Madame Bovary de Gustave Flaubert (Analyse approfondie) - Faustine Bigeast - E-Book

Madame Bovary de Gustave Flaubert (Analyse approfondie) E-Book

Faustine Bigeast

0,0

Beschreibung

Cet ouvrage fournit une analyse approfondie de Madame Bovary de Gustave Flaubert avec toutes les clés pour analyse l'œuvre.

À sa publication, en 1856, Madame Bovary crée le scandale, à tel point que l'œuvre vaut même à Gustave Flaubert un procès pour offense aux morales publique et religieuse. Heureusement, l'écrivain est acquitté. Le roman attise alors la curiosité du public et se vend à 15 000 exemplaires en l'espace de deux mois. Quant à la critique, elle est divisée : à côté de ceux qui ne comprennent pas la radicale modernité de Madame Bovary, dénonçant l'abondance des descriptions, l'immoralité de l'héroïne ou encore la froideur du style, d'autres, plus rares, entrevoient son génie. La postérité leur donnera raison. 

Après une courte introduction au sujet de l'auteur et de son œuvre, Faustine Bigeast nous raconte la vie de Gustave Flaubert : sa scolarité avortée, ses passions amoureuses ou encore ses problèmes de santé, mais aussi et surtout son parcours littéraire. Elle nous emmène ensuite dans les méandres d'un des plus célèbres romans de la littérature française : Madame Bovary. Après un résumé complet de l'œuvre, l'auteure propose une analyse détaillée des différents personnages, Emma Bovary en tête, puis des thématiques principales, notamment l'insatisfaction chronique, l'illusion romantique et la bêtise humaine. Pour finir, elle nous livre une description minutieuse du style de l'auteur, exemples à l'appui, ainsi qu'une étude de la réception du livre.


Profil Littéraire propose des analyses approfondies faisant le tour complet des plus grandes œuvres de la littérature. Notre objectif est de permettre à nos lecteurs d'aller plus loin dans leur expérience de lecture et leur offrir ainsi un nouveau regard sur l'oeuvre concernée. Nos "profils littéraires" sont conçus par des professeurs triés sur le volet et révisés par un comité éditorial constitué de professionnels de la littérature.

Sie lesen das E-Book in den Legimi-Apps auf:

Android
iOS
von Legimi
zertifizierten E-Readern

Seitenzahl: 54

Veröffentlichungsjahr: 2015

Das E-Book (TTS) können Sie hören im Abo „Legimi Premium” in Legimi-Apps auf:

Android
iOS
Bewertungen
0,0
0
0
0
0
0
Mehr Informationen
Mehr Informationen
Legimi prüft nicht, ob Rezensionen von Nutzern stammen, die den betreffenden Titel tatsächlich gekauft oder gelesen/gehört haben. Wir entfernen aber gefälschte Rezensionen.



GUSTAVE FLAUBERT

Né le 12 décembre 1821 à Rouen.

Mort le 8 mai 1880 à Croisset.

Quelques-unes de ses œuvres :

Salammbô

(1862)

L’Éducation sentimentale

(1869)

Bouvard et Pécuchet

(1881)

Auteur phare du XIXe, Gustave Flaubert n’appartient à aucun des grands mouvements littéraires qui s’épanouissent au cours de ce siècle. Il prend la plume dès son plus âge, dans les années 1830, au moment où le romantisme connaît son apogée avec Victor Hugo (1802-1885), notamment. Il ressent alors une certaine inclination pour le lyrisme personnel, c’est-à-dire l’expression libre des sentiments. Il en revient toutefois, non sans s’y être essayé et avoir reçu une appréciation négative de la part de deux de ses amis sur l’un de ses textes. Déstabilisé, mais non démotivé, il décide de forger sa propre esthétique, soit de mêler le vrai, par une observation scientifique des faits, au beau, par un travail intransigeant sur le style.

Il est, en raison de son attachement viscéral à la vérité, considéré de manière tout aussi rapide qu’erronée comme l’une des figures de proue du réalisme par la critique de son temps. Il faut dire que la place qu’il accorde dans son œuvre aux héros ordinaires et à la médiocrité en général, dont il fait l’un de ses sujets de prédilection, peut être trompeuse. Particulièrement talentueux, Gustave Flaubert offre à la littérature pas moins de quatre romans majeurs, parmi lesquels Salammbô, L’Éducation sentimentale et Bouvard et Pécuchet. Le plus connu est néanmoins Madame Bovary.

MADAME BOVARY

Genre :

roman.

1

re

édition :

d’octobre à décembre 1856 dans

La Revue de Paris,

puis en avril 1857 chez Michel Lévy.

Édition de référence :

Madame Bovary,

Paris, Gallimard, 1972, 512 p.

Personnages principaux :

Emma Bovary, épouse insatisfaite et adultère.

Charles Bovary, mari d’Emma, officier de santé à Tostes puis à Yonville-l’Abbaye.

Léon Dupuis, amant d’Emma, clerc de notaire à Yonville.

Rodolphe Boulanger, amant d’Emma, hobereau de la Huchette.

M. Homais, relation du couple Bovary, pharmacien à Yonville.

M. Lheureux, usurier et marchand de nouveautés à Yonville.

Thématiques principales :

l’insatisfaction chronique, l’illusion romantique, l’aveuglement, les mœurs de province et la bêtise humaine.

Publiée pour la première fois en 1856 dans La Revue de Paris, mais débutée en 1851, Madame Bovary est écrite à l’aube de la seconde moitié du XIXe siècle. L’époque est marquée par le règne autoritaire de Louis Napoléon Bonaparte (1808-1873), dit Napoléon III, qui instaure le Second Empire (1852-1870), par un culte prononcé, sur le plan idéologique, du progrès, ainsi que par l’essor, sur le plan artistique, du réalisme.

Traitant de la platitude de la vie et portant un regard ironique sur la bourgeoisie de province, au travers de l’histoire d’une femme adultère, le roman reçoit un accueil mitigé, sinon froid, de la critique et particulièrement hostile du pouvoir. Il vaut en effet à son auteur un procès pour offense aux morales publique et religieuse. Heureusement, Gustave Flaubert en sort acquitté et la postérité achèvera de le réhabiliter.

LA VIE DE GUSTAVE FLAUBERT

GIRAUD (Eugène), Gustave Flaubert, vers 1856, huile sur toile, 55 × 45 cm, Versailles, musée national du château de Versailles.

UNE ADOLESCENCE ENTRE MOTS ET ÉMOIS

Gustave Flaubert naît à Rouen, en Normandie, le 12 décembre 1821. Son père étant chirurgien en chef à l’hôtel-Dieu de la ville, il appartient à une famille bourgeoise d’honorable réputation. Il reçoit donc, conformément à la tradition de son milieu, une éducation soignée. Pour preuve, à l’âge de dix ans, il entre au Collège royal. L’établissement, fondé au XVIe siècle afin que soit dispensé aux enfants de la noblesse un enseignement jésuite, est auréolé de prestige. Hélas, la discipline y est draconienne et le jeune Gustave rechigne quelque peu à s’y plier. Il se morfond aussi. Malgré ces désagréments, il n’en mène pas moins une scolarité studieuse et sans encombre. Il se passionne notamment pour l’histoire, et développe ensuite un goût marqué pour les lettres.

Dès 1834, il écrit plusieurs récits et crée un hebdomadaire titré Art et Progrès, qu’il rédige seul. Il ne cesse alors plus d’exercer sa plume. Parallèlement, il lit avec application l’ironique Voltaire (1694-1778), dont il apprécie particulièrement Candide (1759), et le romantique Walter Scott (1771-1832). Caressant peu à peu le rêve de devenir auteur au sens plein du terme, il s’imprègne de l’influence de ces illustres prédécesseurs jusqu’à composer un conte fantastique, Bibliomanie, qui est publié en 1837 par une revue littéraire de Rouen. Il enchaîne avec Les Mémoires d’un fou (1838), un roman teinté de pessimisme et de romantisme dans lequel il transpose ses premiers élans amoureux. En août 1840, après être passé par les classes de rhétorique et de philosophie, il est reçu au baccalauréat ès lettres.

Si les mots constituent son quotidien, tout au long de son adolescence, les emportements du cœur y forment des parenthèses enchantées. Sa mère, originaire de Pont-l’Évêque, une petite cité du pays d’Auge, possède des biens dans la station balnéaire de Trouville que fréquentent nombre d’artistes. Chaque été, elle s’y rend avec mari et enfants. Là, le jeune Flaubert aime à flâner pour savourer une liberté dont il est privé le reste de l’année. En 1834, il fait la connaissance de Gertrude et d’Henriette Collier, qui sont les filles d’un amiral anglais et des amies de sa sœur Caroline. Il s’attache rapidement à elles. L’expérience, bien que très superficielle, lui laisse un souvenir durable et lui donne l’envie de connaître un amour plus abouti.

Il voit se concrétiser son désir en 1836. Alors qu’il passe à nouveau la belle saison à Trouville, il rencontre, dans l’hôtel où il loge avec ses parents, une femme dont la beauté le chavire : Élisa Schlésinger (1810/1811-1888). Celle-ci devient immédiatement l’objet de ses convoitises. Mais elle est son aînée d’une dizaine d’années. Elle vit, en outre, maritalement avec un éditeur de musique, Maurice Schlésinger (1798-1871), qui se lie d’amitié avec Flaubert et le convie à leurs promenades. Bien qu’elle soit profonde comme jamais elle ne l’a été et comme jamais elle ne le sera plus, la passion qu’il éprouve reste donc secrète. Heureusement, l’écriture lui permettra par la suite de la raviver régulièrement. L’Éducation sentimentale, dont il existe deux versions, l’une achevée en 1845, l’autre en 1869, en témoigne.

Statue de Gustave Flaubert à Trouville.

LA MATURITÉ ARTISTIQUE