il se passe, demanda-t-il sérieusement.

C’en était trop pour Anaïs, elle ne pouvait plus garder pour elle ce qu’elle avait en tête. Elle avait bien cherché à lutter pour ne pas aborder le sujet à peine Bastien rentré, mais il fallait qu’elle lui dise. Elle se retourna vers lui et le regarda.

Enfin, se dit-il, elle va lâcher le morceau. Puis il conti-nua intérieurement. Et vu la tête qu’elle a, ça semble sérieux. Il sourit autant pour la détendre que pour se moquer intérieurement gentiment d’elle. Il avait vite compris qu’il n’y avait strictement rien de grave, mais il savait, par ex-périence, qu’il devait présenter un visage tout à fait sé-rieux lorsqu’elle voulait lui parler ainsi. Dans le cas contraire, elle était capable de se vexer terriblement, préalable à une soirée d’explication et de disputes plus ou moins graves.

Anaïs prit une profonde inspiration.

— Bon, commença-t-elle, tu sais que Nathalie doit venir dîner demain soir à la maison.

Bastien fit oui de la tête, très sérieusement. Il avait to-talement oublié ce dîner, mais maintenant qu’elle lui en reparlait, c’est vrai que c’était prévu. Elle lui avait dit la semaine dernière déjà. Il l’invita à poursuivre.

— Oui, et donc, dit-il pour relancer la discussion.

— Tu sais aussi que si elle vient dîner, à la base, c’était pour lui tenir compagnie, qu’elle ne soit pas seule après sa rupture avec Cédric.

Ça, par contre, Bastien ne l’avait pas oublié. Leur rupture avait provoqué un tel cataclysme ces dernières semaines dans leur groupe d’amis qu’il était difficile de l’oublier. Les relations étaient encore plutôt compliquées, mais les choses s’étaient apaisées et ils avaient réussi à se quitter finalement en bons termes, à savoir que ni l’un, ni l’autre ne paraissaient trop affectés par leur séparation.

— Oui, je sais, répondit alors Bastien. Et donc, je ne vois toujours pas ce qui t’inquiète.

— Et bien, je l’ai eu au téléphone tout à l’heure. Elle baissa le ton, comme pour faire une confidence. Elle m’a demandé si cela posait un problème qu’elle vienne avec un ami comme elle m’a dit.

Anaïs avait levé les doigts pour signifier les guillemets à mettre au terme ami. Bastien la regarda, cherchant à comprendre où elle voulait en venir et montrant l’étendue de son incompréhension.

— Ben enfin, Bastien, fit-elle légèrement exaspérée. Un ami ! Anaïs remit les guillemets avec ses doigts en les accentuant par une moue entendue. Tu ne vois pas ce que ça signifie, lui demanda-t-elle d’un air excédé. Ça signifie que c’est son nouveau copain.

Bastien se détendit. Ce n’était que ça, pensa-t-il. Pas de quoi fouetter un chat. Cependant, il ne quitta pas son air sérieux et attentif. Il ne connaissait que trop la susceptibi-lité d’Anaïs quand elle faisait des confidences de ce genre sur ces copines.

Sans avoir besoin de la relancer, elle continua.

— Bon alors en fait, reprit-elle d’un ton beaucoup plus normal, on a discuté un peu et tu imagines bien qu’elle m’en a dit plus.

— Oui, j’imagine, dit Bastien, comprenant qu’il allait avoir le récit dans les détails de ce que s’étaient dit les copines au téléphone.

— En fait, elle m’a dit que c’était un pur plan cul, rien de sérieux.

Bastien marqua son étonnement. Cela ne ressemblait pas du tout à Nathalie. Anaïs se sentit obligée de justifier la conduite de son amie.

— Oui ben tu crois quoi, lui demanda-t-elle. Elle n’allait quand même pas se morfondre pendant des semaines et rentrer dans les ordres. Elle avait besoin de s’amuser, elle a trouvé un crunch…

— Un quoi ? l’arrêta Bastien.

— Un crunch mon chéri, répondit Anaïs mi-confuse, mi-amusée.

Elle venait de faire une gaffe et d’employer un mot que les filles n’utilisent généralement qu’entre elles. Elle reprit immédiatement pour noyer le poisson.

— T’inquiète pas, c’est une expression de filles, c’est un coup d’un soir, un type qu’on n’est pas censée revoir. Bref, c’est pas ça qui est important conclut-elle mainte-nant visiblement gênée. Donc, c’est son copain, ça ne va pas durer, et il s’appelle Soini, c’est la version finlandaise de Sven. Il repart en Finlande dans trois jours et elle n’en entendra plus jamais parler.

Bastien écoutait religieusement. Tout ceci l’étonnait beaucoup de la part de Nathalie, mais pourquoi pas. Finalement, se dit-il, elle a effectivement bien le droit de s’amuser. Anaïs continuait.

— Elle m’a dit que c’était un dieu vivant, qu’elle n’avait jamais couché avec un homme aussi beau. Bastien sentait de l’excitation dans la voix de la jeune femme, cela l’amusait beaucoup. Et en plus, elle m’a dit, Anaïs avait baissé le ton avant de poursuivre, que c’était une vraie bête au lit. Elle laissa traîner un peu sa phrase avant de reprendre. Nathalie m’a confié qu’il lui avait fait l’amour magnifiquement, que c’était… ouh la la !

Anaïs adopta une expression de contentement extrême en fouettant sa main rapidement de bas en haut devant elle. Nul doute que le dénommé Soini avait réussi à la faire jouir intensément d’après Bastien. Pour qu’elle en parle comme ça à sa copine, cela avait dû être marquant.

Bastien savait aussi l’attirance que pouvait avoir Anaïs pour les stéréotypes masculins nordiques. Elle lui avait signifié à plusieurs reprises qu’elle était capable de fan-tasmer de manière totalement irrationnelle sur l’homme du nord de l’imaginaire collectif : le bucheron musclé, grand, fort, blonds aux yeux clairs.

— Bon, ben très bien répondit Bastien pour clore la discussion. Où est le problème lui demanda-t-il sans attendre de réponse. Nathalie vient dîner avec son plan cul, no problemo pour moi conclut-il sans attendre. Un problème pour toi, lui demanda-t-il vraiment, sous-entendant qu’il ne voyait pas pour quelles raisons elle pourrait être gênée de quoi que ce soit.

La réponse dut apaiser Anaïs, car elle ne trouva rien à rétorquer excepté une dénégation de la tête. Bastien en fut ravi, se leva et décida de la provoquer un petit peu.

— Et puis comme ça, ajouta-t-il en allant se dirigeant vers la cuisine, je pourrai constater si le fantasme du grand blond aux yeux bleus te fait toujours autant d’effet. Il laissa traîner sa phrase, n’attendant pas de réponse.

Anaïs, gentiment vexée, lui tira la langue en plissant les yeux, puis jura tout bas.

— Celle-là, mon vieux tu ne l’emporteras pas au paradis ! dit-elle tout bas.

— Qu’est-ce que tu dis ma chérie, lança Bastien qui était déjà loin.

— Non, non, rien mon chéri, dit-elle obséquieusement. Elle ne résista cependant pas à lui lancer une pique pour avoir le dernier mot. En tout cas, dit-elle beaucoup plus fort, je ne vois pas pourquoi je ne fantasmerais pas sur les grands blonds musclés aux yeux bleus dès lors que tu n’as d’yeux, dans la rue, que pour les blondes aux seins surdimensionnés et aux jambes interminables. Et toc pensa-t-elle, mouché !

— Tu sais bien que je n’ai d’yeux que pour toi mon amour, lui fit-il avec humour, la tête dans le frigo. Puis il changea de sujet instantanément pour couper court à la discussion. Tu as racheté des yaourts, lui demanda-t-il.

Anaïs avait déjà disparu à l’autre bout du salon en sou-riant et surtout, en se demandant ce qu’ils allaient bien pouvoir préparer à manger demain soir pour Nathalie et son Soini.

*

* *

Le lendemain soir, Anaïs et Bastien ne mirent pas les petits plats dans les grands. Ils préparèrent deux salades composées consistantes, auxquelles ils ajoutèrent une tarte salée classique pour se faciliter la vie.

Nathalie et son petit ami arrivèrent à l’heure dite et tous s’installèrent dans le salon pour prendre un verre agrémenté d’amuse-bouches divers. Soini parlant un très mauvais français, ils alternaient avec l’anglais qu’il comprenait parfaitement.

Anaïs et Bastien découvrirent à cette occasion une fa-cette de la personnalité de Nathalie qu’ils ne connaissaient pas. Ils étaient en face d’un très jeune couple, puisqu’ils ne se connaissaient que depuis une semaine grand maximum, avec toute la fougue et la tension sexuelle qui peut exister dans ce genre de situation.

Ils ne cessaient de se toucher, de se caresser, de s’embrasser même. Loin d’être gênante, la situation était touchante et il faut croire qu’elle était communicative puisque Bastien surprit Anaïs à plusieurs reprises en train de lui passer la main dans le cou, ou de l’embrasser plus tendrement que d’habitude.

De son côté, Anaïs était proprement subjuguée. Et à plus d’un titre d’ailleurs.

D’une part, voir son amie heureuse lui faisait extrêmement plaisir. Cela faisait plusieurs mois maintenant qu’elle l’avait régulièrement au téléphone. Elle lui remon-tait le moral plus souvent qu’elles ne riaient ensemble. Ce soir, Anaïs constatait avec plaisir que l’aventure sexuelle, et probablement sentimentale elle n’en doutait pas, de sa copine lui faisait beaucoup de bien. Cela la réjouissait.

Anaïs avait toujours eu un petit faible pour Nathalie. Y compris physiquement. Il faut dire qu’elle avait vraiment tout pour plaire. De taille légèrement supérieure à la moyenne des filles, Nathalie compensait un visage tout à fait banal par des yeux hyper expressifs et surtout, un corps de rêve. En définitive, elle n’était pas jolie. Elle était même totalement banale, et ressemblait à des dizaines de femmes dans la rue. Les hommes ne se retournaient pas sur son passage. Mais elle bénéficiait d’un corps d’une beauté incroyable. Elle ne savait pas le mettre en valeur et s’habillait avec des vêtements informes ou qui ne lui allaient pas. Toutefois, Anaïs avait déjà eu l’occasion de la voir nue à la piscine, et avait été époustouflée par la beauté de ses courbes. Ses jambes étaient parfaitement dessinées, ses fesses n’avaient pas un gramme de graisse mal placée. Elles étaient fermes et rondes. Ses hanches formaient un arrondi idéal qui venait se resserrer au niveau de sa taille qu’elle complétait par un ventre ultra plat et musclé. Sa poitrine, bien que loin d’être excessive, était absolument parfaite. Ses seins étaient ronds, fermes et magnifiquement beaux. Lors-qu’elle l’avait vu nue, elle ne put s’empêcher d’être une fois de plus étonnée par ses épaules et ses bras, idéale-ment proportionnés ce qui lui permettait de s’habiller avec n’importe quoi et de ne pas avoir l’air ridicule.

Malheureusement, elle ne savait pas s’habiller. Ou du moins, faisait preuve de trop peu de goût selon Anaïs pour que sa beauté naturelle puisse apparaître aux yeux de tout le monde. Nathalie était une très belle femme.

La surprise de la soirée à ce sujet, c’était qu’elle portait une petite robe qui lui allait parfaitement bien. C’était une robe plutôt près du corps et elle épousait parfaitement sa morphologie. Ses hanches se détachaient parfaitement de sa taille, ses jambes étaient soulignées par des chaussures à petits talons largement suffisants, et sa poitrine était clairement mise en valeur sans pour autant qu’il n’y ait le moindre décolleté.

Anaïs était amicalement envieuse de son amie. Et sa jalousie était largement entretenue par ce qui s’était passé il y a quelques années entre elles, un soir où elles avaient trop bues l’une et l’autre.

Elles étaient rentrées chez l’une qui habitait encore seule à l’époque, après une soirée plus qu’arrosée chez des amis communs. Elles avaient commencé à dangereu-sement se rapprocher l’une de l’autre dans l’ascenseur. Les caresses et les propositions, étaient devenues claire-ment franches lorsqu’elles s’étaient retrouvées face à la porte de l’appartement puis ensuite assises côte à côté dans le canapé du salon. Elle n’avait jamais dit précisé-ment à Bastien ce qui s’était passé ensuite. Toujours est-il qu’elle lui avait avoué au minimum des caresses plus ou moins appuyées et des baisers enfiévrés. Avec la langue parfois avait précisé Anaïs un jour où le sujet était revenu sur le tapis, juste avant de se taire, comprenant qu’elle en dirait trop si elle continuait à en parler.

La voir ainsi ce soir réveillait non seulement les sou-venirs qu’elle avait de cette soirée si éphémère, mais éga-lement sa libido lorsqu’elle les voyait s’embrasser et se caresser presque ouvertement toutes les dix minutes.

Mais ce n’était pas pour autant la seule raison pour la-quelle Anaïs était subjuguée. En effet, d’autre part, tous les coups d’œil qu’elle avait pu jeter discrètement sur Soini lui confirmait absolument tout ce que Nathalie lui en avait dit. Et elle lui en avait dit quand même beaucoup.

Surtout, elle n’avait pas tout répété à Bastien.

Soini était simplement et tout bêtement beau. Ses mains étaient larges, son nez saillant au milieu de ses yeux clairs. Il portait un pantalon qui mettait ses fesses et son entrejambe parfaitement en valeur. Et c’était sans parler de son tee-shirt qui moulait ses épaules et ses pectoraux juste assez pour voir ce dont il disposait.

Elle craquait sur lui, littéralement. A plusieurs reprises, Anaïs ne put s’empêcher d’être sottement jalouse de sa copine. Elle avait levé un bloc, un top-modèle version finlandaise, comme elle lui avait dit, et elle n’avait pas menti. Anaïs était totalement sous le charme.

Ils passèrent des canapés du salon à table.

Lorsque tous se levèrent à cet effet, les corps se touchèrent, se frôlèrent même dangereusement. Comme dans un ballet désynchronisé, l’on eut l’impression que chacun n’osait pas se positionner ici ou là, se déplacer par-là plu-tôt que par ici. Les mains de l’une s’appuyèrent sur les épaules de l’autre pour la laisser passer tandis que Soini avait posé sa main dans le bas du dos de Nathalie. La situation était très troublante.

Bastien s’aperçut très vite de la confusion d’Anaïs et, loin de se vexer ou d’en être jaloux, il s’amusa beaucoup de la situation. Conscient que la tension sexuelle était palpable autour de la table, il s’amusa à faire dériver la discussion sur des sujets pimentés.

Le fait d’être obligé de parler anglais, dans des mots simples pour que tout le monde comprenne, limitait les sujets de discussion. Ils parlèrent donc de sujets légers, déclenchant force rires et gestes câlins divers et variés.

Sous la table, Bastien s’amusait à poser sa main de manière non équivoque sur la cuisse nue d’Anaïs. Elle se laissait faire. D’une part, parce qu’elle aimait ça. Et d’autre part, parce qu’elle était clairement excitée. Elle portait un mini-short avec des sandales et un top léger sans soutien-gorge. Sa poitrine menue lui autorisait ce genre de fantaisie. Malheureusement, à plusieurs reprises, elle regretta de ne pas en porter. Ses seins pointaient coupablement sous son top et il fallait être aveugle pour ne pas s’en apercevoir.

Ce côté légèrement exhibitionniste excitait terrible-ment Bastien. Il savait bien qu’elle n’avait pas prémédité l’omission de sous-vêtements. Il savait par ailleurs qu’elle ne portait rien sous son short. Anaïs ne portait jamais rien sous ce short en particulier. Par contre, il prenait un malin plaisir à constater à quel point elle regrettait ce choix à certains moments. Son excitation était beaucoup trop vi-sible. Elle détestait être mal à l’aise ainsi. Normalement.

Or, là, Bastien y regarda de plus près à de nombreuses reprises et elle ne paraissait finalement pas si mal à l’aise que ça.

Ses seins pointaient visiblement et pourtant, elle conti-nuait à parler comme si de rien n’était. Ses jambes se décroisaient et se recroisaient sans cesse, ses cuisses bougeaient sur sa chaise pour tenter de diminuer les picote-ments qu’elle ressentait au creux des jambes. Pour autant, elle semblait s’en accommoder.

Lorsque la discussion dérivait et que les regards se faisaient plus insistants entre les personnes autour de la table, Bastien remarquait immédiatement le bout de seins d’Anaïs se durcir. Et plus ils durcissaient, plus ils ressortaient visiblement de son top satiné. Et plus ils bombaient le fin tissu, plus Anaïs se trémoussait sur sa chaise. L’excitation prenait possession d’elle de manière transparente. Les mouvements de ses épaules faisaient glisser sa poitrine contre le tissu de son vêtement. Bastien savait que cela lui procurait une sensation délicieuse. Elle adorait les légers frottements sur sa peau et particulièrement sur sa poitrine. Ils l’avaient déjà expérimenté avec quelques accessoires tels qu’une plume ou même un simple morceau de tissu.

Nathalie s’en apercevait aussi. C’était incontestable. Elle s’en apercevait d’autant plus qu’elle-même était également en proie à une chaleur intérieure indiscutable. Sa tenue était beaucoup moins révélatrice, mais s’il y avait une chose que Nathalie n’arrivait pas à camoufler, c’était son excitation. Lorsque l’envie prenait possession d’elle, c’était tout son corps qui l’exprimait.

Elle était prise de tics irrépressible qu’Anaïs avait ap-pris à reconnaître au premier coup d’œil. Elle remettait en place ses mèches de cheveux toutes les trente secondes. Elle lissait ses sourcils aux contours pourtant parfaits au même rythme. Anaïs constatait aussi que ses joues se rosissaient irrésistiblement à l’instant même où un sujet de discussion provoquait chez elle la moindre excitation.

L’ambiance était devenue torride autour de la table et personne ne s’y trompait.

Soini, avec son naturel et l’absence de gêne caractéris-tique d’une personne discutant à table dans un autre pays que le sien, dans une autre langue que la sienne et avec des étrangers, mit le feu aux poudres.

Comprenant parfaitement les liens existants ou supposés entre les invités autour de la table, il demanda innocemment à Nathalie, à voix haute, si Anaïs et elle avait déjà vécu une aventure sexuelle ensemble. La question était posée dans un anglais parfait, mais Nathalie ne la comprit pas immédiatement. Gênée et ne sachant pas trop quoi répondre à une question qu’elle n’avait pas vraiment voulu comprendre, elle reformula ce qu’elle croyait avoir compris. C’est ainsi que Nathalie demanda, presque natu-rellement à Soini de confirmer qu’il venait bien de lui demander si Anaïs et elle souhaitait avoir une relation sexuelle ensemble ce soir.

Il comprit parfaitement l’équivoque, mais abusa d’un air naïf ne trompant plus que les deux femmes. Lesquelles acceptaient d’ailleurs volontiers de se laisser avoir. Bas-tien, quant à lui, comprit parfaitement la manœuvre. Soini et lui échangèrent un regard les rendant complices instantanément. Il le soutint silencieusement d’un rapide clin d’œil. Soini décida d’enfoncer le clou.

Non, non, fit-il comprendre à Nathalie tout en regardant également Anaïs. Il ne voulait pas dire tout de suite, mais par le passé expliqua-t-il en anglais avec force geste. Il laissa passer une seconde puis reprit la parole. Pour autant, expliqua-t-il à Nathalie d’un air entendu, si jamais elle souhaitait s’y livrer tout de suite, cela ne lui posait pas le moindre problème non plus.

Un coup d’œil à Bastien pour recueillir son assentiment et l’affaire était entendue. Il venait de réveiller les pulsions des deux femmes.

Les quelques verres bus jusque-là firent tomber les dernières inhibitions subsistant chez l’une et l’autre. C’est même Anaïs qui relança la première.

Elle regarda Nathalie le cœur serré et la respiration suspendue. En définitive, elle avait toujours ressenti une attirance physique pour son amie Nathalie. Elle avait ca-mouflé ce sentiment sous un habillage d’amicale jalousie pour son corps parfait. Elle entretenait d’autant plus ce sentiment, car rares étaient les personnes à s’en être aperçues. Nathalie était une femme suffisamment discrète, passablement effacée ou du moins, loin d’être exubérante. Ainsi, elle ne se permettait jamais d’extravagances vestimentaires. Ceci expliquant aussi probablement son goût discutable pour l’accord de ses vêtements au quotidien, très peu de personnes savaient à quel point elle avait un corps académique et sans le moindre défaut. Le simple fait qu’Anaïs fasse partie de ces personnes, l’ayant déjà vu dans le plus simple appareil, rajoutait au caractère sélectif de cette connaissance. Comme si cela accordait un élément supplémentaire dans la relation entre elle et Nathalie. Cette complicité, cet élément partagé réservé à Anaïs alimentait ainsi d’autant à la fois sa douce jalousie, mais également son désir charnel clandestin.

Toutefois, la situation présente lui mettait la vérité sous les yeux. Elle ressentait une vraie attirance physique pour son corps aux courbes irréprochables. Elle se l’avoua intérieurement. Si depuis le début du repas, elle avait mis son état d’excitation sur le dos des sujets abordés et sur la présence clairement érotique de Soini, elle comprit en un instant que tout concourait à la prise de conscience de l’attirance qu’elle ressentait pour Nathalie. Elle décida de ne pas laisser passer l’occasion et reprit la balle au bond.

— Mais je ne suis absolument pas contre, dit-elle en français avec un air de défi en regardant Nathalie bien droit dans les yeux. Bien au contraire même.

La provocation fit un effet inimaginable autour de la table. Elle prononça la fin de la phrase en se levant et en contournant la table. Les deux femmes ne se quittaient pas des yeux. Nathalie redoutait autant qu’elle appelait la suite des événements.

Enfin se dit-elle, Anaïs allait se décider à entendre tous les signaux qu’elle lui avait envoyé depuis tant d’années. Toutes les ambiguïtés, tous les sous-entendus entre elles deux depuis des années remontaient à la surface de manière évidente.

Ayant retrouvé sa vie de célibataire depuis quelques temps, elle avait appris à laisser libre cours à ses envies, à ses pulsions et laisser ses interdits de côté pour vivre une vie tant personnelle que sexuelle comme elle l’entendait. Mais là, il était question de quelque chose de plus pro-fond, d’un désir qu’elles s’étaient interdites durant tant de temps et de tant de manières différentes. Peut-être même ressentait-elle une sorte de peur. Or elle ne voulait plus ressentir la moindre peur concernant sa vie. Elle se défia même de dépasser celle-ci.

Arrivée à cette étape de la réflexion, Anaïs s’était déjà physiquement déplacée derrière elle. Parfois, les actes vont plus vite que les pensées. Elle retint sa respiration, incapable de quoi que ce soit d’autre, suspendue aux secondes interminables du moment.

Anaïs tendit les bras en s’approchant d’elle et lui caressa le cou juste après avoir posé ses mains sur ses épaules. Elle posa ses mains bien à plat, resserrant doucement ses doigts et pressant ses paumes contre le haut des omoplates. Elle resta ainsi une seconde, peut-être deux. Elle avait besoin, elle aussi, de se rendre compte que ce qu’elle faisait était bien réel. Qu’elle n’était plus dans le fantasme ressenti de loin en loin au fil des années à côtoyer son amie. Elle venait d’initier un mouvement après lequel il serait difficile de revenir en arrière. Anaïs remonta ses mains dans les cheveux de Nathalie, glissant sur la base du crâne. Cette caresse avait le don de la faire craquer elle-même donc elle n’hésita pas une seconde à la tester sur son amie. De surcroît, elle adorait elle-même passer la main dans les cheveux de Bastien, alors dans les cheveux longs de Nathalie, l’effet en était décuplé.

Anaïs sentit le frisson parcourant le dos de Nathalie. C’était un frisson indécent, un frisson disproportionné, libérateur.

Nathalie inspira profondément. Elle ferma les yeux et mit la tête en arrière.

— Alors là Anaïs, si tu fais ça, la prévint-elle, je ne réponds plus de rien. Elle émit un petit grognement de plaisir. Tu n’as pas la moindre idée de ce que cela provoque chez moi, précisa-t-elle dans un soupir.

Nathalie pencha la tête sur le côté. Elle s’abandonna entièrement aux caresses de son amie sous les yeux de Bastien et de son propre amant du moment. Pendant une fraction de seconde, elle ressentit un moment de doute et quelques réticences. Et si ce n’était pas bien, se demanda-t-elle. Mais Anaïs avait de nouveau replongé ses doigts dans ses cheveux. Toute résistance de la part de Nathalie devenait totalement inutile surtout qu’Anaïs avait agré-menté sa caresse d’un baiser terriblement érotique dans son cou.

Nathalie ne pouvait plus lutter contre ses propres envies. Elle se livrait à présent entièrement, sans la moindre hésitation.

*

* *

Nathalie sentit Anaïs dégrafer le haut de sa robe. Soini l’abaissa pour libérer son buste. Sa poitrine, engoncée dans un soutien-gorge aux broderies affriolantes fut libé-rée rapidement. Soini put alors, d’abord se pencher, puis finalement, se mettre à genoux devant Nathalie pour embrasser ses globes parfaits.

Bastien regardait tout cela avec le plus grand intérêt. Il mourrait d’excitation de voir Anaïs déclencher une telle excitation chez Nathalie et ce qui se déroulait sous ses yeux assouvissait secrètement ses fantasmes voyeuristes les plus intimes.

La scène avait fait naître, entre ses jambes, une formidable érection depuis plusieurs minutes. Il se demandait ce qui l’excitait à ce point. Etait-ce le fait qu’Anaïs aille caresser, finalement très chastement, leur amie ou bien était-ce de voir Soini, cet éphèbe venu du froid d’un tempérament visiblement bouillant, embrasser et caresser la poitrine parfaite de Nathalie.

Il en était encore à tenter de trouver une réponse tout en réprimant la bosse qui s’était formé dans son pantalon quand son regard croisa celui d’Anaïs.

— Viens, lui chuchota-elle tout en baissant les yeux vers Nathalie ayant déjà signé sa reddition à ses caresses et devenant folle des baisers de Soini sur ses seins.

Bastien interrogea une nouvelle fois Anaïs du regard. Que lui disait-elle, se demanda-t-il. Il n’osait le croire. Elle répéta son invitation, tout aussi silencieusement.

— Viens, fit-elle tout bas en jetant à nouveau un coup d’œil vers son amie assise juste devant elle.

Elle l’invitait effectivement à s’approcher d’eux et à participer à leur étreinte.

Bien que d’un naturel aventureux, Bastien connaissait aussi la jalousie d’Anaïs et se méfia dans un premier temps de son invitation. Il avait à peine bougé quand il vit Anaïs se pencher vers son amie et lui chuchoter quelque chose à l’oreille. Immédiatement après, Nathalie le regarda. Le rose de ses joues était maintenant devenu totalement rouge écarlate. Elle se mordait les lèvres de plaisir et d’embarras. Elle leva les yeux pour regarder Anaïs dont le visage se trouvait au-dessus du sien. Bastien lut sur ses lèvres un “ oh oui ” prononcé dans un souffle juste avant que les lèvres des deux femmes ne se rejoignent dans un doux baiser.

C’était comme si chacune faisait un cadeau à l’autre. Anaïs offrait son homme à Nathalie, et cette dernière allait lui offrir la réalisation d’un fantasme qu’elle n’aurait jamais osé espérer : que Bastien fasse l’amour à une autre femme sous ses yeux, femme qu’Anaïs désirait secrètement.

Soini relevait la tête et comprit instantanément. Il tourna la tête vers Bastien. D’un signe de tête, il lui confirma son accord formel. Bastien décida alors de contourner la table et de s’approcher.

Anaïs tenait toujours le visage de Nathalie lorsque Soini remonta le sien pour l’embrasser intensément. Bastien, arrivé juste à côté, n’osait rien faire, se trouvant bien emprunté face à cette situation qu’il n’avait jamais imaginée. Anaïs, confirmant concrètement sa sollicitation de quelques secondes auparavant, lui prit la main et la déposa fermement sur l’un des seins de Nathalie.

Celle-ci, emportée par son ardeur, maintenait d’une main le visage de Soini contre le sien pour prolonger autant que faire se peut un baiser devenu à présent presque indécent. Son autre main avait déjà fait le tour d’une des jambes de Bastien. Elle l’a déposa sur ses fesses qu’elle caressait franchement.

Bastien se pencha et entreprit d’embrasser la poitrine de Nathalie. C’est Anaïs qui, se baissant, lui ordonna dans un souffle d’aller se mettre entre les cuisses que Nathalie écartait au même instant.

— Occupe-toi d’elle, lui dit-elle. Tu le fais si bien.

Anaïs avait dit cela en souriant, mais l’ordre ne pouvait être contredit.

Bastien se mit à genoux entre les jambes de Nathalie. Il remonta doucement le bas de sa robe. Pendant ce temps, Soini continuait à embrasser fougueusement la jeune femme tandis qu’elle tentait maladroitement de défaire sa ceinture et de dégrafer son pantalon.

Bastien posa ses mains sur les genoux de Nathalie. Lorsqu’il commença à les remonter lentement, il sentit la jeune femme frémir. Sans approcher son corps, il tendit les bras pour aller chercher la culotte de Nathalie. Il attrapa le côté du morceau de tissu. Nathalie souleva légèrement les fesses de la chaise et Bastien fit glisser la lingerie jusqu’au milieu de ses cuisses. Bastien fit glisser la culotte le long des jambes de la femme dans un mouvement inin-terrompu, mais d’une lenteur insoutenable. Ces quelques secondes rendirent Nathalie folle de désir. Sentir glisser délicatement le tissu le long de ses jambes l’excita folle-ment. L’intensité de son désir trouva son expression au creux de ses jambes. Elle sentit son humidité s’épancher. Son sexe, emplit d’une ardeur bouillonnante, scintillait d’humidité. Elle dut se retenir de ne pas passer sa propre main entre ses cuisses pour tenter d’apaiser le feu qui se consumait au creux de son corps.

Bastien savait parfaitement tout cela. Avant d’enfouir sa langue dans le creux de son intimité, il savait qu’une certaine mise en scène était fondamentale. Chacun de ses mouvements n’avait pour seul but que de préparer son explosion à venir. Il n’allait pas s’arrêter là d’ailleurs, il restait encore bon nombre de leviers qu’il pouvait et qu’il allait actionner.

Bastien continua sa réflexion en une fraction de se-conde. C’est le grand avantage des relations éphémères se disait-il, de celles qui ne durent que le temps d’une soirée. Les protagonistes peuvent déployer tout l’arsenal dont ils disposent pour faire atteindre le plaisir à l’autre. Personne ne viendra reprocher, lors d’étreintes futures, d’avoir déjà employé certains artifices, donnant ainsi la rédhibitoire impression de déjà vu. Impression entraînant avant même que la relation n’ait le temps de s’éterniser, le sentiment forcément fatal qu’il ne reste plus rien à découvrir de l’autre, y compris et surtout sexuellement. Dans le cas d’une relation non appelée à durer, les interprètes de la pièce qu’ils inventent peuvent tout donner. Ils peuvent même parfois dépasser leurs propres limites et expérimenter des actes inédits. Laisser libre cours à ses désirs les plus enfouis, sans peur du reproche, sans crainte du jugement. Et encore, même si un jugement est émis, même si le comportement de l’un ou de l’autre dépasse les limites, peu importe qu’il le soit, l’on n’en saura rien.

Sans même connaître les pratiques sexuelles acceptées par Nathalie, Bastien savait qu’à circonstances exceptionnelles, il pouvait répondre par des comportements excep-tionnels. Il décida de ne pas s’en priver.

Il frotta délicatement sa barbe de trois jours contre l’intérieur de la cuisse de Nathalie. Elle écarta encore un peu plus les jambes. Bastien se demanda l’espace d’un instant si cela signifiait que cela lui déplaisait ou si elle voulait simplement lui laisser un plus libre accès au creux de ses jambes.

Il écarta légèrement le visage de sa peau. Elle rapprocha sa jambe près de sa joue. Cela lui plaisait, elle voulait qu’il continue.

Bastien s’approcha de son sexe plusieurs fois en glis-sant sa joue délicatement irritante sur l’intérieur de sa cuisse, là où la peau est la plus sensible. Nathalie se liquéfiait.

Chaque fois qu’elle sentait la douce brulure de sa barbe naissante sur l’intérieur de ses jambes, elle priait tous les dieux de l’amour et du plaisir qu’il continue son mouvement. Elle attendait fébrilement qu’il remonte jus-qu’à son sexe trempé pour la dévorer. Et à chaque fois, elle réprimait une vague de frustration en sentant son vi-sage repartir vers l’arrière jusqu’à son genoux. Son pouls s’accélérait à chaque centimètre parcouru par sa joue. Sa respiration devenait plus difficile lorsqu’il s’approchait de son antre. Les mains de Soini caressaient ses seins. Sa bouche contre la sienne, bouche qu’elle dévorait langoureusement, ne suffisait plus à transférer son attention ail-leurs qu’entre ses cuisses. A ce moment précis, Elle était prête à tout, excepté d’être frustrée.

Une vague de plaisir la submergea littéralement lors-qu’elle s’aperçut que les mains de Bastien étaient remon-tées à l’orée de son sexe. Ses doigts écartèrent ses lèvres pour libérer son clitoris tendu. Elle eut honte de son exci-tation libérée lorsqu’il posa délicatement sa langue sur son petit bouton. Ce fut comme une libération. Elle aurait pu jouir à l’instant même où la langue de Bastien se posa sur son clitoris. Mais son orgasme allait être total. Il s’en fal-lut d’une fraction de seconde. Mais à l’instant précis où il commença à lécher l’entrée toute entière de son sexe, son attention fut détournée. En temps normal, frôler un orgasme ainsi, aussi intense, aussi travaillé, aussi attendu l’aurait mise dans une fureur intérieure noire. Mais c’était tout le contraire.

Sans se concerter, les actions respectives de Soini et Bastien avaient été parfaitement coordonnées. Sentant la langue de Bastien fouiller les plis de l’orée de son sexe, elle fut presque surprise lorsque Soini déposa l’extrémité de son gland devant sa bouche. Elle se souvenait de sa saveur pour l’avoir déjà pris dans sa bouche alors qu’ils avaient intensément fait l’amour chez elle la nuit dernière. Elle avait adoré son sexe dans sa bouche.

Son gland, lisse et soyeux coulissait admirablement bien entre ses lèvres humectées. Elle prit la verge du finlandais dans sa main et commença à le sucer. Elle tentait de coordonner ses mouvements aussi bien que la nuit dernière pour lui procurer autant de plaisir. C’était de toute façon peine perdue, déconcentrée par l’action de Bastien s’activant de plus en plus passionnément entre ses jambes. Elle eut du mal à ne pas perdre la tête. Sentant le sexe de Soini dans sa bouche, gonflé comme jamais, son entrejambe s’embrasait sous la langue de Bastien. Ce der-nier s’aidait de ses doigts pour atteindre sans la moindre difficulté la zone la plus érogène du corps de la jeune femme.

Nathalie tentait de se concentrer sur le sexe de Soini. Ses lèvres s’étaient ouvertes pour l’entourer. Sa langue, étalée largement léchait tandis que ses joues se creusaient pour l’envelopper complètement. Elle sentait toujours les mains d’Anaïs plongées dans ses cheveux. C’était impossible à avouer, ni même à exprimer tout simplement. Mais Nathalie aimait l’accompagnement de ses mouvements par les mains de l’autre femme. Elle ne se sentait pas for-cée le moins du monde, mais la simple idée d’être guidée pendant qu’elle suçait le sexe de Soini l’excitait. La fella-tion n’était pas son acte sexuel préféré, mais elle savait en tirer profit pour elle-même vu le niveau de plaisir qu’elle procurait à son partenaire. Elle savait aussi, comme bon nombre de femmes, que les hommes se lâchent parfois de manière inconsidérée pendant cet acte. Le sexe oral cons-titue l’exemple parfait de toute l’ambiguïté du plaisir sexuel. Alors que certaines femmes considèrent cela comme un don de soi avilissant, d’autres au contraire, adorent se mettre dans une position d’apparente soumission pour mieux profiter de la situation et la tourner à leur avantage. Nathalie faisait partie de la deuxième catégorie. Elle en avait confirmation à l’instant même.

En suçant le sexe d’un homme, elle savait donner l’impression à son partenaire qu’elle s’était elle-même soumise à son plaisir tout en prenant elle-même le pouvoir dans l’acte sexuel. Elle décidait exactement de ce qu’elle faisait, quand elle souhaitait le faire et comment elle sou-haitait le faire. C’était pour elle aussi une source de plaisir indescriptible.

Pour autant, parfois, elle aimait se sentir contrainte. Elle aimait que l’homme, s’il lui plaisait beaucoup et qu’elle lui faisait encore plus confiance que ça, prenne les choses en main pour ainsi dire. L’image lui plaisait beau-coup, car c’était exactement ça dont il était question dans l’esprit et dans la lettre. Elle se souvenait qu’à certaines occasions, elle avait ressenti un plaisir totalement nouveau en sentant la main de son partenaire glisser dans ses cheveux et accentuer les mouvements de son visage. La fois où cela avait eu le plus d’effet avait été exceptionnelle. Elle était tombée sur un homme extrêmement sûr de lui, dans les bras duquel elle se sentait en parfaite sécurité. Elle avait été surprise lorsqu’il lui avait demandé d’enlever sa main de son sexe pendant qu’elle le faisait glisser entre ses lèvres. Les rares films pornographiques qu’elle avait vus lui faisaient craindre le pire. Elle dut s’enlever de la tête des souvenirs de scènes où des femmes s’enfoncent dans la gorge des sexes d’hommes totalement disproportionnés, jusqu’au bord du vomisse-ment. Elle s’était détendue en s’apercevant que c’était lui-même qui prenait son sexe dans sa main et se caressait tandis que de l’autre, il accompagnait les mouvements de sa tête d’avant en arrière tout en prenant garde de ne pas l’indisposer en s’enfonçant trop profondément dans sa bouche, justement par la largeur de sa main continuant à se branler lui-même.

Elle ne l’avait jamais avoué à personne, pas même à son amie Anaïs, mais elle avait adoré.

Dans la situation présente, les choses étaient légère-ment différentes, mais le résultat était le même. Là, c’était Anaïs qui accompagnait les mouvements de son visage d’avant en arrière pour faire plonger le sexe gonflé de Soini dans sa bouche dégoulinante de salive. Quant à ce dernier, comme ayant lu dans les pensées de Nathalie, il tenait lui-même son sexe pour qu’il coulisse sans le moindre à-coup dans la bouche offerte devant lui. D’une main, Nathalie avait enveloppé les testicules devant elle et les massait avec douceur. Elle n’avait pas pu retenir son autre main. Elle avait glissé entre ses jambes et s’était enfoncée dans les cheveux de Bastien se délectant de son excitation abondante entre ses cuisses.