Traquenards au Proche-Orient - Georges Brau - E-Book

Traquenards au Proche-Orient E-Book

Georges Brau

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Beschreibung

Plongez dans un thriller explosif où réalité et fiction se mêlent avec brio ! Paul, officier supérieur des services spéciaux, reçoit une mission de la CIA et du MOSSAD : sauver deux agents américains pris en otages par le Hamas, au cœur d’une négociation pour la libération de prisonniers israéliens. L’un des otages, son ami de longue date, a été transféré au Liban, et Paul doit utiliser ses réseaux pour le retrouver. Un voyage haletant à travers le Liban, la Syrie, et des territoires sous contrôle djihadiste, où il devra affronter des ennemis invisibles, des mercenaires russes et des secrets d'État enfouis. Suspense, action et géopolitique explosive vous tiendront en haleine jusqu’à la dernière page. Êtes-vous prêts à suivre Paul dans cette mission à haut risque ?

À PROPOS DE L'AUTEUR

Avec ce vingt-troisième livre, Georges Brau plonge à nouveau le lecteur dans un univers captivant, marqué par son expérience dans les Forces Spéciales et les OPEX. À travers un thriller palpitant, il maîtrise la règle des trois S : suspens, sang et sexe. Un récit saisissant où l’action et les émotions s’entrelacent.

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Seitenzahl: 382

Veröffentlichungsjahr: 2025

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Éditions Esprit de tous les combats

Safari de Sarajevo au Darfour, 2005

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Loups de Guerre, 2007

Nébuleuse afghane, 2009

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Passé par les armes, 2013

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Au Beau Pays des Présumées Sorcières, 2024

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Jeunesse

Éditions Mon Petit Éditeur

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Éditions Le Lys Bleu

Le trésor des naufrageurs de l’île d’Oléron, 2018

Georges Brau

Traquenards au Proche-Orient

Roman

© Le Lys Bleu Éditions, Paris, 2025

www.lysbleueditions.com

[email protected]

ISBN : 979-10-422-9433-5

Avant-propos

« Honorable correspondant » de la DGSE, juste de retour d’une mouvementée mission en Ukraine, l’ex-colonel des Forces Spéciales Paul se voit rappeler en urgence pour tenter de délivrer deux otages. L’un d’eux connu tout particulièrement, puisqu’un allié de la CIA dénommé Bill et avec lequel précédemment il mena plusieurs missions opérationnelles, notamment en Afrique.

Si, en règle générale, les agences de renseignements sont peu enclines à travailler directement ensemble, cloisonnement oblige, Paul se voit là spécialement sollicité pour plusieurs raisons.

Tout d’abord en nonobstant jamais et en priorité sa grande amitié envers ce collègue de la CIA.

Mais surtout ensuite, sa grande connaissance du pays où ces otages seraient au tout début retenus, le beau pays du Cèdre : Le Liban.

Territoire toujours autant instable entre les diverses factions voulant s’arroger le pouvoir mais uniquement au prix du sang et de multiples attentats.

Ce roman ne fait pas exception aux précédents, en dépit cependant que l’histoire narrée soit effectivement tirée à partir de faits réels. Toutefois, toutes fortuites ressemblances avec des personnes de ce monde ou depuis hélas décédées ne seraient alors que de très pures coïncidences.

1

En promenade matinale sur la plage de Bidart, sa résidence au Pays Basque et avec prédominant ce bel océan en indispensable tasse de thé à son équilibre et ainsi, afin de fortifier sa sérénité, Paul reçut un appel perturbant l’actuelle tranquillité recherchée en ce havre de paix.

Visualisant d’un regard le numéro inscrit, subitement son cœur s’accéléra. Pire, le tout s’accompagnant d’un brusque et léger frisson, ce dernier cependant non dû à la fraîcheur matinale de ce début de printemps, mais essentiellement provoqué par l’origine précise du très inattendu appel.

D’ailleurs, spontanément, dès l’étonnement passé, il l’agrémenta volontiers d’un sourire approbateur. En clair, la satisfaction car plutôt rarement sollicité par ce type de signal, pour ne pas dire limite très exceptionnellement.

Dans un premier temps, Paul choisit à s’éloigner franchement des rares badauds arpentant la plage en ce début de période printanière. Là même où également d’habiles surfeurs bravaient de façon élégante les écumeuses grosses vagues de l’océan. Pour info, le spot de Parlementia très prisé des grands champions de cette belle discipline sportive et en dépit des eaux encore très fraîches. Toutefois, une saison déjà bien ensoleillée afin de s’adonner avec grand plaisir à ce merveilleux sport de glisse. En cette région basque, un sport quasi national avec sans oublier, car alors un grand sacrilège : le rugby.

La grande surprise de l’appel une fois digérée, jubilant d’avance, Paul prit place sur un très accueillant rocher isolé et enfin rappela le numéro concerné.

Puis, et aussitôt, comme si désireux d’une prompte réponse, une voix avec un fort accent américain, cependant s’exprimant en excellent français, lui intima simplement.

— Ton grand pote Bill est en de très grandes difficultés, mon cher Paul, peux-tu rapidement te libérer ?

La phrase pourtant à demi-mot était on ne peut plus limpide, et, même si cependant manquant de détails plus explicites, Paul répondit de la même manière par un simple :

— Oui, John, dis-moi seulement où et pour quand ?

— Ton billet d’avion t’est déjà réservé pour Tel-Aviv en fin de semaine à Paris. Ta boîte Noisy depuis prévenue et donc sans problèmes avec un spontané accord de principe de tes habituels employeurs. Toutefois, et encore comme toujours, d’inévitables grandes restrictions des Affaires étrangères, mais venant de leur part, du classique. Donc je te dis à bientôt, l’ami.

Bien que surpris, puisqu’a priori aux antipodes de s’y attendre, cependant déjà davantage préoccupé par des difficultés rencontrées par son grand pote Bill.

Aussi, Paul prit tout son temps dès la communication close afin d’au mieux essayer de tout bien décoder mentalement.

Un reflex quasiment professionnel, histoire en priorité d’en retenir la substantifique moelle et non de stupidement s’égarer dans de fallacieuses et parfois regrettables mauvaises interprétations.

En effet, hyper choquant, cet urgent appel semblable à un véritable SOS, et non trop en phase à ce lieu idyllique balnéaire, limite quasiment déplacé.

De quoi ici franchement contraster avec la gravité de l’annonce au secours précédemment formulée.

Comme si déjà son fusil mis rapidement en bandoulière et de mentalement repartit le cœur joyeux pour la guerre, spontanément tous ses sens se mirent en éveil dès l’acceptation de la proposition. D’autant que sans ne jamais n’émettre aucune réserve ou toute autre restriction compte tenu de la personne en cause. La seule annonce du danger sur son grand pote américain Bill suffisant totalement à son entière mobilisation.

Toutefois, l’expérimenté barbouze professionnel n’en demeura pas moins assez perplexe.

La surprise évaporée, Paul réalisa enfin que son appelant des USA était peu habitué à de tels appels si directs d’au secours, quasiment rarement et directement envers sa modeste personne.

Cependant, réactif en la circonstance, cela lui fut amplement suffisant pour positivement obtempérer et ce quel qu’en serait l’enjeu et surtout, car encore jamais évoqués, tous les risques à encourir.

Le lot habituel dans ce bien peu conventionnel job de barbouze…

Qui plus est, rajouta-t-il, quand en collaboration étroite avec la CIA et également puisque débutant d’abord en Israël avec le très performant service secret du Mossad.

Le lieu indiqué de Tel-Aviv comme rendez-vous à sa mission des plus révélateurs et surtout aussi conjointement : des plus intrigants.

Prenant cependant de légitimes instants de réflexion et ce afin de posément analyser sa trop spontanée réponse, même si celle-ci venant directement du cœur, Paul n’eut aucun mal à naturellement reconnaître que Bill était son vieux camarade de la CIA, limite un frère.

Afin de si besoin et davantage conforter la raison de son instantanée acceptation, un rapide come-back lui remémora la genèse de leur profonde et réciproque amitié.

D’ailleurs, l’originalité de leur toute première rencontre parlait facilement d’elle-même.

En effet, leur tout premier contact datait de quelques années de là, alors qu’en missions totalement séparées en Somalie et précisément dans sa capitale Mogadiscio.

Là même où leur hôtel s’était subitement écroulé suite à un attentat terroriste à la voiture piégée.

(Lire : Passé par les armes aux éditions du Rocher)

En clair, les deux espions y enquêtaient séparément pour leurs propres employeurs. Mais à noter sans auparavant de précédents rapports professionnels entre eux deux.

Ensuite, par un concours de circonstances, voire d’énormes miracles et unanimement qualifiés comme tels, ils s’étaient retrouvés vivants sous les tonnes de décombres de leur hôtel. Bâtiment complètement dévasté par cet attentat terroriste.

S’en suivit un interminable emprisonnement sous des tonnes de gravats et hélas dans l’impossibilité de s’en sortir sans l’aide de sauveteurs de l’extérieur.

D’où un long calvaire avec la bagatelle peu évidente de plus de soixante-douze heures passées sous ces mêmes décombres. Un créneau temporel, afin de s’entraider moralement, avant d’être enfin récupérés sains et saufs, mais quelque part, assez traumatisés à vie.

Une expérience des plus pénibles de vécue et de quoi et à jamais sceller leur amitié.

Quasiment un véritable miracle, car tout autour cela fut un grand carnage, peu de ces clients étrangers de l’hôtel ayant survécu.

Au final, de quoi laisser de profondes traces et le souvenir émouvant de leur entraide lors de ce long périple troglodyte, lequel forgea indéniablement leur actuelle grande camaraderie.

2

Poursuivant agréablement son come-back mémoriel, Paul se souvenait bien que plus tard et après Mogadiscio et son attentat de l’hôtel, à maintes reprises, Bill avait également aidé Paul au cours d’autres missions sur différents territoires. Lieux effervescents où ils s’étaient inopinément croisés et surtout chaque fois que nécessaire bien entraidés.

Notamment comme assez récemment lors de la libération d’otages au sud-Soudan, mais pas que…

(Lire : Otages au Darfour aux Éditions du Lys Bleu)

D’où, leur fraternelle complicité devenue quasiment inébranlable au fil du temps qui passe, même si souvent parfois au grand courroux de leurs respectifs employeurs.

Ceux-ci en général bien peu complaisants à ce que le rituel et strict cloisonnement ne soit plus systématiquement appliqué entre nations étrangères, même si alliées.

Toutefois, Bill et Paul agissaient en conséquence pour la réussite réciproque de leurs entreprises, et ce, même si celles-ci n’ayant pas le même but au final.

Bref, ils opéraient en très bonne intelligence tout en favorisant du mieux que possible leurs réciproques intérêts pour de véritables et inconditionnels frères de sang.

C’est bien dans un tel contexte que Paul ne pourrait jamais rester sourd à cet appel au secours d’un grand ami, même si d’une tout autre et parfois rivale nationalité.

D’ailleurs, à ce propos, il s’attendait déjà à de sournoises réticences chez ses employeurs de la Piscine, mais en l’occurrence, depuis limite blasé, car pas la première fois où ses chefs en net désaccord avec leur Honorable et hyper bouillant correspondant.

Comme attendu, ce fut en préambule où les officiers traitants à la DGSE lors de son briefing lui firent longuement remarquer. L’ensemble avec en accompagnement de déguisés légitimes reproches, même si ceux-ci distillés fort habilement afin de ne jamais le heurter de pleine face.

Dès lors, ils insistèrent assez lourdement, lui rappelant une Lapalissade comme quoi, actuellement, leurs respectifs pays ne convolaient hélas plus en très bonnes noces

En cause principale, des divergences politiques séparant singulièrement ces deux nations pourtant très anciennement amies.

Cela résumé par le fait d’être en désaccord notoire sur la façon d’arrêter au plus tôt le conflit israélo-palestinien. Également, tout comme leur position sur l’aide à l’Ukraine contre l’ogre russe Vladimir Poutine.

A priori et depuis, le président français plus trop le bienvenu en Israël, et particulièrement à ce sujet, Paul révolté contre certaines actuelles positions présidentielles, comme celle de ne pas condamner ouvertement les terroristes du Hamas.

Pourtant, en toute objectivité, les seuls grands responsables du conflit en cours avec leurs prises d’otages du 7 octobre 2024.

Autre désaveu à cette invitation américaine, le ministère des Affaires étrangères français se montrant peu conciliant pour l’éventuelle intervention d’un barbouze français en territoire étranger.

Notamment, et si en l’occurrence pour aller secourir un espion de la CIA pris cavalièrement en otage, alors qu’il parlementait afin de faire libérer des otages israéliens du 7 octobre et encore hélas retenus prisonniers en Palestine par le Hamas. Le tout, en dépit des milliers de libérations des prisons israéliennes récemment consenties pour des terroristes de ce même Hamas.

Paul apprit également, même si détenant peu de précisions, en l’occurrence afin de peut-être mieux plus tard élucider la situation, qu’une diplomate franco-américaine prénommée Nadine de plus ou moins mêlée à ces clandestines tractations.

Aux dernières nouvelles, elle aussi depuis totalement disparue et sans d’autres éventuelles revendications de ceux les détenant en otages. Apparemment, ces terroristes peu pressés de demander une rançon à leurs pays.

De quoi beaucoup étonner les diplomates occidentaux, plutôt habituellement habitués à ce genre ou type de chantage tout en faisant graduellement monter exagérément la rançon.

Bref, encore bien trop peu d’éléments à ce stade afin de se forger une objective opinion et encore moins d’appréhender déjà de hasardeux plans sur la comète.

Dès lors et un peu comme à son habitude chez Paul, de hélas demeurer en totale expectative pour la suite des évènements.

D’où son dos rond afin de patiemment attendre l’évolution de la situation à son prochain débarquement en Israël et surtout enfin d’espérer en apprendre davantage.

Le tout, en souhaitant que le Mossad comme la CIA et, même si, cloisonnement oblige, volontiers, lui en confieraient beaucoup plus.

Sans quoi et en toute bonne logique, ils n’auraient jamais sollicité son urgente arrivée à Tel-Aviv…

3

Le sac opérationnel rapidement bouclé, des équipements indispensables, par exemple ses pratiques et robustes chaussures tout-terrain Lowa à référence Zéphyr ou encore un confortable treillis Arktis cédé par son ami et frère d’arme La Bèche. L’armement étant à lui fournir plus tard et seulement quand rendu sur place. Avec de préférence et si possible, un PM UZI et un Glock 9 mm, toujours un double équipement, sait-on jamais.

Pour le restant, un brin toujours philosophe, Paul verrait par la suite comment évoluer au mieux en de tels pays étrangers. Ceux-ci ayant pour commune et regrettable particularité d’être en guerre permanente, limite telle une malédiction perdurant depuis des décennies…

Quoiqu’il en serait alors, plutôt stoïque et confiant en sa grande expérience, et surtout convaincu qu’il ne serait jamais trop conseillé d’y séjourner sans être moyennement armé. Voire également et, selon les milieux trop « craignos » de disposer de préférence d’une solide escorte.

D’où et à ce propos, regretta-t-il de ne pas pouvoir disposer d’un groupe composé de frères d’armes des Forces spéciales avec quelques hardis commandos du 1 RPIMa et du 13 RDP, l’élite de l’élite comme labels d’escortes et de compétences guerrières et dans l’acquisition du renseignement opérationnel.

En effet, de se hasarder en pays inconnu, sous-entendu et indéniablement avec le statut d’étrangers, ceux-ci devenant des cibles de choix pour les bandits hautement spécialisés dans le kidnapping.

Les exemples ne manquant pas, devenu quasiment un sport national où excellaient les ressortissants locaux y opérant avec maints succès avérés.

Dès sa descente d’avion, un agent du Mossad Jérémie l’intercepta et sans d’inutilement user de salamalecs de bienvenue.

En revanche, efficace, il lui évita les procédures administratives en passant sans s’arrêter au service immigration, d’habitude un filtre ultra pointilleux pour un séjour d’étrangers se rendant en Israël.

Son paquetage fut parallèlement récupéré tout autant facilement par un dénommé Adam, autre agent des services secrets israéliens.

Toutefois, ces deux athlétiques convoyeurs restèrent muets comme des carpes jusqu’à l’accueil bien plus chaleureux de John au sein de son hermétique consulat américain.

En l’occurrence, une véritable forteresse, un bunker peu accessible sans ne montrer auparavant patte blanche.

Au passage, bien qu’identifiés comme agents patentés du Mossad, le véhicule fut inspecté scrupuleusement, même si les personnels reconnus et surtout en amont précédemment bien annoncés.

Paul fut de suite conduit vers une grande salle de briefing constellée de plans et de photos satellites et où plutôt, chaleureusement on lui présenta les personnes chargées de l’informer afin de lui faciliter son enquête durant son court séjour en ce pays.

Tout en espérant à l’unisson que son passage soit le plus fertile possible et en bonus final avec la libération des deux otages.

La venue de « La Légende » fut saluée avec grande déférence, même si certains s’attendant à rencontrer une espèce de Rambo ou autre balaise de ce même gros gabarit et aux muscles hyper volumineux. Comme quoi et toujours d’actualité, l’habit ne faisant pas vraiment toujours le moine… Ces présentations s’accompagnèrent de sirènes d’alerte et autres interventions sonores à l’extérieur de policiers se rendant probablement sur de récents lieux d’attentats.

Ici en Israël et hélas, nullement un scoop, car ceux-ci quotidiens en ce territoire, ce pays ne manquant pas de terroristes plus ou moins shootés au quat ou au captagon pour commettre des homicides sur la population, et ce, même en n’ignorant nullement qu’au passage ils y laisseraient leur vie.

Chez ces inconscients, un rêve que de devenir un martyr et rejoindre les vierges promises dans l’utopique paradis d’Allah.

En revanche et ici bien différent qu’en France, la légitime défense automatiquement préconisée comme telle, voire hautement félicitée et avec raison.

Ceci bien aux antipodes de ceux de métropole pérorant en permanence sur une police assassine.

Bref, une ambiance pas de quoi trop étonner Paul, lequel rentrant depuis peu d’Ukraine, autre pays en pleine guerre et tardant encore à retrouver la paix, les pourparlers entre les belligérants et divers médiateurs plus que jamais en stand-by.

Revenu après cet intermède sécuritaire au pourquoi de cette réunion, en préambule, les brillants intervenants durant ce long et intéressant brainstorming furent clairs et précis dans leurs exposés. Ils n’hésitèrent jamais à livrer tous les détails à « l’Honorable correspondant » de la DGSE sur les faits ayant hélas amené jusqu’à ce regrettable enlèvement.

Ainsi, Paul apprit que différemment aux autres pourparlers se déroulant dans des pays arabes pour parvenir à des accords de restitutions d’otages israéliens ou étrangers du pogrom du 7 octobre 2024, Bill et l’agent du Mossad Nadine avaient effectivement opéré en pourparlers sur les lieux supposés de leur enlèvement.

Premier grand étonnement du barbouze, celui d’apprendre la double casquette de cette dénommée Nadine.

Franco-américaine, elle travaillait à la fois pour les affaires étrangères de la France et accessoirement, mais sans toutefois le claironner, pour aussi et également le Mossad et avec quelques épisodiques relations professionnelles avec la CIA.

Ce qu’apparemment et naïvement le naïf quai d’Orsay ignorait totalement, pourtant pas la première dans la série des agents doubles, voire triple.

Depuis et hélas, toutes immédiates investigations afin de retrouver leurs traces s’étaient soldées par de cuisants échecs, avec énormément de fausses pistes habilement présentées et leur faisant perdre un temps précieux avant de complètement disparaître définitivement dans la nature.

D’où l’appel en renfort de Paul pour éventuellement réussir à retrouver ce couple d’agents.

Avec l’allusion flatteuse d’être comparé tel un compétent chien renifleur afin de suivre la meilleure piste possible leur ayant échappée.

Une comparaison plutôt osée, mais qui fit largement sourire Paul, même si jamais cité directement comme d’être apparenté à un tel fin limier.

Bref, et pour la majorité des solliciteurs de cette salle de réunion, limite chez eux un grand compliment.

Cependant, alors aux toutes dernières nouvelles de ce brainstorming, toutefois celles-ci émises du bout des lèvres et avec maintes précautions pour les accompagner, ces deux agents secrets auraient récemment été extradés vers le voisin et proche Liban.

Seul point constant et surtout des plus regrettables, toujours sans aucune revendication de la part des ravisseurs.

Les statuts d’agents secrets de ce couple depuis bien identifiés comme tels et rendant dorénavant des plus délicates toutes éventuelles négociations politiques pour leur libération.

Aussi et attentifs en cette salle, aucun des participants n’ignorait nullement le long et éloquent CV de ce potentiel mangeur de cuisses de grenouilles et d’escargots.

Un bilan ultra flatteur avec d’excellents résultats pour plusieurs récentes libérations d’otages, lesquelles et indéniablement plaidant fortement pour sa présence en ces lieux afin d’au mieux coopérer, même si avec un handicapant statut d’étranger.

Mais, a priori, de surtout pouvoir compter sur son indicible amitié avec le dénommé Bill et surtout de posséder un carnet de bonnes adresses à l’étranger capables d’urgemment faciliter ses investigations. D’ailleurs, ce pour quoi on le sélectionnait de préférence à d’autres tout aussi brillants barbouzes, mais démunis de ce fameux copieux carnet d’adresses.

Effectivement et à l’évidence, un véritable sésame pour se faire ouvrir de nombreuses et inaccessibles cavernes d’Ali Baba.

Ce qui fut souvent le cas avéré lors de ses dernières missions, Paul n’ayant pas son pareil pour avoir des accointances là où tous les autres jusqu’ici avaient lamentablement échoué.

D’où le dernier atout maître pour ses nouveaux employeurs étrangers…

4

Pertinemment et à prendre en large et commune considération, puisque revenant à grandes enjambées sur le tapis, son extrême et compétente implication lors de l’attentat du poste français Drakkar le 23 octobre 1983 à Beyrouth.

Sans n’oublier les suites conduites pour tenter de retrouver les véritables auteurs de cet assassinat, comme pour celui des Marines US l’ayant précédé à l’aéroport.

Pour Paul, un très mauvais souvenir en l’occurrence, avec hélas la mort de cinquante-huit parachutistes, dont trois de l’unité du 9 RCP qu’il commandait à Beyrouth et au sein du quartier sinistrement célèbre de Chatila.

Là même et en effet, où quelques années plus tôt, des centaines de Palestiniens furent massacrés par des milices chrétiennes libanaises profitant odieusement pour accomplir cet effroyable génocide de la victorieuse invasion d’Israël.

Effectivement, parmi cet aréopage de barbouzes étrangers assistant ici à Tel-Aviv à ce peu commun brainstorming, à croire que tous ici avaient lu auparavant le livre « Les paras sacrifiés » de Frédéric Pons aux éditions des Presses de la Cité. En l’occurrence, un objectif témoignage et où ce brillant journaliste du Figaro y relatait cet affligeant attentat et surtout comment surtout précocement annoncé en amont par leur invité français de ce jour.

Notamment en le citant, comment l’ex-capitaine Paul avec son unité du 9 RCP s’était particulièrement démené afin de s’intégrer du mieux possible à la population palestinienne de Chatila.

Une longue action menée patiemment et facilitée en cela, car à la base, lui moyennement arabisant car Pied-Noir, et également ajouté à cela sa culture 13RDP. Dont ses récentes et efficaces expériences en OPEX à inlassablement rechercher le renseignement opérationnel.

L’ensemble de ses complémentaires qualités concourant à se comparer telle une araignée tissant adroitement sa toile afin de recueillir quotidiennement des informations importantes. De préférence, celles hautement capables et efficaces afin de protéger au mieux son unité parachutiste. Celle-ci disséminée dans ce quartier aux dédales multiples et facilitant quasi imparablement tout éventuel attentat terroriste…

En y repensant longuement à la pause-café, rapidement, Paul revisita son expérience peu banale quand débarquant avec son unité en août 1983, donc en plein été, et au cœur de Chatila.

Seul et très précaire passeport d’accréditation, le statut de troupes opérant sous mandat ONU. Ceci avec initialement la volonté d’instaurer la paix en cette ville où les factions rivales, chrétiennes, islamiques, druzes et palestiniennes s’entretuaient journellement. En permanence dans une totale anarchie, avec un gouvernement libanais incapable de s’y opposer.

Aussi et avec sa belle unité parachutiste d’appelés du contingent ayant précédemment souscrit un contrat de volontariat, Paul y reçut la mission d’y faire l’interface. Là même et où, en une petite heure de farouche affrontement, ces belligérants cités tiraient sans retenue l’équivalent de sa dotation en munitions prévue pour l’ensemble de ce mandat n’excédant pas plus de quatre mois.

En toute objectivité, très vite, Paul conclut qu’avec son unité, même si « ses rudes », comme sympathiquement, il citait ses jeunes paras, possédaient d’excellentes qualités militaires, comme leurs aînés en Algérie.

Bref et objectivement persuadé, que certainement ils ne feraient jamais le poids, d’abord car un rapport de force bien en sous-effectifs en comparaison aux hordes ennemies et également car tenu à des règles ultras contraignantes d’engagement.

En clair, les paras français limités essentiellement à de la légitime défense et en recevant la stricte consigne à ne jamais être les premiers à tirer, même si en grand danger…

D’où, compte tenu de ce plutôt funeste contexte, Paul n’eut pour seule alternative que de privilégier au maximum le renseignement afin d’éviter le pire à sa compagnie de combat.

Cela rapidement se concrétisa par de multiples rapprochements avec la population, dont beaucoup d’aides médicales gratuites facilitant d’autant son intégration.

Associées à cela, d’autres petites magouilles diverses afin de s’attirer l’adhésion de ces habitants de Chatila, en l’occurrence, et pour rappel, tous des Palestiniens.

D’ailleurs, bien en l’occurrence, lui en avait pris, même si cependant décrié par ses autres camarades commandants d’unités mais eux en poste sur le secteur privilégié avec en environnement immédiat que des chrétiens.

Unités évoluant quasi joyeusement autour de jolies et affriolantes femmes en mini-jupes, alors que lui confronté journellement aux austères voiles et autres insondables burqas.

Pourtant, tous de bons camarades paras comme lui, mais compte tenu de leur plus agréable contexte aux antipodes de celui de Chatila et donc hélas à mille lieues de percevoir le danger qui ne tarderait plus ensuite à rapidement les submerger.

Ainsi et à ce propos, Paul en fut vite récompensé. Notamment quand une femme vint l’avertir de quitter le Liban en vitesse, lui mimant avec l’air grave l’égorgement personnel à risquer sous peu.

En l’occurrence, sa fille précédemment soignée par le médecin de la FMSB et donc une maman reconnaissante, au point de l’avertir en ce vendredi 21 octobre et bien avant l’attentat du funeste dimanche de la fin de Drakkar.

Puis et comme si cela ne suffisant pas et tout autre indice très alarmant, celui-ci eut lieu le samedi la veille de l’attentat.

Logeant au nid d’aigle dans un ex-appartement du chef palestinien Yasser Arafat, celui-ci récemment exfiltré par la France afin de le sécuriser, bref, tous ses autres locataires palestiniens de ce même immeuble venaient expressément de quitter leurs logements.

Habitations qu’ils occupaient depuis des décennies et tout juste en dessous de ce même nid d’aigle où s’était installé le PC de Paul, lieu hérité par ses prédécesseurs légionnaires du 2 REI.

Dès lors, ne paniquant nullement, Paul rendit compte à sa hiérarchie de ces indices pour le moins très alarmants.

Sensible à cet effectif et inquiétant avertissement, connaissant bien son capitaine comme jamais ne paniquant, son chef de corps mit en alerte une section de Drakkar en alerte. Celle-ci prête à venir prêter main-forte à son PC.

Pour info, Drakkar étant distant à peine de deux cents mètres à vol d’oiseau du Nid d’aigle du PC de Paul.

Également en alerte, la SER du 9RCP de l’AC Pansard pour patrouiller la nuit avec ses jeeps aux abords du PC de Paul.

Ainsi et en ce dimanche 23 octobre 1983 et à six heures du matin, après une nuit relativement calme, déjà, Paul regrettait d’avoir inutilement alerté ses collègues, dont cette section de Drakkar en stand-by, c’est-à-dire dormant tout habillé et rangers aux pieds.

En ce beau dimanche matin où le soleil venait juste de se lever et en prédisant une belle journée.

Toutefois, hélas très vite gâchée quand la première explosion survint chez les Marines installés à l’aéroport et réveillant sans peine le tout Beyrouth.

Se précipitant sur sa haute terrasse dominant tout son quartier de Chatila, Paul put voir le gros nuage de l’explosion s’élevant dans le ciel tout au-dessus de l’aéroport.

Quasiment, par réflexe, il regarda le poste Drakkar et aperçut ses deux amis, les capitaines Thomas et Ospital sur leur balcon, regardant également vers l’aéroport, une tasse de café en main.

Hélas et presqu’au même moment de cette fugace vision, l’immeuble Drakkar se souleva dans une explosion étourdissante.

L’énorme souffle ressenti par Paul et le projetant au sol. Puis, dès l’opaque fumée dissipée, hélas de constater que le bâtiment n’existait plus, l’unité ensevelie sous des tonnes de béton en ce triste 23 octobre 1983…

Un amer constat et difficilement acceptable, toutefois, dans l’immédiat l’urgence étant d’abord d’en rendre-compte à son chef de corps. Lui pour info avec son PC logeant bien loin de ce quartier et donc hormis le fort bruit de l’explosion, ne se doutant nullement qu’il s’agissait du sort d’une de ses unités du 6 RIP.

En l’occurrence celle du 1er RCP du capitaine Thomas, grand ami de Paul et mort ce matin du 23 octobre 1983 à Beyrouth et au service de La France…

5

L’espace d’un long flash émotionnel au sein de cette salle du consulat américain à Tel-Aviv, Paul venait subitement de revivre ce très douloureux souvenir en répondant à quelques interrogations des participants. Notamment pour répondre si voiture piégée ou pas, mais évitant cela en changeant de sujet. Celui-ci de son éternel et grand regret, celui que ce ne soit pas son Nid d’Aigle qui explose à la place de Drakkar.

D’abord, le bilan aurait été bien moindre, resté seul avec le jeune Cacavelli, son fidèle et hyper compétent radio d’origine Corse pour assurer la permanence en son PC.

En revanche, sa section commandement préalablement évacuée afin d’éviter au maximum cet imminent risque d’attentat.

Tristement, Paul revoyait ces instants cruels où cinquante-huit de ses camarades paras décédèrent, dont trois de son unité, détachés pour instruire les conducteurs de véhicules blindés de l’avant (VAB) dont venait d’être tardivement dotée cette unité du 1 RCP…

— Vous m’avez l’air plutôt pensif, l’interrogea subitement un Israélien prénommé David et réputé pour être le chef action de contre-espionnage du Mossad.

Revenant brusquement au temps présent après l’inattendue et soudaine intervention de ce David, Paul ne détourna pas la question et volontiers s’affranchit posément de ses actuelles pensées.

Sous-entendu, la communication s’avérant essentielle afin d’au mieux pouvoir ensemble progresser.

— Apprenez cher ami, qu’à chaque fois où l’on me parle du Liban, je ne peux m’empêcher de repenser à Drakkar et à l’assassinat de frères d’armes et aussi d’amis chers comme le Cne Thomas et son adjoint Ospital et de ceux de mon unité.

— Je comprends bien, d’où votre précédent et profond recueillement. Mais pour être franc avec vous, comme pour l’être ainsi directement avec moi, je vous avoue que personnellement, j’étais contre votre venue ici pour hériter de cette mission. Tout d’abord, parce que logiquement le temps depuis a passé et permettez-moi de douter d’avoir encore de très bons contacts capables de nous faire quelque peu avancer dans notre enquête.

Peu interloqué par l’explicite et franche réplique, même si à connotation négative, sans détour, et ni mauvaise ironique pensée, dans un premier temps, Paul sourit volontiers à son interlocuteur.

Ensuite et quasiment dans la foulée, usant fort à propos de sa spontanéité tout aussi légendaire, l’ex-colonel français lui avoua tout aussi franchement qu’il ne comprenait pas non plus le pourquoi de son actuelle présence à Tel-Aviv. Excepté cependant, si l’on n’occultait nullement sa très grande amitié avec Bill, puisque de longue date étant son frère de sang.

Un aveu qui dérida ce responsable du Mossad et qui tout aussi spontanément serra fraternellement la main du Français.

Vraisemblablement, ce David appréciait cette belle franchise, puisque probablement de la même trempe que Paul et au point de lui accorder volontiers toute sa confiance.

Dès lors et en aparté, David lui confia pourquoi les ravisseurs avaient préféré se réfugier au Liban en lieu et place des environs de Gaza en Palestine, où, très probablement ils auraient été davantage en sécurité.

Ce à quoi, plutôt circonspect après cette confidence, Paul répliqua dans la même spontanéité que l’avait précédemment fait David.

— Sans doute, rajouta le Français, car n’étant pas aussi proches que cela des terroristes du Hamas et plutôt alors bien mieux de ceux du Hezbollah.

Le sourire de David illumina son visage émacié et jusque-là volontiers affiché de sévère et peu expressif.

— C’était également ma conclusion, bien que notre ami John de la CIA ne me la contredise jusqu’ici, mais sans pour autant amener une tout autre possible hypothèse.

Puis, après mûre réflexion, songeur comme si méditant sur toutes ces nouvelles données, Paul questionna de nouveau ce chef du Mossad David.

— Si vous me le permettez, j’opterai que vraisemblablement les ravisseurs aient revendu leurs otages à une autre faction djihadiste. J’ai très récemment vécu cela au Darfour, où ce commerce s’exerce en fonction des ponctuels intérêts de chacun. Actuellement, vous ne me contredirez hélas pas, la situation à Gaza est des plus tendues et le Hamas a bien d’autres préoccupations plus urgentes avec la difficile restitution du reliquat des otages du 7 octobre, n’est-ce pas ?

— Donc et si je vous suis bien, les ravisseurs auraient revendu la patate chaude à leurs homologues libanais du Hezbollah, histoire momentanément à ne pas trop être en mesure d’assumer les deux problèmes en même temps, c’est cela votre pertinente hypothèse ?

— Étant de nature économe, je miserai pourtant un petit euro sur ce pari et, comme préconisé par John et si j’étais vous, j’orienterais volontiers toutes mes recherches directement vers le Liban. D’ailleurs, certainement qu’on l’a précédemment rancardé sur cette possibilité, mais ne désirant pas encore la partager, car sans doute et hélas non recoupée par d’autres sources. Personnellement, je pense sincèrement que, là-bas des Indics seraient bien en mesure de promptement vous renseigner moyennant le sacrifice de quelques dizaines de milliers de dollars et non de celle de mon modeste euro misé…

Assistant au dialogue, ce fut John qui éclata de rire, se moquant de ses amis du Mossad catalogués de sceptique lors de sa requête d’avoir précisément appelé ce Français à la rescousse.

D’ailleurs et bon joueur, David le premier en fit amende honorable et proposa à Paul de l’accompagner personnellement au Liban. Proposition que le Français ne refusa nullement, même si au passage quelque peu non encline à raviver de vieux et très mauvais souvenirs avec son passé.

Au bilan, ce serait un nouveau come-back, une allusion en se souvenant de cette mission en Syrie où il avait été transporté sur les plages libanaises par submersible et de sa rencontre avec Zora pour une infiltration très mouvementée jusqu’en Syrie.

(Lire : Entre deux feux aux éditions des Eaux Troubles)

Dès lors, des souvenirs plein la tête l’occupèrent quelques instants, alors que ses alliés préparaient son imminent transfert pour Beyrouth. Mais à la grande différence que ce voyage serait tout naturellement accompli par avion de ligne classique.

Pour ce qui serait des visas, aucune inquiétude, CIA comme le Mossad possédant assez de contacts pour accélérer positivement leurs immédiates ou presque attributions.

Sans doute que de bienvenus dessous de table facilitant éventuellement toute possible anicroche.

Plus désormais qu’à patienter un peu pour vite retrouver ce beau pays lui tenant tant à cœur et surtout vite ouvrir son carnet d’adresses pour retrouver d’indispensables contacts afin de mener à bien sa future enquête à retrouver ces deux otages américains…

6

Pour ce nouveau retour au Liban, et décidément à mille lieues ces derniers jours à s’y attendre, son entrée se fit tranquillement par un simple atterrissage en Kiss-landing sur l’aéroport international de Beyrouth.

Une arrivée voulue anodine et différente de celle de 1983 où il l’avait abordé dans ce même pays, mais alors par la mer ou bien aussi et quinze ans plus tard, très clandestinement en sous-marin.

Comme quoi, un large panel de mise en place à collectionner au hasard de ses missions, histoire de les rendre dès le début hautement différentes.

Un sympathique flash mémoriel, notamment sur son inédite entrée au Liban, Paul repensant à sa rapide descente en corde lisse d’un hélicoptère afin de rejoindre un submersible l’attendant en surface.

Ensuite s’était inscrite une traversée plutôt mouvementée, son fragile estomac ayant souffert en dépit des cachets de dramamine avalés.

Cela précédant son amerrissage en zodiac sur une plage déserte, discrètement escorté par d’efficaces Commando-Marine et juste avant son inattendue récupération par une opérationnelle Libanaise prénommée Zora.

Celle-ci programmée afin de lui servir de guide lors d’une longue infiltration clandestine jusqu’en Syrie.

Bref des entrées au Liban différentes et d’actualité d’utiliser fort à propos le fameux et célèbre dicton : jamais deux sans trois ici au Liban.

En effet, une toute nouvelle fois, Paul revenait en ce beau mais toujours aussi perturbé pays du Proche-Orient avec son drapeau où arborait un magnifique cèdre.

En revanche, et cette fois-ci, il se trouvait spécialement chargé d’une tout autre mission, différente que les deux précédentes. Avec toujours l’espoir de ne pas trop y laisser de dommageables et surtout personnelles plumes, puisque non un va-en-guerre et tenant particulièrement à vivre encore assez longtemps.

Seul fait plaisant à sa nouvelle mission et au point de largement en sourire, un statut préférentiel, puisque possédant l’initiative d’opérer totalement en électron libre.

Avec en revers de la médaille, cette intangible règle de survie, donc qu’à ses seuls et personnels risques et périls.

Mais aussi et surtout également appréciable, doté d’une importante logistique, puisque cette fois richement cornaqué par les USA.

Ce qui, en clair, l’exonérerait surtout des inconvénients inhérents aux multiples besoins qualifiés de bassements matériels.

Un changement notable et bienvenu, puisque la plupart du temps le Français plutôt habitué d’évoluer qu’avec exclusivement « la bite et le couteau ». Les seuls maigres et restreints frais consentis par ses avares employeurs parisiens.

Ensuite, à lui seul d’actionner au mieux ses principales qualités, comme celle quasiment innée de développer en fonction de l’événementiel de « l’efficace et franche démerde ».

Celle-ci s’étant décuplée au fil de nombreuses années d’expérience et plus spécialement au cours de ce peu commun job de barbouze.

Cependant, à noter avec d’inévitables réserves techniques, car et a priori, cela demeurant fréquemment une activité peu évidente, notamment quand à travailler clandestinement dans un pays étranger très instable.

Qui plus est, quand celui-ci à la stabilité gouvernementale très bancale, pour ne pas le jurer d’être en plein bordel, en l’occurrence, le mot le plus adéquat et mieux adapté au grave contexte actuel.

Toutefois, et dans ce cas précis, Paul ne serait nullement pris au dépourvu, ne le découvrant pas en débarquant tel un touriste à Beyrouth. Les médias alentour s’étant largement chargés de cette cruciale information.

Aussi, et à lui seul de saisir toutes opportunités et de faire ensuite avec. De préférence, dans l’immédiat à s’entourer d’appuis sûrs et dont la rareté, hélas en ce territoire s’afficherait cependant voisine du zéro pointé.

Dès lors et après son installation à l’hôtel, l’obligation urgente de donner d’indispensables coups de fil afin de prendre d’impératifs et très nécessaires contacts.

Un réflexe permanent employé dans ce particulier job de barbouze, fort heureusement, son carnet d’adresses étant à lui seul une véritable richesse.

Limite presqu’à le comparer telle une arme efficace, du moins, si de préférence, on y répondait favorablement à ses toujours autant dangereuses sollicitations.

D’ailleurs, et même si cependant l’ayant pressenti, d’où et naturellement peu encourageants, plusieurs appels n’eurent d’emblée aucunement les effets positifs escomptés.

Que ce soit volontairement et quand obligé d’appeler en numéro masqué, ou alors curieusement, la personne momentanément non sur le moment disponible.

D’où de le marquer soigneusement, afin de réitérer plus tard ces indispensables appels.

Ceux-ci nécessaires, pour ne pas dire essentiels à lui entrouvrir d’indispensables portes, voire des pistes probables et de préférence capables de lui faire au plus vite accélérer son enquête.

En revanche, un dénommé Abdelkader répondit de suite à la première sonnerie :

— Rouya (frère), pas besoin de m’appeler mon ami, je suis déjà dans le hall de ton hôtel. Ton débarquement à Beyrouth a été largement signalé à tous tes ennemis au Liban. Y compris jusque dans les lointaines plaines de la Bekaa et où tu n’ignores certainement pas être le lieu où se réfugient tous les terroristes du Hezbollah, ceux qui ont depuis toujours mis ta tête à prix et dotée d’une forte récompense…

— Ok Abdel, je descends de suite, suite à ce que tu m’annonces, j’espère que tu es venu me chercher en voiture blindée mon ami ?

— Oui évidemment, sachant quand toi une fois à l’intérieur, tu attireras facilement tous les terroristes de la zone désireux de s’offrir un joli carton. Tu pourras également compter sur mon escorte d’accompagnement car elle toujours armée jusqu’aux dents et plutôt en règle générale efficace.

L’ami Abdel était une très vieille connaissance de Paul, un VIP Palestinien vivant occasionnellement de ses multiples rentes. En clair, ses magouilles en tout genre dans l’import-export lui rapportant gros et sans pour autant s’attirer les foudres légales.

Un personnage sulfureux, mais qualifié d’expert à récupérer les meilleures affaires du marché.

En effet, Abdel n’avait pas son pareil à récupérer des sociétés déclinantes, puis les rachetant à très bas prix et leur donnant ensuite de l’allant au point de redevenir rapidement et de nouveau florissantes. Dès lors et logiquement ensuite, de les revendre en faisant au passage une plus-value significative.

Par ailleurs, leur amitié datait du temps où Paul avait sauvé la vie à son paternel, quand celui-ci fait malencontreusement prisonnier par la milice d’Amal, une faction terroriste pro-iranienne.

Abdel étant alors un jeune garçon de seize ans et depuis toujours très reconnaissant envers le Français.

D’où de spontanément venir aider à son tour celui ayant momentanément sauvé son père Rachid d’une mort certaine.

Hélas, cinq ans plus tard, Rachid fut abattu de sang-froid en plein restaurant dans le quartier de Sabra, toujours par des miliciens d’Amal, cette branche pro-iranienne et plutôt très sympathisante du Hezbollah libanais.

Aussi et à coup sûr, Paul pourrait toujours compter sur l’inconditionnel soutien d’Abdel, ce dernier demeurant éternellement rancunier sur le groupe armé d’Amal.

Leurs spontanées retrouvailles furent des plus cordiales d’autant que sincères. Toutefois, revenant vite aux choses sérieuses, très vite Abdel mit en garde le Français, lui signalant que les autorités libanaises déjà le marquaient très sérieusement à la culotte.

Dans ce hall d’hôtel de luxe et très fréquenté, plusieurs sbires visiblement déjà prêts à les suivre et à les espionner, dussent-ils partir se promener même jusqu’en enfer.

Cependant, pas né de la dernière pluie, aujourd’hui Abdel avait tout prévu, ses hommes firent en sorte d’empêcher radicalement cette filature programmée.

Les deux amis, tels des fugitifs partant sans problème par l’arrière de l’établissement pour rejoindre une grosse Mercédès noire blindée les emmenant sur les chapeaux de roues vers une destination où ils pourraient tranquillement établir d’indispensables plans sur la comète.

En primeur à sa première confidence, d’emblée, Abdel informa Paul que, selon les rumeurs urbaines, son ami otage Bill était effectivement bien arrivé au Liban.

De nombreux potins s’étant rapidement recoupés et ayant circulé dans le tout Beyrouth.

Ceci avec comme grande probabilité d’être momentanément emprisonné dans les sordides geôles de ce très controversé groupe Amal.

Ce soir, et moyennant quelques centaines de dollars comme bakchichs, Paul en apprendrait davantage. Mais en attendant, comme l’heure de déjeuner approchant, ils se rendirent rapidement sur la corniche.

Là et au menu, lui promit Abdel, de belles langoustes grillées y seraient prêtes à être dégustées en très bonne compagnie.

Sous-entendu, sans être dérangés par des ennemis potentiels et à Beyrouth, ceux-ci certainement ne manquant jamais dans le paysage.

Une vérité de La Palice non démentie par Paul, ayant aussi hâte de se restaurer, prétextant que les émotions lui ouvraient davantage l’appétit et, ces derniers temps, il aurait une fâcheuse tendance à cumuler ces émotions, et parfois celles-ci non des moindres…

Après un court trajet, Paul découvrit en bord de mer et apparemment très excellemment entretenue, la magnifique propriété d’Abdel, celle-ci s’étendant largement sur plusieurs hectares.

D’un regard évaluateur et tout autant aussi appréciateur, il s’agissait d’un superbe complexe hôtelier avec des piscines, saunas, hammams, tennis, practices de golf, et deux spacieux restaurants.

Particularité de ce site grandiose, n’y étaient autorisés que des VIP. Donc et obligatoirement des membres permanents à ce très huppé club privé et, comme déjà dit, appartenant pleinement à son ami Abdel…

Un investissement comme il prétendait modestement l’être et présenté le plus simplement du monde et effectivement quand, venant de sa part, tout à fait dénué de forfanterie.

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Comme exigé par la direction pour adhérer à ce club huppé, à elle seule, la carte de membre permanent valait une petite fortune et de quoi logiquement ainsi sélectionner tous les richissimes ayant-droits.

Ceux-ci obligatoirement catalogués en fonction d’une évidente opulence, mais pas que, leur grande influence à Beyrouth également et sérieusement prise en compte.

Là aussi, un investissement à plus ou moins long terme et selon les excellentes opportunités se présentant au fil des années.

Afin d’en attester et si besoin pour d’éventuels grincheux doutant de ces intransigeants critères de sélection, d’un regard évaluateur le parking ombragé n’y abritait que des véhicules de grand luxe.

Bref, on se serait cru à Monaco où les milliardaires affichent sans la moindre honte, voire avec grande fierté, le bilan de leurs réussites…

Un contraste et un dépaysement total en comparaison avec la misère régnant par ailleurs au Liban.

Un pays et territoire plus que jamais à feu et à sang et avec des guerres de religion toujours omniprésentes. Sans compter sur le permanent conflit israélo-arabe avec un Hezbollah des plus virulents et toujours autant actif avec un quotidien envoi de roquettes sur les frontalières villes sionistes.

Toutefois, en immédiate réponse, avec des représailles sanglantes d’Israël, d’où la permanence de ce conflit devenant limite éternel car l’espoir d’une fin.

Très admiratif, Paul interrogea son ami sur le pourquoi d’être venu spécialement là même où Abdel venait à l’instant de lui proposer à le loger dans ses murs.

Sans prendre inutilement de gants, le Libanais prétexta qu’il serait bien plus en sécurité dans son club privé que dans son actuel hôtel, ce qu’objectivement Paul admit volontiers, même si encore légèrement perplexe.

D’un regard alentour, il constata des abords de la propriété hyper bien gardés, y compris sur la plage et même aussi en pleine mer. Des bateaux rapides croisant en permanence et refoulant des embarcations s’approchant de trop près de la plage privée.

L’ensemble de ces moyens humains obligatoirement associés à l’appui de performants drones afin d’assurer une constante et sécurisante observation bien au-delà du complexe hôtelier.

Cependant, en priorité, ce ne serait pas la raison principale pour venir y déguster de belles langoustes grillées au sein de ce cadre idyllique.

Au programme d’Abdel et de suite proposé à son invité et ami, l’opportunité de présenter au Français certaines personnes au cours de ce déjeuner ou ensuite plus tard après le dessert.

Alors que Paul se rinçait les yeux sur des beautés en train de bronzer sur de confortables chaises longues, tout en sirotant au club-house de la piscine un double et bienvenu Jack’s, Abdel lui présenta avec un large sourire un top-modèle aux courbes féminines à d’emblée vous couper le souffle.

Celle-ci et à visuelle évaluation rivalisant sans peine avec les splendides Miss Univers.

L’ensemble associé à un supplément non négligeable, avec un attrait voulu particulièrement sauvage, limite quasiment inaccessible et au point de sensiblement augmenter l’attirance de tout mâle bien constitué.

Paul restant admiratif devant cette reine de beauté et la saluant avec déférence.