Semita voluptatis t2 - Paul Fontaine - E-Book

Semita voluptatis t2 E-Book

Paul Fontaine

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Beschreibung

Ce deuxième tome de Semita Voluptatis nous plonge dans l'intimité d'une relation passionnée et émouvante, où tendresse et intransigeance se côtoient. Le Maître assoit son autorité, la soumise apprend à trouver sa place. Cette relation de pouvoir s'installe progressivement. C'est un dosage délicat, un équilibre fragile. Paul est conscient que des orages éclateront souvent. Laura ne prendra pas la fuite, elle a du caractère, mais elle ne se soumettra pas sans résister. Il devra apprivoiser cette femme rétive avec patience et détermination. Elle a besoin de savoir qu'il est digne de devenir son Maître, inflexible dans son éducation. Il ne la décevra pas. Les heures et les jours à venir, seront, pour elle, un véritable chemin de croix. Les châtiments sont parfois très révélateurs...

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Veröffentlichungsjahr: 2016

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Déjà paru du même auteur :

SEMITA VOLUPTATIS – Tome 1 : La rencontre

Semita Voluptatis

(Le chemin du plaisir)

À ma soumise,

Tu me combles, je suis le plus heureux des hommes. Tu me donnes la chance de te façonner, de t’éduquer et le pouvoir de t’imposer ma loi, pour notre plaisir…

…Tu as fait de moi le Maître que je suis aujourd’hui.

* * * * *

Table des matières

Surprise

Vernissage

L’indécente aux enfers

Intransigeance

Silence

Délivrance

Intimité

Provocation et plaisirs

Promesses

Emprise

Du fantasme à la réalité

Confiance

Duel

Utilisée

Impétueuse

Doutes

Intermezzo

En public

Le choix

Insoumise

Tourments

Sans issue

Le grenier

Un mois

La Rencontre

Chapitre 1

Surprise

Vendredi 6 septembre

Laura ignore tout de ce que je lui réserve. J’ai pris soin de brouiller les pistes. Nous n’avons que très peu parlé aujourd’hui, à peine quelques minutes au téléphone. J’ai volontairement limité les contacts, craignant de trahir mon enthousiasme… ou peut-être ma nervosité.

Notre prochaine rencontre sera déterminante. Va-t-elle aller jusqu’où bout de son engagement ? Se pliera-t-elle à mes exigences ? Vais-je avoir l’aplomb nécessaire pour ne pas m’attendrir face à ses larmes ? L’enjeu est de taille. Laura est une soumise débutante, indomptée, farouche. Elle doit apprendre à assumer les conséquences de ses actes. Cette aventure ne se fera pas sans douleur. Elle m’a provoqué, elle sera punie.

Les quelques mots que nous avons échangés m’ont permis de cerner son état d’esprit. La femme rebelle et provocante a fait place à la soumise repentante et inquiète. Je n’ai rien fait pour la rassurer. Elle m’a remercié à plusieurs reprises de l’avoir autorisée à rencontrer Julie demain, signe qu’elle aurait accepté que je le lui interdise. Elle se fait une joie de retrouver son amie. Elle ne se doute absolument pas que je serai de la fête.

Je prépare ma valise. Contrairement à mes habitudes, j’ai fait une liste pour ne rien oublier : martinets, cravaches, bracelets, fouet, pinces, cordes, préservatifs… Je suis paré, tout y est ! Avant d’aller dormir, je lui adresse un petit SMS.

Maître bienveillant :

Repose-toi ce soir.

Passe un agréable moment avec Julie demain.

Nous aurons tout le temps de parler dans l’après-midi.

Très douce nuit à toi.

Soumise épuisée :

Merci Maître.

Je n’aurais pas été de très bonne compagnie ce soir.

Vous avez un rival aujourd’hui : Morphée.

Je vais me blottir dans ses bras.

Encore merci de m’autoriser à rencontrer Julie.

Je vous appellerai dès que je serai de retour chez moi.

Passez une bonne nuit.

Regard implacable :

Un rival ? Oserais-tu me faire des infidélités ?

Sourire taquin :

Oh non ! Je ne me permettrais pas…

Je souris bêtement devant mon téléphone, imaginant sa frimousse espiègle. La distance qui nous sépare est parfois une véritable torture. J’aimerais tant la tenir dans mes bras en cet instant et la regarder s’endormir. J’espère qu’elle va bien se reposer. La journée de demain sera longue et très éprouvante.

Samedi 7 septembre

7 h 38. Le Thalys s’ébranle. Confortablement installé, je me plonge dans la lecture du dernier numéro d’une revue professionnelle. J’avoue ne pas être très attentif à ma lecture. Bien que je n’aie pas de projet précis sauf pour les retrouvailles et la fin de la punition de Laura, mon esprit pervers se plaît à imaginer toutes sortes de scenarii pour ce week-end. J’ai consulté sur Internet le site du club où Marc m’a proposé la sortie, visiblement, il y a énormément de possibilités de jeux.

9 h 04. Le Thalys est pile à l’heure à Paris. Le trajet en taxi jusqu’à l’hôtel est court. À 10 heures, je suis dans ma chambre. J’appelle la suite de Marc et Julie, qui, par le plus grand des hasards, se trouve au même étage que la nôtre. Marc me propose de venir faire connaissance, mais m’avertit qu’il devra s’absenter pour honorer un rendez-vous important. C’est lui qui m’ouvre la porte. Il est assez grand, mince, athlétique, d’une quarantaine d’années. Il arbore un large sourire en m’invitant à entrer dans la suite. Il est vêtu d’un costume anthracite, très élégant, qui contraste légèrement avec sa coupe de cheveux un peu longue et savamment décoiffée de mauvais garçon. Ce qui me frappe surtout, c’est la franchise de son regard, ses yeux noirs, pétillants, lumineux. Sa poignée de main est ferme, franche.

Il me présente Julie, une très jolie femme aux cheveux auburn. Elle me reçoit les yeux baissés, le rouge aux joues. Elle est vêtue, dévêtue, devrais-je dire, d’une magnifique lingerie qui met en valeur ses formes : une guêpière noire, sobre, soutient ses seins fièrement érigés ; une culotte en dentelle laisse entrevoir son pubis soigneusement épilé, et couvre à peine son fessier que je devine ferme. Sa cambrure est magnifique, amplifiée par les escarpins à talons hauts. Ses jambes sont mises en valeur par des bas noirs en soie. Elle porte un étroit collier de cuir souple, très fin, orné d’une médaille en or qui scintille à la lumière.

Je lui redresse le menton, l’obligeant à me montrer ses beaux yeux sombres en amande. Elle est visiblement intimidée, troublée de me rencontrer pour la première fois. J’ai presque du mal à reconnaître la Julie qui me parle avec tant de liberté et de spontanéité dans nos échanges sur Internet. J’ajoute à son trouble en la félicitant pour la beauté de ses atours et la très belle mise en valeur de ses formes.

Je remarque l’intensité du regard de Marc, passionné, presque noir, quand il observe Julie ou quand il lui donne un ordre. Les regards qu’ils échangent sont enflammés, ils sont vraiment très beaux à voir tous les deux. Nous papotons quelques minutes dans le salon. Le contact est franc, très ouvert. Ils sont aussi souriants et sympathiques que nos dialogues me l’avaient laissé entrevoir. Tout s’annonce pour le mieux. Laura sera là vers 11 heures, j’annonce à Julie qu’elle recevra un mail à l’arrivée de son amie. Elle devra le lui montrer.

Marc part à son rendez-vous en précisant à Julie qu’elle doit m’obéir en son absence. Je retourne dans ma chambre et rédige le mail sans attendre.

De : Maître Paul.

À : Julie.

Objet : Essayage.

Date : 7 septembre, 11:05.

Ma chère Julie,

Je te sais très amatrice de corsets. En aurais-tu apporté dans ta valise ? Si tel est le cas, tu en feras essayer un à Laura quand elle arrivera. Tu lui feras lire ce message.

Merci de m’envoyer un petit mail quand elle sera parée. Tu me diras si elle supporte bien le corset, et si sa beauté est mise en valeur par cet accessoire.

Paul.

Petit message pour Laura :

Ma soumise,

Julie va te proposer de passer un corset et va t’aider à le mettre. Pour cet essayage, tu devras être nue. Tu ne garderas que tes bas et tes escarpins. Julie me confirmera ton obéissance à cet ordre. Tant que vous serez dans la chambre d’hôtel, tu resteras dans cette tenue, même si Marc doit arriver. Je te veux fière dans ta soumission.

Je t’embrasse,

Ton Maître.

Tout est prêt, il n’y a plus qu’à attendre. Je tourne en rond dans le salon de la suite, regardant ma montre toutes les minutes, comme si cela pouvait accélérer le temps qui passe. J’essaie d’imaginer la réaction de ma soumise à la lecture du mail. Elle doit être inquiète, craignant l’arrivée de Marc.

Je m’assieds dans un fauteuil, puis me relève aussitôt. Je ne tiens vraiment pas en place. Dans quelques minutes, je retrouve Laura, je suis terriblement excité. Dire qu’une fois à ses côtés, j’aurai l’impression de voir les heures défiler à toute allure.

11 h 30. Le mail de Julie arrive.

De : Julie.

À : Maître Paul.

Objet : Taille de guêpe.

Date : 7 septembre, 11:28.

Maître Paul,

Laura est parée d’un de mes corsets, qui lui va merveilleusement bien. En resserrant les cordons, j’ai affiné sa taille pour mettre en valeur sa très belle poitrine. J’ai choisi un corset à balconnet, sur lequel les seins reposent, comme offerts. Je lui ai fait remplacer ses bas auto-fixant par des bas à couture attachés aux jarretelles du corset.

Elle est magnifique ainsi, même si la nudité lui sied à merveille. Voulez-vous que je lui prête ce corset pour la prochaine fois qu’elle se rendra chez vous ?

Respectueusement,

Julie.

Julie est parfaite dans son rôle, je suis pratiquement certain que Laura ne se doute de rien. C’est le moment d’entrer en scène. En sortant de la chambre, je parcours les quelques mètres qui me séparent de celle de nos amis. Lorsque je frappe à la porte, j’entends un petit cri de surprise puis un certain remue-ménage à l’intérieur. Je crois deviner à demi-mots : Julie lui fait croire que ce doit être Marc. La porte s’ouvre et j’aperçois le regard enjoué de ma complice.

— Bonjour Maître.

— Bonjour Julie. Tu es seule ? dis-je en déguisant ma voix.

— Non, j’ai de la visite. Laura, tu viens te présenter ? dit-elle en direction de la chambre.

— Non ! Je ne peux pas… Je… Je ne veux pas me montrer dans cette tenue !

— Oserais-tu désobéir à un ordre de ton Maître ? ajoute cette chipie de Julie.

La porte de la chambre s’ouvre lentement, Laura a décidé de faire face à la situation. Julie réprime un rire. Ma soumise apparaît sur le pas de la porte, les yeux baissés, elle n’a pas encore réalisé que c’est moi qui suis là, devant elle. En la voyant enfin, une bouffée d’émotions m’envahit : plaisir, désir, tendresse, admiration, tout se mélange. Qu’elle est belle dans ce corset !

— Bonjour, ma soumise !

Elle redresse la tête brusquement les yeux écarquillés.

— Mais ! Co… Comment ? Je… Bonjour, Maître.

Elle semble abasourdie, elle tremble de partout. Un immense sourire illumine son visage. Julie éclate de rire. Laura la regarde, effarée du tour qu’elle lui a joué. Elle lui lance, amusée, « Salope ! Tu savais ! Tu ne m’as rien dit ! » Julie, très fière de son embuscade, lui rétorque d’un air faussement innocent qu’elle a respecté les ordres.

— Mademoiselle Depaul ! dis-je en la prenant dans mes bras et en l’embrassant.

— Maître, me répond-elle en me rendant mon baiser et en se blottissant contre moi. Quelle surprise ! Je ne m’attendais pas à vous voir aujourd’hui.

— C’était le but. Nous avions tout mis au point ensemble, avec Marc. Julie n’a reçu les dernières instructions que ce matin.

— Vous préparez cette surprise depuis longtemps ?

— Depuis le début de la semaine.

— Vous n’êtes donc pas venu uniquement pour me punir ? me demande-t-elle d’une petite voix à demi-rassurée.

— Je suis venu passer le week-end avec toi.

Son sourire radieux me confirme, s’il était besoin, que ma surprise lui fait plaisir.

J’ordonne à Julie de retirer les vêtements qu’elle a passés pour recevoir son amie. Elle est si jolie en guêpière, j’aurais tort de m’en priver. Me retournant à nouveau vers Laura, je l’attrape par la taille, la fais pivoter sur elle-même pour l’admirer. Je caresse ses seins, ses fesses. Sa peau blanche est en contraste avec le corset noir, chose particulièrement excitante. Petit à petit, mes mains reprennent possession de chaque partie de son corps. Enfin, lorsque ma main passe lentement sur son sexe, je constate à quel point elle est prête à m’accueillir. Je montre mon doigt trempé aux deux soumises d’un air faussement choqué. Laura, gémissante, détourne le regard et devient cramoisie.

— Oh non ! dit-elle suppliante tandis que Julie rit de plus belle.

— Oh si ! dis-je amusé. Visiblement, je te fais toujours autant d’effet !

— Toujours autant… Oui.

— As-tu pris du plaisir depuis ta dernière faute ? T’es-tu caressée ?

— Non ! Bien sûr que non !

Elle semble presque choquée par ma question tandis que je reste impassible en la dévisageant.

— Je vous ai obéi, aucun plaisir sexuel depuis mercredi.

— Parfait !

— Vous êtes venu en voiture ?

De toute évidence, elle souhaite changer de sujet de conversation. Charmé par sa bouille innocente, je cède à sa requête masquée.

— En Thalys, je repars demain soir. Je nous ai réservé une suite ici-même. Tu es libre pour le week-end, j’espère ?

— Oui, bien sûr ! Même si je ne l’étais pas, j’annulerais tout ! Je suis trop contente de vous retrouver plus vite que prévu !

Les deux soumises sont très à l’aise, dans leur presque nudité. Avec elles, les conversations sont toujours passionnantes, animées et joyeuses. Ce sont deux femmes intelligentes, brillantes, pleines d’humour.

Soudain, la porte s’ouvre sur Marc qui revient. Ma soumise fait un geste de pudeur pour se masquer les seins et le sexe, mais mon regard lui signifie clairement qu’elle n’en a pas le droit. Julie lui présente son Maître. En le saluant, Laura, intimidée, devient écarlate. Il la taquine un peu, entretenant ce rouge aux joues qui lui va si bien.

Pour fêter cette rencontre, Marc ouvre une bouteille de champagne. Il me propose d’aller ensemble, cet après-midi, au vernissage d’une exposition de dessins sur le thème du bdsm. Cela se passe dans une boutique spécialisée, où, me dit-il, on trouve énormément de matériel et de « jouets » de qualité. Nous acceptons, et nous nous donnons rendez-vous pour 16 heures, à l’entrée de la boutique.

Pendant que nos soumises continuent à discuter, Marc et moi nous concertons discrètement pour peaufiner le programme de l’après-midi et de la soirée.

Enfin, nous nous quittons. Je fais découvrir à ma soumise la suite où nous allons passer notre week-end à deux. Dès que nous nous retrouvons en tête-à-tête, je la sens, comme le week-end dernier, intimidée. Quand va-t-elle se sentir suffisamment à l’aise pour ne pas craindre de se retrouver seule face à moi ? Ou peut-être a-t-elle peur d’être punie tout de suite ?

Je la câline, tout en lui rappelant l’interdiction du moindre plaisir sexuel avant la fin de sa punition. Elle l’accepte sans broncher. Elle me propose de l’accompagner chez elle, afin de prendre quelques vêtements plus appropriés et sa trousse de toilette. En chemin, nous nous arrêtons pour déjeuner. Laura est enjouée, visiblement heureuse de ma présence.

— Vous n’étiez pas obligé de réserver une chambre d’hôtel, nous aurions pu rester chez moi.

— Sans le savoir, j’ai préféré assurer, je ne pouvais pas te poser la question sans te faire comprendre ce qui se préparait.

— Quelle belle surprise ! Vous m’avez bien eue en me disant ne pas être libre ce week-end…

— Je ne t’ai pas menti, je t’ai dit ne pas pouvoir te recevoir ce week-end. Tu sais maintenant pourquoi.

— Vous jouez sur les mots !

— Et je l’assume !

Elle me gratifie d’une petite grimace boudeuse, mais amusée.

— Ou sur les maux…

— M. A. U. X. Je sais, je sais, répond-elle en pouffant de rire.

Elle change brusquement d’expression pour prendre un air plus sombre.

— Si vous êtes venu, cela signifie que je vais être punie aujourd’hui ?

— En effet. Tu seras punie aujourd’hui, suffisamment sévèrement pour que tu retiennes la leçon.

— Je ne risque pas de l’oublier ! J’ai tellement honte de vous avoir déçu. Votre déception est ma pire punition, croyez-moi !

— J’aime t’entendre parler ainsi. Cela montre à quel point tu tiens à notre relation.

— J’ai eu si peur que vous ne vouliez plus de moi, murmure-t-elle en baissant la tête.

— Cela ne m’a pas effleuré l’esprit, rassure-toi.

— Allez-vous me dire quelle sera ma punition ?

— Non. Tu dois juste savoir qu’elle sera très dure. Je vais mettre à l’épreuve ta volonté de te soumettre.

— J’ai peur, me dit-elle d’une petite voix.

Je la fixe un instant sans lui montrer la moindre compassion, sans chercher à la rassurer, même si cela me coûte d’agir ainsi.

— Je sais. Il y a de quoi… Tu peux avoir peur.

* * *

Laura habite près du château de Vincennes, dans un cadre très agréable, verdoyant. La décoration de son appartement, très contemporaine, me surprend. Un style très épuré où tout est à sa place. Je découvre un immense bureau parfaitement rangé. C’est donc là qu’elle travaille. Elle me fait visiter puis me propose un café que j’accepte. Je la sens dans son élément.

— Où es-tu allée au coin, jeudi soir ?

— Là ! me dit-elle en indiquant un angle du salon.

— Ta punition se poursuit… Va au coin, comme tu l’as fait jeudi.

— Maintenant ?

— Maintenant.

— Je dois me mettre nue ?

— Oui.

Elle dépose ma tasse de café sur la table basse puis commence à se déshabiller. Son regard est un mélange de gêne et de peur. Je reste impassible et silencieux tout en l’observant. Elle prend position, au coin, sans dire un mot.

Après avoir bu mon café, je me lève pour consulter sa bibliothèque, histoire de m’occuper un peu et de découvrir ses lectures. Les minutes passent, elle reste immobile, à genoux, face tournée vers le mur. Dix minutes se sont écoulées, il est temps…

— Approche, Laura.

Elle se relève, les larmes aux yeux, l’air penaud. Spontanément, elle se met à genoux devant moi et murmure : « je suis désolée ».

— Qu’as-tu ressenti pendant que tu étais au coin ?

— De la honte…

— C’est tout ?

— Non, je me suis accrochée à l’envie de vous obéir pour obtenir votre pardon.

— Après ta faute, tu as eu peur que je ne veuille plus de toi pour soumise, m’as-tu dit ?

— En effet, cette peur m’a chamboulée.

— Si tu fais une bêtise, je ne te tourne pas le dos. Je t’éduque, je te corrige, je t’apprends l’obéissance. Plus tes fautes seront graves, plus les punitions seront sévères.

— Oui, Maître.

— Dans quelle pièce t’es-tu masturbée lorsque tu m’as désobéi ?

Elle se dandine quelques secondes d’un genou sur l’autre puis me répond d’une petite voix craintive :

— Dans mon bureau.

— Très bien, allons-y.

Sitôt entrés dans la pièce, je lui ordonne de prendre place, penchée en avant, torse posé sur le bureau, fesses bien exposées. Je fais une pression sur le bas de son dos de manière à ce qu’elle soit parfaitement cambrée.

— Tu vas vivre l’étape suivante de ta punition en recevant une fessée sévère dans la pièce même où tu as fauté. Je t’interdis de changer de position.

Elle hoche la tête en guise de réponse. Sa respiration se fait plus bruyante, rapide. Il est évident qu’elle a peur. Je nourris cet état en la laissant encore dans l’attente de cette fessée annoncée.

Je me concentre pour bien doser la force des claques. Elles doivent être fortes, sans équivoque sur le sens de cette correction, mais suffisamment dosées pour ne pas aller trop loin dans ce qu’elle est capable d’endurer. Je suis prêt ! Je lève la main et lui assène huit claques très fortes sans aucun temps de pose. Elle crie de surprise et certainement de douleur, mais ne bouge pas.

Après quelques secondes, je reprends la fessée, huit nouvelles claques. Ses fesses sont déjà rouges. Il faut dire que je n’y vais pas de main morte. Elle se raidit dans l’attente de la nouvelle série qui ne tarde pas à tomber. Deux séries de dix claques qui finissent par la faire craquer… Laura pleure.

Je réprime cette envie de la prendre dans mes bras pour la consoler. Elle doit apprendre à subir son châtiment jusqu’au bout. Je me fais violence pour ne pas céder devant ses larmes, je lui administre dix claques supplémentaires, tout aussi fortes. Je m’arrête.

Son fessier est écarlate, elle n’oubliera pas cette fessée. Silencieux, je l’observe, elle sanglote discrètement sans oser bouger. Son abandon, son acceptation m’émeuvent. Je caresse son entrejambe, elle est trempée. Malgré ses larmes, son corps réagit positivement, je me sens plutôt soulagé. Elle aime être matée. Bien qu’indispensable à notre relation, la punir est une épreuve pour moi aussi.

— Je te félicite. Ton attitude a été exemplaire.

— Merci, répond-elle entre deux sanglots.

— Ta punition n’est cependant pas terminée. Elle prendra fin ce soir.

De retour dans le salon, je sèche ses larmes et l’embrasse avant de la prendre dans mes bras pour l’apaiser. Nous nous installons, moi sur le canapé, ma soumise assise à mes pieds, d’elle-même, comme si elle prenait plaisir à se mettre à cette place.

— Tu dois absolument rester consciente d’une chose importante pour la suite de notre relation.

— Oui ?

— Même si je suis en Belgique, tu dois te souvenir que je ne suis jamais loin. Je pourrai toujours arriver par surprise chez toi, pour le plaisir ou pour sévir si tu le mérites.

— Oui.

— Ce qui vient de se passer pourrait se reproduire si tu n’obéis pas.

— Oui, Maître. J’ai bien compris le message… Mes fesses aussi.

— J’en suis ravi.

— Je dois vous faire un aveu…

— Dis-moi.

— Même si j’ai peur de ce qui m’attend ce soir, j’aurais été déçue si la punition s’était réduite à cette fessée.

— Je m’en doute. Mais rassure-toi, si je te promets une punition sévère, ce n’est certainement pas pour te donner une simple fessée. Ce qui t’attend est bien plus dur, crois-moi.

— Je vous crois sans peine.

Elle pose sa tête sur ma cuisse. Je caresse sa chevelure soyeuse en fermant les yeux, savourant cet instant, nos retrouvailles, sa soumission.

* * * * *

Chapitre 2

Vernissage

À 16 heures, nous sommes devant la boutique où Marc et Julie doivent nous rejoindre. Par ce bel après-midi de fin d’été, Laura porte un chemisier noir assez léger, qui laisse entrevoir le soutien-gorge arachnéen mettant sa poitrine en valeur. Ce chemisier, à contre-jour, est presque transparent. Sous sa jupe noire, courte, elle ne porte que ses bas, dont on peut apercevoir la lisière, soutenus par un porte-jarretelles très élégant, ainsi qu’un tanga en fine dentelle. Elle fleure bon Opium, ce parfum délicatement musqué. Avant d’entrer, je lui mets ses bracelets de cuir. Je les relie dans son dos par un mousqueton. Je lui passe ensuite son collier de cuir, celui que nous avons acheté en Belgique, auquel j’accroche sa laisse. Nous sommes seuls à savoir que son vagin est occupé par un petit compagnon de voyage de forme ovoïde, rose fluo, auquel j’ai mis des piles neuves.

Je perçois nettement la gêne de Laura, qui cherche en vain son amie Julie. Les personnes que nous croisons regardent ma soumise, mais ne semblent pas choquées, comme s’il était naturel qu’une femme soit promenée en laisse dans les rues de Paris un samedi après-midi. Bon, d’accord, ce n’est pas une grande avenue à fort passage, mais tout de même, c’est assez surprenant. Pour ma compagne, cette situation n’a rien d’habituel, elle tente de faire bonne figure et cache, comme elle peut, le malaise que lui procure cette exhibition. Personnellement, je m’amuse beaucoup !

Pour ne pas rester sur le trottoir, nous entrons dans la boutique. Il y a beaucoup plus de monde que je ne m’y attendais. Laura marque un temps d’arrêt lorsque des visages se tournent vers elle. Ses yeux m’implorent, de toute évidence, elle aimerait être ailleurs. « Je suis là », lui dis-je simplement pour la rassurer. Ce vernissage a beaucoup de succès, tous sont venus admirer l’exposition de peinture à thème BDSM.

Je l’emmène à ma suite faire le tour de l’exposition. Je lui fais remarquer une grande cage d’environ deux mètres sur un et un mètre de haut, posée sur un podium, au centre de la boutique. Elle s’arrête également pour admirer un pilori, puis une cage ronde suspendue au plafond. Elle observe tout avec beaucoup d’étonnement et de curiosité… Moi j’ai l’impression d’être un enfant dans un magasin de jouets. Marc, connaissant la boutique, m’a dit qu’il y avait la possibilité d’utiliser le matériel en vente et notamment la cage. Je me garde bien de le révéler à ma future victime.

Manifestement, Marc et Julie ne sont pas encore arrivés. Nous retournons donc à l’entrée. Beaucoup de curieux se retournent sur notre passage, et je peux voir des regards admiratifs braqués sur ma compagne. Je suis très fier d’elle. Sa jupe courte dévoile ses longues jambes dont le galbe est magnifiquement mis en valeur par ses hauts talons. Elle arbore de plus en plus dignement sa soumission, elle est altière dans sa démarche. Je sais qu’elle fait de gros efforts pour me faire honneur, et j’admire encore une fois sa force de caractère. Même si nous ne sommes pas nombreux, quelques couples affichent nettement leur relation Dominant/soumise par leur tenue, par leur attitude. Cela doit rassurer un peu Laura, bien qu’elle fasse l’objet de regards appuyés. Pour ma part, je suis un peu tendu, attentif à ne pas la mettre en danger. Je ressens un mélange de fierté et d’excitation. C’est un pur bonheur.

Nos amis arrivent. Aussi pervers que moi, Marc, avant de laisser Julie descendre de voiture, lui fait sortir la langue, qu’il immobilise dans un petit étau. Cette bavarde impénitente est donc privée de parole, et humiliée de devoir garder la langue sortie. Elle est magnifique dans sa tenue de soubrette coquine. On devine sa poitrine nue sous son corsage blanc d’un autre temps et la jupette couvre à peine son joli postérieur nu. À côté d’elle, la tenue de Laura semble tout ce qu’il y a de plus sage.

Marc me la confie pendant qu’il va garer la voiture. Par signes et sons inarticulés, elle me fait comprendre qu’elle est à mes ordres. J’accroche une autre laisse à son collier et j’amène les deux amies près du comptoir. Je demande au responsable s’il est possible d’avoir la clé de la cage pour y exposer ces deux soumises. Il me la donne avec un large sourire.

Laura, incrédule et l’air effrayé, regarde Julie, qui comprend immédiatement. Elle est nettement plus expérimentée et connaît les lieux. Sachant ce qui les attend, elle affiche un sourire qui se veut rassurant à l’attention de son amie. Je les conduis au pied de l’estrade centrale. Je fais monter Julie, j’ouvre la cage. Elle y entre à quatre pattes et va s’agenouiller dans le fond. Je fixe les bracelets de ses poignets aux barreaux au-dessus de sa tête. Elle reste souriante. Elle doit être assez excitée par la situation car je la sais plutôt exhibitionniste.

Je redescends chercher Laura. Elle est pâle, elle tremble. Je lui demande si cette épreuve atteint une limite. Elle me répond à voix basse :

– Non, j’ai peur, j’ai honte, mais je veux vous faire honneur. Renoncer serait plus humiliant encore. La présence de Julie m’aidera beaucoup.

– Je te félicite.

Je tire légèrement sur sa laisse pour qu’elle me suive. J’ai l’impression de voir monter une condamnée à l’échafaud. Elle hésite, gravit marche après marche, elle est pantelante, mais je suis pratiquement persuadé qu’elle en est excitée. Elle entre dans la cage, lentement, comme une automate. Je l’attache de la même manière que Julie. Elles sont tête-bêche. Elles se regardent, se sourient. Chacune semble puiser de l’énergie dans le regard de l’autre.

Je referme la cage, et je quitte l’estrade, les laissant exposées comme deux esclaves femelles au moment de la vente. À travers les barreaux, je soulève la jupe de Laura, et la fixe à la taille, exposant aux regards du public ses fesses nues, séparées par le mince tissu du tanga.

À ce moment, Marc me rejoint enfin. Ce matin, je lui ai donné un œuf vibrant identique à celui de Laura. Je lui ai, bien sûr, expliqué les effets pervers de la télécommande, et il m’a promis d’équiper Julie pour notre rendez-vous.

Il arbore un large sourire en découvrant le tableau vivant ainsi exposé. Il ordonne à Julie de sortir ses seins de son chemisier. Elle se contorsionne pour obéir. Un attroupement s’est formé autour de la cage et les commentaires admiratifs fusent. J’actionne la télécommande des œufs vibrants, ce qui fait sursauter les deux femmes en même temps. Julie, plus expansive, se cabre, se cambre sous l’action des vibrations (j’ai mis d’emblée la position 4), tandis que Laura tente de se maîtriser, de ne pas montrer ses réactions. Marc et moi, jouons à ce petit jeu pendant quelques minutes, les spectateurs sont ravis. Ils observent, souriants, les deux soumises ainsi exhibées dans leur plaisir.

Passant derrière Laura, je saisis délicatement son tanga du bout des doigts. Je le fais lentement descendre sous ses fesses, dévoilant son intimité à la vue de tous. Elle murmure « oh non ! Pas ça ! » en devenant écarlate. Le fond de sa culotte est très humide, signe de son état d’excitation, que personne ne peut plus ignorer. Ses deux globes, si indécemment offerts, portent encore les traces de la sévère fessée administrée plus tôt dans l’après-midi.

Elle baisse la tête et regarde obstinément le plancher. Je m’approche de l’estrade pour qu’elle puisse m’entendre sans avoir à élever la voix. Je lui ordonne de se redresser, de montrer fièrement sa soumission, d’affronter les regards de convoitise qu’elle suscite. Elle tourne la tête, se raccroche au regard et au sourire de Julie. Elles se redressent toutes deux, assumant pleinement leur statut. Elles s’offrent au public, vulnérables dans cette posture d’esclaves, et pourtant si fortes dans leur détermination. Leurs yeux brillent de promesses sensuelles. Elles sont magnifiques ! Marc relance les vibrations. Julie est au bord de l’orgasme. Laura halète de plus en plus.

Malgré l’attention qu’exige la situation (et la tension qu’elle impose), je suis terriblement excité. Je tiens une trique terrible, sûrement visible, et je n’ai qu’une envie : m’isoler avec Laura et la posséder sauvagement, sans ménagement. J’arrête alors les vibrations.

Quelques Dominants nous gratifient de leurs commentaires, ce qui fait rougir nos femmes de plus belle. Personne ne s’aventure à toucher les prisonnières. Je ne l’aurais absolument pas permis. Seuls Marc et moi avons le droit de les toucher. Nous recevons de nombreuses félicitations pour ces deux créatures obéissantes, si dignes malgré leur position humiliante.

Nous discutons encore quelques minutes, puis, constatant que l’inconfort de la position devient douloureux pour leurs genoux, nous les sortons de la cage. Laura remonte immédiatement son tanga et rabat sa jupe afin de cacher ses fesses.

– La prochaine fois, tu me demandes la permission de te rhabiller, lui dis-je sur un ton compréhensif.

– Oui, pardon, répond-elle légèrement affolée.

– Pour cette fois, je t’excuse.

Marc impose à Julie de rester sur l’estrade, debout, seins offerts. Il lui délivre la langue, puis joue avec elle, lui torture les seins, lui pince les tétons, lui claque les fesses. Elle semble aux anges. Laura se colle à moi, me supplie du regard de ne pas lui imposer le même traitement. Je n’en ai pas l’intention, et je la rassure. Son « merci, Maître » est éloquent.

Je la promène en laisse, dans les rayons. Je tombe en arrêt devant un meuble qui ressemble vaguement à un prie-Dieu : deux repose-jambes écartés d’une vingtaine de centimètres, recouverts de cuir rouge, une tablette, elle aussi couverte de cuir rouge, sur lequel le tronc peut se poser. J’installe ma soumise sur ce meuble en la déculottant à nouveau, jupe troussée, et je commence à lui donner quelques claques. Immédiatement, plusieurs personnes nous entourent. Quelques facétieux, bien intentionnés, me tendent l’un ou l’autre article en vente dans la boutique, me proposant de les essayer sur les fesses ou les cuisses de Laura.

Connaissant l’impact possible de ces instruments, je dose les coups pour procurer du plaisir à ma victime. Un homme, resté en retrait à quelques mètres, nous suit depuis la cage, partout où nous allons. Il ne quitte pas ma belle femelle des yeux, il semble fasciné. Il est manifestement en admiration, mais n’ose pas s’approcher. Le petit essayage d’instruments prend fin, et Laura remet en place ses vêtements après m’en avoir demandé l’autorisation. Les pupilles dilatées par l’excitation, les joues en feu, elle est vraiment à croquer !

Mais il est temps de passer à l’étape suivante.

– Marc, je te confie ma soumise.

– Et moi la mienne, me répond-il d’un air taquin.

En se retournant vers ma petite novice qui est déjà sur le qui-vive, il ajoute : « suis-moi, Laura ! » Elle m’implore des yeux, commence à paniquer. Son souffle est plus court, son regard affolé…

– Va avec Marc, je veux que tu lui obéisses comme à moi.

Comprenant que je ne céderai pas à moins d’un mot magique, elle finit par baisser la tête et exécute l’ordre. La pauvre, elle donne l’impression d’être abandonnée ! Son obéissance est admirable. Je suis certain que, tout comme moi avec Julie, mon complice ne va pas abuser de la situation. Il respectera scrupuleusement ce que nous avons décidé.

Je ne suis pas inquiet, mais particulièrement frustré de ne pas rester auprès de Laura. En ma présence, elle n’aurait pas vécu ce moment aussi intensément. Je lui imposerai de me raconter ou mieux encore, de m’écrire ce qu’elle a ressenti dans cette petite épreuve.

Je promène Julie qui a toujours les seins à l’air. Elle a d’ailleurs une magnifique poitrine qui ne demande qu’à être caressée, ce que je fais. L’un ou l’autre de ces messieurs nous observe avec beaucoup d’attention tandis que je lui torture les tétons. Elle a les yeux mi-clos, la bouche entrouverte, elle laisse échapper de petits gémissements qui révèlent le plaisir presque jouissif que lui procure la douleur. Elle me fixe du regard, elle est décidément de la même trempe que Laura, fière de s’offrir, même dans la souffrance.

Nous reprenons la visite de l’exposition en attendant le retour de Marc. Sur un simple geste de la main, Julie s’est mise à genoux à mes pieds. Lorsque j’avance pour observer une nouvelle œuvre, elle se met à quatre pattes et m’accompagne, docile. Dans cette position, sa jupette ne cache plus rien. Son sexe est totalement exposé aux regards. Elle est éduquée depuis plusieurs années et assume pleinement sa condition. Elle fait sensation, les visiteurs de la boutique regardent autant les œuvres d’art, que la belle soubrette qui illustre, en nature vivante, ce qui se trouve sur les toiles. On pourrait presque croire à une animation organisée par le galeriste.

– Ma soumise s’est-elle bien comportée ? me demande Marc qui apparaît juste derrière nous.

– Elle a été parfaite. Et tout s’est bien passé avec la mienne ?

– Oui, elle t’attend. Elle a bien rougi, ajoute-t-il d’un air ravi.

Je quitte nos amis pour rejoindre Laura. Lorsque j’ouvre la porte du salon d’essayage, j’arrive dans une belle pièce spacieuse entourée de miroirs. Elle est là, vêtue du seul corset que Julie lui a prêté et de ses bas, seins et sexe offerts à la vue, impudique, excitante, envoûtante. Son regard, effrayé d’abord, révèle son soulagement de me voir.

– Tu es magnifique !

– Merci, me répond-elle d’un air timide.

– Je suis vraiment très fier de toi. As-tu été obéissante avec Marc ?

– Oui.

Je pose mes mains sur ses seins, les pointes se dressent et durcissent instantanément. Hum… J’adore ! Je lui tourne autour lentement pour l’admirer en silence d’un air gourmand. Mon sexe manifeste son enthousiasme et se montre de plus en plus impatient.

– Vous n’allez pas m’imposer de me promener dans la boutique habillée de la sorte, n’est-ce pas ?

– Je suis certain que tu connais la réponse à ta question, dis-je en laissant échapper un petit rire.

Elle m’observe avec effroi. Je souris pour la rassurer.

– Tu sais pourquoi Marc t’a mis ce corset.

– Ce n’est pas possible, chuchote-t-elle.

– Si, Laura. Je vais t’exhiber dans cette tenue.

– S’il vous plait, je ne pourrai pas…

– C’est à moi de décider ce que tu peux ou ne peux pas faire. Ta seule responsabilité est de satisfaire mes exigences.

– Mais… Je…

– Tu as le choix. Soit tu me dis que c’est une limite, soit tu obéis. Que choisis-tu ?

Elle écarquille les yeux, visiblement paniquée par cet ultimatum. Elle donne l’impression d’hésiter, de peser le pour et le contre. Je l’observe d’un regard bienveillant sans montrer la moindre émotion car je ne veux pas l’influencer. Elle doit accepter ce que je lui impose pour bien le vivre. Après quelques minutes qui me paraissent une éternité, elle me regarde dans les yeux et déclare :

– Je veux vous satisfaire, quelles que soient vos exigences. J’aime me soumettre à votre autorité et je ne peux y renoncer. Je serai obéissante, Maître.

Mon cœur s’affole face à une telle déclaration. Ne se rend-elle pas compte à quel point elle m’est soumise ? À quel point elle s’offre à moi ? Je ne sais pas ce qui m’autorise à avoir un tel pouvoir sur cette femme éblouissante. Une chose est sûre, je ne veux pas la décevoir.

Je la remercie pour sa confiance et la serre dans mes bras, tendrement. Puis, je m’écarte d’elle et lui donne l’ordre de me présenter sa croupe, de se pencher en avant en écartant les jambes. Surprise, elle exécute néanmoins l’ordre sans hésitation. Ma main fouille son sexe trempé, je l’entends haleter de plaisir, elle se trémousse de désir. Je retire l’œuf vibrant et l’abandonne à sa frustration, son désarroi, sans dire un mot. Elle ne proteste pas.

J’ouvre le sac que Marc a apporté, en sors ce qui va orner le cul de ma femelle. Je l’ai acheté tout spécialement pour cette occasion. Il s’agit d’un plug à queue de cheval de belle taille. Je l’enduis de gel lubrifiant. Je vais devoir prendre des précautions pour le lui mettre, il est bien plus imposant que son rosebud.

– Cambre-toi et présente-moi ton cul !

Lentement, et non sans peine, je force son anus, si réticent à s’ouvrir. L’objet s’enfonce lentement, millimètre par millimètre. Elle gémit de douleur, mais suit mes conseils et rend l’intromission plus supportable. Je lui rappelle qu’elle doit être accueillante pour son Maître. Cette idée l’excite et l’aide à s’ouvrir un peu plus.

– Tu dois t’habituer à être enculée.

Elle frémit à mes mots, j’en profite pour exercer l’ultime pression, pour la partie la plus large du plug, et la plus douloureuse. Elle étouffe un cri. Ça y est ! L’objet est en place. Elle a souffert, elle est essoufflée, pourtant, son sexe ruisselle de plaisir. Du bout des doigts, je coiffe la queue de cheval pour lui donner belle allure. Ma soumise ignore encore de quelle manière j’ai décidé de l’exhiber.

Je lui ordonne de se redresser. Je découvre son visage. Elle est émue, ses joues sont d’un rouge flamboyant. J’observe son étonnement lorsqu’elle découvre dans le miroir cette queue noire qui la rend si animale, si femelle. Je devine un petit sourire au coin de ses lèvres. Elle est superbe ! Je bande furieusement.

– Tu aimes ?

– C’est… Très choquant ! Me répond-elle amusée.

– Tu es très excitante !

– J’adore vous exciter, murmure-t-elle en se cambrant un peu plus.

– Alors continue à m’obéir, lui dis-je en lui assenant une jolie claque bien sonore sur une fesse.

Je l’observe dans le miroir. Ses yeux s’agrandissent de stupeur.

– C’est bon d’être fessée avec un plug dans le cul ?

– Oui, Maître, souffle-t-elle, visiblement troublée.

– Maquille-toi les lèvres pendant que je vais me laver les mains et attend-moi ici.

Je reviens la chercher pour, enfin, la faire sortir du salon d’essayage. Elle a un air déterminé qui m’interpelle. Alors que je lui attache les mains dans le dos face au miroir, je la dévisage et lui demande :

– À quoi penses-tu ?

– Je pense que si je dois être exhibée, autant me montrer fière de ce que je suis.

– Oui, sois fière ! dis-je en déposant un baiser sur sa tempe.

À peine sommes-nous dans la boutique que les regards se tournent vers Laura. Elle se fige un instant puis se redresse pour affronter ce qui est devenu inévitable. J’avance tranquillement, la laisse à la main, me dirigeant vers nos amis. J’aperçois l’homme qui observe ma compagne depuis le début. Elle le remarque aussi et rougit lorsqu’elle réalise qu’il ne peut détacher son regard de son sexe et de ses seins nus.

– Visiblement, il est fasciné par toi ! lui dis-je en l’entraînant vers cet homme.

Je sens la laisse se tendre, elle ralentit le pas, mais d’un petit coup sec, je l’oblige à me suivre. Je l’abandonne vers le centre de la boutique en lui donnant l’ordre de m’attendre sans bouger. Je lâche la laisse et m’éloigne sans la quitter des yeux pour faire connaissance avec cet admirateur, si discret. Tout en papotant avec Sylvain, c’est son prénom, qui me révèle son penchant pour le voyeurisme, je surveille les hommes qui tournent autour de ma femme. Ils ne s’approchent pas trop, admirent le spectacle qu’elle offre, le regard fier, la tête haute. Certains s’adressent à elle pour la féliciter, tout en restant à bonne distance. D’autres viennent me parler directement, me disant combien je suis chanceux d’être le propriétaire d’une si belle soumise. Je ne peux pas les contredire !

J’estime l’avoir laissée seule suffisamment longtemps, je la rejoins en compagnie de Marc et Julie. Les deux amies, rassurées d’être à nouveau réunies, se décontractent un peu. Marc commente la tenue de Laura en lui disant qu’elle est vraiment très belle. Ses joues s’empourprent, mais elle semble soulagée par le compliment. Elle est souriante, ses yeux pétillent d’un plaisir honteux. J’approche ma main de son visage pour lui caresser la joue avec tendresse, je frôle ses lèvres du bout du pouce. Elle les entrouvre. Mon pouce pénètre lentement cette bouche offerte par de petits va-et-vient. Elle ferme les yeux et suce mon pouce comme s’il s’agissait de mon sexe. J’oublie tout ce qui nous entoure, ne voyant plus que sa sensualité.

– Tu connais la signification de ce geste ?

– Oui, répond-elle timidement.

– Dis-le !

– Vous allez utiliser ma bouche.

– En effet. C’est ton devoir de me servir, de me satisfaire, n’est-ce pas ?

Elle lance un petit regard gêné vers Marc et Julie qui assistent à cet échange particulièrement intime.

– Oui, Maître.

Je saisis la laisse et la ramène dans le salon d’essayage après avoir échangé un regard entendu avec Marc. J’ai une érection qui devient presque douloureuse, mais je ne veux rien précipiter. Nous sommes à nouveau seuls dans cette pièce, isolés de tous et pourtant si proches. Je reprends là où nous en étions, je me place derrière elle et la tourne vers le miroir. Je pénètre sa bouche de mon pouce en l’obligeant à observer l’obscénité de ce geste qu’elle a osé faire en public. Sa respiration s’accélère, ses joues sont écarlates. J’attrape la queue de cheval qui dépasse de son cul et tire légèrement dessus pour lui rappeler la présence de ce plug, l’indécence de sa tenue. Elle se cambre et laisse échapper un râle.

– Tu n’auras aucun plaisir avant ce soir. Tu le sais.

– Oui, je le sais et je l’accepte.

– Regarde-toi dans ce miroir !

J’investis à nouveau sa bouche de mon pouce qu’elle suce avec empressement. Puis j’étire ses deux tétons jusqu’à ce qu’elle laisse échapper un petit cri de douleur. Enfin, je gifle ses seins qui rosissent sous son regard.

– Tu es ma catin !

– Oui, souffle-t-elle excitée.

– Dis-le !

– Je suis votre catin.

D’une main, je défais mon pantalon pour libérer ma verge tendue, de l’autre, j’empoigne sa chevelure en exerçant une pression sur sa nuque. Elle s’agenouille devant moi tout en me regardant. Ses yeux me révèlent son excitation, sa soumission. Je lui ai laissé les mains attachées dans le dos. Elle devra me faire jouir avec sa seule bouche. Je ne peux plus tenir, je veux m’enfoncer dans sa gorge, sentir ses lèvres sur ma queue.

– Suce-moi !

Je m’enfonce dans sa bouche. Elle m’avale entièrement, je sens le fond de sa gorge sur mon gland, je soupire d’aise. Je maintiens sa nuque pour rester ainsi, de longues secondes, exerçant de petits mouvements de pression pour la prendre plus profondément encore. Elle est docile, avide de me plaire. Elle s’efforce de m’avaler, de contrôler sa respiration pour ne pas céder à la panique. C’est une experte dans l’art de la fellation. Elle m’aspire, me caresse de sa langue, elle tend le cou pour m’offrir sa gorge. Elle me rend fou, mais je contrôle le rythme pour savourer chaque seconde et laisser mon plaisir monter progressivement. Je fais des va-et-vient pour lui laisser reprendre son souffle puis j’attrape sa tête de mes deux mains pour lui planter mon sexe à fond sans lui laisser l’occasion de m’échapper. Elle se plie à toutes mes exigences. Des larmes s’échappent pour rouler sur ses joues, je continue à la baiser sans ménagement. Je la libère un bref instant avant de revenir à l’assaut de cette bouche si accueillante.

La porte du salon d’essayage s’ouvre brusquement, Laura a un mouvement de recul. Marc et Sylvain le voyeur entrent dans la pièce. Je lui saisis le visage et la regarde droit dans les yeux.

– Continue à satisfaire ton Maître, lui dis-je d’un ton calme, mais sans appel.

Les deux hommes nous observent en silence. Elle ferme les yeux et m’offre sa gorge dans laquelle je m’enfonce profondément dans un râle de plaisir. Elle est divine ! Pendant de longues minutes, je baise sa bouche dans un plaisir indéfinissable, oubliant où nous sommes, oubliant même les spectateurs.

Il n’y a plus que nous deux, seuls au monde, unis par cette relation si spéciale. Elle s’offre, je la possède pour la faire mienne et bientôt je vais marquer cette gorge qui m’appartient déjà. Elle gémit de plaisir, visiblement excitée d’être ainsi utilisée, contrainte de me servir, exhibée. J’accélère le mouvement, mon plaisir est imminent, je ne veux plus le retenir. Je maintiens fermement son visage et je m’enfonce une dernière fois pour laisser exploser mon orgasme. Mon corps tout entier se tend, je retiens mon cri, je sens mon sperme inonder sa bouche, sa gorge, par spasmes successifs. C’est absolument enivrant, violent ! Mon regard plongé dans le sien, je lui offre ma semence qu’elle avale consciencieusement, désireuse de me combler.

Dans une posture empreinte de dévotion, le regard souverain de celle qui détient le pouvoir de me plaire, Laura continue à me sucer, me lécher, me nettoyer. Je lui offre jusqu’à la dernière goutte de mon plaisir. Nos deux témoins quittent la pièce, nous sommes à nouveau seuls, unis l’un à l’autre.

* * * * *

Chapitre 3

L’indécente aux enfers

22 h 30.

Nous arrivons au club sm où nous devons retrouver Marc et Julie. Le sage manteau de Laura couvre en réalité une soumise en corset très serré, seins présentés par les balconnets, bas noirs à couture, tanga et escarpins. Les passants peuvent remarquer ses bracelets de cheville, peut-être ceux de poignets, mais surtout son collier et la laisse dont j’ai la poignée en main. Plus nous approchons du club, plus son pas semble ralentir. À plusieurs reprises, la laisse se tend. Je la sens inquiète. Elle sait qu’elle va être punie ce soir, elle doit se douter que ce sera dans ce club. Que vais-je lui faire subir ? La question la ronge plus qu’elle ne semble le montrer, mais elle ne saura rien avant le moment fatidique.

Le club est très discret. Je sonne. Un judas s’ouvre, et un bout de visage nous regarde. Visiblement, nous correspondons aux critères de sélection, car la porte s’ouvre immédiatement, nous laissant entrer dans un hall sombre, aux murs tendus de tentures noires, éclairé par quelques fausses torches. Une odeur d’encens mêlée de cire de bougie flotte dans cette entrée, venant des pièces que l’on aperçoit au bas d’un escalier de pierre. Visiblement, le club se situe en sous-sol. Une accorte jeune dame, vêtue d’une courte robe à volants très décolletée nous prend notre vestiaire.

Je peux deviner la peur dans les yeux de ma charmante compagne mais, comme à son habitude depuis que je la connais, elle s’efforce de se contrôler et d’affronter ce qui, pour elle, est une nouvelle épreuve. Commence alors la descente de ces marches irrégulières, menant vers le sanctuaire dédié au divin Marquis. Ne voulant pas risquer une perte d’équilibre, je la laisse libre de ses mouvements jusqu’au bas de cet escalier. Nous arrivons dans une charmante salle meublée avec goût : fauteuils pour les Dominants, poufs pour les soumises, tables basses, grands miroirs, anneaux dans les murs de pierre, râteliers où accrocher les cravaches, fouets, et autres instruments de tourments, enfin, une petite estrade d’à peine une marche au milieu de la pièce. Sur les tables sont allumées de grosses bougies de toutes couleurs, assurant un éclairage un peu vacillant, certes, mais très intimiste et sensuel, propice à la réalisation des désirs les plus extrêmes.

Je remarque immédiatement le contraste d’ambiance avec les clubs belges qu’il m’est arrivé de fréquenter. En Belgique, on entend de grands éclats de rire, des voix plus fortes, l’ambiance est festive. Ici, tout est chuchotements, discrétion, sérieux. Cela ne correspond vraiment pas à ma manière de vivre le bdsm, mais j’ai quand même bien l’intention de profiter pleinement de cette soirée et du cadre dans lequel nous nous trouvons. Etant donnée l’atmosphère qui règne ici, la punition n’en sera que plus… éprouvante.

Marc est confortablement installé dans un fauteuil, Julie est à genoux à côté de lui. Elle est vêtue d’un corset rouge ressemblant à celui de Laura, et d’une jupe en velours noir fendue jusqu’en haut des cuisses. Elle est belle. Son regard est fixé sur son Maître et son visage rayonne de bonheur et de dévotion envers lui. J’attache les mains de Laura dans le dos avant de la faire s’agenouiller à côté du fauteuil où je prends place. Elle fait un timide sourire à Marc et un regard complice à son amie, mais n’ose pas regarder autour de nous, comme si elle craignait d’y découvrir ce qui l’attend. Gardant en permanence la tête baissée, elle ne dit pas un mot. À quoi peut-elle bien penser ?

— Va nous chercher à boire, Julie, commande Marc.

Julie se lève, prend la commande en mimant une serveuse et s’éloigne vers le bar. J’ordonne alors à ma soumise :

— Va l’aider, tu rapporteras des glaçons.

Elle me regarde, pense que je vais lui libérer les mains, mais je feins d’ignorer sa demande muette. Elle s’éloigne alors, rejoint Julie qui attend les boissons et passe sa propre commande auprès du barman. Très serviable, il lui remplit un verre de glaçons et le lui tend. Elle montre alors ses mains liées dans le dos. Il sourit, cherche une solution. C’est Julie, en bonne copine perverse, qui la trouve. Ravie du tour qu’elle va lui jouer, elle coince le verre de glaçons entre les seins de Laura, sur le haut du corset. Toutes deux pouffent discrètement de rire. Ma soumise traverse toute la salle, mains dans le dos, le verre de glaçons entre les seins, ce qui provoque quelques sourires parmi les participants à la soirée. Le froid lui donne la chair de poule, ses aréoles sont rétractées et ses mamelons dressés.

Toujours digne, affichant sa soumission la tête haute, elle fait l’effort de s’agenouiller, sans rien renverser, pour présenter le verre à hauteur de ma main. Un sourire coquin illumine son visage. Je dépose un petit baiser sur ses lèvres ce qui la fait rougir instantanément. Visiblement, elle ne s’attendait pas à ce geste de ma part. Je la félicite et la délivre de son « chargement » frigorifique. Aussitôt, sans que j’aie à lui dire le moindre mot, elle reprend sa place à mes côtés. Mon regard lui montre ma satisfaction, le sien brûle d’une vive émotion. Je dois le reconnaître, je suis très fier d’elle, de nous deux, de notre complicité, de cet échange permanent entre nous au-delà des mots, à travers nos regards, notre gestuelle, nos sourires. Mon cœur bat plus vite à cette idée. J’en frémis de bonheur.

Marc et moi autorisons nos deux soumises silencieuses à s’asseoir sur leur pouf afin de reposer leurs genoux. Elles ne se font pas prier. Laura, qui de toute évidence mime son attitude sur celle de son amie, ne dit pas un mot. Cependant, elle commence à se décontracter. Elle s’aventure enfin à regarder discrètement ce qui nous entoure. Son visage est un vrai livre ouvert. Ses mimiques, son air parfois intrigué, parfois grimaçant, révèlent à chaque instant son état d’esprit.

Elle observe du coin de l’œil une scène qui se déroule de l’autre côté de la pièce.

Une femme, entièrement nue, suce un homme, peut-être son Maître, qui est en pleine conversation avec un couple assis à la même table. La scène pourrait paraître choquante pour des personnes ne connaissant pas le milieu bdsm. Mais de toute évidence, elle ne laisse pas nos deux soumises indifférentes. Elles paraissent fascinées. Je ne peux m’empêcher de nous imaginer à leur place… Il me serait vraiment très difficile de garder cet air détaché.

Avec un sourire satisfait, l’homme empoigne sans ménagement la chevelure de la femme qui le suce et bascule sa tête vers l’arrière pour libérer sa queue. Immobile, la bouche ouverte, elle attend docilement le sexe de son mâle. Il la toise, lui adresse quelques mots, inaudibles d’où nous sommes, avant de s’enfoncer brutalement et profondément dans sa bouche.

Le corps de nos deux femmes se fige, leur souffle est court. Elles sont transportées par la violente sensualité qui se déroule sous nos yeux. Le dominant, se sentant peut-être observé, tourne la tête et croise le regard de ma petite curieuse. Prise en flagrant délit de voyeurisme, elle écarquille les yeux et baisse la tête immédiatement.

— Ces personnes s’exhibent, elles s’attendent à être observées. Tu n’as pas à rougir de les regarder, lui dis-je sur un ton rassurant.

Marc, attentif à la scène, prend un air badin :

— Ça te rappelle des souvenirs, Laura ? lui demande-t-il avec un petit rire gentiment moqueur.

— Oui, répond-elle sans oser le regarder.

— J’ai pu constater que toi aussi, tu aimes sucer ton Maître.

— C’est vrai, dit-elle à voix basse en se dandinant sur son pouf.

— Qu’as-tu ressenti de te savoir observée pendant que ton Maître baisait ta bouche ?

— J’étais très mal à l’aise, j’avais honte de vous savoir témoins de la manière dont mon Maître m’utilise.

— Pourquoi ? T’utiliser fait partie des prérogatives de ton Dominant.

— Oui, bien sûr. J’avais surtout peur que vous découvriez que j’adore ça…

Marc paraît surpris et amusé par sa dernière remarque.

— C’est plutôt une qualité d’aimer ça, tu ne crois pas ?

— Maintenant que vous le dites, oui, sûrement, répond-elle en esquissant un sourire timide.

— Alors c’est tout ce que tu as ressenti ? De la honte ?

— De la peur, aussi…

— Peur de quoi ? demande-t-il désireux de poursuivre cet interrogatoire.

Elle me lance un petit regard, comme si elle attendait mon autorisation pour parler.

— Réponds quand Marc te pose une question. S’il a pu te regarder me sucer, il est en droit de connaître ton ressenti.

— Je me suis demandé si vous étiez-là juste pour regarder, ou si…

— Ou si j’allais t’utiliser aussi ?

Visiblement très troublée par cette dernière question, elle ne trouve pas la force de répondre. Elle acquiesce en silence puis, après un long silence chargé de tension, elle reprend :