Syndrome d'effondrement des colonies d'abeilles. - Eric Leroy - E-Book

Syndrome d'effondrement des colonies d'abeilles. E-Book

Eric Leroy

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Beschreibung

Le syndrome d'effondrement des colonies d'abeilles (en anglais, « Colony Collapse Disorder » : CCD) est un phénomène de mortalité anormale et récurrente des colonies d'abeilles domestiques notamment en France et dans le reste de l'Europe, depuis 1998, aux États-Unis, à partir de l'hiver 2006-2007. Les études en cours n'autorisent ce jour que de supposer une synergie entre plusieurs causes. Voici les principales causses et recommandations.

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Syndrome d'effondrement des colonies d'abeilles.

Syndrome d'effondrement des colonies d'abeilles.Les abeilles sauvages.Une synergie entre plusieurs causes.Définition du CCD.Historique du CCD.Les Chiffres du CCD.Hypothèses explicatives.Recensement et hiérarchisationMaladies parasitaires.Le frelon ou Vespa velutina,Maladies virales.Nosémose.Perturbation du butinage.Effets synergiques.Pathogène ou combinaison encore inconnue.Les pratiques apicoles et agricoles intensives.La dégradation de l'alimentation naturelle.L'alimentation artificielle : le nourrissement.Sélection génétique à sens uniqueLes pesticides agricoles.Influence des néonics sur la dynamique de butinage.Les pesticides à usage vétérinaire.D'autres voies sont explorées.Synergie entre pesticidesCauses environnementales possibles.Organismes génétiquement modifiés.Autres hypothèses.Progrès de la modélisation.Cannabis ?Huile de margousierLes principales recommandations.Déconcertés et conclusions.Références.Page de copyright

Syndrome d'effondrement des colonies d'abeilles.

Le syndrome d'effondrement des colonies d'abeilles (en anglais, « Colony Collapse Disorder » : CCD)

est un phénomène de mortalité anormale et récurrente des colonies d'abeilles domestiques notamment en France et dans le reste de l'Europe, depuis 1998, aux États-Unis, à partir de l'hiver 2006-2007.

D’autres épisodes de mortalité ont été signalés en Asie et en Égypte sans être pour le moment formellement associé au CCD.

Ce phénomène affecte par contrecoup la production apicole dans une grande partie du monde où cette espèce a été introduite.

Aux États-Unis, il fut d'abord appelé « syndrome de disparition des abeilles » ou bien « Fall-Dwindle Disease » (maladie du déclin automnal des abeilles), avant d'être renommé CCD.

Le phénomène prend la forme de ruches subitement vidées de presque toutes leurs abeilles, généralement à la sortie de l'hiver, plus rarement en pleine saison de butinage.

Aux États-Unis, près de 25 % du cheptel a disparu au cours de l'hiver 2006-2007.

De nombreux pays européens sont touchés depuis le début des années 2000. Les pertes peuvent atteindre, localement, jusqu'à 90 % des colonies. Les taux de mortalité hivernale des ruches d'abeilles domestiques, mesurés depuis l'apparition du phénomène sont quasi systématiquement supérieurs au taux d'environ 10 % observé auparavant.

Les abeilles sauvages.

Le syndrome d'effondrement des colonies d'abeilles touche peut-être aussi des abeilles sauvages.

90% de nos abeilles sauvages n’ont pas de reine. Elles sont solitaires, elles travaillent indépendamment, pour elles-même. Elles ne font pas de miel non-plus – chaque goutte de nectar butinée est soigneusement mélangée avec le pollen, formant de petites boules de nourriture et stockée dans les cellules du tunnel pour les futures jeunes abeilles.

70% des abeilles solitaires font leur nids dans la terre (les abeilles terricoles ou 'mineurs') recouvert de peu de végétation ou dans les pelouses.

Elles sont souvent trouvées dans les berges du sol dégagées de verdure et face aux zones ensoleillées (des buttes ou des talus).

Les autres 30% font leurs nids hors-sol et cherchent dans leur habitat naturel :

les tunnels d’autres insectes (creusés par les xylophages par exemple),

le bois mort (Abeilles 'xylicoles'),

les tiges de bois creux (Abeilles 'caulicoles') comme les ombellifères et les roseaux,

les fissures des rochers creusés par l’érosion,

les tiges à moelle (Abeilles 'rubicoles') comme le ronce, framboisier, sureau, fusain, rosier et buddléia.

Or le bois mort est coupé pour le chauffage, les vieilles tiges de plantes balayées dans nos jardins, tout cela conduit à une pénurie sévère de leur habitat naturel. Par conséquent, nos abeilles, en désespoir de cause, finissent par trouver refuge dans des cavités comme :

Ce phénomène dont l'ampleur devient épidémique reste inexpliqué.

Une synergie entre plusieurs causes.

Les études en cours n’autorisent ce jour que de supposer une synergie entre plusieurs causes.

Les administrations, surtout les services vétérinaires, semblent désemparées face à cette maladie émergente, faute de savoir où porter leurs efforts. Comme les rares chercheurs étudiant ce phénomène, elles ne peuvent s'appuyer que sur un corpus récent et assez pauvre d'études et de données, écoépidémiologiques surtout.

Ce syndrome est jugé particulièrement préoccupant par les apiculteurs, mais également par de nombreux écologues, économistes et experts à cause de l'importance économique et écologique de l'abeille comme pollinisatrice.

Le fait qu'elle est le plus souvent reconnue comme une «sentinelle» bio-indicatrice de l'état de l'environnement, à cause de sa présence presque partout sur terre, facile à capturer (pour l'abeille domestique), et de sa capacité à collecter via le pollen et le nectar des doses infimes de polluants, alarme aussi les chercheurs.

Ce syndrome est aussi jugé très préoccupant par les apiculteurs, mais aussi par de nombreux écologues, économistes et experts en raison de l'importance économique et écologique de l'abeille en tant que pollinisatrice : les pommiers, mais aussi les amandiers, les avocatiers, les cerisiers, les oignons, les concombres, le coton, l'arachide, le melon, etc. dépendent à 90 %, voire à 100 % des abeilles pour leur pollinisation.

Selon l'INRA, la production de 84 % des espèces cultivées en Europe dépend directement des pollinisateurs, qui sont à plus de 90 % des abeilles domestiques et sauvages. Les services rendus à la pollinisation par les abeilles sont estimés à environ quinze milliards de dollars par an aux États-Unis.

Leur importance doit cependant être relativisée, compte tenu du rôle non négligeable tenu par les pollinisateurs sauvages. L’abeille domestique reste toutefois indispensable pour des besoins massifs et ponctuels de pollinisateurs dans des zones pauvres en milieu sauvage. Le cas le plus emblématique est la production d'amandes en Californie : les 3/4 du cheptel d'abeilles américaines y sont rassemblés par une transhumance renouvelée chaque année, entraînant une augmentation des risques sanitaires due à la promiscuité.

Depuis le milieu des années 2000 de nombreux travaux ont été publiés, ce qui a permis la constitution d'une bibliographie de plus en plus solide. Des avancées considérables ont été réalisées, notamment l'identification correcte des bio-agresseurs impliqués dans le phénomène et la mise en évidence d'effets synergiques divers.

La thèse d'un phénomène multifactoriel est maintenant l'objet d'un consensus. Le rôle central de l'acarien Varroa destructor est cité dans un rapport du Département de l'Agriculture des États-Unis en 2012 et dans la première partie de l'étude européenne « Prevention of honey bee COlony LOSSesa » en 2018.

En Europe, des apiculteurs ont désigné les pesticides systémiques comme les principaux responsables du phénomène dès 1995. À partir de 1999, l'interdiction en France et en Europe de certains pesticides incriminés n'a pas eu d'effet mesurable sur le terrain, les mortalités demeurant inchangées.

De nombreuses ONG écologistes et des journalistes soutiennent la thèse selon laquelle les pesticides sont la cause primaire du phénomène. L'Union nationale de l'apiculture française (UNAF) reconnaît le rôle de pathologies, mais en considérant toujours les pesticides comme la cause primaire.

Des travaux en conditions artificielles ou simulées accusent les insecticides, sans forcément en faire une cause unique du phénomène.

Ces travaux sont remis en cause par d'autres études qui considèrent que le manque de connaissances sur les besoins physiologiques des abeilles rend délicate la conception des protocoles (notamment en milieu fermé et semi-ouvert) et l'interprétation des résultats : les doses et les situations testées sont considérées comme extrêmes voire totalement irréalistes.

Les études scientifiques ont cependant conduit l'autorité européenne de sécurité des aliments à constater que les tests réglementaires homologuant les molécules mises en cause ne permettaient pas d'en évaluer les risques et que certains produits phytosanitaires encore utilisés « présentaient un risque pour les abeilles »

Définition du CCD.

Ce syndrome d'effondrement décrit le fait que des abeilles domestiques, subitement, à n'importe quelle époque (hors hiver où la ruche est en quasi-sommeil) ne rentrent pas dans leur ruche. L'absence de cadavres dans la ruche ou à proximité est le second critère définissant ce nouveau syndrome.

Des disparitions d'ouvrières ont déjà été observées par le passé, mais elles ont en 2007 des caractéristiques nouvelles jugées alarmantes par le MAAREC (Mid-Atlantic Apiculture Research and extension Consortium) :

Les abeilles "disparaissent" massivement, fait nouveau et particulièrement anormal chez ces insectes sociaux ;

Les pertes sont brutales : une colonie entière peut disparaître en une seule nuit ;

Aucune explication satisfaisante n'a été trouvée.

Curieusement, la reine abandonnée semble en bonne santé et fréquemment continue à pondre, tandis qu'il n'y a plus assez d'ouvrières pour s'occuper du couvain. Les quelques abeilles restées à la ruche (de jeunes adultes) semblent manquer d'appétit et la production de miel chute fortement

Le CCD désigne un syndrome caractérisé par la présence de trois symptômes affectant une colonie d'abeilles domestiques :

l'absence d'abeilles mortes dans la ruche ou à proximité ;