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Parler du chant grégorien, c’est parler de plus dix siècles de musique, même si le « vieux fonds » a été fixé dans les grandes lignes à la fin du VIIIe siècle dans la région de Metz (voir volume 1). Certains grands chefs-d’oeuvre gallicans demeureront, tel le répons Tenebrae factae sunt du Vendredi-Saint, interprété ici par le Deller Consort.
Le rayonnement du chant grégorien se mesure par la vitalité de ses compositions jusqu’au XIIe siècle, avec les tropes, les séquences et les répons, la création du chant cistercien, ainsi que par son rôle fondateur dans l’essor de la polyphonie, en lien subtil avec l’apparition de l’architecture gothique. Le texte est émaillé d'exemples sonores de chants de Noël par la Schola Hungarica et l’ensemble Organum, qui interprétera également un répons cistercien.
Plus tard, les compositeurs de chant religieux s’affranchiront du chant grégorien avec les conduits, puis les motets, tout en y revenant plus tard pour certains au XXe siècle, preuve de son caractère indémodable, voire de sa modernité ?
Nous entendrons les ensembles Anonymous 4 dans un conduit et une séquence du XVe siècle et Audite Nova dans quatre motets de Maurice Duruflé (XXe siècle).
Les exemples musicaux illustreront les quatre dimanches de l’Avent et la Fête de Noël, avec des mélodies joyeuses et inspirées !
À PROPOS DE L'AUTEUR
Ingénieur de l’École Polytechnique et Docteur en Économie et Finance internationales
Pierre Loiret est Capitaine de Corvette de Réserve, membre du Chœur Grégorien de Paris depuis 1975, et producteur des émissions grégoriennes à Radio Notre-Dame depuis 1992.
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Seitenzahl: 65
Veröffentlichungsjahr: 2025
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Pierre Loiret
Rayonnement
Comme le cèdre du Liban
Couverture
Page de titre
Introduction
Comment chanter les psaumes
Première partie
« Rayonnement »
Deuxième partie
Vade mecum
Éléments de discographie : Avent et Noël
Répertoire de l’Avent et de Noël
Ad caelum 2, rayonnement : liste des enregistrements
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Cover
Ce deuxième volume de la collection de livres-disques Ad Caelum est consacré au Temps de l’Avent et de Noël.
Il se compose :
* du podcast de l’émission Gregoriana diffusée sur Radio Notre Dame le 13 septembre 2023, sur le rayonnement du chant grégorien à travers les siècles,
* d’un recueil de chants grégoriens de l’ordinaire (cantus usuales) et du propre de la Messe ou de l’Office (studium) du Temps de l’Avent et de Noël, avec partitions, commentaires et illustration sonore disponible dans le CD d’accompagnement.
Une discographie est fournie pour permettre à ceux qui le souhaitent d’approfondir leur connaissance de ce répertoire très riche et encore à découvrir.
Enfin, cette collection ayant également pour but de créer une communauté d’adeptes du chant grégorien, tous les contacts seront les bienvenus, que ce soit pour partager des remarques ou des expériences, à l’adresse suivante :
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Le maître-mot pour interpréter le chant grégorien est de se concentrer sur le texte des mélodies. Comme le disait Dom Eugène Cardine (1905-1988), moine de l’Abbaye bénédictine Saint-Pierre de Solesmes, un des tout meilleurs spécialistes du chant grégorien, celui qui a structuré l’étude de la sémiologie pour interpréter les signes des manuscrits et qui était en outre un remarquable chantre et enseignant :
« C’est le texte qui est premier ; la mélodie a pour but de l’orner, de l’interpréter, d’en faciliter l’assimilation1. »
Cette remarque s’applique pleinement aux chants de l’Avent, période de « pénitence de tonalité joyeuse2 » et à ceux de Noël, empreints de joie spontanée et émerveillée.
La sémiologie fera son entrée dans la collection Ad Caelum avec ce deuxième volume. En effet, vous trouverez, dans la plupart des partitions présentées, une copie extraite du manuscrit de Saint-Gall, précédemment évoqué dans le volume 1 d’Ad Caelum, pages 16 et 17.
Ces indications neumatiques, vraisemblablement prises en notes pendant que les chœurs chantaient, permettent de préciser et d’affiner l’interprétation des chants, à défaut d’avoir accès aux enregistrements de l’époque… Les commentaires intègrent les principales remarques d’interprétation qui peuvent en être tirées. Des variantes sont également indiquées, à titre informatif : il est recommandé de s’en tenir à l’édition Vaticane telle quelle pour les chants en paroisse.
Les Matines de Noël nous donneront l’occasion de (re)découvrir la psalmodie, avec les trois antiennes du premier nocturne, chacune accompagnée de son psaume : Dominus dixit (Ps 2), Tamquam sponsus (Ps 18A) et Diffusa est gratia (Ps 44).
L’encadré page suivante décrit la façon de chanter les psaumes, qui sont la source du chant grégorien. Les trois psaumes des Matines de Noël pourront ainsi être chantés en observant les conseils résumés dans cet encadré, valables pour toutes les psalmodies alternées.
Enfin, placés ici dans le Studium de Noël mais pouvant être chantés en d’autres occasions tout au long de l’année liturgique, on trouvera :
* l’hymne Te Deum des Matines de Noël (pages 85-88),
* le cantique Magnificat des Vêpres de Noël (pages 108-109).
Bonne découverte de ce deuxième volume d’Ad Caelum !
« L’introduction de la psalmodie en deux chœurs alternés dans les diverses Églises d’Orient et d’Occident est un fait important dans les annales de la liturgie. Il confirme que la liturgie est la prière “à l’état social”, une prière qui correspond à la nature visible du Corps de l’Église. Ce n’est pas un exercice de piété individuel.
La psalmodie donne à voir un espace organisé selon un dispositif qui peut varier […] mais qui toujours sépare et réunit deux chœurs qui se renvoient alternativement les versets des psaumes. Le chœur décrit un espace qui est là mais qui n’est pas de là. Car, au milieu de la communauté qui prie, se tient “Quelqu’un” […].
La psalmodie donne à entendre une manifestation vocale la plus proche possible de la récitation parlée, entièrement régie par la parole poétique, dont l’unité de base et de sens est le verset ; par la bonne diction, sur une formule mélodique toujours répétée, des syllabes et des mots ; par le balancement des membres parallèles, l’harmonieuse succession des versets ou des strophes.
La psalmodie est un exercice avant d’être un chant, une “discipline”, c’est une manière de dire ensemble le psaume, c’est l’acte d’un corps priant d’une seule voix portée par un même souffle, selon le jeu d’une alternance à la fois régulière, alerte et calme. Dans la psalmodie, ce qui relève du rythme est premier. Rythme verbal fondé sur un parler non routinier, qui mâche et goûte les mots sans avaler les syllabes, sans précipitation mais aussi sans lenteur ni mollesse qui engluent la parole.
Une telle psalmodie est évidemment la manifestation vocale d’une manière de vivre, d’une vie régulière et commune, menée à un rythme soutenu et sur un mode qui articule trois pôles : chacun, tous ensemble et les uns et les autres. Déjà au xiie siècle, en voyant une communauté psalmodier à l’unisson, Guillaume de Saint-Thierry ne pouvait retenir cette exclamation : “Les frères semblent offrir et consacrer à Dieu, pour une semblable consonance, une mélodie de vies, de mœurs, de bonnes affections, composées non point d’après les règles de la musique mais d’après celles de la charité.” Nous savons bien ce que cette mélodie de vies exige de chacun au quotidien […], il ne s’agit pas seulement de faire en sorte que notre esprit concorde avec notre voix, mais aussi de nous établir dans un juste rapport les uns aux autres3. »
La façon de chanter les psaumes reflète ainsi l’esprit de la communauté de ceux et celles qui les chantent. Toutefois, certains principes musicaux sont communs :
* réciter le plus simplement et régulièrement possible, meilleur moyen de réciter ensemble à plusieurs, tout en faisant attention bien sûr à ne pas se décaler : pour cela, il convient de bien s’écouter les uns les autres,
* observer une bonne pause au milieu de chaque verset (au moins la durée d’une syllabe) pour prendre une respiration et détendre la deuxième partie : en effet, il y a toujours un arc sous-jacent dans chaque verset, le chant monte en dynamique en allant vers la fin de la première partie du verset (arsis), pour se détendre peu à peu jusqu’à la fin de la deuxième partie (thésis). Cette règle est valable même si la mélodie reste apparemment sans relief, en effet ce sont les accents des mots latins qui forment la colonne vertébrale des versets et rythment la récitation du psaume, il faut surtout éviter toute précipitation dans la prononciation des mots pour garder l’homogénéité de la récitation,
* en revanche, il convient de bien enchaîner les versets, tout en attendant bien sûr que le verset précédent soit terminé avant d’entamer le suivant ; il convient de trouver un équilibre, une sorte de balancement harmonieux dans l’enchaînement des versets et le déroulement de ceux-ci, de manière qu’il se dégage une ambiance de calme et de continuité de la prière pendant la durée du psaume,
* il convient de noter que le rythme de récitation des cantiques est traditionnellement plus lent que celui des psaumes, en raison de leur caractère plus solennel, comme le Magnificat (Vêpres) ou le Benedictus (Laudes),
