Attends faut que je te raconte - Florence Evan - E-Book

Attends faut que je te raconte E-Book

Florence Evan

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Beschreibung

"Attends faut que je te raconte" est construit sur des scénettes de la vie de tous les jours alliant le glamour à l'opacité nécessaire du comment rire de toutes situations improbables. L'auteure nous ballade dans les coulisses d'un hôpital où resurgissent les quidams de son passé d'artiste qu'elle tâche depuis dix ans de cacher à ses collègues, jusqu'au jour où l'apparition d'un vielle amoureux star du grand écran la découvre et grille son déguisement en quelques secondes. Le récit est tourné en flash-back humoristiques avec une écriture tranchante et pointue. On découvre au fil des pages le message profond de vérité que l'auteure fait passer en soufflant sur toutes les paillettes d'un monde superficiel.Quelques anecdotes sont le reflet d'une vie riche en rebondissements alliant les trois univers clés, la politique, le monde du spectacle et l'hospitalier.

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Seitenzahl: 88

Veröffentlichungsjahr: 2021

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À vous,

Il n’y a pas de démesure dans la vie, il y a la mesure qu’on veut lui donner.

« Tout le bonheur du monde est dans l’inattendu »

Jean d’Ormesson

Florence Evan

Attends faut que je te raconte est construit sur un flashback de scénettes de la vie de tous les jours alliant le glamour à l’opacité nécessaire du comment rire de toutes situations improbables.

De la même auteure

J’ai parlé à un crabe, Nouvelle en autoédition 2019

La malle en cuir, Nouvelle en autoédition 2020

Abrcadamots.fr, Blog littéraire 2020

Avant-Propos

J’ai écrit ce roman autobiographique plusieurs fois.

En l’imaginant,

En brouillon,

Manuscrit, puis devant vous.

Il a suffi d’une conversation autour d’un café pour que des milliers d’images se mêlent à des milliers de mots.

Il a suffi de l’amour de mon double pour éclairer la feuille blanche.

Il a suffi de l’humour et de la sagesse de mes cœurs pour aller jusqu’au bout d’un fil tressé de passion.

Traverser des routes.

Observer. Marcher sur des chemins caillasseux pour voyager vers les nouveautés.

Pleurer les peines en silence.

Rire d’un rien chaque jour.

Savoir dire merci en guise d’au revoir

Amusez-vous à les lire autant que j’ai pris plaisir à vous les écrire.

Biographie

J’ai toujours travaillé dans l’organisation et la mise en place des choses essentielles aux autres.

Née en 1970 d’une mère danseuse classique et d’un père politicien, il était évident pour moi de partager avec vous cette passion des lettres et qu’en quelques gambades elles deviennent des mots.

De belles rencontres ont écrit la préface d’une vie dont les épisodes se lisent au fil de mes voyages.

Mariée à vingt ans sous les projecteurs, divorcée dans la foulée puis remariée cinq ans plus tard d’un amour scellé par mes deux enfants sans qui d’ailleurs ce roman n’aurait jamais vu le jour.

La création de mon blog m’a permis de me faire remarquer dans l’univers des lettres et en très peu de temps, de participer aux concours littéraires en vogue.

Il n’a pas été simple de quitter des ambitions artistiques et de me retrouver face à une réalité humaine dans une vie sans artifices, dont je lève le voile aujourd’hui pour vous la raconter en plusieurs épisodes.

« Attends, faut que je te raconte » est le premier tome des quatre qui suivront à la cadence des trimestres.

Sommaire

Première partie

Hiver

Printemps

Deuxième partie

Été

Automne

Troisième partie

Cinquième saison

La malle en cuir

Sur le mur de l’immeuble d’en face

Première partie

- « Au fait, on n’avait pas rendez-vous hier ?

- Si, bien sûr, mais je n’ai pas eu envie de venir. »

Et voilà comment je décidai qu’à partir de maintenant tout changerait.

Hiver

Je hais le dimanche.

Un dimanche nuageux et humide à souhait me force à rester au fond du canapé devant ces émissions soporifiques toujours diffusées à l’heure de la sieste. Une aide à l’endormissement.

Je lis en même temps quelques pages de plusieurs romans qui traînent sur la table entre la tasse de café froid et les biscuits secs.

L’ennui dominical légendaire s’installe.

Je suis restée seule pour travailler ce fameux week-end de décembre sans savoir à quel point il allait devenir important.

Je vois défiler les heures au rythme de la couleur du ciel.

Cette situation me rappelle un merveilleux roman dont le titre m’échappe depuis des années… Une jeune femme retrouve une lettre écrite par un vieil amoureux vingt ans plus tôt et réalise qu’elle ne l’a jamais ouverte. L’héroïne passera son dimanche à le rechercher afin de lui répondre.

Intense moment.

Je quitte le zapping infernal et l’échange contre la vitrine d’internet.

Mon roman n’avance pas, je lèche la feuille et le ciel se noircit de cumulus.

C’est à ce moment-là que je lis un message en privé sur un des réseaux sociaux professionnels que je dois ouvrir deux fois par an.

Le message date d’il y a trois mois.

« On se connaît ? »

Sans trop réfléchir je réponds à ce mot connaissant bien la dame pour ses

Ouvrages littéraires.

« Nous nous sommes souvent croisés, il y a presque trente ans. Je vous lis de temps à autre sur ces réseaux, j’apprécie vos post. »

Il faut dire que les années quatre-vingt-dix ont été pour moi marquantes et cette femme avec qui je parle en ce dimanche cafardeux vient de souffler sur tous les nuages.

Notre échange est merveilleux. Ce fût une très longue conversation au téléphone, comme si ce dimanche commun nous paraissait vide.

Ce téléphone deviendra, un temps, le complice de certains secrets d’une époque et un l’ami virtuel de mon roman.

Elle m’apprend que la vie a fait d’elle un coach littéraire.

Je lui raconte que mon encre sèche, que les mots m’échappent.

Je lui envoie quelques pages en mail.

Le ciel s’éclairci de plus en plus comme si cette rencontre ou retrouvaille m’était envoyée.

Je pense à ce roman du dimanche dont le titre m’échappe…

Une coïncidence, le hasard ?

Quelques jours passent et « Elle » me rappelle. J’entends les chants des oiseaux depuis son antre campagnard.

« Je vous ai lu, c’est une écriture instinctive avec un style enlevé !

Une signature en quelque sorte. Vous m’enverrez votre roman une fois édité. »

Jamais je n’ai pensé à écrire ma vie mais j’ai toujours écrit celle qui me paraissait la plus ressemblante. Comme si cachée derrière mon personnage la vie me semblait plus simple.

A 11 ans je signais avec un agent de la SFP*.

A 12 ans j’écrivais mon premier scénario, griffonné sur un cahier d’écolier. L’histoire d’une petite acrobate dans un cirque. Je faisais lire à toute ma classe et bien entendu, j’arrivais à mettre en scène les pseudos actrices subtilement choisies.

A 14 ans, j’organisais des soirées dansantes dans les écuries de mon pensionnat, telle Régine, boule à facettes confectionnée de gommettes collées au plafond, en faisant payer l’entrée par une pièce de cinq francs.

A 16 ans, j’étais déjà connue de tous les casting directors et engagée sur des téléfilms.

Je réécrivais les scènes comme j’aurai préféré qu’elles le soient, je m’amusais à jouer au chef opérateur et faisais de l’œil au metteur en scène avant d’entendre

« Moteur » tellement loin des # à la mode d’aujourd’hui…

Mon talent était dans le mutisme complet mais j’avais le physique du moment. Arpentant casting après casting j’eu tellement de bonheur et d’échanges avec les plus grands cinéastes de ces années-là et sans me douter qu’ils seraient quelques années plus tard mes convives.

A 18 ans, j’étais repérée par le patron des studios d’enregistrement le plus à la mode de l’époque, qui m’apportait sur un plateau un disque.

Le studio de la Plaine Saint Denis fût ma maison un bon moment.

Alors, je pense souvent à cette femme qui recevait tout le gotha parisien, dans ce minuscule appartement du 16ème arrondissement.

On lui tendait volontiers quelques billets de cent balles pour écouter attentivement ses hallucinations futuristes nous concernant ! Elle fixait son regard à travers sa boule de cristal, cadeau d’un vieil italien désargenté qui avait dû trouver une pâle copie de Murano et nous jouions au tarot de Marseille, puis, en quête d'idées et d'images à nous raconter, elle sortait son plus bel oracle !

La lune et le soleil en pleine conversation avec la satanée Uranus qui titillait le feu de Mars, jusqu'à ce que la douce Venus annonce toujours l'amour éternel !

Après autant de consultations chez Madame Julia, elle jugea utile de me rassurer dans ma carrière d'artiste.

"Chère amie, on va vous proposer le rôle de votre vie.

Je vous vois en blouse blanche ! C'est ça ! Vous serez médecin dans une longue série pour la télévision !

De grâce ! Acceptez ce rôle et vous en épouserez le metteur en scène !”

Quelques mois auparavant, la carte du chariot lui avait fait dire que mon disque sortirait d’Or ! Les roues du chariot ont dû tourner en sens inverse, bonne blague !

Incroyable Madame Julia !

J'adorerai la revoir, m'asseoir à nouveau dans ses velours, boire encore son arabica puis lui dire qu'elle a été formidable. Ses tirages resteront mémorables…

Nous sommes un des vendredis de ce mois de décembre.

Les rayons du soleil transpercent la rosée du matin.

J'entre dans le hall de cette grande institution de santé où je travaille depuis une décennie.

Une des équipes a enguirlandé le sapin des couleurs de la Maison.

Je trouve cela fou, on se croirait sur les grands boulevards.

Je les remercie et que dire ?

On est d'accord le décor du Noël prochain s'habillera des tons traditionnels.

Il est midi, j'attends ma fille, comme chaque vendredi.

Elle est en retard, comme chaque vendredi.

Je croise ce jeune patient que les éclats des attentats n'ont pas réussi à éviscérer.

J’ai une pensée pour Madame Julia et ses planètes.

Ce soir-là, avec quelques collègues nous nous étions donné rendez-vous pour dîner en terrasse.

Ces endroits sous cellophane chauffés par des sortes de casques qui électrisent le brushing ! Je suis incapable de me souvenir pourquoi au dernier moment j’ai décliné cette invitation entre filles.

C'est probablement le "entre filles" qui a dû me freiner.

Bien loin d'imaginer la suite cadavérique de cette orgie de sushis.

Dès le lendemain matin, le regard vidé par tant d’horreur, j’œuvrais dans la mise en place des admissions de ces victimes.

Je ferme les yeux pour ne plus me rappeler ces scènes remplies de tous ces gens qui ont porté longtemps l'odeur de la peur sur eux.

Vladimir Putin a raison, pardonner aux terroristes dépend de Dieu, mais les envoyer auprès de lui, dépend de nous.

Et ma fille qui frôle la demi-heure de retard, comme chaque vendredi.

Le froid me crispe les cervicales, j’entre dans la cafétéria.

L’agora de vie de l’hôpital.

Mon regard est attiré par cette jeune femme qui se cache derrière son magazine. Je la reconnais, elle est toujours aussi cabossée.

C’est une jeune infirmière qui a avorté tellement d'embryons qu'elle se reproduit telle une féline.

Je suis saluée par cet interne qui rêvait de devenir chirurgien orthopédiste et qui a fini psychiatre après quelques malaises devant la chair.

Un jour pour lui caper son parcours d’interne, je lui avais proposé une visite dans la chambre d’une accidentée par un bus.

La lividité de ce garçon a valu l’intervention d’une armée d’infirmières, bassine à la poigne.

Le puzzle osseux était difficile à digérer.

Voilà que s'installe Monsieur le fils de…grand paresseux qui pense que son pedigree fera office de curriculum-vitae et toujours suivi de son ombre, un valet qui songe à glisser son 43 dans le mocassin de l'autre.

Cette institution est à la hauteur d’imbroglio ambiant.

A côté de moi se pavanent une brochette d'endimanchés.