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Alors que tout semble aller pour le mieux dans ma vie, un soir, je m'endors paisiblement, mais le matin, je me réveille avec une très forte douleur dans le bras. Mon bonheur peu à peu s'écroule. Mon corps se rebelle et je comprends que le traumatisme de mon enfance est en lien direct avec ce mal interminable.
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Seitenzahl: 93
Veröffentlichungsjahr: 2017
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Je m’appelle Ester Mongalla, du moins pour le temps de votre lecture. En effet, c’est en réalité mon pseudonyme. J’ai passé beaucoup de temps à me questionner, à savoir s’il fallait que j’inscrive mon nom, mais aussi mon prénom, qui souvent était oublié, déformé, celui que l’on me changeait quelques fois, je ne parle pas des diminutifs que mes proches me donnaient et qui ne me dérangeaient pas du tout, mais bien des prénoms qui n’étaient pas les miens. Par le simple fait qu’il ait si peu d’intérêt pour autrui, me faisait en avoir honte, je m’effaçais et faisais comme si ça ne me touchait pas. J’avoue aujourd’hui qu’en réalité, cela me blessait. On se souvenait de moi par mes caractéristiques physiques, mais ma vraie identité, celle qui n’atteignait pas la mémoire de ces personnes, finissait par s’estomper de mon estime, de ma fierté. Malgré le fait qu’aujourd’hui j’assume complètement tout ce qui est de moi, je me suis trouvé une deuxième identité, bizarrement, je trouve ça plutôt amusant et puis de cette façon j’ai la sensation de mettre ma famille à l’abri d’éventuelles remarques blessantes. Finalement, ce qui compte réellement, ce sont chacun des mots que j’ai écrit avec tout mon cœur et ma sincérité.
Alors ça y est, je me lance, j’écris mon histoire ou plutôt, je la continue, car beaucoup de ces pages sont celles que j’ai faites à la main ou à la machine à écrire, depuis mon adolescence. Je vous invite à présent à ouvrir les pages de ma vie.
Chapitre I
Adolescence
Chapitre II
Révélation
Chapitre III
La première fois
Chapitre IV
Le procès
Chapitre V
La maladie
Chapitre VI
Délivrance
7 juillet 1996
(15 ans)
Je serais,
Belle, peut-être un jour,
Comme une lueur, certainement pas.
Celle qui trouve l’amour,
Comme les heures que l’on ne voit pas.
Aimée pour qui je suis,
Comme le soleil pour sa chaleur.
Parfumée du plus beau fruit,
Comme un sommeil sans douleur.
Heureuse comme au cinéma, et les rêves de femme.
Chanteuse d’opéra pour que mes lèvres s’enflamment.
Mère d’enfants gâtés, comme une famille, la mienne.
Mer vaguant de beauté, pour que ne brille plus la haine.
Être une maman heureuse, aimée et belle,
Qui, en ce temps de rêveuse, a peur de se brûler les ailes.
Vas-tu comprendre ces quelques mots,
Qui se bousculent dans mes rêves.
Ceux qui disent que la vie c’est idiot,
Et que la mort est souveraine.
Vas-tu m’aimer et me rendre heureuse,
Comme un souhait qui se réalise.
M’emmener au milieu des étoiles lumineuses,
Afin que je leur dise.
Vas-tu trouver la patience de l’amour,
Pour me comprendre, chaque jour
Lorsque je parlerai de mon enfance,
En voulant t’apprendre ce qui m’est lourd.
Chut, chut ! Ne faites pas de bruit, il ne faut pas la réveiller. Laissez-la prolonger son sommeil dans ses rêves fantastiques qui soulagent ses douloureuses blessures ; un jour, elle s’est endormie les jambes entre ses bras, la tête contre ses genoux, les yeux pleins de larmes et le cœur brisé. Son corps était devenu de glace. On ne pouvait plus la toucher ni la regarder, de peur qu’elle ne nous donne cette chose que l’on croyait contagieuse, cette maladie qui l’avait rendue si laide.
C’est mon rêve de fillette qui l’a cachée dans un endroit qui ressemble au paradis, où se trouvent tous ceux qu’elle aime, là où elle se sent en sécurité. Je la connais mieux que personne cette petite, et le lieu que je vous décris, c’est moi qui le lui ai prêté. Il suffit de suivre mes veines, jusqu’à mon cœur, là où elle s’est écroulée d’un profond sommeil.
Pendant plusieurs années, je me suis détachée de cette partie de moi que je détestais. Je me suis inventé une histoire, celle que moi seule pouvais comprendre et que personne ne pouvait m’empêcher de vivre. J’ai camouflé au plus profond de moi-même la petite fille triste et sale que j’étais. Je me suis créé un personnage souriant et joyeux, celui d’une gentille môme attachante et pleine de simplicité qui continuait à aller à l’école, au sport, à partager la vie de ses parents et de ses frères. Je pouvais à présent poursuivre mon existence tout simplement.
J’espérais tant que ses yeux allaient cesser de pleurer, que son cœur allait guérir et que son corps se réchaufferait.
Malheureusement, la petite fille que je reniais et que j’imaginais de la taille d’une fée, était toujours aussi mal. Il y a des cicatrices qui ne peuvent disparaître, mais il doit bien y avoir un moyen d’atténuer la douleur. Pourrais-je continuer à vivre ainsi encore longtemps ?
Dans tant de doutes et de questions, je préférais continuer à survivre de ce mal, penser que mes parents me croient heureuse, et les voir sourire chaque jour.
Ils m’ont donné cette force par l’amour et par toutes les petites joies quotidiennes. Ceci me servait à mettre de côté, dans mon cœur, cet endroit si secret, ce qui me bouffait la vie et qui me rongeait lentement, de plus en plus et qui me faisait perdre conscience de qui j’étais réellement, de ce qui m’entourait.
J’étouffais lentement, je me perdais. J’allais tomber, m’effondrer d’épuisement et de solitude ignorée. Au début, j’emprisonnais volontairement ma rage, ma haine, afin que rien ne se voie. Plus tard, mon corps refusa tout ce mal et finit par l’extérioriser. Lorsque l’on me contrariait, ce qui devenait de plus en plus fréquent en début d’adolescence, je m’enfermais dans la salle de bains et me griffais le visage autant que je pouvais le supporter. Il fallait que je sois moche, que je fasse peur, alors je me regardais, satisfaite par le reflet de mon miroir car l’on pouvait enfin voir la laideur qui me détruisait de l’intérieur et ceci semblait me soulager.
(15 ans)
Parfois, j’ai l’impression que ma vie est mon ennemie la plus détestable, au point de vouloir la détruire pour ne plus souffrir, ne plus pleurer. Ça me prend comme ça, je m’arrête de respirer, je me défigure avec mes ongles, je voudrais en crever. Mais je me dis que peut-être un jour, tous mes soucis, toute ma souffrance partiront de mon cœur pour y laisser place à l’amour, l’amitié. C’est ma famille et mes amis qui me donnent espoir, le pouvoir de lutter, d’oublier.
Et voilà que je me remets à pleurer ; au point où j’en suis, un jour de plus, un jour de moins, ça ne compte plus, je ne les vois plus passer, le temps s’est figé. Je voudrais crier, hurler, mais je n’y arrive pas. Alors je m’efforce de penser à tous les jours heureux que j’ai pu passer. Je ne veux pas me plaindre. Il y a la guerre, la misère. Moi, j’ai connu le bonheur et je m’en souviens. Mes pensées me le font revivre. C’est une chance que d’autres n’ont pas, je voudrais pouvoir leur raconter pour qu’ils ressentent de la joie.
Pourquoi la nuit fait peur, le jour donne la vie et la mort nous hante ? Qui est-elle vraiment, la mort ? Nous ne le saurons que lorsque notre tour viendra. Nous sommes obligés de l’affronter, mais certainement qu’elle n’est pas si terrible, car elle peut nous soulager du mal de vivre.
Il faut que j’arrête d’écrire à présent. Je me fais peur. Je descends regarder la cheminée pétiller. Le feu séchera mes larmes et me fera sourire par sa beauté. Je garderai ce papier, au cas où ma mémoire s’efface, pour pouvoir me souvenir, avec l’espoir de le relire dans quelques années. Dans ce temps où je serai une femme, et que je serai heureuse. Mais je ne sais pas comment les choses vont avancer, alors je préfère vous dire adieu mes amis, mes frères, papa, maman, vous à qui je souhaite une vie merveilleuse, une vie qui vous ressemble.
Je ne montrais jamais ces lettres. Je n’arrivais plus à communiquer avec mes parents. C’était ma façon de pouvoir dire sans blesser. Pour chaque occasion, un anniversaire, une fête, je griffonnais un poème. Par ce biais, je leur disais ce que je ne pouvais plus exprimer.
(15 ans)
J’ai découvert cette peur qui me rend si brutale, qui me fait couler les pleurs, pour le moindre scandale. Je me trouve dans une pièce parmi tant d’autres, je mène la belle vie, puis je me retourne et là, tout est fini.
Il y a du feu partout, je suis coincée par la chaleur qui m’étouffe, les personnes que j’aime veulent m’aider en remplissant des seaux d’eau pour éteindre les flammes qui jaillissent dans tous les sens, mais elles sont bien trop grandes et trop violentes. C’est la grosse panique, je m’approche à peine de la porte que je me brûle. Comment vais-je pouvoir sortir de là ? J’essaie de parler à mes parents mais ils ne m’entendent pas, la fumée est trop épaisse.
Il faudrait une inondation pour me sortir de cet enfer. Je voudrais qu’il pleuve à flots afin de retrouver mes proches. À quand la pluie, l’eau de mer, l’eau de roche ? À quand l’inondation qui éteindra mes peines, qui me délivrera de cette chaleur qui m’étouffe et m’empêche de respirer, celle qui noiera ma haine pour que je puisse courir de l’autre côté ?
Je dois me redresser devant cette immense cheminée avec espoir, et attendre que le temps veuille bien me trouver un passage. Je dois continuer à croire qu’un jour peut-être, je retrouverai mes parents que j’aime infiniment.
Joyeux anniversaire de mariage,
papa et maman.
Votre fille qui vous aime
Pendant toutes ces années, j’ai gardé les textes écrits de mes mains. Il y en a tant. L’écriture m’a énormément aidée. J’avais l’impression de me libérer. Je ne vous cache pas que de les relire m’a bouleversée. Je savais que cette période de ma vie était très difficile, et je revivais à travers chaque mot la souffrance de mon enfance. J’étais partagée entre la douleur que j’avais en ce temps et cette envie que j’avais à présent de retourner en arrière, de me dire que ça irait, que j’allais y arriver.
J’ai décidé de lui parler comme si j’allais faire un voyage dans le temps, à cette enfant que j’étais. Je la revois en train d’écrire sur son bureau, avec son chat qui ronronne auprès d’elle. Le casque du walkman sur la tête, elle écoute une cassette de chansons tristes. Je pouvais passer des heures à exprimer, par le biais de mon stylo à encre, tout le mal que je ressentais. J’aimerais retourner dans notre maison, celle pour laquelle mes parents ont eu le coup de foudre. Lorsque, avec une grande
