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Diogène de Sinope (ca 413-ca 327 avant JC), plus connu sous le sobriquet de Diogène le Cynique ou Diogène le Chien, ainsi qu'il s'appelait lui-même, fut le contemporain d'Aristote et Alexandre le Grand. Disciple d'Antisthène qui le roua de coups, il vécut une vie libre, donc scandaleuse, partageant son temps essentiellement entre Athènes et Corinthe, où il mourut. Il fut, avec Antisthène et Cratès de Thèbes, le fondateur de la secte cynique. Cette école ainsi dénommée parce que ses adeptes tenaient du chien la vigilance hargneuse, et qu'ils se réunissaient au lieu-dit du "chien-agile" (comme les disciples de Platon à l'Académie). Il vécut, dit-on, à moitié nu dans un tonneau ou une jarre, se masturbait sur la place publique, apostrophait ironiquement le tout venant, y compris les plus grands. Souvent, il reprit Platon et ses idées, allant jusqu'à promener un poulet plumé en disant "Voilà l'Homme de Platon", que celui-ci caractérisait comme un bipède sans plumes. Il parcourait inlassablement les rues d'Athènes, morigénant, insultant, demandant l'aumône aux statues "pour s'habituer au refus". Il écrivit quelques livres, dont une République, dont il ne reste plus rien aujourd'hui. Sa vie est un mythe: tissu d'anecdotes scandaleuses, provocatrices, rapportées par quelques doxographes comme son homonyme de Laërte, Sénèque, ou Plutarque.
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Seitenzahl: 80
Veröffentlichungsjahr: 2022
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Nasr Eddin Hodja/Djeha :
Les Très-mirifiques et Très-édifiantes Aventures du Hodja (Tome 1)
Nasr Eddin Hodja rencontre Diogène (Tome 2)
Nasr Eddin sur la Mare Nostrum (Tome 3 disponible chez l’auteur uniquement)
Le Sottisier de Nasr Eddin (Tome 4) disponible également chez l’auteur en format A4 - grands caractères)
Nasr Eddin en Anglophonie (Tome 5)
Avant Nasr Eddin – le Philogelos (Tome 6)
Les Plaisanteries – Decourdemanche (Tome 7)
Candeur, malice et sagesse (Tome 8)
Les nouvelles Fourberies de Djeha (Tome 9)
Humour :
Le Pogge – Facéties – les Bains de Bade – Un vieillard doit-il se marier
Contes et Facéties d’Arlotto
Fabliaux Rigolos (anonymes du XII° et XIII° s. en français moderne)
Nouvelles Récréations et Joyeux Devis – Bonaventure des Périers
La Folle Enchère – Mme Ulrich/Dancourt
Les Contes aux Heures Perdues du sieur d’Ouville
La Nouvelle Fabrique – Philippe d’Alcrippe
Le Chasse-Ennui – Louis Garon
Anecdotes de la Vie Littéraire – Louis LOIRE
Les Fabuleux succès de la politique Sociale d’E Macron – Chris Noël
Almanacadabrantesque - Chris Noël
Des milliers de plaisanteries - Chris Noël
Fabliaux - Nouvelles :
Fabliaux Coquins (anonymes du XII° et XIII° s. en français moderne)
Lais & Fables de Marie, dite de France (en français moderne)
Les Nouvelles de Bandello (1 à 21)
L’Oiseau Griffon - M.Bandello et F.Molza
Le Point Rouge – Christophe Voliotis
Philosophie :
Les Mémorables – Xénophon
La Cyropédie ou Education de Cyrus – Xénophon (à paraître)
Fontenelle – La République des Philosophes
Romans/Divers :
L’École des Filles (chez TheBookEdition)
Sue Ann (chez TheBookEdition)
Rien n’est jamais acquis à l’homme
Nota: tous ces ouvrages sont disponibles en format papier ET e-book
Au format e-book exclusivement :
Nathalie et Jean-Jacques – recueil de nouvelles
Jacques Merdeuil – nouvelle - version française (chez Smashwords/Google)
Le Point Rouge –nouvelle - version française (chez Smashwords/Google)
Les Fabulistes :
Les Ysopets – 1 – Avianus
Les Ysopets – 2 – Phèdre – version complète latin-français
Les Ysopets – 2 – Phèdre – version Découverte en français
Les Ysopets – 3 – Babrios – version Découverte en français
Les Ysopets – 4 – Esope – version Découverte en français
Les Ysopets – 5 – Aphtonios – version en français
Les Fabulistes Classiques – 1 – Bensérade
Les Fabulistes Classiques – 2 – Abstémius - Hecatomythia I et II
Les Fabulistes Classiques – 3 – Florian
Les Fabulistes Classiques – 4 – Iriarte – Fables Littéraires
Les Fabulistes Classiques – 5 – Perret – 25 Fables illustrées
Philosophie/Politique :
De la Servitude volontaire – ou Contr’Un – La Boétie
La Désobéissance civile - Thoreau
Humour :
Histoire et avantures de Milord Pet
Eloge du Pet
Discours sur la Musique Zéphyrienne
Aux chiens errants P. H.
CHAPITRE PREMIER
I
II
III
CHAPITRE DEUXIÈME
I
II
III
CHAPITRE TROISIÈME
I
II
III
CHAPITRE QUATRIÈME
I
II
III
CHAPITRE CINQUIÈME
I
II
III
IV
CHAPITRE SIXIÈME
I
II
CHAPITRE SEPTIÈME
I
II
III
Diogène, l’homme debout
Vers l'an 412 avant l'ère chrétienne, Icèse1, riche banquier de Sinope, ayant mené sa femme aux autels d'Ilithyie2, devint père d'un jeune garçon. Il voulut l'appeler Diogène3 et fit valoir son droit. Sa femme aurait préféré le nom plus harmonieux d'Alcathoos4 ; mais elle fut bien forcée de reconnaître qu'elle n'était que la mère.
Vraisemblablement cet enfant passa, comme les autres, ses premières années. Il eut la fièvre scarlatine, des coliques et des rages de dents.
Après quoi, ses instincts commençant à se développer, il se mit naturellement à les suivre. Il adorait le miel et détestait la rhubarbe ; lorsqu'il était joyeux, il s'abandonnait à des éclats de rire sonores ; il pleurait lorsqu'il avait du chagrin. Tout cela le fit souvent fouetter par sa mère.
Enfin le voyant en âge de comprendre les jeux et de s'en amuser, son père, commerçant affable mais sérieux, le conduisit chez un maître d'école, dans la petite masure duquel, pendant dix années, Diogène passa les belles heures que le soleil donne à l'homme, roi de la nature.
C'est ainsi qu'il arriva vers sa dix-huitième année. Il était alors brun, élancé, bien fait, rayonnant de force et de jeunesse. Il savait lire, écrire, calculer et s'enlever au trapèze5 à la force du poignet. Alors son père le mit à la tête de sa maison de banque, ce qui donna l'idée à Diogène de prendre une maîtresse.
Il ne tarda pas à rencontrer, à la porte du théâtre de Sinope, une vieille courtisane, appelée Nicidia, que tous ses aînés dans la débauche avaient vue ivre et nue. Ils s'aimèrent d'un fol amour. Diogène se brouilla avec ses bons amis pour Nicidia, qui le trompa ; Nicidia voulut se noyer dans le fleuve Halys pour Diogène, qui la battit cruellement.
Mais le bonheur n'est pas éternel ici-bas !
La pauvre Nicidia mourut subitement d'une indigestion ; et Diogène lui fit construire un tombeau superbe au fronton duquel on grava, dans le marbre, un fort joli vers de sa composition qui signifiait :
« Je pleure, parce qu'un petit oiseau s'est envolé. »
Vers cette époque, et pour se distraire, il alla consulter l'oracle de Délos, patrie d'Apollon. La Pythie invoquée lui répondit : « Change la monnaie. » Les commentateurs sont unanimes à reconnaître que cette phrase signifiait : « Ne fais point comme les autres hommes. »
Diogène comprit tout bonnement que le dieu, dans ses insondables desseins, l'engageait à corrompre la valeur de l'argent. Il fit la chose largement, grâce aux facilités que lui donnait sa situation de banquier public.
La population ne manqua pas de s'émouvoir. Une plainte fut déposée. Pendant qu'on instruisait l'affaire, Diogène prit la fuite. Mais l'heure de la justice était venue : on enferma son vieux père, pour le restant de ses jours, dans une étroite prison.
L'an III de la 98ème Olympiade, au vingt-huitième jour du mois Hécatombæon6, la capitale de l'Attique célébrait la fête splendide des Grandes Panathénées.
Vers l'heure de midi, la foule portait au Céramique7 Extérieur. Là, parmi les portiques et les tombeaux, sous les feux étincelants du soleil, se disposait le cortège de la procession du péplos8.
En tête, on plaçait les jeunes vierges qui soutenaient, dans leurs bras nus, les fioles, les corbeilles et les coupes ; derrière elles et vêtus d'une tunique légère, se rangeaient de jolis garçons.
Le centre du cortège était réservé aux guerriers qui, pour danser la pyrrhique9, s'étaient couverts de leurs pesantes armures. Au milieu d'eux, les Praxiergides10 portaient, au bout de quatre lances, le nouveau péplos où se trouvait brodée la victoire des Athéniens sur les Atlantes « venus des portes de la nuit », et dont ils allaient revêtir la statue de bois « tombée du ciel ».
Enfin derrière cette phalange sacrée, de beaux vieillards, qu'on appelait Tallophores parce qu'ils portaient des branches d'olivier, se préparaient à marcher d'un pas vénérable.
La procession se dirigeait, entre l'Aréopage et la colline du Pnyx, vers l'Agora qu'elle traversait, au milieu d'un grand concours de peuple ; et, gagnant les Propylées, elle gravissait le magnifique escalier de marbre que couronnait l'Acropole, avec le Parthénon et la statue d'ivoire et d'or, sculptée par Phidias, qui s'appelait « Athénée combattant sur le front de bataille ».
La solennité comportait encore des jeux gymniques, des hécatombes11.
Les poètes au regard inspiré venaient réciter en public leurs strophes où grondaient les vers magnanimes, où le rythme chantait mollement.
Le sujet habituel du concours était le panégyrique d'Harmodios qui avait tué Hipparque, et l'éloge de son ami Aristogiton qui aurait bien voulu poignarder Hippias, dans la fleur de l'âge.
Athénée nous a conservé la chanson suivante, faite en leur honneur :
« Je porterai mon épée couverte de feuilles de myrte, comme firent Harmodios et Aristogiton quand ils tuèrent le tyran et qu'ils établirent dans Athènes l'égalité des lois.
« Cher Harmodios, vous n'êtes point encore mort : on dit que vous êtes dans les îles des bienheureux, où sont Achille aux pieds légers et Diomède, ce vaillant fils de Tydée.
« Je porterai mon épée couverte de feuilles de myrte, comme firent Harmodios et Aristogiton lorsqu'ils tuèrent le tyran Hipparque, dans le temps des Panathénées.
« Que votre gloire soit éternelle, cher Harmodios, cher Aristogiton, parce que vous avez tué le tyran et établi dans Athènes l'égalité des lois. »
Les auditeurs applaudissaient avec ivresse ; et leurs suffrages décernaient à l'heureux vainqueur un vase d'huile et une couronne d'olivier.
Puis avaient lieu des banquets immenses et religieux. Et lorsque la nuit tombait, la fête prenait fin par les lampadodromies, c'est-à-dire par les courses aux flambeaux, entre les portes de la ville et le temple de Prométhée.
Ainsi se passait, en l'an III de la 98ème Olympiade, la fête splendide des Grandes Panathénées, en l'honneur de Pallas.
Ce jour-là, Diogène, l'âme tranquille, le front haut et le corps libre, était entré dans le Pirée.
Il bénéficia de ce que les officiers du port avaient dû se consacrer spécialement à la répression des désordres qu'engendraient d'ordinaire les imposantes cérémonies offertes à la déesse de la sagesse.
Il put pénétrer dans la ville sans justifier de ses origines et se faire, en quelques heures, de nombreuses relations parmi la jeunesse que tant de réjouissances mettaient en belle humeur.
Pendant une année entière, Diogène mena la vie fastueuse d'un satrape, grâce à tout l'or qu'il avait emporté.
Il s'efforça de prendre le bon ton, dans cette ville étonnante où les soldats de Marathon et de Salamine avaient appris le maniement des armes, où l'on parlait encore de la queue du chien d'Alcibiade12. Il fréquenta les guerriers et les libertins, les savants et les courtisanes.
Parfois, il passait la journée entière, couché sur son lit d'ivoire, respirant l'odeur suave des aromates et goûtant des liqueurs délicieuses. Assises à ses pieds, de jeunes esclaves touchaient tour à tour, de leurs doigts fins, les cordes du psaltérion qui vibraient harmonieusement dans la salle aux colonnes de marbre phrygien, reliées entre elles par des tentures de pourpre d'Hermione.
Parfois, nonchalamment étendu sur les souples coussins de sa litière, il se faisait porter à quelque bain splendide, où les jeunes élégants d'Athènes, debout dans les bassins d'eau froide, tenaient mille propos légers devant la statue d'Hygie, fille d'Esculape et déesse de la santé.
