C'est l'histoire de Julien - Maryam B. - E-Book

C'est l'histoire de Julien E-Book

Maryam B.

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Beschreibung

L’histoire de Julien, c’est le parcours chaotique de nombreux jeunes en recherche d’eux-mêmes et en mal de vivre. Notre modèle de société ne leur correspond pas. Tout est trop compliqué pour eux. Ils ne trouvent pas leur place et se sentent inférieurs. Ils décrochent et sombrent souvent dans la dépression, la schizophrénie ou autres pathologies psychiques, difficiles parfois à cerner, même pour des médecins experts ! Et lorsqu’un diagnostic est posé, le plus difficile reste encore de « suivre » ces patients et de les obliger à « l’observance » du traitement médical prescrit ! Mais gardons espoir, car les neuroscientifiques du monde entier avancent à pas de géant dans l’étude de notre cerveau, l’un des organes les plus complexes du corps humain. Et il est certain que dans un avenir proche ces patients seront guéris ! Les remèdes de Julien : sa guitare et... Django.

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Seitenzahl: 63

Veröffentlichungsjahr: 2019

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À mon petit-fils...

Cet écrit n’est pas un roman, mais un témoignage, celui d’une histoire vraie, racontée avec mes mots, des mots simples, ceux du cœur et de l’âme… mon ressenti.

En lisant le titre – tellement évocateur –, vous serez peut-être tenté de vous dire « Je n’ai pas envie de lire un tel texte ». Et, pourtant, je vous y engage vivement, car cette histoire est l’histoire de dizaines, de centaines de familles, en France, en Europe et de par le monde.

Je fais un retour en arrière de quelques années et je me présente avec ma famille :

Je m’appelle Maryam B., j’ai 60 ans, et je suis mariée depuis plus de 40 ans à Robert, 63 ans. Nous sommes parents d’une fille unique, Sabine, 29 ans, elle-même mariée et déjà maman de deux jeunes garçons, Sébastien 6 ans et Julien 4 ans. Leur père Laurent travaille beaucoup et préfère cela aux joies et plaisirs de sa famille ! Mon mari et moi-même, retraités depuis peu, profitons à plein temps de cette joyeuse maisonnée !

Mais voilà, il y a une ombre au tableau !

Sabine se lasse d’être trop souvent seule avec ses enfants et, après quelques années, décide de se séparer de Laurent qui n’est pas d’accord. S’ensuit alors un divorce difficile, accompagné d’une série d’ennuis qui en découleront.

Bon an mal an, les secousses et séquelles de cette séparation vont en s’estompant, et Sabine rencontre Pierre qui devient son second mari. Naît de cette union Aubry, le troisième de la fratrie.

Une décision du couple est prise, à cette époque, de faire construire un pavillon non loin de chez nous.

Y succède une période de dix ans environ, heureuse, sereine et plutôt calme, du moins en apparence ! Les deux aînés des frères, Sébastien et Julien, sont de jeunes lycéens. Le dernier intégrera un cours Montessori.

Mais comme certains le savent, une famille recomposée forme rarement un groupe idyllique !

Et personne n’entend l’orage gronder au loin et les tensions naître au sein du couple : une seconde séparation s’annonce, qui sera suivie plus tard du second divorce.

Et là, tout se complique !

Sébastien et Julien (l’aîné est majeur) vont cohabiter dans un appartement en ville et sont censés continuer leurs études. Aubry reste à la charge du père (avec accord des deux parents), et la mère – qui veut peut-être faire une pause – va vivre seule dans un autre petit logement où elle pourra néanmoins recevoir ses enfants. Je refuse de juger qui que ce soit à partir d’événements qui surgissent dans la vie, mais on pourrait intituler la suite du récit : « Illustration d’une famille éclatée. »

Nous, grands-parents, qui habitons à une cinquantaine de kilomètres de leurs nouveaux foyers, ne pouvons que constater les dégâts. Nous nous préparons à une longue traversée du désert qui sera certainement jalonnée de quelques inévitables coups de théâtre !

Mes deux petits-fils aînés, Sébastien et Julien, livrés à eux-mêmes, n’ont pas étudié bien sûr ! Sébastien, qui est inscrit en fac, n’y mettra jamais les pieds, et Julien – c’est l’année du bac – n’obtient pas son diplôme. Pour lui, cet échec est très difficile à supporter, car, ajouté aux deux traumatismes subis lors des deux divorces (mais il n’en parle pas !), c’est une charge supplémentaire sur ses épaules. Ce jeune qui est hypersensible depuis sa plus tendre enfance doit être très ébranlé et commence, dès lors, à perdre confiance et à manifester une mésestime de lui-même !

Les deux frères versent alors dans la musique (DJ) et fréquentent le monde des noctambules avec tout ce que cela sous-entend, l’aîné entraînant le cadet influençable à merci !

Cette vie de saltimbanques perdure environ trois ans, entrecoupée d’un séjour de leur mère chez eux. En effet, Sabine est appelée au secours par son fils Julien qui vit de pénibles querelles avec son frère. La promptitude de leur mère à venir cohabiter apaise quelque peu les deux frères, mais Sabine constate qu’ils fument beaucoup, et pas seulement la banale cigarette !

De plus, Sébastien, après quelques mois, manifeste une réelle hostilité vis-à-vis de sa mère, certainement afin qu’elle parte, et l’ambiance est souvent plombée.

Sabine retourne dans son petit appartement, ni satisfaite ni tranquille.

Par la suite, comme rien de positif ne ressort de la musique, Sébastien décide, tout à coup, de tout laisser tomber, y compris son frère, et de partir en Australie. À ce moment de mon récit, nous sommes en 2012, Sébastien est âgé de 25 ans, Julien de 23 ans, et ce dernier reçoit cette nouvelle telle une bombe et interprète la décision de son frère comme un abandon.

Un traumatisme de plus pour Julien qui se sent délaissé et seul ! Son manque de confiance en lui ressurgit à ce moment précis, car, lors d’une de ses visites, il nous dit : « Je ne sais pas ce que je vais faire, je vais peut-être reprendre mes études ! » Nous ne pouvons que l’encourager ! Mais il n’y a pas de suite.

N’ayant plus aucun revenu, soutenu cependant par sa mère et Pierre son ex-beau-père, il recherche de petits boulots sans beaucoup de succès, puisqu’il n’a aucune formation.

Comme il doit quitter l’appartement qu’il occupait avec son frère, il décide de se mettre en colocation dans une petite maison de banlieue dont jouissent deux jeunes gens, déjà dans la vie active. Il faut dire que les deux compères, en voyant arriver quelqu’un de plus jeune, qui n’a pas de travail et qui, malgré cela, possède une voiture et une guitare, n’ont pas apprécié ! Ils ne se gênent pas pour faire des réflexions à Julien (« Tu ferais bien de chercher du travail au lieu de gratter ta guitare ») et l’humilient même en certaines occasions ! C’est trop pour Julien, ce garçon déjà blessé profondément en diverses étapes de sa vie si courte !

Comme les relations avec ses colocataires vont en se détériorant, Julien en parle à Pierre qui est propriétaire d’une studette pour étudiants et qui lui donne aussitôt les clés. Sur le moment, Julien est content, mais il se sent à nouveau bien seul !

C’est cette grande solitude et un trop-plein d’angoisse qui vont faire basculer la vie de Julien…

Le dimanche 16 décembre 2012, Sabine veut fêter l’anniversaire de son troisième fils, Aubry, 14 ans, et invite Julien chez elle. Julien vient par les transports en commun, sa voiture est en panne, quelque part. Il ne sait plus où ! « Bizarre ! » pense sa mère qui lui demande d’aller chercher le gâteau d’anniversaire commandé à la pâtisserie du coin. Elle lui propose donc de prendre sa propre voiture ainsi que sa carte de paiement pour régler les frais. Julien s’exécute aussitôt. Une demi-heure se passe, puis une heure, puis deux heures… et pas de retour de Julien !

Ma fille et Aubry sortent, battent le pavé dans tout le quartier espérant voir Julien, mais personne à l’horizon, et son téléphone est sur messagerie. Ils vont jusqu’à la pâtisserie pour constater que le gâteau d’anniversaire n’a pas été retiré !

Très inquiète, Sabine, après avoir téléphoné à l’unique copain de Julien qui ne sait rien, contacte le commissariat proche de son domicile afin de signaler l’incident. Le policier de garde lui rétorque d’attendre au moins le lendemain pour s’inquiéter : son fils est majeur ! « et, de toute façon, il faut laisser passer quarante-huit heures, ajoute-t-il, c’est la loi ! ». Sabine lui dit qu’elle ne savait pas !

Ma fille continue cependant à passer des coups de fil aux restaurants où parfois Julien se rend, aux établissements hospitaliers de la ville et de sa banlieue, etc., cela durant une bonne partie de la nuit. Sans aucun résultat.