Monique Lise Cohen - Association Médiathèque - E-Book

Monique Lise Cohen E-Book

Association Médiathèque

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Beschreibung

Un murmure infini... Vous êtes-vous aventurés, un soir, lors des anciennes séances de nuit, vers les rayonnages de la Bibliothèque municipale de Toulouse (rue de Périgord) ? On y entend un murmure infini, le bruissement des paroles des livres entre eux. Certains souffrent et se plaignent d'une trop longue fermeture, de l'absence d'un lecteur attentif ou d'une lectrice bienveillante (car la vie des livres est dans l'oeil et la main du lecteur). D'autres parlent des relations des personnels de la Bibliothèque dont ils sont les témoins au fil des jours et des années. Ils ont vu et entendu des choses humaines multiples et étonnantes, pendant des centaines d'années. Ils paraissent plutôt apaisés et reconnaissants pour ces derniers temps. Ils avaient connu des choses bien plus déroutantes, jadis... Ce sont les premières sensations que nous recueillons au sein du murmure incessant. Comme une plainte, un appel fragile, une invitation pour notre regard et notre écoute. Dans l'émotion et le recueillement, d'autres paroles viennent à nous, si nous voulons y prendre garde. Il nous faut alors entrer dans le silence des livres et laisser résonner la voix qui vient du papier. Elle traverse l'épaisseur des reliures et vient buter légèrement sur le métal des rayonnages. Le murmure s'est changé en une voix muette qui suit les linéaments de notre physiologie humaine et vient habiter l'espace de nos mains. Alors, certaines et certains d'entre nous, répondant à cet appel, ouvrent un cahier et commencent à écrire... Monique Lise Toulouse, le 8 décembre 2008

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Seitenzahl: 76

Veröffentlichungsjahr: 2021

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Hommages et témoignages

de la part de ses collègues de la Bibliothèque municipale de Toulouse et de ses ami-e-s

Rencontre autour l’œuvre de Monique Lise Cohen

Une exposition-hommage se tiendra à la Bibliothèque d’Etude et du Patrimoine (BEP), 1 rue de Périgord, Toulouse, le samedi 20 novembre 2021, 17h, Salle Régionale

Photo de couverture

David Brunei, Carrefour Culturel Arnaud-Bernard Monique Lise, le 24 août 2020, en conférence à Toulouse, place des Tiercerettes, dans le cadre des Conversations socratiques du Carrefour Culturel Arnaud-Bernard

Sommaire

Discours de Monique Lise COHEN

Hommages et témoignages: collègues de la Bibliothèque de Toulouse

Hommages et témoignages: ses amies et ses amis

Repères bio-bibliographiques

Autres témoignages

Index Des Contributeurs

Discours de Monique Lise COHEN

pour son départ à la retraite

BM de Toulouse, décembre 2008

« Un murmure infini... »

Vous êtes-vous aventurés, un soir, lors des anciennes séances de nuit, vers les rayonnages de la Bibliothèque municipale de Toulouse (rue de Périgord) ?

On y entend un murmure infini, le bruissement des paroles des livres entre eux.Certains souffrent et se plaignent d’une trop longue fermeture, de l’absence d’un lecteur attentif ou d’une lectrice bienveillante.

(Car la vie des livres est dans l’œil et la main du lecteur).

D’autres parlent des relations des personnels de la Bibliothèque dont ils sont les témoins au fil des jours et des années.

Ils ont vu et entendu des choses humaines multiples et étonnantes, pendant des centaines d’années. Ils paraissent plutôt apaisés et reconnaissants pour ces derniers temps. Ils avaient connu des choses bien plus déroutantes, jadis...

Ce sont les premières sensations que nous recueillons au sein du murmure incessant. Comme une plainte, un appel fragile, une invitation pour notre regard et notre écoute. Dans l’émotion et le recueillement, d’autres paroles viennent à nous, si nous voulons y prendre garde.

Il nous faut alors entrer dans le silence des livres et laisser résonner la voix qui vient du papier. Elle traverse l’épaisseur des reliures et vient buter légèrement sur le métal des rayonnages.

Le murmure s’est changé en une voix muette qui suit les linéaments de notre physiologie humaine et vient habiter l’espace de nos mains.

Alors, certaines et certains d’entre nous, répondant à cet appel, ouvrent un cahier et commencent à écrire...

Monique Lise

Toulouse, le 8 décembre 2008

Hommages et témoignages

collègues de la Bibliothèque de Toulouse

Mado BARRY

Les mots sont importants

« Elle était penchée sur son travail d’écriture. Je venais de pousser la porte de son bureau pour lui transmettre la thèse reliée d’un étudiant de Monsieur Daniel Latapie. Levant la tête de son ouvrage, Monique Lise me dit : « Un instant, je n’ai pas fini. Tu sais, Mado, les mots sont importants ». Nous étions déjà dans les années 1 990. Mon travail consistait à réparer et relier les ouvrages de la Bibliothèque municipale dans l’ancien local où avait exercé la famille Costa, artisan relieur indépendant. J’ai souvenance du jour de mon arrivée à la B.M. du Périgord, fin septembre 1974, et de l’accueil chaleureux de Monique Lise, « Lilou », du service Mémoire de la Résistance ; Élisabeth, responsable des Bibliothèques Jeunesse de Toulouse ; Marianne du Fonds régional ; Françoise du Fonds russe ; Laurette à la Poésie ; Madame Laborie à la Musique et Elisabeth C. du Fonds ancien où je fus employée à l’entretien des livres anciens. Dans les années 1970, un vent libertaire et féministe soufflait sur Toulouse. Tout espoir devenait possible. On démolissait les cités d’urgence Bordelongue et Seyrverolles, pour construire les médiathèques d’Empalot, puis de Serveyrolles, sur le terrain de l’ancienne cité d’urgence où j’avais vécu. Le 26 novembre 1974, avec courage, Madame Simone Veil défendait son projet de loi sur 1’1 VG devant l’Assemblée nationale. Le 17 janvier 1975, la loi était promulguée. C’est depuis cette époque et en raison de ce lien fraternel et professionnel, que la Bibliothèque municipale du Périgord est devenue ma seconde famille. En décembre 2019, faisant des recherches sur le chemin de vie de mon grand-père déporté à Buchenwald, j’avais demandé des conseils à Monique Lise pour expliquer l’histoire de la Shoah à mon petit-fils. Elle m’avait encouragée à écrire et m’avait également proposé son aide pour rédiger un petit livre sur mon histoire familiale. Avec mon petit-fils, nous avons visionné le DVD pédagogique qu’elle m’avait envoyé. Je suis attristée de sa disparition. Dans ma mémoire elle reste vivante et nous laisse en héritage ses livres et ses travaux de recherche. ».

« Les mots sont importants », m’avait-elle dit.

M.-M. Barry, le 27 janvier 2021

Geneviève BESSIS

La cabane de Lilou à la bibliothèque

« C’était il y a longtemps... Au deuxième étage de la bibliothèque, dans les magasins inaccessibles au public, Lilou s’était aménagé un espace avec des étagères de livres et des fichiers. Un voilage servait de porte qu’il fallait soulever pour pénétrer dans un univers insolite qui tenait de la cabane et avait en même temps quelque chose de la loge de Sarah Bernhardt. Des livres, bien sûr, et en particulier de grands volumes illustrés du XIXème siècle, des plantes grasses, des fleurs séchées, la photographie de Lou Andreas-Salomé, un poème de Jean Tardieu, La môme néant, écrite sur une fiche perforée. La maîtresse des lieux, vêtue d’une longue jupe dénichée dans une friperie de Blagnac ou bien en jeans et grandes bottes espagnoles, tête nue ou bien coiffée d’une casquette qui lui donnait l’air crâne nous recevait. À cette époque, il arrivait parfois que cédant aux demandes de l’auditoire (une ou deux collègues et amies), elle chantait Où sont tous mes amants ? avec un petit filet de voix enfantin et des mines irrésistibles de drôlerie. Je garde le souvenir de son incroyable fantaisie, de son humour décalé et de sa liberté de paroles. »

Geneviève Bessis

Françoise COURTIADE

« Je suis tellement triste d’apprendre le décès de ma chère «Lilou», tellement triste »

« Je vous envoie une photo retrouvée par Irène [Corradin], du 25 avril 1968 à Toulouse, vous allez la reconnaître avec ses cheveux assez courts à l’époque. Le garçon avec les lunettes foncées, qui se tient à sa gauche, c’est son mari Michel et sur la droite de la photo, la femme au bras levé c’est Marie-France Brive. La photo est de Jean Dieuzaide [pour le moment, pas de droit de diffusion, autorisation nécessaire]. Sa disparition aujourd’hui m’est toujours difficile à vivre, comme pour vous j’imagine. »

Françoise Courtiade

Florence COURTIAL

« Je retiens de Monique-Lise son énergie et sa détermination, inlassablement mises au service d’une grande cause. Les collections de la Bibliothèque d’Etude et du Patrimoine en conservent la trace, restituée dans le film « L’écriture et la guerre » : je citerai la richesse du fonds Daniel Latapie, régulièrement consulté par les étudiants et les chercheurs. Les expositions et colloques que Monique-Lise a organisés ont alimenté un indispensable travail de mémoire, éclairant tout un pan de l’histoire régionale. «Les camps d’internement du Midi de la France», film qu’elle a produit et dans lequel elle apparaît, constitue un témoignage précieux dans sa dimension pédagogique, d’autant plus essentielle dans les temps troublés que nous vivons. »

Florence Courtial

Claire FAUCHE

D’abord, on ne se connaît pas. Je croise parfois Monique Lise dans la cour de Périgord ; j’apprends son nom et sa fonction. Bien plus tard à l’ouverture de Cabanis, nous participons avec d’autres collègues aux commissions de l’office Sciences humaines. C’est au cours de ces échanges autour des livres à commenter que j’ai pu apprécier la chance que j’avais de pouvoir fréquenter, ne serait-ce qu’un peu, celle que les plus intimes d’entre nous appellent affectueusement : Lilou.

Puis un jour, nous déjeunons, rien que toutes les deux. Je ne sais plus pourquoi j’ai avec moi le catalogue de l’exposition de Charlotte Salomon au Musée d’Art et d’Histoire du judaïsme (2006). Nous le feuilletons ensemble. Tout est calme autour de nous, les peintures de Charlotte nous relient.

Claire Fauché

Chantal FERRANDIS

Mon témoignage à Monique-Lise

« Lorsque mes pensées vont vers toi c’est d’abord ton sourire qui apparait, puis ta douceur, tes yeux étincelants, ton amabilité, ta sensibilité, tes paroles à la fois très douces mais fermes.

J’ai eu la chance de travailler plus de 10 ans avec toi pour faire aménager les diverses salles où tu accueillais le public afin de présenter tes livres, tes conférences... Et surtout pour faire réaliser les transports de ton exposition, si chère à ton cœur : Les camps d’internement du Midi de la France.

Nous avons toujours collaboré de façon sereine. De toi émanait la volonté de faire connaître l’histoire de cette période tragique. Tu n’as pas cessé de perpétuer cette tâche de façon équitable et remarquable. Tu remerciais toujours avec finesse, une carte ci-dessous en témoigne.

Toute ton originalité était dans la différence, tu renonçais à tout honneur.

Pourquoi n’ai-je pas compris qu’en plus tu étais ouverte à tous les épanchements ! C’est quand l’arbre est par terre que l’on se rend compte de sa grandeur.

Chantal Ferrandis

Jacques FERRY