Les larmes à double sens - Jérémy Chorzepa - E-Book

Les larmes à double sens E-Book

Jérémy Chorzepa

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Beschreibung

Il n'a jamais baissé les bras, et aujourd'hui, au travers de son livre, il vous fait partager la souffrance qu'il a enduré durant toute son enfance. Ce livre est en réalité un défouloir, car tout ce qui est écrit là-dedans est une libération....

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Seitenzahl: 63

Veröffentlichungsjahr: 2015

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Sommaire

1 – L’enfance

2 - La Colonie

3- Les souvenirs

4 - Le souffre-douleur

5 - Mes Grands-Parents

6 - Marseille / Paris

7 - L’inattendu

8 – La pente remontante

9 - Julien et Darlène

10 – Le travail et l’amour

1 – L’enfance

Le dix-neuf décembre 1992, mes parents me mirent au monde. Pour le prénom, ils avaient hésité entre Rémy ou Jérémy, et finalement ce fut le second qui l'emporta. Je pesais trois kilos cinq-cents grammes pour cinquante centimètres.

Je poussai mes premiers cris à la clinique Claude Bernard à Ermont, une ville du Val d'Oise (95), en milieu d'après-midi. Après quelques jours passés en clinique, mes parents repartirent chez eux à quatre au lieu de trois. Après une année, je me mis petit à petit à marcher. Je subissais parfois des chutes, mais quelques temps plus tard j'arrivai à rester debout. Je commençai même à courir.

Je suis passé dans les bras de toute ma famille. D'abord, dans ceux de mes grands-parents, et ensuite ce sont mes parents et ma sœur qui m'ont soulevé dans les airs. Ils m’ont vu grandir de semaines en semaines.

Je me rappelle la fois où mes parents m’ont dit qu'il y avait une personne dont je n’aimais pas la voix, puisqu'à chaque fois qu'il venait et qu’il parlait, je pleurais. C’était mon cousin par alliance.

Un peu après ma naissance, mes parents m’ont baptisé. Un collègue de travail à mon père et une copine à ma mère sont devenu mon parrain et ma marraine.

À l'âge de trois ans, l'école entra dans mon planning. Elle remplissait toutes mes journées de la semaine. À la maternelle tout était beau ; les maîtresses étaient gentilles et les camarades aussi. Je me faisais pleins d'amis que jamais je n'aurais quitté, surtout un avec qui je passais la plupart de mon temps. Dans la cour de récré, j'étais tout le temps sur un vélo à trois roues ou sur un toboggan.

Nous étions au mois d'octobre. Les flashs, pas ceux des radars mais bien ceux du photographe qui photographiaient les enfants seuls, puis ensuite en groupe, commençaient leur travail. Tous les matins avant les cours, mes parents m'emmenaient au centre de loisirs. Les animateurs étaient géniaux, jamais ils ne laissaient un enfant dans un coin. Si cela arrivait, ils venaient tout de suite pour l'occuper. Je peux dire que c'était un peu mon cas. Tous les soirs après les cours, les élèves retournaient au centre pour goûter et jouer, jusqu'à l'arrivée des parents.

Le mercredi, il n'y avait pas école, mais vu que mes parents travaillaient, j'allais aussi au centre. Ce jour-là était spécial car tous les enfants qui allaient au centre, partaient dans une école à quinze minutes de marche. C'était l'endroit où on pouvait faire de nouvelles rencontres. Pour ma part je n'aimais pas trop, je me faisais pas plus d'amis que ça. Les animateurs du centre de loisirs, je ne pouvais pas m’en passer. Ils étaient tellement gentils. Un surtout : il s’appelait Moumouss, du moins c’est comme ça qu'on l’appelait. C’était mon animateur préféré. Un autre aussi, Tahar, était vraiment sympa. Malheureusement il est décédé d’une crise cardiaque en pleine nuit. On ne nous l’a pas dit, mais je l'ai entendu dans une discussion entre la directrice du centre et un animateur. Cela m’a choqué. J’en ai même pleuré la nuit. Anne-Marie, c’était ma préférée dans les animatrices femmes ; tellement gentille et avec son petit accent du sud, quand elle criait ce n'était jamais sévère, elle t’expliquait la chose, et te disait de ne plus recommencer. On comprenait tout de suite et rares étaient ceux qui continuaient après.

En petite section de maternelle, on faisait des dessins. En moyenne et en grande section on apprenait à lire et à écrire. Mes notes étaient bonnes et je me sentais à l'aise. Tous les soirs quand mes parents venaient me chercher, j'avais le sourire aux lèvres ; rien de mieux pour être heureux. À chaque anniversaire, la star qui fêtait le sien amenait toujours un gâteau pour pouvoir le manger dans la classe et tout le monde était content. La star du jour recevait un petit cadeau de la maîtresse, comme elle en avait envie, bien sûr. Personne n'oubliait les anniversaires, surtout si c'était pour louper quelques heures de cours, faire des coloriages ou manger des gâteaux. Ce n'était que du plaisir à cet âge.

À la fin de chaque année tous les élèves étaient costumés et suivaient le cortège, pour brûler l'éventail en paille préparé par les animateurs et quelques fois par les jeunes de primaire. Cette fête me plaisait bien. Et chaque année, j'avais hâte d'être à ce jour.

Il y avait aussi, particulièrement pendant les vacances scolaires, les nuits au centre. Pour ceux qui le voulaient, ils y ramenaient leurs duvets et dormaient là-bas. Pendant ces soirées, ils pouvaient s'éclater, danser sur de la musique qui était mis spécialement lors de ces événements. Au début ça faisait bizarre de quitter mes parents, mais après la première nuit passée je ne voulais plus partir, je voulais faire ça tous les jours ; c'était vraiment bien. Lors des repas de ces soirées, il y avait barbecues, avec hamburger, frites, taboulé. C'était vraiment trop chouette ! Je n'oublierai jamais ces soirées. Le lendemain matin au réveil, avec mes camarades on allait à la cantine pour prendre nos petits déjeuners ; croissants, pains au chocolat, lait, céréales, tartines au Nutella, tout ce que j'aimais. Dans l'après-midi, les journées où il faisait chaud, les animateurs faisaient chauffer de l'eau et remplissaient une piscine d’eau, c'était que du bonheur quand on transpirait ! Alors quand on pouvait en profiter et qu'il y avait une piscine à l'extérieur, tout le monde sautait dedans sans réfléchir.

À la fin de l'année, je devais les quitter pendant deux mois. Cependant, avec mon meilleur ami nous ne nous quittions jamais pendant une telle durée. Alors on s'invitait chacun notre tour chez soi. On jouait à la Playstation, ou au football dans le jardin. Ces moments-là étaient vraiment magiques. Parfois, on s'invitait à dormir pour passer plusieurs jours ensemble. Plus le temps passait, plus nous étions complices. Nous commencions vraiment à nous donner de la confiance réciproquement, et à devenir ce qu'on appelle de vrais amis. Je comptais bien le garder à mes côtés pour longtemps.

Les quatre années de maternelle passèrent à une vitesse folle et si c'était à refaire, je le referais sans aucun doute. Des animateurs et des maîtresses comme ceux que j'avais, ça ne s'oublie pas. Niveaux professeurs, c'était les meilleurs maîtres et maîtresses de toutes les générations. Surtout une qui s'appelait Danielle. Tout le monde l'adorait, il faut dire qu'avec cette gentillesse-là on ne pouvait qu'être aimée, j'ai passé deux ans avec elle en CP et CE1. Heureusement je passais juste car à la fin de l'année scolaire du CE1, cette maîtresse devait partir en retraite. Quelle tristesse pour moi, elle qui m'avait tant aidé…

[Le CE2 passe sans soucis]