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Trois voisins énigmatiques, deux animaux envahissants… et un secret qui rôde sous le sapin.
Clara, 27 ans, influenceuse parisienne accro aux voyages et aux réseaux, déteste Noël.
Jusqu’au jour où un homme s’effondre devant sa porte… et lui confie, bien malgré elle, un chat pot de colle et un lapin caractériel.
Coincée dans un quotidien qu’elle n’a jamais choisi, Clara rencontre un voisin séduisant, une voisine originale, et découvre une lettre mystérieuse… Elle comprend alors que ce mois de décembre pourrait changer bien plus que son agenda.
Car certains cadeaux ne s’achètent pas : ils transforment une vie.
Une comédie romantique pleine de tendresse, d’humour et de secrets, qui prouve que même les cœurs cabossés peuvent croire à la magie de Noël.
À PROPOS DE L'AUTRICE
Serena Davis est une romancière et nouvelliste d'origine bourguignonne, née en 1985. Ses œuvres, prolifiques et éclectiques, sont les pièces d'un puzzle formant un ensemble littéraire des plus énigmatiques, un véritable projet.
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Seitenzahl: 110
Veröffentlichungsjahr: 2025
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Serena Davis
Un chat-pin pour Noël
Le roman idéal pour ceux qui aiment les compagnons à poils et les pulls moches de Noël
23 décembre 2025
Je n’aurais jamais cru rencontrer un jour le père Noël.
Encore moins à 27 ans.
En vrai, on n’est jamais tout à fait adulte, non ?
Jusqu’à cette drôle de rencontre, Noël, pour moi, c’était… disons… compliqué. Une période noire. Le genre où tu remplis ton agenda d’activités d’hyperactive, histoire de ne surtout pas penser.
Ce que je vais vous raconter n’est pas très drôle — et vous allez peut-être vous demander ce que ça fait là, dans une comédie romantique de Noël. Mais la vie, c’est ça : des vagues. Marée haute, marée basse. Moi, je suis plutôt du genre optimiste. J’essaie de nager quand la marée monte. À marée basse, j’ai testé. Une fois. À La Rochelle. Sortie solaire (pas scolaire, surtout pas — l’école, j’ai jamais aimé ça) avec ma mère d’accueil, Paty. Résultat : les pieds dans la vase, une coupure au pied, une panique totale, et Paty qui court au poste de secours parce que je criais comme si on m’avait amputée d’un orteil.
(C’était juste une petite coupure. Mais je suis douillette, OK ?)
Bref. Si je vous parle de ça, c’est pour casser un peu le côté tragédie. Parce que oui, mes parents sont morts quand j’avais cinq ans. Un 23 décembre.
Ils rentraient de courses. Un chauffard ivre. Collision. Fini. Ma mère voulait que tout soit parfait. Elle aurait traversé le monde pour dénicher le dernier ingrédient manquant.
Et elle l’a traversé. Juste… pas dans le sens prévu.
Elle n’a pas eu le temps de me transmettre grand-chose. À part son nom — on ne se sépare pas d’une particule comme ça — et ses cheveux blond miel, que je garde longs, comme elle. Pas le même nom que mon père. Ça évitait les questions. Et à l’époque, tout le monde trouvait ça plus simple.
Heureusement, j’ai eu de la chance. Une famille d’accueil en or, des frères et sœurs de tous âges et de tous horizons, et un style vestimentaire toujours au top pour compenser les bleus à l’âme.
Aujourd’hui, je suis influenceuse mode, podcasteuse à mes heures perdues, un pied à Bali, l’autre à Hawaï, et la tête toujours dans la prochaine campagne à shooter.
Ça faisait rêver, je sais.
Avant.
Avant que le père Noël ne tombe devant ma porte.
Et que je me retrouve, quelques semaines plus tard, avec une hotte pleine de poils et de petites pattounes bien décidées à ne plus jamais me laisser partir.
Ce que je fuyais, c’était peut-être ce que j’attendais depuis toujours.
Et ce qui allait me rattraper, c’était mon cœur.
Parce que les plus beaux cadeaux… sont à l’intérieur, n’est-ce pas ?
Un mois plus tôt
Ce matin, c’est un joyeux bazar dans ma tête.
Comme chez moi, d’ailleurs.
Dans ma vie d’hyperactive, pas de place pour le superflu. Le rangement en fait partie. Organisé, enfin… à ma façon. J’ai mon propre GPS intérieur pour retrouver mes affaires. Enfin… la plupart. Je bondis d’une pièce à l’autre comme un lapin shooté au café noir, traînant mes idées derrière moi comme des post-it collés aux pattes.
J’enfile mon manteau de fourrure — j’adore ce lapin, c’est du dernier chic —, attrape mon sac Prado et chausse mes escarpins Turlututu. Hyper originaux avec leur talon aiguille enroulé comme un serpent. Hyper douloureux, aussi. Ces petits instruments de torture me rappellent que rien ne s’obtient sans effort. Et puis, qu’est-ce qu’un peu de douleur face à tout le bonheur qui m’attend à Waikiki ?
Un mois dans un cinq étoiles all inclusive, au bord d’une plage de rêve, pour promouvoir une marque de maillot de bain. Loin de l’hiver, des sapins et des faux pères Noël, bref, de tout ce cirque qui me rappelle…
Non, Clara, concentre-toi sur ce qui arrive. Des vacances-travail idylliques.
La seule contrainte ? Le porter. Tout le temps. Matin, midi, soir.
Autant dire que je ne vais pas visiter grand-chose. Je risquerais une arrestation pour atteinte aux mœurs.
D’ailleurs, c’est quoi le mot pour désigner un mini bikini ? Un rikikini ?
La marque Dauphy m’a envoyé quatre modèles. Presque identiques pour le commun des mortels. Mais un œil averti verra les subtiles variations dans le tour de bretelles ou l’attache centrale.
Le maillot de bain, c’est bien plus qu’un vêtement : c’est une déclaration sociale, une posture identitaire.
Surtout sur les réseaux.
Avec les filtres et les couchers de soleil, il incarne une féminité décomplexée, une grâce sans tabou.
Des rondeurs, moi, je n’en ai pas beaucoup. Pendant longtemps, ça a été un gros complexe. Et puis… ce corps, j’ai fini par l’aimer. Comme il est.
Résultat ? Mes abonnés l’aiment aussi.
C’est ça, mon gagne-pain : moi, au naturel. Ou presque.
À moi les cocotiers, les beaux serveurs et les bains de minuit dans une eau à vingt-huit degrés.
Enfin, si je retrouve mon passeport.
Bordel, il est où ?
Je jette un œil à mon iPhone.
Le taxi sera là dans cinq minutes.
Si Paty était là, elle dirait : « Ce serait plus simple si tu rangeais, Clara ! »
Je mène une vie de chat : indépendante, élégante, parfois un peu hautaine. Mais bon, ça gratte quand même, la nuit.
Je respire. Plus rien ne doit venir perturber mon départ.
Je fais un rapide inventaire mental :
– Valise cabine : rikikinis, make-up, fer à lisser, crème anti-premières rides (il n’est jamais trop tôt), tout le kit de survie.
– Valise soute : quelques fringues (au cas où).
– Téléphone, clés, passeport…
PASSEPORT ? Oui. Ouf.
Je fais le tour de l’appart. Lumières éteintes.
Aïe. Foutu haltère dans le pied.
Je ferme la porte, tourne la clé.
Commande l’ascenseur. J’attends.
J’attends.
J’attends encore.
— Et merde. Me dites pas qu’il est encore en panne.
Notification sur mon écran :
« Je suis en bas. »
Le chauffeur. Évidemment.
Pas d’ascenseur.
Les escaliers. Mes pires ennemis depuis les talons.
Je regarde mes dix centimètres de talons (oui, je sais, vous allez vous dire : on porte des baskets dans l’avion, voyons ! Bla bla bla.)
Le serpent me nargue. Inspire. Expire.
Je descends en mode cascadeuse : petite valise à droite, grosse à gauche.
Palier du 5e.
Cheville qui se tord au 4e.
— Bordel !
Et bim, chute magistrale au 3e.
Ma petite valise s’ouvre, étalant mes rikikinis en plein sur les marches.
— Ahhhhh…
Je suis à plat ventre, et une voix grave retentit.
Non, mais… c’est moi qui devrais râler !
— Ahhhhh… Aid…
Un miaou s’élève dans l’air.
Mon cœur s’emballe.
Je retire mes talons, dévale les marches pieds nus.
Et là, je me statufie.
Saperlipopette.
Un homme ventripotent, la soixantaine, est étendu sur le dos, immobile, devant sa porte grande ouverte.
Une créature poilue couleur lavabo miaule à ses pieds.
Dans la pénombre, deux yeux jaunes me fixent : un autre spécimen se trouve dans l’entrebâillement. Un… un lapin ?! À ma vue, il détale, laissant un bruit de griffes sur le parquet, aussi crispant que le bruit d’une craie sur un tableau.
L’homme remue à peine les lèvres. Ses yeux mi-clos cherchent les miens.
Il se tient la poitrine.
Je frissonne. Mon cœur s’emballe comme un lapin pris en chasse.
— Aidez-moi…
Je saisis mon téléphone, tremblante, prête à appeler les secours.
Une autre notification s’affiche :
« Bon, je suis reparti. La course vous sera débitée. »
Mon vol est foutu, mes maillots de bain sont dans les escaliers, et un homme s’évanouit à mes pieds.
Spoiler : ce Noël va être long.
La sirène hurle dans ma tête comme mon réveil un lundi matin. L’impression d’être dans un film. Sauf que j’ai pas eu le script — euh… souffleur ??? — .
Je suis plantée là, comme une cruche. L’homme me serre le col de mon manteau, en arrachant au passage des poils de lapin. Il essaie de me dire quelque chose, mais les mots semblent bloqués dans sa gorge. J’aimerais l’aider, mais s’il ne parle pas, c’est compliqué.
Un élan de tendresse me traverse. Ça y est, j’absorbe. C’est pour ça, aussi, que j’évite les contacts physiques. Cette hypersensibilité m’a toujours rendue fragile, influençable. Une influenceuse influençable, ça sonne un peu paradoxable — zut, ma dyslexie revient — mais, comme on dit : les cordonniers sont toujours les plus mal chaussés, n’est-ce pas ? C’est aussi pour ça que je reste célibataire : par peur de souffrir, par peur de voir l’autre partir. Comme mes parents sont partis. J’espère de tout cœur que cet homme s’en sortira.
Les pompiers débarquent. Les questions aussi.
— Qu’est-ce qui s’est passé ?
— Il est resté allongé combien de temps ?
— Il a dit quelque chose ?
Je bugue. Moi qui suis une pro des stories vues par des milliers de gens, là, face à de vrais humains, c’est comme si mon cerveau avait fondu. Touche Echap. Éteindre. Redémarrer jamais.
Un jeune pompier me regarde avec ses yeux bleus. Son regard glisse… sur mes rikikinis étalés sur les marches. Grosse ambiance.
— Ça va ? me demande-t-il.
En temps normal, j’aurais fait la maligne, genre « Oups. » et j’aurais affiché mon beau sourire d’influenceuse, mais là, je suis aussi expressive qu’une cuisse de lapin grillée. Le chat se frotte contre ma jambe au moment où les secours embarquent le vieux sur un brancard. Mon cœur s’emballe. Je les suis comme un automate. Enfin, mon corps, pas ma tête. Et là, tilt. Mon contrat. Mon partenaire commercial. Mon shoot de Waikiki prévu depuis six mois. Comment je vais expliquer ça ? « Désolée, j’ai sauvé un papi au lieu de poster mes bikinis #sauvetage #realife. » Mouais. Pas ouf comme plan com. Et mes abonnés ? Je frissonne. Une image me frappe : @MademoiZelle_Sam, cette influenceuse aux jambes de cigogne, sirotant une noix de coco à ma place. Dans MON bikini. Oh non !
— Tenez, c’est pour vous.
Je sursaute. Je suis sur le pas de l’immeuble, transie. Un pompier barbu et joufflu me tend… un trousseau de clés.
— Euh… quoi ?
— Monsieur Claus m’a demandé de vous les remettre (Ah. Donc il a réussi à parler, finalement. Pas à moi, bien sûr. Logique…) Il risque d’être hospitalisé quelques jours. Il aimerait que vous vous occupiez de ses animaux.
Là, je me dis que c’est forcément une blague. Genre caméra cachée, prank, karma, tout ça. Sauf que non. On avait déjà eu une discussion du genre avec Paty, avant que j’emménage à Paris. Elle avait dit : « Tu vas te sentir seule, prends au moins un chat. » J’avais ri. Moi avec un animal ? Genre vieille fille ? Jamais ! Je déteste ces gens qui postent des photos de chat, parlent à leur gerbille avec une voix gaga et promènent leur sac à crottes ambulant dans les endroits où tu marches !
Je pousse la porte de l’appartement. J’ai hésité une demi-seconde, et j’ai pris les clés. Pourquoi j’ai fait ça ?! Je ne le connais pas, ce monsieur. Mais il y avait quelque chose dans les yeux du pompier — ou dans mon karma douteux — qui m’a poussé à les prendre.
Dans cette ville où l’on ignore même le prénom de ses voisins, sûr que ça m’a touchée. Pendant une seconde, je me prends pour une espionne. Enfin, version frileuse en manteau bouloché, pas James Bond girl en rikikini léopard. Glagla. Même un glaçon aurait demandé une écharpe ici. Je croise les bras et frotte mes biceps chamallow comme si ça allait relancer ma circulation sanguine. Mais non. Le chat me suit, ravi, visiblement chez lui. Moi ? Moins. Ça sent… le foin. Ou la bête. Pour le reste, rien à dire, c’est propre. Mais l’ambiance c’est plus « ferme pédagogique » que « diffuseur à la vanille sponsorisé ». Meubles dépareillés, napperons 1900, télé cathodique, et… une chaîne hi-fi. Version musée du vintage.
Je râle. Je viens de marcher sur un truc dur. Je baisse les yeux, repère une bille noire et par réflexe idiot… je la ramasse.
Je la tourne entre mes doigts, genre enquêtrice de série B.
Et là, ça fait tilt.
Je grimace. Je la lâche direct.
Une… une crotte.
Super. Je viens de faire une expertise tactile de caca de lapin. Oscar du glamour, me voilà.
Et là, je le vois. Le coupable.
Avec sa grosse crinière qui lui donne un air de dilophosaure. Mignon, mais plein de venin.
On dirait un mix entre un lion et Chewbacca.
Il me fixe avec ses yeux d’onyx — c’est marrant, j’étais persuadée qu’ils étaient jaunes. Comme quoi, l’esprit nous joue des tours dans les moments de panique… — et remue la bouche comme s’il se moquait de moi.
Je jure qu’il sourit.
Mon téléphone vibre.
Un message s’affiche :
« Tout est prêt pour votre arrivée. Le soleil est au rendez-vous. Bon vol ! » Audry. Chargé de com.
Je ravale ma salive.
La notification qui suit est, elle, bien plus sonore. Avec des pattes.
« Miaou ! »
Je regarde la ménagerie.
Comment je vais faire, sérieux ? Je hais les contraintes, les imprévus. Et là, je viens d’en adopter deux, sans signature ni consentement. Hors de question de dormir ici. Mais en même temps… le vieux n’a personne. Et moi, j’ai une conscience. Foutu karma.
Je me sens prise au piège, sauf que là, c’est moi qui suis dans la cage.
