Gigi en Guyane - Lyne Lebourg - E-Book

Gigi en Guyane E-Book

Lyne Lebourg

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Beschreibung

Quelle aventure ! Quelle audace ! Et c'est une histoire vraie ! Ce récit au présent palpite comme devait palpiter le coeur de cette mère en ordre de bataille pour sauver son fils. Écrit à la première personne, il entraîne le lecteur dans l'univers féroce des trafiquants de drogue et de leurs sombres desseins. Empreinte de chaleur, d'humanité et de valeureuse spontanéité, une histoire vraie comme on aimerait en découvrir plus souvent.

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Seitenzahl: 70

Veröffentlichungsjahr: 2022

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À mon fils Mickaël, qui a eu le courage de se reconstruire. Je t’aime mon fils.

À Louis, Brice et Romain, mes garçons, je vous aime.

Quand vous êtes sur le point d’abandonner, souvenez-vous pourquoi vous avez commencé.

Auteur inconnu

Sommaire

À L’AUBE DE CETTE HISTOIRE

UN DÉMÉNAGEMENT RADICAL

PREMIER VOYAGE EN GUYANE

DES VACANCES EN MÉTROPOLE

DEUXIÈME VOYAGE EN GUYANE

QUAND TOUT BASCULE

L’ÉVASION

LE TEMPS DU SEVRAGE

POUR FINIR

À L’AUBE DE CETTE HISTOIRE

L’histoire que je viens raconter ici est celle de mon fils Mickaël, infirmier de métier et très curieux de la vie, prêt à s’engager sans compter pour les causes qui lui tiennent à cœur.

Né le 23 mars 1965, Mickaël se montre très tôt un enfant actif, bon élève et très affectueux, tactile aussi. Pendant une longue période, il est scout de France et devient même chef de troupe. Sa spiritualité se nourrit de sa curiosité et s’enrichit de chacune de ses expériences.

Mickaël a 17 ans lorsque je découvre son homosexualité, une situation que j’accepte très vite, au contraire de son père pour qui ce fut plus difficile. En ce qui me concerne, il s’agit avant tout du bonheur de mon fils et, quel que soit son chemin pour l’atteindre, je ne saurais trop l’encourager à s’y engager. Je suis même prête à l’accompagner s’il devait rencontrer des difficultés.

En fin de parcours lycéen, il décroche son baccalauréat. Il conçoit alors un projet particulier, celui d’aller porter la bonne parole au Liban. Considérant qu’il est avant tout à l’âge du choix de vie professionnelle, je lui demande de se positionner face à son avenir. Le temps court, sans pouvoir rien concrétiser de ce point de vue là, et le voici parti faire son service militaire au sein de l’unité d’instruction et d’intervention de la sécurité civile n° 7, l’UIISC 7, à Brignoles.

Au cours d’une sortie sur le terrain, son véhicule, l’ambulance dont il est chef d’agrès, chute dans un ravin et Mickaël est grièvement blessé. Hospitalisé à Nice, il s’en sort malgré tout plutôt bien, avec cependant des séquelles qui compromettent ses projets de bénévolat au Liban.

S’inspirant sans doute de ma propre expérience, il se tourne alors vers une formation d’infirmier diplômé d’État. Alors qu’il est en troisième et dernière année, je divorce d’avec son père. Nous nous retrouvons dans un appartement à La Coupiagne, à La Valette-du-Var, moi, Mickaël et son frère Romain, alors âgé de 11 ans. Ce dernier vit mal la période difficile que nous traversons et Mickaël va beaucoup s’occuper de son petit frère et assumer en partie le rôle du père dont l’absence se fait sentir. Je ne peux que me satisfaire de ce comportement adorable tellement je suis occupée et préoccupée par les sollicitations du quotidien passablement alourdi par le fait que je travaille exclusivement de nuit.

1989, Mickaël a son diplôme d’infirmier en poche et part travailler à Marseille, à l’hôpital de la Conception. Il s’investit dans le SMUR, s’engage avec Médecins sans frontières et assure comme bénévole des maraudes avec Les Amis de Jéricho, une association toulonnaise qui offre tous les services d’urgence pour les personnes en grande précarité ou souffrant d’exclusion.

Au cours d’une de ses tournées de soins infirmiers à domicile, à Marseille, Mickaël se prend d’affection pour une petite femelle chihuahua à poil ras que ne supporte pas sa maîtresse un peu acariâtre et qui la maltraite. La chienne court souvent se réfugier sous les meubles d’où la vilaine tente de l’en déloger avec le manche d’un balai. Devant cette souffrance, Mickaël convainc la méchante femme de lui donner la chienne malheureuse. Très vite, il s’attache à elle et ils finissent par devenir inséparables. Gigi est sur les genoux de Mickaël pendant les repas, elle dort avec lui. Leur relation est quasi fusionnelle. Ce petit chien donne toute son affection à mon fils et celui-ci la lui rend bien.

Les années s’écoulent, heureuses, chacun dans la famille se réjouit de la tournure qu’a prise la vie de Mickaël. Et pourtant…

UN DÉMÉNAGEMENT RADICAL

2001, Mickaël habite un appartement en haut de la Canebière. Quelques accrocs dans le paiement de son loyer le conduisent à devoir chercher à se loger ailleurs. Nous trouvons un magnifique point de chute, un appartement dans le centre de la ville, dans un quartier entièrement réhabilité, du côté de la Bourse. Un vaste et magnifique escalier dessert les logements, un de ces escaliers où l’on s’imagine des chevaliers des siècles passés combattre l’épée à la main au milieu de cliquetis de métal et d’éclairs d’acier, dans de grandes envolées de capes armoriées.

Le jour prévu, nous nous lançons dans le déménagement. Mickaël est entouré de quelques amis venus lui donner un coup de main, quelques anciens compagnons très sympathiques qui me considèrent un peu comme leur mère. Nous sommes en confiance. Il faut dire que, avec deux garçons homosexuels, je suis plutôt ouverte d’esprit. Leurs amis le savent et ça facilite grandement les relations. Moi, je suis accompagnée d’une poignée de bonnes volontés pour aider à la manœuvre, les frères de Mickaël, Jérôme, l’ami de mon neveu Nicolas, et mon compagnon. L’ambiance est très joyeuse, certainement du fait de ce changement imposé qui remet en cause la vie courante. Il s’agit quand même de mettre en place une nouvelle situation pour vivre au quotidien. Alors, chacun y met du sien et ça profite à la bonne humeur largement partagée. C’est aussi l’occasion de faire du vide. Un piano quelque peu délabré finit à la déchetterie, non sans émettre ses dernières notes lors de sa chute dans la benne, une sorte d’ultime cri de désespoir lancé au monde cruel qui scelle ainsi son destin.

Une douzaine de jours passent, sans que, chose surprenante et contraire à son habitude, Mickaël me contacte une seule fois. Enfin, le téléphone sonne, c’est lui qui m’appelle. Tout de go, il m’annonce :

— Maman, je mets les clés de l’appartement dans la boîte aux lettres, je te laisse le contrat de location pour que tu rendes le logement à ma place. Je pars demain matin en Guyane, j’ai rencontré un ami. »

Pourquoi ne suis-je pas étonnée par ce comportement ? Parce que c’est bien celui de mon fils, fidèle à lui-même. Il ne me reste plus qu’à suivre ses directives.

Il faut déménager à nouveau, se débarrasser d’une partie des affaires de Mickaël, stocker l’autre, dont les meubles, dans la maison de mes parents. Cette fois, nous sommes moins nombreux pour la manutention. Jérôme a de nouveau répondu présent. Ensemble, nous remplissons les cartons, chargeons le camion loué pour l’occasion.

Les premières nouvelles que je reçois de Mickaël sont rassurantes, il m’affirme que tout va bien, qu’il est très heureux avec son nouvel ami et je le crois bien volontiers. Le poste de surveillant général au service des urgences de l’hôpital de Saint-Laurent-du-Maroni, qu’il a pu négocier et obtenir avant son départ, lui convient parfaitement bien.

Dans les semaines qui suivent, nos échanges reprennent leur rythme et s’adaptent à la distance qui nous sépare désormais. Le téléphone et quelques échanges en vidéo complètent les lettres que nous nous écrivons.

Tant et si bien qu’au bout de quelques mois, je décide d’aller le voir dans ce département français situé de l’autre côté de l’Atlantique.

PREMIER VOYAGE EN GUYANE

Ce premier voyage en Guyane est l’occasion de nombreuses visites. J’ai tout à découvrir dans cet univers si différent de ce que j’ai pu connaître auparavant.

C’est bien sûr à l’aéroport de Cayenne que je touche le sol guyanais pour la première fois. Dans l’avion, j’ai voyagé avec le fils d’une surveillante de l’hôpital où travaille Mickaël. Nous avons fait connaissance et à l’arrivée, où nos proches nous attendent, les présentations des uns aux autres sont assez pittoresques.

Le nouvel ami de Mickaël, Antoine, est un garçon très gentil, d’un grand calme. Instituteur, il est en poste sur place. C’est d’ailleurs ce qui a motivé le départ de mon fils. Ce jeune homme me reçoit très bien.