Leibniz - Maurice Halbwachs - E-Book

Leibniz E-Book

Maurice Halbwachs

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Beschreibung

"Leibniz" de Maurice Halbwachs est une étude approfondie de la vie et des idées du philosophe et mathématicien allemand Gottfried Wilhelm Leibniz. Halbwachs, sociologue renommé, offre une analyse claire et détaillée de la pensée complexe de Leibniz, en explorant ses contributions à la philosophie, aux mathématiques, et à d'autres domaines de la connaissance. Le livre commence par une biographie concise de Leibniz, situant son travail dans le contexte de l'Europe du XVIIe siècle, une période de grands bouleversements intellectuels et scientifiques. Halbwachs décrit comment les voyages et les correspondances de Leibniz avec les savants de son époque ont façonné ses idées et ses travaux. Halbwachs explore ensuite les principales contributions de Leibniz à la philosophie, notamment son concept de la "monade", sa théorie de l'harmonie préétablie, et sa défense du principe de raison suffisante. Il explique comment ces idées ont influencé la métaphysique et ont établi des fondements pour la pensée philosophique moderne. Le livre traite également des contributions de Leibniz aux mathématiques, notamment son développement du calcul infinitésimal, parallèlement à Isaac Newton. Halbwachs détaille les implications de ces travaux et la fameuse querelle des calculs qui en a résulté. En outre, Halbwachs examine les idées de Leibniz sur la logique, la théologie, et les sciences naturelles, illustrant comment sa vision systématique de l'univers tentait de concilier science et spiritualité. Leibniz est présenté non seulement comme un penseur théorique, mais aussi comme un homme de pratique, impliqué dans des projets d'ingénierie, de diplomatie, et de réforme sociale. Le style de Halbwachs est rigoureux et pédagogique, rendant accessibles les concepts philosophiques et scientifiques complexes. Il s'efforce de montrer la cohérence et la modernité de la pensée de Leibniz, mettant en lumière son impact durable sur diverses disciplines.

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Seitenzahl: 107

Veröffentlichungsjahr: 2024

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Ces brèves études sur les philosophes de tous les temps sont écrites pour le grand public. Elles s’adressent, aussi bien qu’à la jeunesse des écoles, aux gens du monde curieux de l’histoire des idées. La pure érudition en est absolument bannie. L’inter-prétation des doctrines ne s’y trouve justifiée que par des renvois aux textes indiqués à la fin de chaque volume. Un memento bibliographique signale d’ailleurs les principaux travaux de la critique. On a voulu surtout mettre en valeur dans chaque système ce qui en demeure vivant, ce qui en doit durer, ce qui peut orienter toute pensée en travail.

Sommaire

INTRODUCTION

I : LA LOGIQUE

II : LES IDÉES

III : LA LIBERTÉ

IV : L’OPTIMISME

INTRODUCTION

LA VIE ET LES OEUVRES DE LEIBNIZ

Leibniz (Gottfried Wilhelm) naquit à Leipzig le 1er juillet 1646. Il y apprit la philosophie ancienne sous le professeur Jacob Thomasius : mais, dans cette première période, il parait avoir été attiré plutôt par Descartes que par Aristote. A léna, il suivit les cours du mathématicien Erhard Weigel ; toutefois lui-même reconnaît que, jusqu’à son voyage en France, il ignorait presque entièrement les mathématiques modernes. Sans goût particulier pour les fonctions académiques, il préféra à l’enseignement une existence qui le mît en contact avec les véritables savants et les hommes d’Etat. En philosophie, il paraît s’être intéressé surtout dans sa jeunesse aux combinaisons logiques, à l’idée d’une langue universelle ; au reste, il s’occupait de droit, d’alchimie, de politique. En 1667, à Nuremberg, où il séjournait, il connut le baron von Boineburg, conseiller de l’électeur de Mayence ; il semble avoir été initié par lui à la vie publique. Il devint lui-même conseiller à la haute-cour de justice de l’Électorat, en raison sans doute de ses travaux de jurisprudence, en 1670.

En 1672, il se rendit à Paris, où il revint en 1673, après un court sé-jour à Londres, pour y demeurer jusqu’en 1676. Il était chargé d’une mission diplomatique : il avait formé le plan de détourner Louis XIV de l’Allemagne et de l’engager à conquérir l’Egypte et à écraser la Turquie ennemie de la chrétienté ; il eut, pour se consoler de son échec, l’avantage d’entrer en relations avec les, hommes les plus savants de l’Europe. Il connut à Paris le cartésien Arnauld, le mathématicien et physicien hollandais Huygens, von Tschirnhaus, mathématicien et logicien allemand, et ami de Spinoza ; à Londres, il fréquenta un autre ami de Spinoza, secrétaire de l’Académie royale, Oldenburg, le chimiste Boyle ; plus tard, en 76, il y connut encore le mathématicien Collins. C’est en 1676 qu’il découvrit le calcul différentiel : événement capital dans l’histoire de sa pensée et de la science, et qui soulève un gros problème d’histoire scientifique : dans quelle mesure le « calcul différentiel » de Leibniz dérive-t-il du « calcul des fluxions », que Newton découvrait à la même époque ? Il paraît établi que Newton eut la priorité, et aussi que Leibniz connut ses travaux ; il est certain aussi que Leibniz n’arriva pas au résultat par la même voie, que ce calcul n’avait point pour lui la même signification que pour Newton son propre calcul, qu’il s’intéressait moins à l’aspect purement scientifique et aux applications possibles en physique de cet instrument qu’à l’opération logique, qu’au procédé de réduction en lui-même, considéré comme type et exemple d’une méthode beaucoup plus générale. Son calcul fut en somme plus élaboré, son système de notation plus commode et simple que ceux de Newton ; sa méthode fut plus féconde aussi, à considérer le travail des mathématiciens postérieurs.

En 1676, Leibniz fut nommé bibliothécaire à Hanovre par le duc de Brunswick-Lüneburg. Il quitta Paris et retourna en Allemagne par Londres et par Amsterdam, où il visita Spinoza. A Hanovre, les recherches de philosophie furent loin d’absorber l’activité de son esprit. En 1684, il publia l’exposé le plus achevé de ses découvertes en mathématiques (Nova methodus pro maximis et minimis). En 1686, il écrivit le Systema theologicum, en vue d’amener une réconciliation entre catholiques et protestants ; il correspondit encore à ce sujet avec Pellisson, ancien huguenot devenu catholique, et avec Bossuet ; mais ce dernier ne concevait l’entente que sous forme d’un retour des protestants au catholicisme ; jusqu’en 1693 (mort de Pellisson) Leibniz ne désespéra point. De 1687 à 1690, Leibniz voyagea en Allemagne et en Italie (visitant Vienne et Rome notamment) pour préparer l’histoire de la maison de Brunswick-Lüne burg ; il fut aidé dans ces travaux notamment par ses secrétaires, Hodann et Eckhart ; sans doute ne faut-il pas exagérer, en elle-même ni aux yeux de leur auteur, l’importance de ces ouvrages, dont le principal resta du reste inachevé (Annales brunsvicenses) ; il faut noter du moins qu’il attachait de l’intérêt aux recherches faites dans les archives, à la dé-couverte des vieux actes, à la réunion des matériaux dont la mise en œuvre se ferait peut-être quelque jour.

Il s’occupa de politique, fut mêlé à certaines négociations importantes, entra en rapports avec des personnages puissants ; il semble du reste avoir été préoccupé d’user de toutes ces influences en vue de l’organisation intellectuelle de l’Europe et du progrès des sciences. Ainsi il fut soutenu par Sophie-Charlotte, femme de l’électeur de Brandebourg, lorsqu’il obtint de celui-ci que fût fondée à Berlin une société des sciences, en 1700 ; ainsi encore, en 1711, et deux fois ensuite, il put entretenir Pierre le Grand, lui proposer tout un plan de réformes et de progrès matériels et moraux à réaliser en Russie. Après un séjour à Vienne, de 1712 à 1714, il revint à Hanovre, que le prince-électeur-George, nommé roi d’Angleterre, venait de quitter. Il y mourut en 1716, au milieu de l’indifférence d’une cour où il n’était plus en faveur, et de l’hostilité, semble-t-il, du peuple, que les pasteurs avaient monté contre lui.

Les écrits philosophiques de Leibniz sont très nombreux : en dresser seulement l’inventaire est un travail considérable. D’autre part, dans cha-cun d’eux, on retrouve le plus souvent tout le système, ce qui peut sembler un élément de monotonie ; mais le point de vue est sans cesse différent : à chaque exposé nouveau, on comprend mieux. Enfin le plus grand nombre de ces ouvrages ont été écrits à l’occasion de quelque autre livre qu’il fallait réfuter, en vue de combattre ou de convaincre une personne déterminée : l’anglais Russell, en tête de son étude récente sur Leibniz, en tire argument pour soutenir que, les livres connus de Leibniz étant surtout des publications de circonstance, c’est ailleurs, c’est notamment dans les notes qu’il avait gardées en manuscrit, qu’il convient de rechercher sa vraie doctrine ; mais pourquoi ne retenir qu’un aspect de cette philosophie, qui, nous le verrons, réduit le monde à une quantité de « points vue », chacun le mieux propre à nous révéler une partie des choses ? C’est donc simplement pour des raisons de commodité, et non point parce que chaque groupe d’ouvrages exprimerait mieux ou plus mal que les autres la doctrine, que nous classerons les écrits de Leibniz en quatre catégories :

1° Les ouvrages proprement populaires. Les Nouveaux essais sur l’enten-dement humain, composés en 1704, sont un examen, chapitre par chapitre, de l’Essai sur l’entendement humain de Locke : le premier livre traite des notions innées, le deuxième des idées, le troisième des mots, le quatrième de la connaissance ; écrit sous forme de dialogue, cet ouvrage est remarquable par sa richesse en idées, analyses, exemples. Les Essais de théodicée. sur la bonté de Dieu, la liberté de l’homme et l’origine du mal, furent écrits à l’occasion du Dictionnaire et d’autres ouvrages de Bayle, et parurent en 1710, précédés du Discours de la conformité de la foi avec la raison ; par l’ampleur et la limpidité abondante des développements, ce traité paraît composé surtout en vue d’agir immédiatement sur les théologiens et le public. La Monadologie fut écrite par Leibniz à Vienne, sur la demande du prince Eugène de Savoie : c’est l’abrégé du système entier, où chaque ligne est riche de sens, le plus court et le plus complet des exposés, avec cela l’un des derniers en date, puisqu’il fut rédigé en 1712.

2° Les lettres. Leibniz fut en relations épistolaires avec tous les hommes distingués de son temps ; le nombre de ses correspondants connus dépasse mille. Au point de vue philosophique, il faut retenir, comme très importantes, sa correspondance avec Arnauld, 1686 à 1690 (principalement sur la liberté) ; ses lettres au P. des Bosses, 1706-1716 (sur la substance) ; sa correspondance avec Clarke, 1715-1716 (sur l’étendue). La deuxième est en latin.

3° Les courts traités, dont plusieurs parurent d’abord dans des jour-naux savants : les Méditations sur la connaissance, la vérité et les idées, 1684 (en latin) ; Si l’essence du corps consiste dans l’étendue, 1691 ; Sur une réforme de la philosophie première et la notion de substance, 1694 (en latin) ; le Système nouveau de la nature et de la communication des substances, 1695 ; De la nature en elle-même, ou de la puissance propre et des actions des créatures, 1698 (en latin) ; les Principes de la nature et de la grâce fondés en raison, 1714 (qui se rattachent étroitement à la Monadologie).

4° Les écrits restés inachevés, les fragments, notes, plans, demeurés, en partie, jusqu’à ces derniers temps, enfouis dans les cartons de la bibliothèque de Hanovre. Ceux que Gerhardt, dans le septième volume des Œuvres philosophiques de Leibniz, et Couturat, dans les Opuscules et fragments inédits de Leibniz, ont récemment publiés, s’ils ne transforment pas profondément le sens général de la doctrine, ajoutent en tout cas à notre connaissance sur la question de la langue universelle et de l’art d’inventer ; dès maintenant, ces parties de la doctrine doivent être mises en bonne place dans l’ensemble : on aperçoit que Leibniz s’en occupa de très bonne heure et ne cessa point d’y attacher une grande importance. Citons, parmi ces pièces fragmentaires : la Dissertation sur l’art combinatoire (en latin), 1666 ; les Préceptes pour avancer les sciences : le Discours touchant la méthode de la certitude et l’art d’inventer ; le Guilielmus Pacidius ; la Science universelle ou le Calcul philosophique ; les Définitions, etc.

Il fallait, avant d’exposer la doctrine philosophique de Leibniz, donner une idée, si incomplète fût-elle, des démarches et travaux multiples, qui remplirent sa vie. Il fut en somme, son existence durant, extrêmement actif et occupé. Il s’intéressait à tout, à la politique générale ou locale, aux guerres, aux combinaisons diplomatiques, aux inventions utilitaires, aux langues étrangères et exotiques, aux mœurs des sauvages, aux missions des jésuites en Chine, aux questions de pure érudition. Il jugeait utile d’adapter sa doctrine aux diverses sortes d’esprit, de la rattacher aux préoccupations de chaque groupe d’hommes, de l’exprimer en leur langage. Malgré tout, il ne s’éparpillait point et prenait occasion de tous ses contacts avec le dehors pour se replier sur lui-même et retrouver l’unité de sa pensée. Il semble que d’assez bonne heure les principes de sa philosophie furent arrêtés, que sa doctrine dès lors n’évolua plus ; mais elle se développa, et le sens, les étapes de ce développement furent sans doute déterminés et marqués par les circonstances de sa vie et ses relations avec les hommes de son temps. Aussi nulle œuvre ne mérite-t-elle plus que la sienne qu’on la publie dans son ensemble, sans en rien omettre, année par année, et presque jour par jour : ce serait le tableau le plus exact qui se puisse désirer de toute une époque, envisagée dans ses représentants les plus profonds, que Leibniz connut personnellement ou par leurs ouvrages ; ce serait le moyen le plus sûr, aussi, de comprendre comment cette doctrine s’est peu à peu précisée et enrichie, englobant à chaque fois un fragment nouveau du réel. Il faut souhaiter que la publication intégrale des œuvres de Leibniz, entreprise par l’Umon des Académies, soit activement poursuivie et menée bientôt à bonne fin.

I

LA LOGIQUE