Les fruits de l'écriture - Marlène Emma - E-Book

Les fruits de l'écriture E-Book

Marlène Emma

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Beschreibung

Le départ prématuré de son mari lui a laissé un goût amer, et lors de ses nombreuses insomnies, l'auteure a commencé à prendre des notes la nuit, puis à écrire le jour, de peur d'oublier toutes ses années passées. Ce livre où les chapitres se suivent mais ne se ressemblent pas, évoque tantôt les tribulations du deuil tantôt les anecdotes les plus cocasses et drôles de ce grand enfant, ce passionné de sport automobile et pilote pendant trente ans, ce personnage si atypique qu'était Pascal.

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Seitenzahl: 116

Veröffentlichungsjahr: 2019

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SOMMAIRE

PREFACE

Notre dernier échange de SMS

27 juin 2018

Tu es entré dans notre vie par effraction

Ecrire

Ton blouson de cuir

Le bleu de tes yeux

La première fois

Papillon de nuit

Paradoxe de l’amour

Le jeu de l’intrus

Le rituel du dimanche matin

On a bien ri cet après-midi-là

L’irréversibilité

Mon fils

Je ne me suis jamais sentie aussi mâle

Novembre

Au bout du rouleau

Refaire sa vie

La Nationale 93

Un couple absolument imparfait

Quand 2 et 2 font 5

Le jaune t’allait si bien

Le matin de Noël

Echos de rallye

Comme des nomades

L’année des Pascal

Aujourd’hui je suis triste

Les arbres

À un cheveu près

Si tu avais été…

La provocation

Y a t-il encore une lueur d’espoir dans l’ombre du chat noir ?

Le père Noël en chocolat

L‘amitié est-elle transmissible?

Ce que je ne pourrai te dire

Le bouquet de roses

H comme…

Vous n'aurez que mon indifférence

« J’l’ garde au cas où »

« Cui ce-i pasa ca-mi esti drag ? »

La plus belle preuve d’amour

Sur ton chemin

De nombreuses aventures à la clé

Vous avez dit…

Notre dernier échange de SMS (bis)

Epilogue

A chacun son histoire…

Mon chapitre à moi

Remerciements

A nos enfants Marc-Emilien et Eve-Amandine,

A toi, Pascal

Préface

Lors de la perte d'un proche, qui plus est un être cher, personne sur Terre ne réagit de la même manière.

Pour surmonter cette terrible épreuve, certains crient, pleurent, s’effondrent ou bien chantent, dansent, voyagent, se divertissent.

D’autres prennent conscience que le chemin peut s’arrêter brutalement et s’attachent à poursuivre la vie comme elle vient mais avec une envie décuplée de profiter de chaque instant pour se sentir vivant.

Et puis certains s’attellent à l'écriture pour ne jamais oublier, pour revivre les meilleurs moments, pour maintenir les souvenirs intacts, par envie ou par engagement, « comme promis ». Cet ouvrage en est le précieux fruit.

J'espère que vous ressentirez autant d’émotions que moi à vivre, revivre, ou découvrir certaines tranches de vie, que j’ai eu le plaisir de partager en partie.

Vous découvrirez aussi les facettes plus sombres du deuil, sans voyeurisme, mais avec une transparence et une pudeur parfaitement mesurées.

Des fous rires aux larmes, du rallye - passage obligé - aux voyages et balades, en passant par la vie de famille, vous naviguerez au gré du vent à travers l'océan des souvenirs. Et qui sait, peut-être vous retrouverez-vous dans le reflet de certaines vagues ?

Marc-Emilien

Il y a des choses qui sont impossibles à imaginer… jusqu’à ce qu’elles nous tombent dessus. Et pendant que je plongeais mes douleurs dans l’eau glacée de l’océan, chaque jour, en espérant pouvoir les atténuer, Maman a eu le courage de les écrire. Et de les affronter.

À travers « les fruits de l’écriture », elle nous partage non seulement son histoire, mais aussi ce lien si précieux qu’elle avait avec Pascal.

Elle nous fait sourire, à la lecture de certains de ces souvenirs; elle nous fait sentir chanceux, d’avoir pu connaître cet homme si « particulier ». Puis l’on en vient à s’interroger si, nous aussi, nous aurons un jour un lien si profond avec quelqu’un et si nous aurons, nous aussi, à surmonter cette redoutable épreuve.

Eve-Amandine

Admirable, souriant, gentil, marrant, bricoleur et dévoué, voici les mots qui me viennent à l’esprit quand je pense à toi.

Une de tes raisons de vivre m’a toujours impressionné : le rallye. Tu consacrais la majorité de ton temps à exercer ta passion avec des projets de plus en plus fous. Je me trouvais toujours émerveillé face aux histoires que tu nous narrais.

Je garde en tête tous ces souvenirs et un de mes plus grands rêves était de partager cette passion avec toi en montant à tes côtés dans le baquet de droite.

Cependant, une autre partie de toi m'a marqué: ton rôle religieux en tant que parrain, qui t’a été confié par mes parents. Notre relation n’était pas très démonstrative mais tu as toujours su être là pour moi.

Je te remercie pour tout ce que tu m’as apporté.

Je vous invite à découvrir ce recueil d’histoires et d’aventures écrit par celle qui a partagé sa vie. Au-delà des larmes que vous allez verser, des sourires que vous allez esquisser, des souvenirs que vous allez vous remémorer, vous garderez à la lecture de ce livre, la plus belle image de Pascal.

Alex

Notre dernier échange de SMS

— ...

— je le sais bien…

et j’espère que ça portera ses fruits…

27 juin 2018

Un an déjà…

Une année complète à vivre avec ton absence…

Quatre saisons à écouter ton silence… mais pas les célèbres « Quatre saisons » de Vivaldi que tu appréciais…

12 mois avec des échéances difficiles à passer, douze mois avec cette envie de rayer le 27 chaque mois du calendrier…

52 semaines à haïr le mardi soir…

365 jours et 365 nuits sans toi…

23h20, cette heure où tout a basculé, cette heure avant laquelle, chaque soir, il m’est impossible de m’endormir…

Presque tous les jours à te parler là où tu reposes et à attendre, en vain… une réponse…

Tu aurais dû fêter tes 60 ans début avril de cette année mais tu n'étais plus là...

Il y a un an exactement, ce mardi 27 juin 2017, je rentrais juste après le déjeuner dans ta chambre d'hôpital et je ne te trouvais pas franchement en forme...

C'est vrai que, la veille, tu étais arrivé ici en urgence dans un état de faiblesse extrême mais ni toi, ni moi n'avions perdu l'espoir... l'espoir qu'ici, comme au premier jour où tu étais venu, une solution à ton problème soit trouvée. Nous t'avons quitté, notre fille et moi, en toute confiance, déjà reposé, espérant un meilleur lendemain...

Tout avait commencé 3 ans plus tôt quand le mot « cancer » était entré dans notre vie !

Il y a un an nous avons abdiqué bien malgré nous devant sa puissance destructrice…

Tu es entré dans notre vie par effraction

Tout commence ce lundi 22 septembre 2014 dans ce train qui m'emmène vers Reims. Je dois retrouver Pascal à la gare dans une demi-heure, je n'arrive pas à avaler mon sandwich, je suis un peu angoissée. Je m'attends au pire et à la fois j'espère vraiment me tromper. Le train s'arrête en chemin, on prend du retard, j'espère arriver à temps pour ce rendez-vous.

Il y a tout juste 30 ans, jour pour jour, je donnais naissance à notre fils Marc-Emilien. Déjà 30 ans, ça me parait une éternité et à la fois je m'en souviens comme si c'était hier. Huit ans plus tard, sa petite sœur, Eve-Amandine, est venue rejoindre le cocon familial. Nos deux enfants devenus grands ont pris leur envol et nous nous sommes retrouvés tous les deux, Pascal et moi, avec un planning toujours aussi chargé, des projets plein la tête, nous n'avions pas le temps de nous ennuyer… Pascal a repris depuis deux ans la maison familiale dans un petit village de Bourgogne proche du Morvan. Nous nous investissons beaucoup dans ce havre de paix qui nous plait vraiment et nous souhaitons y venir souvent, seuls, avec nos enfants, avec notre famille, avec nos amis, et nous y installer définitivement en retraite d’ici une dizaine d’années.

J'arrive à la gare avec une bonne demi-heure de retard, mais nous avions prévu large, Pascal m’attend et nous filons à la clinique. Le spécialiste doit nous recevoir pour nous communiquer les résultats. Ces derniers temps tout s'est enchaîné très vite. D'une douleur anodine pour notre médecin traitant de longue date, cette même douleur a pris une réelle importance aux yeux de cet autre médecin généraliste bien plus réactif. Examen médical, échographie, IRM, analyses de sang, tout a été concentré sur une semaine, et nous nous retrouvions mi-août avec un rendez-vous en urgence chez ce spécialiste qui a finalement pratiqué une biopsie il y a deux semaines.

J'ai accompagné Pascal jusqu'à la salle d'attente, il n'a pas exprimé le souhait que je sois avec lui pour les résultats. Je sais que c'est important que je sois là, surtout en cas de mauvaise nouvelle, mais je ne veux pas m'imposer... Je lui pose tout de même la question, s'il veut que je l'accompagne, il me fait remarquer que le patient précédent est entré avec sa femme, donc il ne s'oppose pas à ce que je l'accompagne.

L'attente n'est pas très longue, le spécialiste nous fait rentrer dans son cabinet. Soudain, la déflagration ne s'entend pas mais le coup porté est tellement violent que je vacille sur ma chaise et suis à la limite de perdre connaissance. Nous nous attendions au pire, mais la maladie est bien là et surtout, a déjà évolué... c'est un véritable choc... Le mot CANCER vient d'entrer dans notre vie, pour toujours, même si nous vivons une époque où l'espoir de guérison est grandissant. Pascal devra passer un examen complémentaire pour connaître le stade d'évolution du mal afin que le traitement soit adapté au mieux. Le spécialiste nous annonce déjà une trentaine de séances de radiothérapie. Nous avions jusque-là espéré qu'une intervention chirurgicale suffirait à enrayer le mal, mais celle-ci s’avère délicate, et se pratique, soi-disant, de moins en moins...

Nous sommes glacés à la sortie de ce rendez-vous, sans voix, sans force, sans perspective d’avenir, nous ne nous écroulons pas mais tout s’est écroulé autour de nous, même si le spécialiste s'est voulu rassurant, il est difficile finalement d'interpréter ses paroles, devons-nous rester optimistes ? Nous sommes anéantis, je conseille à Pascal de ne pas retourner au bureau, ce n'est vraiment pas l'endroit idéal pour prendre du recul. J’avais programmé d'aller flâner dans quelques magasins, je n'ai plus envie d'y aller mais Pascal souhaite m'y accompagner pour se distraire un peu. Cet après-midi-là, je n'ai pas la « fièvre acheteuse », tout me parait insipide, je reste suspendue à ce nouvel examen qui nous en dira plus... plus, mais pas trop, j'espère... au départ certains examens étaient rassurants et le risque de cancer se réduisait comme une peau de chagrin... et finalement il était là, bien présent, bien installé et surtout extrêmement agressif...

Nous rentrons à la maison et nous décidons d'aller à la piscine comme à notre habitude, j'ai promis à une collègue et amie de l'accompagner pour sa première séance, je ne me désiste pas.

Mais j’ai surtout la sensation d'avoir vécu cette journée comme un mauvais rêve... je pense que nous ne réalisons pas bien encore... Comment est-ce possible ? Pourquoi nous ? Pourquoi lui ? Effectivement cela n’arrive pas qu’aux autres !

J’ai envie de crier, de crier cette injustice, parce que s’il y a un moment dans la vie où nous sommes face à l’injustice, c’est bien quand survient la maladie…

Écrire

Écrire pour oublier

écrire pour se souvenir

écrire pour se libérer

écrire pour ne pas s’enfermer dans ses pensées

écrire la nuit pour défier les insomnies

écrire le jour pour combler le vide

écrire pour avoir moins peur de l’avenir

écrire pour rester soi-même

écrire pour soigner cette blessure d’abandon

écrire pour exprimer son désarroi, sa rage, sa colère, son impuissance face à l’absence

écrire pour tenir cette promesse d'écrire

écrire pour immortaliser tous nos instants de bonheur et ce dénouement de malheur

écrire comme toi de la main gauche pour ne pas être maladroite

écrire des messages subliminaux

écrire au passé simple pour un futur compliqué

écrire pour jouer avec les mots et dompter les maux…

écrire, tourner la page et encore écrire…

Quelques semaines avant que tu ne nous quittes, j’avais découvert, alors que je préparais nos valises pour un de tes nombreux séjours à l’institut Curie, un cahier sur lequel tu t’exprimais dès que tu en ressentais le besoin, nous en avions parlé, tu m’avais conseillé d’en faire autant mais je n’en ai pas eu le temps… je n’ai jamais revu ton cahier sur lequel, d’un commun accord, tu écrivais en mon absence, ce que je respectais bien évidemment.

Ce cahier, je l’ai retrouvé après ton départ, ta dernière phrase était bouleversante :

« Sois forte, ce sera plus difficile pour toi que pour moi, fais de l’écriture ta thérapie, je sais que tu y arriveras »

Ton blouson de cuir

Tu n'aimais pas offrir de cadeaux, tu aimais encore moins en recevoir. J'avais fini par l'accepter, nous étions complémentaires sur ce point-là et j'assumais toute la complémentarité puisque j’aimais rechercher toujours le cadeau idéal pour toute situation, le cadeau original, le cadeau qui ferait plaisir.

Pour tes quarante ans qui ne te réjouissaient pas, évidemment puisque que tu n'aimais pas les anniversaires non plus, je t'avais demandé de choisir ton cadeau.

Il est encore là sur le porte-manteau, il sera toujours là… suspendu comme le temps, ce blouson de cuir marron, à peine patiné tellement tu en prenais soin, je caresse parfois cette fleur de peau si douce, je hume son odeur de cuir mêlée aux effluves de lait de toilette pour bébé avec lequel tu l'entretenais, parfois je glisse mes mains dans les poches pour voir si tu n’y as rien oublié, je cherche ton parfum, un cheveu égaré...

Il est là sur le porte manteau, il y restera, j'avais hésité à te laisser partir avec, tellement tu l'aimais mais très égoïstement, j'ai préféré le garder parce que je l’appréciais aussi. Personne d'autre ne le portera car personne d'autre ne le portera aussi bien que toi, il te seyait si bien… ce blouson de cuir !

Le bleu de tes yeux

Je donnerais ma vie pour pouvoir encore une fois plonger mon regard dans le bleu de tes yeux!