Née pour vivre - Géraldine Deriol - E-Book

Née pour vivre E-Book

Géraldine Deriol

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Beschreibung

Mon arrivée sur cette terre, dans cette vie, est un miracle. Je ne devais pas naitre, mais je suis là, en vie et je vais vivre la plus belle des vies qu'il est possible d'imaginer ! Je m'appelle Hope. Accroche-toi, petite ! Ceci est mon histoire...

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Seitenzahl: 153

Veröffentlichungsjahr: 2022

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A mes parents, A mes enfants, A ma famille, A vous !

Le bonheur ce n’est pas la réalisation des vœux ni la réalisation des attentes. Le bonheur, c’est Etre !Paulo Cœlho.

La différence entre le possible et l’impossible Réside dans la détermination qui sommeille en toi.Gandhi.

Prenez le temps d’aimer et d’être aimé. C’est un privilège donné par la vie.Jacques Salomé.

Le travail à faire est de rendre visible l’Amour.Khalil Gibran.

Sommaire

Préface

Chapitre 1 : ICI ET MAINTENANT

Chapitre 2 : TOURNÉE VERS L’AVENIR !

Préface

Géraldine m’a fait l’honneur de me confier son ouvrage que je viens de dévorer avec bonheur.

Il y a plusieurs dizaines d’années déjà que je l’ai rencontré. A l’époque, j’étais éducatrice au service d’aide psychologique de l’ITEP arc-en-ciel dans l’Ain.

Je la vois encore physiquement arrivant le premier jour de son admission, son visage caché complètement derrière ses cheveux noirs, accompagnée par ses parents démunis devant cette jeune ado qui ne faisait que fuguer et se mettre en danger.

Elle était au début de sa prise en charge comme un animal sauvage qu’il fallait apprivoiser.

J’ai eu rapidement un coup de cœur pour cette jeune fille de 13 ans très abimée et en détresse.

Grace à tout le travail thérapeutique individuel et de groupe, nous avons pus très progressivement et avec patience s’approcher de Géraldine.

Peu à peu, elle a su dépasser sa souffrance concernant sa problématique d’abandon, s’est autorisée à nous faire confiance et à se remettre sur les rails de la vie.

Je garde un profond souvenir de ces années-là avec cette jeune, très volontaire, très dynamique qui s’est toujours accrochée.

Après plusieurs années de prise en en charge (dont la dernière à temps partiel), elle est partie plus solide et confiante. Désormais elle pouvait s’appuyer sur tout le travail qu’elle avait fait sur elle et aborder sa vie d’adulte …et ses recherches.

Nous avons depuis son départ toujours été en contact. Ce lien très fort qui nous suit et ce livre que je viens d’avoir la primeur de parcourir me touche profondément.

Je mesure ô combien elle a dû une bonne partie de sa vie affronter ce traumatisme d’abandon à sa naissance.

J’ai une profonde admiration pour son parcours très courageux et sa force incroyable de résilience.

Son histoire personnelle qu’elle relate avec beaucoup d’émotion et de finesse rend son témoignage bouleversant.

Je tiens à la remercier moi aussi pour sa grandeur d’âme et sa ténacité malgré l’adversité.

C’est une rencontre pour moi qui compte particulièrement dans ma vie.

Le 7/11/22 Marie Meunier.

1/

ICI ET MAINTENANT

Je m’appelle Hope. J’ai deux heures et je suis en vie.

Il est minuit ou un peu plus ; qu’importe, mon petit cœur bat. Je dors, mais pas totalement. J’entends des voix qui s’agitent et que je ne reconnais pas. Des odeurs que je découvre. Mes yeux s’entrouvrent. C’est un peu flou ! Des ombres bougent autour de moi. Je suis là, dans ce berceau.

Seule.

Où suis-je ? Maman ? Où es-tu ? Je ne t’entends plus. Cette voix qui me berçait et me rassurait durant ma vie intra-utérine, où est-elle ? J’ai peur… Enfin je crois.

Mon arrivée sur cette terre, dans cette vie, est un miracle. Je ne devais pas naître, mais je suis là, en vie et je vais vivre la plus belle des vies qu’il est possible d’imaginer !

Tout commence dans le ventre de ma mère. Elle est belle, jeune et amoureuse. Mon papa est lui aussi, beau, jeune et amoureux. Tellement amoureux, qu’ensemble, malgré leur âge et leurs cultures différentes, ils décident de s’aimer. S’aimer si fort au point de créer la vie. Peu importe les embûches. Durant neuf mois, ces deux jeunes, à peine majeur pour lui, et mineure pour elle, vont vivre d’espoir, de bonheur, et de projets à deux, à trois avec moi.

Il est minuit ou un peu plus, et je suis en vie…

Ma maman, je la cherche, du haut de mes quarantesix centimètres, des petits cheveux tout noirs et en pagaille, des yeux noisette, je crie et j’appelle… ma maman. Dans mon berceau transparent et aseptisé, j’attends que des bras emplis d’odeurs familières, des voix entendues durant ces neuf mois, viennent, me prennent, me rassurent, et me sécurisent. Mais tout cela n’arrivera pas, ou en tout cas, pas tout de suite. C’est comme ça, c’est ce qui a été décidé pour moi.

À mes parents, le médecin annoncera mon décès.

C’est ici que va démarrer ma vie.

En effet :

Neuf mois plus tôt, après plusieurs années de flirt amoureux, de virées à deux, c’est avec une folle envie de s’aimer que ces deux jeunes, Sylvie et Alexandre, âgés de seize et dix-sept ans, se retrouvent un soir. Ensemble ils décident de vivre leur première nuit, ici, dans ce grand hôtel connu de la région. Alexandre est un jeune homme travailleur. Les cheveux bruns, de corpulence mince, de grands yeux noirs. Il est d’origine manouche et fou amoureux de cette Sylvie, seize ans. Une jeune fille aux cheveux châtain, pas très grande, de corpulence normale et aux yeux couleur noisette. Le jeune homme a économisé durant des mois sur son petit salaire pour offrir à sa belle ce week-end end à deux. Sylvie est issue d’une famille bourgeoise de la région. Elle est encore au lycée. Son cœur est habité par Alexandre depuis bien longtemps. Ses parents commerçants connaissent la relation que leur fille entretient avec ce jeune Manouche. Ils sont contre, ils ne l’aiment pas. Ses origines ne sont pas celles qu’ils souhaitent pour leur fille cadette. « Pas de Manouches dans la famille ». C’est leur barrière, leur limite infranchissable, et la règle imposée à leur enfant. Mais l’amour ne se commande pas, ne se dicte pas. Malgré les critiques abruptes de ses parents sur cet homme qu’elle aime tant, Sylvie va découcher pour la première fois et vivre son amour comme elle le rêve. Libre.

Quelques semaines plus tard, la jeune fille découvre qu’elle porte en elle la vie. Une réalité qu’elle rêvait, qu’elle attendait malgré son jeune âge. Une découverte merveilleuse, dont Alexandre est le premier averti. Les parents de Sylvie n’en sauront rien… en tout cas pour l’instant. Les deux tourtereaux ne connaissent que trop bien l’opinion négative qu’ont ces adultes sur leur amour grandissant. Alors, aujourd’hui, ils décident d’attendre que le ventre de Sylvie s’arrondisse pour annoncer ce bébé en devenir. Il est plus doux de s’imaginer que rien n’y personne ne pourra arrêter cet amour unique et vivant. Les parents d’Alexandre eux, sont mis au courant. C’est avec une joie immense que ce bébé est attendu et Sylvie accueillie au sein de cette famille aux origines nomades. Une famille ouverte aux autres quelles que soient leurs origines, remplie d’amour, travailleuse, musicienne, heureuse, c’est comme cela qu’à cette époque, cette belle tribu est décrite. Pour Sylvie, c’est un peu sa deuxième famille, elle y est aimée et intégrée. Des semaines et des mois passent. Les amoureux vivent deux vies en même temps. Celle de jeunes presque insouciants, et celle de futurs parents ! Le regard protecteur et bienveillant de la famille d’Alexandre les rassure. L’ignorance de celle de Sylvie les inquiète. Le ventre de Sylvie s’arrondit doucement mais de plus en plus visiblement ! La vie grandit en elle. Ce qui était jusqu’alors invisible sous de larges pulls, devient difficile à cacher.

Il est temps d’annoncer l’invraisemblable !

La maman de Sylvie découvre avec stupeur le bonheur dissimulé de sa fille. Les vêtements, même amples, ne cachent plus la vie qui s’annonce. C’est avec un désaccord total et en apparence absurde, que ces parents, aux a priori remplis de préjugés, vont enclencher une injustice sans nom.

Ils sont fous de colère, bourrés d’inquiétude et leur décision est sans appel. Dorénavant, Sylvie va être interdite de sortie du domicile familial. Prisonnière chez elle, les contacts avec le papa de son futur enfant sont anéantis. Détresse, solitude et peur deviennent le quotidien de la future maman. Sylvie ne comprend pas : pourquoi tant d’intransigeance dans le cœur de ses parents ? Pourquoi cette intolérance à la différence ? À seize ans, il n’y a que peu de place pour entendre l’inquiétude des adultes autour d’elle. La jeune fille est perdue. C’est seule et dans ce climat si difficile qu’elle passe toutes ces semaines à aimer cet enfant pas encore né, le protéger, et doucement négocier un apaisement avec sa famille réticente. Rien n’est gagné. Seul le suivi de la grossesse lui permet de rares sorties.

Le ventre de Sylvie s’arrondit toujours un peu plus.

Je m’appelle Hope. Une vie en négociation.

Il est tard ce soir. La jeune fille entend une discussion entre ses parents, qui veillent ensemble dans le salon de cette belle maison bourgeoise. Sylvie, cachée derrière la porte, écoute, abasourdie, les échanges oraux de ceux-ci. Le soleil c’est couché et c’est dans ce début de nuit d’automne qu’elle apprend qu’un rendez-vous est pris hors des frontières de France. Une IVG est programmé. Sylvie doit avorter. Ce n’est pas son choix, mais celui de ses parents. Elle est mineure, il est manouche. Les futurs grands-parents s’opposent formellement à cette petite vie qui, doucement, grandit. Leur décision est prise et irrémédiable. Cet amour est hors des normes. Ils ne le veulent pas, le rejettent et sont prêts à le faire disparaître définitivement.

Mais, à seize ans, les interdits ne font pas peur. Ils deviennent même bien souvent un moteur pour ces adolescents au sentiment d’invincibilité ! Sylvie, apeurée, s’enfuit. En quelques minutes elle fourre quelques vêtements ainsi que des affaires de toilette dans un sac et sort en pleurs de chez elle.

C’est mon enfant, vous n’aurez pas mon bébé ! hurle-t-elle au fond de son cœur.

En larmes, elle rejoint le père de l’enfant qui, de son côté, ignore tout de ce qui est en train de se jouer. C’est en pleine nuit, les yeux remplis de désespoirs que Sylvie, terrorisée, sonne à la porte d’Alexandre.

- C’est moi ! Ouvre, s’il te plaît.

Alexandre, qui débutait sa nuit, fait entrer son amie sans imaginer ce qui l’attend. Sylvie se calme, apaisée par la présence de son homme. Puis c’est autour d’un café réchauffé qu’elle explique ce qui se trame juste derrière leur dos. En découvrant ce plan macabre, Alexandre est hors de lui. Comment est-il possible de programmer un avortement dans le plus total secret ? Pourquoi tout cela ? Il travaille ! Il est capable d’assumer une famille ! C’est un rêve, un choix de vie et une grossesse désirée !

Non, personne ne touchera à cette famille qu’il est en train de fonder.

Cette nuit-là, ils la passent à réfléchir, à se rassurer et à se projeter, coûte que coûte, dans leur avenir. Par peur d’être retrouvés, ils décident que Sylvie doit être accueillie au sein d’une maison d’accueil mère-enfant dans la région lyonnaise.

Trois jours plus tard, c’est en urgence que la jeune fille fait son entrée dans cet établissement aux valeurs humaines et bienveillantes. Une chambre douillette lui est attribuée. Des professionnels sont là pour l’épauler, la rassurer et l’aider dans les diverses démarches administratives essentielles et obligatoires qui précèdent la venue d’un nouveau-né. Elle vit, rit malgré la situation dramatique, se fait des amies. En somme, elle redécouvre une vraie stabilité.

Le futur accouchement est organisé.

Alexandre, resté quatre-vingt-dix kilomètres plus au nord, pour son travail, fait la route trois fois par semaine. Quelques instants pour se voir, s’aimer, se réconforter et faire des projets de famille. Il lui rapporte des cigarettes, des friandises, des vêtements. Il gâte sa bien-aimée, la maman de leur futur bébé. Le soutien des parents de Sylvie est absent, mais celui des parents d’Alexandre est, lui, bien présent.

Peu avant la naissance, c’est une chambre entière de bébé que les futurs jeunes parents commandent pour leur enfant. Dans un premier temps ils logeront chez les parents d’Alexandre. Puis, tranquillement, leur objectif est bien sûr de se trouver un nid douillet. C’est leur projet de famille futur. Un projet qu’ils ont pensé et mûri avec l’envie folle et si belle de s’aimer pour l’éternité !

Mais revenons au présent.

Sylvie va bientôt devenir maman.

Les premières contractions arrivent et alertent la jeune femme sur l’imminence de la naissance. Alexandre est prévenu. Il quitte son travail en urgence, son patron est au courant de cet heureux évènement et laisse le futur papa filer à la maternité. Après un détour rapide chez ses parents pour, prévenir de l’arrivée prochaine du bébé, Alexandre roule rejoindre sa belle, déjà en route pour l’hôpital. Il ira vite, un peu trop d’ailleurs ! Son cœur bat aussi fort qu’il roule à toute vitesse. Dans sa tête, il s’imagine déjà avec son bébé dans ses bras. Les premiers sourires de son enfant, ses premiers pas, sa première rentrée. Il est heureux comme jamais il ne l’a été.

Cette Sylvie, il l’aime plus que tout. C’est pour lui comme une évidence de fonder une famille avec elle. Une certitude qui, aujourd’hui, promet de se réaliser.

Sylvie, de son côté, est accompagnée à la maternité par une professionnelle de la maison d’accueil mèreenfant. Elle s’étonne, en chemin, du changement de lieu de son accouchement. Mais les douleurs sont vives. Elle ne fait pas cas de cet imprévu et gère comme elle le peut la souffrance physique envahissante.

Le trajet est long, plus long que prévu.

Sylvie est mineure, et quelque temps auparavant, ses parents ont laissé des recommandations à la directrice du foyer ou l’ado a été suivie. Ils ne souhaitent pas que leur fille accouche à l’hôpital, mais préfèrent une clinique privée. C’est là que Sylvie est conduite.

Chez les parents d’Alexandre, c’est l’effervescence. Tout le monde attend avec impatience le premier cri du nouveau-né. Leur premier petit enfant !

Pour la première fois de leur vie, ils vont devenir grands-parents ! Ils sont déjà comblés par ce bébé qui n’est pas encore né. Et puis il y a les frères et sœurs du jeune homme. Au total cinq futurs oncles et tantes, pour aimer à l’infini cet enfant désiré.

Petit être, presque arrivé, n’a pas d’inquiétude à se faire, il sera aimé, infiniment aimé.

Il est un peu plus de minuit, ce douze avril…

Je m’appelle Hope. Je suis en vie.

Je respire pour la première fois la douce odeur de la vie. Ma vie. Qui l’aurait cru, il y a encore quelques mois de cela ?

Un accouchement psychologiquement difficile. Sylvie a mal, s’inquiète. La salle d’accouchement est froide, mais le personnel est attentionné et prêt à soutenir cette toute jeune maman, à l’aider à faire connaissance avec son premier enfant. Le travail est relativement rapide pour une première fois ! Sylvie pousse fort, pense à son enfant, au papa, à son futur si proche qui peu à peu devient réalité. La jeune fille fatigue, pleure de douleur, de peur, mais au bout de quelques heures l’enfant naît : c’est une fille. Le nouveau-né ne crie pas. Il est emporté, dans les bras d’une puéricultrice, dans la salle d’à côté, pour les premiers soins. C’est la procédure. Sylvie le sait, mais l’inquiétude grandit avec le silence de son enfant tout juste né. Elle pose des questions, le personnel la rassure et elle lui fait confiance.

Doucement elle reprend ses esprits, bercée par l’impatience de rencontrer enfin sa petite fille. Une infirmière vient lui demander comment elle souhaite prénommer son enfant.

Hope.

C’est comme cela que ce trésor s’appellera désormais. De l’autre côté, dans le couloir de la maternité, Alexandre est arrivé. La toute jeune maman le sait proche et se sent rassurée. Ce qu’elle ignore, c’est l’interdiction qui a été prononcée à l’homme qu’elle aime d’approcher sa belle. Il a été sommé de rester à l’écart par le père de Sylvie.

Et pour cause :

Les futurs grands-parents maternels ont été prévenus par la maison d’accueil mère-enfant de l’arrivée rapide du bébé. C’est normal : leur fille est mineure, et même si elle devient à son tour maman, aujourd’hui, ses parents ont encore un droit parental sur elle. Arrivés sur place bien avant Alexandre, ils interdisent au père de s’approcher de la salle d’accouchement et lui ordonnent de rester à l’écart. C’est leur fille et ils ne souhaitent aucun lien avec le père de l’enfant. C’est un fait, ils imposent leur présence au détriment de celui qui rêve de cet instant depuis neuf mois.

Alexandre obtempère. Il n’a pas le choix et, honnêtement, à cet instant, plus rien ne compte. Il est heureux, fou d’impatience. Alors, les parents de Sylvie, il en fait abstraction. Ce n’est pas sa première préoccupation. Alexandre est un pacifiste et au fond de lui, il fait confiance au temps pour arranger leurs différends.

Il attend, fait les cent pas entre l’intérieur et l’extérieur du bâtiment, guettant le moindre signe de l’équipe médicale.

Je m’appelle Hope. Ma vie est prise en otage.

Mais pourquoi donc tant de haine ? se demande Alexandre, ce futur papa déjà comblé !

Le jeune homme ne le sait pas encore, mais il va bientôt vivre un tsunami, un cauchemar, une épreuve insoutenable qui le marquera pour toujours.

Les parents de Sylvie ont, en effet, des raisons bien à eux pour expliquer leur volonté de ne pas laisser approcher Alexandre trop près de la salle ou est née la petite Hope.

Une raison déterminante pour une décision hors de toute raison : celle de rejeter le nouveau-né.

Il est un peu plus de deux heures du matin, ce douze avril.

Sylvie n’a toujours aucune nouvelle de son enfant. Ni du papa. Aucune réponse claire ne lui est apportée. Elle sait pourtant que sa fille est vivante, pas loin d’elle.

Rappelez-vous, on lui a demandé le prénom !

Quand, soudain, un médecin entre dans la pièce. Le visage fermé, angoissé même ! Sylvie ne comprend pas. En quelques instants, pas encore remise de son accouchement, des rêves plein le cœur et des projets plein la tête, la jeune fille s’écroule de douleur. Le médecin vient d’annoncer à la toute jeune maman que son enfant est décédé. Sans raison particulière à lui apporter.

Hope est morte.