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Juba III sera-t-il le digne successeur des anciens rois de Numidie et du Gourou aux yeux jaunes ? Qui est-il vraiment par rapport à Mo ? Les batailles vont-elles enfin cesser ? Vous le saurez en lisant Juba III : l'héritier du feu.
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Seitenzahl: 39
Veröffentlichungsjahr: 2025
Chapitre I : Le Serment de Sophonisba
Chapitre ll : Le Lion et la Gazelle
Chapitre III : Le Dernier Roi
Chapitre IV : L’enfant de Rome
Chapitre V : Le Feu sous la Cendre
Chapitre VI : L’Héritier voilé
Chapitre VII : Le Prince en sa demeure
Chapitre VIII : Le Faux Héritier
Chapitre IX : Le Dernier Geste
Chapitre X : L’Heure est Grave
Chapitre XI : La Tournée des Popotes
Chapitre XII : La Choura des Compagnons
Chapitre XIII : Le Phare ou l’Ombre
Chapitre XIV : Le Retour du Feu
Chapitre XV : Le Discours de Jérusalem
Chapitre XVI : Le Feu et la Glace
Chapitre XVII : Le Passage en Revue
Chapitre XVIII : Le Stratège et la Dernière Chance
Chapitre XIX : Le Sommet du Dernier Pont
Chapitre XX : Les Héritiers Cachés
Les vents du destin soufflaient violemment sur les plaines de Zama, là où le sol encore tiède portait l’empreinte des éléphants de guerre et le sang des légions défaites. Hannibal, le stratège carthaginois autrefois invincible, avait été vaincu. Non pas par la force brute, mais par la ruse d’un ancien allié devenu rival : Massinissa.
Le roi numide, trahi, avait retourné son sabre contre Carthage. Désormais allié de Scipion l’Africain, il avait renversé Syphax, son rival, et conquis son royaume. Mais au cœur de cette victoire, un prix inestimable l’attendait : Sophonisba.
Fille de noblesse carthaginoise, promise à Syphax par stratégie, elle était bien plus qu’un pion diplomatique. Belle, farouche, et intelligente, elle portait dans ses yeux l’éclat d’une civilisation sur le déclin. Massinissa l’aimait, et elle l’avait aimé en retour, autrefois, avant que la guerre ne les sépare. Mais la guerre a ses lois. Et ses butins.
Scipion, général romain, vainqueur de Zama, réclamait Sophonisba comme trophée. Il voyait en elle une ennemie de Rome, une dangereuse politicienne, capable de rallumer les cendres de Carthage. Massinissa, humilié, n’eut d’autre choix que de feindre l’obéissance.
Mais il savait que jamais Sophonisba ne survivrait à l'humiliation d’un défilé triomphal à Rome, enchaînée comme une bête. Alors, dans le secret de la nuit, il lui fit porter une fiole. Le silence fut leur dernier échange. Au matin, elle était morte. Le roi numide pleura. Non pas comme un souverain, mais comme un homme à qui on venait d’arracher son monde. Il jura ce jour-là, sur la tombe encore tiède de Sophonisba, de ne jamais plus plier le genou. Et dans ses veines, le feu d’une dynastie allait naître.
Massinissa avait uni ce que l'on croyait inséparable — les tribus libres, fières et sauvages des montagnes, des oasis et des hauts plateaux. Il avait bâti une nation : la Numidie, libre, puissante, et respectée. À sa mort, il laissa à son fils Micipsa un royaume consolidé, une capitale florissante et une bibliothèque – trésor plus précieux encore que les butins de guerre. Dans ses murs, les manuscrits grecs, latins et puniques se côtoyaient. Micipsa croyait au savoir. Il croyait qu’un peuple éclairé ne pouvait jamais redevenir esclave.
Ses deux fils légitimes, Adherbal et Hiempsal, étaient éduqués à la romaine. Ils parlaient le latin avec élégance, admiraient Cicéron, et croyaient à la paix par les traités. Mais dans l’ombre des cours royales, une autre figure grandissait : Jugurtha, le neveu bâtard, élevé comme un fils, mais fait de sable et de feu. Jugurtha, le lion.
Il n'aimait ni Rome ni les bibliothèques. Il aimait la chasse, les joutes, les cavaliers hurlants à travers les steppes. Il méprisait les mots, les lettres et les lois. Il était la guerre dans un monde de diplomates.
Mais dans le tumulte de cette époque, une seule créature pouvait l’apaiser : la gazelle.
On ne connaissait pas son vrai nom. Certains disaient qu’elle venait du désert, fille d’un forgeron et d’une poétesse.
D’autres affirmaient qu’elle était une ancienne prêtresse punique, échappée des ruines de Carthage. Ce que l’on savait, c’est qu’elle avait un regard capable de faire plier les tempêtes, et une voix qui parlait aux fauves. Elle était fragile dans son corps, mais invincible dans son âme.
Il l’aimait. D’un amour douloureux, presque animal.
Elle seule osait l’affronter, le contredire, l’embrasser puis le gifler. Elle n’était pas soumise, elle était souveraine. Il l’appelait "ma gazelle", elle l’appelait "mon lion blessé".
Mais l’amour ne sauva rien. Jugurtha assassina Hiempsal. Il
