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Siaka Traoré, bien connu sous le nom de Chacool de Bamako témoigne dans ce récit du chemin parcouru depuis son enfance et qui l'a conduit à devenir le danseur, chorégraphe et pédagogue qu'il est aujourd'hui. Bon voyage avec lui pour Abidjan, Sikasso et enfin Bamako.
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Seitenzahl: 28
Veröffentlichungsjahr: 2021
Préface
1 Mes premières années
Mes parents
La famille
Mon enfance
Ma particularité
Mon père
La disparition de mon père
2 Mon entrée dans la danse
Ma formation
3 Mes années tchéba
Tchéba
Sans moi
L’accident.
4 Mon parcours
Le concours de la ville
Le style Chacool
5 Actuellement
La première fois que j’ai rencontré Chacool, c’était un matin, en avril 2010, sur la magnifique terrasse d’une maison de Diji Koroni à Bamako où nous logions, au cours d’une séance de danse. Tous les matins nous nous y retrouvions pour suivre des cours présentés par des danseurs différents. Le soir nous allions danser près du Niger.
Nous étions un groupe de stagiaires partis pour deux semaines de stage intensif organisé par Papson Sylla, danseur ivoirien domicilié à Paris et qui donnait des cours de danse africaine au centre Momboye.
Chacool était de visite, c’était la fin du stage, le dernier jour plus précisément. Il était adossé contre un mur aux côtés de Papson Sylla et discutait avec lui, très discret, souriant. Il n’est pas resté longtemps.
Le lendemain, nous nous sommes retrouvés pour un dernier après-midi festif. Les musiciens et tous les danseurs étaient là pour fêter le départ. Nous étions dans le salon, assis en cercle, et chacun passait faire une prestation. Chacool, qui était là, s’est joint à eux.
C’est alors que nous avons appris l’incroyable nouvelle que nous ne pouvions partir à cause de l’éruption du volcan Eyjafjöll en Islande. C’était la première fois qu’un tel fait se produisait. Sur la terre entière, aucun avion ne pouvait décoller du fait d’émissions importantes de gaz. Nous devions rester à Bamako jusqu’à nouvel ordre, sans savoir précisément combien de temps nous serions bloqués.
Comme nous étions assis côte à côte, nous nous sommes mis à discuter. Je venais de le voir danser et j’avais été frappée par son style très particulier, élégant et rapide.
Il m’expliqua alors qui il était et me parla de ses occupations. Il s’appelait Siaka Traoré mais il était connu sous le nom de Chacool n°1 de Bamako. Il était danseur, chorégraphe et chargé culturel de l’association BMK, association qui s’occupait d’animations culturelles et sportives pour les enfants défavorisés d’un quartier de Bamako. Il intervenait également dans plusieurs écoles et et il préparait à ce moment même des groupes pour une biennale. Apprenant que j’étais enseignante moi-même, et bloquée pour un moment à Bamako, il me proposa de l’accompagner pour voir ses activités. Et j’ai donc eu la chance de pouvoir assister pendant deux jours aux répétitions de ses groupes, dans des conditions extrêmement étranges pour moi, occidentale, habituée aux salles, aux horaires… Là, les répétitions se déroulaient dans des lieux incroyables, et à des horaires improbables… J’ai souvenir notamment d’une répétition dans une salle d’école excentrée, au cœur d’un quartier, en pleine nuit. Dans cette salle sans toit, éclairée d’une seule ampoule, était réuni presque tout le quartier. Les mères avec leurs bébés, les enfants, les danseurs. Tout le monde circulait, s’interpellait. Chacool est arrivé et aussitôt, en quelques phrases exprimées sans hausser la voix, il a obtenu le silence et l’attention de tous, et très vite, ils ont pu démarrer la séance.
