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En cette époque de conquête spatiale, l’astronomie devient l’outil de la conquête poétique et amoureuse.
Lorsqu’on aime comme on n’a jamais aimé, peut-on le dire comme on l’a déjà dit ? « Je t’aime », cette expression galvaudée, fatiguée, gravée dans un marbre quasi-funéraire… Celui que j’aime est unique, il mérite mieux que des mots réchauffés. Il fait battre mon cœur, je ne peux pas lui offrir des mots morts. Cet OVNI, voyageant de l’alexandrin aux vers libres en passant par la peinture acrylique, est une déclaration d’amour.
J’ai cartographié dans les étoiles un univers de sentiments, de fantasmes et de désirs, je suis allée chercher dans l’espace des mots pour décrire ce que rien, autour de moi, n’était en mesure de contenir. J’ai cherché d’autres façons de dire, un lieu assez grand pour l’aimer. Et même si je ne ferai jamais le tour de ce qu’il est ni de ce que je ressens, je cherche à m’en approcher, à apprivoiser ce qui, dans l’amour, fuit incessamment.
Il ne s’agit que de mon ciel à moi, poétique et peu réaliste. C’est un ciel exclusivement constitué d’étoiles artistiques, mais qu’importe : après tout, Uranie est bien la muse de l’astronomie…
L’autrice décline la thématique de l’espace et des étoiles sous différentes formes, mêlant les genres et les tonalités, pour témoigner de toute l’ampleur de ses sentiments.
À PROPOS DE L'AUTEURE
Claire Poirson est poétesse, autrice de théâtre, metteuse en scène et comédienne. Grande admiratrice de Molière et des Monty Python, c’est aussi une vraie fleur bleue dans l’âme. Elle adore les films à l’eau de rose, mais c’est son petit secret. Heureusement que personne ne lit les biographies !
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Seitenzahl: 46
Veröffentlichungsjahr: 2022
Claire Poirson
Le Chemin des étoiles
OVNI{1}
ISBN : 979-10-388-0309-1
Collection : Hors Cadre
ISSN : 2106-4342
Dépôt légal : 17 mars 2022
© Couverture Ex Æquo
©2022 Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction intégrale ou partielle, réservés pour tous pays Toute modification interdite
Si je ne brûle pas
J’ai fait le plus beau des rêves. Nous étions réunis. Je me suis battue pour ne pas me réveiller. À l’aube, il a murmuré à mon oreille : « Retrouve-moi. Écris, trace mes lignes, chante si ça te chante, mais cherche-moi. Prends tout ce que tu ressens, mets-le bout à bout et tu me trouveras dans ce vitrail. » Je l’ai écouté. J’ai ouvert les yeux, déterminée à retrouver son visage. Nos âmes avaient convenu d’un rendez-vous. Je l’ai cherché, de jour comme de nuit, partout où mon cœur me portait.
Bourdonnement nocturne aux halos vaporeux...
Éclats de voix diffus, gestes et tintements...
Corps enjoués, clameurs, tumulte liquoreux...
Nébuleuse jonction de rires en fragments...
Dans cette confusion, tes yeux, comme un murmure
Partagent leurs secrets dans l’ombre de la nuit
Ton rire étincelant comme une orbe qui luit
Constelle ma soirée de soleil et d’azur
Ancrage de nos yeux dans l’encre de la nuit
Le silence s’échappe et tamise les mots
Instant fragile, oubli de tout, le temps a fui
Connivence à tâtons, souffles pianissimo
-Juste un baiser furtif avant de nous quitter-
Contact inattendu, tout vacille et tout file
Clapotis sur l’eau noire endormie de la ville
Dans un pays lointain, tellement lointain qu’il n’existe pas, une jeune femme portait une porte. Cette passion était née alors qu’elle était encore enfant. Personne n’avait compris, mais après tout, dans un monde qui n’existe pas, les gens ont bien le droit de porter une porte si ça leur fait plaisir. S’il y a bien quelque chose que les personnes qui n’existent pas apprécient, c’est la relative liberté dont elles jouissent du fait de leur non existence. D’ailleurs, nul besoin de dieu : à quoi bon croire en qui que ce soit puisque l’on n’a pas de bonne raison de croire en soi, et que pour mourir il faudrait commencer par être ? Les philosophes débattaient joyeusement de l’origine, des causes et des effets de cette non existence. Les politiciens proféraient plein de belles promesses d’avenir, personne n’y croyait puisqu’il n’y avait personne, mais tout le monde était heureux et les politiciens se sentaient fiers de parvenir si facilement à emporter l’unanimité des suffrages. Personne ne les élisait, mais ils aimaient leur beau métier imaginaire.
Ne nous égarons pas. Ce qui compte ici, c’est cette jeune femme qui porte une porte. D’autres ont porté des croix, pourquoi ne pourrait-elle pas porter une porte si ça lui fait plaisir ? Elle n’avait pas de nom puisqu’elle n’en avait pas besoin. Elle marchait inlassablement, le regard dans les nuages. Brusquement, quelque chose de lointain la ramenait à la surface. Elle s’arrêtait net, observait autour d’elle, fixait son attention sur quelqu’un, puis posait sa porte, en la disposant de manière à la faire tenir à la perpendiculaire du sol. Ensuite,
elle se mettait derrière la porte, l’ouvrait et cherchait, dans ce monde inexistant, cette personne qui avait attiré son regard. Mais elle ne voyait rien. Alors, toujours aussi seule mais jamais découragée, elle remettait sa porte sur son dos et repartait en quête d’altérité. Laissons-la se débattre seule face au vide et allons maintenant dans un autre pays lointain, qui lui non plus n’existe pas.
Dans cet autre pays, un jeune homme vivait en haut d’une tour. Il avait construit sa demeure lui-même, pour se protéger du néant. Sa tour était fort simple : circulaire, en pierre froide, sans portes ni fenêtres. À quoi bon regarder de sa fenêtre un monde inexistant, à quoi bon sortir vers aucune destination, à quoi bon affronter l’absence d’un monde qu’on ne pourrait même pas qualifier de froid, puisqu’il n’y existe aucune température ? Alors, il restait muré. Brusquement, quelque chose de lointain l’attirait à l’horizon. Il sortait sur le toit de sa tour d’ombre, fixait le ciel incolore et y cherchait une étoile. Mais il ne voyait rien. Ni étoile du berger, ni thème astral. Pas plus de passé que d’avenir. Il retournait donc dans l’obscurité de sa tour.
Ils continuaient leurs chemins respectifs, elle portant sa porte, lui cloîtré dans l’ombre. Ils ignoraient encore que les dieux, qui n’existaient pas, leur avaient fait le plus beau des cadeaux. Un jour que le jeune homme était monté sur le toit de sa tour à la recherche d’une lumière dans le ciel, alors qu’il méditait, privé d’astres, il laissa choir machinalement son regard. À sa grande surprise, en face de lui, dans l’embrasure d’une porte, une jeune femme blonde le fixait, incrédule. La jeune femme comprit qu’elle s’appelait Anna Hata. Elle avait un prénom et même un nom, de toute évidence. Tout comme ses cheveux avaient une couleur. Elle fixa un long moment le
regard bleu de cet homme qui avait mis des noms et des couleurs partout autour d’elle. Alors, sans réfléchir, Anna s’avança et vint tout naturellement sceller sa porte dans la tour de Gabriel. Le jeune homme descendit le long escalier en colimaçon.
