5,99 €
Des mots pour guérir. Des mots pour grandir. Des mots pour sourire.
Le poète est de toutes les solitudes. Ce qu'il écrit n'est pas seulement le récit d'une expérience unique, mais celle de toutes et tous.
Ce recueil, en cinq parties unies comme les doigts d'une main, est l'histoire d'une quête multiple. Celle d'une enfance brisée par la folie des adultes, des mots pour dire cet indicible qu'un seul, inventé pour la circonstance, exprime au féminin : l'impartagée. Celle de la poésie elle-même, de sa beauté, de sa raison d'être, celle d'une révolte contre tous les mensonges qui nous enferment, celle de la place du poète entre les morts et les vivants, comme celle, enfin, du désir qui nous traverse, de l'envie de vivre et d'aimer qui est, finalement, la seule réponse que nous ayons pour éclairer la vie. Un poème, cela n'est rien. Quelques mots sur une page blanche, mais, si vous vous penchez un peu pour mieux les observer, toute une vie peut s'y voir comme dans un miroir. Et derrière le visage qui s'y reflète, la part d'un même ciel pour tous se dessine.
Parlez à l'inconnue qui s'assoit près de vous.
Elle vous est familière, son enfance est la même.
Découvrez Joel Mansa au travers sa plume poétique !
Das E-Book können Sie in Legimi-Apps oder einer beliebigen App lesen, die das folgende Format unterstützen:
Veröffentlichungsjahr: 2021
Joël Mansa
De toutes les solitudes
Poèmes
ISBN : 979-10-388-0123-1
Collection À l’En-Vers
ISSN : 2606-1716
Dépôt légal : octobre 2021
© couverture Ex Æquo
© 2021 Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction intégrale ou partielle, réservés pour tous pays. Toute modification interdite.
Éditions Ex Æ
À Catherine, mon épouse.
À celle qui m’inspire ce que l’amour
« Je cherche autour de moi plus d’ombre et de douceur »
Jules Supervielle,
Vous qui cherchez toujours quelque chose,
une raison de vivre, malgré tout,
une enfance perdue,
un amour oublié,
vous qui cherchez à être vivant,
tout simplement vivant,
vous qui cherchez à vivre
tous vos désirs et toutes vos folies,
vous comprendrez les pages de ce livre.
Et celles que vous ne comprendrez pas,
leurs mystères parleront
« Rien ne vaut d’être dit en poésie que l’indicible. »
Pierre Reverdy,
Il y a des peines et des mystères qu’on ne peut partager.
Les unes creusent en nous des douleurs si profondes qu’elles n’ont pas de formes reconnues, les autres nous entraînent dans des rêves et des désirs qui nous dépassent.
« Son cœur peu à peu s’emplissait de fleurs de chiffon et d’ailes brisées »
Federico Garcia Lorca, Outremonde.
Si une ombre parfois
Pose sa triste main sur vos épaules
Quand la vie vous est douce,
Si toute la fatigue du monde
Vous tient souvent sans savoir trop pourquoi
Dans son étau de tristesse,
Si une étrange paix vous envahit
Quand vous vous sentez seul,
Une forme de tendresse
Pour la vie si cruelle,
Vous savez ce que c’est
Que le verso du monde,
Vous savez ce que c’est
Que ce sentiment-là
C’est du verso du monde
Que nous viennent des peines
Que l’on ne peut nommer.
Comme des perles noires,
Elles roulent dans nos rêves
Leurs sombres étincelles,
Creusent longuement nos yeux
D’une commune peur.
C’est du verso du monde
Que nous viennent des peines
Qu’on ne partage pas
Puisqu’elles n’ont pas de forme.
Comme des fumées errantes,
Elles nous sont bien pourtant
Si proches et familières.
Je me suis appuyé au balcon du silence
Et j’ai vu, étourdi,
Venir les effrois,
Les anges du passé
Et les chagrins en foule.
Il faut encore attendre,
Il faut plus de patience,
Apprendre, encore apprendre
À être dans l’ignorance.
Les laisser traverser,
Les anges et les chagrins,
Consolé,
Seulement,
De toutes les douleurs
Il en est d’infinies,
À venir de si loin
Et partout à leur aise.
Comme des papillons
Du milieu de l’enfance
Elles sortent en essaimant
Leurs ailes interminables.
Elles se ressemblent toutes
Mais toutes sont singulières.
Parlez à l’inconnue
Qui s’assoit près de vous,
Elle vous est familière,
Son enfance est la même.
Ses regards le disent
Mieux que tous les discours.
De toutes les douleurs
Il en est d’infinies,
Elles se ressemblent toutes
Mais toutes sont singulières.
Je n’ai pas de souvenirs
Des beaux jours éloignés.
Je n’ai pas de souvenirs
Des printemps et des étés.
Je n’ai pas de souvenirs
De ma mère, de ses baisers.
Je n’ai pas de souvenirs
Comme tous les petits poucets.
Je n’ai pas de souvenirs
Sur mon chemin à semer.
Mais j’ai tes yeux
Et leur sourire,
Le temps qui passe,
Le beau passé,
Pour me souvenir
