D'un Dragon à un Phoenix - Alodia Bruxusyne - E-Book

D'un Dragon à un Phoenix E-Book

Alodia Bruxusyne

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Beschreibung

Le sujet traité est difficile, après avoir passé une enfance compliquée car victime d'inceste, ce livre offre une description de l'intérieur de ce qui est ressenti dans ces moments sombres. Mais le passé permet aussi d'avancer et malgré tout, essayer de l'accepter pour en tirer une force et ainsi vivre avec pour, aujourd'hui, oser prendre le risque d'être heureuse.

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Seitenzahl: 123

Veröffentlichungsjahr: 2019

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A ma femme qui me sublime et pour mes deux

ouragans, ils doivent savoir pour comprendre.

Sommaire

Chapitre 1

Chapitre 2

Chapitre 3

Chapitre 4

Chapitre 5

Chapitre 6

Chapitre 7

Chapitre 8

Chapitre 9

Chapitre 10

Chapitre 11

Chapitre 12

Chapitre 13

Chapitre 14

Chapitre 15

Chapitre 16 : Rencontre des âmes-sœurs, une Phoenix

Chapitre 17

Chapitre 18

Chapitre 19

Chapitre 20

Chapitre 21

Chapitre 22

Chapitre 23

Chapitre 1

Juillet, un ciel d'un bleu azur dans ce petit coin du centre de la France, c'est mon anniversaire aujourd'hui, j’ai l'âge de raison : sept ans.

La fête bat son plein, gâteau, amis, familles, cadeaux, que de rire, d'insouciance.

Comme beaucoup des enfants de mon âge, je ne pense qu'à jouer et à rire.

Je suis un peu « garçon manqué », j’aime les jeux lorsque je me déguise en soldat romain, un long t-shirt, une ceinture, un bâton en guise d'épée, un couvercle de casserole comme bouclier et me voilà centurion dans l'armée de césar.

J’ai comme un besoin de me défendre contre des ennemis imaginaires, car malgré ces moments d'insouciance, la vie un an plus tôt, m’a montré que tout n'est toujours pas facile.

Mes parents se déchiraient et avec ma sœur j’étais en pension à six ans, mais ce n'est rien, aujourd'hui chez mes grands-parents, je joue le jour de mon anniversaire.

Mes oncles sont là eux aussi, pour participer à la fête mais pas mes parents et j’en suis un peu triste quand même.

Que de bonheurs, pendant ces grandes vacances.

Cependant, quelque chose va venir troubler ces moments d'innocence, un mal qui hante cette famille depuis longtemps dont j’ignore tout encore.

Cette famille a un secret. Qui va bientôt me toucher et qui changera toute ma vie.

Un de ces beaux matins de juillet, je me lève à l’aurore comme d’habitude. Je fais le tour des chambres de cette immense maison, pour réveiller tout le monde.

Le temps est précieux il n’est pas question de perdre une seconde de la journée.

Je rentre, comme tous les matins, dans les chambres tel un ouragan de bonheur, je saute ici et là, je réveille ma tante, dans la chambre suivante, je saute avec brutalité sur mon oncle.

- « Allez ! Lève-toi tu m'as promis de faire une cabane aujourd'hui ! Puis ensuite, on va à la rivière pêcher des têtards. Allez debout il est sept heures …"

- « Nonnnnn, pas maintenant, il est encore tôt... Viens reste calme un peu... »

- « Lève-toi ! il est temps, sinon on ne finira jamais la cabane, allez maintenant ! »

- « Écoute reste avec moi jusqu'à huit heures au calme et après on ira faire la cabane... Je vais te raconter une histoire en attendant. »

Je suis en mode hyperactive. Difficile de contenir mon énergie.

Mon oncle doit faire preuve de patience face à l’ouragan que je suis.

- « Ok ! Pour l'histoire... Mais pas une histoire de fille avec des princesses, je n’aime pas ça !»

- « Entre sous la tente, mon petit soldat, alors que l'histoire commence. »

J’entre sous cette tente improvisée de drap et j’éclate de rire et me moque de mon oncle qui est tout nu. Je ressors de « la tente » et demande :

- « Pourquoi tu dors tout nu ?»

- « Je dors nu pour laisser libre mon corps"

Quelle étrange phrase, je ne la comprends pas et je pense :

- « Il dit vraiment des trucs bizarres, quelques fois… »

- « Veux-tu l'histoire ou pas ? » Reprend-t-il un peu agacé.

- « Oh oui ! alors commence… » Je masque à peine mon impatience.

Il rouvre la tente et je retourne dans mon univers fantastique pour écouter cette histoire.

- « Alors pour que je te raconte l'histoire, je veux un bisou sur le ventre. »

J’hésite, je n’ai pas envie de l'embrasser sur le ventre.

Une pensée : - « C'est bizarre comme bisou, en général on embrasse sur les joues. »

Il insiste en me disant qu'ensuite il racontera l'histoire et que la cabane ne sera que mieux, plus grande, plus belle…

- « Bon ! Bon ! Ok »

Vite, un bisou rapide, un peu gênée, mais bon ! Une cabane vaut bien ce sacrifice.

Il commence son histoire de chevalier romain. En même temps qu'il parle, il prend ma main et me montre comment le caresser. Je reste figée, sans comprendre ce qu’il se passe. Je sens bien que quelque chose ne va pas, mais je n'ose pas bouger, n'ose pas partir.

Il me raconte l'histoire qui devient comme un murmure lointain, je ne l’entends plus. Il me prend les mains et les dirige vers son sexe. Je ne bouge plus, mon esprit est parti. Je suis comme absente loin de ce qui se passe. Il me dirige.

J'ai peur de résister.

- « Est-ce normal ? »

- « Oui ce doit l’être. C’est un grand, les grands savent ce qui est bon pour les enfants. »

Mes pensées s’entrechoquent, je ressens un étrange malaise, je n’aime pas ce qui se passe.

Mes émotions et tout ce qui se passe en moi partent alors, au plus profond de mon être.

- « Que lui montrer ? RIEN ! »

Je ne veux pas lui montrer quoi que ce soit, car je ne sais pas si ce qui est en train de se passer est bien ou mal.

Il ne me fait pas mal en tant que tel, je ne souffre pas, mais au fond de moi, je sens que c'est quelque chose d’anormal, d’étrange et bizarre.

Les minutes défilent. Et tout à coup tout s'arrête brutalement dans un râle animal.

- « Quel est donc ce drôle de truc qui sort de son zizi ? Il doit faire encore pipi au lit de temps en temps… »

- « Voilà l'histoire est finie, allez sors de là maintenant, ça t'a plu ? »

Je ne réponds pas et je sors la main poisseuse, je veux m’empresser d’aller me laver. Il me retient et dit :

- « Écoute, tu as vu un grand secret aujourd'hui, il ne faut pas en parler, sinon je ne te ferai plus de cabane et je n’achèterai pas non plus le déguisement de chevalier que tu souhaitais pour ton anniversaire.

Tu as compris ? Tu n'en parles à personne, ce sera notre secret à jamais, promet moi ! Tu es une grande fille maintenant et tu dois savoir garder ce qui est entre toi et moi, si tu veux que je fasse ce que tu veux, ok ? »

Un sentiment de fierté nait en moi, je suis fière de la confiance que m’offre un adulte à moi la petite fille, il me considère comme une grande, moi qui n'ai que sept ans.

- « Ok... »

Et je file de la chambre pour aller vite me laver les mains, je vais prendre mon petit déjeuner suivi de mon oncle qui ne me quittera pas de la journée.

Le soir venu il y a une immense cabane dans le jardin, des têtards dans une bassine, une panoplie complète de chevalier dans ma chambre.

- « Il a tenu sa promesse... Si lui a tenu sa promesse, je dois tenir la mienne, c'est notre secret à jamais. »

Les jours passent, je ne vais plus réveiller tout le monde le matin.

Ce qui s’est passé, cette drôle d'histoire en fait ne m’a pas plus du tout.

Je me pose des questions sur ce qui s’est passé. Mais à qui en parler. J'ai promis. Et si je raconte ça à quelqu'un, qui me croira ?

Je ne suis qu’une enfant et si lui dit que ce n'est pas vrai, que je mens, je ne veux pas être encore punie par mon grand-père.

Les jours passent, tout le reste du mois de juillet défilent tranquillement, peu à peu le souvenir de cet étrange matin s'estompe comme une brume, il finit par n'être qu'une vague image, puis plus rien.

C’est ce que je crois.

Chapitre 2

Août, plus qu'un mois de vacances avant le retour en Afrique pour rejoindre mes parents, pour la rentrée scolaire.

Un autre oncle arrive, il est moniteur d'un centre aéré.

- « Youpi ! »

Il arrive avec plein d'enfants pour faire un week-end camping dans l'immense parc de mes grands-parents.

Au fond du pré une tente, deux tentes, une quinzaine de gosses pour jouer du même âge que moi.

- « Grand-Maman ! Grand-Maman ! Je peux aller jouer avec eux ? Dis oui s'il te plaît dis oui ! »

- « Tu peux, mais demande avant à ton oncle si ça ne le dérange pas, car lui il travaille… »

Je cours à travers le pré, les herbes hautes me fouettent les jambes, j’espère qu'il va dire oui.

- « Pourvu qu'il dise oui pourvu qu’il dise oui… et peut-être que je pourrai dormir avec les enfants dans la tente… »

- « Tonton, est ce que je peux venir avec vous pour jouer? »

- « Oui bien sur »

- « Et ce soir, je peux rester avec les enfants pour le camping ? »

- « On verra »

Je sais que je vais réussir à le convaincre, je suis convaincante quand je veux.

Je joue, toute la journée. Avec un groupe, je construis un barrage dans la rivière pour faire une retenue d'eau et y mettre les têtards. Et les quelques crevettes attrapées sous les roches. Il faudrait essayer d'attraper des poissons, mais l'eau est très froide et les poissons vifs.

Il est 16h, l'heure du goûter et ensuite il faut monter les tentes, ce qui est très vites fait, au vu du nombre de bras.

Bivouac ! Un grand feu ! La soirée avance tranquillement au milieu des rires et des chants. Les enfants courent à droite, qui de se cacher derrière un arbre, qui de courir ou de chanter.

Des histoires qui font "peur" autour du grand feu rassurant. J'adore ces contes qui me font frissonner, je me dis, pour me rassurer, que ce ne sont que des histoires, mais je me laisse gagner par la sensation agréable de la peur dont on sait qu'elle est sans fondement.

Je tombe de sommeil tellement la journée fut chargée et m'endors dans les bras doux de l'herbe fraîche, avec le vent chaud d'été comme seule couverture.

Je rêve que je m'envole, et je me sens transporter au chaud dans une tente, que le sommeil est doux agréable.

Un oiseau chante, le petit matin, l'aube commence à percer au travers un petit trou de la toile de tente, juste un rayon doux et chaud éclaire la poussière qui volettent comme un être invisible éclairé par cette lumière révélatrice de l'invisible.

Mon oncle somnole à coté dans son duvet. Il est aussi réveillé et regarde ce même rayon de lumière.

Je sens contre moi cet homme, et je me sens mal à l'aise, gênée, honteuse.

Je ne comprends pas ce qui se passe, il me prend la main et me force à le caresser, il me dirige. Peu à peu me guide vers le bas de son corps, encore cette chose dure, je résiste, je veux enlever ma main, je veux m’échapper mais il insiste, il est plus fort.

J’ai peur.

Je ne comprends toujours pas ce qui se passe, mon esprit repart. J’ai l'impression de me détacher de moi-même.

Je ferme les yeux et le laisse faire je pense à autre chose, si je ne peux m’échapper en vrai je vais m’échapper en rêve !

J’imagine ne pas être là.

Je ne pense plus à rien.

Je m'enferme dans mon monde intérieur.

Je fige mon visage de toutes émotions qui pourraient lui faire croire que je ressens quelque chose.

- « Ne rien lui montrer, ne rien lui montrer. Peut-être que comme ça il s'arrêtera... »

Du bruit dehors.

- « Ouf ! »

Il s'arrête et sort de la tente.

Je reste figée, que dois-je faire ?

Je n'ose pas bouger.

Il revient et me dit que ce qui s'est passé est un secret qu'il me fait confiance, que maintenant je suis une grande fille et que je dois savoir garder un secret, il saura se montrer reconnaissant pour mon silence.

Je ne réponds pas, je ne suis pas là, mon esprit est ailleurs, j’ai juste entendu une voix lointaine m’intimer l’ordre de me taire.

Je me lève et retourne à la maison de mes grands-parents.

Je vais dans ma chambre et là je prends la décision de ne plus être une fille. Je veux être un garçon, car eux ils font ce qu’ils veulent, ils sont forts, on ne les embête pas.

Je casse alors mes poupées, rares poupées car je n'ai jamais aimé jouer avec.

- « De toute façon je ne dirai rien, car de toute façon qui me croira... »

Mon oncle vient me voir, je tente de fuir par la fenêtre, je n’ai pas envie de lui parler ni même de l’écouter, je veux FUIR !

Il m’attrape au vol, et me rassure de mots gentils que j’entends et surtout écoute à peine.

Toute la journée, je reste seule à regarder la télé, je suis « malade », belle excuse pour ne pas être avec les autres enfants. J’ai mal au ventre, je refuse de sortir de la maison, refuse de jouer.

Un docteur vient me voir, une gastro, un peu de riz, et tout sera rétabli.

Un peu de riz...

Les vacances se terminent tranquillement, je ne dors plus la nuit que quelques heures. Je me réveille en sursaut, j'ai peur. Le moindre bruit que je ne reconnais pas me fait sursauter et me réveille, je suis aux aguets en permanence. Je le cache.

Avec les « grands » je deviens insolente, je tiens tête de plus en plus, je m’oppose à eux pour tout et pour rien, je cherche la confrontation en permanence.

Du coup leur violence s’exprime envers moi et je prends des coups plus fréquemment par mon grand-père qui ne tolère pas l’insolence et ma tête de « Petite Crotte » comme il aime à m’appeler.

- « Il faut mater les sales caractères. »

Jamais je ne pleure sous les coups. Ma grand-mère me dit que je « tire une tête d'enterrement » tout le temps. Qu'on ne sait pas quand je suis contente ou pas, si ça va ou pas.

Je viens de mettre mon 1er masque, je ne le sais pas encore.

Je sais seulement que j’ai mal en moi, que quelque chose s'est passé et que ce n'est pas normal, je suis prise dans un paradoxe, qui me trouble. Que je ne comprends pas.

- « Mes oncles me protègent, ils sont 2 à avoir agis de la même façon, donc c'est normal ! Mais je n'aime pas ce « normal ». Il me fait mal. Comment ce qui est normal, car fait par des grands, qui sont là pour aider les enfants à grandir, peut me déranger comme ça ? »

Je ne sais vraiment pas ce qu’il se passe. Je sais que je n'ai pas aimé, c'est tout ! Que je ne veux plus de ça ! Mais s'ils me redemandent ?

Mon oncle, celui qui est militaire vient me voir, il me propose de m'emmener dans le bois pour tirer au fusil sur des bouteilles.

J’accepte, ce doit être chouette, car je sais que ma sœur et mon frère m'accompagneront aussi.