Le Cid de Corneille (Analyse approfondie) - Marianne Lesage - E-Book

Le Cid de Corneille (Analyse approfondie) E-Book

Marianne Lesage

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Beschreibung

Cet ouvrage fournit une analyse approfondie de Le Cid de Corneille avec toutes les clés pour analyse l'œuvre.

Retrouvez dans cette analyse approfondie du Cid de Corneille tout ce que vous devez savoir sur cette oeuvre classique !

Chimène et Rodrigue s'aiment d'un amour profond et sont promis l'un à l'autre. Malheureusement, leurs pères, Don Diègue et Don Gormas, en viennent à se disputer, et Rodrigue se voit obligé par son sens de l'honneur de tuer le géniteur de son amante. Celle-ci, quant à elle, choisit également l'honneur plutôt que l'amour : elle veut réparation pour l'assassinat de Don Gormas et exige la mort de Rodrigue. Le mariage semble impossible…

Que contient cette analyse d'oeuvre ?

Après avoir détaillé la biographie de Corneille, Marianne Lesage nous transporte directement au sein de l'histoire du Cid, qu'elle résume fidèlement acte après acte. Elle se penche ensuite sur le contexte de l'époque, le règne de Louis XIII et les mutations alors à l'oeuvre dans le monde du théâtre. Les personnages de la pièce, tant le Cid et Chimène que leurs pères ou Don Fernand, roi de Castille, sont alors soumis à une analyse rigoureuse. Vient ensuite l'étude des thématiques principales de l'oeuvre : les différentes peintures de l'amour, les images du pouvoir, le héros cornélien. L'analyse du style de Corneille fait l'objet du chapitre suivant, tandis que l'étude de la réception de ce chef-d'oeuvre clôt l'analyse littéraire. 


Profil Littéraire propose des analyses approfondies faisant le tour complet des plus grandes œuvres de la littérature. Notre objectif est de permettre à nos lecteurs d'aller plus loin dans leur expérience de lecture et leur offrir ainsi un nouveau regard sur l'oeuvre concernée. Nos "profils littéraires" sont conçus par des professeurs triés sur le volet et révisés par un comité éditorial constitué de professionnels de la littérature.

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Seitenzahl: 62

Veröffentlichungsjahr: 2017

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Pierre Corneille

Né en 1606 à RouenMort en 1684 à ParisQuelques-unes de ses œuvres :L’Illusion comique, 1636Cinna ou la Clémence d’Auguste, 1641Polyeucte, 1642

Rien ne prédestinait Corneille à devenir le monstre littéraire que l’on connaît aujourd’hui. Né en province dans une famille de magistrats, il est avant tout attiré par le droit et ne taquine la plume que comme divertissement. Son goût pour l’éloquence antique le porte tout naturellement vers le théâtre et il compose ses premières pièces selon le goût à la mode en ce début de XVIIe siècle. Certains traits caractéristiques se font déjà sentir : le mélange des genres, les dialectiques du cœur.

Pour autant, rien ne le prépare au succès foudroyant de sa pièce espagnole, Le Cid, inspirée de l’auteur Guillén de Castro. Les éloges pleuvent, les critiques aussi, au point de remonter jusqu’au sommet de l’État, à Richelieu lui-même. Corneille se retire un temps de la vie publique et ne revient qu’en 1640, avec une série de tragédies à matière antique. Ses pièces suivantes s’éloignent lentement des thèmes amoureux pour concentrer leurs effets sur la problématique de l’héroïsme et la question du héros face aux événements politiques. Bien que siégeant à l’Académie française, la suite de sa carrière ne sera pas à la hauteur des espoirs suscités par Le Cid et sera surtout éclipsée par le génie incontournable d’un dramaturge plus jeune, Jean Racine.

Le Cid

Genre : tragi-comédie1re édition : 1637 (édition définitive 1660)Édition de référence :Le Cid, Paris, Nathan, coll. « Grands Classiques Nathan », 1989.Personnages : Rodrigue, dit le Cid, jeune homme noble, fils de Don DiègueChimène, jeune femme noble, amoureuse de Rodrigue et aimée de Don Sanche, fille de Don GormasDon Diègue, Grand d’Espagne, père de RodrigueDon Gormas, Grand d’Espagne, père de ChimèneDoña Urraque, Infante d’Espagne, secrètement amoureuse de RodrigueElvire, sa suivanteLéonor, sa gouvernanteDon Fernand, roi d’EspagneDon Sanche, jeune homme noble, amoureux de Chimène et rival de RodrigueThématiques principales : amour, honneur, famille, vengeance, pouvoir royal

Au moment où la future troupe du Marais monte Le Cid du jeune Corneille, dramaturge de province encore peu connu, le théâtre français est en ébullition. Alors que le début du siècle était encore marqué par un théâtre de l’outrance hérité de la Renaissance et de la période baroque, les années 1630 sont celles de la lente mise en place de règles strictes qui donneront naissance à ce que nous connaissons aujourd’hui sous le nom de théâtre classique. Le Cid témoigne donc encore de cette fluctuation des genres. La tragi-comédie est à l’époque le genre de prédilection du théâtre irrégulier, car elle rejette l’unité de ton, chère aux classiques. Si la pièce de Corneille triomphe sur scène et lance la carrière de son auteur, tout comme celle de la troupe de Montdory, future troupe de l’hôtel du Marais, elle déclenche également une tempête qui déchire critiques, mécènes et dramaturges.

Plus de quatre siècles après sa création, Le Cid est une pièce phare du théâtre français dont le succès ne s’est jamais démenti. Le personnage de Rodrigue constitue une expérience d’acteur qui a fait le succès de nombreux comédiens. Mais surtout, les affres du héros espagnol ont permis à Corneille de créer un type, le héros cornélien, qui se définit par cette lutte intérieure entre devoir et sentiment, dont l’écho n’en finit pas de résonner de modernité.

La vie de Pierre Corneille

Gravure représentant Pierre Corneille, XVIIe siècle.

Un bourgeois de province

Pierre Corneille naît à Rouen, le 6 juin 1606, premier-né d’une lignée de magistrats. C’est peu de dire que les Corneille ont le droit dans le sang. À une époque où les charges se transmettent de père en fils, c’est le grand-père de l’auteur qui échappe à la tannerie familiale pour devenir avocat, profession qui sera ensuite celle de son père, officiellement « maître des eaux et forêts » de la province de Rouen. Ce père, notable de province, épousera une fille d’avocat avec laquelle il aura huit enfants, dont six parviendront à l’âge adulte. Parmi eux, Pierre l’aîné et Thomas le cadet, qui tous deux abandonneront la magistrature pour l’écriture et le théâtre.

La jeunesse de Pierre Corneille est semblable à celle de nombreux jeunes gens issus de la bourgeoisie de robe. Il commence son éducation chez les jésuites, où, excellent élève, il remporte plusieurs prix et se prend de passion pour les stoïciens gréco-latins et leur art de la rhétorique. Il découvre également le théâtre, discipline récemment introduite dans les cursus par les jésuites qui y voient un outil pédagogique. Pour autant, le jeune Pierre est timide et peu doué pour l’éloquence – qui sera pourtant aux fondements de son écriture.

Poursuivant la tradition familiale, Corneille entreprend des études de droit, et son père lui achètera même deux petites charges d’avocat. Mais la plaidoirie n’est décidément pas son fort, et il y renonce dès 1629, soit quatre ans à peine après avoir prêté serment. Néanmoins, il conservera les charges pendant de longues années et en tirera des revenus suffisants pour nourrir sa famille.

Premières œuvres

Il est courant, pour les jeunes étudiants en droit de l’époque, de s’adonner à la poésie et de passer ainsi d’un art rhétorique à l’autre. Dès 1625, Corneille compose des vers en puisant dans une récente peine de cœur.

De la poésie tragique, il passe au théâtre et s’inspire à nouveau de ses amours malheureuses – la rivalité qui l’oppose à l’un de ses amis pour le cœur d’une jeune fille – pour créer sa première pièce, Mélite, qualifiée de « pièce comique » et non de « comédie », révélant par là le goût de son auteur pour les jeux sur le genre. Il emprunte son sujet à la pastorale (œuvre artistique se déroulant dans un cadre champêtre idéalisé et dont les personnages sont des bergers et des bergères), alors très en vogue, et crée un nouveau modèle de comédie sentimentale qui s’éloigne du genre des farces bouffonnes, en lui prêtant un ton et des dialogues plus réalistes, des effets moins outrés. Confiée presque par hasard à une troupe de comédiens itinérants, future troupe de l’hôtel du Marais, la pièce est montée à Paris où elle jouit d’un succès certain et lance la carrière littéraire de Corneille.

Jusqu’en 1644, malgré un intérêt croissant pour la tragédie, il continuera d’écrire sur ce nouveau modèle huit comédies afin de dépeindre, avec toutes les nuances et sans excès de bouffonneries, le sentiment amoureux et les atermoiements du cœur, à mi-chemin entre la comédie et le drame. Parmi celles-ci, La Veuve (1632), La Galerie du Palais (1633), La Suivante (1634) et La Place royale (1634). Partisan du mélange des genres, il fait également jouer en 1636 L’Illusion comique, pièce comique à enchâssements successifs qui parvient à concentrer comédie, pastorale, tragi-comédie et tragédie en une seule pièce. Ce sera l’une de ses dernières comédies.

Le Cid, ou le succès inattendu

En 1637, la mode est au drame espagnol. Pays proche et rival de la France, l’Espagne devient dans l’imaginaire littéraire un pays de cape et d’épée, tout en violence et en pittoresque. Certains grands noms du théâtre ibérique sont repris ou adaptés sur les scènes de France : Tirso de Molina (1583-1648), Lope de Vega (1562-1635), Calderon (1600-1681). Corneille ne fait pas exception et puise la matière de sa nouvelle œuvre dans la pièce de Guillén de Castro (1569-1631), Les Enfances du Cid