Fragments d'une vie - Monique Dansault - E-Book

Fragments d'une vie E-Book

Monique Dansault

0,0

Beschreibung

Se raconter n'est pas chose aisée. Il faut du temps, de la patience et du courage. Souvent nous ne savons par où et par quoi commencer. Une vie à raconter, c'est un projet qui semble si vaste , si démesuré tant il y a dire. Monique Dansault ne livre pas ici un récit de vie chargé de détail et qui pourrait suivre une chronologie bien structurée mais elle nous raconte des fragments d'une histoire de vie, son histoire de vie. Fragments d'une vie s'est écrit au fil non pas du pinceau mais au fil des souvenirs choisis et mis en mots par Monique Dansault. Fragments d'une vie, ce sont des éléments marquants, importants qui laissent ainsi la trace d'une vie vie singulière. Pascaline Duchemin-Pinard

Sie lesen das E-Book in den Legimi-Apps auf:

Android
iOS
von Legimi
zertifizierten E-Readern

Seitenzahl: 70

Veröffentlichungsjahr: 2017

Das E-Book (TTS) können Sie hören im Abo „Legimi Premium” in Legimi-Apps auf:

Android
iOS
Bewertungen
0,0
0
0
0
0
0
Mehr Informationen
Mehr Informationen
Legimi prüft nicht, ob Rezensionen von Nutzern stammen, die den betreffenden Titel tatsächlich gekauft oder gelesen/gehört haben. Wir entfernen aber gefälschte Rezensionen.



« Une vie humaine paraît presque toujours incomplète. Elle est comme un fragment isolé dans un long message dont elle ne nous livre qu'une faible partie, souvent indéchiffrable. »

Varouna (1940), Préface de Julien Green

Sommaire

Préface

Chapitre 1 : Souvenirs d’enfance : Le temps de l’insouciance

Chapitre 2 : La guerre : Quels drôles de souvenirs pour une enfant.

Chapitre 3 : Les lendemains de l’enfance.

Chapitre 4 : De mon village natal : La Ville aux Dames

Chapitre 5 : De Souvenirs en Souvenirs …

Chapitre 6 : Un autre chemin : le bénévolat pour se reconstruire

Chapitre 7 : Et si vieillir m’était conté….

Préface :

Pendant plus d’un an, nous avions rendez-vous le mercredi à 15 heures. « Entrez … Entrez Pascaline » : une invitation à la rencontre.

Pendant plus d’un an, je me suis installée à la petite table ronde et je vous ai écoutée vous raconter doucement au fil des mois.

Dans l’intimité de votre logement, je notais le plus fidèlement vos souvenirs des plus anciens aux plus récents.

Vous vous racontiez avec cette humilité qui vous va si bien. Les émotions étaient si particulièrement présentes : vos rêves, vos espoirs, vos réalisations, vos regrets, vos colères parfois, l’amour pour votre mari, pour votre famille, pour vos amis, pour votre prochain, vos doutes en la société d’aujourd’hui, la solitude de l’âge….

Ce livre fait trace dans une vie …. Traces de la vie d’une femme qui a vécu des époques marquées par la guerre, par l’évolution et le modernisme, par la transformation de la Ville aux Dames, village si cher à votre cœur.

Ce livre est une transmission, un héritage précieux pour votre famille mais aussi pour ceux ou celles qui le liront.

Ce livre est une trace … aussi douce pour moi que les chocolats et les pastilles de miel que vous m’offriez à chaque rendez-vous.

Pascaline Duchemin-Pinard.

Chapitre 1

Souvenirs d’enfance : Le temps de l’insouciance

Je suis née le trois septembre 1927.

C’était un samedi, le jour de la Saint Grégoire. Je m’appelle Monique BREDIF. Je suis née à la maison au 57 lieu-dit la Bonne Dame à la Ville aux Dames.

Ma mère se prénommait Amélie et mon père Henri Emile.

Mon père était originaire de Saint Pierre des Corps. Il habitait au lieu-dit la Morinerie, là où se trouve actuellement le collège Pablo Neruda.

Mes parents se sont mariés à la Ville aux Dames en 1926 et sont venus habiter à la bonne Dame. C’était une ancienne ferme avec des granges et des écuries. Mes beaux-parents se sont mariés aussi à la Ville aux Dames et ils habitaient rue Maryse Bastié.

Mon père avait une très grande instruction. Il a été conseiller municipal pendant longtemps.

Il s’est occupé de la M.S.A retraite. A 65 ans, il a rempli toutes les demandes de retraite des gens. De 1950 à 1952, il a été président de la M.S.A. C’était important à l’époque car il s’agissait là des toutes premières retraites et des tous premiers remboursements médicaux de la caisse mutualité agricole.

Avant 1946, on payait tout de notre poche : les médecins, les médicaments… Mon mari, à son retour d’Allemagne, était très fragile.

Il avait besoin d’un suivi médical important suite au manque d’alimentation et nous devions tout régler de notre poche : les visites chez le médecin, les médicaments, les spécialistes. Cela m’a toujours marqué : 50 francs la visite chez le spécialiste.

Le 27 octobre 1946 : Le Préambule de la Constitution de la IVème République reconnaît le droit de tous à « la protection de la santé, la sécurité matérielle, le repos et les loisirs. Tout être humain qui (…) se trouve dans l’incapacité de travailler a le droit d’obtenir de la collectivité des moyens convenables d’existence ». La sécurité sociale naissait et cela allait changer nos existences.

Mon père était aussi en quelque sorte un inventeur : il a mis en place toute l’installation électrique au niveau des outils de travail. Par exemple pour scier le bois, il avait monté une scie électrique. Pour avoir moins de travail à la main. Les nouveautés pour lui étaient très importantes.

Il allait toujours de l’avant. Il était, si je puis dire ainsi, un pionnier et avait un goût prononcé pour le progrès. Et je crois que c’est ce qu’il m’a transmis et qui m’a guidé bien plus tard vers le bénévolat. Je suis dans son sillon.

Je suis fille unique. Je n’ai donc pas pu partager de tendres moments avec un frère ou une sœur alors c’est avec mes cousins, cousines que je partageais mes jeux d’enfants, et mes vacances. J’étais une petite fille assez obéissante parce que papa était à cheval sur les principes de l’école. Il avait une grande éducation, il était droit et le droit à l’erreur n’était guère possible avec lui.

Mais cela ne m’a pas empêché d’être une petite fille rêveuse.

Mes souvenirs d’écolière :

J’allais à l’école à la Ville aux Dames. L’école à cette époque commençait à sept ans car la maternelle n’existait pas.

Comme beaucoup à cette époque, nous allions à l’école à pied : qu’il neige, qu’il vente ou qu’il fasse soleil !

Et dans cette merveilleuse désinvolture de l’enfance, nous n’avions rien à perdre mais au contraire tout à gagner. Seuls nos pieds dans leurs galoches battaient la campagne pendant trois ou quatre kilomètres avant de rejoindre les bancs de l’école.

Au bout de la traversée des voies de chemin de fer se trouvait notre école dans le bourg. Nous étions filles et garçons dans la même classe. Une fois par an, au mois de novembre, on prenait le car et nous passions la journée à Tours et nous allions voir le tombeau de Saint Martin.

Les jours de repos, c’était le jeudi. Le matin, nous avions le catéchisme et le patronage le jeudi après-midi.

Nous mangions chez une dame qui nous accueillait le temps du déjeuner. Nous emportions notre panier. Elle nous recevait tous.

Nous mangions dans une salle qui sentait bon le feu de cheminée. Cela nous réchauffait les pieds et les mains mais aussi le cœur car cette femme, au-delà de nous faire chauffer notre gamelle, nous ouvrait la porte de chez elle et nous apportait de la chaleur, de l’humour et du réconfort. Ce potage, chaud à l’heure du midi, c’était quelque chose d’important. Et ce moment qui peut paraître être banal, fait partie intégrante du quotidien de ces enfants insouciants que nous étions. Je ne pouvais pas imaginer à ce moment que cette simple soupe chaude me nourrirait davantage l’âme que le ventre.

J’ai obtenu mon certificat d’étude à 12 ans en Juin 1939.

Nous avions reçu nos prix le 14 juillet. Ce jour-là, nous faisions un spectacle et nous chantions avant la remise des prix. L’institutrice avait un piano portable. La cour de l’école était bâchée. Toutes les familles étaient réunies et les élus ainsi que Monsieur le maire étaient invités. La déclaration de guerre, le 3 septembre 1939, a mis fin alors à mon envie de poursuivre mes études. Coupée dans mon élan, je devais aider Maman.

Mes amitiés enfantines avec mes cousins et cousines :

Je passais mes vacances avec mes cousins Yvette et Marcel du côté de maman, et avec mes autres cousins Madeleine et René du côté de papa. Avec mes cousins, nous partagions aussi le jeudi.

S’il faisait beau, nous jouions à la marelle, à la corde à sauter, ou au jeu des sept familles. On aidait aussi beaucoup nos parents.

On apprenait nos leçons car c’était important.

Pour moi, la famille, c'est sacré. Et comme je n’avais pas de frères ou sœurs pour partager mon enfance, mes cousins ont remplacé l’absence d’un frère ou d’une sœur et j’ai nourri des liens particuliers avec eux et une complicité sans faille s’est nouée au fil du temps.

Mes grands-parents, les piliers de mon enfance et de mon devenir :

La maladie a emporté très jeunes mes grands-parents paternels : Joséphine et Sylvain. Ma grand-mère Joséphine allait beaucoup à Tours pour acheter de nombreux livres. Elle lisait beaucoup et elle prévoyait l’avenir.

Elle nous disait à Madeleine et moi : « Mes petites filles, il y aura vous verrez la tribulation des temps : une tragédie. Lorsque vous serez plus âgées vous verrez beaucoup de choses affreuses : des manifestations, des crimes…. ». Et si elle savait aujourd’hui…

Ma grand-mère Joséphine arrêtait les brûlures et certaines maladies aussi. Elle connaissait et ramassait beaucoup de plantes qu’elle faisait macérer et qui pouvaient guérir les brûlures. Elle était très au fait de la biologie.