Les chasseurs de girafes - Thomas Mayne Reid - E-Book
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Les chasseurs de girafes E-Book

Thomas Mayne Reid

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Beschreibung

Dans 'Les chasseurs de girafes', Thomas Mayne Reid nous plonge dans l'univers à la fois fascinant et périlleux de l'Afrique du XIXe siècle, où l'exploration, l'aventure et la nature sauvage se côtoient. À travers les yeux de son protagoniste, Reid décrit avec une vigueur impressionnante les paysages exotiques et la faune majestueuse, tout en adoptant un style narratif riche en détails sensoriels. Mélangeant une prose élégante et des dialogues vifs, le livre s'inscrit dans le contexte littéraire de la littérature d'aventure, si prisée à son époque, tout en remettant en question les stéréotypes colonials de l'époque, offrant une vision nuancée des interactions entre colonisateurs et populations autochtones. Thomas Mayne Reid, écrivain irlandais, a été influencé par ses propres voyages et expériences en Amérique et en Afrique, ce qui a nourri son imagination et sa sensibilité envers les cultures autres que la sienne. Avec un fort penchant pour l'exploration et l'exotisme, Reid a cherché à capturer l'esprit d'aventure de son temps, ce qui l'a amené à écrire ce roman au moment où l'intérêt pour les récits d'exploration était à son apogée. Recommandé pour les amateurs de littérature d'aventure, 'Les chasseurs de girafes' offre une lecture captivante, émaillée d'explorations fascinantes et de réflexions sur la nature humaine et la coexistence entre différentes cultures. Ce roman est une véritable invitation à la découverte et à la contemplation des merveilles du monde naturel, tout en posant des questions sur l'éthique de l'exploration et de la colonisation. Dans cette édition enrichie, nous avons soigneusement créé une valeur ajoutée pour votre expérience de lecture : - Une Introduction succincte situe l'attrait intemporel de l'œuvre et en expose les thèmes. - Le Synopsis présente l'intrigue centrale, en soulignant les développements clés sans révéler les rebondissements critiques. - Un Contexte historique détaillé vous plonge dans les événements et les influences de l'époque qui ont façonné l'écriture. - Une Analyse approfondie examine symboles, motifs et arcs des personnages afin de révéler les significations sous-jacentes. - Des questions de réflexion vous invitent à vous engager personnellement dans les messages de l'œuvre, en les reliant à la vie moderne. - Des Citations mémorables soigneusement sélectionnées soulignent des moments de pure virtuosité littéraire. - Des notes de bas de page interactives clarifient les références inhabituelles, les allusions historiques et les expressions archaïques pour une lecture plus aisée et mieux informée.

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Veröffentlichungsjahr: 2021

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Thomas Mayne Reid

Les chasseurs de girafes

Édition enrichie. À la poursuite des majestueuses créatures d'Afrique : chasse, exploration et aventure au XIXe siècle
Introduction, études et commentaires par Léonard Toussaint
Édité et publié par Good Press, 2022
EAN 4064066327989

Table des matières

Introduction
Synopsis
Contexte historique
Les chasseurs de girafes
Analyse
Réflexion
Citations mémorables
Notes

Introduction

Table des matières

Dans la poussière dorée de la savane, la poursuite de l’extraordinaire se confond avec l’art de survivre. Les chasseurs de girafes, roman d’aventures de Thomas Mayne Reid publié au XIXe siècle, entraîne le lecteur en Afrique australe dans un monde où l’observation de la nature et l’audace se répondent. Écrit à l’époque où les récits d’exploration fascinaient le public, l’ouvrage s’inscrit dans une tradition qui mêle frisson, pédagogie et dépaysement. Sans divulgâcher l’intrigue, cette introduction pose les balises d’un voyage littéraire qui conjugue rigueur descriptive et exaltation du risque, et interroge le sens d’une chasse conçue aussi comme quête de savoir.

Sur le plan générique, Les chasseurs de girafes relève du roman d’aventures, destiné à un large lectorat, y compris les jeunes lecteurs du XIXe siècle. Le cadre principal est l’Afrique australe, dans des paysages de savane, d’épineux et de points d’eau épars, où la mobilité et la vigilance commandent. Le contexte de publication, celui d’une Europe friande de récits d’exploration, imprime au livre une coloration documentaire: l’observation des animaux, des reliefs et des phénomènes météorologiques y tient une place notable. Ce positionnement, à la croisée de l’excursion naturaliste et de l’épisode épique, éclaire d’emblée l’ambition du récit.

La prémisse est simple et suggestive: une expédition se forme pour traquer la girafe, animal emblématique autant qu’insaisissable, et mesurer l’étendue d’un territoire encore mal connu des protagonistes. Cette entrée en matière ouvre une série de situations où l’orientation, l’économie des forces, la connaissance des pistes et l’attention aux signes du vivant deviennent des enjeux narratifs à part entière. Le lecteur est convié à partager l’anticipation, les préparatifs, les premières rencontres et les bifurcations imposées par le terrain, sans qu’aucun rebondissement majeur ne soit dévoilé ici, afin de préserver la découverte.

L’expérience de lecture est façonnée par une prose claire, rythmée, soucieuse de rendre palpable la texture des lieux. Le récit alterne passages descriptifs, où les configurations du sol et les comportements animaux sont détaillés, et séquences d’action tendues qui jouent sur l’imprévu. La voix narrative privilégie la transmission de connaissances pratiques et de faits d’observation, tout en conservant une tonalité romanesque portée par le suspense. Ce mélange de didactisme et d’élan aventureux, caractéristique d’une partie de la littérature du XIXe siècle, donne au livre une cadence régulière et un plaisir d’immersion.

Plusieurs thèmes majeurs en émergent: l’éducation par le terrain, l’éthique de la chasse, la frontière poreuse entre curiosité scientifique et exploit, la solidarité face au danger, la maîtrise de soi dans l’adversité. La girafe elle‑même, figure d’altitude et d’étrangeté, cristallise le dialogue entre fascination et responsabilité. Le roman interroge la manière d’habiter un espace vaste en apparence, mais jalonné d’indices à déchiffrer. Il invite à penser l’observation comme un art, à la fois méthode et sensibilité, où chaque décision engage une certaine idée de la relation entre humains, animaux et milieux.

Lu aujourd’hui, Les chasseurs de girafes propose une matière précieuse pour réfléchir aux représentations de l’Afrique et aux pratiques cynégétiques du XIXe siècle. Certaines attitudes et formulations portent la marque de leur temps et gagnent à être resituées avec discernement. Cette mise à distance critique n’annule pas l’intérêt du livre; elle permet au contraire de questionner l’éthique de la conquête, d’éclairer l’histoire des savoirs naturalistes et de nourrir une sensibilité écologique contemporaine. Le texte ouvre ainsi un espace de dialogue entre plaisir d’aventure et examen des cadres culturels qui l’ont rendu possible.

Si l’ouvrage continue de compter, c’est qu’il allie l’ivresse du parcours à une curiosité tenace pour le vivant, offrant à la fois un roman efficace et un témoignage de l’imaginaire du XIXe siècle. On y retrouve la promesse d’un dehors intensément décrit, la montée d’une tension maîtrisée et la joie d’apprendre en chemin. Approché avec un regard informé, le livre se lit comme une traversée: captivante, formatrice, parfois dérangeante, toujours suggestive. C’est cette double portée, narrative et réflexive, qui fait de ce récit une lecture pertinente pour aujourd’hui et une porte d’entrée sûre dans l’œuvre de Thomas Mayne Reid.

Synopsis

Table des matières

Les chasseurs de girafes de Thomas Mayne Reid est un roman d’aventures du XIXe siècle situé en Afrique australe. Fidèle à la manière de l’auteur, le récit associe exploration narrative et descriptions naturalistes destinées à instruire autant qu’à divertir. L’intrigue suit une petite troupe de voyageurs occidentaux et de pisteurs locaux qui se lancent dans une expédition dédiée à l’observation et à la chasse de la girafe, animal à la fois convoité et mal compris. Le livre installe d’emblée le cadre du veld, ses distances et ses ressources précaires, et annonce un parcours jalonné d’épreuves, de choix tactiques et de questionnements moraux.

Le récit s’ouvre sur la décision de monter l’expédition, le regroupement de compagnons aux compétences complémentaires et l’acquisition du matériel indispensable à une marche longue et incertaine. Les motivations se révèlent multiples, mêlant curiosité scientifique, attrait du défi et promesse de revenus tirés de peaux et spécimens. Des discussions récurrentes esquissent une éthique de la chasse, oscillant entre capture, abattage ciblé et observation, et fixent des règles censées limiter le gaspillage. Les premières étapes établissent la hiérarchie du groupe et la place des guides, dont le savoir des pistes et des points d’eau s’avère rapidement la condition d’un progrès mesuré.

À mesure qu’ils avancent, la topographie devient un protagoniste à part entière. Savane arbustive, plaines jaunies et lits de rivières temporaires imposent un rythme fait d’attente et d’alertes. Les voyageurs apprennent à lire les indices : empreintes aux abords d’un salt-pan, écorces éraflées, rameaux broutés en hauteur. Des rencontres avec des antilopes ou des troupeaux de zèbres fournissent d’utiles répétitions générales, testant l’endurance des montures et la coordination du groupe. Reid insère des éléments explicatifs sur les mœurs animales et les usages du veld, rendant palpables les enjeux logistiques — portage de l’eau, gestion des feux, choix des haltes nocturnes.

Viennent ensuite les premières vraies difficultés. Une période de sécheresse resserre la marge d’erreur et oblige la caravane à recalculer les distances entre points d’eau, sous la menace d’une soif qui affaiblit hommes et bêtes. Les cartes se révèlent lacunaires, les pistes trompeuses, et la dispersion devient un danger réel. Un détour imposé par un obstacle naturel retarde la progression et met à l’épreuve l’autorité des meneurs. Le roman met alors l’accent sur la discipline collective, les signaux convenus, la répartition des vivres et l’observation prudente des nuées d’oiseaux, seuls indices fiables de la présence d’humidité à proximité.

La quête se resserre lorsque des traces incontestables de girafes apparaissent. Les chasseurs débattent de l’approche la plus sûre, car la vitesse et la vue de l’animal, alliées à la fragilité de ses membres, rendent toute poursuite risquée. Plusieurs tentatives échouent ou sont avortées par souci d’éviter des blessures inutiles. La description de la girafe, de ses habitudes grégaires et de sa manière de se poster face au vent nourrit un suspense fondé sur l’observation. Un incident mineur, sans conséquence durable, rappelle la vulnérabilité du groupe et tempère l’ardeur, instaurant une prudence plus méthodique dans la conduite des manoeuvres.

Les interactions humaines jalonnent la progression. Des rencontres avec des voyageurs de passage ou des communautés pastorales donnent lieu à des échanges de renseignements, à du troc et à des ajustements d’itinéraire. Le livre n’ignore pas la réalité d’un espace traversé par des intérêts concurrents, où la circulation des armes, des bêtes et des nouvelles impose des accommodements. Sans rompre le fil de l’aventure, Reid laisse affleurer les angles morts et les préjugés de son époque, tandis que les protagonistes mesurent les effets concrets de leurs activités sur les ressources locales et sur les équilibres précaires du territoire parcouru.

À l’approche du terme de l’expédition, des décisions décisives sont prises qui mettent à l’épreuve l’endurance, la coordination et l’éthique du groupe, sans que le dénouement ne soit ici dévoilé. Le roman propose alors un bilan implicite : la maîtrise technique et l’audace ne suffisent pas à dominer un milieu complexe, et l’attention aux signes prime sur la force. Par-delà le récit de poursuite, l’ouvrage perdure comme un témoin de la littérature d’aventures naturalistes du XIXe siècle, dont il concentre les attraits et les limites, invitant aujourd’hui à relire la chasse au prisme de la responsabilité et de la connaissance.

Contexte historique

Table des matières

Publié dans les années 1860, Les chasseurs de girafes s’inscrit dans la vague victorienne des romans d’aventures pour la jeunesse. Son auteur, Thomas Mayne Reid (1818–1883), Irlandais ayant vécu aux États-Unis et en Grande-Bretagne, s’était fait connaître par des récits géographiquement documentés et didactiques. L’essor de l’édition bon marché, la diffusion des bibliothèques populaires et la presse illustrée créent alors un marché pour des fictions mêlant science, morale et exotisme. Dans ce contexte, des éditeurs britanniques et américains promeuvent des récits situés aux marges de l’empire, présentés comme instructifs sur la faune, les peuples et les techniques de voyage, sans renoncer au suspense.

Le cadre historique renvoie à l’Afrique australe du milieu du XIXe siècle. Après l’occupation britannique définitive du Cap en 1806, l’extension coloniale s’est accompagnée d’une zone frontalière mouvante vers le nord et l’est. Le Grand Trek des colons boers dans les années 1830–1840 aboutit à la reconnaissance de deux républiques indépendantes, la République sud-africaine (Transvaal, 1852) et l’État libre d’Orange (1854). Les paysages évoqués par Reid – hautes savanes, Karoo et franges du Kalahari – correspondent aux territoires alors parcourus par des chasseurs, éleveurs et caravaniers, au-delà des districts administrés depuis Le Cap, Grahamstown ou Bloemfontein.

Ces espaces sont habités et gouvernés par des sociétés africaines aux structures variées. Les communautés khoikhoi et san (souvent appelées Hottentots et Bushmen dans les sources de l’époque), ainsi que des peuples tswana, sotho et griqua, contrôlent routes, pâturages et points d’eau. Des chefferies tswana, telles que celles dirigées par Sechele I au Bechuanaland, traitent avec missionnaires et commerçants. La London Missionary Society établit des postes durables, notamment à Kuruman sous Robert Moffat dès les années 1820, qui deviennent des relais pour voyageurs européens. Cette trame d’alliances, de troc et de médiation encadre les déplacements, l’approvisionnement et l’information des expéditions de chasse.

Au XIXe siècle, la chasse commerciale et de subsistance structure l’économie de la frontière. Les Boers emploient le grand fusil roer et des attelages de bœufs; des chasseurs européens recherchent ivoire, peaux et graisse. Les journaux de William Cotton Oswell et les voyages de David Livingstone vers le lac Ngami en 1849 popularisent ces itinéraires du Kalahari. La faune abondante des plaines – éléphants, girafes, antilopes – attire des caravanes saisonnières. Cette pression cynégétique, documentée par des naturalistes et administrateurs, provoque dès le milieu du siècle une raréfaction locale du gibier près des axes fréquentés, tout en laissant des refuges plus éloignés relativement intacts.

La technologie des armes et des transports conditionne l’action. Les fusils à percussion remplacent progressivement les platines à silex entre les années 1830 et 1840, avant l’apparition, à partir du milieu des années 1860, de fusils à chargement par la culasse comme le Snider-Enfield. Les voyageurs se déplacent en char à bœufs, véhicule emblématique de la frontière sud-africaine, reliant fermes, fleuves et pans du Kalahari. Les cartes demeurent lacunaires; l’orientation s’appuie sur des guides locaux, la lecture des pistes et la connaissance des points d’eau. Ces contraintes matérielles expliquent la valeur accordée aux compétences d’orientation, de pistage et de gestion des vivres.

La période connaît un intense engouement pour l’histoire naturelle. Les musées britanniques et français enrichissent leurs collections d’animaux africains; des périodiques vulgarisent taxonomie, anatomie et comportements. La girafe, connue en Europe depuis l’Antiquité mais rarement observée in situ, devient un symbole de l’exotisme saharo-kalaharien. Les récits de voyage et les manuels de terrain détaillent physiologie, régime alimentaire et habitat des grands herbivores. Reid s’inscrit dans cette veine didactique en intégrant des descriptions systématiques d’espèces, d’outils et de méthodes, en phase avec les attentes d’un lectorat avide d’apprendre la géographie, les mœurs et la zoologie à travers des fictions d’aventure.

Sur le plan institutionnel, la frontière mêle juridictions coloniales, conseils de commandos boers et autorités africaines. Les expéditions reposent sur des arrangements avec chefs, magistrats ou missionnaires, et sur des usages locaux des pistes et points d’eau. Les conflits entre colons, chasseurs et communautés autochtones jalonnent le XIXe siècle, des campagnes contre les San aux guerres entre l’État libre d’Orange et les Basotho. Les missions et certains administrateurs condamnent les excès de la traite de l’alcool et de la violence; ailleurs, des autorités encouragent la chasse pour l’approvisionnement. Ce cadre régule, sans l’annuler, l’entreprise de mobilité, d’extraction et de troc décrite par ces récits.

Dans ce contexte, l’ouvrage reflète les paradoxes victoriens: curiosité scientifique sincère, exaltation de l’endurance et de l’ingéniosité, mais normalisation de la chasse intensive et de la circulation coloniale. En adoptant un regard de voyageur européen, il reprend fréquemment les catégories et stéréotypes d’alors, tout en diffusant des savoirs pratiques sur la faune, les langues et les techniques. Sa pédagogie, ses scènes de piste et d’observation naturaliste, et son usage des réseaux missionnaires témoignent d’un imaginaire façonné par l’exploration et l’économie de frontière. Le récit sert ainsi de miroir de son temps, autant descriptif qu’implicite sur ses hiérarchies et ses contradictions.

Les chasseurs de girafes

Table des Matières Principale
PREMIÈRE PARTIE
CHAPITRE I
CHAPITRE II
CHAPITRE III
CHAPITRE IV
CHAPITRE V
CHAPITRE VI
CHAPITRE VII
CHAPITRE VIII
CHAPITRE IX
CHAPITRE X
CHAPITRE XI
CHAPITRE XII
CHAPITRE XIII
CHAPITRE XIV
CHAPITRE XV
CHAPITRE XVI
CHAPITRE XVII
CHAPITRE XVIII
CHAPITRE XIX
CHAPITRE XX
CHAPITRE XXI
CHAPITRE XXII
CHAPITRE XXIII
CHAPITRE XXIV
CHAPITRE XXV
CHAPITRE XXVI
DEUXIÈME PARTIE
CHAPITRE I er
CHAPITRE II
CHAPITRE III
CHAPITRE IV
CHAPITRE V
CHAPITRE VI
CHAPITRE VII
CHAPITRE VIII
CHAPITRE IX
CHAPITRE X
CHAPITRE XI
CHAPITRE XII
CHAPITRE XIII
CHAPITRE XIV
CHAPITRE XV
CHAPITRE XVI
CHAPITRE XVII
CHAPITRE XVIII
CHAPITRE XIX
CHAPITRE XX
CHAPITRE XXI
CHAPITRE XXII
CHAPITRE XXIII
TROISIÈME PARTIE
CHAPITRE I
CHAPITRE II
CHAPITRE III
CHAPITRE IV
CHAPITRE V
CHAPITRE VI
CHAPITRE VII
CHAPITRE VIII
CHAPITRE IX
CHAPITRE X
CHAPITRE XI
CHAPITRE XII
CHAPITRE XIII
CHAPITRE XIV
CHAPITRE XV
CHAPITRE XVI
CHAPITRE XVII
CHAPITRE XVIII
CHAPITRE XIX
CHAPITRE XX.
CHAPITRE XXI
CHAPITRE XXII
CHAPITRE XXIII
CHAPITRE XXIV

PREMIÈRE PARTIE

Table des matières

CHAPITRE I

Table des matières

ARRIVÉE A LA TERRE PROMISE

C’est dans cette contrée que nous connaissons tant et si peu, où la nature prodigue ses plus étonnantes créations, ses plus étranges contrastes, que nous allons errer une fois encore.

Nous retournons en Afrique pour y rencontrer de nouvelles aventures[1q].

Sur les rives du Simpopo brûlait un feu clair, autour duquel le lecteur pourra contempler trois cercles d’êtres animés.

Le plus grand est composé de chevaux, le second de chiens, et le troisième, le moins nombreux, de jeunes gens. Je n’ai qu’à citer les noms de Hans et Hendrick von Bloom, Groot Willem et Arend van Wyk, pour faire connaître les «jeunes yagers» engagés dans l’expédition que nous allons raconter.

Tous ne sont pas inspirés par les mêmes espérances et les mêmes désirs.

Le tranquille et savant Hans von Bloom, ainsi que beaucoup de jeunes gens des colonies, désire visiter la patrie de ses ancêtres, l’Europe, afin d’utiliser les connaissances qu’il a acquises dans des voyages précédents, et la collection florale qu’il a amassée pendant qu’il était «Bush boy».

Mais auparavant il a jugé utile d’élargir ses connaissances en histoire naturelle par une excursion dans le sud de l’Afrique, sachant que ce pays présente une singulière variété de plantes rares, surtout entre les rivières Simpopo et Zambosi.

Son désir de faire ce voyage dans les déserts africains n’était pas plus fort que celui de l’enragé chasseur Groot Willem, qui, depuis son retour de sa dernière expédition, avait toujours été tourmenté du désir d’en entreprendre une autre, à la recherche d’un gibier inconnu.

Les deux jeunes cornettes, Hendrick von Bloom et Arend van Wyk, tous les deux s’efforçant de prendre les apparences de vieux guerriers, sont dans le camp.

Bien que passionnément épris de la vie de chasseur, chacun d’eux, pour certaines raisons, s’était abstenu de faire valoir la nécessité ou l’avantage de la présente expédition.

Ils eussent préféré rester chez eux, se contentant du gibier inférieur que l’on peut trouver près de Graaff-Reinet[1]. — Ce n’est pas qu’ils craignissent le danger ou méritassent en aucune façon le surnom de «cockney sportsmen», mais leur patrie avait pour eux un charme que l’amour des aventures ne pouvait contrebalancer.

Aux émotions de la chasse auxquelles il avait, dans ses voyages précédents, pris tant de plaisir, Hendrick von Bloom préférait les sourires de Wilhemina van Wik, la sœur unique de ses amis Groot Willem et Arend.

Ce dernier, de son côté, ne se fût pas éloigné de la société de Trüey von Bloom, s’il avait été laissé à ses propres inclinations; mais Willem et Hans ayant résolu de pousser une pointe vers le nord, dans des contrées inconnues d’eux, le départ avait été résolu.

La promesse de belles chasses, et surtout la crainte du ridicule s’ils restaient chez eux, avaient décidé Hendrick et Arend à accompagner le grand chasseur et le naturaliste aux rives du Simpopo.

Assis près du feu, sont deux autres individus; l’un est le gros bushman Swartboy, court de taille et lourd d’esprit, à qui il eût été inutile de vouloir persuader de rester au logis, quand ses jeunes maîtres, Hans et Hendrick, allaient au loin courir le monde.

L’autre personnage est Congo le Cafre.

La rivière Simpopo se trouvait trop loin de Graaff-Reinet pour que les jeunes chasseurs pussent songer à l’atteindre avec des voitures et des vaches.

Le voyage dans ces conditions eût été possible, mais trop long, et ils étaient impatients d’arriver à ce que Groot Willem avait coutume d’appeler «la terre promise!»

Les jeunes aventuriers avaient donc pris des chevaux et la route la plus courte. Outre leurs montures, ils emmenaient encore six autres chevaux chargés de leurs bagages, de provisions de bouche, et des différents objets utiles et nécessaires.

Le camp où nous les rencontrons ne doit être qu’une halte temporaire. Ils ont réussi à traverser la rivière du Simpopo, et sont maintenant sur les lisières de cette contrée qui leur a été si souvent citée comme le paradis des chasseurs; ils en ont fini avec les fatigues du voyage, et n’ont plus devant eux que le plaisir, doublement appréciable quand on a fait plusieurs centaines de milles pour en jouir.

Nous avons dit qu’en entreprenant cette expédition les jeunes gens avaient des motifs différents; cela est vrai, bien qu’ils eussent aussi un but commun, outre celui de simple amusement.

Le consul de Hollande ayant été chargé, par son gouvernement, de lui procurer une paire, mâle et femelle, de girafes, pour être envoyée en Europe, où cet étrange quadrupède n’avait jamais été vu vivant, cinq cents pounds avaient été promis pour les deux animaux amenés sains et saufs soit à Cape-Town, soit à Port-Natal. Plusieurs partis de chasseurs avaient tenté l’aventure et tué des caméléopards par vingtaines, mais sans pouvoir jamais en capturer de vivants.

Nos jeunes gens avaient alors formé la résolution de prendre une paire de jeunes girafes, et de payer, avec le prix dévolu, toutes les dépenses de leur expédition. Ils projetaient aussi de vendre les dents des hippopotames qu’ils tueraient. Cette espérance n’était point déraisonnable. Ils savaient que des fortunes avaient été faites par la vente des défenses des éléphants; or les dents de l’hippopotame sont d’un ivoire plus fin et se vendent quatre fois plus cher que les premières sur les marchés européens.

L’intérêt cependant n’était pas le principal mobile de nos chercheurs d’aventures. Groot Willem notamment, en chasseur de profession, souhaitait d’abord de réussir dans ce que tant d’autres avaient tenté sans succès; pour lui, la gloire d’avoir capturé les deux girafes dépassait de beaucoup l’attrait des cinq cents livres sterling de récompense, 12,500 francs, bien que la somme ne fût pas à dédaigner.

CHAPITRE II

Table des matières

SUR LE SIMPOPO

Durant la première nuit passée sur le Simpopo, nos chasseurs eurent de bonnes raisons pour supposer qu’ils étaient dans le voisinage du gibier qu’ils étaient venus chercher.

Leur repos fut troublé par un mélange de sons dans lesquels ils distinguèrent les rugissements du lion, de l’éléphant, et des voix d’animaux qu’ils n’avaient pas encore entendues.

Plusieurs heures de la journée s’étaient écoulées à chercher un gué dans la rivière, et ils n’avaient pu le trouver que lorsque le soleil était déjà bas à l’horizon. Tous, à l’exception de Congo, désiraient ne pas aller plus loin avant la nuit.

Le Cafre suggéra qu’ils feraient bien d’avancer au moins encore de la moitié d’un mille en montant ou en descendant la rivière, et Groot Willem appuya la proposition, sans autre raison pour cela qu’une profonde confiance dans le jugement de son compagnon.

L’avis de Congo avait fini par être adopté ; les bruits qui troublaient maintenant nos aventuriers se faisaient entendre à quelque distance d’eux, et semblaient provenir de l’endroit où ils avaient traversé la rivière.

«Maintenant, devinez-vous pourquoi Congo nous a conseillé de venir ici? demanda Groot Willem, comme ils écoutaient les cris qui les avaient réveillés.

— Non, fut la réplique de ses compagnons.

— Eh bien, c’est parce que l’endroit où nous étions est celui où tous les animaux des environs viennent s’abreuver.

— C’est cela même, dit Congo, confirmant les conjectures de son maître.

— Mais nous ne sommes pas venus ici pour fuir les animaux, à ce qu’il me semble du moins, observa le chasseur Hendrick.

— Non, répondit Willem, mais nos chevaux ont besoin de repos, si nous pouvons nous-mêmes nous en passer.»

Après ces quelques mots échangés, nos chasseurs, s’habituant au concert des animaux sauvages, tombèrent dans un profond sommeil qui dura toute la nuit.

L’aurore éclaira un spectacle d’une splendide beauté[2q].

Les chercheurs d’aventures se trouvaient dans une large vallée, couverte d’arbres magnifiques, de gigantesques baobabs (adansonia digitata[2]), de dattiers croissant par bouquets, sur un tapis floral regardé par Hans avec une satisfaction particulière.

Il avait trouvé un nouveau champ pour ses études, et de brillants rêves peuplaient ses pensées: il se voyait déjà possesseur de découvertes qui lui donnaient rang parmi les savants de l’Europe.

Ses compagnons dormaient encore, que déjà Groot Willem, accompagné de Congo, se mettait en route pour explorer le pays environnant. Ils dirigèrent leur marche vers la rivière.

En atteignant la place où ils l’avaient traversée, ils furent témoins d’une scène que même un vieux chasseur n’eût pu considérer sans une pénible émotion. Dans un espace de cent yards étaient étendues cinq antilopes mortes, d’une espèce inconnue à Willem.

Plusieurs hyènes se nourrissaient de leurs cadavres; à l’approche des chasseurs, elles se retirèrent lentement, en riant comme des créatures humaines privées de raison, qui viennent de commettre quelque horrible action. Par les fumées laissées sur le rivage, il était évident qu’éléphants et lions avaient visité cet endroit durant la nuit. Pendant qu’il faisait ces reconnaissances, Groot Willem était rejoint par Hans qui, lui aussi, avait déjà commencé ses explorations.

L’attention de Hans se dirigea aussitôt sur les antilopes mutilées, qu’il déclara appartenir à une nouvelle variété de ces animaux; chacune portait en travers du corps de petites bandes blanches, qui, pour cette raison, les faisaient ressembler à des «koo-doos».

Après un court examen des traces, Congo assura qu’une troupe d’élans avait déjà visité l’endroit, et que là, quatre gros éléphants aussi à la recherche de l’eau, étaient tombés sur eux. Trois ou quatre lions s’étaient mis de la partie, et dans la lutte, les élans seuls avaient été victimes.

«le pense que nous ferons bien d’établir ici un kraal en règle, et de nous y arrêter quelques jours, dit Willem à son retour au camp. Il y a grandement de quoi nourrir les chevaux, et il n’y a pas à douter que le gué où nous avons traversé ne soit fréquenté par toutes les espèces de gibier.

— C’est aussi mon opinion, dit Hendrick, mais je ne voudrais pas camper si près du gué. Nous ferons mieux de nous établir à quelque distance, afin de ne pas. empêcher le gibier de venir à l’eau, et afin aussi de dormir. Ne pensez-vous point que nous aurons plus d’avantage à nous éloigner un peu de la rivière?

— Oui, oui,» fut la réponse unanime.

On décida donc que l’on se mettrait à la recherche d’une place propre à l’établissement d’un «kraal» ().

Après avoir pris leur premier repas sur le Simpopo, Groot Willem, Hans et Hendrick montèrent à cheval et longèrent la rivière suivis de tous les chiens, laissant Arend avec Swartboy et Congo pour prendre soin du camp.

Pendant près de trois milles, les jeunes chasseurs coururent sans trouver aucun endroit favorable; les rives étaient à pic et arides, et par conséquent peu visitées par les animaux qu’ils désiraient chasser. Enfin, le paysage changea pour prendre un aspect plus en rapport avec leurs vœux.

Du bois léger, tel qu’il le fallait pour leurs besoins, croissait près de la rivière, qui n’était plus inaccessible, bien que ses bords parussent peu fréquentés par les animaux.

«Je pense que cet endroit conviendra admirablement, dit Groot Willem. Nous ne sommes qu’à un demi-mille du courant, et probablement nous trouverons à faire bonne chasse en remontant la rivière.

— Très-probablement, repartit Hendrick, mais avant de prendre trop de peine à nous bâtir un kraal, nous ferons bien de nous assurer du genre de gibier qui peut être trouvé ici.

— Vous avez raison, répondit Willem, il faut nous assurer si ce sont des hippopotames ou des girafes. Nous ne pouvons reparaître devant nos amis sans avoir pris une paire de ces derniers animaux; quelques-uns, j’en suis persuadé, seraient enchantés de pouvoir se moquer de nous.

— Et vous, entre tous, mériteriez leurs sarcasmes; rappelez-vous combien vous avez plaisanté les chasseurs qui revenaient bredouille.»

Ayant choisi une place pour le kraal, au cas où ils décideraient de rester quelque temps dans le voisinage, les jeunes chasseurs continuèrent leur exploration le long de la rivière.

CHAPITRE III

Table des matières

UNE DOUBLE TRAPPE

Peu de temps après le départ de Groot Willem et de ses compagnons, Arend aperçut au milieu d’un fourré, à environ un demi-mille de la rivière, un petit troupeau d’antilopes broutant tranquillement les arbustes et les herbes de la prairie. Immédiatement, il monta à cheval avec l’intention d’en tuer une pour leur dîner.

Ayant galopé sous le vent du troupeau, et s’en étant approché, il vit qu’il appartenait à une espèce appelée «plongeurs».

Près d’eux était un bouquet de nerium olander[3], un arbrisseau d’environ douze pieds de haut, chargé de fleurs magnifiques.

A l’abri de ces buissons, il s’approcha assez près des antilopes, et visant une des plus grosses, il fit feu.

Les animaux, à l’exception d’un seul, se précipitèrent vers la lisière du hallier, firent un grand saut, et disparurent à la vue par-dessus les sommets des buissons, montrant ainsi qu’ils méritaient leur surnom de «plongeurs».

Galopant vers celui qui était resté en arrière, et sur lequel il avait tiré, le jeune chasseur s’assura qu’il était mort.

Il s’en retourna alors au camp, et dépêcha Congo et le bushman pour le rapporter.

Ceux-ci revinrent bientôt avec le gibier, qu’ils se préparaient à dépecer pour le faire rôtir.

Tandis qu’ils étaient ainsi occupés, Swartboy parut remarquer quelque chose dans la plaine.

«Regardez là-bas, baas Arend, dit-il.

— Bien! qu’est-ce que c’est, Swart?

— Vous voyez ce cheval qui pâture? Il est trop loin du camp.»

Arend se tourna dans la direction indiquée par le bushman. Un des chevaux s’était éloigné de ses compagnons, il se trouvait maintenant à plus d’un mille et continuait à courir en avant.

«Soyez tranquille! Swart, continuez votre cuisine. Je vais courir après la bête moi-même, et la faire rentrer.»

Arend, remontant à cheval, se mit à trotter dans la direction qu’avait prise l’animal.

Congo et Swartboy virent la nécessité, pour cuire l’antilope; de se procurer un peu d’eau, et chacun prenant un seau à cette intention, ils se dirigèrent vers le gué, qui se trouvait le point le plus à portée pour leur dessein.

Ils suivaient la rivière, mais au moment d’atteindre la place où ils pouvaient descendre dans l’eau, Congo, qui marchait en avant, disparut tout à coup.

Il était tombé dans une fosse soigneusement construite en vue de prendre des hippopotames ou des éléphants.

La trappe avait environ neuf pieds de profondeur, et lorsque le Cafre, revenu de son étonnement, voulut reconnaître les lieux, il se trouva presque aveuglé par le sable, la poussière et les autres matériaux qui avaient formé la couverture de la fosse.

Congo, au fait des ruses des chasseurs du sud de l’Afrique pour tuer du gros gibier, ne fut aucunement déconcerté par ce qui lui arrivait. Après s’être assuré qu’il ne s’était point blessé dans sa chute, il leva les yeux, espérant que son compagnon lui viendrait en aide.

Le bushman, surpris d’abord par l’incident dont son rival venait d’être victime, eut l’idée bientôt de s’en amuser un peu.

Poussant un éclat de rire sauvage, imitation assez exacte du cri d’une hyène, Swartboy, dans sa joie, se mit à danser et à sauter sur le bord du trou.

Jamais son petit esprit n’avait été si agréablement diverti, mais les manifestations de son plaisir furent aussi vite terminées que commencées; car, lui aussi, il disparut tout à coup, comme s’il venait d’être englouti par un tremblement de terre.

Un malheur semblable à celui de son compagnon lui était arrivé.

C’est l’habitude, dans le sud de l’Afrique, d’établir deux trappes l’une près de l’autre, les animaux qui viennent d’en éviter une pouvant, dans leur hâte et leur effroi, tomber dans l’autre.

La cavité dans laquelle Congo s’était le premier trouvé emprisonné contenait environ deux pieds de boue; les parois en étaient perpendiculaires, et d’une espèce d’argile savonneuse; aussi ses efforts pour grimper et en sortir furent-ils inutiles, au grand chagrin de ce peu philosophique esprit.

Plusieurs minutes qui semblèrent des heures à Congo s’écoulèrent, et cependant point de nouvelles de son compagnon. Swartboy était-il retourné au camp? Mais alors, comment Arend, ayant été averti, ne s’était-il pas empressé d’accourir au secours de son fidèle compagnon?

Pour ajouter aux charmes de l’endroit, la fosse contenait des reptiles et des insectes qui, comme lui, ne pouvaient plus en sortir. Les grenouilles et les crapauds qui la peuplaient (sans compter les grosses fourmis appelées «soldats») n’étaient point une compagnie pour faire passer le temps.

En vain Congo appelait «Swartboy» et «baas Arend», personne ne venait[3q].