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Ce roman épistolaire est un voyage à travers la vie de deux âmes mystérieusement liées l'une à l'autre et qui s'aimaient plus que leur propre vie. Ils s'étaient reconnus alors qu'ils n'étaient que des enfants et un lien indéfectible les unit à jamais. Un amour qui ne connaît ni le temps ni l'espace, un amour qui malgré le silence et l'absence leur donnait la force de vivre l'un sans l'autre et l'un pour l'autre. Les larmes d'aquarelle ne sont pas que des larmes de tristesse. Elles sont aussi les larmes de nostalgie qui réparent et les larmes de joie de deux êtres que les événements de la vie, les gens, la maladie et les principes ont séparés. Ils seront à jamais ces enfants délicieux en avance sur le temps, en retard sur leur amour.
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Seitenzahl: 92
Veröffentlichungsjahr: 2021
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Que parlez-vous de lettres, de style épistolaire. En écrivant à ce qu'on aime, il est bien question de cela! ce ne sont plus des lettres que l'on écrit, ce sont des hymnes.
Julie, ou la Nouvelle Héloïse (1761)
Jean-Jacques Rousseau
A nous
INTRODUCTION
Un été de 1913
Une nuit d’été 1870
Un si bel après-midi d’été 1870
Automne dans un parc, 1871
En plein soleil, été 1913
Les feuilles tombent, 1913
Quelques flocons ce matin, 1913
Automne 1892
Automne 1892
Les oiseaux font leur nid, 1895
Le soleil brille à nouveau, 1895
Un coucher de soleil, fin de l’été 1895
Le bruit des vagues, hiver 1896
Balades et songes, hiver 1896
J’ai planté des fleurs, printemps 1897
C’est l’été, il fait si froid sans toi Cassandre, 1897
Ce qui manque à l’été 1897
Les oiseaux migrent, automne 1897
Des couleurs, automne 1897
La nature s’éveille, printemps 1898
La nature va trop vite, 1898
Je prends la mer, été 1898
Une étoile filante, 1898
Noël, 1898
Mes pas sur la neige, hiver 1898
Il neige dans le parc, hiver 1898
La lune a mis sa robe d’argent, hiver 1898
Prntemps 1899, entre joie et tristesse
Tendre Printemps 1899
Un matin de 1899
Brise de mer, été 1899
Abysses, été 1899
Profondeurs, été 1899
L’été s’endort, 1899
Automne 1899
Mes vagues à l’âme, les vagues de ton âme, 1899
Au coin du feu, hiver 1899
Dernier jour de décembre 1899
La nature en couleurs, fin de l’hiver 1900
Comme un chant d’oiseau, printemps 1900
Avril 1900
En cueillant des cerises, été 1900
Au bord du précipice, automne 1903
Automne 1903, plus vite que l’éclair
Joli mois de novembre 1903
Je me moque de la neige, 1903
1905, on se moque des saisons
LUI, ELLE, c’est TOI, MOI…. C’est NOUS!
Un pétale de rose, hiver 1905
Fichu automne où tout se meurt, 1909
Le ciel gronde, hiver 1909
Sur la Terre, automne 1914
Le Lac, novembre 1914
A quinze ans, l’envie d’avoir mon propre parfum composé de jasmin, emblème du courage des femmes de chez moi, de bergamote, d’oranger et de citron de ma terre, la rose, la mandarine, la vanille….réunis en une formule magique que nulle autre ne porterait, devenait ma quête.
Il était le parfum subtilement apposé sur ma peau destiné à l’amour de ma vie afin que jamais il ne l’oublie et qu’il puisse me reconnaître les yeux fermés.
Une senteur destinée à son âme.
Après chaque commande, je l’attendais de longs mois, avec ferveur et respect comme on attend le cadeau le plus doux.
Je l’imaginais traverser les mers sur les galions du siècle dernier battant pavillon espagnol, anglais ou français.
J’imaginais l’artisan parfumeur et son « nez oriental » donnant naissance à mon essence et l’artisan orfèvre qui de ses mains ridées donnait vie à la fiole magique et magnifique serties de pierres précieuses, toute en arabesque sculptée.
Dans sa grande bonté, il tentait à chaque fois de l’assortir à mon regard bleu-gris ou au carmin de mon coeur en passe de tomber amoureux.
Eugène était comme ce parfum : Précieux, unique et composé pour mon âme.
Je me suis éveillée dans son regard, tout enfant que j'étais, tout enfant qu'il était.
Nous avions 16 ans à peine mais nous n'étions que des enfants, persuadés d’avoir toute la vie devant nous.
Enfant, je nourrissais quelquefois le désir de rentrer dans les ordres. Sans doute parce que je ne connaissais que les couvents qui me dispensaient l’éducation religieuse que mes parents souhaitaient pour moi. J’ai grandi au milieu des prières que je récitais pour qu’IL me donne la force d’être une bonne jeune fille et les prières que ma mère récitait afin d’avoir la force de me laisser une certaine liberté qu’elle peinait à me donner le plus clair de son temps.
Voyait-elle déjà en moi une enfant douce, obéissante avec dans les yeux une espièglerie qui ne demandait qu’à éclore?
Mes quinze ans me firent prendre un grand tournant : Presque aussi grands que les envols que prenait ma robe lorsque je tournais sur moi-même.
Cette timide envie de me lier à Dieu s’éteignit net un matin lorsque je croisai le regard d’Eugène et son sourire immense : Il avait le soleil dans les yeux et au fond de mon coeur naissait la conviction que je pourrais tout aussi bien aimer Dieu et les hommes en recouvrant ma tête de jolis chapeaux plutôt que d’un voile triste.
Arriva le temps, celui qui vous voit grandir, devenir femme, devenir homme, ce temps qui suspend à jamais nos souffles par une nuit d'été, par un lac témoin d'un Amour irrévocable, éternel, par des regards qui se fondent dans les âmes et des baisers qui laissent à jamais le parfum d’une peau comme une empreinte indélébile. Nous avions 20 ans.... un peu plus de 20 ans....
De nombreuses années après, après les déluges, après les peines, après les choix qu'on ne fait pas, tous ces gens qu'on n'aime pas, il me retrouva et je renaissais sous sa plume.
Il m'inventait des rêves et des projets pour oublier nos blessures, me dessinait des avenirs radieux pour affronter les vents contraires, imaginait des jardins, des lunes et des soleils qui s'aimaient pour calmer mes peurs, étouffer mes sanglots, tuer les cauchemars.
Il était fier de ce que j'étais, de ce que j'avais été et même de ce que j'allais devenir : Sans conditions, sans doute aucun, sans reproches: JAMAIS!
Il s'ignorait lui-même pour se concentrer sur mon bien-être, il marchait souvent dans l’ornière qui bordait la route de sa propre vie pour donner un sens à la mienne. Il me voyait guerrière sans peur, me décrivait mon âme qu'il savait pure et lumineuse. Il mettait toute sa confiance en moi sans crainte, me livrait ses bonheurs furtifs et ses tourments sans fin, me donnait de l'amour sans rien demander en retour, il me livrait sa passion pour moi et les souffrances que la raison impose et qui le retenaient loin de moi, me peignait l’immensité de la tendresse qu’il éprouvait à mon égard et qui, disait-il, ne tiendrait pas dans dix livres s'il fallait qu'il l'écrive....
Mes encouragements l'aidaient à exprimer son art. Nos coeurs et nos âmes unis par un fil invisible et inaltérable, au- delà des mots, du silence et de l'absence, dans la mémoire du temps que nous n'avions pas eu, du temps qui n'existe pas, continuaient à nous tenir solidaires et solitaires.
Des centaines de lettres remplies d'émotion, de vérité, de promesses, de sincérité, un talent pour l'expression écrite que je me découvrais grâce à la force de ces sentiments qui vous emportent au ciel et voilà que nous avions 30 ans...un peu plus de 30 ans…...
A chacun des défis que j'avais eu à relever, il me soutenait par ses prières et partageait avec moi les musiques qu'il aimait....Puis il imposait le silence, encore plus beau que la musique elle-même, disait- il.
Il me racontait les voyages et tous ces endroits où il nous espérait ensemble :
Plus question de laisser la destinée faire des siennes, l'amour de jour en jour, d'année en année a grandi. Impossible d'y échapper, impossible de vivre sans, sans relâche vouloir se chercher, se trouver, se parler, se regarder.
La raison s'amenuise, les pleines lunes, ces nuits de pleine lune, blanches de passion comme il les décrivait, saisissaient nos esprits avec force et détermination....comme une évidence.
Il m'appelait tour à tour, mon Amour, ma Princesse, ma Marquise des Anges, ma fée Morgane, ma Dame Losange, me promettait le meilleur de lui-même et aussi le pire car il voulait tout partager.
Le meilleur comme le pire, en entier.
Désormais il ne restait que le silence, ni beau ni pesant, à vrai dire je ne savais pas le définir....un silence qui fait grand bruit, peut-être? Et des pages et des pages de nos lettres échangées au fil de nos vies, sur le fil de nos vies, des lettres d'or, des larmes d'Aquarelle, des émeraudes, disait-il, des trésors, une pierre blanche posée sur cette destinée qui ne fut pas et tous ces baisers déposés sur mon front comme une couronne sacrée.
Nous avions 16 ans....pour toujours
Qu’il m’ait façonnée de toutes pièces lorsque j'étais en miettes m’étonne à peine.
Il a renoncé souvent à accorder du temps à sa vie pour redonner un sens à la mienne.
Il m'a appris que faire la guerre pour obtenir ma paix était honorable.
Il s'est souvent abîmé pour me donner la force de me construire.
Il a prié pour que je m'en sorte.
Il a renoncé à moi pour mon bien-être.
Plusieurs fois.
Il n'a jamais pleuré devant moi évitant que la culpabilité ne m’assaille.
Il m'a prouvé que je savais être douce.
Il a toujours eu une confiance absolue et aveugle en moi.
Dans ses abysses où il plongeait, je restais son éclair de lucidité tant j’avais besoin de lui.
Il a mis souvent, trop souvent, sa vie entre mes mains.
Je l'ai blessé mille fois et mille fois il a gardé le mal puisque c’était le seul Présent que je pouvais lui offrir.
Il m'a appris la résilience, l’acceptation du sacrifice de nous deux pour me préserver des démons de sa maladie.
Il a réparé mes ailes brisées cent fois.
Il ne m'a jamais jugée et a toujours été fier de moi.
Il a porté le fardeau du secret à ma place et brûlé la douleur, m'a fait entrer dans le silence des églises pour calmer mes peurs.
Il s'est réjoui de mes réussites et de mon amour pour mon nouvel époux au détriment de son bonheur à lui.
Il s'est renié pour me faire exister dans une vie meilleure.
Il a pris et donné des coups pour que rien ni personne ne me blesse.
Il m'a protégée parfois de moi-même.
Me voir heureuse, mon bien-être avant le sien, toujours furent ses buts.
Il a souffert avec moi et emporté mes souffrances pour m'alléger.
Découvrir ce que la souffrance nous a fait subir ou nous a enlevé, ce qu'elle a emporté dans son tourbillon : Voilà qui est bien.
Ne pas avoir su prévoir qu’en la taisant elle viendrait se venger sans cesse pour exister est d’une cruauté insurmontable.
La souffrance revient tant qu'on ne lui a pas dit adieu, elle exige son au revoir et la reconnaissance de sa place dans votre vie comme une partie de votre chair et refuse de se taire tant qu’elle n’est pas acceptée.
Au gré de mes ressentis, je me promène et pense. La route est encore longue et je devine déjà que le passé est un phare mais pas un port.
J’ai préféré me noyer dans le passé ne pouvant me résoudre à vivre sans lui.
