Le Courage et la vie - Doumé Quintin - E-Book

Le Courage et la vie E-Book

Doumé Quintin

0,0

Beschreibung

Doumé Quintin n'a pas eu une vie ordinaire. Plus d'un, ayant traversé les mêmes épreuves que lui, aurait sombré. "Quintin le tenace" a préféré se battre. Il a choisi la vie. Dans sa jeunesse, il trouve dans le sport, notamment dans le rugby, un remède à ses blessures d'enfance. Sur le terrain, il vibre, il se défonce. Mais alors qu'il n'a pas vingt ans, il doit affronter coup sur coup deux drames. Son père, son héros, qui lui a transmis sa passion pour le sport, décède subitement. Un an plus tard, pendant un match de rugby, le jeune homme est victime d'un très grave accident qui le laissera paraplégique à vie. La pente à remonter est dure et douloureuse, mais "Quintin le tenace" s'accroche. Porté par une force intérieure inébranlable, il parviendra peu à peu à s'accomplir dans tous les domaines de la vie. Avec ce récit, Doumé Quintin signe une autobiographie émouvante et pleine d'espoir.

Sie lesen das E-Book in den Legimi-Apps auf:

Android
iOS
von Legimi
zertifizierten E-Readern
Kindle™-E-Readern
(für ausgewählte Pakete)

Seitenzahl: 152

Veröffentlichungsjahr: 2023

Das E-Book (TTS) können Sie hören im Abo „Legimi Premium” in Legimi-Apps auf:

Android
iOS
Bewertungen
0,0
0
0
0
0
0
Mehr Informationen
Mehr Informationen
Legimi prüft nicht, ob Rezensionen von Nutzern stammen, die den betreffenden Titel tatsächlich gekauft oder gelesen/gehört haben. Wir entfernen aber gefälschte Rezensionen.



SOMMAIRE

Préface

Prologue

Le divorce de mes parents

Lettre à ma mère biologique

Hommage d’un fils à son très cher Papa, son héros !

Les horreurs de mon enfance

Ma petite sœur

Mon frère

Mon entrée dans la vie active

Le rugby et ma vie sportive

Adieu, Papa

Ma foi en Dieu, non en l’église des humains

Un dimanche à Clamart en 1978, je perds mes jambes

Une longue année de rééducation

Ma carrière bancaire

Mes années A.G.F.

Ma vie familiale et intime

Ma passion pour Marseille

Mon incursion en politique

Mon engagement associatif

Épilogue

Citations

Préface

Il n’est pas un homme comme les autres et son fauteuil roulant n’a rien à voir là-dedans. Marié, père de famille, grand-père, cadre de la finance, élu municipal et communautaire, bénévole dans de nombreux domaines et toujours passionné de sport, il souhaite s’investir durant sa retraite pour la cause des grands blessés du rugby et du sport en général.

C’est un bien triste anniversaire qu’il fête chaque 17 septembre. Ce dimanche de fin d’été 1978, sous les couleurs du Stade Français-CASG, il joue talonneur pour la première et dernière fois de sa jeune carrière. « Sur une mêlée effondrée, je me retrouve les bras en l’air, la tête en bas. Le dos craque… ». Le diagnostic est sans appel. Le jeune joueur de 20 ans sera paraplégique pour le restant de ses jours. Opération immédiate à La Salpêtrière, trois mois à Garches au quartier des grands accidentés, puis huit mois de plus au centre breton de rééducation de Kerpape, mais Doumé Quintin décide qu’il ne baissera jamais les bras ni ne perdra la foi en la vie. Depuis quatre décennies, il coule des jours heureux avec son épouse, Élisabeth, du côté de Plœmeur dans le Morbihan. Doumé y est devenu un homme diligent, volontaire, généreux, aussi heureux qu’on puisse l’être.

L’abattement ou le fatalisme, très peu pour lui. Il y aurait pourtant de quoi : « Mon histoire de famille est lourde à porter. Un an avant moi, mon père décède à moins d’un kilomètre de mon accident. C’est le destin… Moi, j’ai la chance d’être sur un fauteuil roulant et de vivre. Pas lui. Il avait 44 ans. C’est d’ailleurs le plus grand malheur de ma vie, avoir perdu mon père si jeune. » Et pas ce terrible accident qui le prive de l’usage de ses jambes. Ses neurones et sa motivation restent, eux, intacts.

« J’ai décidé que je vivrais comme tout le monde, que tout ce qu’un valide peut faire, je peux le faire aussi », explique Doumé. Et il fait bien d’avantage. Il met son intarissable énergie au service de la finance, directeur de banque, puis inspecteur d’assurance. Il mène également une vie familiale épanouie, père d’Arnaud (32 ans), enfant désiré depuis de nombreuses années, et de Thibaut (35 ans), garçon d’origine thaïlandaise adopté à l’âge de trois ans. Il est aussi quatre fois grand-père. Dans la situation qui fut la sienne, sa seule force mentale n’aurait peut-être pas suffi à souffler tous les nuages au-dessus de sa tête. Le soutien financier de la fondation Albert Ferrasse et de la Fédération Française de Rugby l’a énormément aidé. Et cela se poursuit sans faille depuis quatre décennies. « J’ai rencontré ce Monsieur, alors Président de la F.F.R., au stade Jean Bouin Paris en 1980, lors d’un match en mon honneur. Je lui ai parlé des soucis des grands blessés. Il a été sensibilisé, ça a démarré de là. »

Cette sensibilité a sans doute guidé Doumé Quintin sur la voie du bénévolat qu’il fréquente depuis de nombreuses années. La liste n’est pas exhaustive. « J’ai été Président de l’association des parents d’élèves où mes enfants étaient scolarisés, trésorier du club de football de ces derniers, très actif pour des causes humanitaires en Roumanie ou après le tsunami au Sri Lanka, vice-président de l’office municipal des sports de ma commune, fondateur d’un vide-greniers pour une association de tennis de table, sport que je pratique, membre d’un groupe de travail concernant la fusion des clubs de football de ma ville et la création d’une nouvelle association sportive, président du pôle d’entraide neurologique du pays de Lorient au service des personnes concernées par des maladies neurodégénératives, conseiller communautaire à l’agglomération lorientaise (25 communes). » L’ancien espoir du Stade français CASG en oublierait presque son rôle d’élu depuis 2014, conseiller municipal délégué en charge du sport et de la jeunesse à la mairie de Plœmeur. « J’ai beaucoup aimé être à l’écoute et agir pour les citoyens et les associations.»

Pour cet impressionnant CV, Doumé Quintin a reçu le 14 juillet 2015 la médaille d’argent de la Jeunesse, des Sports et de l’engagement associatif et sera prochainement éligible à la médaille d’or ainsi que la médaille de bronze de la Fédération Française de Rugby trois ans plus tôt. Doumé qui est un jeune retraité a décidé de rendre aux grands blessés du rugby et du sport ce que la Fondation et la Fédération lui ont apporté. « Le rugby m’a beaucoup pris, mais également beaucoup donné. C’est tellement bien que j’ai envie de m’investir pour la cause dans les prochaines années. » Une nouvelle association est en cours de création, association Après l’accident, que fait-on ?, elle aura pour objet de fédérer autour d’elle dans le but de mettre en place des actions, de participer à des évènements et de sensibiliser au profit des grands blessés du rugby et du sport en général, afin de récolter des fonds pour répondre aux besoins croissants de ces derniers surtout avec le vieillissement.

Doumé Quintin a de l’énergie à revendre et un magnifique état d’esprit à offrir. Depuis quarante ans, son plus ardent désir a toujours été de vivre comme tout le monde.

Il fait mieux que ça.

Silvère Beau,

d’après un article paru dans Rugby Mag en janvier 2018

Prologue

C’est Doumé pour les intimes, Domi pour certains, Dom pour les copains ou tout simplement Dominique. Né en 1958, j’ai soixante-quatre ans au démarrage de ce livre.

Beau bébé de 4,8 kg avec le sourire, un papa, une maman, la vie qui démarre… Comment ce petit être si fragile pouvait-il imaginer une seule seconde les épreuves de la vie, les souffrances, la rudesse de l’existence, la solitude qu’il lui faudrait affronter en grandissant ?

L’idée d’écrire, sans être urgente, me taraudait. J’ai souhaité raconter mon histoire si chaotique, parcourue de drames… Enfant battu, enfant abandonné, garçon négligé, méprisé…

J’ai pris le temps de me poser et de faire le point, pour dresser le bilan de ma trajectoire de vie. J’aborde ici des sujets qui me tiennent à cœur : ma foi, ma famille, mes réussites bien sûr, et les moments de doute, les épreuves que j’ai traversées pour en arriver là. Je n’ai rien éludé. Au détour de ces pages, je me dévoile comme je n’avais jamais osé le faire. En toute transparence. Était-ce le bon moment ?

Plus que les autres, probablement, j’ai besoin d’être reconnu. Les circonstances de ma conception et de ma naissance ne sont sans doute pas étrangères à ce besoin de montrer que j’existe, tout simplement.

Mon livre s’adresse à mes proches bien évidemment, mais plus largement à celles et ceux qui doutent, qui désespèrent ou abandonnent, celles et ceux qui nourrissent des rêves sans oser les réaliser.

Mon livre s’adresse aussi aux belles personnes, celles qui m’ont aidé, qui m’ont accompagné, dont les marques de respect ont réchauffé mon cœur, qui m’ont encouragé pour me permettre d’avancer.

Mon livre s’adresse également aux quelques êtres humains qui m’ont mis des bâtons dans les roues tout au long de ma vie et, pour un paraplégique qui circule et se déplace en fauteuil roulant depuis quatre décennies, cela est très désagréable. Ces odieuses personnes n’ont pas réussi dans leur entreprise de destruction. J’ai toujours trouvé en moi les ressources pour m’élever au-dessus de la difficulté, nourri par la fierté et cette espèce de rage que je garde en moi. N’étais-je pas surnommé dans le monde du rugby « Quintin le tenace » ?

Un autre surnom qui reflète ma personnalité : « l’Emmerdeur ». Car si je peux me montrer extrêmement sympathique et serviable, il est aussi dans ma nature de jouer les contestataires. Chez moi, la demi-mesure n’a pas sa place. C’est blanc ou noir, jamais gris. Pour une cause à défendre, je suis prêt à déplacer des montagnes et ne fais jamais semblant. Pour certains, ma droiture force le respect. Quand je décide que cela en vaut la peine, je donne tout.

Ce livre, j’ai aussi décidé de l’écrire pour rétablir certaines vérités. Enfin. En m’offrant l’opportunité de me raconter à la première personne, sans interférences. Plus je vieillis, plus j’ai conscience que j’étais dans le vrai. Je n’ai menti à personne, ni trahi personne, je n’ai jamais accepté de me taire ou de renier mes convictions pour un poste ou pour de l’argent.

Je vais donc livrer ma vision des choses avec mes mots, avec mon regard. J’ai vécu de grands moments mais cette réussite n’occulte pas toutes les blessures, toutes les injustices que j’ai endurées au fils de ces années.

Belle et bonne lecture !

I LE DIVORCE DE MES PARENTS

Retranscription du document officiel :

« EXTRAIT DES MINUTES DU GREFFE DU TRIBUNAL DE GRANDE INSTANCE DE LA SEINE

AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS

L’AN MIL NEUF CENT SOIXANTE-SIX IER MARS

LA 19e Chambre du Tribunal de Grande Instance de la Seine, séant au Palais de Justice Boulevard du Palais, à Paris.

À rendre en audience publique, le Jugement dont la teneur suit dans la cause :

Dame QUINTIN1

Contre

QUINTIN2

[...]

Attendu que les faits 1 et 2 et 3 articulés par la dame QUINTIN à l’appui de sa demande en divorce le concluant entend les dénier formellement,

Attendu que Monsieur QUINTIN au contraire a les plus graves griefs à faire valoir contre sa femme,

Attendu en effet que fin novembre mil neuf cent cinquante-neuf il apprit que sa femme qui ne travaillait pas passait la majeure partie de son temps dans des cafés et qu’elle dilapidait dans les bars la majeure partie de l’argent du ménage,

Attendu que la nuit elle se rendait dans ces cafés et enfermait le requérant au domicile conjugal pendant son sommeil, elle fut surprise néanmoins par son mari à la suite de quoi elle abandonne le domicile conjugal en février mil neuf cent soixante laissant l’enfant Dominique né le dix-huit juin mil neuf cent cinquante-huit à Paris XVIIIe à la garde du père,

Que depuis cette date, elle ne s’est jamais préoccupée de l’enfant, qu’elle n’est jamais venue le voir depuis février mil neuf cent soixante et n’a jamais participé depuis cette date ni à l’entretien ni aux frais de nourriture,

Attendu qu’il résulte un rapport de Police inscrit au Parquet de la Seine à la sixième section sous le numéro 27 645 / 1961, mentionnant que la dame QUINTIN entretient des relations coupables avec un nommé P…

SUR LA GARDE DE L’ENFANT

Attendu que l’abandon complet de l’enfant Dominique par sa mère, dire qu’il y a lieu de confirmer les mesures provisoires de l’ordonnance de non-conciliation du huit mars mil neuf cent soixante-cinq, c’est-à-dire confier la garde de l’enfant et la surveillance de Dominique définitive au père qui s’en est toujours occupé et ce du consentement de la mère. Que cette dernière puisse exercer librement son droit de visite à charge de prévenir quarante-huit heures à l’avance et qu’elle pourra le prendre avec elle pendant la deuxième moitié de toutes les vacances. »

MERCI PAPA !

Une pensée pour ma grand-mère maternelle Marie-Antoinette

Une pensée pour mon grand-père maternel René

Une pensée pour mon frère Joël et ses filles

Une pensée pour mon demi-frère Laurent et ses enfants

1 Ma mère biologique

2 Mon père

II LETTRE À MA MÈRE BIOLOGIQUE

À celle qui m’a donné la vie lors de l’année 1958 et qui m’a abandonné en février 1960, j’avais vingt mois.

« Madame, je ne sais pas, mère, peut-être ?... puisque vous m’avez porté et mis au monde… Maman, NON, je ne peux pas même si vous avez essayé de renouer des liens bien des années plus tard, que vous pensez à mon anniversaire chaque année en m’envoyant une carte, mais la blessure est profonde et irréparable, la réconciliation est impossible.

Normalement, une maman donne la vie et fait partie de son enfant,

Normalement, une maman est l’âme de son enfant, elle est son cœur, elle est sa flamme, son bonheur,

Normalement, une maman est le sang de son enfant, elle est ses yeux, elle est son ange le plus précieux,

Normalement, une maman est tout ce que l’enfant a de plus cher au monde, sa raison d’être, sa raison de vivre,

Normalement, une maman, près d’elle son enfant reste jusqu’à la dernière seconde, c’est elle qu’il aime, elle est sa vie,

Normalement, une maman est l’ombre de son enfant, elle est sa voie, elle est son or, elle est sa voix,

Normalement, une maman est la chance de son enfant, elle est son souffle, son existence et plus que tout,

Normalement, elle est toute sa vie !

Moi, jamais je ne pourrai dire « Je t’aime à l’infini, Maman », JAMAIS…

Normalement, une maman écrit ces mots magiques : « Mon enfant, ma vie, depuis le jour de ta naissance, je n’ai pensé qu’à te protéger, qu’à vivre pour tout te donner, je n’ai pas vu les années défiler… Je t’aime. »

Mais NON, vous m’avez laissé, je n’avais que vingt mois ! Imaginez-vous mon traumatisme, quand on sait aujourd’hui que tout se joue dans les premières années de l’existence ? Comprenez-vous ma souffrance ? Réalisez-vous dans quelle galère s’est retrouvé mon cher Papa ? Heureusement pour moi, il n’a pas pris la même décision que vous en quittant le domicile familial et en m’abandonnant à son tour.

Normalement, une maman écrit à son fils : « Quand tu seras grand, je ne pourrai pas t’apporter une solution pour tous les problèmes de la vie, mais je te promets de toujours rester à tes côtés. Je ne peux pas te promettre que tu ne tomberas jamais mais je te fais la promesse que je te tiendrai la main pour te relever. Je ne pourrai pas éviter tes larmes mais je serai là pour pleurer avec toi et je ne t’abandonnerai jamais. »

Ces mots semblent magiques à un enfant qui n’a pas eu de mère.

Voici ce qu’a écrit un homme de cinquante-quatre ans, parlant de lui à la troisième personne :

« Dès l’âge de deux ans, elle ne lui fit aucune caresse et ne permettait pas qu’il lui en fît, mais elle se comportait avec lui avec une douce gravité, et lui de même à son endroit, autant que son enfance le pouvait permettre, afin que n’étant point élevé dans les tendresses et les sensibilités des enfants, il fût moins touché lorsque le jour de la séparation serait venu. »3

Où étiez-vous Madame, mère, quand je pleurais chez la nourrice entre deux et cinq ans ?

Où étiez-vous Madame, mère, quand je subissais les coups, dès cinq ans, d’une autre femme, mon Papa ayant refait sa vie avec cette personne que j’appellerais « la peau de vache de belle-mère » ?

Où étiez-vous Madame, mère, quand un soir, lors d’un dîner, on m’a annoncé que mes grands-parents (vos parents) demandaient un droit de visite et d’hébergement ? J’avais treize ans. Qui étaient ces gens que je ne connaissais ni d’Ève, ni d’Adam ? Le soir même, j’allais pleurer dans ma chambre toutes les larmes de mon corps après avoir appris que la peau de vache de belle-mère n’était pas ma vraie mère. Par la suite, savoir que cette odieuse personne n’avait aucun lien de sang avec moi m’a plutôt soulagé.

Où étiez-vous Madame, mère, quand j’ai été obligé de démarrer ma carrière professionnelle dans la banque dès l’âge de seize ans après la classe de 3e car la peau de vache de belle-mère ne voulait pas payer les études qui m’auraient permis de devenir professeur d’éducation physique et sportive ?

Où étiez-vous Madame, mère, le 10 janvier 1977, quand mon très cher Papa s’est effondré, victime d’une crise cardiaque, au bois de Clamart en pratiquant son sport hebdomadaire, la course à pied ? Le plus grand drame de ma vie, l’horreur sur terre, il n’avait que quarante-trois ans et huit mois.

Où étiez-vous Madame, mère, le 17 septembre 1978 quand je suis resté au sol lors d’un match de rugby au stade municipal de Clamart, à quelques centaines de mètres de l’endroit où mon cher Papa a vécu ses derniers instants de vie ?

J’avais vingt ans quand je suis devenu paraplégique à vie. Un an de rééducation et de réadaptation à l’hôpital Saint-Antoine, en réanimation et en convalescence à la Pitié Salpêtrière, à Paris, avant de rejoindre le centre des grands accidentés à Garches puis le centre mutualiste de Kerpape en Bretagne pour faire connaissance avec celui qui allait devenir mon plus fidèle compagnon, le fauteuil roulant !

Où étiez-vous Madame, mère, le 3 mars 1999 quand le téléphone a sonné en pleine nuit pour m’annoncer le décès brutal de ma petite sœur, âgée seulement de trente-cinq ans ?

Où étiez-vous Madame, mère, lors de mon mariage au Canada en 1983 avec la femme qui partage ma vie depuis quatre décennies ?

Où étiez-vous Madame, mère, en 1990 lors de la naissance de mon fils et l’arrivée du second en France après son adoption ?

Où étiez-vous Madame, mère, ces dernières années pour les naissances de mes quatre petits-enfants ? »

Que de gâchis !

J’ai une pensée émue pour tous les enfants malheureux, maltraités, abandonnés, humiliés et mal-aimés…

3 Dom Claude Martin, La vie de la vénérable mère Marie de l’Incarnation, éditions de Solesmes, 1981

III HOMMAGE D’UN FILS À SON TRÈS CHER PAPA, SON HÉROS !